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Étiquette : Colorado

Un nouveau camp de pêche dans le Colorado
A Colorado Springs, l’hôtel Broadmoor a inauguré en Juin 2015 son camp de pêche situé sur la Tarryall river, avec un parcours privé de huit kilomètres. Sept logdes sont proposés pour la pêche ou les activités annexes comme les randonnées à pieds ou à cheval dans les montagnes. Possibilités de cours de pêche à la mouche au féminin. Etat montagneux très préservé, le Colorado bénéficie d’une grande biodiversité et d’une nature sauvage.
Renseignements : www.broadmoor.com
Office de Tourisme du Colorado c/o Express Conseil
5bis, rue du Louvre 75001 Paris – Tél. 01 44 77 88 07. Fax 01 42 60 05 45.

Colorado, la ruée vers l’eau
Huit heures : quelques rayons de soleil viennent juste de se frayer un passage entre les arbres jaunissant qui ont pris quartier en amont de “eleven mile canyon” où coule la rivière South Platte. Malgré le froid et l’heure matinale déjà un pêcheur est en train de présenter délicatement sa mouche à quelques truites qui semblent l’ignorer et viennent prendre leur petit déjeuner à portée de canne en faisant de lents ronds dans l’eau. La signature de s beaux poissons.
South Platte river
Nous devons nous rendre à Aspen et pour cela encore une fois nous traversons des paysages à couper le souffle et notamment une immense forêt de trembles au tronc blanc en partie dénudés qui à l’approche de l’automne se vêtissent d’or et de cuivre. Les flancs de montagne semblent s’enflammer comme pour essayer de repousser l’hiver qui s’annonce et le silence blanc qui chemine en sa compagnie. Il y a plein de choses à faire dans la ville d’Aspen mais tout ce que nous avons pu lire sur la rivière Frying Pan (littéralement poêle à frire !) nous rend si impatients de la découvrir que nous nous jetons immédiatement dans son lit. Il est 10 heures, nous venons de remonter toute la rivière jusqu’au dernier parking à proximité du barrage (Ruedi Reservoir). Avant même de nous équiper nous avons déjà repéré quelques beaux gobages faciles à voir sur la large étendue d’eau calme grand comme un terrain de football qui nous fait face.
My Taylor is rich
La piste qui nous mène au col de Cottonwood situé à plus de 4000 mètres d’altitude traverse une somptueuse forêt de feuillus et de résineux qui finit par laisser la place à une steppe d’une immémoriale beauté sauvage. Il faut environs trois heures de route pour atteindre – sous le barrage – les sept cents premiers mètres de no-kill de la Taylor réputés pour ses grosses truites. A peine arrivés, nous sommes époustouflés par le nombre et la taille des truites que nous repérons depuis le pont qui chevauche la rivière. Nous savions que sur ce bout de cours d’eau, les truites gavées de gammares qui s’échappent du lac ont des difficultés pour se glisser dans leurs robes XXL ! Ici, comme sur de nombreux “tailwaters”, la plupart des pêcheurs utilisent tant bien que mal des nymphes qui semblent être la meilleure façon de décider les poissons. Mais, bonne surprise, avant même d’avoir mis nos waders, nous repérons des truites qui nous tendent les bras en nous aguichant par de discrets gobages. Ne voyant rien sur l’eau, je présente une minuscule oreille de lièvre à peine fournie à cette belle truite qui finit par succomber à mes avances. Mais quand je passe aux suivantes, de plus belles tailles, elles restent le bec cloué devant ma mouche mais ne semblent nullement dérangées et continuent de grignoter leur slow food. Heureusement la situation se clarifie dès l’apparition de “pale morning dun” qui ouvre l’appétit de pas mal de truites. Nous montons une peute n° 18 au corps clair et après quelques lancers pour ajuster le tir, c’est la récompense avec une truite fario d’une exceptionelle beauté. Mais le bal vient juste de commencer et nous constatons que ces truites sont toutes plus belles les unes que les autres avec parfois une arcen- ciel bien ronde qui, après quelques pas de danse à la surface de l’eau, finit par nous fausser compagnie par une jolie pirouette. De huit heures du matin à la tombée de la nuit avec très peu de pauses pour reprendre des forces, de gobage en gobage, d’éclosion en éclosion, de combat en combat durant trois jours nous allons, comme des morts de faim jusqu’à presque l’épuisement découvrir tout ce qu’il y a de plus beau sur ce bout de rivière Taylor.
Stoneflies
La journée commençait à peine et nous avions la preuve que ces truites ne prennent pas que des nymphes, comme c’est écrit dans tous les guides qui tentent de renseigner les pêcheurs dans la région. Kathleen de son côté fit mieux : ayant réussi à attraper une énorme perle qui s’échappait vers la berge, elle la lança (cruellement !) dans le courant et elle vit immédiatement une très grosse truite s’en emparer. Au premier lancer d’une imitation de “stonefly” cette même truite lui explosa le bas de ligne de 12/100 qu’elle avait oublié de changer pour un plus gros !
Conseils santé
Ne pas oublier que la plupart du temps au Colorado, on se trouve autour de 2500 à 3000 m d’altitude voir plus et compte tenu de cela et des fortes températures durant la journée, il est impératif de très bien s’hydrater. Pour les personnes présentant une pathologie telle que de l’hypertension, des antécédents cardiaques… la baisse de l’oxygène liée à l’altitude peut poser problème. En parler à son médecin me semble être une sage décision. Attention enfin à la conduite de nuit après le coup du soir : si dans certains tronçons de route la limitation de vitesse parait exagérément basse, il est impératif de la respecter car les cervidés que l’on croise sont très nombreux et les radars à l’affut… Pour vous mettre dans l’ambiance, nous vous conseillons la lecture du dernier livre de John Gierach, Sexe, mort et pêche à la mouche. Poète et écrivain, John Gierach vit et pêche dans le Colorado. Visiblement les superbes paysages du coin l’inspirent beaucoup !

Un péril nommé gaz de schiste
Les compagnies gazières ont trouvé le
moyen d’exploiter le gaz naturel présent dans les fissurations de
certains schistes, laissant présager de nouvelles ressources importantes
pour satisfaire notre appétit énergétique. Seulement, que ce soit aux
Etats-Unis ou en France, de plus en plus de monde, scientifiques,
écologistes ou simplement riverains, tire la sonnette d’alarme…Par Samuel Delziani
Le
progrès technologique n’a pas que du bon… Après les marées noires, les
accidents dans les centrales nucléaires et les rivières détruites par
les barrages hydroélectriques, notre soif d’énergie risque de créer un
nouveau cauchemar. Ce nouveau drame sera provoqué par l’exploitation du
gaz présent dans les fissurations de certains schistes, une exploitation
nécessitant un procédé extrêmement lourd dont les conséquences
environnementales, encore largement méconnues, inquiètent de plus en
plus, que ce soit aux Etats-Unis ou en France. Des deux côtés de
l’Atlantique des voix s’élèvent pour mettre en garde contre les effets
de cette nouvelle source d’énergie fossile. La fracturation hydraulique,
méthode qui permet l’extraction de ces gaz dans des strates très
profondes (entre 1 000 et 3 000 mètres), est au centre des inquiétudes.
L’idée est d’injecter à très forte pression un mélange d’eau, de sable
et de nombreux produits chimiques (entre 500 et 2 000 produits
différents) afin de pulvériser la roche et ainsi accéder aux poches de
gaz. Ce cocktail comprend des gélifiants, des anticorrosifs, des
biocides, des adjuvants et beaucoup d’autres produits chimiques, dont
les effets sur l’environnement sont parfois encore mal connus.
Cette
méthode est comparée volontiers à la création de tremblements de terre
en miniature. Parmi ces produits chimiques, certains sont connus pour
être des substances cancérigènes, notamment le benzène.
Aux
Etats-Unis, les eaux superficielles et les nappes phréatiques ont été
touchées. L’impact sur l’environnement et le cadre de vie de la
population vivant à proximité des zones d’extraction a été terrible. En
effet, il faut créer des puits tous les 500 mètres, ce qui forcément
laisse des cicatrices sur les paysages. Mais l’enjeu économique est
extrêmement important, puisqu’on estime que les réserves de gaz naturel
non Un péril nommé gaz de schiste conventionnel sont deux fois plus
importantes que les réserves de gaz naturel conventionnel. Aux Etats-
Unis, les gaz de schiste sont devenus la deuxième source d’énergie du
pays et permettent d’y chauffer plus de la moitié des foyers.Une étude plus qu’inquiétante
Un
documentaire, Gasland, réalisé par un journaliste indépendant nommé
Josh Fox a jeté un pavé dans la mare. Josh Fox donne ici la parole à ces
Américains oubliés qui vivent les conséquences tragiques de ces puits
s’élevant au fond de leur jardin. Ils polluent l’air qu’ils respirent et
l’eau qui sort de leur robinet. L’image 7 de cet habitant du Colorado
allumant de son briquet une imposante flamme à la sortie de son robinet a
de quoi faire frémir… Le lobby pétrolier américain a fait du
journaliste une de ses cibles favorite. Lobby qui a de puissants appuis à
Washington. Ainsi, le réalisateur a depuis été inscrit à la liste de
surveillance des terroristes du département américain de la Sécurité
intérieure.
Le New York Times a publié le 26 février une enquête
exhaustive sur les conséquences environnementales de cette exploitation,
notamment en analysant près de 30 000 pages de documents confidentiels
produits par l’EPA, l’agence de protection de l’environnement
américaine.
Ce document estampillé “confidentiel” a été fourni par un
officiel de l’agence. Le tableau dépeint par ces données a de quoi
donner des sueurs froides. Ainsi, chaque puits produit plus d’un million
de litres d’eaux usées et parfois jusqu’à quatre millions ! Sachant
qu’aujourd’hui il existe 493 000 puits en exploitation aux Etats-Unis,
répartis dans 31 Etats, et que chaque puits peut être “hydro fracturé”
jusqu’à 18 fois, ces chiffres font froid dans le dos.
Cette enquête
révèle également que l’eau ainsi rejetée est parfois radioactive. Ainsi,
en Pennsylvanie, on a observé la présence de radium (jusqu’à 1 500 fois
le seuil toléré par l’administration fédérale) et d’uranium (jusqu’à 25
fois le seuil toléré). Dans la même région, la présence de benzène est
également préoccupante (jusqu’à 250 fois le seuil toléré).
Loin de
prendre parti contre ce type d’exploitation, créatrice d’emplois et
assurant une plus grande indépendance énergétique du pays, le quotidien
déplore surtout la complaisance des autorités responsables envers
l’industrie. Aujourd’hui, la remise en question gagne du terrain
outre-Atlantique. Devant ces conséquences environnementales, l’Etat de
New York a ainsi décidé un moratoire sur l’exploitation de ces puits
afin de protéger ses réserves en eau potable.En France, la résistance s’organise
En
France, ce n’est pas moins de 20 000 personnes qui ont arpenté le pavé
de Villeneuve-de-Berg en Ardèche, le 26 février dernier, pour dénoncer
les risques de pollutions liés à l’exploitation du gaz de schiste. Dans
une ville qui compte 3 000 âmes, on peut dire que c’est une mobilisation
d’envergure.
Schuepbach Energy et GDFSuez ont obtenu un permis pour
explorer 930 km2 autour de Villeneuve, soulevant des inquiétudes
légitimes dans une région où le cadre de vie est également un enjeu
économique, avec l’importance vitale des secteurs de l’agriculture et du
tourisme. Les autorités françaises ont permis à des sociétés françaises
(dont Total et GDF Suez) et étrangères d’explorer le sous-sol à la
recherche du précieux gaz sans aucune consultation préalable, sans aucun
débat contradictoire. Et cela sur près de 10 % de l’ensemble du
territoire ! Selon des estimations du groupe Total, publiées par le
quotidien économique Les Echos, les gisements du sud de la France
renfermeraient 2 380milliards de mètres cubes de gaz, soit cinquante ans
de consommation pour tout le pays. Les groupes français ont conclu des
partenariats avec des entreprises américaines, car ce sont les seules
qui maîtrisent les techniques d’extraction.
En mars 2010, Jean-Louis
Borloo a signé trois arrêtés autorisant l’exploration sur de grandes
parties du territoire, parmi les plus sauvages de France. Cette zone
s’étend du Larzac à la Drôme en passant par l’Ardèche et les Cévennes !
On commence également à se mobiliser en Seine-et- Marne où un permis
d’exploitation a été accordé autour de Château-Thierry, un préforage sur
la commune de Doue a d’ailleurs été réalisé sans qu’aucun élu local
soit informé. Une manifestation réunissant plusieurs milliers de
personnes a été organisée à Doue le 5 mars dernier en présence de José
Bové, le député européen étant à la pointe du combat hexagonal contre
l’exploitation des gaz de schiste.Egalement présents, des
élus locaux, des associations, des riverains inquiets et même des
Ardéchois venus soutenir la cause des habitants de la Seine-et- Marne.
Devant la contestation grandissante, Natalie Kosciusko-Morizet, ministre
de l’Ecologie, a déclaré la suspension de l’exploration lors d’un
déplacement en Dordogne le 17 février dernier. Elle a également mis en
place une commission d’évaluation sur le sujet. Ainsi, elle a affirmé
que si on ne pouvait pas trouver une technique différente, respectueuse
de l’environnement, pour l’exploitation de ces gaz que celle utilisée
aux Etats-Unis, la suspension serait maintenue. Décision qui ne suffit
pas aux opposants, qui réclament l’abrogation pure et simple des trois
permis d’exploration. Selon la ministre, le code minier ne permet pas
l’abrogation de ce type de permis. Pourtant, le gouvernement a, le 19
janvier, passé une ordonnance afin de réformer ce fameux code,
simplifiant notamment les démarches à accomplir par les entreprises.
Cette décision a été prise sans qu’aucun débat ait eu lieu à l’Assemblée
nationale. Plus d’enquête publique pour les permis de recherche,
passage du permis de recherche au permis d’exploiter extrêmement
facilité ou encore documents de prospection non communicables au public
pendant deux décennies : ces nouvelles dispositions tombent plutôt mal
en pleine polémique sur les gaz de schiste. Autre inquiétude des
écologistes : cette énergie pourrait freiner le développement des
énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, qui souffriraient
d’une baisse des investissements.
Ce qui est le plus inquiétant,
c’est que sans cette mobilisation citoyenne ces permis de polluer
seraient passés comme une lettre à la poste. Notre ministre semble avoir
découvert le problème après le début de la mobilisation. Pourtant
gouverner, c’est prévoir ? Encore une preuve que les citoyens n’ont pas
d’autre choix que de toujours rester vigilants.