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Étiquette : Canada

Lutter contre les introductions d’espèces invasives
Les îles britanniques ainsi que le Canada et les Etats-Unis d’Amérique ont lancé une campagne de sensibilisation aux risques d’introduction d’espèces animales ou végétales invasives. Cette campagne vise clairement les pêcheurs, qui par leurs pratiques et leurs déplacements, sont susceptibles de propager de nombreuses espèces, qui, introduites dans un milieu qui n’est pas le leur, peuvent engendrer de gros déséquilibres. Les pêcheurs français n’échappent pas à la règle, même si cette campagne ne les concerne pas.
Les recommandations de « Stop the spread of invasive species » sont simples, ne prennent que quelques minutes, et concernent chaque pêcheur :
– Laver la coque et le pont de son bateau sur place avant un trajet pour un autre lieu de pêche.
– Ne pas introduire des poissons vivants (vifs) d’espèces exogènes.
– Laver les bottes et les waders avant de changer de rivière.
– Ne pas introduire dans le milieu naturel d’espèces végétales ou animales exogènes vivant en aquarium.Tout cela coule de source et pourtant, combien d’entre-nous prennent le temps de se plier à ces mesures de précautions ? Peut-être pense-t-on que cela arrive loin de chez nous, en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis avec l’algue Didymosphenia geminata, qui englue le fond des rivières, en Norvège avec Gyrodactylus salaris ce petit parasite échappé des fermes aquacoles responsables de la disparition à tout jamais du saumon dans une trentaine de rivières du pays ?
Au bord de « nos » rivières, les risques sont partout. Un fragment de racine de renouée du Japon entre les crampons des bottes et le voilà confié à une autre vallée sans même s’en apercevoir… Tous les maux de nos lacs et cours d’eau ne sont pas transmissibles aussi facilement, fort heureusement. L’état lamentable des cours comtois laisse parfois la psychose s’installer dans les esprits. Dans des rapports pourtant très officiels demandés par l’Etat, il a été évoqué la responsabilité des pêcheurs dans la propagation éventuelle de Saprolegnia, les fameuses taches blanches sur les poissons mourants. Or en appliquant ce principe aux humains, l’ensemble de l’humanité contracterait la grippe chaque année et toutes les maladies transmissibles par contact, ce qui n’est pas le cas, car il faudrait que tout le monde présente un terrain favorable pour que cela ait lieu. Par principe de précaution en revanche, laver ses bottes et son bateau entre deux parties de pêche dans des milieux naturels différents est une excellente mesure. Sachez que dans beaucoup de pays (Norvège, Nouvelle-Zèlande, Islande, certaines régions d’Australie, etc), une carte de pêche n’est délivrée au pêcheur qu’après une désinfection des bottes ou des waders, voire de l’ensemble du matériel.
Un point sur les aménagements piscicoles
Nous faisons ici le point sur un des principaux types d’intervention utilisés pour améliorer les conditions d’habitat aquatique, à savoir la diversification. Celui-ci consiste essentiellement à mettre en place dans le lit du cours d’eau ce qu’on appelle des aménagements piscicoles. Sous ce terme générique sont regroupés les seuils, les déflecteurs ou épis, les caches ou abris (blocs, sous berge) et les frayères artificielles.
Par Arnaud et Denis Caudron
Les raisons de leur développement
Le changement de statut des anciennes AAPP en AAPPMA, associé à la prise de conscience de l’intérêt de protéger les milieux (rôle de vigilance) mais également, dans certains cas, de les restaurer, a été un des facteurs du développement croissant des aménagements piscicoles ces dix dernières années. Ces travaux destinés à améliorer la qualité des milieux devenaient également une alternative intéressante suite à la remise en cause de l’efficacité des repeuplements massifs (sujet dont nous débattrons prochainement). Effectivement, les gestionnaires des ressources piscicoles existent par les actions de gestion qu’ils mettent en place chaque année. Or, si une de leurs principales pratiques, à savoir le repeuplement, ne devient dans certains cas plus utile, quoi de plus logique de se tourner vers la remise en état des milieux et donc vers les aménagements piscicoles qui peuvent bien souvent être réalisés par les bénévoles eux-mêmes. Bien sûr, ces travaux ont un coût et la principale raison de leur succès grandissant est évidemment financière. Les incitations à réaliser de tels aménagements par le biais des aides du CSP et des agences de l’Eau bien souvent relayées par les collectivités territoriales (Conseil général et régional) ont permis d’atteindre des taux d’aide de l’ordre de 80 %. Dans ce cas, il n’était pas difficile de trouver des maîtres d’ouvrage volontaires pour rajouter les 20 % restant et ainsi monter des projets et réaliser des travaux.
Une efficacité finalement limitée
De nombreux travaux d’aménagements piscicoles ont été réalisés en France sur des cours d’eau présentant un habitat dégradé. Les principales réalisations ont consisté à la mise en place de seuils en pierres ou en bois pour oxygéner les eaux, créer des chutes, d’épis-déflecteurs permettant localement de diversifier les écoulements en augmentant les vitesses de courants, de sous-berges en bois pour créer des caches, de blocs en berge ou dans le lit servant également d’abris, de caisses frayères pour la truite ou de végétaux synthétiques pour le brochet. Etant donné le caractère novateur de ces travaux et également l’absence de réel manuel technique de référence permettant d’épauler les acteurs de terrain, les réalisations ont été plutôt intuitives et peuvent être chacune considérées comme une expérience à part entière. Dans ce domaine, la connaissance s’acquiert uniquement par l’expérience. Malgré le manque de suivi et d’évaluation – dans les programme de travaux en France – et l’absence de recul pour tirer les leçons de ces expériences, leurs limites se font déjà sentir. Tout d’abord, ces aménagements sont valables uniquement sur les cours d’eau de taille relativement limitée (inférieur à 10 mètres de large) sauf pour le cas de la pose de blocs en berge qui peut être réalisée sur certaines grandes rivières.
Ensuite, pour être réellement efficaces pour la faune piscicole, les aménagements doivent être actifs, c’est-à-dire induire une dynamique sur le plan hydraulique. C’est cette dynamique active qui va permettre par exemple le creusement du fond à l’aval d’un seuil pour créer une fosse, lerelèvement ou l’abaissement du niveau d’eau pour engendrer des ruptures de pentes, la création d’une cavité en berge (sous berge) par la pose de déflecteurs, ou la possibilité pour les poissons de trouver un abri hydraulique en cas de montée brutale des eaux derrière des blocs judicieusement placés. Malheureusement, dans la majorité des cas, ces désordres hydrauliques locaux nécessaires à l’efficacité de ce type d’intervention ne sont pas permis lors des demandes d’autorisations administratives et les aménagements doivent le plus souvent être dimensionnés pour agir principalement à l’étiage. Ceci limite fortement leurs effets bénéfiques sur les poissons. De nombreuses études essentiellement nord-américaines (Etats-Unis et Canada) ont été publiées sur l’efficacité des aménagements piscicoles, il faut dire qu’ils ont désormais trente années de recul et que de nombreux suivis scientifiques post-travaux ont été réalisés. Les résultats sont quasi-unanimes et pas très encourageants. D’une part, plusieurs réalisations sont entièrement ou partiellement détruites lors des premières crues. Dans tous les cas, c’est une sous-estimation de la force érosive du cours d’eau ou un sous-dimensionnement des ouvrages qui est en cause. Hors destruction par les crues, la durée de vie de ces aménagements est de toute façon limitée, de l’ordre de cinq à dix ans au mieux, après quoi ils sont détériorés ou perdent de leur efficacité (principalement les seuils qui disparaissent et les abris qui se comblent). Enfin, si les ouvrages induisent une incontestable amélioration de l’habitat, ceci ne se traduit pas toujours favorablement sur le poisson. L’effet positif favorise souvent une seule phase du développement de l’espèce cible qui peut se traduire par l’augmentation d’une certaine classe de taille mais pas de l’ensemble de la population. Parfois même, un effet néfaste peut être observé sur les autres espèces présentes. Les travaux ayant lieu principalement sur des tronçons de longueurs limitées, l’effet attractif d’un secteur nouvellement diversifié se traduit par un déplacement du peuplement depuis les zones plus en aval ou en amont. Les suivis de populations montrent effectivementdes augmentations de la quantité de poissons sur les secteurs aménagés, qui s’accompagnent de diminution sur les secteurs amont ou aval moins attractifs, donc il n’y a pas de réel gain global. Une synthèse récente de ces études montre que les efforts doivent davantage porter sur la restauration des processus naturels qui vont permettre de créer et maintenir eux-mêmes des habitats favorables plutôt que sur la mise en place localement de petits aménagements qui n’auront qu’une efficacité limitée dans le temps et l’espace. Vous l’aurez donc compris, « jardiner » une rivière localement en plaçant quelques aménagements piscicoles, malgré l’énergie et l’effort financier que cela demande, n’est pas une solution pérenne pour améliorer la qualité des habitats aquatiques et avoir un impact positif sur les poissons et donc au final sur la pratique de la pêche.Préférez des projets plus ambitieux
L’installation de simples aménagements piscicoles dans le lit ne doit donc pas être la première solution à envisager quand un cours d’eau présente un habitat dégradé. Il est beaucoup plus efficace d’entreprendre, quand cela est possible, des travaux de renaturation ou recréation. Les conséquences seront moins immédiates sur la qualité du milieu, car les effets positifs se feront sentir progressivement sur l’ensemble des compartiments de l’écosystème, mais les résultats seront plus conséquents et surtout durables dans le temps. Ces travaux sont assez lourds et difficiles à mettre en oeuvre et sont, bien sûr, souvent très coûteux (environ 200 à 500 € par mètre linéaire). Mais ils n’intéressent pas seulement le monde piscicole car leurs effets bénéfiques ne sont pas seulement perceptibles sur le poisson. La flore aquatique et rivulaire, les insectes, l’avifaune, les petits mammifères et les batraciens associés aux cours d’eau et zones humides sont bien souvent également concernés. Sans compter l’intérêt paysager. L’apport d’une valeur ajoutée écologique plus élargie à un projet initial uniquement piscicole permet d’intéresser d’autres acteurs de l’eau, d’augmenter l’intérêt du projet et par conséquent d’accroître les moyens techniques et financiers impliqués. N’oublions pas pour autant nos aménagements piscicoles qui peuvent tout à fait être complémentaires et s’insérer dans un projet plus ambitieux. Ils permettront alors d’avoir des effets bénéfiques plus rapides sur le poisson en instaurant par exemple une dynamique locale (érosion de berge ou creusement d’un pool) ou en rendant la berge plus attractive.
Ils serviront donc simplement à accompagner un processus naturel dynamique qui aboutira à la mise en place progressive d’un habitat aquatique diversifié et productif.
Avoir un bon diagnostic et se fixer des objectifsLes aménagements piscicoles ne doivent pas être mis en place par effet de mode ou parce qu’ils sont aidés financièrement par des subventions. Ils doivent être réalisés en réponse à un problème de qualité d’habitat clairement identifié. D’où l’intérêt d’effectuer un diagnostic précis du cours d’eau concerné et d’identifier l’ensemble des causes de perturbation de la qualité du milieu. Ce diagnostic qui s’intéresse à l’ensemble des compartiments de l’écosystème (piscicole, hydrobiologique, géomorphologique, thermique, qualité d’eau, etc.) et utilise des techniques spécifiques doit être confié à des spécialistes. Les propositions résultant de cet état des lieux doivent traiter les perturbations principales afin d’aboutir à une amélioration significative de la qualité du milieu qui aura à son tour un effet positif sur la faune aquatique. Si la phase diagnostic n’est pas suffisante, le risque de passer à côté des principales causes de perturbation est grand et il peut s’ensuivre des réalisations inutiles. Par exemple, la création de caches par la pose de blocs rocheux (très à la mode actuellement) sur un secteur dépourvu d’abri mais dont le facteur limitant dominant, l’élévation de la température estivale, ne permettra pas d’améliorer la situation piscicole. En effet, les blocs créeront des caches idéales mais ne changeront rien au paramètre thermique. Par contre, une reprise du lit mineur en aménageant un lit d’étiage rétréci augmentant les hauteurs d’eau et les vitesses de courant associée à la reconstitution d’une végétation en berge assurera un ombrage maximal et pourra permettre d’apporter des conditions de vie compatibles avec les exigences écologiques de l’espèce cible. Il est important de garder à l’esprit que les aménagements piscicoles n’améliorent que la qualité de l’habitat. Et ils sont donc à mettre en oeuvre uniquement lorsque celle-ci est en cause. Malheureusement, une dégradation importante de l’habitat est souvent le résultat d’un ou plusieurs autres facteurs et s’accompagne de nombreux autres désordres. Dans ce cas, les aménagements piscicoles seuls constituent rarement une solution appropriée. Une fois le diagnostic réalisé et les actions choisies, reste à se fixer des objectifs à atteindre et à prévoir un suivi. Les objectifs sont importants car ils permettront de contrôler le niveau de réussite des travaux réalisés. Ils peuvent, bien sûr, être quantitatifs (atteindre une certaine densité ou biomasse de truite par exemple) mais doivent également s’accompagner d’indicateurs plus qualitatifs (retrouver une classe de taille absente, voir apparaître une nouvelle espèce d’accompagnement, permettre une reproduction naturelle) qui seront d’ailleurs plus facile à estimer.

Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages
L’abreuvoir à bétail n’est certainement pas un sujet de préoccupation majeur des pêcheurs parcourant les cours d’eau, et pourtant il l’est pour les techniciens qui travaillent à la préservation et à la restauration de la qualité des milieux aquatiques. Vous le découvrirez donc à la lecture de ces lignes, donner à boire à nos bétails se révèle être un sujet beaucoup plus important qu’il n’y paraît et mérite réellement d’être abordé en raison de son intérêt général.
Par Arnaud Caudron et Denis Caudron
Avec l’intensification des élevages et l’évolution des pratiques agricoles, les troupeaux, et en particulier les bovins laitiers, sont de plus en plus nombreux et consomment également de plus en plus d’eau. En l’absence de point d’eau naturel (source, étang, cours d’eau), l’exploitant agricole doit apporter régulièrement à son bétail une citerne d’eau pour permettre à ses animaux de s’abreuver. Mais vu l’importance du réseau hydrographique de notre pays, une grande majorité des terres d’élevage est traversée par un petit cours d’eau ou une rivière. Dans ce cas, le bétail a un accès libre au cours d’eau qui peut bien souvent, en cas d’absence de clôture, se prolonger sur l’ensemble du linéaire de la pâture. Cette pratique facilite doublement le travail de l’exploitant en permettant à son bétail de boire librement et en lui évitant l’entretien d’une clôture. Elle est donc courante et généralisée sur l’ensemble de notre territoire, notamment dans les grandes régions d’élevage comme en Normandie mais également, ce qui est moins connu, en zone de montagne sur les petits cours d’eau du Massif Central, des Alpes ou des Pyrénées. Sans oublier nos voisins européens qui sont confrontés aux mêmes problèmes comme en Irlande ou en Ecosse mais aussi outre- Atlantique au Canada.
Des impacts nombreux et variés
La prolifération des abreuvoirs sauvages en bordure des rivières entraîne de nombreux dommages de la zone riveraine, du lit du cours d’eau, de la qualité de l’eau et dont les impacts physiques et chimiques peuvent avoir des conséquences aussi bien sur les poissons, la santé humaine que sur les bovins euxmêmes. Le piétinement et le broutement répété des animaux provoquent une déstabilisation ou une déstructuration des berges et perturbent fortement la végétation rivulaire qui, dans certains cas, peut complètement disparaître. Or, nous connaissons tous l’importance d’avoir au bord des cours d’eau des zones riveraines saines avec des berges stables et une végétation adéquate. Des impacts sont également visibles au niveau du lit même du cours d’eau. Les abreuvoirs sauvages provoquent un élargissement du lit ainsi qu’un colmatage important des fonds qui ne se localise pas seulement au niveau des zones piétinées. En effet, les matières mises en suspension par le bétail peuvent se déposer sur plusieurs centaines de mètres à l’aval. Les effets les plus néfastes de la divagation des animaux dans les cours d’eau concernent la dégradation de la qualité physico-chimique et sur-tout bactériologique de l’eau. A ce sujet, les résultats d’un travail d’étude réalisé en 2002 et 2003 par la Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Rivières de Basse-Normandie sont sans appel. Cette étude a recherché à quantifier l’impact que pouvait avoir la présence de bovins dans les cours d’eau en mesurant, selon un protocole précis, plusieurs paramètres comme la bactériologie, la teneur en oxygène et en ammoniaque ainsi que la présence de matières organiques et de matières en suspension.
Lorsque le bétail n’est pas dans l’eau, les paramètres mesurés sont à des niveaux normaux. Mais dès que quelques animaux sont présents dans le cours d’eau, l’ensemble des paramètres virent au rouge. Ainsi, à l’aval immédiat du piétinement, une pollution bactériologique très nette est mesurée avec des teneurs en bactérie fécale multipliées par 800 par rapport à une station de référence située hors abreuvoir. Des signes importants de pollution organique sont également relevés. La quantité d’ammoniaque est multipliée par 30 et les matières en suspension par 50. Enfin, le taux d’oxygénation de l’eau diminue fortement pour atteindre des valeurs incompatibles avec toute vie piscicole. Tous ces impacts se prolongent sur plus de 300 mètres en aval de la zone piétinée. Les résultats montrent qu’il suffit d’éviter l’accès des bovins au cours d’eau pour remédier à cespollutions. Celles-ci sont, bien entendu, néfastes au développement de l’ensemble de la vie aquatique, poissons et insectes en particulier. En Haute-Savoie, certaines populations d’écrevisses autochtones à pieds blancs situées en tête de bassin sont même limitées dans leur colonisation par la présence d’abreuvoirs sauvages. L’introduction répétée d’agents pathogènes et d’éléments fertilisants dans l’eau peut entraîner également un risque sanitaire en premier lieu pour les animaux euxmêmes qui peuvent développer des pathologies suite à la consommation d’eau contaminée. La contamination bactériologique, dès les têtes de bassins, à partir des zones d’abreuvement sauvages peut également entraîner un risque sanitaire pour les activités humaines (alimentation en eau potable, baignade…). Ces pollutions ne sont donc pas anodines, d’autant que dans de nombreuses zones rurales, la population de bovins est plus importante que la population humaine. Et si on ajoute à cela qu’en termes de charge polluante un bovin équivaut à sept hommes, on se rend mieux compte de l’importance d’éviter la divagation du bétail dans les cours d’eau. En outre, les impacts ne sont pas seulement ponctuels dans le temps et dans l’espace car la saison de pâturage dure de nombreux mois et les effets, nous l’avons vu, se prolongent sur un linéaire important.Des solutions possibles
Afin de réduire ces nuisances sur les milieux aquatiques, de nombreuses solutions techniques existent et commencent depuis quelques années à être mises en application dans le cadre de programmes d’action. La première chose à faire pour traiter le problème de la divagation des troupeaux dans un cours d’eau est de poser un diagnostic précis. En effet, chaque situation présente des caractéristiques différentes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour proposer une solution technique efficace et satisfaisante. Le diagnostic relèvera les dégradations de la qualité du milieu (état des berges, du lit et de la végétation rivulaire, impacts identifiés et linéaire concerné), s’intéressera aux caractéristiques de la pâture (superficie, configuration topographique) et prendra en compte également les pratiques agricoles (nombre de bête à abreuver, race utilisée et type de production). Le but recherché est de limiter au maximum l’accès du troupeau à la rivière et si possible d’exclure entièrement les animaux des cours d’eau afin d’éviter toute contamination et dégradation. Aussi, l’installation de clôtures le long des cours d’eau (si possible pas trop près pour laisser un espace aux pêcheurs…) est la première action à entreprendre.
La pose de clôtures couplée à la mise en place de nouveaux abreuvoirs permet à la fois de protéger le milieu et de garantir un abreuvement sain pour le bétail. Pour ce faire, plusieurs types de dispositifs sont envisageables.
L’abreuvoir classique consiste à aménager pour le bétail une plage d’accès au bord de la rivière tout en lui empêchant de rentrer dans le lit. Ainsi des barrières spécifiquement dimensionnées permettent aux bovins uniquement de passer leur tête pour accéder à l’eau mais leur interdisent de piétiner le fond de la rivière. Lorsque la pente du cours d’eau est suffisante (supérieur à 1 %), il est possible de mettre en place tout simplement un système gravitaire avec une crépine et un tuyau qui amène l’eau naturellement dans un bac d’abreuvement placé à proximité de la berge. Ce système a l’avantage d’éviter tout contact direct du troupeau avec la rivière, il est peu coûteux et facile à installer, mais nécessite cependant un entretien régulier de la part de l’exploitant agricole. Enfin, plus perfectionnée, la pompe de prairie permet à l’animal d’actionner lui-même un dispositif de pompage mécanique qui va assurer l’alimentation en eau de l’abreuvoir. Comme le précédent, ce système évite tout contact entre le bétail et le milieu, il s’adapte à tous les cours d’eau, mais représente un investissement plus important. Les coûts de ces différents types de dispositifs peuvent varier de 350 à 2 000 euros.
Des marquages massifs pour étudier l’efficacité des repeuplements
Nous n’avons pas souhaité revenir sur l’histoire française des pratiques de repeuplement vieilles de près d’un siècle. Pas plus que nous ne voulons entretenir la polémique entre partisans et détracteurs de ces pratiques de gestion qui avancent chacun des arguments plus ou moins valables. Il s’agit de présenter ici quelques démarches scientifiques qui ont été mises en place afin d’évaluer réellement l’efficacité de certaines pratiques de repeuplement chez les salmonidés.
Par Arnaud Caudron
Des possibilités restreintes de marquage
Toute la difficulté d’étudier l’effet des repeuplements est dans la capacité de distinguer les individus introduits de ceux issus de la reproduction naturelle. Cette distinction n’est possible que par un marquage des poissons relâchés. Or, pour les salmonidés et en particulier la truite fario, un double problème se pose alors très vite : les repeuplements sont réalisés dans leur majorité à des stades très jeunes, limitant ainsi les possibilités de marquage, les quantités repeuplées étant souvent importantes, portant sur plusieurs milliers à millions d’individus. Les premiers questionnements concernant l’efficacité des repeuplements massifs pratiqués par les gestionnaires à l’époque ont émergé au début des années 80. A l’époque, les seules techniques disponibles étaient les marquages dits externes qui consistaient à pratiquer l’ablation d’une nageoire (souvent l’adipeuse pour ne pas pénaliser les capacités de nage du poisson) ou un marquage interne qui consistait à insérer une micro-marque magnétique dans les narines du poisson. Cette marque miniature étant détectée ensuite par l’intermédiaire d’un lecteur magnétique spécial. Plusieurs études, utilisant ces procédés, ont été réalisées en France, en Grande-Bretagne, dans les pays du Nord de l’Europe ainsi bien sur qu’aux Etats-Unis et au Canada. Ces techniques, exclusivement manuelles, nécessitaient de marquer les poissons un à un et excluaient les individus trop petits (d’une taille inférieure à 5 cm). Ces limites imposaient de réaliser les études sur des quantités relativement réduites par rapport aux quantités totales déversées pour les repeuplements, avec des tailles de poissons pas trop petites et donc souvent sur des sites d’études géographiquement restreints.
Le marquage en masse des otolithes
Entre la fin des années 80 et la moitié des années 90, une technique particulière de marquage s’est développée utilisant comme principe la balnéation des individus dans un colorant qui pénètre dans l’organisme et se fixe sur les pièces osseuses du poisson. Il s’agit en l’occurrence de l’otolithe, petit os situé dans l’oreille interne du poisson. C’est la partie calcifiée de l’organisme qui se forme en premier lors du développement embryonnaire. De nombreuses recherches ont été menées dans ce domaine dans de nombreux pays y compris en France pour tester l’utilisation de différents colorants, vérifier la bonne tenue et la fiabilité des marquages, étudier leurs effets sur la santé des poissons et limiter au minimum la durée de balnéation.
En France, la station de recherche de l’INRA de Thonon-les-Bains avait mis en application ces techniques de marquages pour suivre et évaluer les repeuplements à l’initiative de M. Rojas Beltran, aujourd’hui décédé. Des premières études de ce type ont été ainsi réalisées sur le Fier et le Doubs franco-suisse. L’avantage du recours à cette technique résidait dans le fait qu’il était possible de marquer un grand nombre d’individus, plusieurs centaines de milliers de poissons, à des stades précoces c’est-à-dire dès le stade alevin vésiculé juste après l’éclosion. Très prometteurs, les premiers résultats obtenus ont conduit à poursuivre dans cette voie et à optimiser encore la technique et la rendre la plus appliquée possible au suivi des repeuplements.
Désormais le protocole de marquage utilise un marqueur inoffensif pour le poisson et la santé humaine appelé alizarine red S. De plus, il est facile à mettre en place puisqu’il suffit juste, en respectant les doses de colorant, de baigner les alevins pendant trois heures dans la solution dans les bacs de pisciculture utilisés pendant la résorption de la vésicule. En outre, le volume n’est pas limitant, ce qui permet de marquer plusieurs centaines de milliers d’alevins en même temps. Avec cette technique, le marquage est total, c’est à dire que 100% des alevins traités sont marqués, et pérenne puisqu’il ne se dégrade pas au cours du temps et persiste au moins 5 à 6 ans. Si le protocole de marquage a pu être simplifié, la technique de recherche de la marque reste par contre un domaine de spécialiste et nécessite également un matériel de microscopie particulier. En effet, pour repérer la présence éventuelle d’une marque sur un poisson, il est nécessaire de disséquer la tête de celui-ci pour en extraire l’otolithe. Ce dernier est fixé sur une mince lame de verre grâce à une thermocolle puis poncé légèrement à l’aide d’un papier abrasif.
L’otolithe est ensuite observé sous un microscope équipé d’une lampe à vapeur de mercure et d’un filtre permettant de visualiser la marque laissée par le colorant. La marque apparaît ainsi sous la forme d’un anneau rouge fluorescent., Des tests supplémentaires ont montré récemment la possibilité de distinguer différents lots de poissons par simple, double ou triple marquages. Il reste évident que la principale limite de cette technique est la nécessité de sacrifier le poisson pour rechercher la présence de la marque. Cette méthode est donc plus particulièrement adaptée à l’étude des stades juvéniles qui sont souvent les plus nombreux dans les populations et des stades adultes lorsque les poissons sont capturés par les pêcheurs. Après la description des méthodes de marquage, passons aux exemples d’application d’études précises destinées à améliorer les pratiques de gestion actuelles.Étude grandeur nature sur les rivières
Le principal exemple concerne la truite fario et se situe dans le département de la Haute- Savoie. Les collaborations entre la Fédération de Pêche de ce département et la station de recherche INRA de Thonon, ont permis de lancer un vaste programme de recherche appliquée pour évaluer l’efficacité des repeuplements sur la totalité du réseau hydrographique du département.
Ainsi, à partir de 2002 et pendant trois années consécutives, tous les poissons repeuplés soit environ trois millions d’alevins par an, ont été marqués. Les marquages réalisés dans six piscicultures différentes ont été pratiqués, après une séance de formation par les pisciculteurs eux-mêmes. Ensuite, pendant ces trois années, des campagnes d’échantillonnages par pêche électrique ont été pratiqués pour prélever dans les rivières des juvéniles de truites au stade 0+ et connaître dans les populations la part des individus repeuplés et celles des individus issus de la reproduction naturelle. L’étude a porté sur un échantillonnage de plus de 5000 poissons répartis sur 115 secteurs de rivière situés sur 13 bassins versants.
Ensuite, au cours des saisons de pêche 2004, 2005 et 2006, des prélèvements ont été réalisés au stade adulte par pêche à la ligne par des pêcheurs volontaires. Ce sont alors près de 3000 têtes de truites qui ont été étudiées pour évaluer la part des poissons repeuplés directement dans le panier du pêcheur. L’ensemble de cette étude intéresse bien évidemment directement les AAPPMA car les résultats ont permis de connaître rivière par rivière l’efficacité des repeuplements et ainsi d’adapter les pratiques. L’avantage de travailler à grande échelle, par rapport aux études précédentes, est qu’il est possible d’étudier et de comparer différentes pratiques de repeuplements sur différents types de milieux et d’être ainsi confrontés à de nombreux cas de figures de gestion. Le but étant d’évaluer les pratiques actuelles de gestion, celles-ci n’ont pas été modifiées pour le compte de l’étude mais c’est le protocole d’échantillonnage qui a été adapté. Les résultats ont montré qu’il n’existait pas de généralité concernant la contribution des repeuplements, et si les truites repeuplées ne représentent que 40% en moyenne départementale des poissons trouvés dans les rivières, les contributions des repeuplements selon les sites et mêmes selon les années peuvent varier de 0 à 100%. Le traitement des résultats rivière par rivière a permis de modifier la gestion pratiquée par les AAPPMA avant l’étude en arrêtant les repeuplements sur de nombreux secteurs où ils étaient inutiles. Ceux-ci ne sont maintenus que sur les secteurs qui présentent un intérêt halieutique et sur lesquels ils permettent de maintenir une population. En fait ces cinq années d’études ont montré que la quantité des repeuplements pouvait être réduite de 75% tout en conservant la même efficacité de captures pour les pêcheurs.
Les grands lacs ne sont pas en resteCette technique de marquage est également utilisée depuis 2003 pour étudier les repeuplements en omble chevalier et en corégone dans le lac du Bourget. Ce sont environ 100 000 juvéniles d’omble et 200 000 de corégone par an qui ont été marqués. Dans ce cas les échantillonnages sont réalisés auprès des pêcheurs pour connaître la contribution directe des repeuplements dans la pêcherie. Sur le Léman, les études franco-suisses destinées à évaluer l’efficacité des introductions de poissons vont débuter cette année avec, à partir de 2007, le marquage de plus 1,5 millions d’ombles chevaliers. Ce programme devrait s’étendre dès 2008 à la truite fario. Enfin, cette méthode trouve aussi une application dans le domaine de la conservation et la réhabilitation des populations de truites autochtones. En effet, couplée avec des analyses génétiques, elle permet de suivre l’implantation et l’évolution des caractéristiques des nouvelles populations autochtones installées par des repeuplements temporaires de réhabilitation.

Québec : la Pourvoirie des Lacs Robidoux et ses saumons atlantiques
Fondée en 1952 au cœur de la Gaspésie, au Sud-Est du Québec, par M. Mc Whirter, la Pourvoirie des Lacs Robidoux propose aux pêcheurs à la mouche (exclusivement) de venir séduire les imposants saumons atlantiques qui remontent les rivières Cascapédia, Petite Cascapédia ou Bonaventure. A la fin des années 40 déjà, des pêcheurs américains devaient amerrir sur le Lac Ribodoux, afin d’aller débusquer le fameux poisson dans la Bonaventure, alors qu’aucune route ne venait dans cette région reculée. La pêche du saumon atlantique se pratique ici à partir du 1er juin jusqu’au 30 septembre, même si la première montaison de pointe se produit entre la fin juin et le début du mois de juillet. Salmo Salarn’est pas l’unique habitant du lieu, il est possible également de pêcher dans les eaux cristallines de ces rivières et du Lac Ribodoux des saumons noirs (à partir de mois de mai), des ombles de fontaine et des truites de mer. Une auberge confortable, construite en bois, dans le plus pur style québécois, à proximité des meilleurs parcours permet de résider sur place. Les trois rivières coulent dans une région sauvage, où les forêts accueillent ours noirs, cerfs de Virginie, castors et aigles. L’occasion d’une immersion dans une nature préservée à la rencontre du saumon atlantique.
Christian Roulleau, qui vient d’en reprendre la représentation en France, pourra vous fournir toutes les informations utiles alors n’hésitez pas à le contacter si vous prévoyez un voyage halieutique chez nos cousins québécois.
Renseignements :
Christian Roulleau
06 18 37 03 86

Le fil de titane contre les dents des brochets
Après une timide apparition sur le marché il y a deux ans, le fil de titane utilisé comme bas de ligne pour la pêche du brochet fait un retour en force. Plusieurs marques proposent cette année des bas de ligne prêts à l’emploi et même du titane vendu par 2,5 m. Si le prix reste élevé, il faut accorder à ce matériau de nombreuses qualités.
Par Philippe Collet
Les bas de ligne à base de fils en alliage de titane, appelé aussi titanium par certains fabricants, ont la particularité d’être très solides et quasiment indéformables. Dans des conditions normales d’utilisation, il est impossible de tordre ou de faire coquer un fil de titane. Tant que l’angle de pliage n’est pas totalement refermé (brin contre brin) ou que le matériau ne subit pas un frottement avec un échauffement important, un fil de titane ne peut pas rester marqué.
Ce matériau est inoxydable, ce qui est un atout important pour un usage en mer, par exemple. Il est aussi étirable, ce qui lui permet d’absorber une partie des ferrages les plus violents avant de revenir à son état initial. Contrairement à un morceau de corde à piano qui va se tordre au premier impact dans une branche ou dans la gueule d’un poisson, ou à un bas de ligne d’acier multibrin qui va se mettre à tirebouchonner dès qu’il sera un peu malmené, un bas de ligne en titane reste totalement droit.
Lors d’un voyage de pêche sur le grand lac des Esclaves au Canada, il y a près de deux ans, nous avons pu réellement tester les qualités de ce matériau. Nous avons abandonné l’usage des bas de ligne en fluorocarbone, pourtant en 80/100, dès la première heure de pêche, car ils étaient coupés quasi systématiquement par des brochets voraces à la dentition particulièrement tranchante. Les bas de ligne en acier multibrin ont subi le même sort car ils étaient tous coqués après la prise d’un ou deux poissons. Les bas de ligne en corde à piano monobrin résistaient bien mais devaient être détordus régulièrement. Bien qu’efficaces sur ces poissons non éduqués, je ne les trouvais pas à mon goût car trop grossiers. Ayant préparé quelques avançons en titane de 40 lbs pour le voyage, j’ai pour ma part rapidement opté pour cet accessoire et j’ai pu enchaîner les prises sans plus me soucier de mes bas de ligne. J’en ai toutefois cassé deux durant le séjour, après qu’ils eurent pris près de 50 poissons chacun.
Après autant de ferrages appuyés, de rushs violents, de décrochages spectaculaires, les bas de ligne prenaient un léger pli au niveau du sleeve (tube métallique serti sur les deux brins repliés de la boucle) et cassaient finalement à cet endroit. Il a suffi de les remplacer, quand ils commençaient à être marqués, pour ne plus en casser. Autant dire que, revenu en France, je ne suis pas près d’en casser un vu la moyenne des prises journalières.Pourtant, lorsqu’on évoque ces bas de ligne, de nombreux pêcheurs se plaignent de casses immédiates, dès le premier lancer appuyé ou le premier ferrage, avec des bas de ligne tout faits, fraîchement sortis de leur emballage. Il s’agit le plus souvent de casses au niveau d’un sleeve, liées a priori à un défaut de fabrication. J’ai remarqué que le titane devient très fragile lorsqu’il a pris un pli ou un coup. Ainsi un sleevage trop serré, un pli marqué peuvent le rendre cassant comme du verre. On s’en rend compte lorsqu’on coupe un brin de titane avec une pince, cela semblebeaucoup plus facile qu’une corde à piano du même diamètre.
Lorsqu’on réalise ses bas de ligne soi-même, il faut utiliser des sleeves au diamètre adapté et une bonne pince à sleever pour serrer solidement le titane sans le marquer. Le titane est difficile à sleever, car c’est un matériau particulièrement glissant. Il est alors tentant de serrer très fort pour pallier cet inconvénient. A ce moment-là, on doit affaiblir le matériau. Je pense que les casses immédiates, enregistrées sur des bas de ligne neufs, sont liées à un procédé de fabrication inadapté.
Ce phénomène d’écrasement du matériau semble encore plus marqué avec les bas de ligne multibrins.
Les casses peuvent toutefois aussi se produire avec des bas de ligne sous-dimensionnés par rapport au leurre utilisé. Ainsi, par exemple, un gros jerckbait de 100 g ne devra pas être envoyé avec un bas de ligne de moins de 50 lbs de résistance, au risque de voir le leurre partir tout seul sur un lancer appuyé. Outre leur résistance, les bas de ligne en titane sont discrets et restent bien en ligne. Le rapport diamètre/résistance du titane est intéressant. Les caractéristiques mécaniques du produit ne s’altèrent pas dans le temps (contrairement, par exemple, à l’effilochement de quelques brins d’un bas de ligne en acier). Autre atout majeur, ce matériau reste droit comme un i tout en étant souple. Il permet ainsi un contact direct du pêcheur avec son leurre et ne produit pas l’effet ressort (peu discret) de la plupart des bas de ligne en acier, un peu malmenés, accrochés à un leurre qui ne tire pas.On appréciera particulièrement ces bas de ligne pour la pêche du brochet à la mouche, mais aussi en petit diamètre pour la pêche verticale, par exemple. On les utilise déjà depuis longtemps, en très gros diamètres, pour la pêche aux gros jerkbaits. Pour ma part, je les utilise systématiquement maintenant, dès que je risque de rencontrer un brochet. J’adapte simplement leur diamètre à la pêche pratiquée et à la puissance du matériel utilisé. De nombreux fabricants proposent aujourd’hui des bas de ligne en titane tout faits, en monobrin ou multibrins (souvent sept brins). Passé les premières fabrications, il semble maintenant que les produits se fiabilisent. Les bas de ligne reviennent assez cher, mais leur prix doit être mis en balance avec leurs qualités et leur durée de vie très longue, à condition de ne pas les risquer trop souvent sur des postes encombrés.
A titre d’exemple, la marque Cannelle propose des bas de ligne monobrin avec émerillon et agrafe de 15 ou 31 cm ou des avançons à simples boucles de 40 cm dans des diamètres de 20, 30 ou 40/100 de millimètre, pour des résistances respectives de 5, 8 et 15 kg. Illex propose des Titanium leaders en sept brins de 30 cm de longueur, avec émerillon et agrafe en 16, 28, 54 et 70 lbs. Il va être maintenant possible de trouver du titane en rouleau en France. Pour 2011, la marque Cannelle en propose en deux tailles : 20 et 30/100 pour des résistances respectives de 5 et 8 kg. Ces diamètres permettent une présentation très discrète, mais doivent être réservés à des pêches plutôt fines et tactiles. La gamme mériterait d’être enrichie de diamètres plus conséquents pour couvrir tous les styles de pêche. Saluons toutefois la mise à disposition d’un diamètre très fin, difficile à trouver habituellement, très adapté aux pêches légères et à la pêche verticale.
Le site de la pêche du saumon au Québec
Le site de la Fédération des gestionnaires de rivières à saumon du Québec (FGRSQ) publie toutes les informations utiles pour tout savoir sur la pêche du saumon chez nos cousins québécois. Les rivières sont ici sauvages et préservées et coulent au milieu d’une nature sans fin, l’image même des “grands espaces”.
Vous y trouverez les grandes lignes de la réglementation en vigueur sur les cours d’eau québécois. Le site présente les diverses régions de pêche comme autant d’invitations au voyage. N’hésitez pas à visiter ce site, vous y trouverez de nombreuses informations pratiques. Idéal pour préparer un voyage outre-Atlantique.
Renseignements :
www.saumonquebec.com
