Étiquette : Bretagne

  • Pacte d’Avenir, une pétition pour tenter de sauver les dernières rivières sauvages bretonnes

    Pacte d’Avenir, une pétition pour tenter de sauver les dernières rivières sauvages bretonnes

    Le
    modèle agricole productiviste breton est clairement à bout de course :
    pollutions majeures, cours des produits qui s’effondre, suicides chez les
    éleveurs, etc. Et pourtant, l’Europe continue d’entretenir (le mot est faible)
    cette horrible machine qui n’a, de toute évidence aucune issue, sans un
    changement des pratiques. L’Etat et les collectivités locales bretonnes viennent d’établir un Pacte d’Avenir, pour calmer un peu les esprits et coller des
    pansements sur des jambes de bois…

    En réponse à ce pacte (dont le nom dépasse largement
    l’ironie), des associations et des citoyens ont choisi de lancer une pétition,
    contre un pacte établi dans la précipitation, à partir de solutions du passé,
    et qui ne ferait que reproduire voire amplifier les logiques qui ont mené la
    Bretagne dans cette crise.

    Pour dire oui à un pacte qui contribue à la transition
    du modèle économique breton pour intégrer les enjeux sociaux et
    environnementaux dans des projets de territoire cohérents, adaptés aux
    ressources naturelles et humaines de ces territoires, cherchant à modérer la
    consommation d’espaces agricoles et naturels.

    Pour dire oui à un pacte qui propose d’avancer
    vers une autre politique agricole et agroalimentaire, productrice de davantage
    de valeur ajoutée et de qualité, au bénéfice mutuel des agriculteurs, des
    entreprises, des salariés, des habitants, des paysages, de la biodiversité et
    du tourisme.

    Pour dire oui à un plan régional de développement
    des circuits de proximité, en particulier dans la restauration collective,
    valorisant un prix suffisant pour le producteur.

    Oui à un pacte qui considère enfin la Nature, ses
    richesses, ses ressources et ses fonctions, non comme une contrainte mais comme
    une chance et un atout pour la Bretagne, ses habitants et ses activités
    économiques (tourisme, activités maritimes …).

    Pour dire oui à un pacte qui conduise la Bretagne à
    répondre aux défis du changement climatique, des transports doux et durables,
    de la sobriété, de l’autonomie énergétique, et de la production renouvelable

    Pour dire oui à un pacte qui mise sur l’intelligence
    collective, la richesse associative et l’engagement syndical et citoyen pour
    co-construire une stratégie, des projets et des actions.

    Pour dire oui à un pacte qui donne une vision, un cap,
    des objectifs chiffrés, régulièrement évalués sur la base de critères
    économiques, sociaux et environnementaux, de manière partagée et visible par
    tous.

    Merci de signer cette pétition. Les petits ruisseaux
    font les grandes rivières et celles de Bretagne ont bien besoin d’un petit coup
    de pouce !

    Il
    est possible de la signer en ligne ici :

    http://pacteecosolidairebretagne.wordpress.com
  • Anper TOS, l’énergie du renouveau

    Anper TOS, l’énergie du renouveau

    L’association Anper TOS (Association nationale pour la protection de l’Eau et des Rivières) anciennement TOS (Truite ombre saumon) à tenu son assemblée générale ordinaire le 31 mars à Dijon. Cela n’était plus arrivé depuis 2007… Pour le nouveau bureau, les choses sont claires : “Le renom de TOS, tel qu’il était au temps de Ch Ritz, Cl. Bergman, J-L. Pelletier, Jean Rapilly (toujours actif et dévoué), de P. Rollet, de M. Brulin, J. Deregnaucourt, P. Caillau et autres membres prestigieux, faute notamment d’informations données aux membres, était désormais terni à leurs yeux par la « légèreté » et la « négligence » de certains laissant aller les choses à vau-l’eau sans s’opposer aux décisions illégitimes de celui qui les conduisait à les approuver. Il faut remercier ceux qui, du Béarn à l’Alsace, en passant par la Bourgogne et la Franche-Comté, de la Bretagne à l’Auvergne en passant par le Val de Loire, ont refusé une mort programmée.”

    Voici la constitution des délégations régionales. Certaines sont en sous-effectifs, d’autres sont à l’abandon et partout le besoin de forces vives se fait sentir. N’hésitez donc pas à apporter votre aide localement .

    Ardèche :
    Il n’y a plus d’activités locales de TOS en Ardèche et il convient de retrouver une dynamique sur le terrain. Toutes personnes motivées peuvent contacter Christel Bulthé.

    Bourgogne : Jean-paul Ragonneau salue avec émotion le renouveau de TOS et l’accompagne en reprenant contact avec les anciens adhérents, les AAPPMA et les fédérations.

    Contact TOS Bourgogne :
    [email protected]

    [email protected]


    Bretagne :
    Lucien Drouot rappelle l’action de Jean Rapilly. Grâce à ce dernier, l’action judiciaire de TOS est encore bien présente en Bretagne : 3 affaires ont été récemment jugées (Navire Valencia, Pisciculture Lambel et pollution de l’estuaire de La Loire par Total-Donges) et deux relatives à des navires sont en cours (Tian Du Feng et Latvian Shipping Cie).

    Dordogne :
    Le groupe régional, dont l’activité a été un temps réduite compte tenu des incertitudes sur la vie de l’association au niveau national, a toutefois continué à fonctionner et à poursuivre ses objectifs dans le bassin de la Dordogne.

    Contact TOS Dordogne :
    [email protected]
    (Frédéric Serre).

    Franche-Comté :
    l’action de TOS Franche Comté se confond avec celle du collectif « SOS Loue rivières Comtoises » et particulièrement lors de l’organisation de la manifestation de Goumois en mai 2011, le recours au tribunal Européen, les réunions avec les services préfectoraux etc. L’action 2012 sera renforcée, avec notamment des actions sur la Bienne, conjointement avec l’AAPPMA La Biennoise.

    Contact TOS Franche-Comté :
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    Basse Normandie :
    La délégation régionale de Basse-Normandie qui a été créée en 1988 ne compte actuellement que quelques membres. Avec les problèmes de TOS au niveau national, beaucoup ont quitté l’association. Une relance auprès des anciens membres en se servant des fichiers d’anciennes adresses est prévue.

    Contact TOS Val de Loire : [email protected]

    Pyrénées :

    Contact TOS Pyrénées :
    [email protected]


    Composition du bureau national :

    Président : Lucien Drouot – [email protected]

    Vice-Président : François Grebot – [email protected]

    Secrétaire générale :
    Christel Bulthé – [email protected]

    Secrétaire administratif :
    Thierry Valet – [email protected]

    Commission pollution et nuisances :
    F. Grebot
    [email protected]

  • Technique : le bar au leurre de surface

    Technique : le bar au leurre de surface

    La pêche du bar au leurre de surface est une pêche passionnante. Elle permet de voir les poissons attaquer de façon parfois discrète dans une petite éclaboussure ou, plus spectaculaire, dans un énorme remous. Elle permet aussi de voir les poissons qui suivent et refusent le leurre, et d’inciter les plus récalcitrants à mordre en variant l’animation. L’image d’un lingot d’argent surgissant de nulle part dans l’eau bleue pour engloutir votre leurre de surface restera toujours gravée dans votre mémoire.

    Par Philippe Collet

    Les bons gestes

    La pêche de surface peut se pratiquer en bateau, mais elle est particulièrement adaptée à la traque du bord car le leurre n’a quasiment aucun risque de s’accrocher. La profondeur des postes peut aller de quelques dizaines de centimètres à 4 ou 5 mètres. Plus, parfois, si les poissons chassent entre deux eaux.

    L’animation

    Nombre des leurres  se placent tête en l’air et le corps immergé à 45° à l’arrêt (Sammy par exemple). Quelques-uns restent toutefois à plat sur l’eau (Super Spook par exemple). Lors de l’animation, ils remontent pour glisser à plat. Certains d’entre eux peuvent passer sous l’eau sur des tirées plus franches. Ils remontent crever la surface avec une attractivité certaine dès l’arrêt de la traction. L’animation de base en walking the dog, littéralement « promener le chien », est la même pour tous ces leurres. Elle consiste à donner de petits coups de scion, au ras de l’eau, pour leur impulser de courtes tirées sèches qui les feront zigzaguer de droite à gauche. Entre chaque tirée, la main qui tient la manivelle du moulinet tourne celle-ci d’un cran pour récupérer le fil et le
    maintenir à la limite de la tension sans tirer sur le leurre. En effet,  lorsqu’on tape une première fois dans ce dernier d’un petit coup de scion, il part d’un côté ; il faut ensuite ramener la pointe de la canne vers le leurre tout en résorbant partiellement le mou du fil au moulinet et lui taper de nouveau dedans lorsqu’il a fini sa glissade. On le fait ainsi virer de l’autre côté et ainsi de suite. La récupération du fil ne doit pas être trop rapide car elle empêcherait le leurre de basculer d’un côté à l’autre. Le fil doit impérativement rester lâche et ne se tendre que sur les coups de scion.
    Selon le type de stickbait, et le plus souvent selon sa taille, le rythme sera plus ou moins rapide et les tirées plus ou moins amples. A vous de trouver le bon tempo pour faire évoluer correctement chaque leurre. Lorsque vous avez le bon rythme, vous pouvez aussi pêcher en douceur ou sèchement. En animant sèchement, vous ferez gicler beaucoup d’eau et générerez beaucoup de bruit avec les billes bruiteuses. Votre leurre deviendra un mini prédateur en chasse. Cette animation est à double tranchant. Elle va dans certains cas inciter le prédateur à sanctionner directement l’intrus, mais risque à d’autres moments de dissuader un poisson un peu méfiant d’attaquer. En pêchant au même rythme mais de façon fluide et douce, votre leurre zigzaguera de la même façon, mais beaucoup plus discrètement, comme un animal blessé cherchant à se soustraire à la vue du prédateur ; cette animation aura la faveur des poissons plutôt méfiants.
    Je me souviendrai toujours d’une partie de pêche en bateau en Bretagne Nord avec un collègue expérimenté du cru, où j’ai eu la démonstration absolue que l’animation minimaliste d’un Super Spook attirait de nombreux bars. Ce pêcheur ne tapait pas dans le leurre. Il se contentait de le faire surfer sur le petit clapot d’une belle journée d’été, en lui impulsant des coups de scion irréguliers et à peine marqués, donnant l’impression que son leurre cherchait à se faufiler le plus discrètement possible sur l’eau. Le leurre dodelinait irrégulièrement de droite à gauche avec une amplitude guidée plus par le relief des vagues que par la tirée imprimée et émettait seulement de temps en temps un petit “cloc” discret. L’animation droite gauche droite, accompagnée de son “cloc, cloc, cloc” bien rythmé si caractéristique, et facile à obtenir dès les premiers essais avec ce leurre, que je produisais de mon côté ne fonctionnait pas du tout alors que la sienne faisait monter les poissons régulièrement.
    Je pense que, globalement, une animation trop régulière et bruyante est dissuasive pour les poissons éduqués de nos côtes. Plus la mer est calme, plus l’animation et le leurre choisi doivent être discrets. Si la mer est un peu formée, que le clapot étouffe le bruit, vous pouvez alors opter pour une animation plus marquée et surtout passer à un leurre plus gros et plus bruyant qui sera mieux décelé par les poissons dans le bruit de fond général.
    Le vent peut être un ennemi dans la pêche avec des leurres de surface. En effet, avec des leurres légers, il peut la rendre impossible en tendant trop vite le fil. Vous aurez alors intérêt à rechercher des postes avec le vent dans le dos ou à passer à des leurres plus gros et plus tolérants en termes d’animation. Dernière chose importante : la non-animation. N’oubliez pas de marquer des arrêts fréquents, qui déclencheront l’intérêt des prédateurs et les inciteront à attaquer votre leurre beaucoup plus régulièrement.


    Soyez vigilant

    Lorsque vous pêchez avec un leurre de surface, ne négligez pas une seconde sa surveillance. En le suivant des yeux, vous pourrez voir des suivis sans suite, des remous suspects trahissant la présence de poissons. Cela vous redonnera de la motivation à revendre, si vous commenciez à douter de votre technique ou du poste choisi, et vous incitera à changer de leurre pour trouver celui qui peut déclencher les touches. N’hésitez pas à couvrir du terrain. Les poissons, s’ils sont présents, réagiront tout de suite en suivant ou en prenant le leurre. Toutefois, pour certains endroits difficiles d’accès comme des pointes rocheuses, vous pourrez insister longuement en lançant en étoile, en attendant leur passage plus ou moins obligé.

    Le ferrage

    Lorsqu’un poisson surgit pour s’emparer de votre leurre, votre instinct et la surprise vous dictent de ferrer instantanément. Souvent vous enlevez le leurre de la gueule du bar avant qu’il n’ait pu s’en saisir ou bien vous ne lui laissez aucune chance de le retrouver, s’il l’a raté, en lui retirant brusquement du champ de vision. Attendez toujours de sentir le contact avec le poisson, ce qui lui laisse le temps de redescendre avec le leurre. Votre ferrage sera alors beaucoup efficace.
    Je ne souviendrai toujours d’un gros bar qui, après avoir produit un énorme remous, dont j’avais arraché mon leurre instantanément, avait recherché furieusement sa proie en tapant la tête de droite à gauche avant de la sortir complètement hors de l’eau à 10 mètres du bateau comme s’il cherchait quelque chose. Il n’est bien sûr jamais revenu sur le leurre redéposé immédiatement dans le remous.
    La pêche aux leurres de surface est une pêche d’été idéale. Elle nécessite très peu de matériel et peut se pratiquer un peu partout sur nos côtes du bord. Alors n’hésitez pas à prendre une canne, quelques leurres et accessoires pour vos vacances d’été. Vous trouverez toujours un moment pour aller crapahuter au bord de l’eau et faire quelques lancers. Vous pourrez alors découvrir, si ce n’est déjà fait, ce formidable poisson qu’est le bar.

    L’usage de la tresse

    Je fais partie de ceux qui auraient maintenant du mal à se passer de la tresse. Pour cette pêche, en surface, elle reste posée sur l’eau où elle flotte naturellement, ce qui est un atout non négligeable. Son absence d’élasticité permet la retransmission des moindres petits coups de scion jusqu’au leurre, même à grande distance. Sa finesse, à résistance égale par rapport à un nylon, permet d’allonger les lancers et de minimiser la prise au vent et le ventre dans la ligne, qui peuvent totalement anéantir la meilleure des animations. Pour des leurres de taille normale de type Z Claw, Sammy 100 ou encore Bonnie 95, une tresse de  15 centièmes et suffisante. Pour des leurres plus gros, de type Bonnie 128, Super Spook, une taille de 19 centièmes peut être préférable, surtout si vous n’êtes pas totalement aguerri. Il s’agit en fait d’éviter de casser net sur un lancer appuyé, si par hasard une boucle de tresse se bloque dans les anneaux de la canne ou si le pick-up du moulinet se referme.
    Pour plus de discrétion, et aussi pour éviter de perdre des grandes longueurs de tresse sur une casse, un morceau de fluorocarbone est intercalé entre la tresse et le leurre ou plutôt l’agrafe. Cette dernière permet un changement rapide en fonction des postes rencontrés ou lorsqu’on cherche le leurre qui marche. Vous choisirez des agrafes de bonne qualité pour éviter qu’elles ne s’ouvrent de façon intempestive. Il n’y a en effet rien de plus rageant que d’animer d’un seul coup dans le vide et de voir son leurre partir au gré des vagues.
    Le brin de fluorocarbone mesure environ 1,5 à 2 mètres, son diamètre est fonction de la taille des leurres et des poissons pouvant être rencontrés. Vous utiliserez le plus souvent un 30, 35 ou 40 centièmes, les plus gros diamètres étant réservés aux pêches fortes, lorsque vous risquez de rencontrer de gros poissons ou que vous pêchez des secteurs très encombrés.

    Hameçons et corrosion marine

    Certains leurres ont été conçus au départ pour l’eau douce et ne sont pas toujours dotés d’hameçons résistant à la corrosion marine. Même si vous rincez ces leurres méticuleusement après chaque partie de pêche, leurs hameçons vont rapidement rouiller. Leurs pointes vont s’émousser et perdre leur piquant et certains points de rouille peuvent les rendre cassants, surtout après un stockage prolongé. Il est recommandé de les changer, lorsqu’ils sont trop abîmés, pour des hameçons plus résistants à la corrosion et aussi parfois à l’ouverture. Vous les choisirez de taille équivalente ou un peu plus gros (s’ils ne déséquilibrent pas la nage du leurre), ce qui vous permettra de mieux accrocher les gros poissons. Lorsque vous changez l’armement d’un leurre à trois hameçons, vous pouvez le remplacer par seulement deux hameçons de taille supérieure. Les références suivantes peuvent être recommandées pour remplacer vos hameçons triples : Decoy Y-S21, VMC 7545 BN (noir anticorrosion) ou TI , Owner ST 31 ou ST 41, plus forts de fer. Ces hameçons résistent correctement à la corrosion marine, à l’ouverture, et ont un piquant supérieur à la moyenne.

  • Barrages de la Sélune : les pêcheurs accentuent la pression

    Barrages de la Sélune : les pêcheurs accentuent la pression

    La Fédération nationale de la pêche en France (FNPF), l’Union régionale des fédérations de pêche de Bretagne, Basse-Normandie, Pays de la Loire, ainsi que de la Fédération pour la pêche de la Manche ont publié un communiqué de presse commun, où ils annoncent l’organisation d’une manifestation lors de la dernière réunion des « Amis des barrages », une association qui milite pour le maintien des barrages sur la Sélune. Voici un extrait de ce communiqué : « Mardi 14 février à 20h30 se tiendra la toute dernière réunion des « Amis des barrages » de la Sélune au centre culturel d’Isigny le Buat. La Fédération nationale de la pêche en France (FNPF), l’Union régionale des fédérations de pêche de Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire (UR Ouest) ainsi que la Fédération départementale de la Manche avec 24 de ses associations locales, protecteurs et gestionnaires des milieux aquatiques, seront présents afin de défendre la position ministérielle face aux « pro barrages » et couper court aux allégations et contradictions régulièrement évoquées par cette association et quelques élus locaux. (…) En effet, jeudi 16 février, Mme Nathalie Kosciusko Morizet recevra au Ministère les élus locaux du Sud-Manche, accompagnés de M. Legrand, président du Conseil général de la Manche et M. Michel Thoury, président de la Commission locale de l’eau du SAGE Sélune. Cette ultime rencontre ministérielle pourrait sceller définitivement la fin des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit. » Espérons que ce soit bien le cas…

  • Bretagne : quand le président d’un syndicat d’agriculteurs dérape…

    Bretagne : quand le président d’un syndicat d’agriculteurs dérape…

    Nous relatons ici l’échange
    musclé entre Thierry Merret, Président de la FDSEA
    (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) du Finistère et Eau & rivières de Bretagne, une association qui lutte pour la qualité des eaux
    bretonnes. Devant
    les membres du Conseil économique, social, environnemental de Bretagne, le syndicaliste a complètement dérapé, notamment en
    accusant l’association de « porter plainte contre les Bretons» (sic). Il vous suffit de lire ce qui suit pour vous faire votre opinion. Nous avons d’ailleurs gardé l’intégralité des propos. De notre côté, nous ne pouvons qu’apporter notre
    soutien à Eau
    & rivières de Bretagne…

    L’intervention de Thierry
    Merret, président
    de la FDSEA du Finistère

    Je m’exprime ici au nom des acteurs de la profession agricole.
    Il fallait bien un rapport transversal pour se rendre compte, effectivement, que tout est algues vertes dans la politique du Conseil régional. Les algues vertes sont un élément structurant de la politique foncière, de la politique économique, de la politique agricole, de la communication du Conseil régional. N’avez-vous pas l’impression d’en faire trop ? Le Conseil régional nous assure qu’il veillera à la gestion économe du foncier agricole, me voilà rassuré ! Rappelons que la Profession agricole s’est engagée depuis de nombreuses années sur ce thème et n’a pas attendu que cela relève de la lutte contre les marées vertes, mais passons, l’intention est louable et cela indique que le Conseil régional n’envisage pas l’avenir sans agriculteurs.
    Par contre, je suis particulièrement inquiet de la tournure que prend l’appui à l’Etablissement Public Foncier de Bretagne pour la création de réserves foncières. La gestion du foncier agricole est déjà très encadrée par différentes commissions (SDDS, CDOA, SAFER…). En voulant orienter la rétrocession des terres agricoles vers la forme d’agriculture voulue par le Conseil régional, on créé des inégalités inacceptables. En octobre 2011, nous rappelions déjà que « tous les modes de production agricoles peuvent répondre aux objectifs de qualité de l’eau et que c’est leur adaptation au contexte local qui est à construire et non pas l’obligation de passer à un type particulier de production. C’est bien par la diversité des modes de production et leur imbrication sur le territoire que des évolutions positives de la qualité de l’eau pourront aussi être obtenues et confortées ». Il s’agit également là d’une question de fond pour l’aménagement du territoire et la survie de filières agro-économiques durables.
    Soyons également très prudents concernant les missions des porteurs de programmes d’actions sur les bassins versants. Même si le Conseil régional se défend de vouloir attribuer de nouvelles compétences à certaines structures, il les dote néanmoins des moyens nécessaires pour que cela se produise. Des instances de décisions, de régulation et d’orientation existent au niveau départemental tant pour le foncier, que pour l’aménagement du territoire ou l’économie. Il est important de respecter les décisions et d’éviter de compliquer, voire court-circuiter les initiatives prises à ces niveaux de décision. L’enfer est pavé de bonnes intentions, prenons garde de ne pas nous orienter dans cette voie avec la stratégie de lutte contre les marées vertes.
    Selon le Conseil régional, les évolutions de pratiques ou de systèmes doivent s’intégrer dans des filières agricoles et agroalimentaires garantissant une juste rémunération des agriculteurs, grâce à une meilleure valeur ajoutée. Le Conseil régional nous renvoie à des dispositifs accompagnant notamment la mise en place de filières de diversification pour répondre prioritairement à des besoins locaux, notamment par le développement des circuits courts.
    Plus loin, on comprend qu’une meilleure prise en compte de l’environnement par l’agriculture lui donnera une image positive et renforcera l’attrait touristique des espaces ruraux et agricoles et pourra être un support de valorisation des produits locaux. L’agriculture bretonne ne peut se cantonner aux marchés de proximité ! Concernant les éléments d’analyse de la politique régionale de lutte contre les marées vertes, le Conseil régional reconnaît lui-même, en introduction, que les indicateurs présentés n’ont pas de vocation à évaluer ni la totalité d’un programme, ni l’ensemble d’une politique régionale. Cela ne l’empêche pas de détailler dans cette partie 3 indicateurs : le niveau de contractualisation individuelle, la surface en prairies/SAU et l’évolution des ventes d’engrais minéraux. Je m’interroge d’abord sur l’opportunité pour le Conseil régional de fixer des indicateurs de suivi alors même que, d’une part, il a été acté que chaque territoire devait fixer, au vu de ses caractéristiques, les indicateurs spécifiques à l’atteinte des résultats demandés et que, d’autre part, les écrits de plusieurs projets territoriaux ne sont toujours pas finalisés.
    Ce faisant, le Conseil régional méprise publiquement le principe de démocratie participative qu’il a porté aux nues dans les bassins versants algues vertes. En effet, que valent les indicateurs choisis par les acteurs de territoire pour suivre leurs projets quand la Région avance son propre modèle d’évaluation ? Nous en sommes d’autant plus étonnés que c’est faire fi de la reconnaissance des évolutions de pratiques déjà réalisées. Par exemple, et tout en reconnaissant que des améliorations doivent être engagées en matière de substitution de l’azote minéral par de l’azote organique, nous ne comprenons pas la référence faite à l’évolution d’engrais minéraux. N’en déplaise au Conseil régional, aucun projet déposé à ce jour ne comporte cet indicateur pour évaluer l’efficacité des actions. En aucun cas l’évolution des ventes d’engrais minéraux ne saurait être corrélée aux actions mises en place dans les bassins versants algues vertes. L’utilisation de cet indicateur est foncièrement malhonnête car il est évident que l’évolution des ventes d’engrais minéraux est bien plus influencée par des dispositifs structurants comme l’évolution des Zones d’Excédents Structurels (ZES), les financements pour la résorption ou le cours des engrais minéraux.
    Enfin, je souhaiterais revenir sur le soutien apporté par le Conseil régional à «Eaux et Rivières de Bretagne», « la Maison de la Consommation et de l’Environnement » et « l’Assemblée Permanente des Présidents de Commission Locale de l’Eau (CLE) de Bretagne». Nous comprenons ce soutien à des organismes dès lors qu’ils agissent de manière favorable à la mise en oeuvre de la politique défendue par le Conseil régional. Toutefois, il y a un manque de cohérence entre les orientations politiques du Conseil régional et la prolongation de la convention pluriannuelle d’objectifs d’Eaux et Rivières de Bretagne.
    Le risque de contentieux communautaire est systématiquement utilisé comme justifiant le plan d’actions algues vertes et les projets territoriaux. Or, faut-il rappeler que la demande d’information de la Commission européenne à la France a été déclenchée suite à une plainte portée par Eaux et Rivières de Bretagne ? Alors que le Conseil régional appelle à la cohésion et au travail collectif de tous les acteurs concernés, nous nous étonnons qu’une association, qui porte plainte contre les bretons et met ainsi en cause les orientations prises dans ce dossier, soit soutenue politiquement et financièrement. Nous demandons dès lors que l’opportunité de prolonger cette convention soit débattue.

    Je vous remercie de votre attention



    La réponse de Jo Hervé, président d’Eau & rivières de Bretagne

    Monsieur le Président, De nombreux membres du CESER nous ont fait part de leur émotion et de leur réprobation à la suite de votre intervention lors de la session des 23 et 24 janvier de cette assemblée consacrée à l’examen du budget du Conseil Régional.
    A cette occasion, avez regretté « qu’une association qui porte plainte contre les Bretons et met en cause des orientations prises dans le dossier des algues vertes soit soutenue politiquement et financièrement”.
    Une telle hauteur de vue ne nous étonne guère de votre part … Nous avons encore en mémoire l’analyse remarquable que vous aviez exprimée en février 2009 à la suite du saccage des locaux brestois de notre association par des agriculteurs : « « A la vue des photos qu’il m’a été donné de voir, je suis quasi sûr que ceux ne sont pas des paysans qui ont fait les dégâts car, en colère comme ils le sont après cette association, rien ne serait resté. Par contre, subversifs comme ils le sont, bon nombre d’entr’eux ayant été formé à l’école de Trotski ou de Bakounine, il ne serait pas étonnant qu’à des fins de publicité, ils aient en fait eux-mêmes tout organisé. » ! Les citoyens rassemblés au sein d’Eau & Rivières s’honorent que ni leur association, ni ses responsables, n’aient fait l’objet en quarante cinq années d’activité, d’aucune condamnation par les tribunaux de la République. S’il en était besoin, ceci démontre que notre action s’inscrit dans un cadre parfaitement légaliste.
    Ne vous en déplaise Monsieur le Président, il est parfaitement légitime que cette activité dont l’opinion publique bretonne et les pouvoirs publics apprécient l’importance, la qualité et la clairvoyance, soit aidée par des financements publics, dans le respect de la liberté d’information, d’action et d’expression, fondements mêmes de notre démocratie.
    D’ailleurs, le montant de l’aide annuelle du Conseil Régional à Eau & Rivières, 110 000 €, est sans commune mesure avec les sommes considérables que les contribuables ont dû supporter pour réparer les dégâts commis lors de manifestations violentes suivies de destructions d’édifices publics ou de biens privés, organisées par votre syndicat (par exemple, 7 millions d’euros pour la seule manifestation de Fougères en 2001 …) Monsieur le Président, votre intervention à la tribune du CESER, est infondée et inopportune.
    Elle fait suite à votre refus obstiné d’accepter le diagnostic des marées vertes, et à vos tentatives d’entrave dans la mise en oeuvre des actions collectives pour y remédier. Elle vous isole, comme en témoignent les nombreuses réactions qui nous sont parvenues dont celles de nombreux responsables agricoles et économiques. Elle crée inutilement un risque de division, alors même que les enjeux de la reconquête de l’eau impliquent une mobilisation de l’ensemble des acteurs autour d’objectifs partagés.
    C’est en tout cas dans cet esprit d’ouverture, et pour obtenir la nécessaire application des engagements européens de la France et des règlementations en vigueur, que notre association poursuivra résolument son action, sans se laisser intimider ou détourner par de faux procès et de vaines querelles.
    J’adresse copie de ce courrier à Monsieur le Président du Conseil Régional, à Monsieur le Président du Conseil Economique, Social, Environnemental, Régional, et aux membres de cette assemblée, ainsi qu’à Monsieur le Préfet de Région. Dans l’esprit de transparence et d’information qui anime notre association, j’en assure également la diffusion sur notre site internet.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments attristés.

    Le Président

  • Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle

    Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle

    La vente de l’impressionnante
    collection de Jacques Demaugé-Bost, constituée par 300 lots, est organisée par
    la maison de ventes Dupont, à Morlaix en Bretagne, le samedi 31 mars prochain.
    Parmi cette collection, une série de 30 cannes à mouches en bambou refendu
    Pezon et Michel dont des Super Parabolic P.P.P. (Puissance Pendulaire
    Progressive) – estimées entre 500 et 600 euros -ou encore des cannes Orvis ou
    Ogden Smith. Des moulinets automatiques seront également présentés, notamment des
    modèles Abeille et Cordel estimés entre 150 et 200 euros. Les collectionneurs y
    trouveront aussi des mouches rares, de beaux objets et une bibliothèque
    halieutique accueillant notamment la pièce la plus impressionnante de cette
    vente : « Quaint Treatise and Flies and Flymaking by an old fisherman » edited W.H. Aldam, un ouvrage datant de 1876 et
    estimé par les experts de la salle des ventes à 3 000 euros.


    Renseignements :

    Hôtel des Ventes de Morlaix

    37 rue de Paris 29600 Morlaix

    02 98 88 08 39

    [email protected]

    www.morlaix-encheres.com

  • Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    En quelques années, la pêche aux leurres a énormément évolué, autant en matière de leurres qu’en matière de cannes. On est passé des anciennes cannes de trois mètres à des cannes courtes ultra maniables et très légères. Parmi ces cannes courtes, on peut noter la généralisation des cannes monobrins. Cette caractéristique est-elle un réel avantage par rapport aux cannes en deux brins ?

    Par Alban Choinier

    Comme nous l’avions déjà abordé, les cannes courtes sont beaucoup plus adaptées aux maniements des leurres que les cannes longues. Les avantages sont multiples : légèreté, maniabilité, facilité d’animation du leurre (déplacement du scion plus facile à gérer qu’avec une canne longue), bras de levier plus court pour les combats… On dira pour simplifier les choses, qu’une canne est courte si elle mesure moins de 2,5m. Bien sûr, il existe quelques exceptions qui confirmeront la règle. En effet, si vous pêchez le bar en waders dans les parcs à huîtres, vous serez à l’aise avec une canne dont la longueur sera comprise en 2,4 et 2m. Mais à l’inverse, si vous pêchez du bord en Bretagne par-dessus les gros blocs de la côte de granite rose, vous aurez nécessairement besoin d’une canne de 2,7 à 3 mètres pour arriver à soustraire votre bannière des rochers.

    Les différents types d’emmanchements

    La plupart des cannes à leurres sont composées de 2 brins égaux. Ces deux brins peuvent s’emboîter l’un dans l’autre selon trois principes différents : l’emmanchement droit, l’emmanchement inversé ou le spigot. L’emmanchement droit est le scion qui vient rentrer dans le talon. Le diamètre du scion étant plus faible que le plus petit diamètre du haut du talon. C’est un type d’emmanchement que l’on peut trouver sur des anciens modèles de cannes en fibre de verre ou sur les cannes en bambou refendu. Mais nous allons voir un peu plus loin que l’emmanchement droit a été remis au goût du jour… Sur les cannes à emmanchement inversé, c’est le scion qui vient couvrir l’extrémité du talon. Le diamètre bas du scion est donc supérieur en diamètre à celui du haut du talon de la canne. Le spigot est un morceau de carbone, pouvant être plein ou creux, qui va relier le talon au scion de la canne. Le blank (la partie en carbone de la canne) a été coupé en deux, le tube de carbone (le spigot) est collé dans le talon et s’emboîte dans le scion. Dans ce cas, le diamètre du scion et du talon sont similaires au niveau de l’emmanchement.


    Avantages et inconvénients de ces emmanchements

    L’emmanchement droit, quand il est placé en milieu de canne, crée une surépaisseur importante qui donne une zone dure qui brise l’action du blank. L’emmanchement inversé est très fiable, très solide et insensible à l’usure : quand les brins s’usent, le talon entre un peu plus profondément dans le scion et compense la perte de matière. Mais il peut modifier l’action des cannes destinées aux pêches légères, c’est pourquoi il est le plus souvent utilisé sur les cannes destinées à des pêches fortes. L’emmanchement par spigot est plus technique à mettre en oeuvre mais il permet de préserver au mieux l’action des cannes de puissance faible à moyenne. Par contre, il est plus fragile et sensible à l’usure. Les constructeurs gardent toujours sur les spigots un centimètre de carbone libre afin de compenser une future usure. En fait, c’est assez rare d’user complètement un spigot (jusqu’à ce que le talon et le scion se touchent). Malheureusement, la canne tombe souvent sur un « accident de parcours » avant cette échéance… En résumé, quel que soit le type d’emmanchement, il va toujours modifier en partie l’action de la canne.

    Simplicité rime avec efficacité !

    En règle générale, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Cet adage est particulièrement vrai en ce qui concerne les cannes : une canne en un seul brin sera toujours plus performante qu’une canne en plusieurs brins. Nul besoin d’explications ultratechniques, ni de formules mécaniques complexes, cette constatation est évidente et saute aux yeux. Une canne monobrin sera :
    – Plus légère, car les emboîtements quels qu’ils soient ajoutent toujours un petit surplus de carbone.
    – Plus puissante qu’une canne similaire en deux brins, car il n’y a aucune perte de force dans une liaison.
    – Plus solide, car les emmanchements sont des points de faiblesse – Plus précise dans les lancers. En effet, le nerf du blank est respecté sur sa totalité et les torsions sont moindres.
    – Son action sera complètement préservée du fait d’un blank de carbone monobrin.
    – Meilleure en distance de lancer du fait de l’absence d’emmanchement qui absorbe une partie de la restitution des forces.
    – Plus sensitive. En effet, la moindre petite touche est directement transmise dans la main du pêcheur.
    En bref, une canne monobrin est plus performante, et de loin, qu’une canne multibrins !


    Peut-on sentir la différence ?

    C’est une question importante : peut-on sentir la différence dès la prise en main entre deux cannes (l’une en 2 brins et l’autre monobrin) de même puissance annoncée et de même longueur ? Sans parti pris et en toute objectivité : oui ! La différence se ressent très rapidement. Les cannes monobrins sont plus légères et généralement équilibrées différemment. Quand vous prenez en main une canne en deux brins (sans moulinet), elle a souvent tendance à « piquer du nez ». C’est une sensation due au poids situé vers le scion. Cette sensation est inexistante sur les cannes monobrins. L’autre sensation que l’on ressent immédiatement est une impression de « raideur ». A la prise en main, les cannes monobrins donnent l’impression d’être plus raides que leurs homologues en deux brins. En réalité, la force est mieux répartie sur l’ensemble du blank et cette sensation est souvent due à une différence d’action. Généralement les cannes monobrins sont plus rapides que les deux brins. Donc pour une puissance annoncée similaire, la canne monobrin vous donnera une impression plus importante de « raideur ».

    Un problème d’encombrement

    Il faut bien qu’il y ai un désavantage aux cannes monobrin…et celui ci est majeur : l’encombrement ! En effet, le problème du transport est le seul point noir. Autant il est agréable de pêcher avec une canne monobrin de 2 mètres, autant la transporter devient rapidement un casse tête. C’est d’ailleurs pour cette raison que seule les cannes de 2,10 mètres et moins sont déclinées dans des versions monobrin. Cette longueur correspond à peu près à celle de la plupart des habitacles des véhicules. Mais en réalité, l’avantage d’une canne monobrin pour les pêches en eau douce est surtout valable pour des longueurs de 2,10 mètres et moins. En effet, sur des cannes de 2,40 mètres ou 2,70 mètres, le poids de l’emmanchement, ainsi que son influence sur l’action de la canne, sont dilués sur la longueur et se révèlent moins gênant que sur une canne plus courte.

    Le talon amovible : une solution !

    L’une des solutions trouvées par les fabricants pour limiter ce problème d’encombrement est d’intégrer un talon amovible. Le blank reste en un seul tenant (donc monobrin avec tous les avantages), mais il vient s’emboîter avec un emmanchement droit dans le talon, qui comprend seulement les poignées et le porte moulinet. On peut gagner facilement, suivant le type et la puissance de la canne, de 35 à 60 cm d’encombrement en moins. C’est la solution que l’on trouve en France sur la plupart des cannes de plus de 7 pieds (2,10 mètres) comme celles distribuées par Illex, Sakura, Smith, Zenaq, Tenryu et bien d’autres. Comme nous l’avions vu auparavant, l’emmanchement droit modifie d’une façon importante l’action des cannes. Mais étant donné que le blank s’emboîte dans le talon de la canne et que cette partie précise n’est pas amenée à plier, le problème ne se pose plus. De nombreuses cannes pour l’eau douce sont montées selon le principe talon + blank. Mais c’est pour les pêches exotiques très fortes que cette solution est la plus employée. Les sollicitations mécaniques sont tellement fortes, les poissons tellement puissants et les puissances de freinages tellement importantes que seules les cannes monobrin tiennent le choc.


    Que choisir ?

    En termes de pêche, la réponse est évidente : les cannes monobrins surpassent de loin les autres cannes en plusieurs brins. Mais ceci est valable pour les cannes de 2,5 mètres et moins. En fait, l’idéal serait de posséder des cannes monobrins ainsi que des cannes de même puissance en deux brins pour les voyages. Ceci étant bien sûr simplement limité par le côté financier ! Les cannes monobrins viennent réellement d’apparaître en France depuis 2 années et encore peu de pêcheurs en sont équipés. On trouve d’excellentes cannes monobrins très bien montées pour moins de 200 euros. Il existe pour toutes les pêches aux leurres que nous pratiquons en France ou à l’étranger des cannes monobrins appropriés, de la truite en passant par le brochet ou le bar. Essayez une canne courte monobrin, elle vous semblera trop courte les dix premières minutes et vous ne pourrez plus vous en passer après quelques heures d’utilisation !

  • La pêche du saumon en période automnale

    La pêche du saumon en période automnale

    L’automne est arrivé, et ces moments pour pêcher le saumon me plaisent beaucoup. Cette pêche automnale n’a rien à voir avec celle de printemps ou celle d’été, mais elle est très intéressante et demande quelques modifications pour les mouches et aussi dans la façon de la pratiquer.

    Par Jacky Boileau

    A chaque fois que je me retrouve au bord d’une rivière à saumons où l’on peut pêcher en arrière saison (septembre-octobre), avec l’odeur des feuilles mortes et des champignons, je retrouve cette envie de prendre un saumon pour bien terminer l’année. Mais il faut pour cela changer un peu sa façon de pêcher et utiliser des modèles de mouches plus appropriés, car souvent nous avons à faire à des poissons qui sont dans la rivière depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains. Cependant, il faut compter aussi sur des poissons frais montés et, souvent, il y a de beaux sujets dans le lot. En ce qui concerne les mouches, leur taille doit être plus grosse que celles utilisées en période estivale. Si, l’été, vous pêchiez avec des modèles montés sur des hameçons n° 8 ou 10, le 6 est plus approprié en période automnale, avec un peu plus de tinsel pour augmenter l’effet de leurre à la mouche, car les poissons peuvent être très agressifs. Cela permet de réveiller les poissons qui “dorment” au fond des pools. L’Ecosse compte de nombreuses rivières, surtout sur la côte ouest. Ces rivières connaissent une remontée d’automne de saumons et ferment plus tard, de fin octobre au 15 novembre. Cela permet une pêche tardive du saumon. Ces rivières sont faciles d’accès, les parcours publics sont nombreux et peu onéreux. Je vous conseille d’y faire une petite expédition et de trouver la rivière de vos rêves.

    Renseignez-vous sur les dates de fermeture, qui varient beaucoup d’une rivière à l’autre. La Bretagne, avec toutes ses rivières ouvertes en fin de saison, se prête bien à la pêche d’arrière-saison. Les biefs ou les “étangs” de moulin breton sont très prometteurs, il suffit de donner de la vitesse à la mouche et de l’animer convenablement pour obtenir des résultats. Il y a beaucoup de refus, mais quel plaisir de voir surgir un poisson qui fait au minimum 60 cm de dessous la berge, pours’arrêter à quelques centimètres de la mouche et faire demi-tour : l’adrénaline est à son maximum. Quand le poisson prend, alors quel plaisir ! Bien souvent l’hameçon simple est obligatoire et cela n’est pas facile. Je préfère les hameçons doubles, ils équilibrent mieux la mouche.
    Toutefois, grâce à l’apparition de mouches tubes casqués, l’hameçon simple est possible sur ce genre de mouches et permet de faire des montages assez homogènes et très pêchants, surtout sur les courants vifs. L’hameçon simple est une bonne formule pour remettre les poissons à l’eau, car en général les poissons sont très colorés et doivent retourner à la rivière. Concernant la couleur des mouches, l’orange est une bonne teinte ; avec du tinsel, cela marche très souvent en fin de saison. Le noir fonctionne bien également, surtout en petit modèle ; le jaune est aussi une valeur sûre, particulièrement en fin de journée. Les mouches doivent être munies d’une queue assez longue pour avoir plus de mobilité, les saumons aiment bien cela. En ce qui concerne la soie, il faut quelquefois mettre une pointe plongeante si l’eau est forte, un 25/100 ou 30/100 au cas où un gros poisson frais vous prendrait votre mouche, ce que je vous souhaite à tous !

  • Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance

    Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance

    A l’heure de la mouche bling-bling toujours plus lourde et plus brillante perdure une tradition bien plus discrète, celle de la mouche bretonne, dont Yann Le Fèvre est le gardien. Portrait d’un artiste qui depuis trente ans jongle avec les matières naturelles pour capter une lumière rare et vivante qui fait la réputation d’une des plus belles collections de mouches artificielles au monde.

    Par Jean-Marc Theusseret

    C’est indéniable, il existe non seulement une tradition bretonne de la pêche à la mouche, mais plus exactement une philosophie bretonne de la pêche à la mouche. Nulle autre région française ne fait apparaître une telle symbiose entre un territoire chargé d’histoire, de légendes, ses rivières envoûtantes, ses poissons et ses mouches. Ha ! Les mouches bretonnes ! Elles se reconnaissent entre mille, mais prennent des poissons partout. Il faut dire qu’elles ont de qui tenir. La Bretagne fut très tôt fréquentée par les voisins anglais qui pratiquaient avec une technique inconnue des pêcheurs locaux bretons la pêche à la mouche.
    Saumons et truites bretonnes succombaient à la présentation de petits plumeaux colorés aux couleurs vives de plumes d’oiseaux exotiques importés des colonies lointaines de l’Empire britannique. Les pêcheurs bretons tentèrent bien entendu d’imiter les Anglais, mais ne disposaient que de matériaux rudimentaires, tels que laine, fil de coton, plumes et poils des animaux de la ferme, et produits de la chasse. Ainsi naquit, faute de moyens, l’une des écoles de montage de mouche les plus réputées aujourd’hui ! C’est bien connu, les plus belles mouches prennent surtout les pêcheurs. La théorie de la mouche d’ensemble, peu imitative, terne, voire grossière, était née. Sans concertation entre les vallées du sud et du nord de la Bretagne étaient imaginées les premières collections parfois différentes, mais toujours aussi discrètes dans leur réalisation, à l’image des mouches en plume de paonne du célèbre saumonier de l’Ellé, Henri Clerc. Il faudra attendre 1932 pour que la société Ragot, basée à Loudéac, commercialise la première collection de mouches artificielles bretonnes et la fasse connaître dans toute la France, mais également à l’étranger.

    L’héritier

    Yann Le Fèvre s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Depuis 1978, il fabrique une collection issue de la tradition bretonne dont non seulement il se réclame à juste titre – lui à qui l’on doit le sauvetage et la sauvegarde des modèles traditionnels –, mais qu’il a su faire évoluer, créant tout en conservant ce qui fait l’originalité des mouches bretonnes : une collection universelle destinée à la pêche des salmonidés des rivières d’ici et d’ailleurs.
    Il a su, tout en préservant le patrimoine, cultiver la modernité, particulièrement en inventant le concept de la série baptisée les Lanvollonnaises. Série unique dans le monde de la pêche à la mouche, car particulièrement polyvalente. Ainsi certaines représentantes de cette collection sont devenues des classiques au niveau national, comme la “mouche à Jo”, un petit sedge en croupion de bécasse redoutable, ou encore les émergentes Plougoulmoises, aussi appréciées en rivière qu’en lac ou en réservoir. Les Plouaisiennes sont des imitations de nymphes d’éphémères que Yann a eu la bonne idée de décliner en trois teintes : claire, mi-foncée et foncée.
    Notons également une très belle série de mouches pour la pêche en lac : noyées, émergentes et mouches sèches, dont on sent l’influence irlandaise, pays que Yann connaît très bien. Quant aux mouches à saumons de Yann Le Fèvre, il y a longtemps que leur réputation a dépassé leur Bretagne d’origine pour aller faire des merveilles sur les rivières islandaises, russes, écossaises ou irlandaises.
    Il existe un point commun à toutes ses mouches, qu’elles soient pour le saumon, la truite ou l’ombre, c’est la vie ! Yann est un artiste au sens large. Ce passionné de dessin et de peinture sait mieux que beaucoup marier les matériaux, les teintes, les brillances, pour qu’au final une mouche, comme une oeuvre, “fonctionne”. Regarder sa collection nous rappelle à quel point cet exercice qui consiste à concevoir des modèles avec juste l’essentiel de matière est beaucoup plus difficile que “d’en mettre des tonnes”.


    Renseignements :

    www.mouchesyannlefevre.com

  • Le Savagear Sandeel 10 cm

    Le Savagear Sandeel 10 cm

    Les leurres souples Savagear Sandeel sont les premiers leurres de la marque Savagear à être orientés spécifiquement mer. Je les ai découverts à l’occasion de mon dernier séjour en Bretagne. Leur efficacité sur les bars est surprenante.

     

    Mon ami Vincent Drieu, chef de marché chez Terres & eaux, qui revenait d’une semaine de pêche en Bretagne nord et avait particulièrement réussi en les utilisant, me les avait chaudement recommandés. J’en ai donc acheté deux pochettes sur la route des vacances. Ce leurre a été une véritable révélation. Il m’a permis d’obtenir de très bons résultats avec un autre collègue, Pierre, qui terminait un nouvel été consacré quasi exclusivement à la pêche du bar aux environs de l’île de Bréhat. Les conditions de pêche étaient pourtant difficiles, tant du bord qu’en bateau. Après avoir essayé un Sandeel que je lui avais laissé et pris plusieurs jolis poissons au dessus des parcs, Pierre ne jurait plus que par ce leurre et s’empressait, le lendemain, alors qu’il m’emmenait pour une nouvelle journée de pêche, de me demander si j’avais bien pris de ces leurres, car le sien avait rendu l’âme. Nous avons utilisé le modèle non monté en taille 10 cm au dos vert et au ventre transparent pailleté argent.
    Ce leurre peut être monté sur des têtes plombées de 7 à 30 grammes, les têtes de 14 et 21 grammes étant un bon compromis pour la pêche au lancer ramener du bord ou en bateau au – dessus de parcs, dans peu d’eau. Grâce à sa petite taille, ce leurre imite particulièrement bien les poissonnets que le bar a l’habitude de chasser au coeur des parcs ou le long des plages de galets où il m’a permis de tirer mon épingle du jeu.
    Le Sandeel permet aussi bien de pêcher en lancer ramener qu’en pêche verticale où il devra être un peu plus lesté (30 grammes par exemple). Il ne nécessite qu’une animation très minimaliste car sa queue frétille à la moindre sollicita-tion. Sur les poissons assez difficiles auxquels nous avions affaire, il était particulièrement performant en pêche linéaire lente, à proximité du fond.

    Les leurres Sandeel 10 cm sont vendus en blister de un leurre monté sur une très belle tête plombée et une queue de rechange, ou en blister de quatre queues seules. Le modèle monté mesure 12,5 cm et pèse 23 grammes, un bon compromis pour ce leurre. Je préfère pour ma part utiliser des têtes de ma fabrication, aux grammages variés, pour m’adapter au mieux aux postes prospectés. Ce leurre est moulé en trois couches successives de différentes couleurs. Son ventre est agrémenté de grosses paillettes argentées qui renvoient des éclats du plus bel effet à chacun des amples battements de sa queue. La matière est très souple, ce qui permet au Sandeel de nager à la moindre sollicitation.
    Cette souplesse et la superposition de trois couches de plastique successives, le rendent toutefois un peu fragile. Il a tendance parfois à se délaminer au niveau de la queue ou au niveau du renflement des têtes plombées qu’il convient en fait de bien ajuster. La tête plombée fournie d’origine est parfaitement adaptée au leurre. Elle ne comporte qu’un tout petit ergot qui ne l’abîme pas. Ce leurre peut n’être moulé qu’en une seule couche pour éviter ce phénomène, mais il perdrait peut être alors de son attractivité.  Le Sandeel Savagear est décliné en quatre autres modèles, plus grands, que je n’ai pas eu l’occasion de tester et qui semblent tout aussi efficaces, à condition qu’ils soient adaptés à la taille des proies consommées par les bars.