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  • Pêche en mer :  techniques d’automne

    Pêche en mer : techniques d’automne

    Avant l’arrivée des premiers grands froids, les carnassiers marins comme le bar, les thonidés, la liche, le tassergal ou les maquereaux se nourrissent abondamment. Il est encore temps de réaliser de très belles pêches pour peu que l’on connaisse les habitudes des poissons et les techniques appropriées pour les pêcher.

    Par Georges Rambaldi

    La pêche automnale signe la fin de saison pour de nombreuses espèces. La raison est simple. Avec l’arrivée de l’hiver, la température de l’eau descend et les poissons fourrages vont réagir à cette baisse de température en recherchant des zones plus chaudes. Suite aux premiers “coups de froid”, la couche de surface va être la première à se refroidir. Les poissons vont immédiatement fuir cette couche d’eau pour se réfugier plus en profondeur. Les couches profondes bénéficient encore de la chaleur accumulée durant l’été. La pêche entre 5 et 25 mètres de profondeur permet de retrouver toutes les espèces que l’on pêchait souvent en surface quelques semaines plus tôt. C’est là que l’on trouvera les prédateurs que sont les bars, lieux, liches, sérioles, tassergals, maquereaux communs et espagnols, les bonites, pélamides, etc.

    LA TRAÎNE CÔTIÈRE

    La petite traîne, encore appelée traîne côtière fait de plus en plus d’adeptes, notamment en Méditerranée. Premièrement, c’est une reconversion naturelle pour tous les pêcheurs de thons au large qui malheureusement depuis plusieurs années, connaissent des bredouilles à répétition. Cette année encore, les thons se sont fait rares dans les eaux de la grande bleue. Les prises sont de plus en plus petites, à tel point qu’un poisson de 200 livres est considéré aujourd’hui comme une prise très respectable. Deuxièmement, la traîne côtière permet de prendre de fabuleux poissons de sport, au premier rang desquels se trouve la sériole (le fameux amberjack aux Etats-Unis). Les sérioles de Méditerranée atteignent couramment des poids de 50 à 80 livres, ce qui, sur du matériel de traîne léger, procure une sensation forte qui s’apparente à ce que connaissent les pêcheurs de thons aujourd’hui. La sériole est, de l’avis des plus grands spécialistes, un poisson au moins aussi puissant qu’un thon du même poids. La liche amie, superbe carangue migratrice, fréquente la côte nord de la Méditerranée jusqu’au début de l’automne, puis migre, via le détroit de Gilbraltar le long des côtes du Maroc et jusqu’au Sénégal pour y passer l’hiver. Le tassergal se pêche également très bien à la traîne aux poissons- nageurs de grande taille ou au poisson mort (mulet, maquereau, orphie, barracuda). Pour tous ces poissons, l’utilisation d’un down rigger, lest muni d’une pince pour tenir le fil, puis le libérer à la touche, est indispensable pour maintenir un leurre ou un appât à la profondeur souhaitée. Une connaissance approfondie des fonds marins est toujours garante de succès. Un bon sondeur, un GPS et une carte sédimentaire de la Direction du service hydrogéographique et océanique de la marine (Shom) constituent des atouts précieux pour connaître la nature des fonds marins (vase, sable, roche), ainsi que la carte des épaves éditées par le même organisme(1).

    AUX LEURRES, N’INSISTEZ PAS EN SURFACE SI LES ATTAQUES SE FONT RARES

    Il est possible cependant, si le temps reste clément, d’enregistrer encores des attaques sur les leurres de surface, qu’ils soient traînés derrière un bateau ou ramenés à l’aide d’une canne à lancer. Mais si les résultats tardent à venir, inutile de perdre son temps à changer de leurre en se disant qu’une fois qu’on aura trouvé le bon… C’est en dessous que cela se passe. Généralement, l’essai de leurres plongeants procure beaucoup plus de touches. Là encore, un écho-sondeur facilite grandement la localisation des poissons.

    LE JIG EN SECOURS

    On entend par jigs les leurres destinés aux animations verticales. Cette technique est généralement pratiquée entre 3 et 20 mètres de profondeur. Elle est donc particulièrement bien adaptée aux conditions de pêche automnale quand il faut aller chercher les poissons là où ils se trouvent. Les épaves, si vous en connaissez, comptent parmi les meilleurs postes pour pêcher aux jigs. Les gros prédateurs ont élu domicile dans ces vieux bateaux qui font office de récifs artificiels. Parmi les jigs les plus efficaces, on trouve le Swimming jig de Spro, un leurre dense qui s’anime de façon très réaliste tant à l’ascension qu’à la descente où il plane en feuille morte. Les leurres souples comme le Mega Shad de Flashmer font également merveille. Toutes les grandes marques de leurres (Smith, Illex, Lucky Craft… proposent plusieurs modèles de jigs). Inutile de préciser que l’utilisation d’un sondeur est ici d’un grand recours.

    EN MÉDITERRANÉE, PROFITEZ DES DERNIERS RAYONS DU SOLEIL

    C’est en Méditerranée que l’on pourra bénéficier le plus longtemps d’une température clémente. Le mois de novembre offre encore de bonnes possibilités, notamment dans sa partie ouest et sur les côtes espagnoles. Au fur et à mesure que l’eau se refroidit le long de la côte nord, les poissons prennent la route du sud, et pour certaines espèces comme les liches, c’est le déclenchement de la migration hivernale. On peut encore les intercepter, mais cet événement ne dure guère plus de deux ou trois semaines.

    DEPUIS LE BORD, FAITES LES ESTUAIRES

    Grand classique de la pêche en Méditerranée, les estuaires sont des postes privilégiés pour la pêche en surf casting et aux leurres. Si de plus une grosse crue vient troubler les eaux de la rivière, c’est le moment d’en profiter. Les sédiments arrachés aux bassins versant de la vallée font transiter un millier de tonnes d’organismes vivants tant animaux (insectes) que végétaux. Le poisson fourrage foisonne dans la zone d’eau trouble arrivée en mer. Et comme toujours, cette concentration attire les prédateurs. Citons le delta du Rhône, l’embouchure du Vidourle, de l’Aube ou de l’Hérault.

    (1) Direction du service hydrogéographique et océanique de la marine (SHOM) 3, avenue O. Gréard, BP5, 75007 Paris.
    Tél. : 01 44 38 41 16.

  • Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Depuis très longtemps, les bas de ligne destinés aux poissons carnassiers susceptibles de couper le nylon sont réalisés en acier. Avec le temps, les poissons se sont adaptés à ce système et aujourd’hui l’acier les fait fuir. Les fils de gros diamètre en fluorocarbone remplacent avantageusement l’acier. Alban Choinier nous explique comment et pourquoi.

    Par Alban Choinier

    Tous les poissons susceptibles d’être intéressés par un leurre, que ce soit en eau douce ou en mer s’adaptent à la pression de pêche. Le choix de la couleur, de la forme, du type ou de la vitesse de récupération a bien évidemment une énorme importance pour déjouer leur méfiance. Mais les poissons ne sont pas seulement focalisés sur le leurre, le bas de ligne entre aussi dans leur champ de vision. Les moucheurs l’ont bien compris et portent beaucoup d’intérêt à ces quelques mètres de nylon. Dans la pêche aux leurres, le choix du matériau qui sera devant le leurre a lui aussi une très grande importance.

    EN MER

    Le bar est l’espèce principalement recherchée par les pêcheurs aux leurres sur la côte française. La pêche de ce poisson a littéralement explosé ces cinq dernières années tant du côté de la pêche professionnelle que de la pêche récréative. D’une part le stock de poissons semble diminuer irrémédiablement, d’autre part la quantité de bars que prenaient les pêcheurs aux leurres il y a quelques années est souvent supérieure à ce qu’elle peut être aujourd’hui. Je suis intimement persuadé que ce phénomène n’est pas seulement dû à la diminution des effectifs. Les bars ont acquis au fil des années une réelle méfiance vis-à-vis de nos artifices.
    Le problème de la confection d’un bas de ligne ne se posait pas quand les pêcheurs équipaient leur moulinet de nylon. Le leurre était simplement attaché au corps de ligne. Avec l’apparition des corps de ligne tressé, la situation change du tout au tout. Ce nouveau matériau est tellement performant (absence d’élasticité, finesse, résistance) que 90 % de pêcheurs l’ont adopté. J’ai été surpris de voir cet été au cours de parties de pêche sur notre littoral que de nombreux pêcheurs utilisant de la tresse ne confectionnent pas de bas de ligne. Ils montent leur leurre directement sur la tresse. Les corps de ligne tressés présentent de nombreux avantages, mais ils sont opaques et particulièrement visibles sous l’eau. J’ai eu l’occasion de plonger pour observer le travail des leurres sous l’eau. J’ai été très surpris par l’aspect que prend la tresse sous l’eau : c’est une véritable corde à linge. Aussi fine soit-elle, l’absence de discrétion est un handicap qu’il faut impérativement compenser. La meilleure astuce consiste à intercaler un bas de ligne d’un matériau transparent entre la tresse et le leurre. Ce matériau peut être soit un nylon translucide soit un fluorocarbone. À titre personnel, j’aurais un petit faible pour le fluorocarbone. Il présente de nombreux avantages sur le nylon : son indice de réfraction de la lumière est très proche de celui de l’eau (quasi invisible), il est étanche à l’eau et insensible aux UV (bon vieillissement) et ne possède aucune mémoire. Pour que le bénéfice de la discrétion soit réel, le brin de fluorocarbone doit mesurer environ un mètre. La liaison entre le bas de ligne et le corps de ligne est constituée par un noeud. En effet, seul un noeud peut passer dans les anneaux sans gêner la pêche. Le choix du diamètre du bas de ligne a de l’importance dans la traque du bar. L’aspect à ne pas négliger est l’absence d’élasticité de la tresse. Toutes les sollicitations mécaniques vont se concentrer sur la seule partie élastique de la ligne : le mètre de fluorocarbone. Il faut donc sur-dimensionner le diamètre du bas de ligne. Un 40/100 représente l’idéal. Cela peut sembler élevé compte tenu de la taille moyenne du poisson ciblé mais c’est totalement justifié. Le 40/100 est capable d’encaisser les rushs les plusviolents, la résistance à l’abrasion est très bonne (les moules et les huîtres sont des aimants à bar…), et sa relative raideur empêche le leurre de boucler dans le bas de ligne lors des rafales de vent. J’ai eu souvent l’occasion de pêcher cet été à côté de pêcheurs qui avaient monté leur leurre directement sur la tresse. Le phénomène était souvent le même, de nombreux poissons suivaient leurs leurres sans attaquer. Quand un bar fait trois ou quatre remous derrière votre leurre de surface sans jamais le toucher, je vous assure qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux. Les bars se méfiaient de la tresse. Avec un simple mètre de fluorocarbone le résultat était différent.

    EN EAU DOUCE

    Que ce soit en rivière ou en étang, les avantages et les inconvénients de la tresse sont exactement les mêmes qu’en mer. Nous pêchons rarement dans des eaux boueuses et il ne faut pas sous-estimer la vision des poissons. D’autant plus que la pression de pêche est souvent inversement proportionnelle au nombre de poissons. En dehors de la recherche spécifique de la truite ou du black bass, nous sommes susceptibles de capturer un brochet à chaque fois que nous mettons un leurre à l’eau. Bien évidemment, personne ne s’en plaindra ! Par contre, le brochet est équipé de 700 dents particulièrement aiguisées. La pêche du brochet est associée à l’utilisation systématique d’un bas de ligne en acier. La technique traditionnelle en France était un gros vif attaché par un bas de ligne en acier de 15 kg (on ne sait jamais, il paraît que les requins bouledogue remontent en eau douce) remuant sous un bouchon. Avec tant de subtilité, le brochet avalait profondément le vif. Dans ce cas précis, un bas de ligne en acier se justifiait. D’autant plus que la capture d’un brochet était profondément associée à la nourriture. La problématique est actuellement différente. La pêche est un sport et non plus un moyen de subsistance. Nous pouvons nous permettre l’éventuel risque de perdre un poisson qui, de toute façon, serait retourné dans son milieu naturel après sa capture. De plus, en pêchant aux leurres, la touche étant retransmise via la main du pêcheur en temps réel, c’est assez rare que le poisson ait le temps de gober complètement le leurre. Les bas de lignes spécifiques pour la traque du brochet : acier, kevlar, tresses diverses présentent les mêmes inconvénients. Ils sont opaques et lourds. Aussi fins qu’ils puissent être, ils se voient comme le nez au milieu de la figure. La seconde gêne, beaucoup moins connue, est le poids. En effet, les poissons nageurs modernes possèdent des nages absolument superbes qui ne supportent pas de contrainte. L’acier est lourd, il entrave la nage de certains leurres, empêche les leurres flottants de remonter correctement et fait systématiquement couler les leurres suspending (densité neutre). Il existe un stratagème pour avoir un bas de ligne discret sans pour autant se faire couper par maître Esox. Le fluorocarbone ou le nylon de diamètre important est une solution miracle. Le fluorocarbone a ma préférence pour les raisons citées précédemment et pour une résistance à l’abrasion supérieure au nylon. Afin de ne pas se mettre d’obstacle dans le choix du diamètre, il faut partir du principe que, quel que soit son épaisseur, le fluorocarbone reste invisible sous l’eau. Afin de résister aux frottements contre les dents, seuls les diamètres compris entre 50 et 60/100 sont réellement efficaces. Les tailles supérieures sont difficiles à nouer. J’ai employé presque tous les diamètres compris entre 50 et 60/100, depuis quatre ans que je pêche le brochet avec des bas de ligne en fluorocarbone, sans voir de réelle différence quant au résultat. Je pêche en ce moment avec un 55/100 acheté dans une boutique mouche qui me satisfait complètement. Bien sûr, plus le diamètre est important et plus la sécurité est grande. J’ai dû capturer plus de cinq cents brochets avec du fluorocarbone comme bas de ligne, dont certains très gros et d’autres qui avaient correctement avalé le leurre. Je ne me suis fait couper qu’une dizaine de fois. Le nombre de touches avec un bas de ligne transparent est tellement plus important qu’avec tout autre type de bas de ligne que je veux bien accepter de perdre un brochet sur cinquante ! D’une façon assez surprenante, ce sont toujours des brochets de petite taille qui m’ont coupé le bas de ligne. Les gros poissons ont les dents plus écartées et beaucoup moins dangereuses. En ce qui concerne la longueur du bas de ligne, comme pour le bar, un mètre semble être la taille idéale.
    Concernant les autres espèces de poissons, que ce soit les perches, les silures ou les sandres, ils ne font pas la différence entre un bas de ligne de 20 et de 40/100, le fluorocarbone est virtuellement invisible. Le fait que votre bas de ligne soit un peu épais et rigide ne gène en rien la nage de votre leurre, bien au contraire. Par contre, il est nécessaire de rester cohérent sur le rapport entre la taille de votre leurre et le diamètre du bas de ligne. Si vous désirez pêcher des perches ou des black bass avec un petit leurre léger de 5 cm, c’est évident qu’un bas de ligne en 50/100 risque d’entraver sa nage. Il n’existe pas de vérité en matière de pêche. Soit vous pêchez avec un bas de ligne en 25 ou 30/100 et prenez le risque de vous faire couper, soit vous mettez un bas de ligne en 50/100 et votre leurre nagera moins bien. Rien n’est parfait ! Dans tous les cas, un gros monofilament sera toujours meilleur que l’acier !

    COMMENT ATTACHER SON LEURRE ?

    Toujours dans un souci d’efficacité et de discrétion, l’attache entre le bas de ligne et le leurre doit être la plus simple possible. La plupart des leurres (poissons nageurs, leurres souples avec tête plombée…) nagent sur un axe. Le risque de vrillage est donc nul. À part pour les cuillères tournantes, l’utilisation d’un émerillon est inutile. Plutôt que de gêner la nage du leurre avec un émerillon agrafe, préférez l’utilisation d’une agrafe simple. Il existe dans le commerce de nombreuses marques qui proposent des petites agrafes en inox très solides de conception diverses. Les agrafes Rapala n° 2 et celles de marque Ilex sont excellentes, mais il en existe d’autres d’aussi bonne qualité. La réussite d’une partie de pêche ne tient pas à grand-chose. On peut essayer de mettre un maximum de chances de son côté en étudiant tous les aspects du matériel. Les pêcheurs attachent généralement beaucoup d’importance à la forme ou à la taille des leurres et assez peu à la conception de leur bas de ligne. Pourtant, c’est sûrement la partie de la ligne qui va passer le plus de temps dans l’eau au cours d’une partie de pêche. Toutes les techniques de pêches, que ce soit la pêche à la mouche ou la pêche aux leurres, ont un dénominateur commun : discrétion rime souvent avec efficacité…

  • Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Canne Illex Ashura S-250 XH, moulinet Daïwa Saltiga 3500, tresse Daïwa Tournament 8 Braid Acudeph

    Cet ensemble, que vous avez pu découvrir dans notre reportage sur la pêche du bar en traction, méritait un coup de zoom. Il est parfait pour la pêche du bar au leurre souple mais aussi pour d’autres espèces marines de tailles raisonnables ainsi que pour la pêche du silure de taille moyenne.

    Cette canne de 2,50 m est la plus puissante de la gamme Ashura mais ce n’est pas pour autant une trique inconfortable. Elle est particulièrement bien équilibrée et légère (200 g). Son blank a une forte action de pointe qui permet de lancer loin avec beaucoup d’aisance et de précision, et ce dès les petits grammages. La canne est très douce de pointe et très forte de talon, ce qui lui permet de laisser travailler les leurres, d’assurer les prises en limitant les décrochés, tout en ayant la capacité d’extraire en force les poissons pris au milieu des obstacles. Elle est donnée pour une plage de poids de leurres de 14 à 80 g. Elle devient vraiment agréable à utiliser à partir de têtes plombées de 21, 28 g montées sur des leurres souples de 10 à 12 cm. Elle est très à l’aise avec des têtes de 40, 50, 60 g et peut encore envoyer de gros leurres souples montés sur des têtes plombées lourdes de 100 g ou un peu plus, mais il faut alors éviter d’appuyer ses lancers. Sa longueur permet d’avoir une grande amplitude d’animation. Elle se présente en deux brins inégaux pour préserver l’action du scion et garantir sa solidité. Son encombrement est limité à 1,69 m. Elle est livrée dans une housse de toile compartimentée et un tube rigide.
    Cette canne est très agréable à utiliser, peu fatigante et particulièrement tactile. Elle est parfaitement adaptée à la technique de pêche du bar en traction et permet de propulser des leurres lourds à grande distance. Elle a été développée par les testeurs Illex, dont Yoann Houssais, vainqueur des dernières Labrax Cup et grand adepte de la pêche en traction. C’est une très bonne canne pour la pêche du bar mais aussi bien adaptée à la pêche des silures moyens aux leurres, sans fatigue. La courbe est parfaite, avec une action marquée de pointe qui permet d’avoir une large plage d’utilisation en grammages de leurres. La pointe souple amortit les coups de tète du poisson et minimise les décrochages, alors que la réserve de puissance du talon permet d’imposer sa loi si nécessaire. La canne en deux brins inégaux se déboîte à quelques décimètres au-dessus de la poignée, ce qui minimise son encombrement. La poignée de l’Ashura en mousse haute densité intègre un porte-moulinet à vis Fuji très agréable pour la main. L’association de cette canne légère avec le Saltiga Game 3500 est parfaite.

    Le Saltiga Game 3500

    Trouver un moulinet robuste, résistant aux pêches fortes mais tout de même léger pour garder un véritable confort de pêche, n’est pas chose facile. Le Saltiga Game répond à ce cahier des charges. Outre ses 14+1 roulements, son frein micrométrique, son bâti et rotor en alliage d’aluminium, sa bobine avec lèvres titanium, son axe flottant qui permet de réduire de 30 % la friction, etc., il a la particularité de ne pas s’encombrer d’un bouton d’activation de l’anti-retour, puisque ce dernier est permanent. Cela minimise les risques de dysfonctionnement. Dans le même esprit, son pick-up ne se rabat qu’à la main. Lorsqu’il est ouvert, le rotor est freiné pour ne pas tourner lors du lancer. Cela évite le très désagréable rabattage intempestif du pickup qui peut arriver parfois sur des lancers appuyés. Ce moulinet, concentré de technologie Daiwa, est épuré au maximum. Il possède un ratio de 4,9/1, ramène 81 cm au tour de manivelle et peut appliquer une force de 7 kg de frein. Il ne pèse que 390 g. C’est un très bon moulinet pour la pêche en traction. Reste à casser sa tirelire car nous entrons là dans le haut de gamme de la marque.

    La tresse à jigger Daiwa Tournament 8 braid Accudepth

    Cette tresse conçue et fabriquée au Japon remplace la précédente tresse à jigger Daiwa, une des premières à avoir été proposée sur le marché. Elle est fabriquée en huit brins, ce qui lui assure une douceur et une résistance aux noeuds exceptionnelle. Son procédé de fabrication permet d’obtenir un profil rond qui offre moins de prise à l’eau et au vent et d’excellentes performances de lancer. Elle est enfin teintée d’une couleur différente tous les 10 mètres et possède des repères tous les mètres, constitués d’un trait jaune barré d’un trait noir. Cela permet de pêcher très précisément en verticale et de tout de même pouvoir visualiser la tresse grâce à ces petites marques jaunes et noires lorsqu’on pêche en traction par exemple. Le modèle 16/100 présenté ici résiste à 13,7 kg. La tresse Accudepth est aussi proposée en coloris vert fluo, si l’on souhaite bien visualiser sa ligne, ou vert plus classique si on préfère qu’elle se fonde dans son environnement.

    P.C.

  • Daïwa T.D Salt Pencil

    Daïwa T.D Salt Pencil

    Sans être ni véritablement un popper ni un stick-bait, le leurre de surface Daïwa T.D Salt Pencil joue aisément sur les deux tableaux. C’est-à-dire qu’on peut l’utiliser comme un popper en lui inculquant des tirées franches ou le faire nager en zig-zig (walking the dog) si, au contraire, on choisit une animation par courtes impulsions rythmées. Voilà donc un leurre polyvalent, très bien construit et dont la tête possède la particularité d’être creuse. Les ouïes sont ouvertes pour laisser l’eau s’échapper. Le tout rendant l’action de “popping” assez intense pour un leurre qui reste dans la catégorie des pencils (silhouette fine). Il est également peu bruiteur, puisqu’une seule des billes qui l’équipe produit un faible son de basse fréquence. Le TD Salt Pencil est donc un leurre qui n’a pas beaucoup de concurrents et qui trouvera facilement sa place dans une boîte pour la pêche du bar.

    Conseils d’animation
    Voici un leurre plaisant à utilisé car il est conçu pour cumuler plusieurs types d’animations. A la fois popper et stick-bait, le Daïwa T.D Salt Pencil permet par exemple de démarrer une récupération en walking the dog (nage en zig-zag de courte amplitude), d’éfectuer des arrêts suivis de tirées franches pour le faire “popper” ou encore ajouter quelques glissades. Pour la pêche du bar, cette polyvalence est très utile lorsqu’un poisson méfiant suit le leurre et hésite à l’attaquer parce que sa nage est monotone (cas des stick-bait).

    Fiche technique

    Longueur : 110 mm. Existe aussi en version 12 cm pour 18 gr.

    Poids : 14,5 gr.

    Six coloris.

    Prix conseillé : 21 euros.

    Renseignements : www.daiwa-france.fr

  • ILLEX / NITRO LIGHTNING JERK 160 ET 190 SLIM

    ILLEX / NITRO LIGHTNING JERK 160 ET 190 SLIM

    Nouveaux dans la gamme Nitro, les Lightning Jerk 160 et 190 Slim affichent une grande taille (16 et 19 cm). Associé à une tête plombée nageuse, ce type de leurre devient un spécialiste des grandes embardées imprévisibles. Il peut aussi adopter un comportement sinueux et planant. Tout dépend de la tête choisie, de l’humeur du pêcheur et de celle du poisson. Pour le bar, mais aussi le brochet.

    Prix conseillé : 6,95 euros le sachet de 6 leurres pour la taille 16 cm et 5 leurres pour le 19 cm.

    Notre avis : Deux grands leurres qui font beaucoup parler d’eux sur les côtes bretonnes depuis leur sortie au printemps.

  • Un kit pour Bar à la Mouche !

    Un kit pour Bar à la Mouche !

    Parmi les bonnes affaires du mois de Juillet, il y en a une qui a attiré notre attention et qui va faire plaisir à tous les moucheurs qui traquent le bar à la mouche. En effet, la célèbre maison Ardent Peche, propose un kit prêt à pêcher qui comporte une canne Redington Crosswater 9 pieds soie de 8 avec le moulinet Crosswater CW 7/8/9, une soie Rio Mainstream mer, un bas de ligne mer Rio, du backing, un jeu de 6 mouches mer et un fourreau rigide de protection, pour la somme incroyable de 159 €. Matériel idéal pour préparer la saison de cet automne ou pratiquer tout de suite… dans les parques à huitres ??? Et si le temps ne se prête pas à la pêche, vous pourrez toujours parcourir le catalogue en ligne, rêves garantis !!

    www.ardentflyfishing.com

  • Les leurres de surface stickbaits : conception et utilisation

    Les leurres de surface stickbaits : conception et utilisation

    Alban Choinier nous explique la
    conception des stickbaits, littéralement leurres bâtons, dont l’action en
    surface en zig-zag attire l’attention des carnassiers comme le bar ou le
    brochet. Pour que ces leurres nagent convenablement, une technique particulière
    est nécessaire afin d’obtenir cette nage du leurre dite “walking the dog”.

  • Premier bilan de la campagne de marquage de bars en mer d’Iroise

    Premier bilan de la campagne de marquage de bars en mer d’Iroise

    Le Parc naturel marin d’Iroise et l’Ifremer se sont associés afin de lancer une campagne de marquage de bars et ainsi tenter de mieux comprendre les habitudes, les déplacements individuels et les échanges de population de cette espèce, notamment celles de la Manche et du Golfe de Gascogne. Nous savons maintenant que la mer d’Iroise est un habitat essentiel pour les bars qui peuvent y séjourner plusieurs mois. Des migrations vers les frayères du Nord (Manche) ou du Sud (Golfe de Gascogne) ont également été observées. Parmi les observations sur les comportements de l’espèce, l’étude a révélé une « forte activité de déplacements pouvant atteindre plusieurs dizaines de milles nautiques en 24 heures tout en restant dans la même zone.» Autre observation importante : «Le bar nage souvent près de la surface (0 – 10 m), avec cependant de fréquentes incursions en profondeur – parfois jusqu’au fond avec un maximum de 84 m observé dans ces expériences.» Toutes ces informations ne constituent qu’un premier apport. L’étude se poursuit en 2011 et tous les pêcheurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, sont invités à y participer.

    Procédure à suivre en cas de capture d’un poisson marqué :

    Noter les informations sur la capture (numéro de la marque externe et taille du poisson, date de la capture et position géographique, engin de capture).

    Conserver au frais ou congeler le poisson marqué, non éviscéré, sans enlever les marques.

    Contacter l’un des organismes suivants :

    Ifremer Brest : + 33 (0)2 98 22 40 40 / [email protected]

    Parc naturel marin d’Iroise : + 33 (0)2 98 44 17 00

  • Haro sur le bar

    Haro sur le bar

    Vous avez aimé “L’Extermination des thons”, vous adorerez “Le Massacre des bars”. La dernière superproduction des studios de l’Apocalypse est en cours de tournage sur les frayères hivernales, où la bêtise humaine conspire à la décimation du poisson préféré des Français. C’est en quelque sorte le making of de ce carnage que FR3 Bretagne a proposé fin novembre à ses téléspectateurs dans l’une des meilleures enquêtes jamais réalisées sur le sujet du bar. Il y a du “Mondovino” dans le film de Erwan Le Guillermic et David Morvan, réalisé par Aligal Production.

    par Vincent Lalu 

    Haro sur le bar est l’un de ces réquisitoires dont la force vient de la rigueur de la construction et du sérieux de l’enquête. Pas de grandes phrases ni de grandes envolées, juste une série de témoignages dont l’agencement contribue à l’efficacité de la chronique de cette tragédie contemporaine.
    Tout le monde a la parole. Les bourreaux, leurs complices, ceux qui parlent au nom des victimes et, pour la première fois, tous paraissent d’accord : si cela continue, le bar est foutu. Le constat d’abord avec un ligneur de Sein, un endroit où voici peu on ignorait le sens du mot bredouille : ce qu’il a pris dans la saison tient sur les doigts d’une main.
    Ailleurs c’est pareil : soit les poissons ont disparu, soit ils sont plus petits qu’avant, bien plus petits. On passe aux coupables, bolincheurs (qui se sont rabattus sur le bar parce qu’ils étaient interdits d’anchois) ou chalutiers spécialistes des razzias sur les concentrations de poissons, et donc sur les frayères des bars en hiver. Ceux-là ont, paraîtil, droit à dix tonnes par semaine. Ils les respectent, mais ne savent pas si les autres sont aussi respectueux qu’eux.
    Dix tonnes de poissons grainés, dont un poissonnier navré nous dit qu’ils ne valent pas grand-chose et que surtout ils annoncent la fin prochaine de l’espèce.
    Et puis, il y a d’autres coupables. Nous, d’abord, qui aimons le bar dans notre assiette. Direction les restaurants de vacances et ce témoignage nécessaire d’un tenancier : « Si je ne mets pas de bar à la carte, je perds du chiffre d’affaires. » Ou la mine confite de cet autre prise la main dans le congélateur par l’inspecteur de la traçabilité, avec des filets d’origine inconnue. Tous les bars n’ont pas la même valeur.

    Celui d’élevage ne vaut, paraît-il, pas le sauvage (même s’il a subi les outrages du chalut), qui lui-même ne vaut pas, bien sûr, le bar de ligne, dont les fournisseurs ne sont pas toujours des professionnels patentés. On dit que la pêche sauvage du bar sauvage représenterait 50 % de la totalité des captures. Même si la statistique est invérifiable, et peutêtre excessive, il est incontestable que de nombreux soidisant plaisanciers participent à la razzia. La pêche du bar est devenue une composante essentielle de l’économie parallèle le long des côtes atlantiques, au vu et au su de tout le monde – on oublie, par exemple, de se demander comment certains titulaires du RMA font pour changer tous
    les trois-quatre ans des bateaux qui valent entre 50 et 100 000 euros. Et puis il y a les Ponce Pilate, scientifiques et politiques, qui regardent ailleurs pendant que se poursuit le massacre. Les premiers sont, dans le film et en général, regroupés sous la bannière de l’Ifremer, étrange institut dont notre confrère Philippe Dolivet rappelle opportunément qu’il a en charge, à la fois, d’évaluer la ressource et d’inventer les meilleurs engins pour la décimer. On apprend dans le film que l’Ifremer s’est enfin résolu à une enquête un peu plus sérieuse que la pantalonnade statistique proposée il y a quelques années au public pour le rassurer.
    On voit ses techniciens mesurer, taguer, puis relâcher des poissons pendant que leur chef, un rien agacée pour ne pas dire arrogante, explique au téléspectateur que tout cela est bien compliqué et qu’il est plus facile de compter les vaches dans les prés. A ce moment-là, on a envie de demander à la dame si cela ne dérange pas les gens de l’Ifremer que la France soit si souvent mise au banc des nations (comme, par exemple, dans le cas du thon rouge) pour sa politique systématique d’obstruction aux mesures de sauvetage des espèces en voie de disparition. Elle répondrait, et elle aurait – presque – raison, qu’il faut s’adresser à l’étage supérieur, au niveau des politiques, auxquels incomberait le courage de mettre fin au carnage. Car, dans l’absolu, les mesures ne sont pas très compliquées.

    La plus importante, la plus urgente, est sans nul doute d’interdire la pêche sur les zones de frayères pendant la période hivernale où les poissons se reproduisent. Cette seule mesure permettrait d’éviter que la prédation humaine ne conduise à franchir le seuil fatidique au-delà duquel la seule prédation naturelle interdit à la souche de se reconstituer de manière pérenne. C’est arrivé une fois pour les morues de Terre-Neuve, dont le stock n’est toujours pas reconstitué malgré une interdiction totale de pêche de plus de quarante années. Il est tout à fait envisageable qu’une telle tragédie concerne demain les populations de bars sur les côtes françaises. Ce serait un drame écologique, et une stupidité économique : l’interdiction de la pêche professionnelle du cousin américain du bar, le striped bass, a généré un très rentable marché de la pêche de loisirs de ce poisson.
    Mais, pour cela, il faudra un peu de courage à nos dirigeants et de raison aux pêcheurs amateurs, qui devront enfin comprendre que remplir le fond de son bateau de grands poissons d’argent est aujourd’hui devenu une performance dont il n’y a pas lieu d’être fier.

  • Descente de Bar.

    Descente de Bar.

    Cette année encore du début février à la fin mars, bénéficiant souvent de surcroît d’une météo clémente, les pélagiques ont pu “taper” dans les frayères de Manche Est et Ouest et capturer des centaines de tonnes de bars, transformés pour la plupart en farines et granulés destinés à nourrir les saumons, les poulets et les cochons des élevages industriels européens… Yann Drenek 

     Dans un article paru dans le quotidien local La Presse de la Manche daté du samedi 28 février 2009, nous apprenons que deux chalutiers pélagiques de La Turballe, contrôlés par la gendarmerie maritime, au large de Cherbourg, avaient à leur bord 22 tonnes de bars… Soit 12 tonnes excédentaires, puisque seulement 5 tonnes sont autorisées par semaine et par bateau.
    La frayère Manche Est, située dans le “rail” des Casquets, au large du nez de Jobourg (pointe ouest du Cotentin), a donc cette année encore été pillée sans vergogne par des pélagiques venus de Bayonne, des Sables-d’Olonne ou de La Turballe. Il en fut de même, d’ailleurs, de la principale autre zone de frai en Manche, dite Manche Ouest, située derrière l’île de Batz, au large de Roscoff. Là encore, pendant plusieurs semaines en février et mars, une douzaine de pélagiques se sont relayés pour “taper” à tour de rôle dans les frayères. Rappelons que les pélagiques sont des chalutiers hypermotorisés, qui travaillent “en boeufs”, par paire, et traînent à la profondeur où les bars ont été repérés au sondeur un filet dont l’ouverture est grande comme un terrain de football.

    Des traits de chalut de plusieurs dizaines de tonnes sont ainsi possibles, avec un seul bon passage dans la gigantesque masse des bars rassemblés pour frayer. A moins de 200 mètres du débarcadère de la criée de Roscoff, sur le quai qui fait face aux ferry-boats, il fallait voir les norias de semiremorques qui faisaient la queue pour embarquer hors criée des dizaines et des dizaines de tonnes de bars. Un remarquable reportage de TF1 au 20-Heures de Claire Chazal, le dimanche 19 avril, montre les pélagiques qui débarquent directement des centaines de caisses de bars dans les semi-remorques qui attendent sur le quai. A la fin de ce court reportage, et pour la première fois à notre connaissance dans un grand média généraliste, l’aspect économique de la pêche de loisir a été évoqué.

    Comme le fait remarquer Charles- Henri Canto, guide de pêche professionnel, sur le forum de l’excellent site pecheaubar.com, “90 % des pélagiques observés ne passent pas par la criée pour débarquer leurs prises, les débarques se font sur un quai destiné normalement aux cargos et situé à moins de 300 mètres de la criée, les prises sont débarquées par l’équipage sans aucun contrôle, ni de la criée ni d’un quelconque personnel fonctionnaire (Affaires maritimes ou gendarmerie), puis chargées dans des camions dont les indications figurant sur les remorques laissent peu de doute sur leur non-appartenance à la filière pêche (voir la photo édifiante du semi-remorque de volailles, ndlr).On peut dès lors se poser quelques questions. Quelle est la destination de ces camions ? Quels sont les volumes débarqués ? Peut-on parler de respect des quotas quand aucune pesée n’est réalisée au débarquement ? Est-il normal qu’aucun agent de l’Etat ne soit présent lors de ces débarques ? Vu l’ampleur du phénomène, estil possible que les agents de l’Etat n’en aient pas connaissance ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion et vous livre mon sentiment personnel : la filière pêche productiviste profite d’une situation de crise économique pour se livrer aux pires exactions sur la ressource halieutique. Les prix s’effondrent… aucune importance puisqu’avec le système du prix de retrait français la prime est donnée à la quantité et non à la qualité.” 

    Car ce non-sens écologique de pillage des frayères se double d’une gabegie économique. En effet, comme c’est le cas pratiquement de tous les poissons pendant leur période de reproduction, la chair des bars à ce moment- là de leur cycle est de piètre qualité. La plupart des protéines nobles et des lipides ont été mobilisés pour la fabrication des oeufs et de la laitance. Les poissons, quand ils ont frayé (ils sont de toute façon forcés d’expulser leurs oeufs quand ils sont écrasés dans la poche du chalut lors de sa relève), sont très maigres et leur chair sèche et filandreuse. La plupart du temps, quand ils passent en criée (d’après de nombreux témoignages, une infime partie), ils sont refusés ou achetés à vil prix par des mareyeurs peu regardants, qui revendent ces bars autour de 3 à 4 euros le kilo, que l’on retrouve ensuite sur quelques étals de supermarché à moins de 8 euros le kilo. En fait, l’énorme majorité de ces bars capturés sur les frayères finit dans les congélateurs quand ils ne sont pas directement transformés en farine à poissons, destinés à nourrir saumons, poulets et cochons de nos élevages industriels.

    Car, compte tenu des tonnages gigantesques qui sont pêchés en quelques semaines, les prix s’effondrent et la seule rentabilité de cette pêche tient au fait des tonnages très importants réalisés, du dépassement généralisé des tonnages autorisés et des fameux prix de retrait fixés par Bruxelles.
    Quand on prend dans un coup de pélagique des tonnes de bars, même à moins de 4 euros du kilo, cela reste très rentable pour les armateurs et l’équipage, surtout que cette pêche se pratique à quelques encablures de nos côtes et ne nécessite pas de grandes quantités de fuel pour accéder à la ressource.
    Ce pillage de la ressource bar par une vingtaine de paires de pélagiques seulement, qui ne représentent que moins de 200 emplois, est en outre très préjudiciable aux “petits métiers” artisanaux de la pêche professionnelle, et notamment les ligneurs et petits fileyeurs (des milliers qui tentent de survivre), qui eux pourraient capturer de façon durable des poissons de qualité à très forte valeur ajoutée.
    Pour la première fois cette année, ces petits métiers se sont désolidarisés de leurs confrères pélagiques et bolincheurs (pratiquant non pas au chalut, mais à la senne tournante sur les frayères).
    Ainsi peut-on lire dans Le Télégramme de Brestdu 13 mars :
    “Après les bolincheurs, il y a quelques jours, c’est au tour des chalutiers pélagiques d’être montrés du doigt. Les ligneurs du Nord-Finistère les accusent d’aller taper dans les bancs qui se forment durant la période de frai. Cette pêche n’est pas illégale.
    Chaque chalutier pélagique (ils travaillent en paires pour tirer le chalut) est autorisé à débarquer 5 tonnes par bateau et par semaine.
    Le problème, c’est qu’une paire a débarqué 10 tonnes samedi dernier, et 10 tonnes le lundi, donnant ainsi l’impression que la règle des 5 tonnes par bateau et par semaine était respectée.
    Nous sommes persuadés que ce poisson a été pêché pendant la même marée. Ce qui serait illégal. La preuve, le lundi, le poisson n’était plus très beau. Il est parti à un prix très bas.” Selon les ligneurs, plusieurs chalutiers (de Lorient et de La Turballe) travailleraient en ce moment au large du Nord-Finistère. “En ce qui nous concerne (les ligneurs, ndlr),nous respectons scrupuleusement le repos biologique du bar. Ces dernières semaines, nous l’avons laissé frayer. Nous ne reprendrons la pêche que début avril. Dans le même temps, de gros bateaux en profitent pour faire du chiffre. Que va-t-il nous rester après leur passage ?” Un signalement a été effectué auprès de la direction régionale des pêches maritimes, qui a assuré les ligneurs que des contrôles seraient effectués. “Récemment, à Cherbourg, des pélagiques ont été contrôlés avec 22 tonnes de bar à bord. Des abus sont commis, il faut les sanctionner”, ajoutent les ligneurs.

    Stripped bass

    Aux Etats-Unis le “stripped bass” (bar rayé) est classé “game fish” et, à ce titre, interdit à la pêche industrielle. Seules la pêche artisanale (très réglementée) et la pêche récréative sont autorisées


    La France est aujourd’hui montrée du doigt dans toute l’Europe, même les pélagiques espagnols restent à quai deux mois pendant la période de frai. Des subventions européennes leur sont versées mais, au moins, la ressource n’est pas détruite. Cette solution a été proposée au Comité national des bolincheurs et pélagiques français. Leur réponse : “Nous ne sommes pas des mendiants, nous voulons vivre de notre travail et ne pas rester à quai.” En dehors de cet excès de fierté nationale, les observateurs qui ont assisté aux déchargements “sauvages” hors criée (apparemment la majorité, durant cette période) sont persuadés, compte tenu des tonnages réalisés, et surtout de leur dépassement généralisé, que cette pêche est très rentable.

    Vingt-deux tonnes (pour les deux chalutiers de La Turballe arraisonnés), même au prix de retrait ou en dessous, pour les excédents de quotas, cela fait encore beaucoup d’argent pour l’armateur et l’équipage. Remarquons ici que c’est d’ailleurs, à notre connaissance, bien la première fois depuis plus de quinze années que dure ce pillage systématique des frayères de bars qu’un arraisonnement par la gendarmerie maritime a été effectué. Il semblerait que ce soit sous la pression de la Commission de pêche européenne que ce contrôle de Cherbourg a eu lieu. Car, il faut bien le dire ici, le ministère français de l’Agriculture et de la Pêche ne veut surtout pas “provoquer” de quelque façon que ce soit une profession dont on connaît les réactions de violence exacerbées (incendie du Parlement de Bretagne, saccage du Pavillon de la marée à Rungis, opérations musclées dans les grandes surfaces, invectives et injures à l’encontre du chef de l’Etat, blocage des ports ou du trafic transmanche, etc.). La politique “officieuse” de la France semblerait être de laisser la filière pêche en Manche et en Atlantique disparaître progressivement dans les cinq à six années à venir (peut-être même, avant, disent certains biologistes des pêches), quand il n’y aura plus rien à pêcher. L’Etat versera des primes de reconversion, des aides, des subsides et autres mannes dont il sait saupoudrer, quand nécessaire, les professions “à risque”. Il faut savoir qu’actuellement l’Etat français préfère, avec l’argent du contribuable, payer des amendes record à Bruxelles (76 millions d’euros dans l’affaire des merluchons, on ne sait pas encore combien pour la morue..) plutôt que de faire appliquer les directives et règlements communautaires en matière de pêche. Et que dire des 100 millions d’aide allouée aux marins-pêcheurs à l’automne dernier pour réduire leur facture gas-oil, aide d’ailleurs déclarée illégale par Bruxelles, mais qui fut tout de même touchée (alors que le prix du pétrole a connu depuis la chute que l’on sait), sans parler des exemptions de charges sociales accordées aux patrons pêcheurs… Pour terminer, nous laisserons la parole au sénateur Marcel Cléach qui, dans un rapport très bien documenté, publié en décembre 2008 (regrettons simplement que n’y soit absolument pas évoqué le potentiel touristico-économique et social de la pêche récréative), constate que “dans le cadre européen, les pêcheries hexagonales paraissent en particulière difficulté.

    La pêche française ne fournit plus que 15 % de la consommation nationale. Cette situation entraîne un haut niveau d’aides publiques qui conduit à s’interroger sur la pertinence de les maintenir : plus de 800 millions en intégrant les soutiens sociaux, plus si l’on intègre les aides conjoncturelles liées à la hausse du gas-oil à comparer au 1,1 milliard de chiffre d’affaires à la première vente en 2004. D’autres pays européens ont fait le choix de l’abandon du secteur, d’autant que l’importation est compétitive et pourvoit aux besoins du marché.” Si c’est un rapport parlementaire qui le dit…