Étiquette : Alban Choinier

  • Aux leurres… faites une pause !

    Aux leurres… faites une pause !

    Quand on parle de poisson nageur, les sujets les plus couramment abordés sont les couleurs, les formes, les tailles ou les profondeurs de nage. Mais la nage en elle-même et, notamment, la vitesse d’évolution du leurre sont un critère de la première importance. Les phases d’accélération et de changement de rythme sont bien sûr primordiales, mais elles le sont au moins autant qu’un autre aspect rarement abordé de la vitesse : les phases d’arrêt !

    Par Alban Choinier

    Tous les pêcheurs qui ont déjà pêché au poisson mort manié ou plus simplement avec un leurre souple monté sur une tête plombée savent quelle importance peut avoir une pause au cours de l’animation. C’est lors de cette phase, bannière tendue, que vous contrôlez la descente du leurre, pour pêcheur plus profond ou tout simplement pour le faire heurter le fond. Cette phase où le pêcheur ne fait rien d’autre que de tenir sa canne est d’ailleurs souvent la plus pêchante. En effet, si votre poisson mort ou votre leurre souple est correctement plombé, il va descendre en “feuille morte” pour le premier et en ondulant pour le deuxième. C’est généralement à ce moment que les carnassiers se saisissent du piège. Si on s’amuse à analyser la proportion entre les phases d’animation et les phases d’arrêt dans ce type de pêche, je suis sûr que nous devons passer environ un tiers de notre temps à ne rien faire… et pourtant, votre artifice pêche… tout seul !

    Les poissons nageurs aussi !

    Les phases d’arrêt sont tout aussi importantes quand on utilise des poissons nageurs, quels qu’ils soient. Etant donné que les poissons nageurs modernes ont tendance à nager tout seuls pour certains ou, à l’inverse, de nécessiter des animations régulières, nous sommes amenés à négliger de faire des pauses au cours de la récupération. C’est vrai aussi qu’un morceau de plastique dur armé de deux hameçons triples peut sembler beaucoup plus prenant en mouvement qu’à l’arrêt ! Et pourtant, il continue à être attractif quand le pêcheur ne fait rien, et parfois même beaucoup plus que lors des phases de déplacement. De nombreuses espèces de poissons carnassiers ont tendance à suivre le leurre en attendant le moment propice pour l’attaquer. Que ce soit les bars, perches brochets, black-bass ou sandres, ils cherchent tous à cibler leur attaque lors de la phase de pause ou dès le redémarrage du leurre. Ce n’est d’ailleurs pas parce que le pêcheur est inactif que le leurre ne bouge pas à l’autre bout de la ligne. Il peut bouger avec le courant, couler ou encore remonter vers la surface, la preuve…

    Les poissons nageurs à bavette type “jerkbait”

    Ces poissons nageurs à bavette sont les plus couramment utilisés aussi bien en mer qu’en rivière. Ils réagissent aux sollicitations du scion en se déhanchant et en s’inclinant de gauche à droite le long de la ligne de nage. On citera, parmi les plus connus, le B’Freeze de Lucky Craft, le Vision Oneteen de Mégabass, le Saruna de Smith ou le Arnaud de Illex.

    Les modèles coulants  (“sinking”)

    Quand on fait nager un poisson nageur coulant, on peut choisir la profondeur d’évolution de son leurre en décidant à quelle profondeur on va commencer la récupération. Automatiquement, quand on débute l’animation de ce type de leurre, il va avoir tendance à remonter vers la surface. Ce n’est qu’en faisant une pause que vous lui permettrez de couler à sa profondeur initiale. Quand un poisson nageur sinking descend vers le fond, il ne coule pas de façon linéaire, mais plutôt “rouler” sur lui-même. Les brochets et les blacks bass ont une forte tendance à suivre le leurre à la descente et à l’attaquer dès qu’il redémarre. Quand on pêche dans un lac très profond avec un poisson nageur coulant, les phases d’arrêt peuvent atteindre 15 secondes tous les 2 mètres de nage. Ce type d’animation en dents de scie donne l’impression de ne pas avancer dans sa pêche, mais plus le leurre passe de temps dans l’eau et plus il aura de chance de provoquer une touche ! Et c’est aussi parfois le seul moyen de pêcher vraiment profond avec un leurre dur de ce type.

    Les modèles flottants (“floating”)

    Dès l’arrêt de la récupération, les poissons nageurs flottants remontent vers la surface plus ou moins vite suivant leur construction : balsa, plastique creux, présence de billes ou non… Quand ils remontent, ils “roulent” (effet de wobling) sur un axe horizontal, entraînant ainsi une animation verticale… alors que vous vous contentez simplement de garder la bannière tendue afin de ferrer à la moindre sensation suspecte.
    Les perches et les blacks bass sont notamment friands de ce type de pause de quelques secondes à plusieurs dizaines de secondes, suivant la hauteur de plongée et la vitesse de remontée de votre poisson nageur.

    Les modèles équilibrés (“suspending”)

    Les leurres suspending sont ceux qui se prêtent le mieux à entrecouper la récupération de pauses. A l’origine, ces leurres ont été justement conçus pour pouvoir s’arrêter à une profondeur donnée. Ce sont les Américains qui ont mis au point les poissons nageurs suspending, il y a plus de vingt ans, afin de pêcher efficacement sur les nids de black bass. Le principe de fonctionnement des poissons nageurs suspending est de posséder, à l’intérieur de leur corps, un lest compensant leur flottabilité ; le leurre possède ainsi une densité neutre. Le but de ces leurres est de laisser le poison nageur le plus longtemps possible à proximité immédiate. Les poissons sont comme les humains, si vous voyez passer une énorme part de gâteau au chocolat sur le plateau d’un serveur au restaurant, vous allez peut-être penser à en commander en dessert. Mais si on vous pose le même gâteau sur la table d’à côté et que vous avez le loisir d’en admirer l’épaisse couche de chantilly, il y a presque 100 % de chance qu’il termine au fond de votre estomac ! Il se passe exactement la même chose sous l’eau. Si vous êtes intimement persuadé qu’un bel arbre immergé abrite un brochet, vous allez avoir dix fois plus de chances de le faire bouger si vous faites nager votre poisson nageur devant les branches sur 20 cm que si vous le ramenez à vitesse normale – faites ensuite une pause de deux secondes pendant laquelle votre leurre continue à bouger faiblement, puis refaites-le nager
    20 cm, etc. Dans le premier cas, le leurre va simplement passer dix fois plus de temps à portée d’attaque du prédateur. Même dans le cas d’animation en pleine eau et que ce soit sur n’importe quelle espèce de poisson, aussi bien en eau douce qu’en mer, faire au minimum deux pauses pendant la récupération augmente sensiblement la réussite. En effet, tous les prédateurs ont tendance à suivre assez longtemps le leurre avant de l’attaquer. Il est donc nécessaire de faire une première pause à mi-parcours et une deuxième pause juste avant de sortir le leurre de l’eau. Si un poisson vous a suivi jusqu’au bateau ou jusqu’au bord, vous aurez ainsi une chance de plus de le décider. Quand on a l’occasion de pêcher dans des eaux claires et de visualiser les attaques de poissons, on est généralement surpris de voir que les prédateurs n’hésitent pas à s’emparer du leurre alors que celui-ci ne nage pas. Je ne compte plus les brochets que j’ai vu tranquillement gober mon leurre pendant une phase de pause.


    Les “crankbaits”

    Comme nous l’avons déjà vu dans un article précédent, les crankbaits sont des poissons nageurs plongeant à la récupération, ayant un très fort pouvoir de flottaison. Ils ont pour la plupart d’entre eux la particularité de remonter d’une façon particulièrement erratique. Ils peuvent gagner la surface en faisant des larges S ou même, pour certains, des spirales. Des phases d’arrêt de quelques secondes lors de la récupération peuvent permettre au leurre de remonter de quelques dizaines de centimètres avant de vernir de nouveau heurter le fond. On explore ainsi une couche d’eau plus importante et on augmente le temps de présence du leurre dans l’eau.

    Les leurres de surface

    Les réactions des différentes espèces de poissons par rapport à l’arrêt des leurres de surface diffèrent radicalement. Par exemple, le brochet a tendance à délaisser un stickbait dès qu’il s’arrête, alors que c’est totalement la réaction opposée pour les black-bass, les perches ou les bars. D’après mon expérience sur ces derniers, j’irais même jusqu’à dire que 80 % des touches en surface ont lieu à l’arrêt du leurre. En bref, faire une pause rapporte aussi son lot de bonnes surprises avec les leurres de surface.

    N’hésitez pas à faire une pause

    Bien évidemment, la réaction des poissons change d’un endroit et d’un jour à l’autre. Ils peuvent, une matinée, être très réactifs à des animations lentes ponctuées de longues pauses et, l’après midi, à une animation radicalement différente. Il n’existe aucune vérité en matière de pêche, mais certaines constantes sont valables dans toutes les eaux du globe, comme la réaction très positive des prédateurs face à l’arrêt de leurs proies. En règle générale, on pourrait dire que, plus l’eau est froide ou plus la pression de pêche élevée, plus il devient nécessaire de pêcher lentement et de donner des temps d’arrêt à son leurre. Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que vous mettrez à l’eau votre poisson nageur fétiche, pensez à faire une pause !

  • Les performances des crankbaits grands plongeurs

    Les performances des crankbaits grands plongeurs

    Nombreux sont les pêcheurs qui hésitent à utiliser des poissons nageurs pour pêcher près du fond de peur de les perdre dans des obstacles. Par solution de facilité et souci d’économie, ils attachent un leurre souple alors que d’autres solutions, souvent beaucoup plus efficaces, s’offrent à eux : ce type de pêche est le domaine des crankbaits grands plongeurs.

    Par Alban Choinier

    Imaginez un leurre qui se lance superbement bien, qui soit solide, qui flotte à l’arrêt, qui descende rapidement, qui puisse racler le fond tout en passant au-dessus des obstacles sans s’accrocher. Quel bonheur ! Et bien ce leurre existe, c’est un crankbait grand plongeur !

    A quoi ressemble un crankbait ?

    La famille des crankbaits est très vaste et il existe une multitude de variations autant en matière de taille que de forme ou de nage. Mais en règle générale, on peut distinguer un crankbait d’un autre poisson nageur par son allure très ramassée (souvent du type  »boule ») et par le fait qu’il flotte. Comme pour tous les poissons nageurs, c’est la longueur de la bavette et son inclinaison qui vont modifier la profondeur de nage. Nous ne nous intéresserons ici qu’aux crankbaits grands plongeurs, ceux qui vont nager de 1,5 m mètre de profondeur jusqu’à plus de 6 m pour certains. On reconnaît ces leurres grands plongeurs par la taille importante de leur bavette qui mesure la plupart du temps plus de la moitié de la longueur de leur corps.

    Pourquoi peut-il passer dans les obstacles ?

    Les crankbaits destinés à plonger profondément sont conçus pour aller heurter le fond et débusquer les poissons qui s’y trouvent. L’attache de la ligne est située sur la bavette et non sur la tête du leurre comme dans la plupart des cas. Ainsi, l’eau appuyant fortement sur la bavette, les crankbaits grands plongeurs vont nager quasiment à la verticale : la bavette vers le bas et l’arrière du leurre vers la surface. Quand le leurre va heurter le fond et nager, les deux triples ventraux seront donc situés au-dessus du fond, parallèles à la surface (suite au déplacement) et seront protégés par le corps et la bavette du leurre. D’ailleurs, pour les crankbaits grands plongeurs qui sont bien conçus, la bavette ainsi que le corps du leurre sont un peu plus large que l’hameçon triple ventral afin d’éviter les accrochages. Imaginez un crankbait en train de nager et de heurter des blocs rocheux ou des souches : il va avancer avec la bavette vers le bas et les triples vers le haut, seule la bavette heurte les obstacles, les triples étant  »cachés » derrière son corps. De plus, les crankbaits sont très flottants, ils remontent donc très rapidement vers la surface quand on arrête la récupération. Si jamais votre crank passe derrière un rocher ou une grosse branche, il suffit de garder le fil tendu et d’attendre qu’il remonte pour qu’il passe derrière l’obstacle.

    Quelle différence avec un leurre souple ?

    Les leurres souples peuvent eux aussi passer facilement à travers des obstacles, tout comme les crankbaits, mais ils déplacent très peu d’eau et nécessitent une animation lente. A l’inverse, les crankbaits, comme beaucoup de poissons nageurs, sont bruyants dans l’eau et vous permettent de pêcher assez rapidement. En résumé, mieux vaut utiliser un leurre souple quand vous savez où se trouvent les poissons (pour explorer un arbre mort par exemple), mais si vous devez pêcher de grandes étendues et prospecter rapidement, un crankbait grand plongeur sera de loin le plus performant. En une heure de pêche, vous lui aurez facilement fait parcourir un kilomètre et ce chemin parcouru représente un grand nombre de chances de croiser la route d’un poisson en chasse.

    Quelle est la meilleure animation ?

    Le crankbait est un des rares leurres qui ne nécessite pas d’animation particulière. Quand vous le ramenez en le faisant taper au fond, il faut même éviter au maximum de l’animer. En effet, avec une récupération linéaire, il va venir heurter le fond, les triples bien protégés derrière la bavette et le corps du leurre. Si vous commencez à l’animer alors que vous traversez un  »champs de mines » (racines, souches, rocaille…), le leurre va avoir tendance à tourner sur lui-même et les triples ne seront plus protégés… avec des conséquences souvent désastreuses pour l’intégrité de votre boîte à leurres ! En revanche, on peut très bien varier la vitesse de récupération, ou faire de courtes pauses pendant lesquelles le crank va légèrement remonter. Quand je pêche au crankbait, j’utilise systématiquement une astuce qui m’a rapporté un nombre incalculable de touches : quand le leurre arrive presque à l’aplomb du bateau ou de la berge, je l’arrête une seconde et donne deux petits coups de scion avant de terminer par une récupération linéaire. Il arrive bien souvent que les poissons suivent votre leurre sur une grande distance sans jamais le croquer. En procédant comme expliqué précédemment, vous allez donner au crank un changement brusque de nage et de vitesse qui peut décider le prédateur à attaquer avant que sa proie ne lui échappe.


    Pour quel poisson ?

    Tous les poissons carnassiers sans exception peuvent attaquer un crankbait. Les modèles grands plongeurs sont excellents pour pêcher les poissons qui se tiennent près du fond comme les sandres ou les silures ou pour aller chercher ceux qui s’y cachent à certaines périodes comme les brochets, les black-bass, les perches ou les truites. Peu de pêcheurs pêchent la truite avec des crankbaits alors que c’est à mon avis un des leurres les plus performants pour aller chercher le poisson directement dans sa cache. Si vous pêchez un fond en sable ou en vase, votre crank va soulever de petits nuages de sédiments chaque fois qu’il va heurter le fond, mimant ainsi un poisson en train de se nourrir et d’attirer les prédateurs. Quand vous heurtez les cailloux, c’est le bruit de la bavette tapant la roche qui sera attractif. Il arrive même de temps à autre que l’on capture une carpe, une brème et très régulièrement des barbeaux qui n’hésitent pas à gober une petite bouchée devant leur museau.

     
    Quel modèle choisir ?

    Il est bien sûr nécessaire d’adapter la taille à l’espèce recherchée. Si vous cherchez par exemple le black bass, la perche, le chevesne, la truite ou l’aspe, vous allez plutôt pêcher avec des cranks dont la taille du corps sera comprise entre 2 et 4 cm alors que pour le brochet ou le silure, les cranks dont le corps mesure jusqu’à 10 cm de long seront les mieux adaptés. On choisit la profondeur de nage du leurre par rapport à la profondeur moyenne de la zone de pêche. Si la profondeur moyenne est de 2 mètres, vous allez attacher à votre canne un crankbait qui plongera à 2,5 mètres. Ainsi, vous serez sûr de toucher rapidement au fond sur l’ensemble de la zone. Quand la bavette heurte le substrat, il suffit de ralentir la cadence de récupération pour que la flottaison importante du leurre compense la profondeur de nage. En ce qui concerne les sons que produisent les cranks, il en existe de toutes sortes : des non bruiteurs, avec un son clair et d’autres avec un son sourd. En règle générale, plus les poissons sont éduqués, plus le milieu est calme et plus on cherche à utiliser un leurre silencieux. À l’opposé, plus les poissons sont vierges, plus la zone de pêche est mouvementée (aval de barrage, courant puissant, vagues…) et plus on cherchera à avoir un leurre bruyant. Les sons clairs ayant tendance à être beaucoup plus rapidement assimilés par les poissons au danger que les sons sourds. La famille des crankbaits est tellement vaste qu’il existe beaucoup d’autres façons de les utiliser. Mais la technique dite à  »gratter » le fond avec des crankbaits très plongeants est assez peu pratiquée alors que c’est une méthode absolument redoutable, surtout à l’arrivée de l’hiver qui refroidit les eaux et entraîne les poissons vers les profondeurs. Ne moulinez pas trop vite, suivez bien les mouvements de votre leurre et ferrez à la moindre sensation suspecte !

  • Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    Pêche aux leurres : émerillon ou agrafe ?

    En matière de pêche aux leurres, tous les aspects du matériel ont leur importance : le leurre, bien évidement, la tresse, le bas de ligne, la canne mais aussi la liaison entre votre bas de ligne et votre leurre. C’est un détail souvent négligé qui joue pourtant un rôle majeur.

    Traditionnellement, les pêcheurs français ont longtemps associé la pêche aux leurres à la pêche à la cuillère. De cette tradition, nous avons gardé des mauvaises habitudes comme celle de ramener les poissons-nageurs beaucoup trop vite de façon linéaire et d’attacher ces mêmes poissons-nageurs avec un émerillon à agrafe. L’utilisation d’un émerillon à agrafe devant une cuillère tournante est justifiée par la rotation de la cuillère. C’est un bon moyen d’éviter le vrillage du fil. Par contre, les poissons-nageurs et autres spinnerbaits ou buzzbaits nagent sur un axe vertical, ils ne tournent pas et ne peuvent pas vriller nos corps de ligne. La présence d’un émerillon sur la ligne devient donc superflue.

    Des agrafes spéciales leurres

    L’intérêt de posséder une agrafe en terminaison de son bas de ligne est de pouvoir changer rapidement de leurre sans avoir à faire des noeuds. La plupart des poissons-nageurs de conception moderne ont des nages chaloupées et aléatoires qui ne supportent pas de contrainte. L’agrafe qui attache le leurre doit donc lui laisser toute sa liberté. L’élément de poids a lui aussi son importance, notamment avec les leurres suspending. Il existe sur le marché plusieurs types d’agrafes développées spécifiquement pour attacher des leurres. Leurs formes générales changent mais elles gardent le même dénominateur commun : une tête ronde et large autorisant une grande liberté au leurre. Fabriquées en inox résistant à la corrosion et très solides, plusieurs marques proposent des modèles vraiment performants. A l’opposé des agrafes dites “à leurre” vient l’émerillon à agrafe : trop long il favorise les emmêlements, trop lourd il modifie le poids des leurres et sa tête trop fine contraint la nage du leurre.


    Un anneau brisé libérateur

    De nombreux poissons-nageurs sont équipés d’un anneau brisé en tête. Cet anneau brisé de petite taille, souvent ovale, a pour fonction de donner plus de liberté à la nage du leurre et de faciliter la confection des noeuds. En effet, au Japon ou aux Etats-Unis (d’où proviennent beaucoup de nos leurres), la problématique des dents du brochet n’existe pas ou très peu. La plupart des pêcheurs, pêchant en bateau avec des cannes casting (tambour tournant) équipées souvent de nylon, attachent directement le leurre à leur corps de ligne sans faire de bas de ligne. Sans cet anneau brisé, ils seraient obligés de faire un noeud donnant de la liberté au leurre, type Rapala, qui prend beaucoup plus de temps qu’un noeud auto serrant classique. De toutes manières, les Américains (ni les Japonais) ne se posent pas vraiment la question de pouvoir changer rapidement de leurre, puisqu’ils pêchent pour 95 % d’entre eux en bateau et possèdent souvent une canne par type de leurre. Le problème est ainsi résolu ! Dans le cas de nos pêches françaises, nous pêchons pour la majorité d’entre nous du bord. Nos moulinets sont donc souvent montés en tresse, pour lancer plus loin et contrôler efficacement nos leurres, et terminés par une tête de ligne transparente pour plus de discrétion. Etant donné que nous pêchons souvent à une seule canne, les agrafes permettent de changer facilement et rapidement de leurre. C’est d’autant plus utile pour tous ceux qui pêchent le brochet avec un bas de ligne en fluorocarbone en 50 ou 60/100. Faire un noeud Rapala avec de tels diamètres n’est pas une sinécure. En ce qui concerne la combinaison d’une agrafe avec l’anneau brisé en tête de leurre, chacun peut faire un peu ce qu’il veut. Le fait d’attacher une agrafe dans l’anneau brisé ne changera en rien la nage du leurre. Etant plutôt adepte de la simplicité, je préfère glisser mes agrafes directement dans l’anneau du leurre plutôt que dans l’anneau brisé. C’est toujours une source de problème en moins. Par contre, pour tous les utilisateurs des agrafes Norman Speed Clip, sachez qu’elles sont conçues pour être montées avec un anneau brisé en tête de leurre. Sans cet anneau brisé, vous avez de fortes chances pour que votre leurre se détache en cours d’animation… ce qui est assez ennuyeux !

  • La pêche au leurre : une question d’angle

    La pêche au leurre : une question d’angle

    La première difficulté pour un moucheur novice réside dans l’apprentissage du geste de lancer basé sur le fameux principe des aiguilles d’une horloge. A l’inverse, pour un pêcheur aux leurres débutant, la difficulté majeure ne concerne pas la technique de lancer, mais plutôt les subtilités de l’animation des leurres. Il existe aussi pour cela un autre principe de base : celui de l’angle droit.

    Par Alban Choinier

    La règle de l’angle droit

    Quel que soit le type de leurre utilisé, la tenue de la canne revêt une très grande importance. Le pêcheur doit pouvoir transmettre les impulsions de son bras vers son leurre de la façon la plus efficace possible, ressentir à travers la canne les mouvements du leurre, détecter la moindre touche et ferrer puissamment et promptement. Tout ceci n’est possible que si un angle à 90 ° entre le fil (ou la tresse) et la canne est respecté.

    L’instinct n’est pas toujours le bon

    D’instinct, le moucheur débutant va casser le poignet en lançant avec pour conséquence de claquer sa soie comme un dompteur de fauve. Bloquer son poignet est un mouvement qui n’est pas naturel, mais il est indispensable pour lancer correctement. D’instinct, le nouveau pêcheur aux leurres va lancer face à lui et animer dans la même position. S’il pêche aux leurres souples plombés, cette position sera la bonne, mais s’il pêche aux poissons nageurs ou aux leurres souples non plombés, elle sera mauvaise et engendrera un comportement perfectible du leurre. Il est alors nécessaire de prendre une position moins naturelle mais halieutiquement beaucoup plus efficace.


    Le cas des poissons nageurs

    Le pêcheur face à l’eau, la tresse sort de la canne en formant un angle presque plat. Au cours de l’animation, cet angle change peu. Cette position va avoir plusieurs conséquences sur le comportement du leurre. D’une part, la canne est mécaniquement peu sollicitée et transmettra très mal les animations du pêcheur, d’autre part les vibrations passeront peu à travers le blank de la canne au détriment des sensations de touche. De plus, lors d’une attaque brutale, la canne étant droite, elle n’absorbera pas le choc, le moulinet sera directement en prise au risque de casser la ligne. Le pêcheur sera aussi dans l’impossibilité de « rendre la main » autrement qu’en tendant le bras, ce qui n’est pas une position particulièrement pratique ! En appliquant la règle de l’angle droit, la ligne et la canne se trouvent dans une disposition qui, en augmentant les frottements et enmaintenant une tension sur le carbone, va avoir pour effet d’augmenter la sensibilité du pêcheur par rapport à la touche et aux mouvements de son leurre sous l’eau. Cet angle a aussi pour effet d’améliorer la nage du leurre car les impulsions données à la canne par le pêcheur passent directement dans la ligne sans être atténuées tout en profitant aussi du « rebond », de l’effet « ressort », du scion.
    Dans le cas d’un pêcheur ayant lancé face à lui, pour pouvoir obtenir un angle correct entre sa canne et sa ligne, il devra placer ses épaules quasiment perpendiculaires à la berge et sa canne parallèle à la même berge. Ce positionnement n’est pas vraiment naturel mais augmente grandement l’efficacité et le confort en pêche. Au moment de la touche, la ligne étant perpendiculaire au scion, c’est la canne qui encaisse directement le choc.
    Si vous désirez rendre la main, pour laisser par exemple couler un leurre devant un obstacle, il vous suffit simplement de tourner le bras qui tient la canne vers l’eau, ce qui est beaucoup plus pratique que de tendre le bras face à l’eau. L’autre avantage de cette position est de dégager de l’espace pour le ferrage. Pour être réellement efficace, le ferrage doit se faire à plat et non par-dessus la tête. En ayant sa canne parallèle à la berge, le ferrage à plat devient logique et surtout particulièrement efficace car la traction se fait exactement à l’inverse de celle exercée par le poisson.


    Le cas des leurres souples

    Il existe une variété presque infinie de leurres souples, tous ne s’animent pas de la même manière. Les leurres souples non plombés s’animent en règle générale comme un poisson nageur, la position de pêche est donc la même que pour faire nager un leurre dur. Dans le cas des montages plombés comme la fameuse tête plombée, le montage texan mais aussi le Carolina (sorte de montage tirette) ou le drop-shot (plomb en bas et leurre en potence) la position de pêche se calque sur celle des pêcheurs au mort manié. Face à l’eau, canne haute, le pêcheur anime son leurre en modulant la hauteur de son scion. Cette pêche étant extrêmement tactile, le pêcheur donne instinctivement un angle de 90 ° entre sa ligne et sa canne car c’est dans cette position qu’il ressent le mieux la touche etqu’il aura le ferrage le plus efficace. La règle de l’angle droit est donc appliquée sans même s’en rendre compte du fait de la position parfaitement naturelle de pêche face à l’eau. Que ce soit pour pêcher les carangues Ignobilis au popper, la truite au poisson nageur ou le bar au leurre souple, le principe de l’angle droit s’applique toujours. Pour une fois qu’il existe une vérité en matière de pêche, il est bon de le souligner ! Bien sûr, de nombreux pêcheurs appliquent ce principe sans le savoir, par instinct halieutique. La position de pêche, la canne parallèle à la berge, peut surprendre au premier abord, mais c’est une des clefs de la réussite du pêcheur aux leurres.

  • Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Depuis très longtemps, les bas de ligne destinés aux poissons carnassiers susceptibles de couper le nylon sont réalisés en acier. Avec le temps, les poissons se sont adaptés à ce système et aujourd’hui l’acier les fait fuir. Les fils de gros diamètre en fluorocarbone remplacent avantageusement l’acier. Alban Choinier nous explique comment et pourquoi.

    Par Alban Choinier

    Tous les poissons susceptibles d’être intéressés par un leurre, que ce soit en eau douce ou en mer s’adaptent à la pression de pêche. Le choix de la couleur, de la forme, du type ou de la vitesse de récupération a bien évidemment une énorme importance pour déjouer leur méfiance. Mais les poissons ne sont pas seulement focalisés sur le leurre, le bas de ligne entre aussi dans leur champ de vision. Les moucheurs l’ont bien compris et portent beaucoup d’intérêt à ces quelques mètres de nylon. Dans la pêche aux leurres, le choix du matériau qui sera devant le leurre a lui aussi une très grande importance.

    EN MER

    Le bar est l’espèce principalement recherchée par les pêcheurs aux leurres sur la côte française. La pêche de ce poisson a littéralement explosé ces cinq dernières années tant du côté de la pêche professionnelle que de la pêche récréative. D’une part le stock de poissons semble diminuer irrémédiablement, d’autre part la quantité de bars que prenaient les pêcheurs aux leurres il y a quelques années est souvent supérieure à ce qu’elle peut être aujourd’hui. Je suis intimement persuadé que ce phénomène n’est pas seulement dû à la diminution des effectifs. Les bars ont acquis au fil des années une réelle méfiance vis-à-vis de nos artifices.
    Le problème de la confection d’un bas de ligne ne se posait pas quand les pêcheurs équipaient leur moulinet de nylon. Le leurre était simplement attaché au corps de ligne. Avec l’apparition des corps de ligne tressé, la situation change du tout au tout. Ce nouveau matériau est tellement performant (absence d’élasticité, finesse, résistance) que 90 % de pêcheurs l’ont adopté. J’ai été surpris de voir cet été au cours de parties de pêche sur notre littoral que de nombreux pêcheurs utilisant de la tresse ne confectionnent pas de bas de ligne. Ils montent leur leurre directement sur la tresse. Les corps de ligne tressés présentent de nombreux avantages, mais ils sont opaques et particulièrement visibles sous l’eau. J’ai eu l’occasion de plonger pour observer le travail des leurres sous l’eau. J’ai été très surpris par l’aspect que prend la tresse sous l’eau : c’est une véritable corde à linge. Aussi fine soit-elle, l’absence de discrétion est un handicap qu’il faut impérativement compenser. La meilleure astuce consiste à intercaler un bas de ligne d’un matériau transparent entre la tresse et le leurre. Ce matériau peut être soit un nylon translucide soit un fluorocarbone. À titre personnel, j’aurais un petit faible pour le fluorocarbone. Il présente de nombreux avantages sur le nylon : son indice de réfraction de la lumière est très proche de celui de l’eau (quasi invisible), il est étanche à l’eau et insensible aux UV (bon vieillissement) et ne possède aucune mémoire. Pour que le bénéfice de la discrétion soit réel, le brin de fluorocarbone doit mesurer environ un mètre. La liaison entre le bas de ligne et le corps de ligne est constituée par un noeud. En effet, seul un noeud peut passer dans les anneaux sans gêner la pêche. Le choix du diamètre du bas de ligne a de l’importance dans la traque du bar. L’aspect à ne pas négliger est l’absence d’élasticité de la tresse. Toutes les sollicitations mécaniques vont se concentrer sur la seule partie élastique de la ligne : le mètre de fluorocarbone. Il faut donc sur-dimensionner le diamètre du bas de ligne. Un 40/100 représente l’idéal. Cela peut sembler élevé compte tenu de la taille moyenne du poisson ciblé mais c’est totalement justifié. Le 40/100 est capable d’encaisser les rushs les plusviolents, la résistance à l’abrasion est très bonne (les moules et les huîtres sont des aimants à bar…), et sa relative raideur empêche le leurre de boucler dans le bas de ligne lors des rafales de vent. J’ai eu souvent l’occasion de pêcher cet été à côté de pêcheurs qui avaient monté leur leurre directement sur la tresse. Le phénomène était souvent le même, de nombreux poissons suivaient leurs leurres sans attaquer. Quand un bar fait trois ou quatre remous derrière votre leurre de surface sans jamais le toucher, je vous assure qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux. Les bars se méfiaient de la tresse. Avec un simple mètre de fluorocarbone le résultat était différent.

    EN EAU DOUCE

    Que ce soit en rivière ou en étang, les avantages et les inconvénients de la tresse sont exactement les mêmes qu’en mer. Nous pêchons rarement dans des eaux boueuses et il ne faut pas sous-estimer la vision des poissons. D’autant plus que la pression de pêche est souvent inversement proportionnelle au nombre de poissons. En dehors de la recherche spécifique de la truite ou du black bass, nous sommes susceptibles de capturer un brochet à chaque fois que nous mettons un leurre à l’eau. Bien évidemment, personne ne s’en plaindra ! Par contre, le brochet est équipé de 700 dents particulièrement aiguisées. La pêche du brochet est associée à l’utilisation systématique d’un bas de ligne en acier. La technique traditionnelle en France était un gros vif attaché par un bas de ligne en acier de 15 kg (on ne sait jamais, il paraît que les requins bouledogue remontent en eau douce) remuant sous un bouchon. Avec tant de subtilité, le brochet avalait profondément le vif. Dans ce cas précis, un bas de ligne en acier se justifiait. D’autant plus que la capture d’un brochet était profondément associée à la nourriture. La problématique est actuellement différente. La pêche est un sport et non plus un moyen de subsistance. Nous pouvons nous permettre l’éventuel risque de perdre un poisson qui, de toute façon, serait retourné dans son milieu naturel après sa capture. De plus, en pêchant aux leurres, la touche étant retransmise via la main du pêcheur en temps réel, c’est assez rare que le poisson ait le temps de gober complètement le leurre. Les bas de lignes spécifiques pour la traque du brochet : acier, kevlar, tresses diverses présentent les mêmes inconvénients. Ils sont opaques et lourds. Aussi fins qu’ils puissent être, ils se voient comme le nez au milieu de la figure. La seconde gêne, beaucoup moins connue, est le poids. En effet, les poissons nageurs modernes possèdent des nages absolument superbes qui ne supportent pas de contrainte. L’acier est lourd, il entrave la nage de certains leurres, empêche les leurres flottants de remonter correctement et fait systématiquement couler les leurres suspending (densité neutre). Il existe un stratagème pour avoir un bas de ligne discret sans pour autant se faire couper par maître Esox. Le fluorocarbone ou le nylon de diamètre important est une solution miracle. Le fluorocarbone a ma préférence pour les raisons citées précédemment et pour une résistance à l’abrasion supérieure au nylon. Afin de ne pas se mettre d’obstacle dans le choix du diamètre, il faut partir du principe que, quel que soit son épaisseur, le fluorocarbone reste invisible sous l’eau. Afin de résister aux frottements contre les dents, seuls les diamètres compris entre 50 et 60/100 sont réellement efficaces. Les tailles supérieures sont difficiles à nouer. J’ai employé presque tous les diamètres compris entre 50 et 60/100, depuis quatre ans que je pêche le brochet avec des bas de ligne en fluorocarbone, sans voir de réelle différence quant au résultat. Je pêche en ce moment avec un 55/100 acheté dans une boutique mouche qui me satisfait complètement. Bien sûr, plus le diamètre est important et plus la sécurité est grande. J’ai dû capturer plus de cinq cents brochets avec du fluorocarbone comme bas de ligne, dont certains très gros et d’autres qui avaient correctement avalé le leurre. Je ne me suis fait couper qu’une dizaine de fois. Le nombre de touches avec un bas de ligne transparent est tellement plus important qu’avec tout autre type de bas de ligne que je veux bien accepter de perdre un brochet sur cinquante ! D’une façon assez surprenante, ce sont toujours des brochets de petite taille qui m’ont coupé le bas de ligne. Les gros poissons ont les dents plus écartées et beaucoup moins dangereuses. En ce qui concerne la longueur du bas de ligne, comme pour le bar, un mètre semble être la taille idéale.
    Concernant les autres espèces de poissons, que ce soit les perches, les silures ou les sandres, ils ne font pas la différence entre un bas de ligne de 20 et de 40/100, le fluorocarbone est virtuellement invisible. Le fait que votre bas de ligne soit un peu épais et rigide ne gène en rien la nage de votre leurre, bien au contraire. Par contre, il est nécessaire de rester cohérent sur le rapport entre la taille de votre leurre et le diamètre du bas de ligne. Si vous désirez pêcher des perches ou des black bass avec un petit leurre léger de 5 cm, c’est évident qu’un bas de ligne en 50/100 risque d’entraver sa nage. Il n’existe pas de vérité en matière de pêche. Soit vous pêchez avec un bas de ligne en 25 ou 30/100 et prenez le risque de vous faire couper, soit vous mettez un bas de ligne en 50/100 et votre leurre nagera moins bien. Rien n’est parfait ! Dans tous les cas, un gros monofilament sera toujours meilleur que l’acier !

    COMMENT ATTACHER SON LEURRE ?

    Toujours dans un souci d’efficacité et de discrétion, l’attache entre le bas de ligne et le leurre doit être la plus simple possible. La plupart des leurres (poissons nageurs, leurres souples avec tête plombée…) nagent sur un axe. Le risque de vrillage est donc nul. À part pour les cuillères tournantes, l’utilisation d’un émerillon est inutile. Plutôt que de gêner la nage du leurre avec un émerillon agrafe, préférez l’utilisation d’une agrafe simple. Il existe dans le commerce de nombreuses marques qui proposent des petites agrafes en inox très solides de conception diverses. Les agrafes Rapala n° 2 et celles de marque Ilex sont excellentes, mais il en existe d’autres d’aussi bonne qualité. La réussite d’une partie de pêche ne tient pas à grand-chose. On peut essayer de mettre un maximum de chances de son côté en étudiant tous les aspects du matériel. Les pêcheurs attachent généralement beaucoup d’importance à la forme ou à la taille des leurres et assez peu à la conception de leur bas de ligne. Pourtant, c’est sûrement la partie de la ligne qui va passer le plus de temps dans l’eau au cours d’une partie de pêche. Toutes les techniques de pêches, que ce soit la pêche à la mouche ou la pêche aux leurres, ont un dénominateur commun : discrétion rime souvent avec efficacité…

  • Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    En quelques années, la pêche aux leurres a énormément évolué, autant en matière de leurres qu’en matière de cannes. On est passé des anciennes cannes de trois mètres à des cannes courtes ultra maniables et très légères. Parmi ces cannes courtes, on peut noter la généralisation des cannes monobrins. Cette caractéristique est-elle un réel avantage par rapport aux cannes en deux brins ?

    Par Alban Choinier

    Comme nous l’avions déjà abordé, les cannes courtes sont beaucoup plus adaptées aux maniements des leurres que les cannes longues. Les avantages sont multiples : légèreté, maniabilité, facilité d’animation du leurre (déplacement du scion plus facile à gérer qu’avec une canne longue), bras de levier plus court pour les combats… On dira pour simplifier les choses, qu’une canne est courte si elle mesure moins de 2,5m. Bien sûr, il existe quelques exceptions qui confirmeront la règle. En effet, si vous pêchez le bar en waders dans les parcs à huîtres, vous serez à l’aise avec une canne dont la longueur sera comprise en 2,4 et 2m. Mais à l’inverse, si vous pêchez du bord en Bretagne par-dessus les gros blocs de la côte de granite rose, vous aurez nécessairement besoin d’une canne de 2,7 à 3 mètres pour arriver à soustraire votre bannière des rochers.

    Les différents types d’emmanchements

    La plupart des cannes à leurres sont composées de 2 brins égaux. Ces deux brins peuvent s’emboîter l’un dans l’autre selon trois principes différents : l’emmanchement droit, l’emmanchement inversé ou le spigot. L’emmanchement droit est le scion qui vient rentrer dans le talon. Le diamètre du scion étant plus faible que le plus petit diamètre du haut du talon. C’est un type d’emmanchement que l’on peut trouver sur des anciens modèles de cannes en fibre de verre ou sur les cannes en bambou refendu. Mais nous allons voir un peu plus loin que l’emmanchement droit a été remis au goût du jour… Sur les cannes à emmanchement inversé, c’est le scion qui vient couvrir l’extrémité du talon. Le diamètre bas du scion est donc supérieur en diamètre à celui du haut du talon de la canne. Le spigot est un morceau de carbone, pouvant être plein ou creux, qui va relier le talon au scion de la canne. Le blank (la partie en carbone de la canne) a été coupé en deux, le tube de carbone (le spigot) est collé dans le talon et s’emboîte dans le scion. Dans ce cas, le diamètre du scion et du talon sont similaires au niveau de l’emmanchement.


    Avantages et inconvénients de ces emmanchements

    L’emmanchement droit, quand il est placé en milieu de canne, crée une surépaisseur importante qui donne une zone dure qui brise l’action du blank. L’emmanchement inversé est très fiable, très solide et insensible à l’usure : quand les brins s’usent, le talon entre un peu plus profondément dans le scion et compense la perte de matière. Mais il peut modifier l’action des cannes destinées aux pêches légères, c’est pourquoi il est le plus souvent utilisé sur les cannes destinées à des pêches fortes. L’emmanchement par spigot est plus technique à mettre en oeuvre mais il permet de préserver au mieux l’action des cannes de puissance faible à moyenne. Par contre, il est plus fragile et sensible à l’usure. Les constructeurs gardent toujours sur les spigots un centimètre de carbone libre afin de compenser une future usure. En fait, c’est assez rare d’user complètement un spigot (jusqu’à ce que le talon et le scion se touchent). Malheureusement, la canne tombe souvent sur un « accident de parcours » avant cette échéance… En résumé, quel que soit le type d’emmanchement, il va toujours modifier en partie l’action de la canne.

    Simplicité rime avec efficacité !

    En règle générale, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Cet adage est particulièrement vrai en ce qui concerne les cannes : une canne en un seul brin sera toujours plus performante qu’une canne en plusieurs brins. Nul besoin d’explications ultratechniques, ni de formules mécaniques complexes, cette constatation est évidente et saute aux yeux. Une canne monobrin sera :
    – Plus légère, car les emboîtements quels qu’ils soient ajoutent toujours un petit surplus de carbone.
    – Plus puissante qu’une canne similaire en deux brins, car il n’y a aucune perte de force dans une liaison.
    – Plus solide, car les emmanchements sont des points de faiblesse – Plus précise dans les lancers. En effet, le nerf du blank est respecté sur sa totalité et les torsions sont moindres.
    – Son action sera complètement préservée du fait d’un blank de carbone monobrin.
    – Meilleure en distance de lancer du fait de l’absence d’emmanchement qui absorbe une partie de la restitution des forces.
    – Plus sensitive. En effet, la moindre petite touche est directement transmise dans la main du pêcheur.
    En bref, une canne monobrin est plus performante, et de loin, qu’une canne multibrins !


    Peut-on sentir la différence ?

    C’est une question importante : peut-on sentir la différence dès la prise en main entre deux cannes (l’une en 2 brins et l’autre monobrin) de même puissance annoncée et de même longueur ? Sans parti pris et en toute objectivité : oui ! La différence se ressent très rapidement. Les cannes monobrins sont plus légères et généralement équilibrées différemment. Quand vous prenez en main une canne en deux brins (sans moulinet), elle a souvent tendance à « piquer du nez ». C’est une sensation due au poids situé vers le scion. Cette sensation est inexistante sur les cannes monobrins. L’autre sensation que l’on ressent immédiatement est une impression de « raideur ». A la prise en main, les cannes monobrins donnent l’impression d’être plus raides que leurs homologues en deux brins. En réalité, la force est mieux répartie sur l’ensemble du blank et cette sensation est souvent due à une différence d’action. Généralement les cannes monobrins sont plus rapides que les deux brins. Donc pour une puissance annoncée similaire, la canne monobrin vous donnera une impression plus importante de « raideur ».

    Un problème d’encombrement

    Il faut bien qu’il y ai un désavantage aux cannes monobrin…et celui ci est majeur : l’encombrement ! En effet, le problème du transport est le seul point noir. Autant il est agréable de pêcher avec une canne monobrin de 2 mètres, autant la transporter devient rapidement un casse tête. C’est d’ailleurs pour cette raison que seule les cannes de 2,10 mètres et moins sont déclinées dans des versions monobrin. Cette longueur correspond à peu près à celle de la plupart des habitacles des véhicules. Mais en réalité, l’avantage d’une canne monobrin pour les pêches en eau douce est surtout valable pour des longueurs de 2,10 mètres et moins. En effet, sur des cannes de 2,40 mètres ou 2,70 mètres, le poids de l’emmanchement, ainsi que son influence sur l’action de la canne, sont dilués sur la longueur et se révèlent moins gênant que sur une canne plus courte.

    Le talon amovible : une solution !

    L’une des solutions trouvées par les fabricants pour limiter ce problème d’encombrement est d’intégrer un talon amovible. Le blank reste en un seul tenant (donc monobrin avec tous les avantages), mais il vient s’emboîter avec un emmanchement droit dans le talon, qui comprend seulement les poignées et le porte moulinet. On peut gagner facilement, suivant le type et la puissance de la canne, de 35 à 60 cm d’encombrement en moins. C’est la solution que l’on trouve en France sur la plupart des cannes de plus de 7 pieds (2,10 mètres) comme celles distribuées par Illex, Sakura, Smith, Zenaq, Tenryu et bien d’autres. Comme nous l’avions vu auparavant, l’emmanchement droit modifie d’une façon importante l’action des cannes. Mais étant donné que le blank s’emboîte dans le talon de la canne et que cette partie précise n’est pas amenée à plier, le problème ne se pose plus. De nombreuses cannes pour l’eau douce sont montées selon le principe talon + blank. Mais c’est pour les pêches exotiques très fortes que cette solution est la plus employée. Les sollicitations mécaniques sont tellement fortes, les poissons tellement puissants et les puissances de freinages tellement importantes que seules les cannes monobrin tiennent le choc.


    Que choisir ?

    En termes de pêche, la réponse est évidente : les cannes monobrins surpassent de loin les autres cannes en plusieurs brins. Mais ceci est valable pour les cannes de 2,5 mètres et moins. En fait, l’idéal serait de posséder des cannes monobrins ainsi que des cannes de même puissance en deux brins pour les voyages. Ceci étant bien sûr simplement limité par le côté financier ! Les cannes monobrins viennent réellement d’apparaître en France depuis 2 années et encore peu de pêcheurs en sont équipés. On trouve d’excellentes cannes monobrins très bien montées pour moins de 200 euros. Il existe pour toutes les pêches aux leurres que nous pratiquons en France ou à l’étranger des cannes monobrins appropriés, de la truite en passant par le brochet ou le bar. Essayez une canne courte monobrin, elle vous semblera trop courte les dix premières minutes et vous ne pourrez plus vous en passer après quelques heures d’utilisation !

  • Poisson-nageur : du rôle des billes

    Poisson-nageur : du rôle des billes

    Stabilité au lancer, émission de sons de haute ou de basse fréquence, amélioration de la nage, les leurres à billes ne sont pas le fruit du hasard, mais naissent des mains de spécialistes opérants comme de véritables génies. Explications, pour ne plus jamais regarder un poisson nageur comme un vulgaire pastiche.

    Par Alban Choinier

    Améliorer les distances de lancer

    Les premiers poissons nageurs mis au point par un génial pêcheur finlandais étaient plutôt destinés à effectuer leur dure besogne tractés derrière un bateau. Ces leurres avaient été pensés pour nager sous l’effet d’une traction, et non pas pour être lancés. D’autant plus que le matériel n’avait pas atteint de niveau de perfectionnement actuel. Les poissons nageurs en bois ont la densité de leur matériel de construction. Le centre de gravité est souvent situé au centre du leurre, ce qui a pour désagréable effet de le faire tournoyer en l’air pendant le lancer. La résultante est une perte de précision et de distance. Pour améliorer tout cela, des ingénieurs japonais ont imaginé un subterfuge : modifier le centre de gravité. Les billes font alors leur apparition. Placées dans le tiers arrière, dans le cas des leurres de surface, les billes apportent du poids vers le cul du piège et modifient ainsi le centre de gravité. Le leurre part comme une fusée sans tourner. Pour les poissons nageurs, le problème est un peu différent. Pour nager correctement, le centre de gravité doit être vers le centre du leurre, alors qu’il doit être vers l’arrière pour le lancer. La solution a été trouvée en plaçant une ou plusieurs billes sur un rail, avec la possibilité pour elles de passer du milieu vers l’arrière. Pendant le lancer, elles coulissent vers l’arrière et, lors de la récupération, elles regagnent bien sagement leur place au centre du corps. Ces billes destinées à améliorer les distances de lancer sont rarement très bruyante. Le son qu’elles produisent est souvent sourd, du fait de leur masse.


    Déclencher la curiosité ou l’énervement

    Les poissons, en règle générale, et surtout les carnassiers, sont très curieux. Les bruits provoqués par des leurres à bille amènent des poissons à se déplacer sur des distances considérables. Les billes destinées à faire du bruit sont souvent en verre ou en laiton. Placées dans des loges spécifiques (souvent dans la tête du leurre), elles n’existent que pour s’entrechoquer. Les poissons n’attaquent pas obligatoirement les leurres pour se nourrir. Ils peuvent être dérangés par le bruit assourdissant d’un leurre à bille et l’attaquer par agressivité. N’ayant pas de mains (!!!), il leur arrive quelquefois de suivre un leurre et de le prendre dans la gueule pour vérifier la nature de l’élément perturbateur, ce qui leur réserve souvent une drôle de surprise.

    Améliorer la nage

    Certains leurres ont une bille, d’un poids souvent considérable, placée au niveau du “ventre’’ sur un rail perpendiculaire au sens de la nage. Cette bille se déplace donc dans le sens de la largeur, et non pas de la longueur. À chaque mouvement du poisson nageur, la bille passe d’un côté à l’autre en modifiant à chaque fois la répartition des masses. L’effet “rolling’’ est plus accentué. Pour faire simple, le poisson nageur concerné a tendance à balancer fortement sous l’effet des coups de scion.


    À consommer avec modération

    Les leurres à billes provoquent une réaction particulièrement positive sur absolument tous les prédateurs, que ce soit des truites, des brochets, des black-bass ou des bars. Les poissons qui n’ont jamais eu l’occasion d’entendre des leurres bruiteurs réagissent au quart de tour. Par contre, même s’ils ne sont pas doués d’intelligence, les poissons développent une sorte de méfiance. Sur les zones où des leurres bruiteurs sont systématiquement mis à l’eau, et ce, depuis un certain temps, les poissons commencent à les éviter. Fort heureusement, d’une année à l’autre, les poissons oublient et les lieux sur-pêchés de cette manière ne sont pas non plus légion.

    Quelle sonorité pour quel poisson ?

    On peut classer très grossièrement les leurres bruiteurs en deux catégories, ceux à sonorité grave et ceux à sonorité aiguë. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le son du leurre a une réelle importance. N’ayant aucun don pour la voyance, je ne m’aventurerais pas dans des pronostics hâtifs. Sans aucune raison apparente, il arrive certains jours que les poissons refusent systématiquement les leurres à sonorité aiguë pour prendre ceux au son grave. Fort de votre constatation, vous arrivez sur le même poste le lendemain avec le leurre qui vous a porté chance pour vous apercevoir que le son ne leur plaît plus. Ils veulent cette fois-ci de l’aiguë. En fait, c’est bien souvent à n’y rien comprendre. En eau douce, le black-bass est un spécialiste de ce genre de comportement déroutant. En mer, le bar peut certains jours rendre fou n’importe quel pêcheur. J’ai à ce titre une anecdote assez représentative. J’avais modifié au cours d’une longue journée d’hiver un de mes leurres de surface. En perçant un petit trou dans la tête de mon leurre et en le rebouchant avec de la résine, j’avais ôté des billes en verre destinées à l’origine à créer un son. Nous pêchions le bar du bord avec deux amis. Les bars suivaient nos leurres sans jamais les prendre. Le leurre le plus attractif était justement une version normale du leurre que j’avais modifié. J’ai changé mon leurre d’origine pour exactement le même leurre, mais sans les billes en verre. J’ai fait ce jour-là une pêche magnifique, alors que mes deux collègues continuaient à s’arracher les cheveux. Il arrive aussi certains jours que les leurres silencieux donnent les meilleurs résultats !


    Eau vive ou eau calme ?

    En matière de son, il existe quand même une vérité applicable aussi bien en mer qu’en eau douce. Plus le milieu aquatique est remuant, plus les leurres sonores vont être efficaces. Si vous pêchez dans les chutes d’un barrage ou dans la mousse du ressac, un poisson nageur très bruyant sera nécessaire pour se différencier du bruit ambiant. Ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de faire de la plongée sous-marine savent de quoi je parle. À l’inverse, si la mer est d’huile ou si vous pêchez dans un lac très calme, préférez des leurres assez discrets. Dans ce cas précis, trop de bruit peut produire l’effet inverse à celui recherché… sachant que l’exception confirme la règle ! La prochaine fois que vous aurez un poisson nageur dans la main, secouez-le et essayez d’analyser le rôle des billes et leur sonorité. Vous allez vite vous apercevoir si elles sont destinées à améliorer les distances de lancer, à faire du bruit ou les deux à la fois. Ou si, comme dans certains leurres bas de gamme, elles ont été emprisonnées n’importe où pour faire plaisir au pêcheur !

  • Pêche aux leurres, les solutions anti-herbes

    Pêche aux leurres, les solutions anti-herbes

    Pour beaucoup d’entre-nous, les herbiers qui envahissent les rivières et les lacs durant la belle saison constituent un véritable cauchemar. Il existe pourtant de nombreuses solutions efficaces pour continuer de pêcher sans souci sur et dans ces jardins aquatiques si riches en carnassiers où de bien belles surprises attendent les pêcheurs qui auront fait l’effort de s’y intéresser.

    Par Philippe Boisson

    Comme chacun le sait, le début de l’automne correspond à une période favorable pour la pêche des carnassiers.
    On trouve à cette période des conditions qui restent beaucoup plus calquées sur celles que l’on rencontre durant l’été, plutôt que sur celles qui nous attendent plus tard en saison. Les herbiers sont encore très présents partout où la photosynthèse permet leur développement, autant en rivières que sur les bordures des lacs. L’avantage de la pêche aux leurres est de pouvoir pêcher dans ces zones qui servent d’abris aux carnassiers alors que la quasi-totalité des autres techniques (pêche au poisson manié, vif…) ne le permettent pas autant. De nombreux lecteurs ont apprécié la démonstration faite par Alban Choinier dans notre DVD. Elle était consacrée au lancer en skipping avec un leurre souple dont l’hameçon est dissimulé dans le leurre. On a pu voir lors de cette séquence que le leurre reste pêchant dans des herbiers très denses. Mais encore faut-il savoir quels types de leurres et quels armements employer pour chaque type de d’herbiers. Les solutions sont nombreuses et souvent encore mal connues des pêcheurs français. On trouve aujourd’hui chez les détaillants spécialisés, tout le matériel nécessaire pour réaliser des montages les plus efficaces pour pêcher dans les herbiers sans s’y accrocher. Dès que ces massifs se développent de façon généralisée, l’emploi des poissons nageurs se limite à la pleine eau où à la pêche en surface. Les leurres souples deviennent alors incontournables car ils permettent, soit de disposer d’un hameçon simple dissimulé dans le leurre, soit d’un système anti-herbe. Ces leurres qui font encore sourire certains pêcheurs français sont pourtant incontournables pour pêcher au beau milieu des herbiers les plus denses.


    Passer là où personne ne passe !

    Vous l’aurez compris, le but de la manoeuvre est de passer son leurre là où personne ne penserait pouvoir le faire, dans ces zones qui font peur aux pêcheurs mais dans lesquelles les carnassiers tels que brochets, perches et black-bass ont élu domicile pour toute la saison estivale et pour une partie de l’automne.
    Un ami qui a découvert récemment la pêche aux leurres “moderne” me confiait récemment “je redécouvre ma rivière, je la vois différemment maintenant ! ”. La rivière en question est à l’image de beaucoup d’autres, envahie par des herbiers de toutes sortes durant toute la saison chaude. Seul le chenal central, trop profond pour permettre la photosynthèse en est dépourvu. Tant qu’il s’agit d’herbiers “nobles” tels que les élodées, myriophylles, nénuphars ou potamots, tout est permis ou presque, mais en revanche les choses se gâtent lorsque les algues filamenteuses, signe d’une eutrophisation galopante sont de la partie. Ces algues très fines, longues et denses se logent dans tous les systèmes d’articulations des leurres : fixations des palettes de cuillers des spinnerbaits et des buzzbaits, noeuds de raccords de tresse et fluorocarbone, agrafes, etc. Après chaque lancer, il faut éliminer ces algues qui se logent partout. Les algues filamenteuses marquent donc une limite à l’utilisation des systèmes anti-herbes. Heureusement, il reste des zones qui en sont dépourvues, comme par exemple tous les secteurs où l’eau court. En effet, elles se développent principalement dans les eaux stagnantes et apparaissent à la suite d’une forte élévation de la température de l’eau.


    Les spinnerbaits

    Ces drôles de leurres qui marient des palettes de cuillers une jupe en élastiques et un leurre souple sont redoutables pour le brochet et le black-bass. Grâce à leur tige métallique qui protège l’hameçon, ils permettent de pêcher dans des zones encombrées d’herbiers tant que ceux-ci ne sont pas trop denses. Les spinnerbaits sont en quelque sorte des leurres de base pour se jouer d’eux. Ils sont parfaitement utilisables sur des zones où les herbiers laissent encore des espaces d’eau libre. C’est surtout “pilotés” à vue, à l’aide de lunettes polarisantes, qu’ils deviennent très efficaces, car le pêcheur peut anticiper les trajectoires, frôler les herbiers, éviter les pièges, insister là où il faut. Sur le plan du fonctionnement, les spinnerbaits vibrent, papillonnent à souhait tout en avançant de façon continue mais lente. Cette lenteur de récupération est imposée par le volume global du leurre qui, même fortement lesté, remonte très vite vers la surface en cas d’accélération. Plus les palettes sont nombreuses plus les spinnerbaits ont du mal à couler et donc se récupèrent lentement. On trouve des spinnerbaits équipés généralement de deux palettes, ce qui constituent des modèles très polyvalents. Certains modèles en comptent quatre. C’est le cas d’un très bon modèle de la gamme Booyah (distribution Flashmer) qui est parfait pour pêcher les hauts fonds et à l’inverse, Lucky Craft propose un modèle à corps tungstène muni d’une seule palette pour pêcher jusqu’à environ trois mètres de profondeur. Les spinnerbaits rendent fous les brochets, y compris dans des eaux où ils sont très sollicités à toutes techniques, vif compris. Ces leurres qui ressemblent à des appareils dentaires ne font pas du tout partie de notre culture et nous sommes encore très nombreux à ne pas y croire. Pour une fois, il s’agit d’un leurre qui prend plus facilement les poissons que les pêcheurs !

    Les buzzbaits

    A ne pas confondre avec les spinnerbaits, les buzzbaits (de buzz, bourdonnement) sont conçus pour évoluer en surface sur des massifs d’herbiers. Leurs palettes triangulaires tournantes sont chargées à la fois de brasser l’eau, d’émettre un son métallique et d’écarter les herbes afin de laisser passer l’hameçon placé derrière. Les buzzbaits permettent de passer sur des herbiers très développés en surface tels que les nénuphars. En revanche, ils coulent si l’on arrête la récupération. Ce sont donc des leurres à récupération relativement rapide qui ne permettent pas de marquer des arrêts, hormis sur les feuilles de nénuphars lorsqu’elles sont suffisamment proches les unes des autres pour offrir un “matelas” suffisant. Conçus pour la pêche du black-bass il peuvent aussi surprendre des brochets actifs surpris par autant de vacarme.

    Les softs jerkbaits

    Ce sont des leurres souples en forme de poissons dont la nage très chaloupée est très inspirée des jerkbaits durs (poissons nageurs). La différence vient de l’armement, qui n’est plus composé de deux hameçons triples mais d’un hameçon simple de grande taille dissimulé dans le leurre (de 1/0 à 5/0 selon la taille du leurre). Il peut ainsi passer absolument partout et rester pêchant tout le temps. A la touche, le carnassier comprime facilement le corps du leurre d’où se dégage la pointe de l’hameçon qui se situe juste sous le dos du leurre dans une gorge prévue à cet effet. Ce système également peu répandu en France ouvre de nouveaux horizons aux pêcheurs en leur donnant accès à une multitude de postes qui leur étaient jusqu’alors interdits. Ces leurres sont équilibrés pour couler très lentement, par un ajout de sel au niveau du ventre ce qui leur permet de toujours rester dans la bonne position. On peut aussi ajouter des inserts en plomb ou en tungstène (sortes de “clous”) pour obtenir plus de densité et pêcher plus profond. Le choix de l’armement est très important. Il faut notamment faire attention à choisir une forme d’hameçon qui ne cintre pas le leurre. Les hameçons simples à hampe courbée (wide gape) sont les plus adaptés car ils épousent la forme des leurres sans les entraver s’ils sont correctement placés.


    Les grenouilles flottantes

    Bien qu’elles fassent sourire avec leur allure de jouet, les grenouilles flottantes en plastique n’en sont pas moins efficaces pour déclencher des attaques spectaculaires de brochets et de black-bass en surface sur un tapis d’herbiers. Ces leurres constituent une classe à part pour plusieurs raisons. Premièrement, on peut les promener sur les zones les plus encombrées en toute liberté. Deuxièmement, la vitesse de récupération n’est pas imposée comme avec les buzzbaits. On peut donc marquer des arrêts à volonté, car ils sont indispensables pour déclancher des attaques. On savait que les black-bass avaient toujours un oeil voire les deux orientés vers la surface, mais il ne faut pas oublier que les brochets aussi sont des consommateurs de batraciens. Avec ces derniers, si les attaques sont très spectaculaires, elles sont aussi très hasardeuses. Les grenouilles sont très souvent ratées par les brochets dont on peut voir le coup de gueule dans le vide à côté du leurre. Peu importe, c’est un spectacle rare dont il ne faut pas se priver et heureusement le piège fonctionne quelquefois !

    Les systèmes anti-herbe sur les têtes lestées

    Quelles soient en plomb, en alliage ou en tungstène, les têtes lestées sont proposées avec ou sans antiherbes.
    On trouve principalement deux systèmes anti-herbes qui équipent les têtes lestées. Un dispositif en corde à piano en forme d’élytre qui fait office de ressort, mais qui est de plus en plus remplacé par un petit balai en fibres de nylon rigide. Les deux ont la même fonction : protéger la pointe de l’hameçon des herbiers rencontrés lors de la récupération tout en étant assez souples pour fléchir sous la pression d’un coup de gueule. Ce n’est pas la panacée, mais cela évite quelques accrochages sur des herbiers fins.


    Les montages texans et leurs dérivés

    Souvent décrits en détail dans nos colonnes, les montages dits ”texan” autorisent eux aussi de longues ballades au milieu des herbiers. Il s’utilise avec une multitude de leurres souples. Le principe de montage de l’hameçon simple est similaire à celui requis pour le montage du soft jerkbait présenté dans cet article. Selon la forme du corps du leurre, on optera pour un hameçon à hampe droite (pour les leurres de section cylindrique) ou à hampe courbée pour ceux dont la forme est plus haute. La pointe de l’hameçon vient se positionner le long du corps du leurre souple. On peut pêcher en la laissant ainsi, mais si les herbiers occasionnent quelques accrochages, la pointe peut être logée juste sous la “peau” du leurre, ce qui suffit pour que la végétation aquatique y glisse librement.

    Des solutions simples et efficaces

    Avec quelques leurres bien adaptés, on s’aperçoit qu’il devient facile de pêcher les zones d’herbiers et surtout que ces drôles de leurres ne sont pas systématiquement perdus à chaque lancer comme on pourrait le penser, mais qu’au contraire ont est surpris de pouvoir pénétrer librement dans l’intimité de nos rivières et de nos lacs. Toutefois, pour ce qui concerne les leurres souples, vous devrez apporter une certaine attention au choix des tailles et des formes d’hameçons, afin qu’ils correspondent au mieux à celles de vos leurres. Les fabricants et importateurs de matériel de pêche aux leurres feraient bien de proposer des modèles prêts à l’emploi à destinations des novices en la matière. Cela permettrait à un large public de découvrir et de se familiariser avec des montages bien étudiés et d’éviter ainsi des erreurs, qui occasionnent une mauvaise nage des leurres, des pertes de poissons ou des accrochages inopinés. Le problème vient toujours des hameçons, pas toujours disponibles dans les bonnes tailles et les bonnes formes chez nos détaillants, même si de gros efforts ont été fait durant ces trois dernières années. Alors, pêcher au milieu des herbiers n’est plus un problème insurmontable, mais cela implique un minimum de rigueur dans le choix de son matériel. Ensuite tout est permis ! C’est une pêche très ludique, précise, qui réserve de très belles surprises.

  • La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    La perche aux leurres de surface par Alban Choinier

    Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.

    Par Alban Choinier

    La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
    Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…

    Quels leurres utiliser ?

    Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.

    Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.

    Comment animer ces leurres ?

    Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.

    Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.

    Comment attacher ces leurres ?

     Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.


    Quelle canne choisir ?

    Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
    Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
    Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.


    Comment garnir son moulinet ?

    La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.

    Quel bas de ligne ?

    Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.

    Où pêcher les perches en surface ?

    C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
    A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.


    Quand les pêcher ?

    En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.

  • Les leurres de surface stickbaits : conception et utilisation

    Les leurres de surface stickbaits : conception et utilisation

    Alban Choinier nous explique la
    conception des stickbaits, littéralement leurres bâtons, dont l’action en
    surface en zig-zag attire l’attention des carnassiers comme le bar ou le
    brochet. Pour que ces leurres nagent convenablement, une technique particulière
    est nécessaire afin d’obtenir cette nage du leurre dite “walking the dog”.