Étiquette : Airflo

  • Ça glisse pour le Whizz Lube d’Airflo !

    Ça glisse pour le Whizz Lube d’Airflo !

    L’image sur le tube est trompeuse, il s’agit bien d’un lubrificateur pour soies synthétiques ! Le produit n’est pas une nouveauté mais nous ne l’avions pas encore essayé. Le tube de 20 ml est conçu avec un bouchon échancré dans lequel passe la soie. Une fois la soie passée dans le bouchon, on referme le couvercle et seulement à ce moment là on appuie sur le tube pour faire monter le produit dans le bouchon où une mousse synthétique le réceptionne. En faisant coulisser la soie dans le bouchon on la nettoie et on la lubrifie. Le produit a une durée d’action plutôt convenable comparée aux autres produits similaires (testé l’hiver en réservoir). Au moins, le système évite de s’en mettre partout. C’est une bonne chose car le fabricant prévient des risques d’irritation pour le peau et les yeux. Prix conseillé : 8 euros.

  • La soie flottante à pointe intermédiaire selon Airflo

    La soie flottante à pointe intermédiaire selon Airflo

    La marque de soies Airflo continue de développer sa gamme Polyfuse avec  cette XT Ridge Impact. Il s’agit d’une soie flottante à pointe intermédiaire. Cette soie est bâtie sur une âme Power Core. Elle possède un corps flottant de technologie Ridge prolongé d’une pointe intermédiaire rapide ou lente. Cette soie est proposée avec une partie intermédiaire de 3, 6 ou 12 pieds, soit 91 cm, 1,83 m ou 3,66 m. Le raccord entre la pointe intermédiaire et le reste de la soie se fait par une transition douce de matière, sur la même âme. Cela évite le point fragile et les surépaisseurs disgracieuses et tordues qui caractérisaient ces changements de densité. Leur revêtement particulier “strié” assure une excellente glisse.
    Avec la soie Ridge Bass Musky, Airflo propose une soie flottante dédiée à la pêche du black-bass et du brochet. La marque a développé une soie au fuseau ramassée destinée à charger la canne rapidement et propulser correctement et précisément de grosses mouches peu aérodynamiques. Cette soie est proposée de la taille 6 à la taille 10.

    Renseignements :
    T.O.F Fly Fishing
    Chaussée de Wavre, 362
    B-139 Grez Doiceau
    Belgique
    Tel : 00 32 10 24 18 24.
    E-mail : [email protected]

  • Réservoir : la pêche en « washing line »

    Réservoir : la pêche en « washing line »

    Venue d’outre-Manche, la technique de pêche en réservoir en « washing line » (littéralement « corde à linge ») est encore peu utilisée en France, bien qu’elle soit d’une redoutable efficacité. Cette technique consiste à suspendre une ou deux nymphes ou un ou deux chironomes entre la soie et une mouche de pointe flottante. De cette façon, les petites mouches peuvent rester longtemps immobiles à proximité de la surface, comme du linge accroché à un fil et tenter facilement les poissons en maraude dans le premier mètre sous la surface.

    Par Philippe Collet

    La technique du “washing line” se pratique avec une soie flottante, une soie intermédiaire lente, ou mieux encore une soie flottante à pointe intermédiaire. Cette dernière est alors dotée d’une pointe intermédiaire rapide d’environ un mètre de long qui permet de faire couler rapidement le bas de ligne et de placer les mouches au bon niveau en quelques secondes. Il existe sur le marché des soies spécifiques dans les marques Airflo ou Rio comme la Midge tip par exemple. Pour ma part, j’utilise maintenant des soies maison réalisées à partir d’une soie flottante sur laquelle est greffé et ligaturé, à l’aide d’un morceau de chaussette en backing tissé, un morceau de vieille soie intermédiaire. Leur avantage est que la connexion est solide, sans surépaisseur et que la soie se tend bien en ligne. Je peux ainsi choisir des soies flottantes qui me conviennent bien. Il est aussi possible d’ajouter un polyleader intermédiaire rapide, boucle dans boucle au bout d’une soie flottante. Le montage est plus polyvalent, le posé est plus délicat du fait de la dégressivité du bas de ligne et l’immersion de la pointe de la soie est moins rapide. Le montage avec un polyleader ne se place toutefois pas aussi vite en position de pêche et est à réserver aux soies de petite taille.
    Certains jours, les soies flottantes à pointe intermédiaire sont d’une efficacité redoutable. Elles permettent de caler le montage au bon niveau très rapidement. D’autres fois, il vaut mieux utiliser une simple soie flottante pour des pêches discrètes sur un plan d’eau lisse ou à contrario une soie intermédiaire lente si par exemple le vent est trop fort ou en plein travers. En “washing line”, on utilise couramment une soie de taille 7, parfois de 8 si le vent se met de la partie. On peut aussi descendre en 6 voire 5, mais il est alors plus difficile d’envoyer trois mouches dont une dernière souvent assez volumineuse et non lestée assez loin.


    Le bas de ligne

    En “washing line”, le bas de ligne diffère un peu de ceux utilisés habituellement dans les autres techniques réservoir : la distance entre la dernière nymphe et la mouche flottante de pointe n’est pas obligatoirement très importante. Avec une soie à pointe intermédiaire, le bas de ligne type est constitué de deux mètres à 1,20 m de 22 à 18 centièmes entre la boucle de la soie et une première potence de 20 cm. La potence est réalisée avec ce premier brin de fil. On place ensuite un autre brin de fil, de diamètre équivalent ou légèrement inférieur, avec lequel on forme une deuxième potence. L’espacement entre les deux potences est compris entre 1,50 m et 90 cm. On place enfin un dernier brin de fil, d’un diamètre toujours équivalent ou inférieur pour terminer le montage. La longueur de ce dernier brin est souvent assez courte, entre 1,20 m et 80 cm, l’objectif étant de réussir à bien étaler un bas de ligne terminé par une mouche flottante moins propice à tendre l’ensemble qu’une mouche lestée. La longueur totale du bas de ligne sera conditionnée par l’humeur des poissons, la clarté de l’eau, les capacités de lanceur du pêcheur et son placement par rapport au vent. Lorsque l’on pêche en barque, le vent dans le dos, il ne faut pas hésiter à laisser le vent porter un long bas de ligne. Attention toutefois à la distance ménagée entre la première mouche de potence et la mouche de pointe. Car il faut être capable d’épuiser le poisson avec une canne de 10 pieds soit environ 3 mètres.
    Si l’on rencontre des difficultés pour étaler un train de trois mouches, soit du fait d’une technique encore hasardeuse, soit à cause d’un vent de face trop fort, il peut être utile de réduire radicalement la longueur de son bas de ligne en retirant une mouche et en ne réalisant donc qu’une potence. Avec des poissons éduqués il est souvent préférable de n’utiliser que deux mouches. Même si cette configuration limite les possibilités d’essais pour trouver un modèle de nymphe ou de chironome efficace, il vaut toujours mieux pêcher correctement avec un bas de ligne à deux mouches que de s’emmêler continuellement avec trois mouches.


    Le fil

    En “washing line”, il est préférable d’utiliser du fluorocarbone plutôt que du nylon car ce dernier coule naturellement et permet de placer rapidement les mouches au bon niveau. De plus, le fluorocarbone est moins visible sous l’eau, plus raide et moins sujet à s’emmêler. Il ne faut pas avoir peur de pêcher avec des diamètres relativement importants, car les touches sont souvent violentes et les casses peuvent devenir trop fréquentes si on pêche en deçà du 16 centièmes. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire, surtout si cette dernière possède peu d’élasticité, le bas de ligne devra être nettement plus fort qu’en soie flottante où il est possible de descendre en diamètre lorsque les conditions de pêche nous contraignent à affiner le montage.

    La technique

    La technique consiste à poser le bas de ligne le plus proprement possible, c’est-à-dire bien droit. Avec une soie flottante, il peut être nécessaires de réaliser une tirée sèche sur la soie après le posé, pour noyer le fil. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire le bas de ligne coule presque instantanément. Une fois les mouches posées, si ce dernier est bien tendu, il convient de ne rien faire d’autre qu’attendre. La touche d’un poisson attiré par l’impact des mouches sur l’eau, se produit souvent juste après le posé, une fois le bas de ligne coulé.
    Les jours où le plan d’eau est ridé par le vent, il faut laisser celui-ci tendre la soie sans autres animations. Il se forme alors une large boucle de soie qui tire doucement le train de mouches à proximité de la surface. Les poissons peuvent aussi bien s’emparer d’une des deux mouches coulées que de la mouche flottante, très efficace car accrochée à un brin de fluorocarbone noyé.
    Les jours de grand vent, on utilise une soie intermédiaire lente qui permet de propulser plus facilement le train de mouches et de se soustraire immédiatement à une dérive de surface trop rapide. La soie intermédiaire va progressivement couler, entraînant doucement les deux nymphes ou chironomes vers le bas. La technique est parfois redoutable. Il suffit de poser et d’attendre de se faire arracher la soie des doigts. Si cela n’est pas le cas, il faut la tricoter et attendre de nouveau. De cette façon, la mouche flottante de pointe coule et si elle est bien graissée ou montée avec de la mousse, remonte en surface comme un bouchon. Lorsqu’un poisson vient tourner autour de cette dernière sans la prendre, il peut être judicieux de réaliser un tricotage rapide pour la couler et l’animer juste sous la surface pour qu’elle lève une petite vague. Le poisson aura souvent du mal à résister à ce type d’animation et se piquera tout seul sur la mouche en mouvement.
    En “washing line”, la mouche de pointe flottante ne se contente pas de soutenir les nymphes, elle prend souvent du poisson du fait qu’elle est reliée à un bas de ligne coulé sous la surface qui ne laisse aucun trait disgracieux sur l’eau. Avec sa taille assez élevée, cette mouche attire de loin les poissons. S’ils la dédaignent, ils aperçoivent alors les nymphes idéalement placées. Il est courant d’enregistrer une touche violente sur les nymphes ou les chironomes après un marsouinage sans suite sous la mouche de pointe.
    L’intérêt de cette pêche réside dans la relative immobilité des mouches. Au cours de leur émergence qui se fait par paliers successifs, les chironomes, ont tendance à rester suspendus, immobiles, à un niveau donné. Ils ne se tortillent que ponctuellement et font de grandes poses. Les truites éduquées ne se font plus duper par des mouches trop mobiles qui font le yoyo sous la surface. Cette technique permet donc de les leurrer beaucoup plus facilement, même avec un fil de gros diamètre. La détection des touches se fait en observant le déplacement de la soie ou la coulée de la mouche flottante selon le sens dans lequel la truite a pris les mouches.
    A tout déplacement anormal de l’une ou de l’autre, il convient de répondre par un ferrage immédiat en relevant légèrement la canne tenue jusqu’alors horizontalement dans l’axe de la soie ou, lorsque la soie forme un ventre sur l’eau, en la déplaçant horizontalement dans le sens opposé à la dérive de la ligne.
    Très souvent la touche est violente et le poisson se prend tout seul en arrachant la soie des doigts du pêcheur. Le ferrage est alors superflu, car il induirait une casse quasi systématique.

    Les mouches

    La mouche de pointe doit être suffisamment flottante pour ne pas couler définitivement à la moindre tirée. Elle doit être capable de remonter comme un bouchon lorsqu’on l’a tirée sous l’eau. Outre Manche, le “washing line” est pratiqué le plus souvent avec un booby en pointe ou avec deux nymphes situées entre deux boobies, la pêche à quatre mouches étant courante en barque. Le booby, avec ses deux yeux en mousse, a la particularité de flotter particulièrement bien. Il peut être avantageusement remplacé par un alevin flottant plus discret mais néanmoins très visible. Pour des pêches plus discrètes et imitatives, si les poissons ne sont pas intéressés par un booby ou un alevin flottant, on peut utiliser une mouche en poils de cervidé que l’on graisse régulièrement. On choisira un modèle de mouche flottant bien, dont la taille sera adaptée à la taille du fil utilisé et des mouches suspendues sous la surface.
    Les mouches suspendues entre la soie et la mouche de pointe sont le plus souvent des chironomes ou des petites nymphes de types pheasant tail ou diawl bach.Si l’on souhaite que le montage se tende très vite, notamment quand on pêche en soie flottante, on utilise des chironomes lestés par une toute petite bille de laiton voire de tungstène ou un hameçon fort de fer. Je préfère opter pour un hameçon fin de fer lesté pour un meilleur piquant sur les touches discrètes.

  • De l’usage des soies intermédiaires

    De l’usage des soies intermédiaires

    La pêche à la mouche en eau dormante peut se pratiquer avec succès avec des soies flottantes, mais il serait dommage de n’utiliser que ces seules soies qui ne permettent pas toujours de pêcher efficacement. Les soies plongeantes permettent d’allonger les lancers les jours de vent, d’explorer différentes couches d’eau et surtout d’animer différemment les leurres. Parmi les soies plongeantes, on trouve les soies intermédiaires. Nous allons ici en détailler les principales caractéristiques et l’usage.

    Par Philippe Collet

    Les soies intermédiaires peuvent être transparentes (clear en anglais) ou de couleur. Il existe deux grands types de soies intermédiaires : les lentes et les rapides. Leur vitesse de plongée s’échelonne entre 1 cm/s pour les plus lentes et 5 cm/s pour les plus rapides. Les soies intermédiaires rapides sont le plus souvent transparentes alors que les plus lentes sont souvent opaques et de couleur, mais quelques exceptions confirment la règle. Les soies dites transparentes sont plutôt translucides et restent certainement visibles aux yeux des poissons même si elles sont généralement plus discrètes que des soies opaques. A qualités égales, je préfère une soie intermédiaire transparente, mais je n’attache pas trop d’importance à ce critère d’autant que certaines soies transparentes peuvent briller sous le soleil et devenir alors plus visibles. Dans mon choix d’une soie intermédiaire, je suis par exemple plus sensible à ses qualités de lanceuse ou à son absence de mémoire.


    L’âme des soies

    Les problèmes de soies tire-bouchonnées rencontrés il y a quelques années avec les soies intermédiaires transparentes semblent pour une bonne partie résolus. Les soies sont construites en enrobant de matière une âme qui, dans le cas des soies intermédiaires transparentes, est systématiquement constituée d’un seul brin de monofilament. Cette âme mal adaptée était à l’époque certainement responsable de la mémoire des soies transparentes. Pour les soies de couleur, le plus souvent des intermédiaires lentes, l’âme est essentiellement constituée de plusieurs brins tissés ce qui lui donne plus de souplesse et occasionne moins de mémoire.
    Les soies à âme tissée sont élastiques et amortissent mieux les coups de tête violents ou les touches brutales. Celles à âme monobrin sont généralement plus raides, ce qui permet une meilleure détection des touches et un meilleur ferrage avec un risque par contre accru de casse sur fil fin. La mémoire d’une soie est un défaut majeur lorsqu’on pratique une pêche lente car la soie se met en accordéon et l’on perd le contact avec ses mouches, ce qui empêche de détecter les touches discrètes. Cela n’est pas aussi gênant sur une animation rapide car la soie est toujours tendue et les touches souvent plus violentes.


    Les profils

    Les soies intermédiaires ont toutes des profils Weight Forward (WF littéralement poids à l’avant) classiques (ex : Cortland, Rio) ou triangulaires : Triangle taper (Lee Wulf ), Delta Taper (Airflo), R2T (Mouches de Charette). Le profil triangulaire est un profil WF qui s’affine vers l’avant, ce qui permet un meilleur transfert d’énergie et un poser plus délicat. Certaines soies intermédiaires sont des genres de shooting heads soudées à un running line fin, flottant ou intermédiaire, ce qui augmente nettement leurs capacités de lanceuses (ex : Airflo Forty Plus, Vision Extreme Distance). Le plus souvent la tête de ces dernières mesure moins de 10 mètres ce qui n’est pas toujours compatible avec un poser de qualité pour les pêches nécessitant de la discrétion. Ces soies permettent par contre des lancers longs avec peu de faux lancers. Dans cette catégorie, une soie émerge du lot avec un fuseau plus long et un running line de la même qualité que la soie, il s’agit de la soie réservoir de chez Partridge. Elle permet un très bon compromis dis-tance de lancer/présentation et n’a que très peu de mémoire (ce qui est dû probablement à son âme tissée). L’ayant encore peu utilisée, je n’ai pas testé sa longévité.


    Les taille des soies

    Les tailles de soies les plus courantes s’échelonnent de 5 à 8. On peut parfois descendre à une soie de 5 pour des pêches discrètes (en lac de montagne par exemple), mais on démarre le plus souvent à 6 pour les pêches fines en plan d’eau (train de noyées ou de chironomes, pêches légères au streamer). Pour les pêches plus classiques : train de streamers lestés ou non, pouic, Booby décollé du fond… ou pour des pêches en train de noyées les jours de vent, on optera pour une soie de 7 ou 8. Le tout étant de trouver un bon compromis canne/soie/bas de ligne pour une pêche confortable et efficace. Les soies de 9 et 10 sont réservées à la pêche du brochet ou des poissons marins de nos côtes (le bar notamment), la densité des soies intermédiaires permettant de propulser des mouches volumineuses, de faire face au vent et de prospecter discrètement des couches d’eau moyennes sans s’accrocher au fond.

    Les avantages d’une soie intermédiaire

    Les soies intermédiaires permettent, par leur densité, supérieure à celle d’une soie flottante, de mieux percer le vent et ainsi de lancer plus loin. En descendant sous la surface et en entraînant le bas de ligne avec elles, elles ne créent pas le prisme formé par les soies ou les bas de ligne flottant en surface exposés au soleil.


    Une animation horizontale

    Quelles que soient les soies intermédiaires, elles coulent jusqu’au fond si on les laisse inertes. Pour trouver la bonne profondeur de pêche avec de telles soies, il convient tout d’abord d’animer dès le contact avec l’eau. Si le résultat est nul, on compte quelques secondes après le poser suivant avant de déclencher son animation, puis on allonge le décompte au fur et à mesure des lancers, tant que l’on n’a pas enregistré une première touche.
    Si les poissons sont vraiment bas sous la surface et que leur pêche nécessite une attente importante, il est préférable de changer de soie, en optant pour une plus dense. Lorsqu’on ramène la soie, elle continue à couler mais finit par se stabiliser à une certaine profondeur qui dépend de sa densité et de la vitesse d’animation. Aussi, pour bien utiliser une soie intermédiaire, il convient de la lancer suffisamment loin pour la stabiliser assez longtemps dans la bonne couche d’eau. On anime alors ses leurres dans un plan horizontal, ce qui est impossible à réaliser avec une soie flottante (sauf en surface).


    Intérêt des intermédiaires lentes

    Les soies intermédiaires lentes permettent, les jours de vent, de soustraire la ligne à une dérive de surface incontrôlable. Elles peuvent être utilisées pour des pêchesrapides dans les vagues par exemple mais aussi pour des pêches beaucoup plus lentes, par temps calme, lorsque les mouches doivent évoluer doucement juste sous la surface. Avec ces soies, on peut animer à faible profondeur un train de mouches noyées ou de chironomes, pêcher avec un ou deux streamers peu lestés. Leur profondeur de pêche s’échelonne entre 10 cm et 1 m.


    Intérêt des intermédiaires rapides

    Les soies intermédiaires rapides permettent de pêcher plus profond, jusqu’à environ 2 mètres et d’atteindre vite la bonne profondeur pour s’y tenir plus longtemps. Les compétiteurs en réservoir utilisent un panel important de soies intermédiaires pour régler au mieux leur profondeur de pêche. Lorsque les poissons se tiennent dans une couche d’eau précise (zone de confort ou de nourrissage), ce qui est fréquent sur les plans d’eau suffisamment profonds, une soie intermédiaire rapide permet de les pêcher efficacement en comptant le temps d’immersion nécessaire. Si l’on souhaite pêcher plus profond sans perdre trop de temps à attendre la descente au bon niveau, on optera pour une soie plongeante plus rapide de type S2 (sinking ou coulante 2) à S8.

    Les bas de ligne

    Pour pêcher avec ces soies, les bas de ligne sont le plus souvent très simples. En soie intermédiaire rapide un brin de nylon est noué directement dans la boucle de connexion. Si l’on souhaite présenter plusieurs mouches, on peut démarrer avec un diamètre supérieur d’un maximum de 5/100 au brin suivant mais ce n’est pas une obligation, il est possible de garder le même diamètre. On privilégie le fluorocarbone qui, grâce à sa densité, suit mieux l’immersion de la soie que le nylon. Sa raideur permet de bien présenter les mouches avec moins de risques d’emmêler des potences. Le bas de ligne est relativement court (sauf eaux très claires) pour suivre vite la soie et ne pas rester en surface. On n’hésite pas à pêcher avec un fil suffisamment solide car une soie immergée et dense a beaucoup plus d’inertie qu’une soie flottante. Exemple de bas de ligne à 1 streamer : 1 m 50 à 2 m de fluorocarbone en 25 à 18/100. Exemple de bas de ligne à 2 streamers : 1 m de fluorocarbone et potence de 20 cm en 25/100, 1 m 50 en 20/100 avant le mouche de pointe. Pour les pêches plus fines avec des soies intermédiaires lentes on peut intercaler un porte-pointe dégressif de 1 à 2 mètres en nylon non graissé (amortisseur) entre la soie et la pointe et descendre en diamètre de fil pour la pointe jusqu’au 18 ou 16/100.

    L’utilisation des soies intermédiaires

    L’usage des soies intermédiaires est a priori venu de la compétition en réservoir outre-Manche. Celles-ci occupent en effet une large place dans l’équipement des compétiteurs qui privilégient tel ou tel type de soie dans telle ou telle taille selon la pêche pratiquée et les conditions. Quelques exemples d’utilisation personnelle : soie intermédiaire rapide Airflo Delta ou Rio Aqualux pour propulser et animer un train de deux streamers en conditions normales, soie Airflo Forty Plus ou vision Extreme Distance si les berges du plan d’eau offrent peu de recul ou si le poisson est vraiment loin du bord, soies intermédiaires lentes Airflo Delta, ou Triangle Taper Lee Wulf (verte) pour une animation très lente d’un streamer non lesté, soie Partridge Mid Water pour propulser un pouic à grande distance et l’animer subtilement, soie Triangle Taper Lee Wulf (verte), Airflo Delta lente ou Cortland 444 SL légère pour pêcher avec un train de noyées ou de chironomes, etc. Chaque soie a ses points forts et on finit par connaître les qualités de chacune, ce qui permet d’effectuer le choix nous paraissant le plus judicieux avant une partie de pêche.
    Pour autant, si vous n’êtes pas un spécialiste de la pêche en réservoir, ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas besoin de dix soies pour faire face à vos situations de pêche habituelles. Une ou deux soies intermédiaires peuvent largement couvrir vos besoins. Tout dépend des pêches que vous pratiquez et des plans d’eau que vous fréquentez. Pour réaliser votre choix de soie (modèle, taille…) inspirez vous de cet article, trouvez un détaillant compétent et demandez lui conseil, essayez les soies des copains sur vos cannes et n’hésitez pas non plus à vous renseigner auprès des pêcheurs que vous verrez réussir sur les berges de vos plans d’eau favoris.

  • La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer selon Sébastien Allatissière

    La pêche au streamer n’est pas forcément une technique aussi mécanique et rébarbative que l’on veut bien le croire ou le dire. Elle peut paraître simpliste lorsqu’elle est pratiquée au petit bonheur la chance sur des poissons frais, mais devient intéressante et gratifiante lorsqu’elle est pratiquée, avec méthode et intuition, sur des poissons relativement éduqués. Sébastien Allatissière, le maître incontesté de la pêche au streamer en réservoir, va nous révéler l’essentiel de sa technique au fil de cet article. Vous y trouverez nombre des trucs qui lui ont permis et lui permettent encore de si souvent réussir en compétition.

    Par Philippe Collet


    La distance de lancer

    Tous ceux qui se sont frottés à Sébastien en compétition savent qu’il ne pêche pas dans le même plan d’eau que les autres. Il pose ses mouches régulièrement à très grande distance (au-delà de 35 mètres, parfois tout près de 40 mètres) et réalise quasi systématiquement des posés de qualité, bien en ligne. Il sollicite ainsi des poissons moins vigilants car se sentant en sécurité, hors d’atteinte. Il ne s’embarrasse alors pas à essayer de leurrer des poissons visibles en bordure. Il les intéressera à un moment ou un autre en ramenant ses mouches vers la berge.
    Le lancer à distance permet un gain d’efficacité considérable dans l’action de pêche. Les mouches non seulement pêchent plus loin, mais aussi beaucoup plus longtemps une fois en place, c’est-à-dire une fois arrivées à la bonne profondeur, bien en ligne avec la soie. Alors qu’un pêcheur moyen va pêcher efficacement sur environ 20-25 mètres, Sébastien le fera sur au moins 30-35 mètres, soit environ un tiers de plus, ce qui va lui permettre la mise en oeuvre efficace d’animations spécifiques. En posant ses mouches bien en ligne, Sébastien peut détecter la touche instinctive d’un poisson surpris par l’arrivée du leurre sur son territoire. Les posés en paquet, à grande distance, qui sont souvent l’apanage des soies de type shooting mal utilisées, ne permettent pas ces prises. Le poisson est le plus souvent affolé par la soie proche de la mouche. Si toutefois il s’empare de cette dernière, il peut la gober et la recracher plusieurs fois avant que le pêcheur n’ait résorbé les 3 ou 4 mètres de soie nécessaires à la prise de contact.

    Une couverture en éventail

    Sébastien veille à pêcher chaque poste en éventail. Si la configuration de l’arrière du poste le permet, il modifie son angle d’attaque à chaque lancer. Il se déplace aussi latéralement. Cela permet d’aborder les poissons différemment et d’éviter de matraquer systématiquement la même zone. La distance de lancer évoquée précédemment contribue aussi à augmenter l’intervalle entre les posés et à moins effaroucher les poissons.

    Ne pas hésiter à changer d’animation, de mouches, de soie

    Un autre secret de la réussite de Sébastien réside dans le changement régulier de mouches, de densité de soie et d’animation. Au moins, tant qu’il n’a pas trouvé une technique dont l’efficacité est flagrante. J’ai eu l’occasion de pêcher à côté de lui en compétition. Alors qu’il venait de prendre des poissons avec une technique, il rembobinait tranquillement sa soie, raccrochait sa mouche et changeait de canne, donc de densité de soie et de style de streamers. Il anticipait en fait l’accoutumance des poissons situés devant lui, en leur proposant autre chose, avant même d’enregistrer un ralentissement dans leur réaction. Pour ma part, je cherchais désespérément ce qui pouvait fonctionner et me serais volontiers cantonné à reproduire une technique efficace ! Tentant de copier ce qu’il faisait : mêmes soies, mêmes couleurs, je me suis vite retrouvé totalement déboussolé. N’essayez pas de “prendre” Sébastien au streamer, il est quasiment impossible de le suivre à cette technique. Il a déstabilisé plus d’un de ses voisins en compétition. Si vous pêchez pour le plaisir, pensez à changer régulièrement de poste pour solliciter des poissons “neufs”, alternez les animations, vous pourrez ensuite vous tourner vers un changement de mouches, puis de soie, jusqu’à trouver une technique qui vous permet d’enchaîner les prises de façon régulière. La journée passant, avec ses conditions météorologiques parfois changeantes, vous aurez intérêt à remettre votre technique en cause régulièrement pour continuer à toucher des poissons.

    Le matériel

    Pour cette pêche, Sébastien utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 7 ou de 8, des Loomis GLX 2 brins traditionnelles. Il ne s’embête pas avec les moulinets et se sert toujours de ses vieux Dragonfly Cartridge 395. Ses soies préférées sont les intermédiaires Partridge Réservoir en taille 7, les soies Airflo intermédiaires rapides et S3 (coulante de 3) traditionnelles Delta Polyfuse en 7, une S 6 Cortland s’apparentant plus à une S 4 ou une S 5 qu’il affectionne pour son placement rectiligne sous l’eau (pas de ventre). Sébastien pêche aussi au streamer en soie flottante avec une soie Cortland 444 SL en WF 7. Il utilise du fil fluorocarbone Falcon en 21,5, 19,8, 17,7 ou 15,9 centièmes. Les petits diamètres sont réservés à la pêche en soie flottante. Pour la pêche en soies plongeante ou intermédiaire,Sébastien noue ses mouches le plus souvent sur un 21,5. Il peut être amené à réduire à un 19,8 si l’eau est claire ou pour améliorer la nage de ses streamers si les poissons sont un peu trop regardants. Quand les poissons sont difficiles, la pêche en soie flottante permet à Sébastien de placer ses mouches au même niveau qu’avec une soie intermédiaire, mais de ralentir considérablement son animation. A ce moment-là, il doit réduire le diamètre du fil utilisé car l’animation lente laisse plus de temps au poisson pour observer le montage. Il peut pêcher plus fin car la soie flottante oppose moins d’inertie à la touche et l’animation plus douce occasionne moins de risques de casse.


    Les bas de ligne

    Le bas de ligne est raccordé directement à la boucle de la soie réalisée en nylon de 40 centièmes (montage détaillé dans le n° 64 de Pêches sportives). Sébastien réalise ses potences avec des noeuds de pendu à 4 et 4 tours ou, si le fil est fin, 4 et 5 tours pour le brin le plus fin. La potence est toujours réalisée avec le brin qui remonte vers la soie. Pour la pêche avec des soies plongeantes ou intermédiaires, il utilise le plus souvent du fluorocarbone de 21,5 centièmes et en noue de 1,80 m à 2 mètres, de la soie à la première mouche. Il espace ensuite les deux mouches de 2,20 m. Les potences mesurent de 15 à 25 cm. Elles font en fait 25 cm au départ de la partie de pêche et réduisent progressivement en taille au fur et à mesure des changements de streamers. Pour la pêche en soie flottante, les longueurs sont identiques, mais les diamètres de fil sont plus faibles : 19,8 entre la soie et la première mouche, 17,7 ou 15,9 entre les deux mouches. Sébastien peut aussi n’utiliser qu’un seul streamer, notamment lorsque l’eau est très claire. Il allonge alors son bas de ligne pour placer la mouche à environ 4 mètres de la soie.
  • Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Bien connu dans le monde des compétiteurs mouche autant pour ses résultats que pour son petit magasin de pêche bien achalandé, Joël Ruff est un personnage sympathique et attachant. Dès qu’il le peut, il est au bord de l’eau une canne à la main, souvent accompagné de sa femme Martine, tout aussi charmante, qui partage sa passion. J’ai profité d’une partie de pêche avec eux au réservoir de la Moselotte (un de leurs plans d’eau favoris) pour lui demander de nous expliquer la technique de pêche aux chironomes au fil qu’il pratique avec beaucoup de talent.

    Par Philippe Collet

    La technique fine de la pêche au chironome au fil est surtout efficace dans les réservoirs aux eaux claires, les jours sans vent. Joël la pratique d’autant plus volontiers que l’eau est lisse. Si le vent se lève et que les poissons chipotent toujours, il pêche au bouchon, car la détection des touches devient impossible au fil.


    Le matériel

    Pour cette pêche, il utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 5 ou 6 (des G. Loomis GLX classiques) et des soies flottantes. Ses soies favorites sont la Partridge Réservoir et la Snowbee XS. Lorsque le vent est de la partie, comme lors de notre journée de pêche, il utilise la canne de 6, équipée de la soie Snowbee XS de 6 de couleur rose pale. Si le temps est plus calme et lorsque l’eau est lisse, il lui préfère la canne de 5 avec une soie Partridge de 5, facile à reconnaître à sa couleur orange fluorescent. Ces deux soies ont un grand fuseau et autorisent de longs lancers, et elles on un autre atout très important : leur faible mémoire.
    Ainsi, elles ne se rétractent que très peu après le posé, permettant un contact plus subtil avec le train de mouches. Le phénomène de mémoire est encore plus marqué en période froide, la matière des soies perdant de sa souplesse. Les deux soies ont des âmes tissées, toujours plus souples que les âmes en monofilament.
    La soie Partridge au fuseau très long se lance très loin, mais demande une bonne technique pour en tirer le maximum. Elle permet un excellent turn over du train de mouches, mais n’est certainement pas la plus facile à utiliser pour un débutant. Joël apprécie aussi la JMC Symbol R2T (sa préférée en rivière pour sa délicatesse) ou la JMC Distance WFX, qui ont les mêmes qualités que les soies précédemment décrites pour la pêche qui nous intéresse ici.


    La pêche au fil

    La technique consiste à lancer un train de deux ou trois chironomes, en veillant à les poser bien en ligne et à surveiller le point d’immersion du bas de ligne. Il est primordial de poser correctement pour ne pas ensuite pêcher de longues minutes pour rien, avec une pointe emmêlée. Si le vent est gênant, Joël réduit son bas de ligne à deux mouches. Si vous débutez, n’utilisez qu’une mouche, vous perdrez moins de temps en démêlages et réparations.
    Il est toujours plus important de bien poser que de pêcher loin. Atteindre de grandes distances est souvent important en compétition, lorsque les poissons sont rapidement repoussés au large par les assauts des pêcheurs. Cela tend à nous faire oublier que la zone la plus nourricière et attractive pour un poisson dans un plan d’eau est souvent la proximité de la berge.
    Une approche discrète est importante, même si nous n’avons pas affaire à des poissons sauvages. Les truites en réservoir sont peu effarouchées par l’arrivée pataude d’un pêcheur ou par une soie frappant l’eau sur des faux lancers maladroits. Elles resteront le plus souvent sur place ou reviendront rapidement, mais n’en seront par moins alertées. Si elles ont déjà été prises et relâchées, elles seront beaucoup plus vigilantes et difficiles à leurrer après une mauvaise approche, alors qu’on aurait pu les surprendre autrement. Il vaut donc toujours mieux lancer à courte distance après une approche discrète que s’évertuer à lancer loin, qui plus est, en tapant l’eau. De plus, la détection des touches au fil est beaucoup plus facile et reposante à courte distance qu’à plus de 25 mètres.
    Pour pratiquer correctement cette technique, il faut graisser le bas de ligne et surveiller son point d’immersion.
    L’animation est quasi inexistante, même s’il est possible de réaliser une ou deux longues tirées lentes par ramené pour remonter le train de mouches d’un coup dans la couche d’eau. La technique consiste à maintenir les mouches à la bonne profondeur de pêche, en résorbant la dérive de la soie, par un tricotage très lent. La soie maintenue bien en ligne permet la transmission rapide du ferrage. La pêche au fil est vraiment efficace sur une eau lisse ou peu perturbée, ce qui est très intéressant car ces conditions de pêche sont souvent les plus déroutantes et difficiles en réservoir.

    Le bas de ligne

    La profondeur de pêche est conditionnée par la longueur de bas de ligne graissé. Ce dernier a donc une importance toute particulière. Il est largement inspiré d’un modèle montré à Joël par Pascal Cognard, au réservoir de Trept, il ya près de dix ans. Réalisé en Kamoufil pour sa souplesse et son élasticité, le bas de ligne de Joël est bâti de la façon suivante : 90 cm de 45 centièmes, 60 cm de 35, 30 cm de 30, 10 cm de 25, 30 cm de 22. Il rajoute ensuite du fluorocarbone (le sien, du Passion Pêche conditionné en bobines bon marché de 100 mètres) : 40 cm de 18 centièmes, 50 cm de 16 puis un brin de 50 cm de 14 centièmes au bout duquel il noue un dernier brin de 14 centièmes en laissant une potence d’environ 15 cm (une fois la mouche nouée). La distance entre les deux mouches est réglée à environ 1,20 m. Lorsqu’il pêche à trois mouches, la construction du bas de ligne est la même jusqu’aux 50 cm de 14 centièmes, la première mouche étant séparée de la seconde par environ 70 cm, et la deuxième de la dernière (en pointe) de 1 mètre. La distance entre la soie et la mouche de pointe est donc de 4,80 m à deux mouches ou 5,30 m à trois mouches. Joël utilise toujours le même bas de ligne, dont il peut moduler la pointe de plus ou moins un mètre selon les conditions. Il allonge l’écartement entre les mouches si les poissons sont difficiles à localiser, pour couvrir une grande épaisseur d’eau. Il réduit l’écart entre les mouches si les truites se nourrissent dans une couche d’eau précise. Le réglage de la profondeur est ensuite lié au poids des mouches.
    Ce bas de ligne à noeuds peut être remplacé par un bas de ligne dégressif monobrin en queue de rat de 3,70 m se terminant en 18 centièmes (bas de ligne Monoleader de la marque Airflo, par exemple). Ce type de bas de ligne a la préférence de l’épouse de Joël, qui pratique avec beaucoup de patience et de dextérité toutes les pêches fines en réservoir. Elle réalise ensuite ses pointes de la même façon que son mari. Joël préfère le bas de ligne à noeuds, justement parce que ceux-ci retiennent la graisse et flottent mieux, formant autant de petits indicateurs plus difficiles à couler que le fil lui-même. Les problèmes d’emmêlement de ce type de bas de ligne, que l’on a facilement tendance à attribuer aux noeuds, sont plus dus à une mauvaise technique de lancer qu’aux noeuds eux-mêmes. Pour cette pêche, Joël ne monte pas au-dessus du 14 centièmes, il peut par contre descendre en dessous si cela s’avère nécessaire. Si le nombre de petites touches sans suite est trop important, il descend d’un cran en diamètre de fil et essaie le 12 puis éventuellement le 10 centièmes, lorsque les poissons sont devenus très difficiles. Dans ce dernier cas, il ne place plus que deux imitations sur son bas de ligne et veille à rester bien concentré pour ne pas se faire dépouiller de son train de mouches à la première touche. En règle générale, la finesse du fil est aussi liée à la taille des mouches. Des chironomes sur hameçon de 16 ou 18 ne peuvent pas être bien présentés sur un fil trop gros.


    Graissage et dégraissage

    Lorsqu’il débute la pêche, Joël commence par observer le comportement des poissons. Si ces derniers sont visibles et proches de la surface, il graisse son bas de ligne jusqu’à la portion de 22 centièmes, pour présenter les mouches dans la couche de surface. Il peut, a contrario, ne graisser que la portion de 45 centièmes pour aller les chercher en profondeur. Les conditions évoluant en cours de pêche, il est amené à graisser ou dégraisser son bas de ligne assez régulièrement. Le graissage s’effectue avec une graisse silicone. Les meilleures qu’il ait trouvées sont proposées par des marques allemandes, Dam et Balzer, pour faire flotter des fils de pêche des carnassiers au vif. Un film, même très discret, de cette graisse assure une bonne flottaison du bas de ligne.
    La faible épaisseur de silicone nécessaire permet de ne pas avoir un bas de ligne chargé et poisseux qui risque, à la moindre petite défaillance dans le lancer, de coller la pointe portant le mouche. Cette dernière doit, au contraire, couler au plus vite. Lorsqu’il veut dégraisser son bas de ligne pour laisser ses mouches travailler plus profondément, Joël utilise sa salive et un morceau de mouchoir en papier dans lequel il le passe plusieurs fois. Le dégraissage de la pointe peut aussi être nécessaire pour que les chironomes soient tout de suite pêchants. Cette dernière, réalisée en fluorocarbone, naturellement plus dense que le nylon, coule cependant assez facilement, surtout avec des chironomes lestés d’une bille. Joël dégraisse ses bas de ligne, surtout lorsqu’il pêche en sèche et aussi lorsqu’il utilise des chironomes légers, avec une pâte qu’il a dénichée au Royaume-Uni, de la pâte Sparton fabriquée par Steve Parton, un compétiteur anglais reconnu.
    Dans les plans d’eau clairs et propres, faire couler les fils est plus difficile que dans les plans d’eau troubles et sales. C’est une question de différence de tension superficielle de l’eau. Il en va de même en rivière. Plus la rivière est impactée, plus les insectes aquatiques ont du mal à réussir leur émergence et plus vous devez, à l’inverse, regraisser souvent votre bas de ligne. J’ai le souvenir de m’être arraché les cheveux, lors d’une compétition sur les eaux claires du lac de la Moselotte, à essayer de couler une pointe fine avec une pâte dégraissante pourtant de bonne qualité, qui n’avait quasiment aucun effet. Joël a apparemment trouvé la perle rare.

    La pêche au bouchon

    Lorsqu’il pêche au bouchon, Joël utilise le bas de ligne décrit précédemment, mais s’arrête au fluorocarbone en 18 centièmes auquel il noue la mouche bouchon décrite plus loin. Il noue ensuite, directement dans l’oeillet de cette mouche, un brin de 14 centièmes qui va porter une ou deux mouches. Le choix de placer deux mouches sous le bouchon est toujours dicté par les conditions de vent et la direction de ce dernier. Il est toujours possible de lancer trois mouches le vent dans le dos, c’est plus difficile lorsqu’il vient de face ou de travers. La distance entre les mouches sous le bouchon est d’environ 1,2 à 1,4 m, rarement plus et en tout cas pas plus que la longueur de la canne, pour éviter d’accrocher la mouche du haut dans l’anneau de tête de la canne au moment d’épuiser le poisson.
    Dans la pêche au bouchon, le réglage de la profondeur de pêche se fait en rallongeant ou en raccourcissant le bas de ligne. Ce qui n’est pas des plus pratiques. Joël s’est mis à cette technique pour la compétition, mais il ne l’apprécie guère. Si elle permet, lorsque la surface est agitée, de prendre au chironome des poissons qui n’auraient pas été pêchables au fil, les touches devenant indétectables, elle occasionne de nombreux ratés au ferrage, probablement liés à la présentation verticale des mouches et à l’angle droit formé entre la pointe immergée et le bas de ligne posé sur l’eau. Dans la pêche au fil, la partie noyée du bas de ligne et sa pointe pêchent en oblique. Le poids des mouches et la vitesse de récupération conditionnent l’ouverture de l’angle. Le contact est beaucoup plus direct et les ratés moins nombreux.

    La détection des touches et le ferrage

    On comprendra aisément que plus les mouches pêchent profond, plus l’angle entre la soie et la partie immergée du bas de ligne se ferme, nécessitant ou plutôt autorisant un ferrage appuyé. A contrario, plus on pêche à proximité de la surface, plus l’angle s’ouvre et les mouches se placent en ligne par rapport à la soie. Dans ce cas, ferrer sèchement conduit systématiquement à la casse. En pêche au fil, il convient de résorber la soie détendue en tricotant du bout des doigts, scion pointé vers l’eau, sans jamais bloquer la soie, ce qui aurait pour effet de casser à chaque touche marquée. Si l’on pêche près de la surface, on incline en plus la canne d’environ 30° sur le côté pour permettre un amorti en cas de touche violente. Pour ces touches le ferrage est inutile, il faut seulement relever la canne en gardant contact avec le poisson qui s’est ferré tout seul.
    Dans cette pêche, de nombreuses touches sont toutefois subtiles et indécelables sur la soie. Elles sont détectées en observant le bas de ligne graissé. Une vibration du fil, une soudaine coulée, un déplacement latéral doivent être sanctionnés d’un ferrage ample et souple vers le haut. Ce ferrage doit être d’autant plus doux que le train de mouches évolue près de la surface. Cette technique est productive, mais elle demande d’être très attentif et concentré si vous ne voulez pas passer à côté de nombreuses touches ou casser régulièrement sur les poissons s’emparant vivement d’une de vos imitations.
    La technique de la pêche au chironome au fil, qui trouve toute son efficacité sur un plan d’eau lisse, peut encore être pratiquée dans les petites risées avec parfois plus de succès que la pêche au bouchon. On n’arrive alors plus à suivre le bas de ligne des yeux, mais on surveille la pointe de la soie. On passe probablement à côté de certaines touches, mais dans ces conditions de pêche (vent, surface ridée…) les poissons mordent tout de même plus franchement.
  • Canne à mouche Mini Mag TFO

    Canne à mouche Mini Mag TFO

    La canne Mini Mag ou Mini Magnum de la marque Temple Fork Outfitters (TFO) signée Lefty Kreh, est une canne à mouche destinée à la pêche des poissons marins de nos côtes, à la pêche du brochet et aux pêches exotiques légères. Cette canne est bâtie sur un blank de la série Bluewater, la gamme exotique de la marque TFO, ce qui est un gage de qualité et de fiabilité.

    Les éléments qui composent cette canne sont en composite de fibre de verre et de carbone IM6 à la très belle couleur bleu profond marbré. La canne est montée avec trois anneaux de départ surdimensionnés et 6 anneaux serpentiformes avant l’anneau de tête de scion. Sa poignée liège, au porte moulinet solide, est prolongée d’un petit talon de combat assez large. La canne est livrée dans un étui de toile compartimenté. Elle mesure 8 pieds, en 3 brins égaux, ce qui lui confère un encombrement réduit de 84 cm. Elle peut être chargée avec une soie allant du numéro 8 au numéro 10 (elle est donnée pour des soies de 300 à 400 grains). Avec Martin Claeyssens, passionné de pêche du bar à la mouche, nous l’avons essayée, chargée avec une soie plongeante Airflo Forty Plus Cold Salt Water Sinking 7 (plongeant à 7 inch ou 18 cm par seconde) de numéro 10 prolongée d’une mouche volumineuse. A la prise en main, la Mini Mag parait très raide. On a l’impression de tenir une trique qui s’apparente plus à une canne à lancer d’action rapide qu’à une canne à mouche. Cette sensation est en fait liée à la petite taille de la canne qui offre très peu de balan. On est par contre surpris par sa légèreté et son équilibre. Dés les premiers lancers tout change. Une fois la canne chargée, on est bluffé par son confort et ses performances.

    Cette canne est une shooteuse. Il convient de la charger avec une soie au fuseau assez ramassé et de shooter dés que ce fuseau sort de l’anneau de tête. Deux faux lancers suffisent le plus souvent pour bander le nerf de cette canne et propulser une mouche volumineuse à grande distance. Sur une partie de pêche, on économise ainsi énormément de faux lancers et d’énergie et la mouche pêche beaucoup plus longtemps. Cette canne permet de pêcher aussi bien avec des soies flottantes qu’avec des soies très denses, pendant de longues heures, sans fatigue. Les soies devront toutefois posséder des fuseaux volumineux pour charger rapidement la Mini Mag. Du point de vue du combat, nous n’avons eu affaire qu’à des bars de taille modeste, mais cette canne possède une grande réserve de puissance dans le talon. Elle permet de réduire la durée des combats et d’extirper en force les beaux poissons des endroits délicats. Pour les pêcheurs en kayak ou en float-tube, sa petite taille permet d’attraper beaucoup plus facilement le poisson ou le bas de ligne.

    Cette canne est distribuée par TOF Fly Fishing E-mail : [email protected]