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Étiquette : Achille Gan

Les problèmes de décompression des captures faites en profondeur
Les poissons possèdent une vessie qui sert de stabilisateur hydrostatique. Elle permet d’ajuster leur flottabilité, tout comme les ballasts d’un sous-marin. Cependant, à la différences des physostomes (brochets, carpes), cette vessie gazeuse, faussement appelée « natatoire », n’est pas reliée à l’œsophage chez les poissons physoclistes (sandres, perches, black-bass). Par conséquent, ils ne peuvent pas évacuer le surplus de gaz contenu dans cette vessie par la bouche pour changer rapidement leur profondeur de nage et leur pression interne. Ils possèdent en revanche une glande spécialisée qui s’occupe de réguler les gaz mais dont l’action, on le devine, est très lente. A 10 mètres de fond, la pression sur un de ces poisons est deux fois plus grande que sur la surface et elle s’accroît avec la profondeur. Quand des poissons physoclistes sont apportés à la surface d’une profondeur de 10 mètres, le volume de gaz de la vessie augmente rapidement, doublant en volume et faisant pression grave sur les organes internes. En arrivant à la surface depuis une vingtaine de mètres, le changement de pression est si grand que la vessie sort parfois par la bouche, les yeux sont exorbités et des bulles de gaz peuvent se former dans les vaisseaux sanguins et les branchies. On estime que la mortalitéa sur des captures réalisées à 20 mètres peut dépasser 50 %.
L’utilisation d’une aiguille de seringue pour rééquilibrer des poissons en perçant leur vessie gazeuse est-elle recommandable ?
Non ! Car si cela apporte une possibilité au poisson de regagner les profondeurs en évitant l’effet « flotteur », nombre d’entre eux finissent par mourir quelques jours plus tard suite au stress de la manipulation, à des infections ou à des lésions faites sur d’autres organes lors de l’insertion de l’aiguille. Ce n’est pas parce qu’un poisson repart en nageant vers le fond qu’il survivra.
Faut-il remonter lentement ou rapidement un poisson ferré en profondeur ?
Rapidement ! Contrairement aux idées reçues, le fait de remonter un poisson de manière lente jusqu’à la surface ne lui donne pas le temps de faire sa balance gazeuse corporelle. Il lui faut en réalité de vingt à trente minutes pour équilibrer sa pression interne s’il a été pris à 10 mètres. Faire traîner le combat signifie aussi plus d’acide lactique dans les tissus, plus de stress… donc moins de chances de survie. Les tissus et les muscles qui entourent la vessie gazeuse sont capables d’empêcher son hypertrophie pendant cinq minutes environ. Il ne faut donc pas s’éterniser, l’idéal étant de redescendre rapidement les poissons capturés à la profondeur où ils se trouvaient.

Carnassiers : l’hiver saison morte ? pas si sûr !
Eaux claires, températures glaciales, rien n’encourage le pêcheur aux leurres à aller au bord de l’eau tant l’activité des carnassiers semble ralentie. Pourtant, quelques bonnes surprises nous y attendent, à condition d’arriver à analyser les différences notoires de comportement, comparé à la pêche pratiquée durant le reste de l’année.
Par Achille Gan
Avouons-le, l’hiver n’est tout de même pas la meilleure saison de l’année pour pêcher aux leurres. Les bass à grande bouche semblent avoir disparu et le brochet, la perche et le sandre, qui sont plus mordeurs, restent difficiles à décider. On le sait, les pêches aux appâts naturels à poste fixe sont généralement plus efficaces face à des poissons peu mobiles, au métabolisme quasi léthargique. Cependant, pour qui est observateur et curieux d’infirmer des idées et des concepts largement répandus depuis des lustres, il peut être intéressant de forcer ses habitudes. L’obstination et un choix tactique judicieux pourraient bien se solder par un de vos plus gros poissons de l’année.
Orienter sa recherche
La météo et la température de l’eau des sites sont importantes et elle orienteront vos choix. La partie méridionale de la France est privilégiée car elle offre de réelles possibilités de pêche aux leurres durant ces mois hivernaux (pendant la fermeture du brochet, seulement dans les eaux échappant à la loi pêche, bien entendu). Même si cela ne représente que quelques jours par-ci par-là, c’est toujours bon à prendre ! Au nord de la Loire, l’apathie des bass et leur densité moindre prédéterminent les poissons recherchés vers les percidés et notre esocidé « national ». Après le chamboulement naturel des couches d’eau appelé turn-over, on a assisté à une période où les poissons ont été sont désorientés et assez difficilement accessibles. L’hiver est maintenant bien installé et, de janvier à mi-mars, il faut surveiller attentivement l’arrivée de périodes stables et ensoleillées pour ressortir le matériel en profitant des heures les plus chaudes de la journée. C’est dans les petites pièces d’eau (étangs, lacs, reculs) qu’il faudra vous diriger en priorité. A moins d’en avoir une bonne connaissance, les grands lacs (naturels ou de barrage) rendent la localisation longue et hasardeuse pour de si courtes journées. Nous le savons tous, le black-bass à grande bouche est un poisson dont l’optimum thermique, autrement dit sa zone de confort concernant la température de l’eau, se situe plutôt au-dessus de 20 °C que des températures à un chiffre que nous rencontrerons la plupart du temps ! On dit habituellement que sous la barre des 10 °C le bass entre dans une sorte de léthargie et cesse de s’alimenter. Si cela a été scientifiquement démontré, profitons du fait qu’il est capable de ressentir des différences de températures de l’ordre de un demi-degré et qu’il est bien adapté au climat hexagonal. Il se remettra en activité alimentaire de temps en temps, à l’occasion d’un réchauffement régulier de certaines zones d’un site.
Le brochet, le sandre et les perches maintiennent une activité élevée un peu plus longtemps durant la saison froide, mais on remarquera que les variations de pression atmosphérique et les mouvements d’eau qui y sont souvent associés (coloration, hausse du débit) se révèlent capitaux pour déclencher des périodes plus fastes, dont il faudra profiter. Les rives Nord et Est sont celles qui sont les plus exposées au soleil, il y a donc de grandes chances qu’elles soient encore pourvues de proies (écrevisses, poissonnets) que les carnassiers ne manqueront pas de venir rechercher. Une zone refuge, souvent profonde de plus de 5 m, donnant accès à un plateau littoral placé sur ces rives, constitue à coup sûr un fameux spot ! Repérez la première cassure, ou la seconde en cas de grandes profondeurs, et exploitez la zone au spinnerbait, crankbait grand plongeur ou au lipless en prospectant lentement avec des leurres de grande taille. Les spinnerbaits seront des 5/8 oz (17g) au minimum, l’idéal étant de présenter ce type de leurre en slow-rolling près du fond. Les tailles 21 ou 28 g (3/4 ou 1 oz) seront donc les plus appropriées. J’utilise depuis leur sortie sur le marché les Hula Shad River2Sea (renommés Crystal Spin cette année) qui sont distribués par Sakura. Ils possèdent un centre de gravité très bas, pour coller au fond, et de grandes palettes double willow parfaitement adaptées aux récupérations très lentes recommandées en slow rolling. Leur épingle spécifique et leur émerillon à roulement à bille optimisent la mise en action des palettes et leurs capacités vibratoires. En ce qui concerne les poissons nageurs, des cranks volumineux comme les fameux DD22, les Mad Pepper ou les Hi Dep Crank 88 sont mes préférés pour le brochet. Pour les sandres et les perches, un lipless crank type LV300, LV500, Twin Vib 65 ou Glassie Vib 50 reste plus efficace tant pour trouver les poissons mordeurs assez rapidement que pour en décider de plus apathiques repérés au sondeur.
En eaux claires, des leurres aux couleurs naturelles ou nacrées conviennent bien pour simuler la robe des poissons-fourrage. Sélectionnez sans hésiter des coloris plus flashants comme les « tiger » et leurs diverses variations, si l’eau est teintée ou la lumière moins vive. Ne négligez pas non plus les leurres de couleur noire ou les combinaisons « noir/bleu » et surtout « noir/rouge » car vous vous priveriez d’un grand nombre de touches.
Si les pratiques « horizontales » ne donnent rien, un leurre souple de type worm monté en drop shot ou un modèle pisciforme sur tête plombée prendra le relais en verticale. N’oubliez pas d’inspecter les postes encombrés de ces rives ensoleillées avec des rubber jigs équipés de trailers en couenne de porc (c’est l’idéal en hiver) ou constitués d’un leurre souple assez volumineux (écrevisse Talon 120 et 140 par exemple). Les écrevisses représentent des proies faciles à capturer pour de nombreux prédateurs et elles sont présentes dans la majorité de nos milieux aquatiques. Il se peut parfois que des herbiers de fond composés de myriophylles et de potamots persistent dans ces fosses jusqu’à de grandes profondeurs si l’eau est claire. Il faudra s’y attarder et jouer du sondeur et du marqueur pour les exploiter au mieux. Le poisson-fourrage y trouve refuge et nourriture, les carnassiers aussi ! Commencez par en exploiter les bordures externes, exposées aux vents dominants, puis en l’absence de touches explorez-en les parties centrales et les anses intérieures abritées. Plus encore qu’en été, en atteignant les extrêmes thermiques supportés par les poissons, des précautions s’imposent en veillant à limiter les stress métaboliques qui leurs sont imposés. Abrégez le combat, réduisez au maximum les séances photo et libérez impérativement sur le lieu de capture votre prise, « réanimée » au besoin. Si vous pêchez profond, sachez que la décompression qu’il subit en remontant des profondeurs provoque l’exorbitation des yeux, un gonflement des viscères et de la vessie gazeuse. Faire du « catch and release », c’est bien, mais avec ces poissons et à partir de 10 mètres, les chances de survie diminuent proportionnellement avec l’augmentation de la profondeur et ce, de façon drastique. Pensez-y !
Truite, des poissons nageurs pour débuter la saison !
Généralement, quand on parle de pêche à la truite aux leurres, la cuiller tournante s’impose comme la technique reine dans l’esprit des pêcheurs. Mais ce serait une erreur que de s’en satisfaire, tant la polyvalence et l’efficacité des poissons nageurs permettent des explorations qu’aucune cuiller ne saurait vous offrir.
Par Achille Gan
Plutôt habitué aux carnassiers des eaux de deuxième catégorie, comme le black-bass et le brochet, j’aime appliquer, à la truite, certaines techniques qui leur sont habituellement destinées. Dès que je retourne quelques jours dans les monts du Forez, en Auvergne, ou plus rarement à l’occasion d’une escapade pyrénéenne, sur les gaves, avec l’ami Fabien, je ne résiste pas au plaisir de pêcher la truite à l’aide de poissons nageurs.
Au fil des années passées dans la région d’Ambert, j’ai appris qu’il n’était pas nécessaire de se précipiter pour commencer, dès l’ouverture, à utiliser les poissons nageurs à la recherche des farios autochtones. Mis à part d’exceptionnelles conditions durant lesquelles il est toujours possible de mettre à l’eau ces petits plugs avec succès, mars est un mois où la température de l’eau des rivières de moyenne montagne, parfois très froide à cause des précipitations et de la fonte des neiges, n’incite pas encore les truites à s’aventurer hors de leurs caves profondes. Elles sont, en effet, assez difficilement atteignables avec ce type de leurres. Ces poissons peu actifs ne se déplacent pas, ou peu, pour s’alimenter, et des techniques de présentation plus verticale surpassent nettement les prospections en lancer-ramener que l’on pourrait nommer, une fois n’est pas coutume, le power fishing salmonicole ! Je me suis fait une raison, car, comme pour le bass, l’utilisation des leurres doit avant tout rester ludique, ce qui peut me priver parfois de pêche, mais c’est un choix ! Le milieu du mois d’avril est généralement meilleur car il annonce le réveil de la nature et voit les cours d’eau s’animer sous l’effet de l’ensoleillement et de la température qui augmente. La chaîne alimentaire s’étoffe et c’est le bon moment pour commencer à utiliser les poissons nageurs, d’autant que les truites se postent de manière plus marquée dans les veines d’eau, les amortis, les chutes d’eau et les remous créés par des blocs rocheux ou les embâcles. La lisière des sous-berges, à proximité de leurs abris, est aussi un poste de premier choix. Le métabolisme des truites est à la hausse et justifie une alimentation riche et nourrissante. Elles apprécient volontiers des proies conséquentes et s’orientent, dès qu’elles le peuvent, vers les vairons et autres petits cyprins d’eaux vives, les chabots, mais aussi leurs propres alevins ou ceux des ombres communs qui peupleront, eux aussi un peu plus tard, les radiers de ces cours d’eau. Afin d’optimiser mes sorties, j’évite absolument les moments de fortes eaux et attends la baisse de niveau et l’éclaircissement avant de recommencer à pêcher au poisson nageur. Surtout en début de saison, il faut favoriser les périodes stables où l’eau reste claire et pendant lesquelles la température progresse régulièrement.
Si les gelées nocturnes sont encore fortes, je sais qu’il faudra attendre le début d’aprèsmidi pour renouer avec les touches. L’observation des conditions et l’adaptation rapide sont importantes en ce début de printemps. Plus tard, une fois l’été installé, il m’est arrivé de toucher de jolis poissons sur les bordures, sitôt après un orage, mais toujours avant que l’eau ne soit trop mâchée ou dès le début de son éclaircissement. Très souvent, les poissons nageurs donnent leur maximum en eaux claires à légèrement troublées.
Bien s’équiperSi la pêche en grande rivière demande un matériel adapté et robuste qui se rapproche parfois, dans les longueurs et les puissances, à celui utilisé pour les brochets ou les sandres, je me restreindrai à vous décrire celui que j’utilise plus souvent dans ces cours d’eau petits et moyens comme la Faye, l’Anse, les Couzes ou la Dore qui serpentent dans le puy de Dôme. Vous pourrez facilement l’adapter à vos rivières moyennes et ruisseaux favoris car, vous le verrez, je ne me complique pas la vie ! Commençons par détailler les cannes que j’ai choisies pour lancer des leurres de 3 à 6,5 cm. J’ai opté pour une Trinis 6 pieds ultra-light (TRS 602 UL), prévue pour lancer de 0,9 à 5 g, qui est très maniable dans les petits cours d’eau et dont l’action semi-parabolique convient très bien à ce type de pêche. Précise au lancer, elle ploie progressivement lors des combats en protégeant la ligne fine de la casse et en évitant les décrochages des captures. La seconde canne est aussi une canne Sakura, puisqu’il s’agit de la Trinis 7 pieds medium-light (TRS702 ML), dont la puissance est légèrement supérieure – elle lance jusqu’à 10,5 g – et l’action plus rapide mais sans excès de raideur. Ses caractéristiques et sa longueur permettent de s’attaquer aux rivières plus larges, où il faut plus de levier pour lancer confortablement et conserver un bon contrôle du leurre dans les larges veines d’eau, le tout sans craindre le combat avec une truite de taille plus qu’honorable.
En ce qui concerne le moulinet, il est nécessaire d’avoir une récupération de ligne assez élevée pour pouvoir pêcher vers l’amont de manière confortable. Le Morphéo 2500 récupère 0,75 m par tour de manivelle et reste assez léger pour ne pasdéséquilibrer ces cannes. Bon marché et de qualité très correcte, avec ses sept roulements à billes, je l’utilise plus tranquillement qu’un moulinet très haut de gamme qui subirait inévitablement les mêmes outrages, notamment en wading et dans les phases de crapahut : immersions répétées, chocs sur les rochers… Je le garnis de nylon Aya en 0,178 mm et j’utilise de petites agrafes 00 ou 0, sécurisées par un solide noeud palomar. Quand je dis que mon moulinet est garni de nylon, en réalité, je n’utilise que 50 m pour les pêches en ruisseau et 75 m pour les cours d’eau plus larges. En revanche, je remplace le nylon avant chaque cession et remplis ma bobine à ras bord. Comme je le disais plus haut, les poissons nageurs sélectionnés ne dépassent pas les six centimètres et demi et se situent même plutôt entre trois et cinq. Pour prospecter les fosses, j’ai opté pour des petits crankbaits de 4 cm provenant des séries Imatetra Di et Tri. Récemment distribuée en France, la marque IMA offre de nouvelles possibilités avec ces mini crankbaits suspending qui parviennent à approcher le mètre de profondeur en plongée, ce qui est bien suffisant pour ce type de gabarit de rivière. Armés d’hameçons Owner d’origine, ils garantissent un ferrage sûr et une tenue des poissons vraiment exceptionnelle. S’il faut aller plus profond, j’opte sans hésiter pour un modèle coulant comme le Rapala Original Countdown ou des lipless crankbaits. Pour insister près d’un poste marqué, comme il faut souvent le faire en début de saison, la densité neutre des Imatetra est aussi très intéressante et j’ai aussi retenu les Target Minnow 65SU de River2sea pour ce type d’utilisation. La silhouette de ce dernier est plus élancée et sa réactivité aux petits jerks lui donne vraiment l’aspect d’un petit vairon paniqué qui ne manque pas d’exciter l’agressivité des truites lassées par son manège agaçant. Il est bien sûr indispensable d’avoir quelques poissons nageurs flottants pour prospecter le dessous des frondaisons ou ratisser les radiers peu profonds. Rapidement devenus référents auprès des traqueurs de perches, les Baby Crank 30F et le Baby Minnow 50F sont de vrais aimants à truites. Leur nage respective et leur efficacité ne tarderont pas à convaincre les amateurs de poissons nageurs miniatures. L’équipement est complété par une bonne paire de cuissardes ou de waders ainsi que par un gilet multi-poches ou un chest-pack, type Koa-Bag, pour transporter leurres et accessoires de façon compacte. Il faut rester léger, mobile et précis dans cette pêche, souvent très sportive.Sélection et stratégies
Loin de mes boîtes pour le bass, souvent surchargées de leurres, je suis beaucoup plus concis sur ma sélection. Vous l’avez vu, six ou sept modèles suffisent pour faire face aux principaux types de postes, et je me suis cantonné à trois teintes pour m’adapter à la couleur et à la température de l’eau. Lorsque l’eau est claire, les coloris naturels l’emportent : les “ayu”, “bronze back”, “aurora black” ainsi que les robes “vairon” et “truitelle” figurent parmi mes incontournables. Quand l’eau se réchauffe, j’aime bien utiliser des crankbaits noirs qui rappellent la couleur et le comportement des têtards dont les truites aiment bien se nourrir. Lorsque les eaux se troublent ou si les conditions d’ensoleillement sont faibles, j’affectionne les teintes plus vives, voire fluo, qui semblent énerver au possible les truites en poste. Le “mat tiger”, l’orange, le rose et le violet font partie de ces coloris vraiment agressifs qui donnent de très bons résultats, et plus particulièrement avec des crankbaits.
L’action de pêche proprement dite est généralement orientée vers l’aval ou le trois quarts aval, pour bien faire travailler votre poisson nageur, qui s’appuiera correctement sur le courant. On peigne ainsi de larges zones en passant au crible les postes potentiels qui s’y trouvent. En présence d’obstacles volumineux dans le lit du cours d’eau, positionnez-vous de manière à pouvoir quadriller au plus près toutes ses bordures en trois ou quatre passages. Parfois, on est amené à prospecter vers l’amont,d’où la nécessité d’avoir un moulinet à ratio élevé pour garder le contact avec le leurre dès son amerrissage et durant l’animation vers l’aval en dépassant la vitesse du courant. J’aime varier la vitesse de récupération mais aussi sa cadence. Profitant de diverses densités de mes leurres, j’effectue des pauses, dans le courant, avant de réaccélérer brusquement. Comme avec les gros black-bass, l’attaque survient à souvent à ce moment-là. La truite répond très bien aux leurres conçus pour déclencher les attaques réflexes, comme les cuillers et les crankbaits. Ces derniers peuvent être récupérés en linéaire de façon très soutenue avec le maximum d’efficacité. C’est bête et méchant, mais ça marche, surtout lorsque les truites sont sorties se poster en pleine rivière. Servez-vous de ce principe pour surprendre une belle fario repérée sans lui laisser le temps de la réflexion.
Quand vous utiliserez des crankbaits, tirez profit de leur aptitude tout terrain, qui leur permet de se faufiler à travers les obstacles en y rebondissant, sans s’accrocher. C’est surprenant et, sur des parcours très fréquentés par des pêcheurs à la cuiller et au vairon manié, j’ai souvent pu faire la différence en allant débusquer des truites sur des postes sûrement trop scabreux pour mes confrères. Mis à part lors des récupérations de l’amont vers l’aval, où les touches peuvent être plus difficiles à gérer, il n’est pas vraiment nécessaire de ferrer lorsque vous percevez l’attaque, souvent violente. Le leurre est en action sur une ligne tendue et, si vos hameçons sont bien affûtés ou choisis parmi les plus piquants du marché (Gamakatsu, Owner, Daiichi, etc.), la truite se piquera toute seule à l’impact. Amusezvous bien !
Pêcher avec des soft swimbaits
Durant la saison froide, les prédateurs économisent leur énergie et se focalisent souvent sur des proies conséquentes, capables de les rassasier rapidement. Sans aucun doute, les swimbaits souples se présentent comme les leurres du moment.
Par Achille Gan
Poursuivant notre étude sur les leurres souples et leurs différents montages, je vais délaisser volontairement les modèles durs ou hybrides et vous parler des « swims » souples dont les versions actuelles sont particulièrement dignes d’interêt. Popularisés, en France, grâce aux nombreux leurres souples portant l’appellation « shad » dans leur nom de baptême, les swimbaits, que l’on monte sur tête plombée ou ceux dont le lestage est intégré lors du moulage, sont plutôt réservés à une prospection profonde et verticale. Leur efficacité n’est plus à démontrer et j’ai voulu vous présenter le sujet selon un autre angle, en me penchant sur des modèles moins communs, plus adaptés à la traque des big bass, des grosses perches ou des brochets réputés imprenables. Le terme « swimbait » englobe plusieurs types de leurres dont l’aspect général est assez proche de celui d’un vrai poisson et dont la matière première peut être du bois, de l’ABS ou de la matière plastique souple (élastomère, PVC, silicone…). Qu’ils soient classés comme poissons nageurs parce qu’ils possèdent une bavette ou comme leurres souples, ils possèdent un point commun, c’est celui d’être particulièrement attractifs auprès des plus gros carnassiers.
Des vibrations bien spécifiques
Vous le savez, les poissons carnassiers repèrent leurs proies essentiellement grâce aux vibrations et aux déplacements d’eau perçus par leur oreille interne et par les cellules nerveuses situées sur leur corps ou le long de leur ligne latérale. La vue ne leur servant qu’à ajuster l’estocade ou à vérifier, en « close-up », la nature de leur futur repas. D’autre part, il est connu que les bass, qui peuplent certains lacs californiens, peuvent atteindre des tailles exceptionnelles frôlant les 22 livres, 4 ounces du record mondial, se nourrissant des truites arc-en-ciel maillées qui y sont régulièrement déversées pour amuser les pêcheurs.
A partir de ces observations, les concepteurs de swimbaits souples ont fait évoluer les modèles utilisés en mer en travaillant sur la souplesse des matériaux et la capacité du leurre à émettre de fortes vibrations, sous récupération ultra-lente, pour parvenir à imiter celles de ces pauvres truites perdues dans l’immensité des lacs, errant à la recherche des bords du bassin bétonné natal et du pisciculteur nourricier !Des tailles adaptées et une densité particulière
Au début, la masse importante de ces softbaits les destina longtemps à la pêche à la traîne, faute de matériel adapté. Aujourd’hui, ils font partie de l’équipement basique de tout bassman qui se respecte tant leur gamme a évolué pour coller aux besoins des lanceurs « légers ». Disponibles dans des tailles de 10 à 35 cm pour des poids pouvant atteindre les 250 g, ils ont une densité relativement commune dite « slow sinking ». Celle-ci permet un travail en surface, juste au-dessus des herbiers, si on maintient une récupération régulière ou entre deux eaux dès que l’on ralentit le rythme ou que l’on prend soin de laisser couler un peu le leurre. Vous le voyez, leur zone d’action les rend tout à fait repérables par les gros prédateurs postés en profondeur ou suspendus en pleine eau. Leur déplacement naturel renforce leur pouvoir attractif sur ces gros poissons peu enclins à se déplacer s’ils n’ont pas de grandes chances de réussir leur attaque.
Deux familles bien distinctes
Parmi ces swimbaits souples, nous pouvons en distinguer deux sortes qui se distinguent par leur conception et leur utilisation. La première, relativement répandue outre- Atlantique, se présente déjà armée d’un ou deux triples reliés à l’oeillet d’attache par du fil inox, du câble acier ou de la tresse textile noyés dans la masse. Leur degré de finition peut être assez élevé et des nageoires stabilisatrices sont présentes pour éviter que le leurre ne fasse n’importe quoi sous les puissantes secousses de l’appendice caudal. La nage de ces leurres et leur action aguichante se cantonnent d’ailleurs à ces battements latéraux de la queue et à un léger rolling du corps. Mais croyez-moi, la quantité d’eau déplacée par ces leurres volumineux suffit largement pour réveiller les brochets les plus apathiques ! Ils trouvent leur plein emploi pour une prospection large de postes peu encombrés, où leurs capacités vibratoires pourront s’exprimer.
Comme je le disais plus haut et malgré l’armement conséquent de ces big baits, vous pourrez aussi vous amuser, au printemps, à peigner les bancs de potamots ou de myriophylles avant qu’ils n’atteignent la surface. Entre deux massifs, n’hésitez pas à faire du « dead sticking » ou du « donothing », c’est-à-dire à stopper toute récupération et à laisser le leurre immobile le plus longtemps possible ! Cela marche encore mieux avec des swimbaits relativement flottants. Plus à même d’intéresser les blackbass et les perches, la seconde catégorie possède des lignes plus fluides, plus abstraites aussi. Culminant à une quinzaine de centimètres, certains de ces swimbaits ont une conception beaucoup plus complexe que les « mammouths » vus précédemment et se rapprochent plus des leurres souples classiques, vendus en paquets de plusieurs unités. Non armés, ils s’installent sur des jig heads ou mieux, sur des hameçons à oeillet décentré. Ils vous permettent alors de prospecter n’importe quel poste, aussi encombré soit-il ! Leur densité habituellement « slow sinking » est modifiée, à la fabrication, par adjonction dans le plastique de micro-bulles d’air ou de paillettes de tungstène pour les rendre flottants ou coulants. Les versions modernes de ces swimbaits sont très travaillées au niveau de leur comportement sous l’eau.
Des études hydrodynamiques ont conduit les concepteurs à créer des articulations, des points de resserrement de la matière, etc. pour obtenir beaucoup plus de vivacité et de souplesse que leurs homologues salmoniformes. Cette catégorie, plus polyvalente, supporte ainsi une multitude d’animations et de montages. Il est tout à fait possible de les employer sans plomb (weightless rig) pour les faire buzzer ou onduler sous la pellicule. On peut aussi y planter des inserts, en plomb ou en tungstène, pour parvenir à trouver la densité voulue ou carrément leur adjoindre une balle et préparer un vrai montage texan capable de pêcher plus profondément ! Attention toutefois à ne pas les surplomber, ce qui anéantirait leur si belle nage. Pour des modèles de 10 à 15 cm, utilisez des balles de 1,8 g à 3,5 g et jusqu’à 18 g pour les swimbaits plus gros, selon vos besoins.
Les modèles plutôt fusiformes, comme les Spindle worm flottants, donnent d’excellents résultats en Carolina rig ou en drop shot, tout en restant très confortables à manoeuvrer. Oui, vous avez bien lu ! En drop shot. Les montages plombés seront, bien sûr, plus indiqués au moment où les carnassiers suivent les poissons blancs dans leur retraite hivernale alors qu’il faudra être patient et obstiné pour peigner ces postes souvent profonds.
Vous l’aurez compris, ces swimbaits souples vont vous permettre d’être très réactifs lorsque les conditions de pêche où les types de postes vont changer. Le montage sur hameçon « offset » démontre une fois encore toute sa polyvalence et sa facilité d’utilisation sur des leurres qui mêlent l’apparence naturelle au côté ludique que nous fait vivre chaque fois la pêche aux leurres. Grâce à leur silhouette souvent imposante et à leur nage très étudiée, les swimbaits ont séduit ou énervé de nombreux carnassiers d’eau douce et d’eau salée, pourtant, ceux-ci n’avaient jamais croisé de truite arc-en-ciel !