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Pêches sportives magazine n°83
PECHES sportives PECHES sportives n°83 Jeu de piste Votre DVD est à l’intérieur 3:HIKMPC=[U]^U]:?k@a@s@d@a; M 02526 – 83 – F: 8,90 – RD Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses Avril – mai – juin – 2010 • Pêchessportives • numéro 83 Le complot contre la pêche Six rivières secrètes à découvrir • Leurres […]
Rupture de stock
Description
PECHES
sportives
PECHES
sportives
n°83
Jeu de piste
Votre
DVD
est à
l’intérieur
3:HIKMPC=[U]^U]:?k@a@s@d@a;
M 02526
– 83 –
F:
8,90
– RD
Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses
Avril – mai – juin – 2010
•
Pêchessportives
•
numéro 83
Le complot contre la pêche
Six
rivières
secrètes
à découvrir
• Leurres souples :
les solutions anti-accrochage
• Le brochet au rubber jig
• Sondeurs :
l’interprétation des échos
• Nymphe à vue :
à quel niveau les solliciter ?
• Montage :
la magie des quills et des herls
Les sept familles
de la pêche :
les mythomanes
Administration, rédaction,
publicité : Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
11, rue de Milan, 75009 Paris –
Tél. : 01 49 70 12 56.
Télécopie : 01 48 74 37 98.
E-mail : [email protected]
Comité éditorial :
Philippe Bertin,
François Boucheix, Bertrand Bourgeois,
Alain Gugenheim,
Vincent Lalu.
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteur en chef :
Samuel Delziani.
Ont collaboré à ce numéro :
Bernard Dalmas, Jean-Christian Michel,
Guy Périat, Sylvain Richard,
Jean-Marc Theusseret, Philippe Collet,
Vincent Lalu.
Réalisation graphique et révision :
amarena.
Relecture :
amarena.
Chef de fabrication :
Robin Loison.
Abonnements :
Françoise Bezannier.
Tél. : 08 11 02 12 12.
Publicité :
Kiraouane Belhadri
Tél. : 01 49 70 12 33
[email protected]
Virginie Merlin. Tél. : 01 46 03 04 42 –
Fax : 01 46 05 45 02.
E-mail : [email protected]
Eléments techniques publicitaires :
Maryline Renaud. E-mail :
[email protected]
Photogravure :
La Vie du Rail.
Impression :
Loire Offset Titoulet,
Saint-Etienne (42)
Commission paritaire :
1112 K 82373
.
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média.
La rédaction renvoie uniquement
les documents originaux
(diapositives et négatifs).
Pêches sportives n° 83
Sommaire
FOCUS
p. 66
– Shads, des solutions pour pêcher
depuis le bord sans s’accrocher
– Brochet et rubber jig
– Montage : le quill et le herl
NOUVELLE
p. 98
2048, année zéro
PORTRAIT
p. 102
– Les sept familles de la pêche
n° 5 : les mythomanes
OÙ PÊCHER
p. 106
Invitation au voyage…
PETITES ANNONCES
p. 113
TECHNIQUE MOUCHE
p. 46
– Nymphe à vue : à quel niveau
solliciter les poissons ?
EXPERTISE
p. 52
– La non-évolution du matériel
de pêche à la mouche
DOSSIER
p. 58
– Jeu de piste : six rivières secrètes
à découvrir
LE COMPLOT
– Le complot contre la pêche
– Le séminaire en question
– Histoire d’un naufrage
– Pêche démocratique ?
L’ÉCHO DU RADIER
p. 20
– GENESALM et biodiversité :
cherchez l’erreur ! (suite de l’article
sur la FNPF)
ACTUS
p. 26
– Pour que l’Ellé ne soit plus massacré
– Les lauréats des Farios d’or 2010
– VMC a 100 ans !
– Les catalogues 2010
SALONS
p. 44
– La saison des salons
Un DVD est inclus dans ce numéro
Sous couvert d’uniformiser la gouvernance
des pêcheurs de loisirs, les dirigeants de
la FNPF, s’apprêtent à imposer, sans la
moindre concertation, une réforme qui
dans plusieurs régions va ruiner vingt ans
de gestion raisonnable des rivières de
France. Anatomie d’un complot où autori-
tarisme et démagogie font bon ménage.
Le complot
contre
pêche
Édito
ous n’avons jamais démenti,
dans ce journal, le jugement sé-
vère que nous portions sur l’or-
ganisation de la pêche de loisirs
en France : le régime associatif qui est au
cœur du système s’est montré incapable de
promouvoir une gestion responsable de la
ressource, pas plus qu’il n’a su défendre l’eau,
les poissons, les pêcheurs contre tout ce qui
les menaçait.
Nous l’avons dit souvent : la pêche française
est l’une des plus mal gérées au monde, et
l’inefficacité de ses responsables a sa part
dans l’effondrement des populations de
pêcheurs.
Mais nous ne pensions pas que cette incurie
puisse un jour déboucher, sous couvert
d’améliorer les choses, sur ce qu’il faut bien
appeler un coup d’Etat des actuels dirigeants
de la Fédération nationale de la pêche fran-
çaise, un véritable complot ourdi contre
ceux-là même qui les ont faits rois.
De quoi s’agit-il ? Le projet de réforme de
M. Roustan, l’actuel président de la FNPF,
consiste en une incroyable centralisation des
pouvoirs et des règlements, définie sur la
base du plus démagogique des dénomina-
teurs communs pour donner aux pêcheurs
l’illusion d’une gestion qui remettrait du
poisson dans les rivières par la magie d’une
association stratégique entre pisciculture et
méthode Coué.
Sans se soucier de gestion patrimoniale, de
qualité des rivières, de maîtrise sérieuse des
prélèvements. En rayant d’un trait de crayon
les dizaines d’années de travail d’AAPPMA
et des fédérations vertueuses dont le seul tort
est d’avoir tenté et souvent réussi à gérer
leurs rivières sans démagogie ni gaspillage de
l’argent des pêcheurs.
Le projet de M. Roustan, son grand œuvre,
est de mettre au pas ces bons élèves de l’éco-
logie des rivières pour que règne la médio-
crité halieutique, et qu’on laisse les
pisciculteurs prospérer. Et sa réforme, Mon-
sieur le Président entend l’imposer à la façon
des dictateurs, en prenant autant de gants
qu’un liquidateur de multinationale fermant
son usine au Mozambique.
Le problème est que M. Roustan est un élu.
Son attitude nous amène à la question sui-
vante : ou la pêche de loisirs est gérée par le
système associatif (ce qui n’a pas que des
avantages) et, à ce moment-là, il faut jouer le
jeu de la démocratie associative, ou bien la
pêche est une affaire d’Etat, de spécialistes,
ou de promoteurs de tourisme et de loisirs, et on ne
voit pas ce que viennent faire à sa tête une poignée
de hiérarques assez mal élus, sans compétence par-
ticulière pour les différents niveaux de gestion que
le sujet requiert.
En décidant seuls dans leur coin de ce que
doit être le nouvel ordre de la pêche associa-
tive, M. Roustan et les siens ne font que tra-
hir ceux qui les ont élus. Et ce coup d’Etat
qu’ils nous disent vertueux est, nous semble-
t-il, le meilleur moyen d’aggraver encore la
situation déjà pas terrible d’un loisir autre-
fois populaire.
A ce propos, nous avons mis ce journal sous
presse la veille de l’ouverture de la truite.
Pour des milliers de pêcheurs, la saison s’est
terminée le 13 mars au soir. C’est peut-être
ça, la réforme Roustan : qu’il y ait à l’avenir
une journée de la pêche, comme il y a une
journée de la musique ou une journée des
voisins. Ce sera bien suffisant pour faire le
plein des congélateurs.
La rédaction
Quelques perles du séminaire en question
Afin que vous puissiez prendre la pleine mesure de l’ampleur de cette réforme, nous en publions ici quelques
passages (faute de place car elle très longue). Ce qui permettra à chacun de se faire sa propre idée.
Cons
quences organisationnelles
1. Organisation politique :
a. Cr
ation de deux comit
s de suivi
Un comit
de suivi et d’
valuation du sch
ma pluriannuel compos
de MM. G. GUILLAUD (bureau),
M.BALAY (CA), A. BUCHOU (FD 85), N. DELPHIN (31). Le r
le du comit
: garantir le bon d
roulement
et la feuille de route du sch
ma politique pluriannuel. L’
valuation
tant r
alis
e par le CA.
Un Comit
de suivi du sch
ma de d
veloppement du loisir p
che compos
de MM. M. LEBRANCHU (CA),
M. BREDEAU (bureau), M. ADAM (FD 08) et G. BATAILLE (VP – FD24), le conseiller du pr
sident. Le r
de ce Comit
est de veiller la prise en compte de cet axe strat
gique par la FNPF. Il est par ail-
leurs charg
de coordonner la r
daction du sch
ma de d
veloppement du loisir p
che incombant
Francoise GARNAUD-PERROCHEAU.
b. Information des membres du Bureau et pr
sidents de Commissions
Afin d’assurer une meilleure information des membres du bureau et pr
sidents des commissions,
la r
union hebdomadaire des services de la FNPF se d
roulera sous la responsabilit
du conseil-
ler du pr
sident et son compte-rendu sera transmis aux membres du bureau et pr
sidents des com-
missions.
c. Divers
Le p
rim
tre de certaines commissions pourra
tre red
fini.
Le bureau r
unira les pr
sidents des commissions afin d’int
grer les d
cisions au travail des com-
missions. A la demande du Conseil d’Administration, une r
union annuelle extraordinaire de
celui-ci sera organis
e en vue d’
changer sur les grandes orientations politiques et strat
giques.
2. Cons
quences financi
res
L’impact de l’ensemble des propositions traduit en co
ts s’
ve
1,12 M.
Compte rendu du S
minaire FNPF
des 16, 17, 18 septembre 2009 (Sainte Eulalie Ard
che)
Pour les Pr
sidents de FDAAPPMA
Partie 1
Les 16, 17 et 18 septembre le Bureau
largi de la FNPF s’est r
uni en s
minaire.
L’objet de ce s
minaire
tait de d
finir un sch
ma politique pluriannuel susceptible de guider
et d’orienter tant le travail et la r
flexion de la FNPF que d
finir les axes strat
giques au-
tour desquels la FNPF coordonnerait l’action de son r
seau associatif adh
rent.
En effet, depuis 2003 nous avons
uvr
, d’une part
la r
ussite de la loi sur l’eau, et d’autre
part
la consolidation notamment technique et financi
re de nos FDAAPPMA.
Ceci
tant fait, le r
seau associatif p
che doit dor
navant se projeter et d
finir son projet
pour les ann
es
venir dans un contexte institutionnel et th
matique (d
centralisation, refonte
des comp
tences des collectivit
s locales, r
organisation du Minist
re, cr
ation de l’ONEMA, place
de l’eau dans les politiques publiques, r
vision des grands axes de la planification (SDAGE,
etc.),
tat qualitatif et quantitatif de l’eau
) particuli
rement mouvant et technique.
Depuis la mise en place de la FNPF, nous avons tous en effet ressenti l’impression selon laquelle
nous n’
tions pas toujours
tre de notre destin
et que nous r
agissions ou
uvrions
chaud.
Ceci tient naturellement
nos nouvelles missions qui d
bordent, et de loin, la simple gestion
de la p
che de loisir : nous sommes devenus un acteur institutionnel majeur dans notre domaine
de comp
tence.
C’est dans ce contexte que nous avons souhait
prendre le temps de la r
flexion, de l’
change,
de l’analyse et de la proposition pour b
tir un projet partag
A cet effet, 3 th
mes structurants ont
alablement pressentis
savoir :
– Institutionnaliser la FNPF : il s’agissait de r
chir aux objectifs, ainsi qu’aux r
alisa-
tions op
rationnelles qui mettront la FNPF en mesure de remplir ses missions.
velopper et promouvoir la p
che de loisir : une large r
flexion a d
ouverte sur ce
me majeur pour notre avenir. Ce th
me, v
ritablement tentaculaire, a
trait
sur la base
des diff
rentes r
flexions et contributions d
existantes (Groupe d’Orientations Strat
giques, Commission Communication, les r
flexions des uns et des autres etc. ainsi que nos ex-
riences respectives).
– Cr
er de la connaissance et la valoriser : ce th
me avait vocation
nous interroger notamment
sur :
quelles connaissances produire (PDPG, SDVP, SIG et autres indicateurs de connaissance de nos
milieux).
pour quelles finalit
s, avec et pour le compte de qui ?
Orientation 1 : d
velopper et promouvoir la p
che de loisir
1er axe : Simplifier l’acc
s au loisir.
Constat g
ral : Le d
veloppement de la p
che de loisir ne saurait s’accommoder de la perma-
nence de certains obstacles sur lesquels les structures associatives de p
che ont prise. La sim-
plification de l’acc
la p
che doit constituer un axe fort de notre volont
de d
velopper
notre loisir.
1 – R
former la carte de p
che. Transformer la carte
vacances
en une carte hebdomadaire
valable toute l’ann
e. Cette
volution entrainant une modification l
gislative, elle ne pourra
tre mise en place qu’
partir de 2011 au mieux.
chir
la mise en place d’une r
duction pour la famille, tout en maintenant la carte
femme
. Ce qui ne peut
tre envisag
que pour 2011
2 – Moderniser sa distribution
2.1 – Soutenir les exp
rimentations innovantes en cours
La FNPF soutiendra ces exp
rimentations en 2010 et 2011. Ce soutien oblige
signer une
convention avec les Groupements r
ciprocitaires qui mettent en place ces exp
rimentations
alis
es dans l’int
ral.
2.2 – Harmonisation de l’ensemble de la distribution
L’objectif du soutien est de faire b
ficier l’ensemble des f
rations du retour d’exp
rience et harmoniser l’ensemble afin de pouvoir aider
la g
ralisation de nouveaux sys-
mes de distribution. Les exp
riences sont envisag
es sur deux ans. Un point sera fait en
2011; Une aide financi
re de la FNPF est envisag
e pour le d
veloppement de ces exp
riences.
210 K
sur 3 ans (70 K
/an).
On peut penser que la g
ralisation de ce syst
me obligera
des aides motivantes dans
l’avenir pour les f
rations non adh
rentes (10 K
par FD en 2012, 5 K
en 2013).
2.3 – Rechercher
contractualiser avec des d
positaires nationaux
Il est
vident que les syst
mes exp
rimentaux auront des limites. Une contractualisation
avec des r
seaux existants est
envisager. Il est estim
que certaines politiques d
parte-
mentales ou r
gionales pourront
ventuellement
tre aid
es. D
lai : 2012.
3 – Clarifier la r
glementation
– Expurger les r
glements int
rieurs de tous les obstacles au loisir p
che ;
– Formaliser une proc
dure r
glementaire de retrait d’agr
ment
l’encontre des AAPPMA et/ou
de leurs responsables ;
– Cr
er une commission de conciliation nationale charg
e de r
gler les conflits entre f
rations et AAPPMA ;
– Ins
rer l’halieutisme comme un des fondements de la r
glementation de la p
che.
ance est fix
2011.
4 – Accro
tre la r
ciprocit
Favoriser l’adh
sion de toutes les f
rations
un groupement r
ciprocitaire existant ou
er.
Favoriser l’
mergence de groupements d’AAPPMA par bassin hydrographique. Viser la r
ciprocit
dans sa double dimension d
partementale et interd
partementale en utilisant comme leviers :
– Le r
le incitatif politique de la FNPF (participation aux AG des f
rations concern
es, r
nion sous l’
gide de la FNPF) ;
– La contractualisation incitative financi
re pour cas particuliers (100 K
sur 5 ans).
axe : Communiquer sur une image et des offres
Constat g
ral.
Ces trois derni
res ann
es, la communication nationale a largement permis d’ins
rer notre F
ration dans le tissu institutionnel.
Il convient dor
navant d’orienter celle-ci au service du recrutement et de la fid
lisation de
nos adh
rents. Il convient de passer d’une communication sur l’image
une communication sur
notre fonds de commerce
savoir nos territoires, nos cartes de p
che, notre r
seau, notre sa-
voir-faire. La communication doit
galement servir la volont
politique de se rapprocher de
toutes structures (publiques ou priv
es) susceptibles de constituer des partenariats durables.
s lors il est propos
de (d’) :
– Promouvoir des produits p
che labellis
s FNPF – relais dans les UR – Des conventions li
es
un projet doivent
tre mises en place dans chaque UR. Incidence financi
re : 9 x 50 K
– Inciter les f
rations qui n’y sont pas
tre pr
sentes sur le site internet de la FNPF.
– Inscrire la FNPF dans des relations partenariales avec des ministres autres que celui charg
de l’Ecologie : tourisme, sport,
ducation, ain
s, ville, espace rural
– Etablir des relations avec des organismes publics et/ou priv
s.
– Faire
voluer le concept de la journ
e nationale de la p
che.
La Fédération nationale
pour la pêche en France
s’est réunie pour un sémi-
naire qui s’est déroulé du
16 au 18 septembre 2009
à Sainte-Eulalie en Ar-
dèche, intitulé « l’Avenir de
la pêche amateur en
France », dans une étrange
confidentialité. Lors de ces
trois journées, la FNPF a
présenté une réforme de la
pêche de loisir en France.
Une réforme décidée en
petit comité, qui fait beau-
coup parler d’elle. Cette
façon de faire n’a pas plu à
tous ceux qui n’ont eu
d’autre choix que de récu-
pérer tardivement (visible-
ment il y a eu des fuites) le
compte-rendu dudit sémi-
naire. Il nous semble im-
portant de souligner
l’importance du principe de
transparence dans le
monde associatif. Celui des
pêcheurs y était habitué,
mais les temps ont visible-
ment changé ! Sur le fond,
l’idée d’une réforme de la
pêche de loisir en France
est une excellente nou-
velle, car dans de nom-
breuses régions françaises
chacun fait ce qu’il veut –
généralement pas grand-
chose – dans son coin,
dans la plus grande incom-
pétence et sans avoir de
comptes à rendre à per-
sonne. N’oublions pas que
la FNPF, ex-Union nationale
pour la pêche en France,
n’a jamais été en mesure
de contrer la perte de près
de deux millions de taxes
piscicoles en trente ans !
Alors, une réforme n’était
pas seulement nécessaire
mais obligatoire, avec pour
objectif une simplification
de la réglementation (sou-
hait du ministère). Dans les
faits, la réforme proposée
par cette belle institution,
qui existe grâce à l’argent
de tous les pêcheurs, ap-
pelle de notre part plu-
sieurs critiques, autant sur
Pêche associative, réforme ou complot ?
Histoire d’un naufrage
Il fallait s’en douter, la pêche associative montre ses limites… Parent pauvre de la chasse, la pêche
est gérée par des amateurs qui par définition manquent cruellement de compétence (ce n’est pas pé-
joratif). Il s’agit pourtant de gérer des milieux naturels, avec la Direction de l’Eau et l’Onema comme
garde-fou. L’actualité nous prouve une nouvelle fois les limites de ce système à travers une réforme
qui n’a pas fini de faire des vagues !
la forme que sur le fond.
On pourrait nous dire que
tout cela relève du procès
d’intention si, au moment
même où se met en place
la réforme, on ne nous
donnait des exemples des
dégâts annoncés :
•La réforme en elle-même
et la façon dont la FNPF
l’impose au monde asso-
ciatif avec menace de re-
trait d’agrément pour les
AAPPMA dissidentes, ab-
sence de transparence, ap-
propriation « sauvage » de
compétences techniques,
etc.
•L’ouverture de la pêche du
brochet anticipée au 1er
mai, qui a fait l’objet d’une
consultation publique de
la part du ministère tant
elle a été mal acceptée
dans les régions, ne peut
que fragiliser encore les
populations de sandres et
de black-bass, sans par ail-
leurs être particulièrement
profitable au brochet.
•Le projet GENESALM
remet, quant à lui au goût,
du jour la mode des éclo-
series de truites sauvages,
après qu’il a été démontré
scientifiquement, à grands
coups d’études coûteuses
(CSP, Inra, Onema), les
dangers de ce principe
trompeur et dangereux.
Par définition, un animal
sauvage ne peut s’élever.
•La réaction d’un président
d’AAPPMA, Jean-Christian
Michel (AAPPMA de
Gréoux-les-Bains sur le
Verdon), à travers un com-
mentaire désabusé par la
tournure que prend la
pêche associative.
Dans sa crise d’autoritarisme, Claude Roustan en vient à
contester le pouvoir des représentants de l’Etat : les préfets !
Ceci, en prétendant leur interdire de recourir à l’arsenal ré-
glementaire traditionnel qu’ils ont l’habitude d’employer
dans la gestion conjoncturelle de la pêche de loisir (séche-
resse, suivi biologique des milieux naturels, arbitrages di-
vers) ! Une preuve supplémentaire de l’utopie de cette
réforme. La nature ne peut se gérer de façon unique, im-
muable, dans toutes les régions. Les grands événements qui
se déroulent dans nos lacs et cours d’eau sont directement
dépendants des conditions météorologiques, et selon les
années ont lieu tantôt en avance, tantôt en retard. Ce rôle in-
combe aux préfets via leurs services techniques compétents
pour la réglementation (DDT, Onema, Diren). La FNPF sem-
ble avoir perdu la raison en ne mesurant pas la portée de
cette modification. Cela démontre précisément l’ampleur de
l’incompétence sur le plan technique du personnel de la
FNPF. A travers le compte-rendu, de ce séminaire Claude
Roustan semble pour le moins optimiste quant aux com-
pétences de l’institution qu’il dirige, qui rappelons-le a tou-
jours été administrative et absolument pas technique :
« Depuis la mise en place de la FNPF, nous avons tous en
effet ressenti l’impression selon laquelle nous n’étions pas
toujours « maîtres de notre destin » et que nous réagis-
sions ou œuvrions à chaud. Ceci tient naturellement à nos
nouvelles missions qui débordent, et de loin, la simple ges-
tion de la pêche de loisir : nous sommes devenus un ac-
teur institutionnel majeur dans notre domaine de
compétence. »
« Ce séminaire a été également l’occasion de bâtir un pro-
jet pluriannuel partagé, global, réaliste mais ambitieux. »
Cela n’empêche pas Claude Roustan de faire preuve d’un
autoritarisme incroyable comme en témoigne les menaces
faites aux AAPPMA dans un chapitre 3 intitulé « Clarifier la
réglementation » :
• «Expurger les règlements intérieurs de tous les obstacles
au loisir pêche.
La secrétaire d’État Chantal Jouanno avec Claude Roustan (à
droite) au dernier salon de l’agriculture.
La réforme de la discorde
Photo : FNPF
•Formaliser une procédure réglementaire de retrait d’agré-
ment à l’encontre des AAPPMA et/ou de leurs responsables.
•Créer une commission de conciliation nationale chargée de
régler les conflits entre fédérations et AAPPMA.
•Insérer l’halieutisme comme un des fondements de la ré-
glementation de la pêche. »
Cela paraît surréaliste, mais telles sont les propositions de la
FNPF. Que faut-il comprendre dans cette déclaration, hormis
son côté dictatorial ? « Insérer l’halieutisme comme un des
fondements de la réglementation de la pêche » : voici une
phrase maladroite, certes, mais qui est très lourde de sens. Si
l’on pardonne l’emploi d’un mot qui n’existe pas, l’halieu-
tisme, et si l’on considère que son sens désigne ce qui touche
à la pêche, alors tout devient clair. La FNPF entend gérer la
pêche, les pêcheurs, et non s’embêter avec les milieux aqua-
tiques, les particularités biologiques, les humeurs de telle ou
telle espèce de poisson. D’où la réaction envers les arrêtés
préfectoraux citée ci-dessus… Or, l’aspect halieutique est in-
dissociable de l’aspect
biologique. Nous ne
jouons pas au tennis,
monsieur Roustan, notre
activité implique une
étroite relation avec des
êtres vivants ! Dans sa vi-
sion globale, simple, des
choses, la FNPF oublie la réalité de terrain des AAPPMA. Ces
associations sont très différentes les unes par rapport aux au-
tres. Il y a celles qui gèrent des parcours appartenant au do-
maine public, alors que d’autres doivent composer avec les
contraintes du domaine privé. Pour ce second cas, l’existence
de ces associations est souvent complexe, impliquant des
rapports avec des dizaines de propriétaires riverains à qui il
faut payer les baux. L’existence de certaines AAPPMA ne tient
qu’aux bonnes relations entre le président et quelques pro-
priétaires. Ce sont des situations précaires où tout peut s’ar-
rêter sur un simple malentendu. Les personnes qui gèrent
bénévolement ces associations ont un rôle ingrat, difficile, qui
mérite plus de respect qu’une volonté imposée par la force.
La FNPF est en passe non seulement de mettre le feu aux
poudres, mais s’affaire surtout à scier la branche sur laquelle
elle est assise, d’une part en retirant des agréments, mais plus
encore en décourageant les bonnes volontés. L’ensemble des
mesures proposées par la FNPF ne serviront pas à freiner la
chute des ventes de permis, au contraire, tout concorde pour
une nouvelle baisse. C’est ce que nous démontrons dans ce
dossier. Certes, il serait plus simple de déverser en masse des
poissons d’élevage dans les rivières pour contenter les pê-
cheurs. C’est sans doute l’un des plans imaginés par la FNPF.
Le projet GENESALM est d’ailleurs une façon déguisée de dé-
verser des truites, qu’on
nous présente comme
sauvages pour contenter
les pêcheurs. La FNPF
est une sorte de répu-
blique banannière, où
l’on ignore les lois, où
l’on impose ce que l’on
veut et où l’on prend la nature pour un terrain de sport col-
lectif sans vie. A travers cette réforme, la FNPF se fait imman-
quablement l’ennemi de l’Onema, des Diren, bref de l’Etat.
C’est une honte pour le monde de la pêche, pour tous ceux
qui se sentaient impliqués, responsables, dans la sauvegarde
des milieux aquatiques, dans la détection des pollutions, des
agressions en tout genre que subit l’environnement aqua-
tique. Les naturalistes pêcheurs, sensibles à la qualité des mi-
lieux, ne peuvent qu’être déshonorés par ce que met en place
la FNPF en ce début d’année. Quelle image donnerons-nous
aux autres acteurs du bord des cours d’eau et des lacs ?
Jean-Marc Theusseret
C’est une honte pour le monde de la pêche,
pour tous ceux qui se sentaient impliqués,
responsables, dans la sauvegarde des milieux
aquatiques aquatique.
Le sandre est présent dans les eaux françaises depuis plus de
quarante ans, avec un impact relativement neutre. Cette espèce
exogène n’est pas défendue par l’État comme le prouve la date
d’ouverture de la pêche des carnassiers proposée au 1er mai.
Contre l’érosion des permis
de pêche, constante depuis
plus de vingt ans, la Fédéra-
tion nationale pour la pêche
en France a décidé de ten-
ter des actions qui permet-
traient de relancer un peu la
machine. De plus de trois
millions de pêcheurs qui ac-
quittaient la taxe piscicole il
y a vingt ans, nous sommes
passés à moins de un mil-
lion. Les causes de ces
pertes sont variées, imputa-
bles autant à la multiplica-
tion des loisirs qu’à une
désertification du monde
rural et à tant d’autres
choses…
Pour enrayer cette baisse,
un projet de simplification
de la réglementation de la
pêche de loisir à été retenu
par la FNPF, avec comme
objectif une date unique
pour le territoire français
pour deux espèces, la truite
fario et le brochet. La pro-
position concernant l’ouver-
ture de la pêche en
première catégorie est glo-
balement plutôt bien ac-
ceptée. Elle préconise une
ouverture le deuxième sa-
medi de mars, sauf pour 16
départements du nord de la
France où il est prévu une
ouverture le quatrième sa-
medi de mars pour l’Aisne,
l’Eure, la Marne, le Nord,
l’Oise, le Pas-de-Calais,
Paris, la Seine-Maritime, la
Seine-et-Marne, les Yve-
lines, la Somme, l’Essonne,
les Hauts-de-Seine, la
Seine-Saint-Denis, le Val-de-
Marne et le Val-d’Oise.
A l’examen de cette liste, on
peut toutefois se demander
ce qu’une truite parisienne
a de différent d’une truite
angevine, ou pourquoi les
truites de l’Oise n’ont pas
droit au même régime que
leurs cousines de l’Yonne.
Ces départements sont d’un
point de vue piscicole extrê-
mement différents avec des
cours d’eau côtiers à salmo-
nidés migrateurs et séden-
taires (Seine-Maritime,
Pas-de-Calais, Somme), et
d’autres où l’on peut se de-
mander s’il reste encore des
truites, qui au mieux ont ap-
pris à nager sans nageoires
(Paris, Hauts-de-Seine,
Seine-Saint-Denis). Bel
exemple de cohérence bio-
logique, halieutique et de
simplification…
Mais ce qui fait débat
concerne le second volet de
cette harmonisation, à pro-
pos cette fois de l’ouverture
de la pêche du brochet qui
est proposée le 1er mai.
Alors pourquoi cette date
au lieu du second samedi
de mai, comme c’était le cas
ces dernières années ? La
FNPF invoque une date
idéale pour communiquer :
pensez, c’est le jour de la
fête du Travail. Bien. Pour
comprendre ce choix, il faut
savoir que les vœux formu-
lés par la FNPF doivent,
pour devenir réalité, être va-
lidés par le personnel com-
pétent au plus haut niveau
des services concernés,
c’est-à-dire la Direction de
l’eau, qui demande notam-
ment l’avis de la direction
de l’Office national de l’eau
et des milieux aquatiques
(Onema, ex-Conseil supé-
rieur de la pêche). L’ouver-
ture du brochet, espèce
indigène de référence chez
les carnassiers en France,
implique dans beaucoup de
départements l’ouverture
de la pêche des autres es-
pèces de carnassiers que
sont le sandre, la perche, le
L’ouverture de la pêche des carnassiers proposée le 1er mai ne
suffira pas à faire remonter les ventes de cartes. Cette date expose
fortement deux espèces, le sandre et le black-bass, dont la pêche sur
les frayères fera s’effondrer les populations. L’echec de cette mesure
est total, castastrophique pour la pêche en France.
Ouverture anticipée
de la pêche du brochet,
La FNPF tombe
dans le piège tendu
par l’Onema
Par une modification de la réglementation, la
FNPF tente d’arrêter la chute des ventes de
cartes. Saine intention vu que la dégringolade
dure depuis près de trente ans. La proposition
d’ouverture uniformisée au 1er mai (pourquoi
pas le 1er avril… ) n’y pourra rien. Elle va pro-
duire l’effet inverse de celui escompté. Voici pour-
quoi…
silure et le black-bass. La
date proposée, si elle est
justifiée pour le brochet,
l’est beaucoup moins pour
le sandre et le black-bass,
qui sont en pleine période
de reproduction. Ces deux
espèces comptent parmi les
plus vulnérables sur leurs
nids. Dans les deux cas, les
mâles chargent les intrus
qui s’aventurent dans l’en-
ceinte du nid, qu’il s’agisse
d’un leurre, d’un autre pois-
son, d’une brosse à dent ou
d’une tasse à café. Ce phé-
nomène bien connu a sou-
vent été observé, filmé,
dans le but de défendre
l’idée d’une période de pro-
tection de ces espèces. Il
faut savoir également qu’un
mâle de sandre ou de
black-bass, prélevé sur son
nid, expose la ponte à la
prédation des brèmes, des
gardons, qui ne mettent ja-
mais longtemps à faire
place nette.
Alors pourquoi l’Onema, qui
connaît parfaitement ce
phénomène, a-t-il donné
son accord pour cette date
précoce ? La réponse va en
surprendre plus d’un. Au
CSP et à l’Onema, on ne
s’est jamais caché de ne dé-
fendre que les espèces indi-
gènes. Le sandre comme le
black-bass sont des espèces
introduites, qui n’ont donc
pas droit de cité. Nous
sommes parfaitement d’ac-
cord avec ce principe géné-
ral de précaution vis-à-vis
des espèces exogènes, dont
il faut – c’est la moindre des
choses – du temps pour
comprendre et connaître les
déséquilibres biologiques
qu’elles peuvent engendrer.
Le sandre, dont les pre-
mières populations sont ar-
rivées d’Europe de l’Est par
les canaux, est présent en
France depuis plus de qua-
rante ans ! Quant au black-
bass, ce sont les soldats
américains qui l’ont intro-
duit durant la Seconde
Guerre mondiale. On disait
du sandre, qu’on appelait à
l’époque le « brochet
perche » (!), qu’il tuait par
plaisir et qu’il allait vider les
cours d’eau de leurs
ablettes et de leurs gardons.
Il n’en fut rien, et c’est le
sandre qui est aujourd’hui
menacé. Idempour le black-
bass qui, comme le sandre,
présente surtout le vilain dé-
faut d’être aussi bon à man-
ger que le saumon.
Comment la FNPF, qui
compte renvoyer en masse
les gens à la pêche, compte
tirer profit d’une mesure qui
vise surtout à éradiquer
deux des espèces les plus in-
téressantes à pêcher en
France ? Pour ce qui
concerne le brochet, seul à
bénéficier d’une protection
spécifique, parlons-en. C’est
la moindre des choses que
ce fabuleux prédateur « bien
de chez nous » bénéficie
d’une période de fermeture
adaptée. On ne reviendra
pas là-dessus. Mais quel est
l’avenir de ce poisson dans
des cours d’eau rectifiés, ca-
nalisés, asséchés, où les
lieux de frayères sont parfois
inexistants sur des centaines
de kilomètres (la plupart des
fleuves, tous les canaux, une
bonne partie des rivières na-
vigables) ? Pourquoi les pro-
grammes de restauration de
frayères à brochets sont-t-ils
si rares alors que tous les
spécialistes, ingénieurs, tech-
niciens en hydrobiologie,
sont unanimes pour recon-
naître l’efficacité de cette
mesure ? Une question de
manque de moyens ? Sûre-
ment pas ! La FNPF, qui
communique à pleines
pages de publicité dans la
« grande presse », ne semble
pas au bord du dépôt de
bilan. Le problème de cet or-
ganisme qui fonctionne avec
notre argent, celui des pê-
cheurs, est de mettre la char-
rue avant les bœufs et d’être
particulièrement mal en-
touré.
Voici dressé en quelques
lignes une des vérités de la
pêche de trois espèces de
carnassiers en France. Cette
date aura pour effet de fragi-
liser encore un peu plus la
situation pour le sandre et le
black-bass, deux espèces
que les pêcheurs ont beau-
coup de mal à capturer car
elles comptent un peu par-
tout des populations en net
déclin, sans pour autant être
particulièrement bénéfique
au brochet.
Il semble donc que la FNPF
et notamment Claude Rous-
tan, son président, soit
tombé dans le pan-
neau… Cette ouverture pré-
coce (elle a durant long-
temps été fixée au
deuxième samedi de juin)
ne peut avoir comme résul-
tante qu’une diminution des
permis à moyen terme, donc
l’exact effet inverse de celui
souhaité. Certes, les petits
malins qui feront des car-
tons sur les frayères à san-
dres et à black-bass iront à la
pêche, mais ce sont des
mercenaires qui très vite se-
ront les premiers à râler et à
revendre leur maté-
riel… Mauvais calcul !
Heureusement, cette pro-
position a rencontré une
opposition vive dans les fé-
dérations départementales,
qui ne comprennent pas
comment on peut condam-
ner la pêche des carnassiers
en France en une seule me-
sure ! Cette opposition a fi-
nalement donné lieu à une
consultation publique ac-
cessible sur le site du minis-
tère de l’Ecologie et du
Développement durable. Il
est encore trop tôt pour
connaître le démêlé de
cette affaire. Il n’est pas cer-
tain d’ailleurs qu’il soit réa-
liste d’appliquer cette date
en 2010, faute de temps.
Nous connaissions l’appel
du 18 juin, le jour des
blagues le 1
avril, mais
pour les pêcheurs le 1
er
mai
sera, en plus d’être la fête
du Travail, la fête des razzias
sur les frayères !
Jean-Marc Theusseret
Au CSP et à l’ONEMA, on ne s’est jamais caché de ne
défendre que les espèces indigènes. Le sandre comme
le black-bass sont des espèces introduites,
qui n’ont donc pas droit de citer.
Démocratique… popu-
laire… populiste. Entre ces
adjectifs, la frontière est
mince. Cette pêcherie se
caractérise par la volonté
politique de faire passer le
pêcheur avant le poisson et
le poisson avant le milieu.
L’homme y est au centre de
tout. C’est cet « anthropo-
centrisme » halieutique qui
vit (espérons-le…) ses der-
niers jours. C’est également
cette logique déconnectée
des réalités écologiques de
terrain qui se trouve de plus
en plus remise en cause par
les gestionnaires…
A sa base, la logique poli-
tique est simple : un pê-
cheur, c’est sacré et ça a
des droits, voilà le point de
départ. Ensuite, on constate
qu’il n’y a pas assez de
poissons prenables dans
les rivières pour satisfaire
tout le monde. Réponse
politique : on va vous en fa-
briquer.
Et c’est ainsi que pendant
des décennies l’argent des
pêcheurs a été majoritaire-
ment misé sur une struc-
ture magique, censée
multiplier les petits pains :
le Centre piscicole fédéral
destiné à produire arcs sur-
densitaires et truitelles
fario. Mais, disons-le bruta-
lement : cela ne marche
pas. Il reste alors seulement
deux leviers d’action : soit
agir sur le pêcheur (aïe ! les
prochaines élections !), soit
agir sur le milieu de vie du
poisson. Dans chaque cas
cela demande des compé-
tences et un réel courage
politique, qui risque de pas
mal contrarier la bête dé-
mocratique…
Agir sur les pêcheurs ?
(on peut rêver…)
Notre pêcherie repose sur
l’idée qu’un poisson, ce
n’est pas fait pour vivre
dans une rivière, mais pour
être capturé par un pê-
cheur. Si on ajoute à cela
que la pêche française est
gérée par (pour ?) des ru-
raux, on comprend que la
pêche-cueillette de grand-
papa ait de farouches dé-
fenseurs, et pas seulement
dans les Pyrénées. Sous
couvert de démocratie, la
tendance traditionaliste est
nette : une truite, c’est fait
pour être mangé entre
amis. Un point, c’est tout.
Ce populisme halieutique
ressurgit sous couvert
scientifique par la tendance
à la diminution des tailles
légales de capture. Le rai-
sonnement est le suivant :
on constate que les poli-
tiques fédérales d’alevinage
massifs ne fonctionnent pas
et que, trois ans plus tard, il
ne reste plus rien dans les
rivières. Que ferait le ges-
tionnaire de bon sens ? Il
stopperait cette politique
ruineuse. Sauf que, quand
on se retrouve avec une
pisciculture fédérale à plu-
sieurs milliers d’euros sur
les bras (et avec son per-
sonnel.), on aimerait bien
en faire quelque chose…
Diminuer la taille légale de
capture (et donc tirer sur la
corde pour prélever les
truites à 2+) permet évi-
demment d’augmenter le
taux de reprise de façon im-
portante…
Mais, outre le fait d’ajouter
un chapitre de plus à la
grande braderie des éco-
systèmes, cette idée géniale
se trouve en contradiction
avec la loi française, qui dit
que les truites ne peuvent
être prélevées qu’après
s’être reproduites au moins
une fois. La bête démocra-
tique est salmoniphage,
alors l’intérêt des espèces
passe parfois… après celui
de la pisciculture fédérale !
D’une manière générale, la
question des prélèvements
effectués par les pêcheurs
est un sujet tabou. Il est
La restauration des milieux est selon les spécialistes la seule façon
de retrouver un état écologique convenable des milieux aquatiques.
Il est bien connu que seuls les prélèvements des cormorans
ont un impact sur les peuplements piscicoles.
L’oiseau noir est un voleur, alors que le pêcheur
est un être qui a des droits…
vous saisissez la nuance ? Pas moi.
Pêche démocratique, pêche médiocratique?
Quoi de plus beau qu’un monde dans lequel il y aurait du poisson pour tous, de jolies rivières, et où
les pêcheurs s’aimeraient les uns les autres ? C’est ce monde parfait que la pêche française à voulu
édifier depuis cinquante ans. Et c’est ce même monde qui s’effondre doucement, en silence, de façon
strictement proportionnelle au délabrement des écosystèmes.
Désignons ce pachyderme par l’expression « pêche démocratique ».
Jean-Christian Michel
bien connu que seuls les
prélèvements des cormo-
rans ont un impact sur les
peuplements piscicoles.
L’oiseau noir est un voleur,
alors que le pêcheur est un
être qui a des droits… vous
saisissez la nuance ? Pas
moi. Ce sujet fait beaucoup
rire les agents de l’Onema
quand ils voient, lors des
pêches d’inventaire, la
façon dont les cohortes de
truites réglementaires sont
décimées. Mais passons…
D’une manière générale,
toute forme de limitation
ne plaît pas. La pêche fran-
çaise est anarchique dans
les faits. Le plus démocra-
tique est de ne rien faire :
n’agissons pas sur le pê-
cheur… d’autant plus que
le braconnage non plus
n’est pas limité.
C’est à partir de cette dou-
ble crispation économique
et réglementaire qu’il est in-
téressant d’éclairer la de-
mande de certains
pêcheurs consistant à pou-
voir disposer de parcours
pour pêcher les truites arc
en ciel en no-kill, idée di-
rectement calquée sur ce
qui se fait dans les parcours
privés des Balkans. Intro-
duites sur des parcours
abiotiques (j’ai devant ma
fenêtre 40 km de Durance
en no-kill… administratif
pour cause de pollution re-
cord au mercure et aux
PCB), ces truites de bassine
n’auraient pas de gros im-
pact sur le milieu (trois sec-
teurs pêchés à l’électricité,
aucune fario capturée). La
différence, c’est que dans
les pays de l’Est, sur les par-
cours en question, le per-
mis journalier coûte entre
50 et 100 euros, et qu’à ce
prix on peut « bassiner » à
pleins camions. Or, si les
pêcheurs à la mouche fran-
çais qui avancent cette idée
lumineuse étaient un peu
plus impliqués dans la vie
de leur fédération, ils sau-
raient peut-être que le coût
de fonctionnement d’une
pisciculture est exorbitant
et que les fédés qui font
tourner ces petites usines à
poissons inadaptées se
trouvent grandement limi-
tées lorsqu’il s’agit de
consacrer du temps et de
l’argent à la restauration
des milieux aquatique ou à
la garderie.
Encourager les fédérations
à œuvrer dans cette direc-
tion, c’est les inciter un peu
plus à « recycler » leurs pis-
cicultures et à s’investir un
peu moins dans la restaura-
tion des milieux aquatiques
et dans leur protection.
Bien joué. Le clientélisme
« moucheux » n’est pas plus
respectable que celui des
raboliots de village.
Victimes, bourreaux…
même combat ?
Enfin, faire croire (sondage
à l’appui…) que le pêcheur
moyen se préoccupe seule-
Quelle est grande la tentation de déverser des poissons bien ronds,
bien cons dans les milieux naturels. On fabrique ainsi des pêcheurs
irresponsables, des consommateurs, aussi bien élevés que les poissons
qu’ils pêchent.
ment des poissons dans le
panier, sans se soucier
d’autres valeurs, c’est ren-
dre les pêcheurs facilement
manipulables, et ça, à EDF,
on l’a bien compris. La re-
devance hydroélectrique
distribuée aux fédérations
sous la forme de truitelles
d’alevinage, en « compen-
sation » aux incroyables
destructions d’écosystèmes
perpétrées par EDF depuis
cinquante ans constitue
peut-être le volet le moins
reluisant de cette « concer-
tation » chère aux gestion-
naires trop démocrates. Il
est toujours cocasse de voir
les victimes et les bour-
reaux marcher main dans la
main…
Disons le sans ambiguïté :
EDF est le diable des ri-
vières françaises et, en ac-
ceptant cette aumône qui
n’a pas d’effets sur la santé
de nos cours d’eau, les pê-
cheurs se baîllonent tout
seuls. Ainsi, EDF achète le
silence des fédérations de
pêches, interdisant de poin-
ter les vrais problèmes en-
vironnementaux dont ils
sont responsables de par
leur cynisme économique :
débits réservés sans com-
mune mesure avec les be-
soins des espèces repères,
gestion calamiteuse des
éclusées, disparition du
transport solide à l’aval des
barrages, destruction de
l’habitat, des continuités
piscicoles… et j’en passe.
« Les barrages EDF ne sont
pas classés en deuxième
catégorie en raison d’une
détérioration des milieux,
mais parce qu’en plus d’y
trouver des truites on y
trouve des brochets (!) »
Cette citation savoureuse
ne sort pas de la bouche
d’un hydraulicien… mais
d’un représentant fédéral.
CQFD. Ce qui manque le
plus au pêcheur français,
c’est une conscience envi-
ronnementale. Quand on
voit les résultats qu’une as-
sociation de défense de
l’environnement arrive à
obtenir avec seulement
200adhérents à 10 euros la
cotisation, on est surpris du
silence juridique du million
de pêcheurs français.
Silence culturel et
structurel…
La seule façon de défendre
les milieux aquatiques et de
contourner le laxisme des
services de l’Etat est de faire
travailler des cabinets
d’avocats afin de défendre
nos droits.
La pêche française se pré-
sente parfois comme « la
plus démocratique au
monde », mais la démocra-
tie érigée en cache misère
idéologique ne parvient pas
à masquer, au-delà des par-
ticularismes franchouillards,
un cruel manque d’identité.
Au final, cette gestion cen-
sée donner du poisson à
Si la pêche française à un avenir, celui-ci passe uniquement
par la protection des milieux aquatiques et par l’invention
de stratégies juridiques, politiques et halieutiques permettant
de faire respecter ses enjeux environnementaux.
Des pêcheurs français de plus en plus nombreux découvrent la
pêche à l’étranger (ici la Patagonie).
tout le monde a accouché
de générations de pêcheurs
inadaptés, comme les pois-
sons qu’ils pêchent une fois
l’an. Dans le Verdon, on dit
que les vrais pêcheurs ont
disparu peu à peu avec la
construction des barrages
mastodontes d’EDF. On dit
également que, de nos
jours, nos rangs sont com-
posés d’un quart de pê-
cheurs assidus et trois quarts
d’occasionnels (avec un turn
over annuel proche de
50%). Si on continue à
gérer la pêche française de
façon « démocratique »,
c’est-à-dire « médiocratique-
ment », pour satisfaire « la
plus grande partie des pê-
cheurs », le pire est peut-être
encore devant nous.
Si les pêcheurs ne sont pas
respectés par l’administra-
tion (pas plus que la fédéra-
tion nationale des cueilleurs
de champignons…) et que,
malgré leurs efforts louables,
ils ont tant de mal à sensibi-
liser les décideurs politiques
aux problèmes environne-
mentaux menaçant de ruine
notre activité, c’est peut-être
parce que la pêche française
ne veut pas choisir l’identité
qui lui permettrait d’être en
phase avec son époque, ses
problèmes, et donc de rede-
venir crédible d’un point de
vue environnemental. Le
problème n’est pas de favo-
riser une catégorie de pê-
cheurs au détriment d’une
autre, mais de comprendre
une bonne fois pour toute
que le pêcheur ne peut pas
être le centre d’une gestion
des milieux aquatique crédi-
ble.
Si la pêche française à un
avenir, celui-ci passe unique-
ment par la protection des
milieux aquatiques et par
l’invention de stratégies juri-
diques, politiques et halieu-
tiques permettant de faire
respecter ses enjeux envi-
ronnementaux. Le reste
n’est que poudre aux yeux.
La vie n’est pas un phéno-
mène que l’on puisse parta-
ger, pas même de façon
« démocratique ».
La pêche de grand-papa est
morte. Espérons que la
pêche française ne meure
pas avec.
Autre tendance, le succès des
sites privés (ici le lac de
Malaguet), surtout dans les
régions où les rivières ne sont
plus que l’ombre d’elles-
mêmes…
Communiqué de l’Association Black Bass France concernant le décret
visant à modifier les dates d’ouverture et de fermeture de la pêche.
Ayant pris connaissance du projet de décret modificatif des dates d’ouverture et de fermeture de
la pêche, nous nous interrogeons en ce qui concerne la pêche des carnassiers dans les eaux de
2ème catégorie du domaine public. Deux modifications sont apportées : d’une part l’ouverture gé-
néralisée de la pêche du brochet au 1er mai et d’autre part la suppression de l’autorité du préfet
qui pouvait jusqu’à présent prolonger la période de fermeture.
Le raisonnement semble limité à un seul carnassier, le brochet. Il faut bien l’avouer, ces dates larges
permettent de protéger tous les brochets de France. Cependant le brochet n’est pas le seul car-
nassier présent sur notre territoire. Historiquement la période de fermeture de la pêche aux leurres
est calquée sur celle de sa reproduction, mais il n’est pas le plus en danger lors de cette période
cruciale au maintien des populations piscicoles ! Sandres et black bass sont également à considé-
rer ! Comble de malchance, la date d’ouverture retenue tombe précisément pendant leurs repro-
ductions. Ces deux poissons gardent leur progéniture pendant environ un mois au cours duquel ils
sont très agressifs (qui ne le serait pas pour protéger les siens ?) et donc très vulnérables… La pro-
position actuelle n’est donc pas respectueuse de leurs rythmes biologiques. A une époque où nos
connaissances de la biologie et de l’environnement ont grandement évoluées, nous trouvons dom-
mage de ne pas avoir un tant soit peu de bon sens écologique…
Une réglementation plus adaptée est envisageable et applicable, mais il faut permettre certaines
adaptations géographiques, des ouvertures spécifiques à chaque cas, mais aussi des quotas et des
tailles légales de captures supérieures à celles en vigueur. Ces voies semblent être les plus sages
pour protéger au mieux les populations piscicoles de notre pays et garantir ainsi à nos enfants de
belles pêches.
Le projet GENESALM est né,
au milieu des années 2000,
d’un partenariat entre le
monde de la pêche, qui dé-
sire mieux raisonner ses
pratiques d’alevinage, et
celui des pisciculteurs pro-
fessionnels, qui veulent
donner une image plus
qualitative et durable de
leurs productions d’élevage.
Les trois objectifs affichés
du projet GENESALM sont,
d’après les documents
officiels:
•« maîtriser la génétique
des produits de repeuple-
ment en truite fario et sau-
mon atlantique pour
préserver les populations
naturelles grâce à un par-
tenariat entre pêcheurs et
pisciculteurs,
•élaborer une stratégie glo-
bale et contrôlable décli-
nant les différents cas de
figure du repeuplement à
destination des acteurs
impliqués dans la gestion
de la ressource génétique,
•proposer aux associations
responsables des repeu-
plements des schémas de
répartition des actions
entre les parties prenantes
impliquées dans la gestion
de la ressource salmoni-
cole, ainsi que les modali-
tés techniques nécessaires
à la mise en œuvre. »
GENESALM et biodiversité:
cherchez l’erreur!
Depuis de nombreuses années, les mélanges génétiques et la propagation de maladies provoquées
par les alevinages sont décriés par les scientifiques et les gestionnaires clairvoyants. La mise en
œuvre du projet national GENESALM, visant la réduction des pollutions génétiques issues des acti-
vités halieutiques, apparaît ainsi salutaire. Toutefois, la lecture de ses objectifs et surtout de ses pers-
pectives laisse pantois plus d’un pêcheur passionné! En clair, GENESALM veut sauver et restaurer les
souches rares de truites et de saumons autochtones à travers le développement d’une aquaculture
durable! A l’heure du bicentenaire de sa naissance, Darwin doit se retourner dans sa tombe…
Par Sylvain Richard et Guy Périat
Tout un programme, qui
nécessite de connaître,
dans un premier temps, les
caractéristiques génétiques
des truites et saumons de
nos rivières. Le bilan de la
diversité de leur génome
sur le territoire français a
donc logiquement été
lancé à partir de 2006.
La carte d’identité
des truites et des saumons
de France!
Des échantillons de truites
en provenance de cours
d’eau de différents bassins
atlantiques et méditerra-
néens mais aussi de pisci-
cultures ont ainsi pu être
analysés. Encore incomplet,
cet excellent travail des
généticiens a permis de
confirmer la présence de
trois lignées distinctes: at-
lantique, méditerranéenne
et corse. En outre, dans
l’état actuel de ces connais-
sances, des subdivisions lo-
cales ont été mises en
évidence: huit pour le bas-
sin méditerranéen et deux
pour la lignée atlantique.
Parallèlement, l’analyse des
truites issues de pisciculture
a montré que la souche
domestiquée utilisée, d’ori-
gine atlantique, est homo-
gène à travers tout le pays.
Elle est par ailleurs parfaite-
ment distinguable des
souches de poissons au-
tochtones.
A partir de ces premiers ré-
sultats scientifiques très inté-
ressants, GENESALM propose
une action inédite pour pré-
server nos truites sauvages:
l’aquaculture
durable.
La poursuite du projet
GENESALM s’articule ainsi
autour des quatre thèmes
suivants:
•« Compléter la carte géné-
tique des populations
françaises de truites et de
saumons.
•Proposer des appuis tech-
niques aux pisciculteurs et
gestionnaires afin d’assu-
rer une parfaite cohérence
de production de souches
sauvages domestiquées.
•Définir les attentes géné-
tiques des pêcheurs.
•Evaluer l’efficacité des
repeuplements. »
C’est ici malheureusement
que le naturaliste s’étouffe!
Et que le pêcheur pas-
sionné plie ses gaules! En
effet, compte tenu des pro-
cessus naturels dont dé-
pend la genèse de notre
biodiversité, la pisciculture,
si durable et respectueuse
des souches locales soit-
elle, ne peut pas contribuer
à sauvegarder le patri-
moine piscicole de nos mi-
lieux aquatiques. Quelques
éclaircissements et rappels
s’imposent pour étayer ce
point de vue…
A-t-on oublié que
les salmonidés
colonisentnos rivières
depuis des milliers
d’année?
En premier lieu, il est im-
portant de rappeler que la
présence de truites sur les
massifs européens date
des dernières glaciations.
Pour certaines régions, la
recolonisation après le re-
trait des glaciers a eu lieu il
Aujourd’hui, l’expérience montre que rien ne vaut une
reproduction naturelle des truites. Ce qui implique-là où c’est
nécessaire, une action de renaturation des cours d’eau.
A partir de ces premiers résultats scientifiques très
intéressants, GENESALM propose une action inédite pour
préserver nos truites sauvages: l’aquaculture durable.
y a environ 15000 ans,
alors que d’autres arborent
des populations de truites
vieilles de plus de 100000
ans. Avant l’arrivée de
l’homme, un grand nom-
bre de ces peuplements
étaient isolés physique-
ment par des barrières
infranchissables (différents
bassins hydrographiques,
habitats non propices, bar-
rière thermique, chutes na-
turelles, etc.). En l’absence
de reproduction croisée, et
donc de flux de gènes, la
sélection naturelle a pu en-
gendrer des adaptations
locales. Elles se caractéri-
sent aujourd’hui par des
différences phénotypiques
(forme, couleur…), géné-
tiques et comportemen-
tales. Les diverses lignées
révélées par la cartogra-
phie génétique effectuée
lors de la première phase
du programme GENESALM
reflètent ainsi ces isole-
ments plus ou moins
récents. Ce processus
adaptatif, qui peut
conduire à terme à la
formation de nouvelles es-
pèces, est similaire à celui
intervenu, il y a encore plus
longtemps, entre les sal-
monidés d’Amérique du
Nord et ceux du continent
européen (cf.
Pêches spor-
tives
n° 74, mai-juin 2008).
D’un point de vue natu-
raliste, mélanger des
poissons qui ont évolué sé-
parément pendant près de
100000 ans est un geste
quasiment aussi grave que
d’introduire des espèces
invasives telles que le
poisson-chat, l’écrevisse
américaine ou encore la re-
nouée du Japon. Il est sus-
ceptible de mettre en péril
les souches, voire les es-
pèces locales, et est mal-
heureusement souvent
accompagné de problèmes
d’ordre sanitaire. La mala-
die rénale proliférative en
est le meilleur exemple
chez les salmonidés (cf.
Pêches sportives
n° 57,
juillet-août 2005).
Les activités halieutiques de
translocations de poissons
ont provoqué des situations
malheureusement irréversi-
bles pour certains cours
d’eau savoyards et juras-
siens: les têtes de bassin de
ces réseaux hydrogra-
phiques méditerranéens
sont actuellement coloni-
sées par des populations de
truites atlantiques parfaite-
ment autonomes. En aval,
comme repoussées par les
envahisseurs, les truites
zébrées méditerranéennes
se maintiennent tant bien
que mal. Les mesures
La reproduction effectuée par la main de l’homme
en pisciculture, même avec des souches dites locales
comme le prône le projet GENESALM, est par définition
contraire au processus dynamique de spéciation.
Ce qu’il reste d’une “écloserie à truites sauvages” érigée comme
modèle il y a quelques années…Les AAPPMA pouvaient y acheter
des truites “quart-sang”, “demi-sang” et même de la “comtoise” !
Le tout étant évidemment présenté comme de la truite certifiée
sauvage. Tout simplement grotesque.
proposées par le projet
GENESALM n’arriveront
malheureusement pas à in-
verser cet état de fait. Pire,
mal appliquée, une poli-
tique de repeuplement
labellisée “patrimoniale”
pourra même contribuer à
aggraver la propagation de
souches de poissons al-
lochtones, de maladies ou
de parasites.
L’isolement géographique
est-il l’unique cause
des évolutions
divergentes observées?
L’apparition de nouvelles
espèces n’est en fait pas
obligatoirement liée à un
isolement géographique.
Elle peut également interve-
nir au sein d’un même bas-
sin versant ou d’une même
population. Ce phénomène
est alors appelé spéciation
sympatrique. C’est ce qui
semble se dérouler actuelle-
ment entre la forme migra-
trice de la truite arc-en-ciel
(appelée steelhead) et sa
forme résidante (rainbow
trout) sur son aire de répar-
tition originelle des côtes
pacifiques nord-américaines
et asiatiques. Deux forces
naturelles à la base de l’évo-
lution le régissent: d’une
part, la sélection naturelle a
ouvert la porte à deux stra-
tégies de développement
antagonistes, l’une résidante
et l’autre migratrice. D’autre
part et surtout, la sélection
sexuelle sépare petit à petit
la population en deux
groupes distincts. Au fil du
temps, les femelles d’une
forme auront toujours plus
tendance à préférer les
mâles qui leur sont simi-
laires. N’oublions pas que le
choix final du partenaire
d’accouplement leur appar-
tient toujours! Et ceci
quelque soit l’espèce… A
terme peut-être, à l’échelle
de plusieurs milliers d’an-
nées tout de même, les flux
de gènes entre chaque
forme seront interrompus et
deux espèces à part entière
constituées. Toutefois, si le
pisciculteur intervient, le
choix sexuel naturel, anni-
hilé par toute pratique de fé-
condation artificielle, ne
pourra être respecté. La re-
production effectuée par la
main de l’homme en pisci-
culture, même avec des
souches dites locales
comme le prône le projet
GENESALM, est par défini-
tion contraire au processus
dynamique de spéciation.
Ce moteur fondamental de
biodiversité ne peut pas
fonctionner dans des bas-
sins où tout est contrôlé.
Seul le développement en
milieu naturel permet le res-
pect de l’évolution.
A-t-on omis
qu’en eaux courantes
le repeuplement
n’est pas efficace?
Le constat est là: le repeu-
plement, c’est-à-dire la
mise à l’eau de juvéniles
dans l’objectif de reconsti-
tuer ou d’accroître un chep-
tel rustique à vocation
halieutique, n’est pas effi-
cace en milieu naturel ar-
borant des populations
relictuelles. Les nom-
A la fin des années 1990, l’Etat a commandité des études
de grande ampleur sur l’efficacité des alevinages par marquage
à la tetracycline (ci-dessus). Le résultat de ces études, validées par
le CSP et l’Inra, concluait à un taux de réussite des alevinages
extrêmement faible quelle que soit l’origine génétique des truites
introduites. Avant la publication de ces résultats, les “écloseries
à truites sauvages” étaient présentées comme la solution idéale pour
“sauver” nos rivières ! Il est impensable qu’un projet comme
GENESALM puisse voir le jour en 2010 suite à cet échec reconnu
par l’Etat, publié officiellement et dont les études (qui ont
démontré l’inutilité) ont coûté beaucoup d’argent.
breuses études et suivis
scientifiques réalisés sont
unanimes. La part de pois-
sons introduits dans les
stocks de géniteurs en
place reste symbolique, de
l’ordre de quelques indivi-
dus sur 1000. En outre, les
quelques survivants auront
toujours tendance à se
substituer plutôt qu’à
s’ajouter au peuplement
naturel. Autrement dit, ils
prennent la place des pois-
sons sauvages. Et comme
le cite la prestigieuse
revue scientifique
Science,
l’aptitude reproductive des
géniteurs d’origine artifi-
cielle est systématiquement
inférieure à celle des indivi-
dus sauvages. Ainsi, le re-
peuplement en milieu
naturel est à court terme
assimilable à un grain de
sable qui perturbe l’engre-
nage des mécanismes évo-
lutionnaires. Mais, à moyen
et long terme, il représente
un des fléaux de l’évolution
à l’origine des espèces et
donc de la biodiversité.
Pourquoi les peuplements
naturels ne suffisent plus
à contenter les pêcheurs?
Au Moyen Age, les cours
d’eau étaient réellement le
garde-manger des riverains.
A tel point qu’au bord du
Rhin, dans la région de Bâle,
il était interdit de donner à
manger plus de deux fois
par semaine du saumon à
ses domestiques. Malheu-
reusement, les stocks en
place se sont réduits drasti-
quement et l’homme trouva
la panacée avec la piscicul-
ture de Huningue (Haut-
Rhin), construite sous
Napoléon III. Actuellement,
cet établissement est tou-
jours en activité, mais cela
n’a pas empêché le saumon
de disparaître de Suisse dès
1950… Les barrages, les al-
térations morphologiques,
les pollutions ont finalement
eu raison du plus noble des
poissons du Rhin helvé-
tique, malgré les efforts
consentis par les gestion-
naires de la pêche. Il ne sert
en conséquence à rien de
rempoissonner des eaux
empoisonnées.
Lutter contre les pollutions,
préserver et restaurer les ha-
bitats des cours d’eau se ré-
vèlent en revanche essentiels
au maintien durable de la
biodiversité. Seuls des mi-
lieux sains et fonctionnels
peuvent offrir les conditions
de vie et de reproduction né-
cessaires aux différentes es-
pèces qui les peuplent ou
qui les ont vu naître… Ainsi,
dans chaque contrée, cet
adage ne doit jamais être ou-
blié: l’état de conservation
des biocénoses et les causes
de raréfaction sont à déter-
miner avant d’engager toute
action de repeuplement.
Trop souvent, les alevinages
sont réalisés par tradition,
sans réel objectif cadre à
long terme, au détriment
d’interventions alternatives
efficientes. Les besoins fon-
damentaux pour une gestion
patrimoniale des cours d’eau
s’en trouvent ainsi systéma-
tiquement masqués.
En définitive, les perspectives
du projet GENESALM appa-
raissent à plusieurs titres in-
compatibles à l’esprit de
Ces deux truites proviennent de la Loue. La truite d’élevage
ci-dessus n’existe que pour contenter les pêcheurs.
préservation des milieux na-
turels insufflé par la directive
cadre européenne sur l’eau:
•Toute introduction de pois-
sons dans un milieu naturel
arborant encore des popu-
lations relictuelles est sus-
ceptible de constituer une
menace supplémentaire
pour les individus sauvages
présents.
•La domestication de géni-
teurs sauvages, dans l’ob-
jectif d’un repeuplement, va
à l’encontre des processus
d’adaptations locales, pré-
misses de nouvelles es-
pèces et probablement
d’une productivité optimale
de chaque cours d’eau. De
telles mesures mettront en
péril la diversité actuelle et
les potentiels de formations
futures de nouvelles
souches naturelles.
•Les repeuplements cachent
la réalité des problèmes
rencontrés par les popula-
tions en place. Sans préser-
vation ni restauration de la
fonctionnalité des écosys-
tèmes aquatiques, le main-
tien durable de nos
ressources halieutiques
n’est pas assuré.
Si le mérite de GENESALM
aura été d’éclaircir la diver-
sité génétique des saumons
et des truites en France,
force est de constater que
les différentes souches ou
espèces en devenir, uniques
au monde, ne trouveront
pas leur salut dans la poi-
gnée de granulés des pisci-
culteurs. Certes, grâce à
GENESALM, les mélanges
entre bassins versants seront
réduits, ce qui est une excel-
lente chose. Néanmoins, en
toute objectivité de natura-
liste, il convient de séparer
clairement la production
commerciale de poissons de
la gestion patrimoniale de
nos joyaux halieutiques. En
eaux libres, la sélection na-
turelle doit reprendre ses
droits et perpétuer les méca-
nismes de spéciation en
cours. Abolissons enfin le
rempoissonnement et mobi-
lisons toutes les énergies à
la défense et à la restaura-
tion de la qualité des mi-
lieux. C’est l’unique moyen
de produire des poissons à
robe majestueuse, capables
d’émouvoir les plus endurcis
des vieux briscards de la
pêche. Espérons que les pro-
moteurs du projet GENE-
SALM reviendront à la
raison…
C’est un miracle qu’il reste encore ce type de truite dans la Loue.
Elles ont résisté à plus d’un siècle d’alevinage. Elles devront encore
survivre à GENESALM…
Force est de constater que les différentes souches ou espèces
en devenir, uniques au monde, ne trouveront pas leur salut
dans la poignée de granulés des pisciculteurs.
Actualités
Bretagne
Pour que l’Ellé
ne soit pas massacré
L’UE pourrait bientôt
créer une agence
spécifique en
matière de déchets
La Commission
européenne a publié
février une étude
conseillant la création
d’une agence spécifique
qui devra faire appliquer
la législation européenne
concernant la gestion des
déchets. Chaque année,
l’Union européenne
produit 2,6 milliards de
tonnes de déchets, dont
90millions de tonnes sont
considérés comme
dangereux. Cette nouvelle
agence serait notamment
chargée de procéder à des
inspections et à des
contrôles des installations.
Algues vertes :
le plan du
gouvernement
déçoit les
écologistes
Le gouvernement a
présenté son plan de lutte
contre la prolifération
des algues vertes.
Doté de 134millions
d’euros, il ne remporte
pourtant pas l’adhésion
des différentes associations
écologistes qui se sont
emparées du sujet.
Ambitieux, le plan vise à
réduire la prolifération des
algues vertes de 30 à
40 % d’ici à 2015, en
développant le ramassage,
le traitement et la
méthanisation des algues,
et en obligeant les
agriculteurs à déclarer
les taux de nitrate qu’ils
utilisent dans leurs
exploitations. Malgré ces
nombreuses dispositions,
Suite page 28
L’Ellé compte parmi les
rares cours d’eau bretons
en relativement bon état
écologique, remonté par
une population de sau-
mons atlantiques non sou-
tenue par un alevinage
massif, qui accueille égale-
ment d’autres poissons
migrateurs comme la lam-
proie marine, l’anguille et la
grande alose. Pour beau-
coup de pêcheurs dont
nous sommes, la vallée de
l’Ellé est d’un intérêt écolo-
gique et halieutique majeur.
Les gorges, le rocher aux
Sources, le Petit Jardin,
l’étang aux Princes, Loge
Coucou, autant de lieux my-
thiques qui doivent être
préservés. Or, l’Ellé est me-
nacé par plusieurs projets
de grande envergure : un
projet de carrière, un projet
de retenue collinaire d’un
million de mètres cubes
d’eau sur le cours supérieur
et un projet d’immense dé-
charge de retraitement de
déchets automobile ! On
croit rêver ! Si ce projet de
déchets automobiles a été
refusé par le préfet le 13
janvier dernier, il faut rester
vigilant. Car les deux autres
projets sont toujours à
l’étude. Celui qui concerne
la retenue collinaire est par-
ticulièrement dangereux
pour la vallée de l’Ellé, car il
est situé en tête de bassin. Il
serait destiné à renforcer le
volume d’eau potable, pour
alimenter les populations
locales. Tout le monde sait
aujourd’hui à quel point un
lac d’une telle ampleur est
nocif pour une rivière à sal-
monidés en raison du ré-
chauffement de l’eau, du
développement algal inévi-
table qui se produit (surtout
en Bretagne !). En aval, la
vie dans la rivière sera dé-
truite. Le projet de carrière
à granulats sur la commune
Bretagne
Naissance du réseau
Rivières vivantes
L’idée de ce réseau est de renforcer la protection des ri-
vières (ou de portions de rivière) les plus patrimoniales en
France, sur des indicateurs compréhensibles par le grand
public (continuité écologique, paysages remarquables,
biodiversité/espèces rares, qualité de l’eau).
L’objectif est d’essayer d’instaurer, comme cela s’est fait
avec le Conservatoire du littoral, ou aux Etats-Unis avec
Wild ans Scenic Rivers Act, une vigilance continuelle des
sites sélectionnés.
Le réseau est un moyen, une “boîte à outil” pratique, un
lieu d’échanges, d’observation et de veille. Le réseau se
doit donc d’être naturellement en lien avec les diverses ins-
titutions en charge de la gestion du capital rivières :
Onema, Agences de l’eau, FNPF, Syndicats de bassin ver-
sant, EPTB, universités, mais également des entreprises pri-
vées qui souhaitent participer à la protection des rivières
sauvages, bref tous les acteurs importants du monde de la
pêche. Un programme d’actions réaliste sur cinq ans doit
être adopté, tout en sachant que des dossiers sont déjà en
cours pour l’Ellé (Finistère/Morbihan), le Chéran (Haute-
Savoie) et l’Allier, mais ce n’est qu’un début. Nous revien-
drons plus en détail dès l’automne prochain sur ce Réseau
Rivières vivantes et nous suivrons naturellement les actions
du réseau dans l’avenir.
Renseignements :
Martin Arnould, WWF-France chargé de programme
Rivières vivantes.
Tél. : 04 77 21 58 24. E-mail : [email protected]
Denis Caudron, animateur du Réseau Rivières
vivantes/AAPPMA du Pays de Quimperlé
Tél. : 06 85 31 40 06. E-mail : [email protected]
d’Arzano est lui aussi tou-
jours d’actualité.
L’Ellé est le dernier rempart.
Si l’Etat autorise ces projets
sur cette rivière, qu’en est-il
du développement durable,
des arrêtés de biotope,
des beaux discours idéolo-
giques, si l’on n’est pas ca-
pable de sauver ce qu’il
reste de plus beau ? L’Etat
serait une fois de plus hors
la loi, perdrait toute crédibi-
lité, et la presse ne man-
quera pas de mettre
l’affaire au grand jour. On
ne peut aujourd’hui laisser
faire cela sur un cours d’eau
de référence, un des rares
encore remontés par le
saumon de façon naturelle.
C’est pourquoi l’Ellé repré-
sente un enjeu très impor-
tant, où l’Etat doit prendre
ses responsabilités. Car les
associations, collectifs, co-
mités de soutien à la dé-
fense de cette rivière
s’organisent en masse et on
ne baissera pas les bras !
Jean-Marc Theusseret
Pour soutenir, réagir,
agir :
Nature et Patrimoine
Centre Bretagne :
www.npcb.info/
WWF France programme
Rivière vivante :
www.wwf.fr
Association Ellé Vivante :
www.elle-vivante.org
AAPPMA de Quimperlé :
aappmaquimperle.free.fr
Eaux et Rivières de
Bretagne :
www.eau-et-rivieres.asso.fr
Actualités
les écologistes s’interrogent
sur les financements et
déplorent l’absence d’une
vraie remise en question
de l’agriculture intensive,
responsable de cette
prolifération.
Quelle sera
la capitale
française
de la biodiversité ?
L’Onu a décidé que 2010
serait l’année de la
diversité biologique.
Dans le cadre de cet
événement, Natureparif,
l’Agence régionale pour
la nature et la biodiversité
en Ile-de-France, organise
un concours qui élira
la “Capitale française
de la biodiversité”.
Toutes les villes françaises
peuvent postuler.
Les critères de sélection
sont multiples :
intégration de la
biodiversité dans les
règlements d’urbanisme,
gestion des espaces verts
et sensibilisation des
citoyens à la problématique
de la biodiversité. Le prix
sera remis à la fin de
l’année 2010.
Le gouvernement lance un plan
pour les zones humides
Nous avons déjà relaté dans
ces colonnes l’avenir som-
bre des zones humides en
France et sur l’ensemble de
la planète. Le ministère
de l’Environnement semble
avoir pris la mesure du pro-
blème et a annoncé le lan-
cement d’un plan pour leur
protection. Chantal Jouanno
en a ainsi dévoilé les détails
le 8 février : 320 millions
d’euros sur trois ans pour
financer 29 actions de sau-
vegarde de ces milieux, es-
paces essentiels de transi-
tion entre la terre et l’eau.
Parmi les pistes évoquées
par la ministre, le lancement
d’un parc national de zone
humide et cinq nouveaux
sites Ramsar (du nom de la
ville iranienne où fut signée
en 1971 la Convention in-
ternationale sur la protec-
tion des zones humides). Le
plan entend également
“favoriser les bonnes pra-
tiques pour les zones hu-
mides, développer des
outils robustes pour une
gestion gagnant-gagnant et
poursuivre les engagements
de la France quant à la mise
en œuvre de la convention
internationale de Ramsar
sur les zones humides”.
Espérons que ce plan soit à
la hauteur de l’enjeu : en
trente ans, près de 50 % de
ces zones ont disparu sous
l’effet conjugué de l’urbani-
sation, de la pollution et des
drainages. Tous les ans, ce
ne sont pas moins de
10 000 hectares de zones
humides qui disparaissent
en France.
La Commission européenne a publié le
9février un rapport sur la présence de ni-
trates dans les eaux souterraines et les
eaux de surface de l’Union européenne.
Le bilan est plutôt satisfaisant : entre 2004
et 2007, les concentrations de nitrate dans
les eaux de surface des sites surveillés par
les spécialistes de l’UE ont diminué ou
sont restées stables. Pour les eaux souter-
raines, cela concerne 66 % des sites de
surveillance de l’UE. La France, quant à
elle, affiche des résultats positifs pour les
eaux de surface, mais reste à la traîne pour
les eaux souterraines.
L’Hexagone fait ainsi partie d’un groupe de
huit pays membres qui ont vu les concen-
trations de nitrate augmenter de plus de
30 % dans leurs eaux souterraines surveil-
lées. La présence excessive de nitrate est
souvent le signe d’une pollution d’origine
agricole, provoquée par une utilisation
d’engrais.
Union européenne : avancées
dans le dossier des nitrates
Suite de la page 26
Suite page 30
Le 10 février dernier, Hel-
sinki, la capitale finlan-
daise, accueillait un
Sommet des pays riverains
de la Baltique pour la pro-
tection de ce bien commun
qu’est la mer. Ainsi, des re-
présentants de la Finlande,
de la Russie, de la Pologne,
de l’Allemagne, de la Letto-
nie, de la Lituanie, de l’Es-
tonie, de la Suède, du
Danemark, de la Norvège
et du Belarus, des pays qui
ont des cours d’eau qui ali-
mentent la Baltique, mais
également de l’Union euro-
péenne, se sont réunis
pour évoquer l’avenir de la
Baltique, l’une des mers les
plus polluées de la planète,
autour de laquelle vivent
près de 90millions de per-
sonnes. A l’issue de ce
Sommet, quelques raisons
de se réjouir. Tout d’abord,
la Pologne et la Russie se
sont engagées à construire
un réseau de stations
d’épuration pour réduire
l’impact environnemental
de leurs rejets d’eaux
usées. Puis, nous pouvons
nous réjouir de la présence
de membres de la société
civile et des milieux d’af-
faires, et de cette tentative
d’embrasser une vision glo-
bale du problème. La
Baltique est une mer
très peu profonde et quasi-
ment fermée, les polluants
s’en échappent très
difficilement.
Notre appétit tue la planète
L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’ali-
mentation (FAO) a publié le 18 février un rapport sur la
“situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture en
2009”. L’institution internationale y constate l’explosion de
la demande de viande et de poisson et s’interroge sur la
possibilité de nourrir les neuf milliards d’humains qui de-
vraient habiter la planète en 2050.
En 1980, un chinois consommait 13,7 kg de viande par an,
aujourd’hui il en mange en moyenne près de 60 kg. Plus
un pays se développe économiquement, plus les popula-
tions se tournent vers la viande et les produits laitiers. Seu-
lement, nos modes de productions sont extrêmement
polluants. L’élevage a un coût environnemental très im-
portant. Il s’octroie 8 % de la consommation mondiale
d’eau, il cause 18 % des émissions de gaz à effet de serre
(plus que les transports) et 37 % des rejets dus aux activi-
tés humaines de méthane dans l’atmosphère, un gaz vingt
et une fois plus réchauffant que le CO
. Plus d’un tiers de
l’ensemble de la production mondiale agricole sert à nour-
rir ce cheptel géant. Si l’on veut répondre à la demande
planétaire de viande en 2050, il faudra en doubler la pro-
duction, c’est-à-dire parvenir à en produire 463 millions de
tonnes.
Autant dire qu’on ne pourra plus produire de la même ma-
nière et qu’une remise en question s’imposera par la force
des choses. La FAO propose un certain nombre de pistes,
mais on ne pourra pas faire l’économie d’un changement
de nos habitudes alimentaires : nous consommons au-
jourd’hui, dans les pays riches, plus de 80 kg de viande par
personne et par an…
Un Sommet
pour sauver la Baltique
Le Krill, nouvel eldorado
de la pêche industrielle
Devant la diminution géné-
ralisée des stocks des res-
sources marines, les
industriels de la pêche
cherchent de nouvelles es-
pèces à exploiter. Plusieurs
pays ont donc décidé de se
tourner vers la pêche du
Krill antarctique (Euphesia
superba), une petite cre-
vette de l’océan Austral qui
est à la base de l’alimenta-
tion des baleines et des
manchots dans cette partie
du globe.
Difficile d’estimer les stocks
de krill antarctique, mais
des scientifiques tablent
sur près de 500 millions
tonnes (la pêche mondial
capture 80 millions de
tonnes de poissons par
an). De quoi aiguiser les
appétits. Chinois, Ukrai-
niens, Russes, Polonais et
les Coréens sont déjà sur
les rangs, même si ce sont
les Norvégiens qui ont pris
une longueur d’avance.
Deux chalutiers norvégiens
opèrent déjà dans cette
zone, bientôt rejoint par un
navire usine de 133 mètres
de long capable de condi-
tionner 250 tonnes de krills
par jour. Le krill renferme
des molécules pouvant
être valorisées dans de
nombreux secteurs d’activi-
tés très rentables. Mauvaise
nouvelle pour cette cre-
vette, maillon essentielle
de la chaîne alimentaire
dans l’Océan Austral.
Actualités
Un iceberg géant
qui inquiète
Un iceberg géant, de
la taille du Luxembourg,
qui s’est détaché de
l’Antarctique et qui flotte
actuellement au sud de
l’Australie inquiète les
scientifiques. Des
chercheurs australiens
pensent que l’iceberg
pourrait bouleverser la
circulation profonde des
eaux dans cette région.
D’une épaisseur moyenne
de 400 mètres, ce bloc de
glace de 2 250 km
s’est
déplacé vers une polynie,
une poche d’eau libre au
milieu de la banquise. Si
l’iceberg reste à cet endroit,
il pourrait agir comme un
couvercle et bloquer la
production de cette eau
dense, ce qui provoquerait
des changements profonds
dans la circulation des
courants océaniques.
Les instruments de
la politique de l’eau
passés au crible
La Cour des comptes s’est
penchée sur les leviers
de la politique de l’eau
en France et a rendu
le 9février un rapport
montrant les insuffisances
de ces instruments dans la
perspective de la Directive
cadre sur l’eau (DCE), qui
impose un certain nombre
d’objectifs à respecter d’ici
à 2015. Les sages de la
Cour ont notamment mis le
doigt sur un certain nombre
d’anomalies. Ainsi, 26 %
des inspections de l’Etat
conduisent à une réponse
judiciaire ou administrative,
mais seulement 1 %
Comme tous les ans, la rédaction de
Pêches
sportives
décerne ses désormais fameuses
Farios à des acteurs de la pêche de loisir qui
se sont démarqués par leur dynamisme,
leur implication et leur talent dans le déve-
loppement de notre passion commune.
Attribuées à l’occasion du dernier Salon de
la pêche de Paris qui s’est tenu au Parc
des expositions de la Porte de Versailles du
12 au 14 février dernier, les Farios 2010 cor-
respondent exactement à cette définition.
Cette année, en plus du trophée, les lau-
réats ont également pu choisir une repro-
duction d’une des magnifiques aquarelles
de poissons de Marie-Annick Dutreil, artiste
peintre qui a notamment signé les illustra-
tions de
La Femme truite,
lerecueil de nou-
velles écrit par Vincent Lalu.
La première distinction a été attribuée à la
société Le Ver à soie. Pour la belle histoire
qu’elle représente, entre tradition familiale
et innovation, avec une obsession : remet-
tre la soie naturelle au goût du jour. C’est
donc l’ensemble de l’équipe que
Pêches
sportives
a voulu récompenser pour son dy-
namisme et sa persévérance, et pour ce re-
tour dans le monde de la pêche après
soixante-dix ans d’absence.
Puis c’est au tour de Joelle Lejean de mon-
ter sur l’estrade afin de recevoir le trophée
et de choisir une aquarelle.
Pêches spor-
tives
a tenu à récompenser cette hôte
unique qui propose à ses clients une pêche
de qualité dans le cadre bucolique du lac
de Malaguet. Nous avons également ho-
noré un guide à part, fin connaisseur de la
pêche au bar en Bretagne. Le bar, une es-
pèce qui se raréfie sous les coups de butoir
d’une certaine pêche professionnelle, a
trouvé son héraut en la personne de Chris-
tian Flohic. Christian, propriétaire d’un ma-
gnifique gîte dans les Côtes-d’Armor, le
Manoir de l’Isle, et qui est également un fin
connaisseur des truites et saumons qui
peuplent les rivières bretonnes.
Marc Petitjean est connu de tous les mon-
teurs de mouches. Maître incontesté du cul
de canard, il a gagné une multitude de prix
internationaux. Depuis, il semblerait que
Marc Petitjean ait toujours un métro
d’avance… Inventeur infatigable, il était
grand temps que
Pêches sportives
lui dé-
cerne un prix, c’est aujourd’hui chose faite.
Enfin, le dernier des lauréats, mais pas des
moindres, est l’un des trois compères du
Mouching, le blog qui parle de pêche
comme personne dans la blogosphère :
avec humour, ouverture d’esprit et indé-
pendance. Cyril Kamir, casquette vissée sur
la tête, a reçu son prix sous les ovations du
public. La rédaction est fan du Mouching.
Lorsqu’on se connecte à ce blog, l’unique
certitude est d’être surpris… Un vrai bon-
heur. En tout cas, félicitations à tous les heu-
reux détenteurs du précieux trophée, et
bonne continuation !
Suite de la page 28
Les lauréats des Farios
Pêches sportives
2010
Suite page 32
A l’occasion du Carrefour national de la
pêche et des loisirs de Clermont qui s’est
tenu du 15 au 17 janvier 2010, l’AAPPMA la
Gardonnette chartraine s’est vue gratifiée
du prix Carnavenir 2010. Depuis trois ans,
l’association Carnavenir récompense ainsi
chaque année une structure de la pêche
associative “qui s’est distinguée par sa ges-
tion de la pêche des carnassiers”. Le jury a
ainsi voulu encourager le dynamisme de
cette AAPPMA qui affiche le plus grand
nombre d’adhérents du département de
l’Eure-et-Loir. Carnavenir met ainsi en
avant la gestion durable défendue par la
Gardonnette chartraine. Ainsi, la taille mi-
nimale des carnassiers y a été portée à 60
cm pour le brochet et 50 cm pour le san-
dre sur les neuf plans d’eau gérés par l’as-
sociation, et un quota de deux carnassiers
par pêcheur et par jour a été fixé. L’asso-
ciation a également rempli son rôle dans
la promotion de la pêche des carnassiers
avec la création d’une école de pêche aux
leurres ainsi que l’organisation d’un open
de streetfishing. Félicitations à toute
l’équipe de la Gardonnette chartraine !
Restauration :
Sushi Shop
communique
sur le thon rouge
Alors que le débat sur l’ins-
cription du thon rouge à l’an-
nexe 1 de la Convention sur
le commerce international
des espèces de faune et de
flore sauvages menacées
d’extinction (Cites), et donc
de l’interdiction
de facto
de sa
commercialisation, n’est tou-
jours pas tranché, le groupe
Sushi Shop, leader français de
la livraison de restauration ja-
ponaise, a décidé de commu-
niquer sur le sujet. Le groupe
a démarré à partir du 20 fé-
vrier une campagne de sensi-
bilisation sur le thon rouge,
arguant qu’il utilise depuis
1998 du thon Albacore pour
la préparation de ses sushis.
Pour des raisons écono-
miques, très peu de restau-
rants servent du thon rouge.
Celui-ci, dont 80 % des prises
finissent sur le marché japo-
nais, coûte beaucoup plus
cher. Ainsi, les déclarations de
ce type se sont multipliées
dernièrement, mais il ne faut
pas s’y tromper, ce ne sont
que des “coups de com”.
D’autant plus que le thon
Albacore est également en
danger, selon les écolo-
gistes…
Marée noire en Italie
L’AAPPMA de Chartres récompensée
Les autorités italiennes ont annoncé le
24février qu’un sabotage dans une ex-
raffinerie près de Monza, dans le nord du
pays, avait provoqué une marée noire de
plusieurs tonnes de pétrole dans un affluent
du Pô, le Lambro. La nappe d’hydrocarbure,
longue de plusieurs kilomètres, s’est
déplacée. De Monza, elle a traversé la
région de Milan et se trouvait fin février
dans la zone de Lodi, dans le sud de Milan.
Selon l’Agence régionale pour la protection
de l’environnement (ARPA), la quantité de
pétrole s’élève au moins à 1 000 m
, mais
pourrait être beaucoup plus importante.
Une catastrophe pour le bassin du Lambro,
qui est déjà l’une des régions d’Italie les
plus polluées. Selon le quotidien italien
Giornale,
ce sabotage ne serait pas sans lien
avec un gigantesque projet de spéculation
immobilière portant sur 500 millions
d’euros et 172 000 m
de terrain. Marevivo,
une association écologiste qui lutte pour la
protection de la mer, estime que, lorsque la
marée noire atteindra la mer Adriatique,
10 000 espèces marines pourraient subir
les conséquences néfastes de ce sabotage.
Actualités
d’entre elles sont
réellement sanctionnées.
Autant dire que l’effet
dissuasif est quasiment nul.
La soupe aux
ailerons de requins
sur la sellette
A Hong-Kong, où l’on
consomme près de la
moitié des ailerons
collectés dans le monde,
plusieurs personnalités,
comme l’acteur Jackie Chan
ou le basketteur Yao Ming,
ont accepté de tourner des
clips de sensibilisation sur
le sujet. La soupe aux
ailerons de requin serait
née vers l’an mille, sous la
dynastie Sung, et depuis
reste un must des banquets
importants, notamment
pour la célébration des
mariages. Selon la FAO,
l’Organisation des Nations
unies pour l’agriculture et
l’alimentation, sur plus de
100 millions de requins
pêchés tous les ans,
38millions ne le seraient
que pour leurs ailerons.
Après avoir prélevé les
ailerons, les pêcheurs
rejettent à la mer les
requins vivants, où ils sont
condamnés car ils n’ont
plus de nageoires.
L’anguille bientôt
disparue ?
La Commission
européenne a validé le
15février le plan français
de gestion de l’anguille. Un
plan sévèrement critiqué
par les écologistes et par la
Fédération nationale de la
pêche en France et de la
protection des milieux
Devant l’altération des populations de
black bass du Lot, l’association Black Bass
France a décidé d’octroyer une aide de
500 euros à la Fédération du Lot-et-
Garonne, afin d’aider ce secteur à retrou-
ver toutes ses qualités ! Mais, selon un
communiqué de l’association publié en
janvier dernier, il ne faut pas être “trop alar-
mistes non plus : pour la seconde année
consécutive, il semble que le Lot aille
mieux. Les membres de l’association ont
ainsi observé de nombreux petits bass pen-
dant leur week-end annuel sur place !”
Renseignements :
www.blackbassfrance.org
La Fédération de Haute-Loire pour la pêche
et la protection du milieu aquatique a édité
son guide réglementaire 2010. Vous y trou-
verez les dates d’ouvertures par espèces, le
classement des cours d’eau, le prix des
cartes ou les différentes mailles en vigueur
dans le département. Vous pourrez trouver
également les différents parcours en no kill
ou ceux où l’on pêche la carpe de nuit.
Renseignements : www.pechehauteloire.fr
Suite de la page 30
Suite page 34
BBF soutient la Fédération du Lot-et-Garonne
Haute-Loire : suivez le guide !
La Fédération départementale de pêche du
Puy-de-Dôme a publié courant janvier sa
revue annuelle pour l’année 2010. Cette
publication n’est pas qu’une compilation
des réglementations, elle aborde égale-
ment des questions liées à la préservation
du milieu naturel. Autre argument pour se
procurer le numéro 23 du
Pêcheur du Puy-
de-Dôme :
une sélection de « bons coins »
présentés sous forme de fiches pour partir
à l’assaut des rivières du département.
Vous pouvez la commander ou la téléchar-
ger sur le site Internet de la fédération.
Renseignements : www.unpf.fr/63
“Le Pêcheur du Puy-de-Dôme” vient de paraître
La Lozère au bout de la canne
Toutes les informations nécessaires à la
préparation d’une partie de pêche en Lo-
zère sont réunies dans un petit fascicule
publié par le Comité départemental du
tourisme de Lozère, avec le soutien de la
Fédération de la Lozère pour la pêche et la
protection du milieu aquatique. Carte ha-
lieutique du département, liste de parcours
no kill ainsi qu’une présentation des guides
de pêche et des hébergements disponi-
bles, vous aurez en main toutes les clés
pour partir à l’assaut des poissons de ce
département sauvage.
Renseignements : www.lozere-tourisme.com
La Fédération des gestionnaires de ri-
vières à saumon du Québec (FGRSQ)
a publié un guide pour tout savoir sur
la pêche du saumon chez nos cousins
québécois. Il délimite six régions
de pêche où existent 60 rivières
remontées par le saumon atlantique :
Charlevoix, Saguenay-Lac-Saint-Jean,
Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, Gaspé-
sie et Nord-du-Québec. Les rivières
sont ici sauvages et préservées et cou-
lent au milieu d’une nature sans fin,
l’image même des “grands espaces”.
Le guide reprend les grandes lignes
de la réglementation en vigueur sur
les cours d’eau québécois et présente
les diverses régions de pêche comme
autant d’invitations au voyage, avec
des photos magnifiques restituant
cette nature brute et enivrante. N’hé-
sitez pas à visiter le site Internet Sau-
mon Québec, vous y trouverez de
nombreuses informations pratiques,
ainsi que la description des diffé-
rentes régions.
Renseignements :
www.saumonquebec.com
Pêcher le saumon au Québec
Actualités
aquatiques (FNPF) pour
son manque d’ambition et
d’efficacité. La FNPF
proposait un moratoire
général et absolu de cinq
ans. Selon cet organisme,
seule cette décision aurait
permis la survie de cette
espèce qui affiche
aujourd’hui des stocks
en dessous du seuil
de renouvellement
des générations. La FNPF n’a
pourtant pas ménagé ses
efforts pour sensibiliser les
pouvoirs publics.
Elle a notamment diffusé
une pétition qui a récolté
13 185 signatures et fut
remise à la Commission
européenne en juin 2009.
Malheureusement sans
résultat. La Commission
a notamment décidé
d’autoriser l’exportation
de civelles européennes
au Japon et en Chine.
Si nous continuons sur
ce rythme, l’anguillepourrait
disparaître d’ici à trente ans.
Renseignements :
www.federationpeche.fr/a
nguille/index.php
Quatorze pays
s’unissent pour
le Danube
Les ministres de quatorze
pays du bassin du Danube,
fleuve de 2 860 kilomètres,
se sont réunis à Vienne le
16 février dernier et se sont
engagés pour la protection
du deuxième plus long
fleuve d’Europe (après la
Volga). Les représentants de
ces pays, ainsi que des
responsables de la
Commission européenne,
ont donc adopté un plan de
gestion qui devrait être mis
Depuis un siècle, VMC équipe les pêcheurs
d’hameçons de qualité dont la réputation
n’est plus à faire. En 1910, Charles Viellard
accueille 10 familles britanniques spéciali-
sées dans la fabrication d’hameçons, dé-
butant ainsi une longue histoire
industrielle. En 1950, VMC devient le pre-
mier fabricant d’hameçons de l’Hexagone.
La société franc-comtoise a depuis par-
couru du chemin pour devenir en ce début
de XXI
siècle le leader mondial de l’ha-
meçon triple et affiche aujourd’hui un chif-
fre d’affaire de 15 millions d’euros, ainsi
qu’une présence dans 70 pays. En 2000,
VMC Pêche a fait son entrée dans le
groupe finlandais Rapala, le leader mon-
dial du leurre, créant ainsi une toute nou-
velle entité : le Groupe Rapala-VMC. Basée
à Grandvillars dans le Territoire de Belfort,
la société VMC dispose de plus de 10 000
références dans son catalogue et est capa-
ble de produire tous les jours 4 millions de
pièces ; 70 % de cette production est
exportée.
Toujours à la pointe de l’innovation, elle
dépose régulièrement des brevets et re-
cherche sans relâche de nouvelles idées
pour une pêche toujours plus efficace. A
noter que VMC est l’unique entreprise du
secteur à ne pas avoir délocalisé sa pro-
duction hors d’Europe, afin de s’assurer de
la qualité de ses produits.
VMC : un siècle à la pointe
Suite de la page 32
Suite page 36
Toute la gamme 2010 de Pierre Sempé
Pour l’inoxydable Pierre Sempé, les saisons se suivent et se
ressemblent. Parmi les nouveautés notables prévues en
2010, Pierre Sempé présente un wader et un pantalon mi-
crofibre de qualité, un gilet “spécial pêche à la Sempé”,
ainsi qu’une nouvelle couleur de fluo. Quant à sa marque
Spirit, elle compte notamment deux nouveaux produits :
une gamme d’hameçons montés, ainsi qu’une canne spé-
cialement conçue par la pêche du corégone, la Lake. Le
catalogue est gratuit.
Renseignements :
Pierre Sempé, 35, rue de la Corniche, 33680 Lacanau.
Tél. : 09 61 48 36 65.
E-mail : [email protected]
Pafex… cætera !
Tout, vous trouverez
tout pour pêcher
dans le catalogue
Pafex 2010. Fabri-
cant de matériel de
pêche depuis vingt-
cinq ans, Pafex dis-
tribue aussi de
nombreuses mar-
ques très connues
des pêcheurs spor-
tifs, comme Damiki,
Owner ou Wych-
wood. A noter aussi
la présence de nou-
velles marques au
catalogue 2010 :
Dragon, Bios, Natural Bait, Megastrike ou encore Spanyid.
Des marques qui suivent au plus près l’évolution de la pêche
aux leurres (souples notamment) et qui l’anticipent souvent.
Renseignements : www.pafex.fr
Tél. : 04 75 98 55 01 – E-mail : [email protected]
Actualités
Depuis six ans, Illex pro-
pose régulièrement de
nouveaux produits, fruits
d’une collaboration étroite
entre l’Europe et le Japon.
Le pêcheur aux leurres
trouvera ici un choix impo-
sant de cannes et de
leurres pour la pêche en
mer ou en eau douce, ainsi
que plombs et hameçons
spécifiques à ce type de
pêche. Illex collabore
notamment avec Seiji
Kato qui, depuis vingt
ans, s’est imposé
comme l’un des
concepteurs de leurres
japonais les plus inven-
tifs.
Renseignements :
www.illex.fr
en œuvre d’ici à 2015.
Première ambition de ce
plan : réduire les pollutions
d’origine humaine,
notamment en interdisant
les détergents contenant
des phosphates.
Les océans
s’acidifient à une
vitesse inégalée
On en sait aujourd’hui un
peu plus sur l’acidification
des océans, et les nouvelles
ne sont pas bonnes. Des
scientifiques britanniques
affirment que l’acidification,
provoquée par
l’augmentation des
concentrations de dioxyde
de carbone, progresse à une
vitesse jamais constatée
Delalande fait le plein de nouveautés
Dans le monde du
leurre hexagonal, on ne
présente plus la société
Delalande qui, depuis
trente ans, crée des
leurres souples et des
plombs. Drop shot, surf-
casting, pêche à la verti-
cale ou à la traîne, la
société s’emploie à
contenter tous les pê-
cheurs aux leurres. Le
catalogue 2010 compte
encore un certain nom-
bre de nouveautés.
Parmi celles-ci, le Buster
Shad, un nouveau leurre
spécialisé dans les
pêches linéaires et verti-
cales, la gamme Strawberry, des leurres parfumés à la
fraise et salés à cœur, ou encore la gamme de têtes plom-
bées Pro, spécialement conçue pour répondre à la de-
mande des pêcheurs en fonction du leurre choisi. La
marque propose aussi une série d’accessoires bien utiles,
comme des pinces coupantes ou des aiguilles pour mon-
ter des leurres souples.
Renseignements : http://delalande-peche.fr
Suite de la page 34
Illex toujours dans le coup en 2010
Scott Fly Rod : la mouche à la sauce américaine
Distribuée en France par Aspe Angler, la marque américaine
Scott Fly Rod, établie dans le Colorado, reste une référence chez
les moucheurs. Depuis trente-cinq ans, les cannes de Scott Fly
Rod innovent. Pêche en mer ou en rivière, la firme de Montrose
propose des cannes fiables qu’il est même possible de per-
sonnaliser selon les demandes spécifiques du pêcheur. Parmi
les cannes à surveiller, la série des S4S, spécialement conçue
pour la mouche en mer, a été honorée du titre de meilleure
canne de l’année au Retailer Show de Denver.
Renseignements : www.aspe-angler.com
Suite page 38
Guigo Marine : la pêche
en mer à l’honneur
Depuis qua-
rante
ans,
Guigo Marine
propose dans
son magasin
d’Antibes tout
le matériel né-
cessaire pour
pêcher en mer.
Cannes à lan-
cer et jigs,
traîne, gaffes,
fauteuils de combat et harnais : tous
les pêcheurs en mer peuvent trouver
ici leur bonheur. Le catalogue 2010
présente tout pour la pêche, mais pas
seulement. Vous y trouverez notam-
ment de très nombreux accessoires,
comme des couteaux japonais, des
lunettes aux verres polarisants ou en-
core toute une gamme de glacière.
Renseignements :
www.guigomarine.com
Tél. : 04 93 34 17 17.
La mer super star !
Ce magnifique livre de photographies
dédié à toutes les mers ravira tous les
amoureux des embruns, des marées
et des côtes. L’auteur, Pierre Borhan,
a réalisé ici une anthologie de la pho-
tographie maritime depuis 1843 à tra-
vers 300 photographies réalisées par
les plus grands photographes, à l’ins-
tar d’un Henri Cartier-Bresson, Robert
Franck ou encore Jean Gaumy.
“L’Art de la mer” par Pierre Bohran.
Arthaud Edition.
Les moulinets Hatch en 2010
Autre marque américaine renommée distribuée
par Aspe Angler, les moulinets Hatch viennent
également de sortir leur catalogue 2010. A condi-
tion d’être anglophone, vous pourrez consulter
ce catalogue original, où se mêlent produits et
histoires de pêche. A noter également une ligne
de tee-shirts, siglée Hatch, dont certains rappel-
lent une esthétique proche des Grateful Dead.
Renseignements : www.aspe-angler.com
Du nouveau du côté de chez T.O.F.
Le catalogue du distributeur de matériel de pêche à
la mouche belge T.O.F. propose une offre d’excel-
lents produits pour la pêche à la mouche mais aussi
pour le montage des artificielles, une des spéciali-
tés maison. T.O.F. distribue depuis cette année les
marques Loop, Airflo et Varivas mouche en France.
Le catalogue regorge de nouveautés : boîtes à
mouches étanches, outils de montage, produits de
fly-tying. Il peut être envoyé en France contre l’envoi
de timbres français pour une valeur de 5 euros à l’adresse suivante :
T.O.F. SA, 362, chaussée de Wavre, 1390 Grez Doiceau, Belgique
Tél. : 0032 10 24 18 24. Fax : 0032 10 24 65 24.
E- mail : [email protected]
Catalogue Navicom
La société Navicom, qui distribue no-
tamment les sondeurs Humminbird,
les moteurs électriques Minn Kota et
les treuils Cannon, présente cette
année un catalogue très complet où
chaque produit est détaillé, avec de
nombreux conseils d’utilisation, no-
tamment concernant la compréhen-
sion des images fournies par les
sondeurs, souvent peu compréhensi-
bles pour les novices.
De nombreux croquis et illustrations
permettent ainsi d’apprivoiser la
complexité de ces images. Vous y
trouverez également toutes les nou-
veautés 2010, et elles sont nom-
breuses ! Balise de détresse, ancre
flottante ou encore compas de route,
Navicom s’intéresse à tout ce qui
touche à la navigation de plaisance
et qui garantit le confort et la sécu-
rité. A noter également un mode
d’emploi pour utiliser le site Internet
et trouver tous les produits de Navi-
com en un clic.
Renseignements :
Navicom, ZA de Kerdroniou,
29000 Quimper.
Tél. : 02 98 94 64 70.
www.navicom.fr
Actualités
Rapala, un mythe bien réel
Concept Propêche : le millésime
On ne présente plus
Rapala. Il y a plus de
soixante-dix ans,
Lauri Rapala inventa
en Finlande le pre-
mier leurre artificiel,
l’Original Floater, et
depuis la firme qu’il a créée n’a cessé de
proposer aux pêcheurs du monde entier
de nouveaux leurres, toujours plus effi-
caces. Rapala, associé à Ragot, VMC et
Water Queen distribuent également un
grand nombre de marques de renom,
comme Shimano, Williamson ou encore
Storm. Le catalogue 2010 contient naturel-
lement son lot de nouveautés. Parmi
celles-ci, des leurres comme le Clackin’rap
ou le Dives-To de chez Rapala, ou encore
des mitraillettes 100 % inox de chez Ragot,
comme la Mitraflash Aurora Inox. Une va-
leur sûre à consulter…
Renseignements : www.ragot.fr
Truites, carnassiers, carpes, mer, tous les poissons et toutes les
pêches ont leur place dans le réseau Concept Propêche, un ré-
seau de plus de 80 détaillants dans toute la France. Dans ce ca-
talogue, vous pourrez faire votre choix parmi les différentes
marques présentées par le réseau (Abu Garcia, Berkley, Daiwa,
Delalande, Garbolino, Mitchell, Powerline, Sert, Sensa,
VMC, etc.).
Renseignements : http://concept-propeche.com
Entretenir son plan d’eau
sans produits chimiques
Pour tous ceux qui gèrent un plan d’eau, la question des
plantes aquatiques et des algues envahissantes est un
problème récurrent, surtout depuis l’interdiction en 2009
de la vente de produits phytosanitaires.
Edivert, une société basée dans la Marne (51), propose
une série de solutions pour entretenir un plan d’eau sans
recourir à des produits chimiques. L’entreprise réalise fau-
cardage et arrachage des plantes, algues et roseaux grâce
à un matériel amphibie et une connaissance rigoureuse
du milieu.
Renseignements : 03 26 85 86 70.
depuis soixante-cinq
millions d’années. Andy
Ridgwell et Daniela Schmidt,
les deux scientifiques qui
dirigent ces travaux, ont
élaboré un nouveau modèle
capable d’évaluer la vitesse à
laquelle les océans
s’acidifient. Ainsi, ils ont pu
démontrer que les
changements de
composition chimique du
carbone de l’océan profond
s’accomplissent aujourd’hui
avec une rapidité inégalée.
Les organismes marins
calcifiants, comme les
coraux, en seront gravement
affectés.
Le fleuve Jaune
pollué au gazole
Malgré les efforts fournis par
plus de 700 ouvriers pour
limiter les conséquences
environnementales après la
découverte d’une fuite sur
un pipeline souterrain dans
la province du Shaanxi,
environ 150 000 litres de
gazole se sont déversés dans
le fleuve Jaune, qui permet
à des millions de Chinois
d’avoir accès à l’eau
et qui est gravement atteint.
Les autorités ont interdit les
approvisionnements en eau.
Ô Fish,
toute la mouche en ligne
Le site Internet belge Ô fish est très com-
plet, exclusivement dédié à la pêche à la
mouche. Il permet notamment de trou-
ver facilement la gamme de produits im-
portée par T.O.F., avec les marques Loop,
Varivas mouche, Airflo, mais aussi tout le
fly tying. On y trouve également les pro-
duits Rio, Scientific Anglers, Simms, Abel,
Galvan, Sea River, Finsport, etc. Longue
vie donc à Ô Fish, un site qui ne tardera
sans doute pas à devenir une référence !
Renseignements : www.ofish.be
Suite de la page 36
Non, la Méditerranée, ce
n’est pas seulement la pro-
menade des Anglais, la
place des Lys de Saint-Tro-
pez ou l’architecture nova-
trice, mais immonde, de La
Grande-Motte, c’est égale-
ment une multitude de
coins de pêche magni-
fiques, pour tous les goûts.
Denis Mourizard, journaliste
halieutique résidant à
Montpellier, a tenté, à tra-
vers un petit guide très pra-
tique, de donner les clés
pour réussir ses parties de
pêche en Méditerranée.
Ce sont ainsi près de
130 pages d’informations et
de conseils que l’auteur a
produites, s’intéressant à
toutes les techniques de
pêche les plus connues et
apprenant au lecteur à lire,
à comprendre et surtout à
Phénomènes, noumènes
et méditations halieutiques
Voici un ouvrage éton-
nant… Un genre d’objet lit-
téraire non identifié.
Littérature halieutique, pré-
cis de méditation ou avè-
nement d’un nouveau
taoïsme,
La Mouche et le
tao
est un livre qui ne se
laisse pas réduire à une
simple définition. Philippe
Nicolas a pris sa plume et son pinceau pour tenter de
transcrire un rapport à la pêche, entre philosophie et mys-
tique, entre contemplation et introspection. Ses illustra-
tions rappellent le coup de pinceau définitif des maîtres
de la calligraphie japonaise, saisissant l’essentiel avec un
minimum de moyens. Les textes, courts, sont servis par
une ambition littéraire et par une tentative d’expliquer
l’inexplicable.
Ainsi, à propos du montage, il délivre cette sentence défi-
nitive : “Apportez-moi surtout des plumes et des poils
d’animaux morts depuis longtemps ! Car, avec de la mort,
je vais faire de la vie.” Eh bien, Philippe Nicolas, avec des
mots, parvient également à faire de la vie !
La Mouche et le tao
par Philippe Nicolas.
respecter le milieu méditer-
ranéen.
Un milieu dont l’auteur est
apparemment amoureux,
tant il donne envie aux lec-
teurs d’y aller tenter leur
chance.
La Pêche en Méditerranée
par Denis Mourizard. Edi-
tions Sud-Ouest, collection
Pêche en poche.
Apprendre à pêcher la Méditerranée
Actualités
Jura
Douzième saison de guidage pour
Pierre-Emmanuel Aubry
La Saine et la haute Rivière d’Ain n’ont plus de secret pour
le guide de pêche jurassien Pierre-Emmanuel Aubry qui
entame sa douzième saison sur ces rivières. Il propose un
enseignement personnalisé pour pêcheur à la mouche
débutant ou confirmé avec le professionnalisme qu’on lui
connaît. Pierre-Emmanuel dispense également des stages
de pêche à la nymphe à vue sur le Doubs franco-suisse
(secteur de Goumois) ainsi que sur la Bienne (Jura). Une
manière de bien commencer la saison !
www.jura-flyfishing.com
E-mail : [email protected]
Pierre-Emmanuel Aubry, 10, rue du Paradis,
39150 Les Planches-en-Montagne
Tout Loïc Gicquel en kit
Loïc Gicquel, connu pour ses activités de guidage sur la
Loue, le Doubs et le Dessoubre, affiche également des qua-
lités de monteur de mouches qu’il vous propose de dé-
couvrir à travers une série de kits complets pour pêcher des
poissons difficiles. Par exemple, il a créé un kit dédié
au Dessoubre et à la sèche comprenant 24 mouches :
2 CDC jaune,
2 CDC olive,
2 CDC tag orange,
2 oreilles de lièvre,
2 mouches d’Ornans jaunes,
2 mouches d’Ornans olive,
2 CDC ailes en « V »,
2 émergentes parachute olive,
2 émergentes parachute noires,
2 vilaines,
2 spents orange et 2 sedge émergents.
Il propose également des kits pour la Loue, pour le Doubs,
l’Allemagne, l’Autriche et la Slovénie. Il peut également
concevoir pour vos demandes spécifiques des kits sur me-
sure, selon la saison ou le cours d’eau prospecté.
Renseignements : 06 61 45 30 25.
E-mail : [email protected]
Agenda
Les dates de l’AFCPL National Tour 2010
La saison recommence pour les amoureux de la pêche aux leurres et de la compétition. Voici donc les dates à noter dans votre agenda…
Open Bateau Division 1 & Division 2 :
15 et 16 mai : open D2 du Grand Large (69)
22 et 23 mai : open D2 de Vioreau (44)
12 et 13 juin : open D2 de Pierre-Percée (54)
19 et 20 juin : open D2 de Saint-Michel (29)
26 et 27 juin : open D1 et D2 de Vassivière (23 et 87)
3 et 4 Juillet : open D2 de Naussac (48)
17 et 18 juillet : open D1 et D2 de Penne-d’Agenais (47)
28 et 29 août : open D2 de Bordeaux Lac (33)
4 et 5 septembre : open D1 et D2 du Bourget (73)
16 et 17 octobre : open D2 de la Dordogne (24)
23 et 24 octobre : open D1 et D2 de Plobsheim* (67)
6 et 7 novembre : open D1 et D2 de Tournon-du-Rhône
(07)
13 et 14 novembre : open D2 de la Seine* (91)
27 et 28 novembre : Grand Prix de France* Villerest (43)
Street Fishing :
9 mai : open Street Fishing Angoumoisin (16)
15 et 16 mai : open Street Fishing de Strasbourg (67)
30 mai : open Street Fishing de Saint-Maur (94)
6 juin : open Street Fishing de Verdun (55)
13 juin : open Street Fishing de Betton (35)
20 juin : open Street Fishing de Limoges (87)
4 juillet : open Street Fishing de Dommartin (01)
12 septembre : open Street Fishing de Périgueux (24)
26 septembre : open Street Fishing de Toulouse (31)
3 octobre : open Street Fishing de Cergy (95)
17 octobre : open Street Fishing de Melun (77)
31 octobre : open Street Fishing d’Angers (49)
7 novembre : open Street Fishing de Tournon (07)
14 novembre : open Street Fishing de Chartres (28)
5 décembre : open de Choisy (91)
Float Tube :
23 mai : open Float Tube de Renung (40)
6 juin : open Float Tube du Sud Vendée (85)
13 juin : Open de Gironde* (33)
4 juillet : Open de Poitiers (86)
11 septembre : open Float Tube de Périgueux (24)
26 septembre : open Float Tube de Graon (85)
10 octobre : open Float Tube de Saint-Yrieix (16)
* Date en attente de confirmation.
Toutes les inscriptions pourront se faire très prochaine-
ment sur le site www.afcpl.com
Agenda
10 avril 2010
Journée de pêche
à la mouche
« spéciale féminine »
Vert-en-Drouais
Le faible nombre de femmes pratiquant la
pêche reste un des grands chantiers des as-
sociations et des fédérations. Ainsi, le Club
mouche de Provins organise le samedi
10 avril, sous le patronage du Comité régional
d’Ile-de-France de la Fédération française de
pêche à la mouche et au lancer (FFPML), une
journée de pêche « féminine » sur le lac du
Château, un réservoir de 7 hectares situé à
80 km à l’ouest de Paris. L’encadrement sera
assuré par des initiateurs de la FFPML. L’évé-
nement est ouvert à toutes, licenciées ou non
et sera l’occasion de promouvoir la pêche à
la mouche conjuguée au féminin.
Renseignements : Liliane Cloutrier,
06 98 35 92 76. David Zribi, 06 84 48 74 59.
23 et 24 avril
Démonstrations
de Marc Petitjean
Isle-sur-la-Sorgue, Castres
Marc Petitjean, le roi du CDC et heureux lau-
réat du trophée des Farios 2010, effectuera
des démonstrations de ses multiples talents
aux magasins Le Sorguett, à Isle-sur-la-
Sorgue (23 avril), et Europêche DC Outdoor,
à Castres (24 avril). Le monteur mythique y
dévoilera ses astuces et ses dernières inven-
tions.
Renseignements : Isle-sur-la-Sorgue :
04 90 38 23 02 – Castres : 05 63 35 09 00.
22 mai 2010
Concours carnassiers
et silures
Biscarosse
L’Alliance halieutique des grands lacs organise
un concours de pêche aux carnassiers et aux
silures à Biscarosse. Comme pour les éditions
précédentes, le concours se déroulera sur le
lac de Biscarosse-Parentis avec départs si-
multanés des ports de Gastes, Sainte-Eulalie,
Parentis et Biscarosse. Le PC du concours sera
installé sur le site Latécoère à Biscarosse. Le
montant des prix est inchangé, à savoir entre
10 000 et 12000 euros.
Renseignements : Alliance halieutique
des grands lacs : 06 19 33 06 73
E-mail : [email protected]
10 et 11 avril 2010
Salon des pêches sportives de Haute-Savoie
Fillinges
La 13
édition du Salon des pêches sportives de Haute-Savoie se profile à l’horizon. Jusqu’alors
cet événement se déroulait à La Roche-sur-Foron. Changement de décor et changement de
concept pour cette nouvelle édition avec un déménagement à Fillinges, près d’Annemasse, et un
salon qui se déroulera partiellement en extérieur, le long de la Menoge. L’occasion de découvrir
les nouveautés
in situ
et surtout de rompre avec la tradition du hall d’exposition géant, imper-
sonnel, où l’on ignore même l’heure qu’il est. Dans ce salon, vous pourrez profiter d’un kilomètre
de rivière avec des postes aménagés pour découvrir les différents types de pêche. Un petit plan
d’eau permettra également de tester les leurres et aux enfants de s’initier à la pêche avec des
animateurs des fédérations.
Autres raisons de se ruer à Fillinges, et pas des moindres : l’entrée est gratuite et, selon les parti-
cipants des éditions précédentes, c’est l’un des salons de pêche les plus sympathiques de France.
L’équipe de
Pêches sportives
sera présente, donc, rendez-vous sur les berges de la Menoge !
Renseignements : www.salonpechenature.com – Tél. : 04 50 31 11 91.
29 mai
Attacks, programme
d’initiation
et de promotion de
la pêche aux leurres
Laval
Le programme Attacks, créé à l’initiative de la
Fédération de la Mayenne pour la pêche et la
protection du milieu aquatique, se donne deux
missions : faire découvrir la pêche au grand
public et amener les pêcheurs à s’approprier
de nouvelles techniques de pêche. A partir de
10 heures, et tout au long de cette journée, des
bénévoles partageront leurs connaissances sur
la diversité des milieux aquatiques et de la
pêche en Mayenne.
Des professionnels vous guideront dans la dé-
couverte de nouvelles pêches, comme la pêche
en kayak ou assisté d’un float tube. Dans le
centre-ville de Laval, des ateliers de “lancer”
sur cible pour enfants et adultes ainsi que des
initiations à la pêche aux leurres sur la
Mayenne sont également au programme.
Cet événement, soutenu par de nombreux fa-
bricants et partenaires, lance une série de
stages déclinés sur le thème de la découverte
de la pêche. Ils se dérouleront tout au long de
l’année.
Renseignements :
Fédération de la Mayenne pour la pêche et
la protection des milieux aquatiques
78, rue Emile-Brault , 53000 Laval.
Tél. : 02 43 69 12 13 – Fax : 02 43 69 57 50.
E-mail: [email protected] –
www.fedepeche53.com
Du 4 au 6 juin
Nemrod
Lyon
Le Parc des expositions de Villefranche-sur-
Saône accueillera en juin un nouveau salon
consacré à la pêche, mais également à la
chasse et à la gastronomie. Nommé Nemrod,
cet événement est soutenu par la Fédération
départementale de pêche du Rhône et consti-
tue le premier rendez-vous du genre dans la
région, pourtant forte d’une population de
145 000 pêcheurs.
Plus de 150 exposants sont attendus et, pen-
dant trois jours, les visiteurs pourront suivre
des démonstrations et des conférences, flâner
dans l’espace marchand du salon et se sus-
tenter dans l’espace gourmet.
Renseignements : www.salon-nemrod.fr
5 et 6 juin
Festipêche
La Chaux-de-Fonds, Suisse
La ville suisse de La Chaux-de-Fonds, fronta-
lière avec la France, accueillera début juin, sur
la place des Forains, sa nouvelle édition de
Festipêche, un salon de pêche dont l’entrée
est gratuite. Lors de ces deux journées, les vi-
siteurs pourront rencontrer de nombreux ac-
teurs de la pêche de loisir helvétiques. Un
service de restauration est prévu sur place.
Renseignements :
www.festipeche.ch/index.html
19 et 20 juin
Festival international de
la pêche et de l’artisanat
Aywaille, Belgique
Aywaille, une charmante bourgade arrosée
par l’Amblève, engoncée dans un décor bu-
colique de la province de Liège, en Belgique,
accueillera en juin le Festival international de
la pêche et de l’artisanat. La manifestation am-
bitionne de devenir le “carrefour de rencon-
tre de tous les intervenants de la gestion des
eaux piscicoles” (qualité des eaux, empois-
sonnement, faune, prédation…).
De nombreuses marques de matériel seront
présentes ainsi que des voyagistes, de
nombreuses associations et sociétés de pêche,
des représentants des Eaux et Forêts, des
scientifiques et des personnalités politiques.
En tout, l’événement mettra en avant plus de
50 exposants du monde de la pêche ainsi que
plus de 70 artisans du terroir.
Renseignements : www.fipa-aywaille.be
6 juin
Journée nationale
de la pêche
Afin de faire découvrir la pêche au plus grand
nombre, la Fédération nationale de la pêche
en France et de la protection des milieux aqua-
tiques (FNPF) organise, le premier dimanche
de juin, la Journée nationale de la pêche, un
jour dédié à notre passion où la pêche sera
gratuite et où les associations et fédérations
de pêche tenteront de transmettre leur pas-
sion halieutique. Egalement au programme :
la sensibilisation et la connaissance du milieu
aquatique et de nombreux événements lo-
caux, comme des pique-niques champêtres ou
des initiations pour les enfants. Bref, une jour-
née idéale pour faire découvrir votre passe-
temps favori à tous ceux qui vous prennent
pour un fou lorsque vous vous levez à l’aube
afin de passer la journée dans le froid dans
l’attente d’une touche…
24 et 25 avril
Le Blavet fête l’alose
Les Gorêts, vallée du Blavet
L’alose est de nouveau à l’honneur pour cette nouvelle édition du” Blavet fête l’alose”, un événe-
ment organisé par la Fédération de pêche du Morbihan et l’AAPPMA de Lorient, et qui est égale-
ment l’occasion de participer à un concours de pêche à la mouche du fameux poisson, Défi alose.
Vous pourrez également de découvrir les richesses de la vallée du Blavet et du site des Gorêts.
Renseignements : Fédération de pêche du Morbihan, 02 97 44 54 55.
Actualités
Fermons l’écran
C’est traditionnellement en pays Ar-
verne que se déroule l’ouverture. Des
milliers d’Auvergnats et de pêcheurs
des régions limitrophes se pressent
dès le 15 janvier pour passer les nou-
veaux matériels en revue. C’est aussi,
c’est surtout, le moment où fabricants
et distributeurs rencontrent les détail-
lants du midi de la France, principale-
ment ceux du réseau Europêche.
Quelques lecteurs nous ont fait le re-
proche de n’avoir pas été à Clermont-
Ferrand. Mais si, nous y étions. Entre
deux palissades de toile, si bien ca-
chés par les organisateurs – s’ils ne
voulaient pas de nous, ils n’avaient
qu’à le dire – que nous avions, nous-
mêmes du mal à retrouver ce mal-
heureux stand. Nous ne reviendrons
pas l’année prochaine. Dommage,
c’était un beau salon. Sans doute pas
pour nous. Fermons l’écran.
D’ailleurs, il n’est pas possible pour un
petit magazine d’aller partout, car
quand la saison bat son plein, des sa-
lons il y en a autant que des arcs dans
une pisciculture. Nous ne paraissons,
par exemple, que rarement dans les
salons des bords de mer, nous évitons
aussi ceux qui vendent un peu de
tout, de la chasse, du dressage de fox-
terriers ou de la conduite d’attelage,
mais il en reste encore pas mal aux-
quels il nous serait agréable de parti-
ciper si nous en avions la possibilité.
Vive Charleroi
Alors restent ceux de notre choix
parmi lesquels Charleroi, que nous ne
raterions pour rien au monde. Car
Charleroi, qui ne se nomme plus
“Salon de Charleroi” mais “Salon eu-
ropéen de la pêche à la mouche”, est
bien le salon de toute une région.
Une de ces régions belges où cam-
pagne et banlieue sont si imbriquées
que les GPS ont parfois besoin d’ap-
peler des satellites en renfort pour
vous donner le bon chemin, une ré-
gion où se sont écrites quelques
pages de l’histoire de France, où
Valmy n’est pas loin de Waterloo. Une
région de cicatrices industrielles et de
terrils engazonnés, où les gens vous
Les derniers salons où l’on pêche
Il y a aujourd’hui une vraie saison des salons, comme il y a une saison de la truite ou du brochet. Elle
commence quand tout – ou presque – est fermé et que les pêcheurs s’intéressent plus au contenu des
boîtes à pêche qu’à celui des rivières. Pour certains, “l’esprit salon” dure du 1
janvier au 31 décem-
bre, ce qui laisse les poissons plutôt tranquilles et fait le bonheur des marchands de matériel.
accueillent, notamment ceux qui or-
ganisent ce salon, comme si vous fai-
siez partie de la famille.
Charleroi est un salon bon enfant, l’or-
ganisateur en est le club mouche
local, dont les membres, tous béné-
voles, gèrent à la fois la logistique et la
buvette, l’animation et les relations
publiques, un salon “spécial mouche”
où l’on vend des permis de pêche
avec des cannes au coup en guise de
prime, un vrai salon international où
les exposants viennent aussi bien de
France que de Belgique, de Hollande,
d’Espagne, de Suisse ou du Royaume-
Uni. Une sorte d’internationale ha-
lieutique placée sous le signe de l’ou-
verture et de la bonne humeur.
Paris le retour
2010 était pour Paris l’année du re-
tour aux fondamentaux. Un moment
tenté de prendre le relais du vénéra-
ble Sapec, Charles-Vincent Parachini
avait un peu hâtivement ouvert, les
années précédentes, les portes de
son salon aux croisés de la bouillette
et du pain de chènevis. Même si nous
considérons qu’un pêcheur dans
l’âme s’intéresse à toutes les pêches,
il est vite apparu que les chevaliers de
la 12 m en canal n’avaient pas grand-
chose à partager avec les mouchistes,
les streetfishers et les dragueurs de
marlin bleu.
La 14
édition du Salon de la pêche
sportive est donc revenue à ses pre-
mières amours : la mouche, le leurre,
le tourisme et les pêches exotiques.
Et bien lui en a pris.
Plus de 10000 personnes, selon la
préfecture de police, et 12 000, selon
les organisateurs, sont passées à la
Porte de Versailles pendant les trois
jours qu’a duré le salon. “Sans doute
le meilleur pour moi en termes d’af-
faires”, constatait Marc Petit-Jean, le
roi du cul du canard, qui résumait
ainsi le sentiment de la grande majo-
rité des exposants qui, après avoir fait
ailleurs le constat qu’il “ne suffit pas
de voir passer beaucoup de monde
pour faire du chiffre, se félicitaient
d’avoir mieux vendu à Paris ».
Fillinges sur Menoge
Le dernier salon où nous irons plan-
ter notre stand est celui de Fillinges,
en Savoie. Cet ultime rendez-vous des
passionnés tient ses quartiers au-delà
des dates de l’ouverture, à un mo-
ment où la débâcle alpine n’a pas
encore rendu torrents et rivières im-
pêchables. D’ailleurs, Fillinges sera, les
10 et 11 avril, le premier salon où l’on
pêche : pendant les deux jours, les vi-
siteurs, parmi lesquels de nombreux
Suisses venus en voisins, pourront
tester matériels et techniques sur un
parcours spécialement mis à leur dis-
position sur la Menoge voisine. Un
bon moyen de réussir la transition
avec la vraie saison de pêche.
Vincent Lalu
P. S. :
Nous ne serons pas présents,
mais représentés par Bernard Dal-
mas, à la première édition du salon
de Carhaix, organisé par nos amis de
River Stone.
Saint-Etienne, le dernier des grands salons
entièrement dédiés à la mouche en France.
La 14
édition du Salon de la pêche sportive est
donc revenue à ses premières amours : la mouche,
le leurre, le tourisme et les pêches exotiques.
Nymphe à vue :
à quel niveau solliciter
les poissons ?
La question peut faire sourire : a-t-on vraiment le choix ! Et que l’on ait le choix ou
non, le bon sens n’est-il pas de solliciter les truites au niveau où elles se trouvent et se
nourrissent ? Vrai, mais pas toujours…
Jean-Christian Michel
ans la pratique les
choses peuvent être
suffisamment compli-
quées pour s’estimer assez heu-
reux lorsque la truite parvient à
voir notre nymphe…Vitesse du
courant, profondeur, couvert
végétal, visibilité réduite sont
autant de facteurs qui limitent
notre marge de manœuvre dans
le choix d’une stratégie permet-
tant d’intriguer un salmonidé et
de l’inciter à prendre. Quand la
truite a l’humeur légère (ça
existe encore ?), la nymphe peut
se trouver à son niveau, à ras du
fond ou presque en surface, et si
elle a envie de s’en saisir, elle se
déplacera pour ramasser votre
tortillon de plumes là où il se
trouve. Dans une saison, ces
journées fastes se comptent sur
les doigts d’une main et l’édu-
cation des farios peut nécessiter
la mise en œuvre de stratégies
différentes afin de tromper leur
méfiance. On peut miser sur
une nymphe miracle (celle qui
bouge les pattes comme une
danseuse de french cancan et
fait saliver les vieux bécards), on
peut également utiliser le der-
nier fluorocarbone à 30 euros
les 10 mètres… mais on s’aper-
cevra vite que certains pêcheurs
réussissent aussi bien avec un
bon vieux pole fishing et une
phaesant tail famélique…
Indice que l’essentiel n’est peut-
être pas autant dans le matériel
que dans l’œil et la main du pê-
cheur. La plus grande satisfac-
tion de la pêche à vue est
d’arriver à identifier le compor-
tement des truites pour, en fin
de compte, parvenir à les pro-
voquer. Il existe certainement
des Konrad Lorenz de la truite
fario, mais ceux que je connais
n’ayant pas laissé de somme
scientifique je me bornerai seu-
lement à quelques observations
empiriques.
La truite “facile”
Imaginons un cas idyllique :
une fario se tenant dans un
Les truites ne sont
pas toujours
disposées à monter
chercher votre
nymphe entre deux
eaux. La plupart
du temps, c’est à
votre mouche de
passer à leur niveau.
courant régulier et faisant des
écarts à droite et à gauche pour
intercepter ses proies. Si la
nymphe attire son attention sans
que le pêcheur ait fait de faute
auparavant, cette truite peut
prendre à tous les étages, avec en
priorité tout ce qui monte de-
vant son nez, comme c’est le cas
lors de l’ascension des nymphes.
On aura tout intérêt à présenter
court afin de régler progressive-
ment nos dérives sans l’effrayer.
Attaquée ainsi, il y a de grandes
chances que la truite s’avance
nettement pour prendre, indica-
tion précieuse pour déclencher
le ferrage peu après son arrêt.
Or, tout le monde pêche ainsi,
en allant au plus simple. Et dès
que la zébrée se sera fait piquer
le bout du nez, elle deviendra
vite moins curieuse. Il faudra
alors que votre nymphe arrive
sur elle de façon très précise,
sans dragage et avec la légèreté
d’une proie naturelle pour par-
venir à la tromper…
La truite “occupée”
Souvent les truites se nourrissent
uniquement sur le fond. C’est le
cas quand elles picorent entre les
galets les gammares d’avril. Elles
peuvent se déplacer nettement,
se retourner, même, pour saisir
les bestioles qui partent dans
leurs dos, mais il faut impérati-
vement pêcher à ras du fond et
il y a peu de chance qu’une
nymphe présentée à l’étage su-
périeur les intéresse tant la cueil-
lette est facile sur le fond. Autre
cas, celui de ces farios qui se
nourrissent uniquement tête en
bas, et non plus légèrement au-
dessus. Quand une truite est sur
les escargots d’eau ou sur les
nymphes nageuses qui se faufi-
lent entre les galets, la pêche
peut devenir très énervante, car
si votre leurre ne sort pas des ga-
lets à moins de 20 centimètres
de sa tête il y a peu de chance
qu’elle le voie. La précision est
une fois de plus indispensable.
Une petite nymphe assez plom-
bée peut se révéler prenante si
on parvient à pêcher “au coup
de fusil”, c’est-à-dire en posant
la nymphe au fond et en effec-
tuant un aguichage marqué
mais de faible amplitude. Ce
saut de puce doit être réalisé
Cette truite a été
surprise non pas
la main dans le pot
de confiture, mais
le nez dans les
gammares. Un cas
typique où il faut
pêcher sur le fond.
Attaquée ainsi, il y a de grandes chances
que la truite s’avance nettement pour
prendre, indication précieuse pour
déclencher le ferrage peu après son arrêt.
Expertises
juste devant le nez de la fario
pour être efficace… plus facile à
dire qu’à faire !
La truite “indifférente”
Hauteur d’eau importante, cou-
rant nul et truite apathique, pen-
due entre deux eaux ou bien
posée sur le fond… la guerre des
nerfs peut commencer ! La ten-
tation est grande de lancer
presque sur le poisson et de faire
descendre le leurre à son ni-
veau… Or, en procédant ainsi,
l’impact de la nymphe et son
immersion se font dans le champ
visuel de la truite… le pire que
l’on puisse faire ! Il n’existe pas
de solution miracle, mais on a
tout intérêt à essayer de pêcher
ce poisson en surface et assez loin
de sa tête. Le but est que la dé-
rive de votre nymphe soit très
lente et s’arrête au moment où
elle entre dans le champ visuel
du poisson afin de ne pas lui lais-
ser le loisir d’inspecter le leurre
sous toutes ses coutures. Il arrive
parfois que la truite se réveille et
démarre franchement comme
lorsqu’elle monte du fond pour
cueillir un insecte esseulé avant
de replonger aussitôt pour conti-
nuer sa sieste.
Dans tous les cas, le plombage
des nymphes est à effectuer au
plus léger, sauf cas particulier
(micro-nymphes, pêche dans
des profondeurs inhabi-
tuelles…). Pour que l’artificielle
coule facilement, on privilégiera
des modèles de type phaesant-
tail ou quill de paon ébarbé avec
des cerques très clairsemés réali-
sés en pardo. En revanche, si on
souhaite que la nymphe reste
pendue dans la veine d’eau et
plane sans draguer, on privilé-
giera les modèles duveteux ou de
type oreille de lièvre. Enfin, lors
d’une dérive, une fois que la
nymphe a atteint la profondeur
désirée grâce à un posé détendu,
il est possible d’arrêter son en-
foncement en tendant légère-
ment la soie… à utiliser avec
parcimonie, sous peine de
dragage !
Au pêcheur de
connaître sa rivière,
les invertébrés
qui la peuplent,
et les habitudes
des truites. Une
simple question
d’observation.
i je passe en revue mon
équipement de pêcheur à
la mouche, qui me donne
entière satisfaction, le constat
est le suivant : ma canne G.Loo-
mis GLX Classic faisait partie
des nouveautés 1995. Mon
moulinet Loop Traditionnel
n° 2 date de la même époque.
Ma soie, une Scientific Angler
Triangle Taper Lee Wulff, avait
été importée en France au début
des années 1990. Quant au fil
Maxima, qui constitue pour
une bonne part mes bas de
ligne, il a vu le jour au début des
années 1970. L’ensemble de ces
produits sont considérés au-
jourd’hui encore pour beau-
coup de pêcheurs à la mouche
comme faisant partie des meil-
leurs pour pêcher à la mouche
sèche et à la nymphe à vue.
Force est de constater qu’ils vi-
vent une belle carrière un peu
partout dans le monde pour le
plus grand plaisir des pêcheurs.
A l’heure du marketing, du re-
nouveau annuel obligatoire des
gammes, c’est un miracle que
ces matériels figurent toujours
aux catalogues ! Mais il y a une
raison évidente à cela. Elle est
technologique, physique, tech-
nique, que sais-je encore, arith-
métique ! Oui, le matériel de
pêche à la mouche n’évolue
quasiment plus depuis dix-
quinze ans. L’avènement du car-
bone dans la fabrication des
cannes, dans les années 1970,
donna naissance à des fleurets
certes d’une légèreté incompa-
rable, mais au niveau du com-
portement et de l’action nous
étions encore très proches des
cannes en fibre de verre, du
conolon, ou du bambou re-
fendu. La mode était aux
cannes d’action parabolique où
l’on sentait en lançant les pre-
mières rondelles de liège de la
poignée qui pliait légèrement
sous les doigts. Cette mode se
Hormis dans le domaine du montage des mouches, où l’on voit régulière-
ment de nouveaux produits venir apporter un peu de renouveau dans le
monde des pêcheurs à la mouche, c’est le calme plat pour ce qui concerne le
reste du matériel. Un calme déguisé par la culture de la nouveauté à tout
prix, par le “relookage” des produits et les fausses informations. Les fausses
nouveautés commencent à agacer sérieusement les acheteurs qui, pour une
bonne part, ont perdu confiance en leurs marques favorites. Analyse d’une dé-
rive qui ne doit pas rester tabou.
Par Jean-Marc Theusseret
Mauvaise nouvelle :
le matériel de pêche
à la mouche n’évolue
plus et, sachez-le,
il risque de régresser !
Contrairement
à la pêche aux
leurres, en plein
essor technologique,
la pêche à la
mouche n’évolue
plus autant qu’il
y a vingt ans.
poursuivit durant les années
1980. Durant les dernières an-
nées de cette décennie, la ten-
dance allait s’inverser, grâce
notamment aux produits pro-
posés par deux marques améri-
caines, Sage et G. Loomis. Les
meilleurs lanceurs de la planète
collaboraient avec ces marques,
tels Steve Rajeff ou Mel Krieger.
Le lancer de compétition, sur-
tout pour l’épreuve de distance,
s’accommodait mal des actions
« lentes » paraboliques. Tous les
lanceurs du circuit américain
avaient depuis déjà longtemps
adopté des actions progressives
semi-paraboliques, voire “de
pointe”. L’adaptation de ces ac-
tions aux gammes de cannes des-
tinées à la pêche par ces deux
marques allait révolutionner la
pêche à la mouche dans bon
nombre de contrées, dont la
France. Je me souviens de ma
première G.Loomis, une Im6 de
9 pieds pour soie n° 5, achetée
sous forme de blank en 1988,
une formule 1 pour l’époque.
D’un coup tout devenait facile :
lancer contre un léger vent de
travers, manipuler un long bas
de ligne, présenter en quelques
secondes une mouche à 15 mè-
tres, sortir l’interminable bas de
ligne à nœuds tout en lançant,
pêcher loin ou court, bref, le pa-
radis ! Quant à Sage, sa RPL puis
sa RPL + allaient forger la répu-
tation de la marque pour long-
temps. Aujourd’hui, la grande
majorité des cannes à mouche
possèdent ce type d’action que
l’on appelle semi-parabolique, y
compris pour les cannes de pre-
mier prix, ce qui est une excel-
lente chose. Le carbone, lui, n’a
pas évolué en trente ans, ni la ré-
sine qui mélangée au carbone
permet d’obtenir une canne à la
fois souple et solide. A la même
période, soit le début des années
1990, on vivait également deux
avancées majeures : le premier
moulinet « large arbor » mo-
derne (ils existaient en version
plus ou moins artisanale chez les
adeptes du lancer de compéti-
tion) et la soie à profil triangu-
laire. Là encore, ces deux
produits sont signés par deux
marques étrangères, le suédois
Loop (fabrication Danielson) et
l’américain Scientific Anglers. Le
moulinet Loop Traditionnel avec
ses six galets caractéristiques pro-
posait un moulinet avant-gar-
diste creux en son centre, d’un
grand diamètre tout en étant
ultra léger. Aujourd’hui tous les
fabricants de moulinets ou
presque ont adopté le principe
du moyeu large, qui permet une
récupération rapide et un plus
grand respect de la soie, qui se
trouve stockée sur un anneau de
grand diamètre. La soie Triangle
Taper, mise au point par Lee
Wulff, le père de la pêche spor-
tive, allait rapidement faire de
nombreux adeptes chez les pê-
cheurs français, et non des moin-
dres. Une bonne partie de la
jeune génération de l’époque en
était devenue “addict”, au point
de ne pouvoir revenir aux mo-
dèles WF et encore moins DT.
La soie de Lee Wulff cumule les
avantages de plusieurs profils
sans en comporter les inconvé-
nients. Elle permet de lancer ra-
pidement en formant une
boucle de soie serrée, qui perce
bien le vent tout en permettant
des posers d’une grande douceur
grâce à sa pointe longue (le cône
se rétrécit sur 12 mètres). Pour
chaque technique de pêche à la
mouche, on pourrait citer d’au-
Aucun progrès à
l’horizon du côté
du nylon. Les
diamètres les plus
fins, de 8 et 6/100,
existent depuis plus
de vingt ans.
Il ne faut pas s’attendre à ce que des
produits soient développés pour le marché
européen par les marques américaines.
tres produits qui ont marqué
leur temps, comme les soies in-
termédiaires transparentes pour
la pêche en réservoir, les cannes
multibrins pour les voyageurs,
les perles en tungstène pour le
pêcheur à la nymphe au fil, les
hameçons à affûtage chimique,
le fluorocarbone, etc. Mais vous
remarquerez que les grandes
avancées ont quasiment toutes
eu lieu dans les années 1990, dé-
cennie bénie pour les pêcheurs à
la mouche !
Le risque de perdre
des bons produits,
marketing oblige
Le fait de disposer d’un excellent
matériel devrait nous rassurer.
Après tout, d’autres sports évo-
luent encore moins que la pêche
à la mouche. Un ballon de foot
est depuis sa création un globe
miniature, les vélos de course ont
connu de grandes transforma-
tions, mais pour eux aussi le
temps des innovations majeures
semble consommé. Plus près de
nous, le collègue chasseur de bé-
casse pratique avec le même ma-
tériel qu’il y a quarante ans, et les
passionnés vivent cette chasse
avec toujours autant de bonheur.
On pourrait donc dormir sur ses
deux oreilles avec le matériel que
l’on a, chacun avec ses préfé-
rences. Or, cette quiétude est
menacée. En effet, c’est déjà un
miracle que de voir des produits
inchangés depuis dix, quinze ou
vingt-cinq ans ! Le besoin de
nouveautés à tout prix de notre
société de consommation risque
de mettre un terme à cette conti-
nuité. Pour prendre un exemple,
les soies Triangle Taper ont été
modifiées deux fois depuis leur
création au début des années
1990. A l’origine, leur identifi-
cation de poids était
indiquée, pour des raisons
obscures, par une double numé-
rotation (3/4, 5/6, 6/7, etc.).
Quelques années plus tard, leur
profil a été légèrement modifié,
il s’est ramassé sur l’avant, et les
repères sont passés en numérota-
tion unique. Ce n’est plus la
même soie, même si elle reste ex-
cellente. Dernière modification
en date : l’ajout en pointe d’une
horrible boucle d’un bon centi-
mètre d’ouverture pour fixer le
bas de ligne !
C’est un moindre mal, car un
bon coup de ciseaux et on n’en
parle plus. Qu’on ne si trompe
pas, la pêche fine pratiquée en
France est aux antipodes de la
pêche pratiquée dans les grands
pays de pêche à la mouche que
sont les Etats-Unis d’Amérique,
le Royaume-Uni, la Nouvelle-
Zélande ou la Patagonie. Il ne
faut pas s’attendre à ce que des
produits soient développés pour
le marché européen par les
marques américaines. Ceux qui
par chance correspondent à
notre pratique de la pêche à la
mouche laissent toujours des
plumes dans les opérations de
“relookage”. En France et dans
les pays voisins, heureusement,
les marques comme JMC, De-
vaux, T.O.F., Petitjean ou des ar-
tisans comme Jacky Boileau et
Christian Launstorfer essaient de
rattraper un peu la tendance, en
proposant un maximum de ma-
Une canne G.Loomis GLX Classic. Une canne créée
au début des années 1990 est qui reste pour beaucoup
une référence absolue. Pour combien de temps encore
les trouverons-nous au catalogue de la marque ?
Le moulinet à moyeux large a été présenté comme
étant une nouveauté il y a vingt ans. Le modèle
ci-contre date de 1958…
tériels adaptés à nos besoins.
Mais, dans la crainte, certains
commencent à faire des réserves
pour pouvoir pêcher encore
longtemps avec leurs produits fa-
voris ! Bon réflexe !
Le cas des monofilaments
Du côté des nylons, même
constat qu’avec les cannes en car-
bone, les soies ou les moulinets,
rien de nouveau depuis au moins
vingt ans. Je me souviens de
Piam, le célèbre pêcheur à la
nymphe qui, en 1987, utilisait
déjà depuis plusieurs saisons des
nylons de 8 et 6/100 de marque
Fling, ce qui à l’époque était très
inhabituel, puisque la plupart
des pêcheurs ne descendaient ja-
mais en dessous du 12, voire du
14/100 ! L’avancée des nylons
ultra-fins n’était pas possible sans
une évolution de concert avec les
hameçons japonais à affûtage
chimique. Les modèles forgés
étant inutilisables avec des fils
fins en raison de leur pointe ap-
proximative et d’un ardillon gros
comme un dard de frelon ! Il
faut savoir que les nylons très
fins n’ont jamais été développés
pour la pêche à la mouche (à
quelques très rares exceptions
près). Il s’agit de fils destinés à la
pêche au coup de compétition,
dont on a adapté l’emballage.
Dans ce domaine également, au-
cune avancée ne permet d’affir-
mer que les nylons sont plus fins,
plus résistants qu’il y a quinze ou
vingt ans. La crise économique
mondiale que nous traversons
n’aidera pas l’industrie à déve-
lopper de nouvelles méthodes de
fabrication, alors patience, la
pêche en 4/100 qui tient trois
kilos, c’est pas pour demain ! Le
fluorocarbone constitue la seule
vraie évolution en matière de
monofilament. Pour la pêche en
lac et en réservoir, son utilisation
fait l’unanimité lorsqu’il faut pê-
cher sous la surface. Il est invisi-
ble dans l’eau, s’immerge vite, sa
résistance est excellente. Son seul
défaut concerne sa raideur exces-
sive, qui le rend moins souple
qu’un nylon, ce qui est rédhibi-
toire pour la pêche à la nymphe
en rivière. Mais tout le monde
n’est pas de cet avis.
Et le pêcheur redevient
pêcheur
Ceux qui ont connu les grandes
avancées technologiques de la
pêche à la mouche, qui les ont
intégrées rapidement, ont tou-
jours bénéficié d’un avantage sur
les autres pêcheurs. Pêcher plus
fin, plus petit, plus vite, plus pré-
cis se traduisait rapidement par
une multiplication des prises.
Aujourd’hui, le niveau global
des pêcheurs français a beau-
coup progressé grâce à l’évolu-
tion matérielle, c’est indéniable.
Et avec Internet, les blogs, tout
circule, tout se sait. On peut
trouver le produit idéal partout.
C’est donc une époque très dif-
férente que nous vivons actuel-
lement, alors il est sou-haitable
d’être parfaitement conscient de
cette évolution si l’on veut
continuer de rester dans la
course. Car les poissons sauvages
se sont habitués à toute cette
technologie. On le voit avec les
parcours no kill, où truites et
ombres ont la chance de vivre
plus longtemps qu’ailleurs. La
pêche fine a ses limites dès que
la saison avance et que l’étiage
s’annonce. Certains poissons de-
viennent imprenables, même
par les cadors du secteur. D’au-
cuns jettent l’éponge et se diri-
gent vers des parcours moins
fréquentés, d’autres insistent, se
creusent la tête pour imaginer
des stratagèmes diaboliques.
Pour résumer, le matériel ne suf-
fit plus à faire la différence.
Confronté à des poissons qui
ont eu le temps d’assimiler l’évo-
lution technologique, le pêcheur
redevient un pêcheur, fait atten-
tion à tout, au placement, aux
ombres portées sur l’eau, limite
ses lancers, se concentre sur ses
dérives, évite à tout prix le dra-
gage… S’il est une bonne nou-
velle en cette époque de panne
technologique, c’est bien celle-
là ! N’est-ce pas là l’essentiel,
l’essence de notre passion ? Le
seul domaine qui garde une
marge de manœuvre reste le
montage des mouches. Jamais
nous n’avons eu autant de choix
de matériaux, d’hameçons, de
techniques pour imaginer des
versions de mouches toujours
améliorées, toujours améliora-
bles, qui auront certainement
un effet positif au final. Ceci à
condition de ne pas céder aux
éclats de tous ces produits clin-
quants qui remplissent lespages
des catalogues. Tout n’est pas
mauvais, alors il faut trier, agir
avec une grande parcimonie.
Une chose est sûre, comme à la
grande époque des révolutions
matériel, les plus malins s’en
sortiront. Alors, à vous de
jouer !
Expertises
Ceux qui, par chance, correspondent
à notre pratique de la pêche à la mouche
laissent toujours des plumes dans
les opérations de “relookage”.
Les pêcheurs à
la mouche veulent
seulement vivre
heureux près de leurs
rivières, avec un
matériel adapté
à leurs besoins, sur
lequel ils peuvent
compter…


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