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Pêches sportives magazine n°80
PECHES sportives PECHES sportives n°80 Pendant le Grenelle, les massacres de bars continuent • De l’intérêt des gros spinnerbaits • Leurres souples : la pêche linéaire Leurre Votre DVD est à l’intérieur F: Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses Juillet – août – septembre 2009 • Pêchessportives • numéro 80 • 25 montages […]
Rupture de stock
Description
PECHES
sportives
PECHES
sportives
n°80
Pendant le Grenelle, les massacres de bars continuent
• De l’intérêt des gros
spinnerbaits
• Leurres souples :
la pêche linéaire
Leurre
Votre DVD
est à
l’intérieur
F:
Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses
Juillet – août – septembre 2009
•
Pêchessportives
•
numéro 80
• 25 montages pour l’été
• Pêches faciles
en vacances
La boîte à
mouches
idéale
Vive le poulet élevé au bar
Pendant
le Grenelle de la mer, le massacre cont
nue. C’est
en résumé le
ext
e dans lequel s’est
allé le débat
sur l’aveni
r de nos ressources
nes. Loi
n de nous l’i
dée de ne ret
r des confront
ons à la mode
que les côtés négatifs, l’impact des lobbies, la mauvaise foi de certains
scientifiques français dont l’isolement international commence à faire
tache. Nous ne nous étendrons pas plus sur cette idée saugrenue de ne
trouver comme remède au pillage de nos mers que l’instauration d’un
permis de pêche marin pour les malheureux vacanciers. Comme si le per-
mis de pêche en rivière avait été un remède au déclin de nos cours d’eau.
Nous pointons comme les autres quelques nouvelles encourageantes, de
nouveaux sanctuaires, de nouvelles règles et solutions pour protéger l’ha-
bitat marin, bref une attitude nouvelle, voire audacieuse, de certains de
nos dirigeants qui commencent à comprendre qu’il faut prendre un peu
plus de soin du deuxième domaine maritime de la planète.
Le hic – et il est de taille – est que, dans le moment où se met en place
cette conjuration des bonnes volontés, les comploteurs de l’apocalypse
continuent leur sinistre besogne. Oui, n’en déplaise à la thèse officielle,
il y a dans ce pays des imbéciles qui, si on les laisse faire, pilleront jusqu’au
dernier poisson leur portion d’océan.
Oui, on continue de laisser massacrer les bars qui ont le malheur de se re-
produire sur les frayères de nos côtes ; oui, on ferme les yeux sur les sta-
tistiques bidon, les trucages de pavillon, le non-respect des quotas par
ock de t
hon rouge connaî
le même sort
que les mo-
rues de Terre-
Neuve au si
ècle derni
er.
La t
rès joli
e “com” gouvernement
ale, son market
ng humi
de font
dou-
cement rigoler les moissonneurs de frayères, les faucheurs de thon. Les
deux articles que nous publions dans ce numéro de
Pêches sportives
sont pas les premiers et, hélas, pas les derniers à dénoncer un scandale
bien français. Que l’on donne aujourd’hui aux poulets de la farine de bar
ne dérange pas vrai
ment
les aut
ori
és de ce pays. A
commencer par celles
qui savent bien que demain seul l’inverse sera vrai. Car il n’y aura bien-
plus que des bars d’élevage.
Vincent Lalu
EDITO
Administration, rédaction, publicité :
Editions La Vie du Rail/ Pêches sportives
11, r
e Milan
, 75009 Par
is –
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Bertrand Bourgeois, Alain Gugenheim,
Vincent Lalu.
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteur en chef :
Samu
el Delzian
Ont collaboré à ce numéro :
Dalmas,
Achille Gan, Vincent Lalu, Guy Périat,
Jean
iccin
, Jean
istian
Mich
Sylvain Richard, Jean-Marc Theusseret.
Réalisation graphique et révision :
amarena.
Relecture :
amarena.
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Pêches sportives n° 80
Sommaire
PORTRAIT
p.52
– Yann Le Fèvre, le magicien
de la nuance.
PORTRAIT
p. 56
Les sept familles de la pêche :
n° 2 : l
e pressé.
LA BOÎTE À MOUCHES
IDÉALE
p. 60
– Une boîte à mouches de rêve
en 37 modèles.
MONTAGE
p. 70
– 25 modèles pour pêcher cet été.
NOUVELLE
p. 92
– La belle au bois d’Ornans.
TECHNIQUE LEURRE
p. 42
– La pêche linéaire aux leurres souples.
SHOPPING LEURRE
ET MOUCHE
p. 47 et 91
– Les nouveautés matériel
du moment.
TECHNIQUE LEURRE
p. 48
– De l’intérêt des gros spinerbaits.
L’ENVERS DU GRENELLE…
– Quand les Attila du chalut
montent au filet
– Descente de bar.
VIGILANCE
p. 16
– Dérives harmonisées. Réflexion
sur la date d’ouverture
de la pêche des carnassiers.
ACTUALITÉS
p. 20
-Mobilisation pour la sauvegarde
du Rizzanese
The end of the line
: le film qu’il ne
faut pas rater
L’ÉCHO DU RADIER
p. 36
– Le réchauffement climatique,
ses effets sur l’eau et les poissons,
seconde partie.
TECHNIQUE
p. 98
– Des pêches faciles pour les vacances.
OÙ PÊCHER
p. 104
– Argentine : au bon temps des cerises…
p. 113
– Les petites annonces matériel, livres,
séjours, etc.
Un DVD est inclus dans ce numéro
Les jours du thon en Méditerranée sont comptés. Selon le président du comité des pêches
de Marseille, c’est la faute des pêcheurs sportifs. Ça sonne comme une blague, et
pourtant ce monsieur semble sérieux…
Dans le quotidien
La Provence
daté du 8 février dernier M. Mou-
rad Kahoul, président du comité
local des pêches de Marseille, s’in-
digne de la décision autorisant les
pêcheurs sportifs à pêcher le thon.
“On accorde à des nantis, à des
personnes qui exercent déjà une
profession bien rémunérée ou qui
vivent aisément de rentes ou de
bonnes pensions de retraite et qui
sont, ou ont été, les décisionnaires
ou à l’initiative des contraintes qui
frappent notre profession, le droit
de pouvoir s’amuser avec une
espèce en grand danger
d’extinction.“
C’est bien la première fois à notre
connaissance que M. Mourad
Kahoul considère le thon rouge
Thunnus thynnus
) comme une
espèce en “grand danger d’extinc-
tion”. Le BGFCF, l’IGFA, mais égale-
ment le WWF, Greenpeace et
quelques scientifiques de l’Ifremer,
qui depuis des années tirent la
sonnette d’alarme quant au risque
de disparition prochaine de cette
espèce emblématique, sont ravis
de l’apprendre. Jusqu’au 8 février
dernier, M. Kahoul tenait plutôt un
discours inverse.
Ainsi donc aujourd’hui, M. Kahoul
Quand les Attila du chalut montent au filet
Grenelle
L’envers du
s’élève de façon véhémente contre
le droit qu’on accorderait en 2009
aux “nantis” que nous sommes de
pêcher le thon sportivement. Rap-
pelons simplement ici que, d’après
une enquête récente de l’EAA
(European Angling Alliance), seu-
lement 1 à 3 % des captures de
poissons en Méditerranée seraient
le fait des pêcheurs récréatifs.
Quand les senneurs capturent sur
les frayères plusieurs centaines de
tonnes de thons d’un seul encer-
clement de filet, pour arriver à des
“quotas” alloués de 4 800 tonnes
(pour les pêcheurs français), ce ne
sont pas les quelques quintaux de
thons capturés au broumé ou à la
traîne qui vont plomber la balance.
D’autant que, d’après les enquêtes
des ONG, les quotas sont systéma-
tiquement dépassés frauduleuse-
ment par les professionnels et
atteindraient le double de ce qui
est alloué. Rappelons que l’année
dernière, ces “quotas” étant at-
teints au début de juillet, toute
pêche au thon rouge, y compris
sportive, a été fermée à partir de
cette date.
Soyons un peu sérieux, et puisque
que M. Kahoul connaît les chiffres
et sait s’en servir quand il faut dé-
fendre auprès du gouvernement,
de Bruxelles ou de l’ICCAT, les in-
térêts des quelque 40 senneurs
français, d’après le très récent rap-
port parlementaire sur la gestion
des pêches du sénateur Cléach
(décembre 2008) les senneurs
français de Sète et de Port-Vendres
se tailleraient la part du lion en
Méditerranée avec 20 % des prises
totales estimées à “vraisemblable-
ment” plus de 50 000 tonnes de
thons. Toujours d’après le rapport
sénatorial : “la France a récem-
ment fait exception en avouant
avoir très largement dépassé son
quota” et il serait de notoriété pu-
blique que des navires (senneurs)
français désarmés et remplacés
par des plus modernes subven-
tionnés auraient été immatriculés
en Lybie, mais seraient restés la
propriété des mêmes intérêts fi-
nanciers. Et ce n’est pas une ONG
qui le dit mais un sénateur de la
République…
Rappelons également, comme le
fait remarquer le rapport Cléach,
que les thonniers-senneurs (qui
coûtent plusieurs millions d’euros
l’unité) sont, comme d’ailleurs la
plupart des bateaux de pêche mo-
dernes, largement subventionnés
par l’argent du contribuable (aides
diverses, européennes et natio-
nales), de même que le gas-oil
dont ils sont grands consomma-
teurs, et encore ne connaissons-
nous pas tout des fonds locaux et
régionaux, des remboursements
sur les pertes de matériel, des
prêts avantageux et aides finan-
cières diverses, des réductions
voire suppressions de charges so-
ciales, dont les pêcheurs profes-
sionnels bénéficient.
Quand les “nantis” que nous
sommes achetons un “sportfisher-
man” pour pêcher le thon au
broumé ou à la traîne, de quelle
subvention bénéficie-t-on ? Et si la
construction nautique de plaisance
française, avec des centaines de
milliers d’emplois à la clef, est une
des toutes premières du monde,
c’est en partie à la pêche de plai-
sance qu’elle le doit. Quand un
“nanti” ou un riche retraité dé-
pense dans une journée de pêche
à la traîne (il faut parfois aller trou-
ver les thons en été à plusieurs di-
zaines de miles de la côte et
traîner pendant des heures) plu-
sieurs centaines d’euros en gas-oil,
celui-ci n’est pas détaxé et rap-
porte énormément en taxes à
l’Etat, ce qui permet sans doute de
subventionner celui des profes-
sionnels. Sans parler des nuits
d’hôtel, des restaurants, du maté-
riel de pêche sportive acheté loca-
lement et des mille et une petites
retombées sur les commerces lo-
caux. Mais paradoxalement, dans
notre pays, aucun responsable
socio-économique ou politique
ne semble avoir fait la moindre
Seulement 1 à 3 % des captures de poissons
en Méditerranée seraient le fait des pêcheurs
récréatifs.
Retenez bien ce
visage, vous n’aurez
bientôt plus l’occasion
de le croiser.
relation entre les retombées
touristico-économiques d’une
pêche récréative éco-responsable
et durable et le pillage subven-
tionné de la pêche industrielle.
Savez-vous, monsieur Kahoul, et
messieurs les politiques, que les re-
tombées économiques de la pêche
récréative pour les seuls Etats-Unis
se chiffrent à environ 75 milliards
de dollars annuellement (source
ministère de l’Intérieur des Etats-
Unis), dont environ 55 milliards
pour la pêche sportive en mer. Si
l’on y ajoute les quelques rares au-
tres pays anglo-saxons qui ont fait
le choix de limiter drastiquement la
pêche industrielle dans leurs eaux
territoriales pour y privilégier la
pêche récréative, comme l’Austra-
lie et la Nouvelle-Zélande, on arrive
à plus de 70 milliards de dollars. Si
l’on y ajoute les retombées écono-
miques liées à la pêche sportive de
pays d’Amérique latine comme le
Costa Rica, le Panama, le Hondu-
ras, le Guatemala, le Mexique
(clientèle touristique américaine et
européenne), nous approchons
des 90 milliards de dollars. Rap-
prochons ce chiffre, maintenant, de
celui publié en 2004 par la Banque
mondiale, qui évalue à 85 milliards
de dollars la valeur des captures
sauvages de la pêche commerciale
(subventionnée à plus de 50 %)
dans le monde.
Quand, sous la présidence de Bill
Clinton, l’Etat de Floride, tout
d’abord, suivi dans les années 90
par la plupart des Etats côtiers du
golfe du Mexique et des côtes est
et ouest ont décidé de réserver la
majorité de leurs ressources ma-
rines, et surtout les poissons, à la
pêche récréative, les pêcheurs pro-
fessionnels ont fait grise mine,
mais ils n’ont pas pour autant blo-
qué les ports américains, ni brûlé
un Parlement, ni saccagé des su-
permarchés. Plus de 90 % d’entre
eux se sont reconvertis comme
guides de pêche et aujourd’hui
gagnent beaucoup mieux leur vie
qu’auparavant. Au lieu de se lever
en pleine nuit pour faire un métier
épuisant et dangereux qui leur
rapportait (comme chez nous,
exception faite des 40 thonniers-
senneurs) de moins en moins, ils
se lèvent aujourd’hui comme des
employés de bureau. Ils sont très
bien payés, sans parler des pour-
boires d’autant plus généreux que
la pêche a été bonne.
Chez nous aussi, peut-être pas les
40 capitaines de senneurs, mais les
milliers de petits artisans-
pêcheurs (ligneurs ou fileyeurs) ou
patrons de petits chalutiers de-
vraient penser à se reconvertir en
guide de pêche pour touristes. Il n’y
aurait là rien de péjoratif, bien au
contraire, ils gagneraient bien
mieux leur vie, feraient partager
l’amour de la mer et leur connais-
sance des poissons à des millions
de personnes.
Reproduit avec l’aimable autorisa-
tion du Big Game Fishing Club de
France.
Grenelle
L’envers du
Ça ne tourne pas très
rond sous la surface
des mers. Le patron
pêcheur breton
Franck Leverrier
(Saint-Quay
Portrieux) et ses
marins devant leurs
prises pour le moins
inhabituelles !
Des thons rouges
de 450 kg…
(Ouest-France
Dans un article paru dans le quo-
tidien local
La Presse de la
Manche
daté du samedi 28 février
2009, nous apprenons que deux
chalutiers pélagiques de La Tur-
balle, contrôlés par la gendarmerie
maritime, au large de Cherbourg,
avaient à leur bord 22tonnes
de bars… Soit 12tonnes excé-
dentaires, puisque seulement
5 tonnes sont autorisées par se-
maine et par bateau.
La frayère Manche Est, située dans
le “rail” des Casquets, au large du
nez de Jobourg (pointe ouest du
Cotentin), a donc cette année en-
core été pillée sans vergogne par
des pélagiques venus de
Descente de bar
Cette année encore du début février à la fin mars, bénéficiant souvent de surcroît d’une
météo clémente, les pélagiques ont pu “taper” dans les frayères de Manche Est et Ouest et
capturer des centaines de tonnes de bars, transformés pour la plupart en farines et granu-
lés destinés à nourrir les saumons, les poulets et les cochons des élevages industriels
uropé
ns…
Yann Dre
Grenelle
L’envers du
Bayonne, des Sables-d’Olonne ou
de La Turballe. Il en fut de même,
d’ailleurs, de la principale autre
zone de frai en Manche, dite
Manche Ouest, située derrière l’île
de Batz, au large de Roscoff. Là
encore, pendant plusieurs se-
maines en février et mars, une
douzaine de pélagiques se sont
relayés pour “taper” à tour de rôle
dans les frayères. Rappelons que
les pélagiques sont des chalutiers
hypermotorisés, qui travaillent “en
bœufs”, par paire, et traînent à la
profondeur où les bars ont été re-
pérés au sondeur un filet dont
l’ouverture est grande comme un
terrain de football.
Des traits de chalut de plusieurs
dizaines de tonnes sont ainsi pos-
sibles, avec un seul bon passage
dans la gigantesque masse des
bars rassemblés pour frayer. A
moins de 200 mètres du débarca-
dère de la criée de Roscoff, sur le
quai qui fait face aux ferry-boats, il
fallait voir les norias de semi-
remorques qui faisaient la queue
pour embarquer hors criée des di-
zaines et des dizaines de tonnes
de bars. Un remarquable repor-
tage de TF1 au 20-Heures de
Claire Chazal, le dimanche
19avril, montre les pélagiques qui
débarquent directement des cen-
taines de caisses de bars dans les
semi-remorques qui attendent sur
le quai. A la fin de ce court repor-
tage, et pour la première fois à
notre connaissance dans un
grand média généraliste, l’aspect
économique de la pêche de loisir
a été évoqué.
Comme le fait remarquer Charles-
Henri Canto, guide de pêche pro-
fessionnel, sur le forum de
l’excellent site pecheaubar.com,
“90 % des pélagiques observés
ne passent pas par la criée pour
débarquer leurs prises, les dé-
barques se font sur un quai des-
tiné normalement aux cargos et
situé à moins de 300 mètres de la
criée, les prises sont débarquées
par l’équipage sans aucun
contrôle, ni de la criée ni d’un
quelconque personnel fonction-
naire (Affaires maritimes ou gen-
darmerie), puis chargées dans des
camions dont les indications figu-
rant sur les remorques laissent
peu de doute sur leur non-appar-
tenance à la filière pêche (voir la
photo édifiante du semi-re-
morque de volailles, ndlr)
peut dès lors se poser quelques
questions. Quelle est la destina-
tion de ces camions ? Quels sont
les volumes débarqués ? Peut-on
parler de respect des quotas
quand aucune pesée n’est réali-
sée au débarquement ? Est-il nor-
mal qu’aucun agent de l’Etat ne
soit présent lors de ces débarques ?
Vu l’ampleur du phénomène, est-
il possible que les agents de l’Etat
n’en aient pas connaissance ? Je
vous laisse vous faire votre propre
opinion et vous livre mon senti-
ment personnel : la filière pêche
productiviste profite d’une situa-
tion de crise économique pour se
livrer aux pires exactions sur la
ressource halieutique. Les prix
s’effondrent… aucune importance
puisqu’avec le système du prix de
retrait français la prime est don-
née à la quantité et non à la
qualité.”
Car ce non-sens écologique de
pillage des frayères se double
d’une gabegie économique. En
effet, comme c’est le cas prati-
quement de tous les poissons
pendant leur période de repro-
duction, la chair des bars à ce mo-
ment-là de leur cycle est de piètre
qualité. La plupart des protéines
nobles et des lipides ont été mo-
bilisés pour la fabrication des
œufs et de la laitance. Les pois-
sons, quand ils ont frayé (ils sont
de toute façon forcés d’expulser
leurs œufs quand ils sont écrasés
dans la poche du chalut lors de sa
relève), sont très maigres et leur
chair sèche et filandreuse. La plu-
part du temps, quand ils passent
en criée (d’après de nombreux té-
moignages, une infime partie), ils
Une photo qui en dit
long. Label Rouge
vous dites ?
Il faut interdire la pêche du bar, et autres espèces,
sur les frayères
sont refusés ou achetés à vil prix
par desmareyeurs peu regar-
dants, qui revendent ces bars
autour de 3 à 4 euros le kilo,
que l’on retrouve ensuite sur
quelques étals de supermarché à
moins de 8 euros le kilo. En fait,
l’énorme majorité de ces bars
capturés sur les frayères finit dans
les congélateurs quand ils ne sont
pas directement transformés en
farine à poissons, destinés à
nourrir saumons, poulets et co-
chons de nos élevages industriels.
Car, compte tenu des tonnages
gigantesques qui sont pêchés en
quelques semaines, les prix s’ef-
fondrent et la seule rentabilité de
cette pêche tient au fait des ton-
nages très importants réalisés, du
dépassement généralisé des ton-
nages autorisés et des fameux
prix de retrait fixés par Bruxelles.
Quand on prend dans un coup de
pélagique des tonnes de bars,
même à moins de 4 euros du
kilo, cela reste très rentable pour
les armateurs et l’équipage, sur-
tout que cette pêche se pratique
à quelques encablures de nos
côtes et ne nécessite pas de
grandes quantités de fuel pour
accéder à la ressource.
Ce pillage de la ressource bar par
une vingtaine de paires de péla-
giques seulement, qui ne repré-
sentent que moins de
200emplois, est en outre très
préjudiciable aux “petits métiers”
artisanaux de la pêche profes-
sionnelle, et notamment les li-
gneurs et petits fileyeurs (des
milliers qui tentent de survivre),
qui eux pourraient capturer de
façon durable des poissons de
qualité à très forte valeur ajoutée.
Pour la première fois cette année,
ces petits métiers se sont désoli-
darisés de leurs confrères péla-
giques et bolincheurs (pratiquant
non pas au chalut, mais à la
senne tournante sur les frayères).
Ainsi peut-on lire dans
Le Télé-
gramme de Brest
du 13 mars :
“Après les bolincheurs, il y a
quelques jours, c’est au tour des
chalutiers pélagiques d’être mon-
trés du doigt. Les ligneurs du
Nord-Finistère les accusent d’aller
taper dans les bancs qui se for-
ment durant la période de frai.
Cette pêche n’est pas illégale.
Chaque chalutier pélagique (ils
travaillent en paires pour tirer le
chalut) est autorisé à débarquer
5 tonnes par bateau et par se-
maine. Le problème, c’est qu’une
paire a débarqué 10 tonnes sa-
medi dernier, et 10 tonnes le
lundi, donnant ainsi l’impression
que la règle des 5 tonnes par ba-
teau et par semaine était respec-
tée. Nous sommes persuadés
que ce poisson a été pêché pen-
dant la même marée. Ce qui
Aux Etats-Unis
le “stripped bass”
(bar rayé) est classé
“game fish” et, à
ce titre, interdit à
la pêche industrielle.
Seules la pêche
artisanale (très
réglementée) et la
pêche récréative sont
autorisées.
Grenelle
L’envers du
serait illégal. La preuve, le lundi, le
poisson n’était plus très beau. Il
est parti à un prix très bas.” Selon
les ligneurs, plusieurs chalutiers
(de Lorient et de La Turballe) tra-
vailleraient en ce moment au
large du Nord-Finistère. “En ce
qui nous concerne
(les ligneurs,
ndlr),
nous respectons scrupuleu-
sement le repos biologique du
bar. Ces dernières semaines, nous
l’avons laissé frayer. Nous ne re-
prendrons la pêche que début
avril. Dans le même temps, de
gros bateaux en profitent pour
faire du chiffre. Que va-t-il nous
rester après leur passage ?” Un si-
gnalement a été effectué auprès
de la direction régionale des
pêches maritimes, qui a assuré
les ligneurs que des contrôles se-
raient effectués. “Récemment, à
Cherbourg, des pélagiques ont
été contrôlés avec 22 tonnes de
bar à bord. Des abus sont com-
mis, il faut les sanctionner”, ajou-
tent les ligneurs.
La France est aujourd’hui mon-
trée du doigt dans toute l’Europe,
même les pélagiques espagnols
restent à quai deux mois pendant
la période de frai. Des subven-
tions européennes leur sont ver-
sées mais, au moins, la ressource
n’est pas détruite. Cette solution
a été proposée au Comité natio-
nal des bolincheurs et pélagiques
français. Leur réponse : “Nous ne
sommes pas des mendiants,
nous voulons vivre de notre tra-
vail et ne pas rester à quai.” En
dehors de cet excès de fierté na-
tionale, les observateurs qui ont
assisté aux déchargements “sau-
vages” hors criée (apparemment
la majorité, durant cette période)
sont persuadés, compte tenu des
tonnages réalisés, et surtout de
leur dépassement généralisé, que
cette pêche est très rentable.
Vingt-deux tonnes (pour les deux
chalutiers de La Turballe arraison-
nés), même au prix de retrait ou
en dessous, pour les excédents
de quotas, cela fait encore beau-
coup d’argent pour l’armateur et
l’équipage. Remarquons ici que
c’est d’ailleurs, à notre connais-
sance, bien la première fois de-
puis plus de quinze années que
dure ce pillage systématique des
frayères de bars qu’un arraison-
nement par la gendarmerie mari-
time a été effectué. Il semblerait
que ce soit sous la pression de la
Commission de pêche euro-
péenne que ce contrôle de Cher-
bourg a eu lieu. Car, il faut bien le
dire ici, le ministère français de
l’Agriculture et de la Pêche ne
veut surtout pas “provoquer” de
quelque façon que ce soit une
profession dont on connaît les
réactions de violenceexacerbées
(incendie du Parlement de Bre-
tagne, saccage du Pavillon de la
marée à Rungis, opérations mus-
clées dans les grandes surfaces,
invectives et injures à l’encontre
du chef de l’Etat, blocage des
ports ou du trafic transmanche,
etc.). La politique “officieuse” de
la France semblerait être de lais-
ser la filière pêche en Manche et
en Atlantique disparaître progres-
sivement dans les cinq à six an-
nées à venir (peut-être même,
avant, disent certains biologistes
des pêches), quand il n’y aura
plus rien à pêcher. L’Etat versera
des primes de reconversion, des
aides, des subsides et autres
mannes dont il sait saupoudrer,
quand nécessaire, les professions
“à risque”. Il faut savoir qu’actuel-
lement l’Etat français préfère, avec
l’argent du contribuable, payer
des amendes record à Bruxelles
(76 millions d’euros dans l’affaire
des merluchons, on ne sait pas
encore combien pour la morue..)
plutôt que de faire appliquer les
directives et règlements commu-
nautaires en matière de pêche. Et
que dire des 100 millions d’aide
allouée aux marins-pêcheurs à
l’automne dernier pour réduire
leur facture gas-oil, aide d’ailleurs
déclarée illégale par Bruxelles,
mais qui fut tout de même tou-
chée (alors que le prix du pétrole
a connu depuis la chute que l’on
sait), sans parler des exemptions
de charges sociales accordées aux
patrons pêcheurs…
Pour terminer, nous laisserons la
parole au sénateur Marcel Cléach
qui, dans un rapport très bien do-
cumenté, publié en décembre
2008 (regrettons simplement que
n’y soit absolument pas évoqué le
potentiel touristico-économique
et social de la pêche récréative),
constate que “dans le cadre euro-
péen, les pêcheries hexagonales
paraissent en particulière diffi-
culté. La pêche française ne
fournit plus que 15 % de la
consommation nationale. Cette si-
tuation entraîne un haut niveau
d’aides publiques qui conduit à
s’interroger sur la pertinence de
les maintenir : plus de 800 mil-
lions en intégrant les soutiens so-
ciaux, plus si l’on intègre les aides
conjoncturelles liées à la hausse
du gas-oil à comparer au 1,1 mil-
liard de chiffre d’affaires à la pre-
mière vente en 2004. D’autres
pays européens ont fait le choix
de l’abandon du secteur, d’autant
que l’importation est compétitive
et pourvoit aux besoins du
marché.”
Si c’est un rapport parlementaire
qui le dit…
La France est aujourd’hui montrée du doigt
dans toute l’Europe, même les pélagiques
espagnols restent à quai deux mois pendant
la période de frai.
Les dates d’ouverture de la pêche en France, notamment celles concernant le sandre, le
black-bass et l’ombre, permettent la pêche de ces espèces alors qu’elles sont encore préoc-
cupées par la reproduction. On assiste alors à une véritable dérive de la part des pêcheurs
qui, d’une part, ne respectent plus cette phase essentielle de la vie des poissons et, d’autre
part, prennent l’habitude de réaliser les plus belles pêches de l’année durant cette période.
Inquiétant…
Par Je
an-Marc The
Après quelques années de recul et
de nombreux témoignages au ni-
veau national, le temps est venu
de faire le bilan de l’ouverture
de la pêche aux carnassiers, fixée
désormais au second samedi de
mai. Le moins que l’on puisse dire,
c’est que cette date unique ne
convient pas à toutes les régions ni
à toutes les espèces piscicoles. La
seule justification d’une date d’ou-
verture de la pêche réside dans le
respect de la période de reproduc-
tion des poissons concernés. Cela
comprend la ponte, bien entendu,
mais également la maturité des
œufs et le temps nécessaire aux
alevins pour qu’ils soient auto-
nomes. C’est souvent ce dernier
stade qui pose problème. Pour
une raison obscure et sous pré-
texte d’harmonisation des dates
d’ouverture de la pêche, la Fédéra-
tion nationale pour la pêche en
France (FNPF) et l’Office national
de l’eau et des milieux aquatiques
(ONEMA) ont choisi d’avancer la
date d’ouverture de la pêche aux
carnassiers. Fixée donc pour
l’essentiel des départements au
Dérives harmonisées
Grenelle
L’envers du
second samedi de mai, cette date
est décalée d’un mois si on la
compare avec l’ancienne date
d’ouverture, qui durant des dé-
cennies avait lieu aux alentours
du 15 juin. Venons-en aux faits.
Dans de nombreux départements,
notamment sur l’ensemble de la
moitié nord de la France, le san-
dre et le black-bass soit sont sur
les nids, soit défendent farouche-
ment leur progéniture début mai.
On voit alors, à l’ouverture et du-
rant les semaines qui suivent, de
nombreuses prises de sandres,
généralement des mâles très
sombres, qui se font prendre très
facilement parce qu’ils défendent
leur nid. Les pêcheurs ignorent
pour la grande majorité à quel
point il est grave de prendre un
mâle sur un nid. Le rôle du mâle
consiste essentiellement à char-
ger sans cesse les prédateurs des
œufs que sont les chevesnes, ro-
tengles, gardons, brèmes, etc. Un
mâle prélevé sur un nid corres-
pond à des milliers d’alevins qui
ne verront jamais le jour.
Idem pour le black-bass, qui dé-
fend farouchement ses alevins.
Ces deux espèces sont les plus
vulnérables à cette période de
l’année. Alors on peut se deman-
der pourquoi les instances de la
pêche en France ont choisi cette
date d’ouverture si précoce. La ré-
ponse en surprendra plus d’un. Il
s’agit en effet de deux espèces
non indigènes introduites dans
nos eaux il y a bien longtemps. S’il
peut sembler compréhensible
d’être méfiants vis-à-vis des es-
pèces exotiques, ces deux-là n’ont
aucunement déséquilibré les mi-
lieux. Mais après le développe-
ment exponentiel qu’à connu le
sandre peu après les multiples in-
troductions dans nos eaux dans
les années 70-80, les populations
sont actuellement très fragilisées
sur l’ensemble du pays, à l’excep-
tion de quelques cas particuliers.
Quant au black-bass, introduit en
France par les militaires améri-
cains durant la Seconde Guerre
mondiale, il survit péniblement et,
chaque printemps, les mâles sont
la proie de pêcheurs peu scrupu-
leux.
La première catégorie
Les hasards voire les mystères de
la réglementation font que certains
plans d’eau ou portions de cours
d’eau sont classées en première
catégorie alors qu’aucun salmo-
nidé n’y vit plus depuis des lustres.
La réglementation autorise alors la
pêche aux leurres en période d’ou-
verture de la pêche de la truite. Les
prises d’autres carnassiers doivent
donc s’effectuer en no-kill jusqu’à
l’ouverture générale. Là encore, on
assiste à de véritables carnages aux
tristes conséquences sur des san-
dres, des perches et des brochets
pleins d’œufs. Faire monter de plu-
sieurs mètres une femelle pleine
d’œufs est un acte d’une grande
irresponsabilité. Par décompres-
sion, les œufs sont détruits im-
De telles
concentrations
de poissons en début
de saison ont de quoi
déchaîner les passions.
Sur certains grands
lacs de barrage, une
véritable migration
vers l’amont a lieu au
début du printemps.
Sur ces lieux de fraye
de multiples espèces,
on déplore toutes
sortes de
comportements
irresponsables de
la part des pêcheurs.
En France, la
réglementation
permet de prendre des
sandres qui défendent
encore leur nid. En
prélevant ce petit
mâle “charbonnier”,
c’est toute la ponte
qui sera détruite,
consommée par les
poissons blancs.
La pêche en no-kill,
par des pêcheur soit-
disant sportifs a
donné lieu à d’autres
massacres en pêchant
des femelles avant
la ponte. Par
décompression, les
œufs ont été détruits.
Lamentable…
C’est aux pêcheurs
de prendre leurs
responsabilités
et de s’autolimiter.
manquablement. Certains lacs,
dont celui de Vouglans dans le
Jura, sont le théâtre de bien
tristes spectacles. Sous couvert du
sacro-saint no-kill, des pêcheurs
“sportifs” équipés de bass-boat à
X milliers d’euros massacrent ainsi
ce qui auraient dû constituer les
stocks des années à venir. Et
comme les nouvelles vont vite,
des vidéos circulent sur Internet.
“On est tombé sur les femelles !”
s’exclame une voix qui conseille
un pêcheur (nous espérons qu’il
ne s’agit pas d’un guide de
pêche !). Et la femelle en question
roule dans les graviers du rivage.
“Bon, essuie-là et tu vas la remet-
tre à l’eau ! Bravo, joli sandre !”
Nous espérons surtout que toute
la partie amont du lac sera mise
en réserve temporaire l’année
prochaine pour que cessent de
tels agissements. La Fédération de
pêche du Jura est au courant du
problème et nul doute que le né-
cessaire sera fait pour la nouvelle
saison.
En France, la pêche sur frayère
devient la norme
Si l’on ajoute à tout cela le cas de
la pêche de l’ombre sur les par-
cours où il est permis de pêcher à
la mouche depuis l’ouverture de
la pêche de la truite, on obtient
un constat effarant : les plus
belles pêches de l’année se font
sur les frayères ! Pour l’ombre
comme pour le sandre, le black-
bass ou le brochet, c’est devenu la
norme, la période propice qu’il ne
faut pas manquer sous peine de
rater sa saison. Les pêcheurs à la
mouche ou aux leurres qui
découvrent la pêche par ces tech-
niques soit-disant très recom-
mandables ne sont pas forcément
conscients que, d’un point de vue
biologique, la pêche doit impéra-
tivement être fermée durant ces
périodes fastes.
Un (gros) problème
de crédibilité
Le no-kill a bon dos, il n’excuse
rien. Ne pas respecter la période
de reproduction des poissons
pose un problème de crédibilité,
surtout lorsqu’on se prend à
considérer la technique utilisée
comme exempte de tout re-
proche. Les pêcheurs de frayères
ne sont pas des pêcheurs. Ils n’ap-
prendront rien en pratiquant ainsi,
même si le 25
sandre ou le 12
ombre ne voulait plus du leurre
ou de la mouche rose et a préféré
du blanc. Sacrée trouvaille ! La
responsabilité des instances ha-
lieutiques est grande sur ce sujet.
Par le passé, le temps de pêche
était beaucoup plus respectueux
des poissons. Beaucoup de
jeunes pêcheurs ignorent à quel
point l’automne est la seule vraie
saison de la pêche de l’ombre. Les
pêcher à la sortie de la fraie est un
exercice qui n’a pas d’intérêt. La
FNPF et l’Onema considèrent sans
doute les pêcheurs aux leurres et
à la mouche comme des minori-
tés. Certes, mais au même titre
que les pêcheurs de carpes, ce
sont ces minorités spécialisées
qui “tiennent” la pêche en France
en termes d’économie. Ces pê-
cheurs se tournent de plus en
plus vers la pêche à l’étranger, où
les dates d’ouverture sont déca-
lées un peu plus tard en saison. Il
est tout de même dommage d’en
arriver là. Ceux qui n’ont pas les
moyens de pêcher en Slovénie, en
Suède et encore moins dans le
Montana, se trouvent contraints
de pratiquer leur loisir dans les
eaux closes des réservoirs…
La FNPF fait des efforts pour arri-
ver à séduire de nouveaux pê-
cheurs (et même les pêcheuses
avec la carte “découverte fémi-
nine”), mais de nouveaux pê-
cheurs doivent trouver de quoi
pratiquer leur activité dans de
bonnes conditions. Cette réflexion
sur les dates d’ouverture nous
semble donc capitale. A bons
entendeurs…
Vers une protection ponctuelle pour le black-bass
Certains départements ont enfin compris qu’il était souhaitable
de protéger les populations de black-bass en France. Ainsi,
les départements de l’Hérault,
du Jura, de la Haute-Saône ou
de la Côte-d’Or ont instauré une période
de fermeture spécifique
concernant cette espèce pendant les mois de mai et juin. Nul
doute que cette mesure sera couronnée de succès et espérons
qu’elle sera suivie par d’autres départements.
Le black-bass est
également très
vulnérable à
l’ouverture de la pêche
début mai. L’ancienne
date, à la mi juin,
était beaucoup
plus respectueuse des
espèces carnassières,
notamment le sandre
et le black-bass.
Ne pas respecter la période de reproduction
des poissons pose un problème
de crédibilité, surtout lorsqu’on se prend
à considérer la technique utilisée
comme exempte de tout reproche.
Grenelle
L’envers du
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Pêche “fantôme”,
menace bien
réelle
Bien longtemps après son
utilisation consciente, le
filet de pêche continue
de capturer de nombreux
poissons pendant de
longues années et
contribue à dégrader
l’écosystème marin,
qui n’avait pas besoin
de ça. Selon un rapport de
l’Onu, présenté à Nairobi
au Kenya, les filets
de pêche perdus ou
abandonnés représentent
Les premières consultations ont eu lieu, regroupant au-
tour de Jean-Louis de Borloo professionnels de la mer,
ONG et institutions. L’idée étant de mettre tous les acteurs
concernés autour d’une table afin d’arriver à un consen-
sus pour parvenir à un mode de gestion durable des
ressources maritimes. Ce n’est pas moins de 500 propo-
sitions qui ont été lancées à la suite de cette réunion, sans
aucune hiérarchie ni priorité. On peut regretter que le seul
consensus semble se porter sur un contrôle accru de la
pêche de loisir. Alors que l’idée d’un moratoire sur la
pêche industrielle d’espèces particulièrement menacées,
comme le thon rouge, a été repoussée aux calendes
grecques.
Il n’est pas inutile de rappeler que la France possédant le
second espace maritime mondial, sa responsabilité est
d’autant plus grande. Economiquement, l’enjeu est éga-
lement important. La France est la troisième destination
touristique de la planète. Son littoral attire les foules de
toute l’Europe. Et qu’on soit Allemand, Russe ou Vosgien,
on aime tous se baigner dans une eau propre!
Un Grenelle de la mer noyé
sous le nombre de propositions
Pour suivre le WWF à la trace
Le WWF Colombus est un voilier qui ap-
partient à l’ONG et qui permet de réaliser
un certain nombre de recherches, comme
le marquage des thons rouges en Médi-
terranée ou l’écologie des cétacés.
Mais il permet également de sensibiliser
le grand public aux problématiques de
l’écologie marine.
Sur ce site Internet, vous pouvez suivre
ses pérégrinations sur les mers du globe
et vous tenir au courant de son actualité.
En ce moment, le bateau participe au
projet Cap Cétacé, qui va étudier les cé-
tacés en Méditerranée, notamment le
rorqual commun. L’ambition étant de
diagnostiquer le niveau de dégradation
du milieu marin.
wwf-colombus.org
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
10% des déchets marins,
soit près de 640000
tonnes. Filets maillants et
pièges à crabes sont
particulièrement visés par
cette étude de la FAO,
l’organisation de l’Onu
pour l’alimentation et
l’agriculture. Les nouvelles
matières synthétiques, très
résistantes, sont également
mises en cause, retardant
encore un peu plus
la dégradation des vieux
filets à la dérive.
L’anguille
européenne
en danger
Selon une agence
environnementale
britannique, le nombre
d’anguilles européennes
aurait chuté de 95% en
vingt-cinq ans. Une
conférence réunissant des
spécialistes du monde
entier à Somerset a tenté
de faire le point sur la crise
qui touche l’espèce.
Dans les solutions
évoquées, un moratoire
sur les exportations
est à l’étude, ainsi
qu’une réduction de la
durée légale de pêche.
Les PCB sous
surveillance
Une association regroupant
300 médecins, l’Asep, s’est
associée à WWF France
afin de lancer une
grande étude pour
évaluer l’importance
de la contamination
La nouvelle excite depuis quelques mois le
petit monde des pêcheurs aux leurres.
Nouvelle ou Arlésienne ? Une population
de Micropterus dolomieu, le black-bass à
petite bouche, le smallmouth bass présent
sur la côte ouest des Etats-Unis, serait en
gestation quelque part en France dans des
étangs, selon la rumeur. Certains pêcheurs
aux leurres (il ne faut en effet pas mettre
tout le monde dans le même sac) voient
en ce poisson une occasion de bien s’amu-
ser, car l’animal est réputé aussi intéres-
sant à pêcher que son cousin Micropterus
salmoïdes, le black-bass à grande bouche.
Seul problème, il est toujours interdit d’in-
troduire une nouvelle espèce. Et au cas où
cette formalité serait levée, reste encore à
connaître parfaitement l’espèce en ques-
tion pour savoir où l’introduire. Et avec
M. dolomieu, il vaut mieux être très pru-
dent ! Contrairement au black-bass à
grande bouche, M. dolomieu est incompa-
rablement plus adapté aux eaux froides et
courantes. Aux Etats-Unis, on le trouve sur
l’équivalent de notre zone à ombre et à
barbeau, c’est-à-dire là où l’eau peut au
maximum atteindre une température de
18 à 20 °C. En France, ces zones, malheu-
reusement beaucoup plus fréquemment à
barbeau, hotu, chevesne qu’à ombre, sont
légion. Le black-bass à petite bouche se-
rait sans doute un bon moyen de relancer
la pêche sur des portions de cours d’eau
que les espèces « nobles » ont désertées
depuis belle lurette. Le danger vient des
pêcheurs eux-mêmes, à travers des intro-
ductions sauvages. Car notre hôte pourrait
se retrouver sur les zones à truite et à
ombre, ce qui serait très grave. N’en dé-
plaise à quelques “wanabees” halieutiques
en quête d’identité, la nature, ce n’est pas
Disneyland. Rappelons que l’introduction
d’espèce nuisible en France est puni d’une
amende de 9 000 euros. Notons égale-
ment qu’au Japon le black-bass a été dé-
claré nuisible et interdit à la remise à l’eau,
car il a entraîné l’extinction de neuf es-
pèces endémiques et a été le vecteur de
plusieurs pathologies qui se sont dévelop-
pées dans les eaux nippones.
Reste à savoir si ce poisson, comme son
cousin à grande bouche, à des chances de
s’adapter aux eaux françaises et, si la ré-
ponse est positive, si celui-ci échappera à
la prédation qui touche toutes les espèces
dignes d’intérêt culinaire dans notre pays!
Toujours pas de visa
pour M. dolomieu
Mobilisation pour la sauvegarde
du Rizzanese
Les amoureux de l’Ile de beauté connaissent ce
cours d’eau magnifique qui serpente dans le ma-
quis corse.
La Corse rencontre des problèmes importants
d’approvisionnement énergétique, mais la solu-
tion retenue pour y remédier est probablement la
pire : la construction d’un barrage sur l’une des
plus belles rivières de l’île : le Rizzanese.
La résistance s’organise, ainsi de nombreuses as-
sociations, comme le WWF, Greenpeace, SOS
Loire vivante ou la FCPPMA, se sont associées afin
de sensibiliser le grand public à ce futur désastre.
www.rizzanese.fr
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
de l’homme par les PCB.
Les PCB, créés dans
les années 30 par
Monsanto (déjà eux !),
sont présents dans de
nombreuses rivières
françaises et
particulièrement dans la
Seine et le Rhône. L’étude
porte sur une population
répartie en trois groupes :
une population
consommant
régulièrement des
poissons d’eau douce
du Rhône et de son
estuaire, une population
résidant au bord du
Rhône ne consommant
pas ou très peu
les poissons du Rhône et
enfin une population
témoin de représentation
diverse. A noter que l’Onu
classe les PCB dans les
12polluants les plus
dangereux pour l’homme.
Affaire à suivre…
www.stopauxpcb.com
L’OMC appelle
à favoriser une
pêche durable
L’Organisation mondiale
du commerce (OMC)
par la voix de son
directeur général,
M. Lamy, a profité
de la Journée mondiale
des océans pour appeler
à un accord de Doha
pour favoriser une pêche
durable. Il a déclaré :
“Aujourd’hui, la surpêche
risque d’épuiser
les stocks de poissons
[…]. C’est une mauvaise
nouvelle non seulement
pour les océans,
mais aussi pour
les 43,5 millions de
pêcheurs à plein temps
dans le monde.“
Y’a plus qu’à…
Vous aimez manger du poisson mais vous
ne voulez pas être responsable de sa dis-
parition ? Le nouveau guide de Green-
peace est fait pour vous. Il recense les
espèces en danger qui se retrouvent sur les
étals de nos supermarchés et pour les-
quelles la mise en place d’une pêche du-
rable est indispensable. “Pêche : conduites
dangereuses”, c’est son nom, fournit une
liste des espèces biologiquement vulnéra-
bles ou surpêchées. “La plupart des pois-
sons que l’on trouve aujourd’hui en vente
dans les supermarchés français sont issus
d’une pêche non durable. Il est donc ur-
gent que les supermarchés adoptent une
politique en produits de la mer durable
afin que la filière pêche puisse rester ren-
table et pérenne. Les supermarchés doi-
vent faire partie de la solution et non du
problème”, explique Emmanuel Buovolo,
chargé de campagne Océan pour Green-
peace France. Le cabillaud, le carrelet, le
bar, la crevette ou encore le thon rouge, de
nombreux poissons appréciés par les gour-
mets, sont à surveiller. Au total, 22 espèces
sont listées.
Selon la FAO (Agence des Nations unies
pour l’agriculture et l’alimentation), 80%
des stocks sont pleinement exploités, su-
rexploités ou effondrés. Mais “il n’est pas
trop tard pour agir ! indique Emmanuel
Buovolo. Chaque consommateur peut
contribuer à la sauvegarde des océans en
consommant responsable. C’est la seule
conduite à adopter pour assurer à la fois la
survie des océans et l’existence d’une
pêche durable.” Pour cela, connectez-vous
sur le site de l’ONG et téléchargez ce pré-
cieux document.
www.greenpeace.org/france/
Greenpeace lance son guide
“Pêche : conduites dangereuses”
Le Sundance festival, référence du cinéma
indépendant aux Etats-Unis, s’est déroulé en
janvier dernier dans les Rocheuses, l’occa-
sion choisie par les producteurs de The end
of the line pour projeter pour la première
fois leur film choc. Ce brûlot cinématogra-
phique raconte le désastre écologique qui
touche nos océans et les espèces qui y ha-
bitent. Ainsi, il montre comment la pêche in-
dustrielle, sans contrôle, vide les mers. Et les
conséquences évoquées ne seront pas
visibles dans des milliers d’années, dans un
avenir lointain et improba-
ble, non, les conséquences,
c’est pour tout de suite. Si
on continue à ce rythme,
nos océans seront vides en
2048. C’est-à-dire demain.
Suite au succès rencontré
par ce documentaire long
métrage, des restaurateurs
et des chaînes de supermar-
chés ont annoncé qu’ils
arrêteraient de vendre cer-
taines espèces, notamment le thon rouge,
particulièrement en danger. Nobu, restau-
rant symbole d’une nouvelle cuisine – que
certains qualifieraient de prétentieuse –, fré-
quenté par les vedettes de la musique et du
cinéma, n’a pas retiré le thon rouge de sa
carte, provoquant un appel au boycott de la
part de stars à la conscience écologique exa-
cerbée, comme Elle Mcpherson ou Stephen
Fry. Serait-ce le début de la prise de
conscience ? En tous les cas, un film à voir et
à faire voir.
“The
line
le film qu’il ne faut pas rater
Les 25 et 26 juillet
Fête de la chasse, de la pêche
et de la nature,
La Chaize-le-Vicomte
La quatrième édition de la Fête de
la chasse, de la pêche et de la na-
ture aura lieu en Vendée à la fin
du mois de juillet. La chasse est
ici reine, notamment avec la pré-
sence de 4 000 chiens de 60 races
différentes. Mais la pêche aura
également un espace spécifique
où se dérouleront de nombreuses
animations, comme des initia-
tions à la pêche à la mouche.
www.coprochasse.fr
Du 14 au 16 août
Enduro de la Carpe
Organisé depuis vingt ans dans la
commune d’Ouroux-en-Morvan,
commune rurale de la Nièvre au
cœur du parc naturel régional du
Morvan, l’Enduro de la Carpe met
en compétition en moyenne une
trentaine d’équipes de deux per-
sonnes pour 48 heures de pêche
à la carpe no-kill non stop. L’étang
d’Ouroux, de 6,5 hectares, ac-
cueille la compétition. Un pro-
gramme d’animation est proposé
en annexe du concours, ainsi
qu’un service de repas et de
buvette.
Cette année, l’événement fête ses
20 ans, une bonne occasion pour
les carpistes bourguignons de le
découvrir.
www.ouroux-en-morvan.
com/?page=/moteur/moteur.
html
Le 12 septembre
édition du Trophée
du Lignon forézien
Le Club de pêche sportive Forez-
Velay – Union des clubs français
des pêcheurs à la mouche – Tra-
dition, organise son Trophée du
Lignon forézien. Cette journée de
pêche à la mouche au fouet des
truites et des ombres communs,
sur la rivière Lignon du Forez
(42), a lieu tous les ans en sep-
tembre. Les fiches d’inscription et
le règlement seront mis en ligne
dans le courant du mois de juillet
sur le site de l’association.
www.cpsfv.org
Du 23 au 28 septembre
Grand Pavois
Le Grand Pavois de La Rochelle
est l’un des cinq plus grands sa-
lons nautiques à flot de la pla-
nète, il a accueilli lors de sa
dernière édition 870 exposants et
103 500 visiteurs. Un espace
pêche y sera ouvert avec de nom-
breux professionnels du secteur.
Un bassin d’animation sera mis
en place pour effectuer des dé-
monstrations de matériel et tout
apprendre de l’animation des
leurres. Au-delà de la pêche, ce
sont toutes les facettes des loisirs
en mer qui sont ici à l’honneur.
Bateaux, moteurs, glisse ou en-
core voyages, tous les amoureux
des embruns trouveront leur
bonheur.
www.grandpavois.com
Le 10 octobre
Concours de pêche
à la mouche en réservoir
à Tence en Haute-Loire
Le plan d’eau de Bathelane près
de Tence, en Haute-Loire, va ac-
cueillir une quarantaine de parti-
cipants pour la 14
édition du
concours de pêche à la mouche
en réservoir. Organisé par l’Asso-
ciation des pêcheurs à la mouche
de la Loire, ce concours convivial
sera l’occasion de gagner de
nombreux lots.
http://apml.pechemouche.free.fr
AGENDA
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Plastiques et
mégots polluent
les océans
A l’occasion de la Journée
mondiale des océans, le
Programme des Nations
unies pour l’environnement
(PNUE) a publié un
rapport qui fait froid dans
le dos. Le plastique
représente 80% du
volume total des déchets
collectés. Autre chiffre
hallucinant, 40% des
déchets repêchés en
Méditerranée sont des
mégots ou des paquets
vides de cigarettes !
Alsace :
15 % du linéaire
en mauvais état
En Alsace, les chiffres des
indicateurs de
l’environnement 2009
viennent d’être publiés.
Etabli grâce à un
partenariat entre les
collectivités territoriales et
les associations, ce
document ne pousse pas à
l’optimisme : seul un tiers
des cours d’eau alsaciens
sont dans un état
écologique satisfaisant. La
moitié (2 000 km) est
dans un état moyen, et
15% sont dans un état
médiocre ou mauvais et
présente des “signes
Du 2 au 24 mai dernier, le deuxième
Congrès mondial des aires marines proté-
gées s’est déroulé à Washington, réunis-
sant près d’un millier de participants venus
du monde entier. Il en ressort une certi-
tude : les aires marines protégées ne sont
pas assez nombreuses et ne sont pas tou-
jours assez bien gérées. Selon les spécia-
listes réunis dans la capitale américaine,
ces aires ne doivent pas être des “mor-
ceaux de nature sous cloche”, mais devenir
des outils pour parvenir à une gestion du-
rable de la ressource marine. Si on prend
l’exemple de la Méditerranée, la surface to-
tale des aires marines protégées n’excède
pas les 4% mais, sur ce pourcentage, seu-
lement 0,1% de la surface est protégée en
réserve intégrale. On est loin du compte.
Selon les scientifiques qui s’intéressent à
l’écologie marine, ce n’est pas moins de
30% des océans qu’il faudrait protéger,
dont 10% en réserve intégrale, si l’on veut
garantir une utilisation durable des res-
sources. Autre source d’inquiétude, tou-
jours selon les mêmes spécialistes, 80%
des zones marines protégées en Méditer-
ranée manquent de moyens humains et fi-
nanciers. Le prochain Congrès mondial des
aires marines protégées aura lieu à Mar-
seille en 2013.
Plus de 200 chercheurs de toute la planète membres du réseau de scientifiques Census of
Marine Life (Recensement de la vie marine), un réseau mondial de chercheurs venant de
plus de 80 pays, ont produit une étude édifiante sur l’évolution de l’état de l’océan au cours
de l’histoire. Réunis à Vancouver du 26 au 28 mai dernier, géologues, botanistes, archéo-
logues mais aussi historiens ont tenté de mesurer l’étendue des dégâts causés par l’activité
humaine au cours de siècle. On connaissait le déclin des stocks, mais personne n’imaginait
la gravité du phénomène. Dès le tout début du XIX
siècle, l’impact des pêcheries en Europe
a été très important sur l’écosystème. Ainsi, il y a deux siècles, les requins, les orques et les
baleines bleues étaient très nombreux au large des îles Bri-
tanniques. Au large de la Nouvelle-Zélande nageaient trente
fois plus de baleines franches australes qu’aujourd’hui !
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont travaillé à
partir de fossiles, mais aussi grâce à un certain nombre de
textes, comme les registres des douanes ou les livres de
bord des capitaines au long court. Un chercheur américain
a même mis en évidence la division par dix du poids des
poissons pris à Key West en Floride entre 1956 et 2007, en
étudiant les photos de trophées qui faisaient la fierté des
pêcheurs locaux ! Cette étude met également en avant la
responsabilité du progrès technologique des techniques de
pêche dans l’effondrement des stocks : les Romains utili-
sent les filets de pêche depuis le II
siècle…
L’histoire des ressources marines
Un point
sur le
s marine
… suite p.28
Le guide de pêche Marcel
Roncari, spécialiste de la
pêche à la nymphe au fil
selon une technique que
vous pouvez découvrir
dans le DVD joint à ce ma-
gazine, propose des stages
durant toute la saison, no-
tamment sur le Doubs
franco-suisse. En sa com-
pagnie, vous découvrirez
une technique, mais aussi
un personnage attachant,
une rivière, un lieu unique.
Marcel propose également
des séjours en Alaska (Afo-
gnak) pour la pêche du
saumon silver.
Marcel Roncari, guide de
pêche international.
http://monsite.wanadoo.fr
/marcelroncari/index.jhtml
Tél. : 03 89 83 94 25 ou
06 74 57 20 34.
Stages mouche
avec Marcel Roncari
Huit nouveaux
magasins Europêche
Europêche, la chaine de détaillants d’articles de pêche, ac-
cueille huit nouvelles enseignes dans son réseau : trois
dans l’Aude à Lézignan-Corbières, Narbonne et Carcas-
sonne, deux en Charente-Maritime à La Rochelle et à Saint-
Denis-d’Oléron, un en Dordogne à Creysse, un dans la
Vienne à Jardres et un dernier à Lons dans les Pyrénées-
Atlantiques. Vous retrouverez dans tous ces magasins la
philosophie qui a fait le succès du groupe en France. Et si
vous êtes en panne d’idée pour un anniversaire, Europêche
propose des chèques-cadeaux de 5 à 50 euros.
Renseignements : www.europ
eche.fr
Découvrir la pêche
à la catalane
Marc Ribot se passionne pour la pêche à la mouche depuis
l’âge de 12 ans. Aujourd’hui, il se propose de la partager
avec le plus grand nombre. Guide de pêche professionnel
diplômé, il vous montrera les secrets halieutiques cachés
de Catalogne des deux côtés de la frontière. Cette année, il
met en avant des parcours mouches alternatifs en no-kill
sur les lacs de montagne des massifs du Carlit et Péric. Son
credo : le caractère sportif de la pêche, la protection et le
respect des milieux naturels. A noter qu’il guide également
en Slovénie et en Croatie avec Planet Fly Fishing.
Marc Ribot – Tél. : 04 68 04 62 69
www.pecheralamouche.com
[email protected]
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Fédé 68 : de l’animation
dans le Haut-Rhin !
Pour la deuxième année consécutive, la Fédération de pêche
du Haut-Rhin propose au grand public de nombreuses ani-
mations : initiation et perfectionnement à différentes tech-
niques de pêche ou encore découverte de parcours de pêche
du département. Des soirées de pêche, les “after work fi-
shing”, proposent gratuitement un concept innovant : pêcher
en milieu urbain après le boulot. Traquer des aspes mulhou-
siens, n’est-ce pas idéal pour se détendre après une dure
journée de labeur ?
Au rang des nouveautés 2009 : cinq parcours de pêche spé-
cifiques ont été créés sur les berges du canal du Rhône au
Rhin déclassé : trois parcours “famille”, destinés à la pêche au
coup à l’anglaise et deux parcours “sensations”, dédiés aux
carnassiers et qui ont vu l’apparition des premiers black-bass
haut-rhinois. Un partenariat a été mis en place avec les bri-
gades vertes du Haut-Rhin pour le contrôle des pêcheurs
dans tout le département.
www.peche68.fr
Du nouveau dans l’Aude
La mer à la montagne, la montagne à la mer. Depuis toujours
concilier vacances de pêche et vacances en couple est un
casse-tête. Nos épouses, loin de détester l’altitude, sont fina-
lement plus attirées par le sable blanc d’une plage ensoleil-
lée. C’est de bonne grâce qu’elles nous accompagnent et il
était temps que l’on pense un peu à elles.
C’est ainsi qu’après avoir créé un gîte de pêche dans la haute
vallée de l’Aude dans les Pyrénées, Carole et Yannick Rivière
ont travaillé d’arrache-pied pour ouvrir ce printemps une
chambre d’hôte au bord de la Méditerranée, à Gruissan-Plage,
sur le fabuleux site des chalets. Pêcher une truite ou un
ombre au petit matin, passer l’après-midi à la plage avec son
épouse, au coup du soir prendre un loup au leurre ou des
poissons de roche en rockfishing, voilà le programme d’une
journée type dans ce site enchanteur. Yannick, guide de
pêche diplômé, agrée FFPML (cinq sélections en équipe de
France), vous fera découvrir son territoire. Enfant du pays, il ar-
pente les cours d’eau et les plages de sa région depuis près
de quarante ans. Il vous livrera les clefs de la nature qui l’a vue
grandir.
Les lits des rivières – Gîte et chambre d’hôte
Tél. : 04 68
90 67 27.
www.leslitsdesrivieres.fr
d’altération graves”, à
l’instar du bassin de la
Souffel dans le Bas-Rhin.
Pourtant, le temps presse…
La directive cadre sur l’eau
conçue à Bruxelles impose
que les deux tiers des cours
d’eau soient être dans
un bon état écologique
d’ici à 2015.
Manchots africains
en danger
L’unique espèce de
manchots du continent
africain est en voie de
disparition. Le
réchauffementclimatique et
la surpêche contribuent à la
raréfaction de sa nourriture.
Une conférence s’est
réunie au Cap, au sud de
l’Afrique du Sud, et selon
le communiqué publié
il n’y aurait plus que
26 000 couples de
manchotsdu Cap en
Afrique australe, soit une
baisse de 121 000 couples
depuis 1956.
Conférence
mondiale sur
les océans à Paris
Le Forum global sur les
océans a annoncé, lors de
la Conférence de Manado,
en Indonésie, que la
prochaine Conférence
mondiale sur les océans
aura lieu au siège de
l’Unesco, à Paris, du 3 au
7mai 2010. Selon les
organisateurs, cette réunion
portera sur “la gouvernance
des océans au niveau
régional, national et global”.
L’idée : parvenir à établir
une politique commune de
défense des océans.
… suite de la p.26
Une étape de Street Fishing à Strasbourg
Depuis trois ans, Strasbourg
accueille sur un circuit de
10 km entre l’Ill et le port
de Strasbourg une manche
de Street Fishing. Celle-ci
s’est déroulée les 16 et 17
mai. Organisé par l’associa-
tion Les Rives urbaines et
avec le soutien des
AAPPMA strasbourgeoises
et de la Fédération du Bas-
Rhin pour la pêche et la
protection du milieu aqua-
tique, le second open du
circuit national a vu le suc-
cès de Samuel N’Diaye.
Les 43 compétiteurs se
sont retrouvés au bord de
l’eau pour deux manches
de cinq heures. Les meil-
leurs ont su lire la rivière et
attraper nombre de bro-
chets, de sandres, de
perches, de chevesnes,
d’aspes, de barbeaux et de
truites du Rhin. Equipés de
matériel et de leurres artifi-
ciels, voire biodégradables,
les concurrents ont relâché
leurs prises à l’eau systé-
matiquement. En tout, 35
poissons (pour 18,5 m) ont
été mesurés par les com-
missaires : huit perches, un
sandre, six brochets,
19 aspes et un chevesne.
C’est donc Samuel N’Diaye
du Team North Fishing qui
a remporté, sur la dernière
manche, la compétition en
pêchant un brochet et trois
aspes (2 350 points). Après
un excellent départ (1
à la
manche de samedi avec
deux aspes), Ludovic Filloux
du Team Storik’s Fishing se
classe à la seconde place
au général avec un brochet
et deux aspes (1 690
points). La troisième
marche du podium a été
gagnée par Mathieu
Alexandre du Team Rod &
Pod/Biwaa avec deux
aspes (1 295 points). A
noter la belle prestation de
Vincent Einselter qui rem-
porte le plus gros poisson :
un aspe de 72 cm. Les
spectateurs étaient venus
nombreux observer la joute
halieutique. A noter que le
président de l’AFCPL a re-
versé un “chèque-poissons”
de 200 euros à l’AAPPMA
du port de Strasbourg
pour soutenir le plan local
d’empoissonnement.
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Les principales rivières du
centre de la Norvège
comme la Namsen, la
Gaula, l’Orkla, ou encore la
Surna, ont connu une très
belle ouverture. Au total,
1 650 saumons ont été dé-
clarés pris pendant la pre-
mière semaine sur les
meilleures rivières norvé-
giennes pour un poids
moyen de 8,5 kilos. Le haut
niveau des eaux, dû à la
fonte des neiges et aussi à
une pluie persistante, a per-
mis une pêche de qualité à
la cuiller et même – par les
locaux – à la technique nor-
végienne du ver à rouler.
Cependant, le temps
s’améliorant ainsi que les
niveaux d’eau, la pêche à la
mouche a réservé égale-
ment de très bons mo-
ments. Parmi les prises
remarquables, on peut citer
celle effectuée sur la Nam-
sen avec ce saumon de
24,7 kg pris par un pêcheur
en barque avec la tech-
nique du harling.
Il y avait plus de vingt-
cinq ans qu’un poisson de
cette taille n’avait pas été
pris sur la Namsen. Gatti
fishing commercialise des
parcours sur toutes ces
rivières
Gatti fishing tours,
36, rue Victor-Basch,
94300 Vincennes
e-mail :
pecheclub2@
wanadoo.fr
www.gattifishingtours.
com
La carte
de la pêche
en Wallonie
vient de sortir
Nos confrères du Pêcheur
belge viennent de publier,
en partenariat avec la
Fédération
sportive des
pêcheurs francophones de
Belgique, la carte 2009 de
la pêche en Wallonie. Vous
y trouverez tous les cours
d’eau d’outre-Quiévain
ouverts à la pêche de
loisir. Egalement de
nombreuses informations
essentielles comme la
réglementation en vigueur,
les tailles légales des
prises ou encore toutes
les indications pour
l’utilisation des barques
et des planchers.
Un document
indispensable pour tous
les aficionados de la pêche
en Belgique.
www.pecheurbelge.be
L’ouverture en Norvège selon Gatti Fishing
Un DVD sur
les techniques
aux leurres
souples
Un nouveau DVD produit par
PIXEL Hypermédia, “Pêche aux
leurres souples : Techniques
avancées”, vient de sortir. Pen-
dant plus d’une heure, Didier Courtois détaille les nou-
velles techniques de pêche en mer dites à la volée. Pêche
à tirer, à taper, en traction, verticale, casting… Toutes ces
pêches portent leurs propres problématiques : Quel ma-
tériel choisir ? Pour quelle pêche ? Quels leurres souples
utiliser ? Comment animer les leurres ? Quelles sont les
profondeurs de nage ? Toutes ces questions que le pêcheur
aux leurres souples se pose régulièrement trouvent ici une
réponse. Sur trois lieux de tournage différents, en
Charente-Maritime, en Bretagne et dans la Manche, les
prises se succèdent et le final tient ses promesses avec plu-
sieurs poissons de plus de 5 kg…
Disponible chez les détaillants.
Prix : 17,90 euros
Durée : environ 1 heure 15 min.
Réalisation : Patrick Martinez
Greys sponsorise l’équipe
galloise de pêche en mer
Le fabricant de cannes à pêche Greys a décidé de sponso-
riser officiellement l’équipe nationale galloise de pêche en
mer en leur fournissant des cannes, des moulinets G-Mag,
ainsi que des vêtements Apollo Extreme. L’équipe aura no-
tamment l’occasion de profiter de tout ce matériel lors des
Championnats du monde, qui se dérouleront en Croatie
en 2010. L’équipe, composée de Franco Attanasio, de Joe
Arch, d’Alan Price, de Pete Corker et de James Fraser, don-
nera ensuite son avis à Greys sur ces différents produits.
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
G.Loomis : le
rniè
La réputation de ce fabri-
cant de cannes installé à
Washington a depuis long-
temps traversé l’Atlantique
pour faire le bonheur des
pêcheurs européens. Les
dernières nouveautés de-
vraient encore rencontrer le
même succès sur nos
rivières.
G.Loomis édite à ce sujet un
catalogue dédié aux nou-
veautés 2009. Côté cannes,
la spécialité de la marque,
on compte trois modèles
qui vont faire des heureux
parmi les spécialistes de la
pêche à la mouche en lac et
en réservoir. Il s’agit de la
gamme Max GLX Compéti-
tion, construite à partir des
meilleurs éléments de gra-
phite GLX. Nombreux sont
les compétiteurs – et les pê-
cheurs amateurs avertis –
qui regrettaient l’arrêt de
certains modèles de
10pieds. Les trois cannes
proposées aujourd’hui dans
cette longueur sont prévues
pour des soies respectives
de 6, 7 et 8.
Ces trois cannes sont en
deux brins et sont conçues
spécialement pour lancer
loin des streamers ou arra-
cher des soies plongeantes.
Bref, conçues pour des
pêches intensives, des soies
lourdes et des mouches vo-
lumineuses. Plus atypiques,
voire surprenantes, trois
cannes de 11pieds pour
soies 5, 7 et 8 munies de
poignées pour lancer à
deux mains, les Roading
River Switch GLX. Ces
cannes se destinent à la
pêche de la truite à la
mouche noyée, au streamer
ainsi qu’au saumon et à la
truite de mer en petits cours
d’eau.
Elles sont uniques dans ces
longueurs et ces puis-
sances. La gamme de
cannes à lancer n’est pas en
reste avec trois nouveaux
modèles dans la série
Crankbait d’une longueur
de 7’1 pieds pour des puis-
sances de respectivement,
10-20 g et 8-14 g (deux GLX
et une C).
Toujours par thème, la série
Spinnerbait propose deux
nouvelles cannes GLX de
6’9 pieds d’action “extra
fast” et de puissance 10-17
et 12-20. Toutes ces cannes
sont monobrin. La nouvelle
série Swimbait compte trois
modèles, deux de 7’11 et
une 7’6 pour des puis-
sances de 25-45, 12-25,
15-20 g.
La série Spin Truite compte
quant à elle 8 modèles de
6’2 à 7’6 pieds et pour des
puissances de 1-4 à 4-8 g.
Une série qui devrait ravir
les pêcheurs de truites
européens.
Vous découvrirez également
les moulinets mouche
Crosscurrent et Eastfork, les
soies Streamdance, la baga-
gerie spécialisée pour la
pêche à la mouche et au
lancer et les vêtements.
Tous les accessoires ont été
pensés pour affronter de
rudes conditions clima-
tiques. Une marque tou-
jours à surveiller de près…
Liste des points de ventes et
demande de renseigne-
ments.
Rapala France – Ragot
3, rue des Chênes,
90140 Bourogne.
www.gloomis.com
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
L’ouverture du carnassier
au plan d’eau de Carcès
Il y en avait du monde pour l’ouverture des carnassiers au
plan d’eau de Carcès ! Certains pêcheurs avaient déjà
choisi leur poste depuis le jeudi soir. Et apparemment, ça
en valait la peine : de nombreux brochets, souvent de pe-
tites tailles et qui ont été remis à l’eau, ont été pris au
poser. Le plus imposant d’entre eux affichant les 70 cm. La
température de l’eau, assez fraîche pour la saison, n’a pas
incité les carnassiers à se mettre en chasse. Les sandres
sont également bien présents. Des spécimens de 5 kilos
ont été capturés. Ces bons chiffres confirment le travail
d’alevinage de la Fédération du Var pour la pêche et la pro-
tection du milieu aquatique et des AAPPMA locales. L’amé-
lioration de la qualité de l’eau est également un facteur
déterminant, grâce aux nouvelles stations d’épuration de
Cabasse et Brignoles. Enfin, les gardes particuliers de la fé-
dération sont venus contrôler les pêcheurs présents sur les
lieux. Sur près de 180 pêcheurs contrôlés, tous étaient en
possession
de leurs cartes valides de l’année 2009.
L’été au domaine de Veirières
La saison 2009 bat son plein au domaine de Veirières. Les nombreuses éclosions depuis la mi-avril ont offert de superbes
occasions pour se mesurer en sèche aux gros poissons du lac, particulièrement combatifs. La saison estivale se présente
sous les meilleurs auspices avec des conditions de pêche idéales, toujours de belles éclosions et des poissons très ac-
tifs. Courant juin, plusieurs empoissonnements en truites bleues et farios trophées devraient permettre de belles émo-
tions ! Laissez-vous tenter pour un séjour en famille, où les accompagnants pourront profiter des nombreuses randonnées
pédestres, équestres et VTT organisées au départ du domaine.
www.veirieres-evasion.com
La pêche à la mouche :
une philosophie de la vie
Philippe Nicolas, pro-
fesseur des écoles et
pêcheur à la mouche
passionné, a commis
un petit ouvrage de
ceux qui deviennent in-
dispensables. “L’En-
chantement de la
rivière”, publié dans la
collection Petite philo-
sophie du voyage en
partenariat avec Bala-
déo, est une déclara-
tion d’amour à une
activité qui pour l’au-
teur est bien plus qu’un hobby. Pour Philippe Nicolas, la
pêche à la mouche est constitutive de son histoire, voire de
son âme. La soie est son horizon régulateur, la rivière son
monde réel et son monde onirique. Tôt dans la vie, cette
passion est devenue une philosophie de vie, comme l’écrit
l’auteur : “Ainsi mes 7 ans sont-ils indissociables de l’image
de mes pieds et de mes soies dans ces eaux où l’été se
poursuivait sans fin. Bermuda, chaussettes de laine, cheveux
follets, mon frère à mes côtés au bord de l’eau… Nos
bouilles, nos mollets, nous convoquaient à l’essentiel “carpe
diem”. A nous les prises et les surprises, à nous cette vie !”
Un appel vibrant à la pêche, un appel touchant à la vie !
“L’Enchantement de la rivière” de Philippe Nicolas
Collection Petite philosophie du voyage, en partenariat
avec Baladéo.Prix : 8 euros.
Eric Paris, de la rivière
à la toile
Eric Paris a ouvert sa bou-
tique en ligne depuis le 25
mai. On y trouve tout pour
le fly tying, ainsi que du
matériel mouche. De nom-
breux produits sont vendus
sur le site, comme des
billes Bidoz, des hameçons
Kamasan, des nylons Fal-
con en fluorocarbone et co-
polymère, des soies US
sans mémoire en 33 m
ou encore des boîtes
à mouches étanches. La
vente des fameuses
mouches les Cotentines
s’effectue en direct via le
site internet. Mais M. Paris
n’est pas qu’un monteur
professionnel de mouches,
avec ses magnifiques col-
lections complètes pour la
truite et pour l’ombre, il est
également guide de pêche
sur les cours d’eau de Nor-
mandie, de Slovénie et
d’Autriche.
www.mouches-
lescotentines.fr
Dans le précédent article,
nous avons précisé les dif-
férents paramètres qui ré-
gissent la température de
l’eau des lacs et des ri-
vières. Très complexes, les
processus en jeu agissent
en synergie et on peut alors
parler de métabolisme
thermique. Véritable clé de
voûte du fonctionnement
des milieux aquatiques,
celui-ci conditionne non
seulement les caractéris-
tiques chimiques de l’eau,
mais également les proces-
sus physiologiques des or-
ganismes ainsi que la
distribution des espèces.
Dans quelle mesure le
réchauffement climatique
peut-il remettre en cause
ces grands équilibres ? Les
modifications thermiques
sont-elles toujours liées à
un changement de climat ?
Le patrimoine biologique
des milieux aquatiques est-
il à terme menacé ? Nos
parcours de pêche à salmo-
nidés sont-ils forcément
voués à disparaître ?
Qu’est-ce
que le
réchauffement climatique ?
Avant de répondre à ces dif-
férentes interrogations, il
est utile de rappeler dans
un premier temps que,
contrairement aux autres
planètes du système so-
laire, la surface de la Terre
est tempérée à environ
Le climat se réchauffe…
… et nos lacs et cours d’eau ?
conde
partie
Oui, notre planète se réchauffe… Les scientifiques sont formels ! A terme, nos lacs et cours d’eau
suivront cette tendance, que certains considèrent déjà comme inéluctable. Peut-on faire quelque
chose ? Doit-on rester les bras croisés à regarder nos truites fiévreuses périr ? Si effectivement
le réchauffement climatique est un phénomène mondial, existe-t-il des solutions pour limiter
localement son impact ?
Par Sylvain Richard et Guy Periat
Ce réchauffement global aura inéluctablement
des conséquences sur les grands équilibres physiques
et climatologiques.
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
15°C. Cette caractéristique
originale est due à notre at-
mosphère qui, à l’image
d’une écharpe, permet de
retenir une partie de la cha-
leur émise naturellement
par notre planète. Ce phé-
nomène, appelé effet de
serre, est ainsi tout à fait na-
turel. Sans lui, la tempé-
rature à la surface de la
Terre serait de – 18 °C en
moyenne ! La vapeur d’eau,
l’azote et le dioxyde de car-
bone, le fameux CO
, sont
les principaux gaz qui per-
mettent de piéger cette
chaleur. Ils sont appelés
« gaz à effet de serre ». Leur
proportion dans l’atmo-
sphère est le fruit d’un lent
équilibre établi entre les
consommateurs et les pro-
ducteurs de ces différents
gaz. En principe, elle n’évo-
lue qu’à des échelles de
temps géologiques, soit
plusieurs millions d’années.
Néanmoins, certains évé-
nements comme des érup-
tions volcaniques excep-
tionnelles ou la collision
d’un astéroïde gigantesque
sont susceptibles de modi-
fier radicalement la compo-
sition de notre atmosphère
et de provoquer des extinc-
tions biologiques plus ou
moins massives.
Or, l’utilisation exponen-
tielle des matières pre-
mières carbonatées fossiles
(charbon, pétrole, gaz natu-
rel), depuis le XIX
siècle,
augmente drastiquement la
proportion de CO
dans l’at-
mosphère. Résultat, cet ap-
port massif de gaz à effet
de serre déséquilibre le
bilan radiatif de la Terre. La
proportion de chaleur rete-
nue, par rapport à celle qui
peut s’échapper vers les
hautes altitudes, est ainsi
plus importante. La consé-
quence est une augmen-
tation rapide de la tempé-
rature moyenne de l’air et
des océans. C’est le phéno-
mène de réchauffement
climatique.
Différents scénarios
de réchauffement
Les scientifiques, réunis au
sein du Groupe d’experts
intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC),
confirment bien cette ten-
dance au réchauffement. Ils
ont notamment montré
que l’année 1998 était la
plus chaude de toute l’his-
toire de la météorologie et
que le réchauffement s’ac-
célère depuis environ un
siècle. Le GIEC affirme par
ailleurs que la probabilité
que ce phénomène,
constaté depuis 1950, soit
d’origine humaine est de
plus de 90 %. Ils confirment
également que l’augmenta-
tion des températures va
se poursuivre au cours du
XXI
siècle.
L’ampleur de ce réchauffe-
ment est toutefois très
compliquée à prédire pour
les scientifiques. D’ici à
2100, les climatologues
du GIEC parlent tout de
même d’une augmentation
moyenne annuelle com-
prise entre 1,8 °C et 3,4
°C.
Des bouleversements
importants
en perspective
Ce réchauffement global
aura inéluctablement des
conséquences sur les
grands équilibres physiques
et climatologiques. On es-
time qu’avec une élévation
de température de 1,5 à
2,5°C, près de 20 à 30 %
des espèces connues
1900
1920
1940
1960
1980
2000
Nombre de jours très chauds
(période de juin à ao
ût)
0
10
20
30
40
50
60
70
1994
2003
d’après Rebetez, 2004
Réchauffement climatique ne veut pas dire que nos hivers disparaîtront. Les fluctuations saisonnières de température existeront toujours.
En revanche, les journées chaudes de chaque saison seront toujours plus extrêmes et plus durables, comme le montre le graphique ci-dessus.
courent un risque accru
d’extinction. Cette estima-
tion atteint 70 % si l’aug-
mentation est de 3,5 °C !
C’est donc toute la biodi-
versité, richesse inestimable
de notre planète, qui à
terme est mise en péril…
Un des symboles les plus
marquants de cette me-
nace est l’impressionnant
ours polaire, dont l’habitat
fond d’année en année.
Selon les scientifiques, les
écosystèmes naturels qui
seront les plus affectés sont
les systèmes polaires et al-
pins, les mangroves, les fo-
rêts boréales et tropicales
ou encore les récifs coral-
liens. Pour ces derniers, les
hypothèses les plus pessi-
mistes envisagent leur
disparition à l’échelle pla-
nétaire à partir de 2020…
c’est-à-dire demain !
Quelles conséquences
pour nos milieux aqua-
tiques continentaux ?
A l’intérieur des continents,
sur lesquels l’effet tampon
des océans est réduit, cette
évolution de notre climat
sera exacerbée. A terme,
l’augmentation des tempé-
ratures de l’eau influencera
directement l’abondance et
la répartition des espèces.
Et ce sont celles d’eau
froide, plus sensibles au
facteur thermique, qui se-
ront sans doute les plus im-
pactées. Truites et ombres
ont sans doute du souci à
se faire…
Il est cependant encore très
difficile de prédire ces évo-
lutions, en raison notam-
ment du manque de
connaissance sur le fonc-
tionnement thermique
actuel des réseaux hydro-
graphiques. En outre, les
modifications de débit en-
gendrées par les chan-
gements climatiques influe-
ront également sur le méta-
bolisme thermique des
eaux de surface.
Néanmoins, des signes ap-
paraissent déjà… Sur le lac
Léman, les suivis effectués
par l’Inra montrent une ten-
dance nette au réchauffe-
ment des eaux de surface
depuis les années 1970
ainsi que des couches pro-
fondes depuis les années
1950. La période d’appari-
tion de la stratification ther-
mique est de plus en plus
précoce : de début juin
dans les années 1970 à
début mai dans les années
2000. Conséquence : les
algues et le zooplancton
consommateur apparais-
sent plus tôt dans la saison.
Selon l’Inra, ces décalages
seraient aujourd’hui favo-
rables au corégone du
Léman, qui profiterait ainsi
directement de cette abon-
dante nourriture dès l’éclo-
sion de ses œufs. Les
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
Selon l’Inra, Institut national de recherche agronomique,
le développement des corégones, salmonidés, très recherchés
des grands lacs européens, semble être favorisé par
le réchauffement climatique.
Sur le lac Léman, les suivis effectués par l’Inra montrent
une tendance nette au réchauffement des eaux de surface.
captures effectuées par les
pêcheurs professionnels, en
augmentation depuis les an-
nées 1990, vont dans ce
sens.
Sur le lac Tanganyika, grand
lac africain aux dimensions
impressionnantes faisant
frontière entre la Tanzanie et
la République démocratique
du Congo, la température
des eaux du lac a également
augmenté depuis les années
1920, de près de 0,7 °C en sur-
face (– 150 m !) et de 0,3 °C
au fond (– 1 300 m !). Dans
le même temps, la limite
entre les eaux oxygénées et
celles sans oxygène est re-
montée, restreignant de fait
la zone fonctionnelle pour la
biocénose. Une baisse, net-
tement accentuée depuis les
années 1950, de la producti-
vité globale du plan d’eau en
résulte. Sur les grands cours
d’eau européens, des évolu-
tions similaires de la tempé-
rature de l’eau s’observent
également. Ainsi, sur le
Rhône aval, en près de
trente ans, la température
moyenne de l’eau a aug-
menté d’environ 2 °C.
Même constat pour la Loire
(+ 2 °C), le Rhin (+ 2 °C) ou
encore le Danube (+ 0,8 °C).
Quelles conséquences
pour le cours d’eau
de mon village ?
Les grands hydrosystèmes
intègrent donc parfaitement
la tendance décriée par les
climatologues. Néanmoins,
à l’échelle locale et en parti-
culier sur les cours d’eau
salmonicoles, que se
passe-t-il ?
A titre d’exemple, prenons
l’évolution durant ces qua-
rante dernières années du
métabolisme thermique de
la rivière Allaine, petit af-
fluent franco-suisse du
Doubs. Grâce à des don-
nées historiques de qualité,
l’évolution thermique de ce
cours d’eau peut être ap-
préhendée d’une manière
objective. Et pour apprécier
les effets directs de la tem-
pérature sur la faune, nous
n’allons pas comparer des
données de moyenne an-
nuelle, trop lissées, mais
plutôt les valeurs élevées
observées en été. En effet,
les poissons, et en particu-
lier les salmonidés, démon-
trent une certaine tolérance
aux écarts thermiques de
faible amplitude. En re-
vanche, en dehors de la
gamme de confort de
chaque espèce, la survie, la
reproduction ou l’alimenta-
tion ne sont plus possibles.
Une élévation de tempéra-
ture pourra donc être
supportée par le peuple-
ment originel jusqu’à une
Les grands hydrosystèmes intègrent parfaitement
la tendance décriée par les climatologues.
certaine valeur. Mais dès le
dépassement des seuils cri-
tiques, les populations de
poissons auront des diffi-
cultés de développement et
finiront par disparaître.
Dans les années cinquante,
la rivière Allaine était un
cours d’eau à truite et à
ombre très productif. Les
apports souterrains kars-
tiques qui alimentaient le
cours d’eau tout au long de
son linéaire permettaient de
maintenir une gamme
de températures fraîches,
idéale pour les salmonidés,
même en période canicu-
laire. Les mesures effec-
tuées dans les années 70
illustrent parfaitement cette
caractéristique typique des
cours d’eau calcaire (cf.
figure ci-dessus).
Aujourd’hui, force est de
constater que certaines por-
tions du cours d’eau ont
subi des élévations excep-
tionnelles de température,
atteignant par endroits près
de 10 °C (cf. figure). Si bien
qu’à l’heure actuelle ces
tronçons ne sont plus pro-
pices au développement
de la truite ou de l’ombre.
Mais les espèces thermo-
tolérantes ne peuvent éga-
lement s’y développer har-
monieusement : les habi-
tats et les vitesses de
courant ne sont pas adaptés
à ces espèces (tanche,
carpe, rotengle, etc.), plutôt
inféodées aux eaux calmes.
En clair, une discordance
entre les caractéristiques de
l’habitat et le métabolisme
thermique est observée.
La petite rivière fraîche
productive s’est ainsi trans-
formée en un cours d’eau tu-
multueux chaud et déserté.
Par chance, l’influence des
arrivées froides est encore
forte sur l’Allaine. Elles ap-
portent des bouffées de
fraîcheur à la rivière. Elles
constituent ainsi de vérita-
bles refuges thermiques
pour les truites et les om-
bres en période estivale. Si,
bien évidemment, ces es-
pèces peuvent les rejoindre,
ce qui laisse supposer que
les couloirs migratoires lon-
gitudinaux sont respectés.
A l’évidence, le réchauffe-
ment climatique apporte sa
contribution de quelques
degrés à cette évolution de
la température de l’eau de
l’Allaine. Néanmoins, d’au-
tres facteurs interviennent.
En observant l’évolution de
l’utilisation du bassin ver-
sant et de la ressource en
eau, la Fédération des pê-
cheurs du Jura suisse
(www.fischnetz.ch) a per-
mis d’expliquer le degré ex-
trême de l’élévation de
température observé sur
certaines portions de rivière,
et sur l’Allaine en particulier.
D’une part, le pastoralisme
traditionnel de la région
s’est petit à petit transfor-
mé en une céréaliculture
Aujourd’hui, force est de constater que certaines portions
du cours d’eau ont subi des élévations exceptionnelles
de température.
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
Distance à la source (km)
Moyenne des températures
maximales
des 30 jours consécutifs les plus chauds (°C)
ALLAINE 1969-70
24,0
22,0
20,0
18,0
16,0
14,0
12,0
10,0
8,0
6,0
0,0
5,0
10,0
15,0
20,0
25,0
30,0
35,0
40,0
45,0
Seuil supérieur de la gamme thermique de confort pour l‘ombre
Seuil supérieur de la gamme thermique de confort pour la truite
Apport froid
souterrain
Apport froid
souterrain
Apport froid
souterrain
Apport chaud
depuis 1985
(STEP)
ALLAINE 1999-02
Evolution de la température estivale de l’Allaine des années 1970 (courbe verte) à nos jours (courbe orange).
intensive. Les remanie-
ments parcellaires ont per-
mis de creuser des
systèmes de drainage effi-
caces. D’autre part, l’Allaine
et ses affluents ont été par
endroits corrigés et transfor-
més en chenaux rectilignes,
élargis, excavés et sans
ombrage. Les nappes sou-
terraines ont perdu progres-
sivement de leur volume et
ainsi leur potentiel à ali-
menter en eau fraîche le ré-
seau hydrographique lors
de sécheresses. Par ailleurs,
les puits d’eau potable his-
toriquement utilisés ont vu
leur quantité et leur qualité
d’eau se réduire. Les com-
munes ont en conséquence
privilégié le captage des
sources en tête de bassin.
Le débit d’étiage de l’Allaine
s’est au final nettement ré-
duit. Enfin, le développe-
ment des zones urbaines a
été croissant et s’est ac-
compagné d’une imper-
méabilisation systématique
des sols. Les réseaux rou-
tiers et de canalisation ont
suivi la même évolution. La
pluie des orages ruisselle
alors sur ces surfaces as-
phaltées et, déjà échauffée,
rejoint directement les
rivières.
Le coup de grâce fut porté
lors de la mise en place de
l’épuration des eaux usées
de la commune de Porren-
truy, située à une quinzaine
de kilomètres des sources.
En effet, le rejet de la station
d’épuration dépasse allè-
grement les 20 °C en été et
représente plus du tiers du
débit de l’Allaine en basses
eaux. Et ce rejet se déverse
dans la rivière seulement
quelques dizaines de
mètres en aval des sour-
ces froides les plus
importantes.
La nette dégradation de la
qualité de l’eau et de l’ha-
bitat associée à ces diffé-
rents impacts sur le
métabolisme thermique du
cours d’eau a fortement
porté atteinte au patri-
moine biologique de la
rivière Allaine. Les popula-
tions de truites et d’ombres
abondantes du début du
siècle se sont progressi-
vement réduites comme
peau de chagrin. Actuelle-
ment, sur les 50 kilomètres
de parcours de pêche rêvés
des pêcheurs à la mouche,
seuls quelques kilomètres
restent intéressants, tou-
jours en raison des arrivées
froides salvatrices de la
montagne karstique. Ainsi,
l’impact des quelques
degrés imputables au
réchauffement climatique
n’est vraisemblablement
que très relatif en comparai-
son des transformations
écologiques locales impo-
sées par l’homme au cours
du dernier siècle.
En conclusion, cet exemple
illustre l’importance de ne
pas considérer le réchauffe-
ment climatique comme la
cause unique et inéluctable
de la dégradation de nos en-
vironnements aquatiques.
Certes, il a un impact. Certes,
la réduction des émissions
de CO
est nécessaire et
à terme bénéfique. Mais
cet arbre de la politique
mondiale pour la sauve-
garde durable de notre
environnement, claironné
par tous les médias et les
gouvernements, ne doit pas
cacher la forêt de problèmes
rencontrés par nos rivières.
La préservation de laqualité
et de la morphologie des
cours d’eau doit ainsi rester
une priorité absolue. Au ni-
veau local, les gestionnaires
incontournables que sont
les pêcheurs ont un rôle im-
portant à jouer dans la mise
en œuvre d’un certain nom-
bre de précautions et de
mesures pour limiter l’im-
pact des changements cli-
matiques à venir. De
manière plus globale, à
l’échelle des bassins ver-
sants, une gestion cohé-
rente de la ressource en
eau, intégrant le respect des
apports d’eau fraîche et li-
mitant les rejets d’eau
chaude, doit systématique-
ment être promue. Ce sont
les conditions
sine qua non
si l’on veut faire baisser la
fièvre de notre patrimoine
piscicole et halieutique !
Le développement des zones urbaines a été croissant
et s’est accompagné d’une imperméabilisation
systématique des sols.
J
e fais partie de ces pê-
cheurs issus de l’école
Drachkowitch qui ont at-
taqué la pêche mobile des
carnassiers avec la technique du
poi
sson mort
mani
animer leur montage en dents
de scie, par saccades successives
plus ou moins vives avant un re-
tour planant quasi systématique
vers le fond. A l’époque, le pas-
sage aux leurres souples ne s’est
pas fait facilement. Nous avions
du mal à croi
re en ces bout
s de
plastique et avions tendance à
les ani
mer de façon i
dent
un poisson mort. Ils étaient
d’ailleurs souvent enfilés sur une
monture destinée à cette tech-
nique. Cette façon d’animer
m’est restée longtemps. Je n’ai
Les leurres souples se sont progressivement installés dans le paysage de la pêche
récréative française. Utilisés en animation linéaire, ils peuvent obtenir de
très bons résultats, notamment l’été. Explications.
Par Philippe Collet
La pêche linéaire
des carnassiers
au leurre souple
finalement découvert les vertus
de la pêche linéaire au leurre sou-
ple qu’assez récemment et ai
alors commencé à diminuer le
nombre de coups de scion au
profit des tours réguliers et dosés
de manivelle de moulinet.
L’animation linéaire n’est pas
nouvelle, elle s’apparente à celle
qu’ont pratiquée pendant des
lustres (et pratiquent encore) les
pêcheurs de carnassiers à la cuil-
lère tournante, avec les cuillères
lourdes Lusox de Mepps par
exemple. J’ai pris le cas de cette
cuillère lestée en tête car elle per-
met une animation lente au ras
du fond en eau profonde et au-
torise une pêche très précise et
efficace à condition de se
concentrer sur ce que l’on fait.
La nouvelle génération de pê-
cheurs est habituée à animer de
façon linéaire des leurres divers
du type crankbaits, lipless ou
spinner baits et a donc adapté
plus naturellement cette tech-
nique à la pêche au leurre souple.
Lancer puis ramener un leurre
peut paraître simple et rébar-
batif. Pratiquée n’importe
comment, cette technique ne
présente pas beaucoup d’intérêt.
Elle est
s beaucoup plus
subt
le qu’i
l n’y paraî
car, pour
être réellement efficace, le leurre
doit passer dans la bonne
couche d’eau ou au ras du fond.
Cette technique est la seule effi-
cace certains jours. Elle permet
la prise régulière de tous nos
carnassiers, et particulièrement
des sandres, et elle permet en
été de les rechercher rapidement
entre deux eaux. Elle est aussi
très efficace en période froide
pour prospecter au ras du fond.
C’est là d’ailleurs qu’elle est la
plus difficile à mettre en œuvre,
qu’elle demande le plus de
concentration pour bien pré-
senter son leurre et ne pas trop
s’accrocher.
La technique
La base de la pêche linéaire est
un ramené horizontal régulier,
plus ou moins rapide selon la
réaction des poissons. La hau-
teur de pêche est conditionnée
par le ni
veau où se t
derniers. En hiver, un ramené
lent au ras du fond est privilé-
gié, alors qu’en été une pêche
des couches d’eau intermé-
diaires plus rapide est souvent
productive. Selon l’humeur des
poissons, la vitesse de récupéra-
tion est plus ou moins impor-
tante. De façon générale, la
prospection est rapide sur les
chasses ou dans les eaux
chaudes. Elle ralentit dans les
eaux froides.
Plus la vitesse de récupération
est lente, plus le leurre doit être
souple pour cont
nuer à pulser
sans s’arrêter. Dans certaines
conditions, la pêche n’est pro-
ductive qu’à très faible vitesse, à
la limite du décrochage du
leurre.
Depuis un bateau, en pleine
eau, on laisse couler le leurre
vers le fond ou la couche d’eau
à prospect
er, pui
s on le ramène
Une belle grosse perche attrapée en linéaire avec un petit
Sanec 9 cm de couleur Fire Tiger ramené au ras des herbiers.
Ce poisson réagit particulièrement bien à cette technique.
A gauche : ce sandre a été pris à proximité de la berge après
une longue journée de prospection avec Jean-Michel, dans
des conditions peu favorables. Il a craqué pour un Proshad
Storm.
en moulinant régulièrement. Le
pal souci
de ne pas ra-
mener trop vite, pour éviter que
le leurre ne remonte trop vers la
surface.
Il est
judi
eux de commencer à
pratiquer cette technique sur
des fonds propres et réguliers et
de veiller à rester à proximité
immédiate. Après avoir lancé,
on bloque le dévidement de son
fil et on le suit des yeux jusqu’à
le voir se détendre brusque-
ment, signe que le leurre a tou-
ché le fond. On décolle alors le
leurre d’un petit coup de scion
et on commence à mouliner.
On peut marquer un arrêt au
bout de quelques mètres pour
vérifier le niveau atteint. Si la
détente du fil est immédiate,
c’est qu’on était resté dans la
bonne couche d’eau. Si elle se
manifeste après plusieurs se-
condes, on était remonté trop
haut. Il convient alors soit de ra-
lentir encore le ramené, soit
d’augmenter le poids de la tête
plombée, soit d’en changer en
privilégiant un modèle de tête
plus fusiforme. On pourrait
aussi, à l’extrême, diminuer le
diamètre du fil ou de la tresse
pour favoriser la descente. Le
leurre a également son impor-
tance dans la technique. Ce der-
nier doit opposer une résistance
à l’eau, on privilégie donc les
modèles de type shad à caudale.
Le réglage de l’animation s’ef-
fectue en jouant sur l’ensemble
de ces paramètres. On doit réa-
liser une prospection horizon-
tale régulière en appuyant le
leurre et le fil sur la colonne
d’eau traversée. Sous l’eau, le fil
ne décrit pas une droite mais un
arc de cercle. Plus le diamètre est
gros, plus l’arc de cercle est pro-
noncé et le leurre tiré verticale-
ment. Plus la tête plombée et le
leurre offrent de prise à l’eau,
plus ils remontent ou peuvent
supporter de faibles vitesses de
ramené. En conjuguant tout
cela on arrive facilement, avec
un peu de pratique, à faire évo-
luer son leurre horizontalement
à distance. On pratique en fait
une forme de pêche verticale
(prospection horizontale à la
verticale d’un bateau en mouve-
ment, voir
Pêches sportives
n° 73)
en lancer ramené.
Si on veut aller vite, on surdi-
mensionne le plus souvent la
tête plombée et on choisit un
modèle profilé. Si on souhaite
utiliser un petit leurre léger et
planant et éviter qu’il ne re-
monte trop, on choisit unfil fin.
Les variantes
La technique doit bien sûr être
adaptée aux eaux prospectées.
On est
rarement
en présence de
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
• Turbo Shad monté sur une tête football de 10 g.
• Proshad Storm 7 cm monté sur une tête plombée ronde de 5 g. Le leurre très
fin et souple réagit à la moindre sollicitation. Il est monté ici à plat, ce qui lui
donne une nage particulièrement attractive.
• Shaker 4,5 pouces armé d’une tête football de 10 g et d’un triple voleur
maintenu par un petit clou en fil de cuivre torsadé.
fonds réguli
ers et
on a plus sou-
vent des berges aux pentes plus
ou moins abruptes ou des cas-
sures à prospecter. On effec-
uera alors un mélange de cet
technique en prospection hori-
zontale avec de la chute libre
vert
cale (
elle aussi
néai
re)
rès
efficace, notamment sur les
percidés.
L’objectif est de raser au plus
près les contours du fond sans
trop les toucher. Un leurre qui
plonge, en suivant une cassure
droit vers les carnassiers qui y
sont embusqués, a toutes les
chances de déclencher leur
attaque.
Lorsqu’on pêche en pleine eau,
on peut déroger à l’animation
strictement horizontale et réali-
ser des montées et des descentes
amples en levant et rabaissant la
canne tout en continuant à
mouliner régulièrement.
L’exemple du canal proche
de chez moi
Le profil de ce canal est le plus
souvent constitué d’un chenal
central envasé, encadré par deux
pentes plus ou moins douces en
sables et graviers ou cailloutis,
qui mènent à une bordure plate
plus ou moins large et
profonde, dans les mêmes
matériaux.
Lorsqu’on prospecte les berges
de ce canal, très monotone vu
de l’extérieur, on cherche à col-
ler le plus possible aux irrégula-
rités des pentes, car les sandres
et les perches se trouvent là et
non au milieu. On lance au ras
de la berge d’en face et on
attend le contact avec le fond,
souvent proche. On décolle le
leurre d’un ou plusieurs petits
coups de scion successifs pour
trouver la cassure ou le début de
la pente. On effectue ensuite
une glissade (linéaire) de la
marche du haut, parfois très
roi
e, le long des palplanches
jusqu’au fond, en collant au
plus près à la pente. On s’en-
gage ensuite sur le début du
fond vaseux, peu intéressant,
avant de ramener plus vite pour
recommencer l’opération. La
majori
é des t
ouches a li
eu à la
descente, quelques-unes lors-
qu’on accélère pour recommen-
cer. On essaie de lancer le plus
possi
ble en di
agonale pour aug-
menter la longueur de prospection
• Sanec 9 cm de Pafex monté sur tête football de 7 g. Remarquez l’hameçon
chance très fin de fer piqué superficiellement dans le plastique de la caudale.
Relié à une tresse souple, ce dernier n’entrave pas la nage du leurre.
• Sanec 9 cm monté cette fois sur une tête poisson de 7 g. Cette tête fait
descendre le leurre beaucoup plus vite et accentue l’effet rolling (balancement
de gauche à droite) du leurre. Lors du rolling, la feuille de mylar
holographique placée à l’intérieur du leurre envoie régulièrement des éclats.
• Stanley 5 pouces. Le triple voleur est fixé sur le dessus pour moins accrocher de
débris lors d’une pêche au ras du fond. La nage de ce leurre est réellement
spécifique. Sa caudale renflée frétille avec une fréquence élevée.
• Stanley 3,5 pouces monté avec un petit hameçon chance dans la queue.
de cette zone de cassure fruc-
tueuse. Si on lance trop loin de la
berge, on perd beaucoup en effi-
cacité car le leurre ne longe plus
la pente. En période chaude, on
ne cherche pas à descendre
jusqu’au fond, mais on descend
les premières marches ou une
partie de la pente avant de tra-
verser le chenal de façon linéaire
assez rapide. Les sandres sont
priori
suspendus sous 1 ou 2mè-
tres d’eau et font des touches
souvent violentes.
Casting ou spinning ?
Chaque technique a ses adeptes.
Le moulinet à tambour fixe
(spinning) permet de lancer plus
facilement des leurres légers. Le
moulinet à tambour tournant
permet de réaliser facilement des
relâchés contrôlés au pouce (fil
tendu pour la détection des
touches) à la descente. Il offre
aussi souvent un faible ratio pro-
pice aux animations lentes. On
peut selon le type de poste passer
de l’une à l’autre.
Les leurres et les têtes
On va privilégier des leurres ca-
pables d’appuyer sur l’eau et de
se maintenir à une profondeur
donnée en fonction de la vitesse
qu’on leur imprime. Pour cela
les shads à caudale pisciforme
sont les plus adaptés. Les grubs
(virgules) et les créatures qui
poussent de l’eau peuvent aussi
être utilisés. Les leurres fusi-
formes opposent trop peu de ré-
sistance. De la même façon, les
têtes plombées ont beaucoup
d’importance et conditionnent
la vitesse d’animation. Une tête
en forme de poisson ou fuselée
va fendre l’eau très vite et per-
mettre à poids égal d’atteindre
une profondeur ou une vitesse
plus importante. A l’opposé,
une tête football appuiera plus
sur l’eau et limitera la descente
du leurre. Elle peut être utilisée,
par exemple, lorsqu’on a besoin
d’un peu plus de poids pour lan-
cer loin, mais que l’on ne sou-
haite pas pêcher profondément.
Quelques leurres
pêle-mêle
Le Shaker chez Lunker City
(Flashmer), le Turbo Shad chez
Bass Assassin, les Ripple Shad et
Pulse shad Powerbait chez Ber-
kley, les Sanec chez Pafex, les
Stanley (AMS), Fury Shad et
Shad GT chez Delalande, HS
Shad chez Spro, Pro Shad et Pro
Jointed Minnow chez Storm,
Swimming Senko et Swimbait
chez Gary Yamamoto (Sakura).
Cette liste n’est bien sûr pas
exhaustive.
L’armement avec
un hameçon chance
Dans cette pêche, les poissons
peuvent suivre le leurre et l’at-
taquer en pinçant simplement
sa caudale. Leur attaque est
d’autant plus précise que le
leurre est animé lentement. Si
l’on enregistre des touches sans
suite ou, pire, qu’on se fait voler
la queue d’un shad un peu
fragile au ferrage, il devient né-
cessaire de doter son montage
d’un hameçon chance. Le mon-
tage classique consiste à relier
un hameçon triple n° 6 ou 8 à
un petit morceau de tresse ou
de crinelle d’acier, si les brochets
sont présents, et à le placer
avant le rétrécissement de la
caudale.
Pour les petits leurres, et si je
m’adresse aux sandres ou aux
perches, je préfère un montage
beaucoup plus fin. J’utilise un
hameçon simple léger et à large
ouverture de type hameçon
mouche à streamer (ici un Aya-
busa 751 N taille 8). Cet hame-
çon est très piquant. Il est
suffisamment solide pour résis-
ter au combat avec un beau
sandre, à condition d’avoir
préalablement réglé son frein
correctement. Il est fixé directe-
ment pointe orientée vers le
haut, sous un peu de matière,
dans la partie renflée de la cau-
dale. Attaché à un brin de
tresse, il ne bride pas le mouve-
ment de cette dernière et per-
met d’armer le leurre jusque sa
dernière extrémité.
J’espère que ces quelques lignes
vous i
eront
à vous essayer à
ce n’est
déjà
fait) et à redécouvrir des pois-
sons mordeurs dans des eaux ou
à des péri
odes où vous ne l’au-
ez pas soupçonné.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Un remerciement particulier à l’ami
Jean-Michel Marcon, compétiteur et
adepte entre autres de la technique
linéaire, pour sa contribution
à la réalisation cet article.
Moteur électrique arrière
Minn Kota Traxxis
Nouvelle gamme de moteurs électriques
Minn Kota Traxxis, qui compte cinq
modèles de 40 lbs à 80 lbs de poussée.
Les modèles de 40 et 55 lbs sont proposés
en version à cinq vitesses ou à variateur
le f
ameux système Maximizer Minn Kota)
Les autres modèles sont tous à variateur.
Le Traxxis bénéficie du système de fixation
One-
hand Stow qui permet le blocage
et le débloquage du moteur d’une seule
main (position verticale ou horizontale),
laissant l’autre libre pour les activités
de pêche. L
es Traxxis disposent de tout le
savoir-faire Minn Kota dernière génération :
Maximizer, arbre souple, hélice anti-herbe,
poignée inclinable 20°, etc.
Prix conseillés : de 359 à 810 euros selon le
modèle.
www.navicom.fr
Pince spéciale tresse Powerline
La société Powerline bien connue pour ses
nylon, ses tresses et son fluorocarbone, propose
une pince multif
onction ef
icace et
ergonomique. Cette dernière permet
notamment de couper la tresse, d’extirper
sans risques un hameçon triple de la gueule
d’un poisson, d’ouvrir un anneau brisé, de
pincer ou d’ôter un plomb fendu. Cette
pince est très légère, extra-plate, ce qui lui
permet de trouver sa place très
facilement dans une trousse à leurres,
un chest pack, ou encore dans une
des poches de votre float-tube.
Renseignements et liste des points
de vente :
www.powerline.f
Une nouvelle gamme de leurres souples chez AMS
a société AMS a totalement remanié sa gamme de leurres
souples. Elle propose deux modèles de shads, le premier est
doté d’une caudale et décliné en 4 et 5’’, le second d’une
queue en V, modèle finesse de 5,4’’. Ces shads sont
disponibles dans de nombreux coloris, tous aussi prenants
les uns que les autres. AMS innove en proposant plusieurs
assortiments de quatre leurres de couleurs différentes. Il est
ainsi possible de faire des essais à moindres frais pour ne
racheter ensuite que des sachets de ses coloris f
avoris.
La société AMS propose aussi un shad creux, le Bad.
Décliné en 3, 4, 5 et 6’’, ce dernier possède un orifice situé
au milieu de la caudale qui permet d’inj
ecter à l’intérieur
de l’attractant en gel. En plus de ses propres leurres, AMS
importe les marques Big Hammer et Stanley, qui proposent
des leurres souples très ef
icaces. L’attractant en gel Pro Cure
est importé par AMS. Il est conditionné dans de petits
lacons dont le bec verseur, très pratique, permet une
application précise et propre et une manipulation
rapide (même d’une seule main). Ce gel tient bien,
même appliqué à la surface d’un leurre.
La gamme comprend 12 arômes différents.
www.amsfishing.com
SHOPPING
Leurres
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer
sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une
de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers,
seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider
les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
De l’intérêt
des gros spinnerbaits
l y a cinq ou six ans, les
spinnerbaits étaient quasi-
ment inconnus des pê-
cheurs aux leurres français.
Seuls les plus curieux, amateurs
de leurres japonais et améri-
cains, avaient eu la bonne idée
de tester l’efficacité redoutable
de ces drôles de leurres sur les
brochets et les black-bass. C’est
d’ailleurs pour ce poisson que le
spinnerbait a été conçu sur le
principe d’une palette qui
tourne sur elle-même (de
spin,
“tourner sur soi-même”).
Si son efficacité sur les black-
bass n’a jamais fait l’ombre d’un
doute, lorsqu’il s’agit de les
chercher en prospection rapide
(power fishing),
la surprise fut
grande sur les brochets euro-
péens. Les tailles usuelles des
spinnerbaits importées en
France concernent les modèles
de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui
correspond à des tailles de pa-
lettes de 4 à 6 cm au maximum
pour un poids de 15 à 25 g tout
compris. Ces leurres donnent
de très bons résultats lorsqu’ils
sont utilisés pour prospecter des
herbiers parsemés de clairières.
Les spi
nnerbai
s jouent
sur plu-
sieurs registres : les vibrations,
les éclats, les couleurs, l’action
du leurre souple situé en queue.
Ces spécificités font que les
spinnerbaits sont censés inter-
peller t
ous les sens d’un carnas-
sier comme le brochet. Le
succès de ce leurre, qui reste le
seul parmi les leurres modernes
à avoir séduit l’ensemble des pê-
cheurs de carnassiers, réside
dans sa facilité d’utilisation, car
on le ramène en moulinant de
façon régulière et parce qu’il ne
s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes
pour les provoquer
La limite des spinnerbaits est at-
teinte lorsque les herbiers sont
si denses qu’ils ne forment plus
qu’un bloc compact. En été, les
brochets s’y réfugient volon-
tiers. Si l’on peut toujours em-
ployer un spinnerbait de taille
standard pour le faire passer au-
tour, voire au-dessus de ces
blocs végétaux, les brochets ne
réagiront pas forcément aux
seules vibrations de ces leurres.
Dans ce cas-là, l’utilisation d’un
modèle beaucoup plus impo-
sant fait souvent la différence,
notamment sur les beaux sujets.
Tout se joue sur les vibrations
émises, car le plus souvent nos
rési
dent
s de ces herbi
ers denses
ne verront pas les leurres passer
au-dessus de leur tête. Il est
d’ailleurs très étonnant de
er à quel poi
la France
Tout se joue sur les vibrations émises, car
le plus souvent nos résidents de ces herbiers
denses ne verront pas les leurres passer
au-dessus de leur tête.
L’été, les brochets sont
souvent cantonnés
dans des herbiers
denses. Les gros
spinnerbaits, émettant
de fortes vibrations,
parviennent à les faire
sortir, alors que ce
n’est plus forcément le
cas avec les modèles
conventionnels.
sans dout
e le pays d’Europe
qui utilise les plus petits leurres
pour la pêche du brochet. Les
Néerlandai
s, Espagnols, Belges,
Anglais, Irlandais, sans parler
des Suédois, ne conçoivent pas
de pêcher cette espèce avec des
poissonsnageurs de moins de
15 cm (c’est vraiment un mini-
mum). Pour les spinnerbaits, la
difficulté consiste avant tout à
trouver des gros modèles. Les
importateurs sont encore très
frileux sur le sujet, mais heureu-
sement les choses s’arrangent
petit à petit. Pour autant, les
modèles pourvus de palettes
longues de 8 à 12 cm ne sont
pas légion. Il s’agit en réalité de
leurres conçus pour pêcher
les muskinonges, ces brochets
géants d’Amérique du Nord. Si
la palette est intéressante, l’ha-
meçon ressemble le plus souvent
à une pioche et le leurre qui l’en-
toure est inadapté à l’utilisation
que l’on souhaite en faire. La
meilleure solution consiste alors
à récupérer la ou les palettes, les
anneaux brisés et les émerillons,
et à construire un autre leurre à
l’aide de corde à piano, d’un
peu de soudure et de quelques
accessoires.
Les formes de palette
La forme de la palette détermine
autant sinon plus que sa taille la
nature et l’amplitude des vibra-
tions émises. On trouve dans le
commerce deux formes de pa-
lettes. L’une est dite allongée ou
“feuille de saule”, et l’autre,
presque ronde, est dite “Colo-
rado”. Ces deux formes dictent
deux utilisations bien diffé-
rentes. Les leurres munis de pa-
lettes allongées sont plus adaptés
à une récupération rapide
(power fishing)
et à une utilisa-
tion dans un faible courant. Les
leurres à palettes rondes se récu-
pèrent très lentement et sont
inadaptés à une récupération
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Le spinnerbait OSP
Typhoon en taille 7,
un leurre étonnant
d’efficacité et qui de
plus bénéficie d’une
fabrication
exemplaire. Il fait
partie des plus gros
spinnerbaits
disponibles sur le
marché.
Deux modèles artisanaux
dont les palettes proviennent
de spinnerbaits Storm pour
le muskinonge, le brochet
géant d’Amérique du Nord.
Leur taille de 11 cm les
fait brasser beaucoup d’eau !
Le modèle ci-dessous est
carrément associé à un shad
(Lunker City Skaker 4,5”).
Là, si ça vibre pas…
Les palettes rondes
vibrent beaucoup plus
que les palettes
allongées. Ces leurres
sont très efficaces pour
faire sortir les brochets
des herbiers denses. Ici
un Pezon & Michel
Impact Colorado 28 g.
face à un courant même très fai-
ble (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spin-
nerbaits, de surcroît lorsqu’il
s’agit de gros modèles, est des
plus confidentiels. Néanmoins,
certains magasins spécialisés en
proposent quelques modèles,
comme les Damiki Spinner
Willow #5, Damiki Spinner
Colorado #4 ou les Megabass
3D Hydro Blade. Une autre op-
tion tout à fait recommandée
consiste à récupérer des palettes
sur les cuillers ou des spinner-
baits de grande taille comme la
cuiller Mepps Giant Killer ou le
spinnerbait Storm Wildeye Curl
Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que
jupes en silicone, plombs, corde
à piano mais aussi palettes de
toutes formes et de toutes tailles,
le site Internet américain
www.barlowstackle.com est une
véritable caverne d’Ali Baba. Ces
produits ne sont pas ou que très
peu distribués en France, ce qui
est dommage, car la pêche aux
spinnerbaits a le vent en poupe.
Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinner-
baits importés en France nous
ont habitués à des conceptions
mariant deux, trois ou même
quatre palettes, comme sur un
très bon modèle de marque
Booyah. Concernant les gros
modèles de spinnerbaits, le
principe du multi-palettes n’est
sans doute pas aussi convain-
cant. Premier problème, le
poids ajouté par la palette sup-
plémentaire. Second problème,
le tirage, qui nous amène direc-
tement vers le problème de
l’équilibrage du leurre. Car, qui
dit palettes de grande taille à
fortes vibrations dit équilibrage
du leurre à bien maîtriser. Pour
nager convenablement, un
spinnerbait doit le faire en po-
sition verticale et non sur le
côté, ce qui est le cas lorsque le
lest n’est pas assez important ou
que la récupération se fait trop
rapide. Une seconde palette
oblige à surlester le leurre pour
atteindre des poids de plus
de 60 g.
Comme toujours avec les gros
leurres, un matériel spécifique
est alors incontournable. Un
poids global de 40 à 50 g doit
être respecté pour pouvoir être
utilisé avec une canne de puis-
sance “heavy”, sans tomber dans
des excès.
Quelques belles bouchées…
Damiki Charade 28 g #5
Un modèle très bien conçu, qui s’immerge vite en
raison de son poids. La taille imposante de ses deux
palettes n’est en revanche pas en rapport avec la taille
un peu petite de son hameçon
(ajouter un hameçon
chance).
OSP Typho
Très belle qualité de fabrication, jupe très mouvante,
très bon hameçon. Un des tout meilleurs spinnerbaits
du marché.
n & Mi
che
mpact C
rado
Un modèle facile à trouver, qui vibre beaucoup en
raison de sa palette ronde, et qui de plus est bon
rch
Très bo
er les to
mba
ts.
En haut : une palette
provenant du leurre
Storm Wildeye Curl
Tail Swim Shad #6
(11 cm). Au milieu,
en comparaison, les
palettes de spinnerbaits
conventionnels
importés en France.
En bas : il est possible
de récupérer des palettes
sur des grosses cuillers
tournantes comme celles
de la célèbre Giant
Killer de Mepps.
A l’heure de la mouche bling-bling toujours plus lourde et plus brillante per-
dure une tradition bien plus discrète, celle de la mouche bretonne, dont Yann
Le Fèvre est le gardien. Portrait d’un artiste qui depuis trente ans jongle avec
les matières naturelles pour capter une lumière rare et vivante qui fait la ré-
putation d’une des plus belles collections de mouches artif
icielles au monde.
Par Jean-Marc Theusseret
Portrait
Yann Le Fèvre,
le magicien
de la nuance
’est indéniable, il
existe non seule-
ment une tradition
bretonne de la
pêche à la mouche, mais plus
exactement une philosophie
bretonne de la pêche à la
mouche. Nulle autre région
française ne fait apparaître une
telle symbiose entre un terri-
toire chargé d’histoire, de lé-
gendes, ses rivières envoûtantes,
ses poissons et ses mouches.
Ha ! Les mouches bretonnes !
Elles se reconnaissent entre
mille, mais prennent des pois-
sons partout. Il faut dire
qu’elles ont de qui tenir. La
Bretagne fut très tôt fréquentée
par les voisins anglais qui prati-
quaient avec une technique in-
connue des pêcheurs locaux
bretons la pêche à la mouche.
Saumons et truites bretonnes
succombaient à la présentation
de petits plumeaux colorés aux
couleurs vives de plumes d’oi-
seaux exotiques importés des
colonies lointaines de l’Empire
britannique. Les pêcheurs bre-
tons tentèrent bien entendu
d’imiter les Anglais, mais ne
disposaient que de matériaux
rudimentaires, tels que laine, fil
de coton, plumes et poils des
animaux de la ferme, et pro-
duits de la chasse. Ainsi naquit,
faute de moyens, l’une des
écoles de montage de mouche
les plus réputées aujourd’hui !
C’est bien connu, les plus belles
mouches prennent surtout les
pêcheurs. La théorie de la
mouche d’ensemble, peu imita-
tive, terne, voire grossière, était
née. Sans concertation entre les
vallées du sud et du nord de la
Bretagne étaient imaginées les
premières collections parfois
différentes, mais toujours aussi
discrètes dans leur réalisation, à
l’image des mouches en plume
A gauche : les
mouches à saumon
de Yann Le Fèvre
sont réputés dans le
monde entier. Ses
mouches à truites et
ombres rencontrent
également un franc
succès, car elles
réunissent un grand
nombre de qualités
qui les rendent
particulièrement
“pêchantes”.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Le choix
des matériaux
(essentiellement
naturels) requiert une
grande rigueur dans
leur sélection. Yann
a su faire évoluer,
tout en la respectant
beaucoup, la
tradition des mouches
bretonnes.
de paonne du célèbre saumo-
nier de l’Ellé, Henri Clerc. Il
faudra attendre 1932 pour que
la société Ragot, basée à Lou-
déac, commercialise la première
collection de mouches artifi-
cielles bretonnes et la fasse
connaître dans toute la France,
mais également à l’étranger.
L’héritier
Yann Le Fèvre s’inscrit dans la
continuité de cette tradition.
Depuis 1978, il fabrique une
collection issue de la tradition
bretonne dont non seulement il
se réclame à juste titre – lui à
qui l’on doit le sauvetage et la
sauvegarde des modèles tradi-
tionnels –, mais qu’il a su faire
évoluer, créant tout en conser-
vant ce qui fait l’originalité des
mouches bretonnes : une col-
lection universelle destinée à la
pêche des salmonidés des ri-
vières d’ici et d’ailleurs.
Il a su, t
en préservant
le pa-
moi
ne, cult
ver la moderni
particulièrement en inventant le
concept de la série baptisée les
Lanvollonnaises. Série unique
dans le monde de la pêche à la
mouche, car particulièrement
polyvalente. Ainsi certaines re-
présentantes de cette collection
sont devenues des classiques au
niveau national, comme la
“mouche à Jo”, un petit sedge
en croupion de bécasse redouta-
ble, ou encore les émergentes
Plougoulmoises, aussi appré-
ées en ri
ère qu’en lac ou en
réservoir. Les Plouaisiennes sont
des imitations de nymphes
d’éphémères que Yann a eu la
bonne i
dée de décli
ner en t
roi
teintes : claire, mi-foncée et fon-
cée. Notons également une très
belle série de mouches pour la
pêche en lac : noyées, émer-
mouches sèches, dont
on sent l’influence irlandaise,
pays que Yann connaît très
bien. Quant aux mouches à
saumons de Yann Le Fèvre, i
a longtemps que leur réputation
a dépassé leur Bretagne d’ori-
gine pour aller faire des mer-
veilles sur les rivières islandaises,
russes, écossaises ou irlandaises.
Il existe un point commun à
toutes ses mouches, qu’elles
soient pour le saumon, la truite
ou l’ombre, c’est la vie ! Yann est
un artiste au sens large. Ce pas-
sionné de dessin et de peinture
sait mieux que beaucoup marier
les matériaux, les teintes, les
brillances, pour qu’au final une
mouche, comme une œuvre,
“fonctionne”. Regarder sa col-
lection nous rappelle à quel
point cet exercice qui consiste à
concevoir des modèles avec
juste l’essentiel de matière est
beaucoup plus difficile que
“d’en mettre des tonnes”.
Yann Le Fèvre dispose d’un
nouveau site Internet très com-
plet, qui permet de découvrir ce
véritable artiste aux multiples
facettes :
www.mouchesyannlefevre.com
Yann Le Fèvre
513, route de Brest,
29000 Quimper.
Tél. : 02 98 11 01 68.
Fax : 02 98 92 41 31.
E-mail :
[email protected]
Il existe une logique
de teintes dans
la collection de Yann
Le Fèvre, basée sur
un principe simple
et parfaitement
cohérent. Certaines
séries sont déclinées
en trois teintes :
claires, mi-foncées,
foncées.
Ce passionné de dessin et de peinture sait
mieux que beaucoup marier les matériaux,
les teintes, les brillances, pour qu’au final une
mouche, comme une œuvre, « fonctionne ».
Notre série de portraits des caractères de pêcheurs continue. Après les “in-
diens”, voici le portrait du pêcheur “pressé”. En attendant les “mythos”, les
“équipés”, les “scientifiques”, les “méfiants” et les “viandards, que vous
découvrirez bientôt dans ces colonnes, prenez le temps de vous pencher sur la
psychologie de “l’homme pressé”. Dépêchez-vous avant qu’il ne parte troubler
d’autres cours d’eau.
par Vincent Lalu
Le pressé
Les sept familles de la pêche
’est l’histoire d’un
petit homme plutôt
calme et posé qui pre-
nait son temps dans la
vie mais se mettait à courir dès
qu’il arrivait à la pêche. Il était pa-
risien mais avait ses habitudes sur
les rivières de Franche-Comté où
l’on pouvait le voir se hâter de
mars à janvier. Le petit homme
était un pêcheur pressé qui pré-
tendait appliquer son empresse-
ment à toutes sortes de poissons,
des plus petits au plus gros. Pour
lui, tous, qu’ils soient truites, om-
bres, sandres, perches ou bro-
chets, se devaient d’être capturés
de la même façon, à la hussarde,
sans trop réfléchir ni tergiverser.
Sitôt vu, sitôt pris était la devise
qu’il croyait pouvoir faire sienne.
Sans admettre que sa méthode
était à la fois expéditive et tout à
fait infructueuse. Au point que la
plupart des pensionnaires de la
Loue, du Doubs, du Cusancin ou
du Dessoubre, les plus gros
comme les plus petits, n’appré-
ciaient que rarement de décou-
vrir le plancher des vaches en sa
compagnie.
Le petit homme avait des cir-
constances atténuantes. Toujours
les mêmes : il avait trop rêvé ces
retrouvailles avec la rivière, au bu-
reau dans des réunions sans inté-
rêt, à la maison en descendant les
poubelles, ou en s’endormant de-
vant la télé, qu’il était comme ces
amants impatients qui trébu-
chent dans l’escalier : la précipi-
tation l’empêchait d’être au
rendez-vous de sa passion.
Du coup, le petit film qu’il s’était
repassé cent fois dans la tête, celui
de la truite impossible, avec son
minuscule gobage sous la
branche, son lancer en roulé par-
fait et la French noire qui passe
au millimètre et disparaît dans la
gueule du monstre, toujours le
même monstre, virait au cauche-
mar dès qu’il s’agissait de le tour-
ner pour de vrai.
Presque toutes les versions rele-
vaient sans contestation possible
du registre comique, mais on riait
toujours à ses dépens et il aurait
même pu arriver quelquefois que
cela se termine mal.
Version 1 : pour ne pas perdre de
temps, il a monté sa canne et sa
ligne pendant qu’il courait vers la
rivière. Et maintenant la soie re-
fuse de fuser parce qu’il a oublié
de passer dans deux ou trois
anneaux.
Version 2 : il a fait si vite que le
scion était encore dans la porte de
la voiture quand il a claqué la
portière.
Version 3 : il était fin prêt mais a
juste oublié de serrer le frein à
main de la voiture, qui du coup
tient absolument à l’accompa-
gner au bord de l’eau et peut-être
même plus loin.
Des versions comme ces trois-là,
il y en avait beaucoup d’autres. Il
lui arrivait même de se les passer
en boucle quand le décourage-
ment le gagnait. Et il étendait
l’inventaire de sa déprime à la gé-
néralité de tout ce qu’il était
Pêcher
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
capable de rater : une sauce, une
requête, une idylle, un créneau.
Et le petit homme faisait ce
constat amer qu’à défaut de vivre
il gâchait. Passant à côté du meil-
leur par gloutonnerie de la vie.
Tout ce qu’il entreprenait, la
pêche comme le reste, il l’exécu-
tait avec la sensualité d’une ton-
deuse à gazon, l’impatience
du chronomètre, se rendant
compte après coup et donc trop
tard que se ruer vers la truitelle
qui gobe à l’autre bout du radier
vous condamne à marcher sur la
mémère qui nymphe à vos pieds.
Il avait pourtant connu des
pêcheurs à la fois pressés et effi-
caces. Deux plus particulièrement
qui étaient de la génération des
pêcheurs professionnels condam-
nés à pêcher le plus vite possible
pour les besoins du commerce.
Mémé Devaux était en train d’ef-
fectuer son premier faux lancer
quand vous en étiez encore à vous
demander quelle jambe du wader
vous alliez enfiler en premier. Il
l’avait ainsi vu prendre dix truites
en dix minutes, histoire de leur
montrer, à lui et à un journaliste
de passage, à quel genre d’artiste
ils avaient affaire. Puis considé-
rant que cette dizaine suffisait à la
démonstration, le magicien de
Champagnole avait replié sa gaule
jusqu’à l’heure de l’apéro. Dans le
genre “je dégaine plus vite que
mon ombre”, Henri Bresson et
ses cuissardes de meneuse de
revue n’était pas mal non plus. Il
impressionnait son monde par
cette aptitude à aller plus vite que
son ombre sans mettre le poisson
en fuite. Il se souvenait ainsi
d’une partie de pêche sur le haut
Ognon, une fin de mois d’août,
où les dorsales des truites tra-
çaient leurs sillages de stress à la
surface d’une couche d’eau ridi-
cule. Bresson lui avait prouvé ce
jour-là qu’il était même capable
d’approcher du poisson dans une
flaque. Mais ces deux-là étaient
vraiment l’exception. Tous les au-
tres grands pêcheurs qu’ils fré-
quentait étaient plutôt du genre à
attendre les grosses pièces autant
de temps qu’en requérait leur cap-
ture. Ils les entendaient se gausser
de ces collectionneurs de truitelles
qui comptaient les poissons
comme on enfile les perles. Eux
ne vivaient que pour la pièce
unique, celle que l’on attend des
mois et que l’on regrette des an-
nées. Et les surnoms qu’ils avaient
gagnés à cette école de patience
(“le tronc”, “le tuf”, “le bâton”)
témoignaient de leur capacité à
se fondre dans le décor de la
traque.
Hélas, leur pêche n’était pas pour
lui. Vous imaginez faire six heures
de route pour se transformer en
lichen. Lui était pressé par nature
et par obligation. Il ne pouvait
perdre de temps à attendre un
improbable poisson trophée
qu’il se pressentait incapable de
maîtriser.
Et puis vint le miracle. Il arpen-
tait sans conviction la rive suisse
de Goumois à la recherche d’un
gobage, quand, au lieu dit “la
place à charbon”, il lui sembla
voir un remous en bordure de re-
tourne. Il était à la fin de sa se-
maine de pêche et les échecs
successifs faisaient qu’il courait un
peu moins et avait pu de ce fait
apercevoir le mouvement de ce
qui s’avéra être une très grosse
truite.
Il ne se souvenait pas d’avoir vu
un poisson aussi gros, sauf peut-
être dans la réserve du gave à
Lourdes. Elle était à la fois très
longue et très large, avec une tête
bien proportionnée et une gueule
dans laquelle aurait pu entrer une
bouteille de Romanée.
Une manière de petit miracle fit
qu’il parvint à prendre place sur
un rocher à peu près stable sans
éveiller l’attention du poisson.
Que faire maintenant ? Il essaya
de repenser aux conseils généreu-
sement distribués lors des longues
soirées d’après coup du soir, des
conseils qu’il avait entendus mille
fois mais dont il était incapable de
se souvenir tant il ne pensait pas
avoir à s’en servir. Dans un demi-
brouillard lui revint pourtant
cette recommandation de Jérémie
Dujonc alias “le tronc” : “Si tu
bouges une oreille, la truite se
barre et tu la revois dans douze
mois. Ne respire pas, ne te
mouche pas, pense que tu es la
Victoire de Samothrace.
Et, sur-
tout, attends bien qu’elle ait le dos
tourné pour poser ta mouche.”
Les paroles du “tronc” tournaient
dans sa tête beaucoup plus vite
que la truite qui, elle, prenait son
temps, ouvrant parfois la gueule
pour y engloutir une nymphe, ou
baillant seulement aux corneilles
pour se remettre d’une sieste dont
sa robe portait encore la trace.
La truite ne paraissait pas déran-
gée. Et lui qui avait calé des cen-
taines de truites en trente ans n’en
revenait pas d’être là, prêt à af-
fronter ce poisson de légende qui
ne s’offusquait pas de le découvrir,
jouant les statues un soir de trem-
blement de terre.
Si tu bouges une oreille, la truite se barre
et tu la revois dans douze mois. Ne respire pas,
ne te mouche pas, pense que tu es la “Victoire de
Samothrace”. Et, surtout, attends bien qu’elle ait
le dos tourné pour poser ta mouche.
Il lui sembla qu’une tête orange
était vraiment
too much
pour une
dame de cette extraction. Mais
comme il voyait assez mal sous la
surface de l’eau (à la différence du
“tronc” et du “tuf” qui, paraît-il,
voyaient les truites sous les
pierres), il finit par se résoudre à
monter sur une pointe en 16/100
une grosse pheasant tail affublée
en tête d’un fort joli toupet du
plus bel oranger.
La truite prenait son temps. Elle
faisait gentiment le tour de sa re-
tourne, profitant comme un pri-
sonnier que l’on vient d’extraire
de son cachot des quelques rayons
de soleil de cet après-midi finis-
sant. Lui faisait de son mieux
pour se hâter lentement.
Tout à l’émotion de ce premier
succès (avoir réussi à se placer de-
vant un tel poisson sans le faire
fuir), il mit le peu d’énergie qui
lui restait à mettre ses idées et son
matériel en ordre. A intervalles ré-
guliers, une petite voix lui disait :
« Pas pressé, pas pressé. » Et lui ré-
pétait docilement : « Pas pressé,
pas pressé. »
Une première fois il balança sa
grande nymphe comme il put,
en bricolant deux ou trois faux
lancers qui produisirent un plouf
assez lamentable. De quoi faire
fuir le plus curieux des goujons.
Mais la truite, qui était décidé-
ment de bonne composition, fit
comme si de rien n’était. Il récu-
péra sa mouche pendant qu’elle
tournait la tête. Et se souvint que
le lancer “arbalète” pouvait, dans
sa situation, être un recours
efficace.
Sa première tentative fut catastro-
phique. La grosse mouche, saisie à
l’envers, s’enfonça profondément
dans son pouce.
“Pas pressé, pas pressé”, répéta la
petite voix pendant qu’il s’arra-
chait la moitié du doigt.
La troisième tentative fut la
bonne. La grosse nymphe s’éleva
gracieusement dans le ciel et se
posa avec discrétion à deux mè-
tres du poisson, qui amorçait
justement son virage. Il vit dis-
tinctement l’énorme gueule s’ou-
vrir alors qu’elle venait vers lui et
ferra juste à temps pour que la
pheasant tail échappe aux puis-
santes mâchoires de la fario. Il ve-
nait de rater la truite de sa vie par
excès de précipitation.
“Trop pressé, trop pressé”, dit en-
core la petite voix.
“Ta gueule”, répondit le petit
homme en faisant mine de jeter
canne et épuisette dans le Doubs.
Mais il se ravisa en se disant qu’il
n’avait pas vu le poisson s’enfuir.
La truite, qui lui voulait du bien,
était maintenant attablée sur des
spents de mouches de mai. Il se
rua sur l’une de ses boîtes à
mouches dont il déversa, par mé-
garde, l’essentiel du contenu dans
le courant voisin, ne sauvant
qu’une grande Danica qu’il se mit
en devoir d’attacher en lieu et
place de la pheasant tail. Il trem-
blait maintenant comme un saule
et la petite voix ne le lâchait plus.
Un faux lancer, deux faux lancers,
la mouche de mai amerrit sous le
nez de la grande zébrée, qui s’en
saisit brutalement. La suite se ra-
conte au ralenti.
Le pêcheur ferre, la mouche se
plante dans la lèvre supérieure du
poisson, qui se retourne dans une
gerbe d’écume et prend cette fois
le large avec cette décoration que
lui envieraient bien des amateurs
de piercing. Quant au petit
homme, il contemple hébété la
torsade de nylon, vestige d’un
nœud monté à l’envers.
“Trop pressé, trop pressé…”
La boîte à
mouches idéale
La boîte à mouches
idéale
ous les pêcheurs à la
mouche en ont rêvé.
Elle existe, mais on ne
le sait que lorsque l’on
a payé de ses erreurs les choix ha-
sardeux de la mouche du mo-
ment, du lieu et de l’humeur des
poissons. Sur le sujet, des pages et
des pages de magazines ont été
écrites avec souvent pour résultat
de compliquer les choses plutôt
que de les simplifier. La pêche à la
mouche a de tout temps été en-
combrée de choses inutiles, com-
plexes, multiples. L’imagination
des monteurs de mouches est in-
finie. Il n’est que d’observer la va-
riété des modèles censés imiter un
insecte en particulier. C’est le cas
avec la mouche de mai, la fourmi
ou encore le stade du spent. Cette
offre magnifique est en réalité un
piège, dans lequel tombe tout dé-
butant. Tout le monde n’a pas la
chance d’être épaulé par un pê-
cheur d’expérience.
S’il existe des milliers de modèles
de mouches, une petite cinquan-
taine d’entre elles a fait leurs
preuves dans quasiment toutes les
eaux de l’Hexagone et d’Europe.
Cette boîte à mouches idéale que
nous vous proposons s’adresse
donc en priorité aux pêcheurs dé-
butants. Certains des modèles de
mouches sèches, émergentes,
nymphes, mouches noyées et
streamers présentés ici ont un air
de “réchauffé”, mais que, voulez-
vous, elles font encore monter des
poissons en dépit de leur allure
simpliste et dépouillée. La Peute,
création majeure du Sorcier de
Vesoul, Henri Bresson, en est une
parfaite illustration. Cette
mouche, qui signifie “vilaine” en
patois haut-saônois, ne manque
pas de nous rappeler à chaque
nouvelle saison qu’elle rivalise
toujours avec les dernières créa-
tions des plus chics, voire les sup-
plante purement et simplement.
La théorie de la mouche d’ensem-
ble est toujours d’actualité et ce
n’est pas encore demain que cela
changera ! Dans la même catégo-
rie des mouches “chiffon” figure
“l’oreille de lièvre”, une petite
boule de poils, à la fois si simple
dans sa conception mais si com-
plexe dans sa réalisation. Preuve
que ces mouches d’ensemble sont
avant tout de véritables créations.
Pour chacune d’entre elle existe
une véritable recette, demandant
un tour de main particulier et une
grande rigueur dans le choix des
matériaux. Sur ce point, “l’oreille
de lièvre” est une mouche dont il
existe autant de variantes que de
monteurs. Vous la trouverez ici
dans sa version la plus simple.
Vous verrez que, pour autant, les
matériaux synthétiques ne sont
pas en reste. Le polypropylène en
mèche s’est imposé pour l’imita-
tion des ailes. Ce matériau permet
réalisme, flottaison, se travaille fa-
cilement, même sur de très petits
hameçons.
Voici donc 37 modèles avec les-
quels il sera toujours possible de
pêcher “juste”. Bien plus que de
simples sauve-bredouilles, ces
modèles figurent toujours en
bonne place dans les boîtes des
meilleurs pêcheurs à la mouche
actuels. Mais, soyons clairs, la
meilleure des mouches ne dispen-
sera jamais personne de bien pê-
cher, et cette sélection a pour
intérêt de vous simplifier grande-
ment la tâche.
Alors, bonne p…
On reproche souvent aux magazines halieutiques de rabâcher toujours les sem-
piternels conseils de saison, parmi lesquels les mouches – si possible de mai, en
mai – sont toujours en bonne place. Concernant les mouches justement, il serait
temps de recentrer le débat pour proposer une sélection sur laquelle on puisse
compter sans prendre de risques, parmi les centaines de références imaginées par
les monteurs. Cette sélection de 37 modèles, c’est notre boîte à mouches idéale.
Dans la même catégorie des mouches “chiffon”
figure “l’oreille de lièvre”, à la fois si simple dans
sa conception mais si complexe dans sa réalisation.
Elk sedge
Une mouche incontournable en eaux rapides car elle
flotte impeccablement et imite les trichoptères ainsi
qu’un grand nombre d’insectes terrestres.
Pheasant tail
L’archétype de l’imitation de nymphe
d’éphémère. C’est simple, mais c’est toujours
l’une des meilleures pour la truite.
Altière
Une petite mouche passe partout très
polyvalente qui fait tout autant office de
fourmi que de diptère. Tailles 18 et 20.
Jeck sedge Devaux
Un sedge légendaire ici en version “C” en
raison de sa collerette mixte coq et CDC.
Excellent en toutes tailles sur toutes les eaux.
Un piège à truites et à ombres.
La boîte à
mouches idéale
Jeck sedge gris n° 18
Une variante du célèbre sedge d’Aimé
Devaux en taille 18 et en gris. Une
excellente mouche pour l’ombre.
Sedge en chevreuil
En eaux rapides mais aussi à la nuit sur des
rivières plus lentes, ce modèle flotte comme
un bouchon et séduit toujours les truites.
Tailles 16 à 12.
Fourmi mousse
Une fourmi “moderne” avec un corps et une
tête en mousse néoprène. Elle flotte et se voit
sur l’eau.
French Tricolore fon
cée n° 20
La petite “french” d’Henri Bresson est
toujours très efficace en présence de fourmis
et de petits diptères. Ne l’oublions pas !
CDC corps jaune
Un modèle très basique en tailles moyennes
(18 à 14 ) qui est sans doute LA mouche
de base depuis une quinzaine d’années.
Emergente corps jaune
Un modèle de Jacques Boyko à utiliser en
début d’éclosion. Idéal pour les pêches fines
en tailles 20 à 16.
Moucheron “tag”
Pour l’ombre en taille 20 à 16. A utiliser
en début de saison quand les ombres sont
encore très curieux et pas trop méfiants.
Mouche de mai Devaux Jacques Boyko
Une mouche de mai très efficace et qui présente la particularité d’être imitative de plusieurs stades de l’insecte.
Mouche noyée à l’espagnole
Un modèle passe-partout à placer en
sauteuse. Les couleurs incitatives intéressent
autant les truites que les ombres.
La mouche à Jo de Yann Le Fèvre
Un sedge en plume de cul de bécasse dont
la réputation dépasse depuis longtemps
sa Bretagne natale. Tailles 18 et 16.
Marc Petitjean MP 21
Avec son corps en CDC torsadé, la MP 21
est redoutable tant qu’elle n’est pas imbibée
d’eau. Une excellente mouche qui se pose
toujours parfaitement et qui est souvent
prise au premier passage.
Nymphe de mai
Un exemple de bon modèle de nymphe de
mouche de mai. La présence de CDC est
volontaire pour cette nymphe non lestée qui
évolue à quelques centimètres sous la surface.
La Peute
Une des trouvailles d’Henri Bresson qui ne se
démode pas. Cette année encore, elle a évité
des bredouilles sur des parcours réputés
difficiles. A posséder absolument.
Tailles 20 à 12.
L’oreille de lièvre
Cette émergente n’imite rien et tout à la
fois ! Un véritable piège à truites… Ça fait
longtemps que ça dure et ce n’est pas prêt de
s’arrêter !
Gammare
L’une des “nymphes” les plus utilisées en
France. Et pour cause, les crevettes d’eau
douce sont la base de l’alimentation
des truites dans bien des rivières.
La boîte à
mouches idéale
Nymphe à ombre tungstène
Petite mais dense, telle est cette imitation de
larve destinée aux ombres. Pour la pêche en
été par manque d’activité des poissons
(comme des insectes). Tailles 20 et 18.
L’Ombrelle
Une émergente atypique de Philippe Boisson, avec son aile détachée
du corps. Pour les situations difficiles quand les autres modèles sont
refusés les uns après les autres.
Palaretta
Une très bonne mouche noyée de pointe.
Son corps vernis volumineux est parfait
dans cette position en complément d’une
sauteuse, plus légère.
Mouche d’Ornans
Un héritage des mouches anglaises, du temps
où nos voisins venaient pêcher… à Vallorbe.
Les pêcheurs de la Loue se sont accaparés de
ce modèle longtemps après.
Pheasant tail tête orange
Une “nymphe” très en vogue (trop ?) qui donne encore de bons
résultats sur les truites qui chassent les vairons. Elle est un peu trop
utilisée et les truites s’en méfient…
Nymphe casquée
Ce n’est pas une nouveauté, mais les poissons
se font souvent avoir par cette nymphe,
qu’elle soit lestée par une perle en laiton ou
en tungstène.
Yann Le Fèvre Plougoulmoise
Une émergente très polyvalente qui imite
autant les éphémères que les chironomes.
Efficace en lac comme en rivière. Existe en
trois teintes : claire, mi-foncée, foncée.
Sedge émergent
Un modèle qui en a surpris plus d’un (et plus
d’une…). Les truites l’adorent en effet. L’enveloppe
nymphe est imitée avec du polypropylène gris
ou jaune pâle.
Caenis
Une micro mouche constituée uniquement
de fil de montage blanc crème et
de microfibres. Incontournable en présence
de caénidés. Tailles 22, 20.
Streamer vairon Flori
an Stéphan
Un modèle de streamer pour la pêche de la
truite en rivière, imitatif et suffisamment
lesté pour pêcher près du fond.
Devaux 929
La 929 est un des grands classiques de la
collection Devaux. La version “C” avec col-
lerette mixte coq/CDC est préférable sur les
“lisses”. Tailles 18, 20.
Spent polypropylène
Un modèle qui remplit
parfaitement son rôle :
imitatif, bonne flottaison,
séchage rapide. De plus,
il est facile à faire.
Tailles 18, 16, 14.
Sedge canard et lièvre
Un très bon modèle pour la pêche “à draguer”, car il
glisse très bien sur l’eau une fois graissé. Les longs poils
de lièvre apportent un réalisme certain.
La boîte à
mouches idéale
Clouser minnow
Cette création de Bob Clouser est sans aucun doute l’équivalent
de la Peute ou de l’A4 en version mer. Elle a tout pris, du bonnefish
au marlin. Après, c’est une question de taille.
Tarpon Bunny
Les tarpons n’ont jamais été autant pêchés à la mouche que ces
dix dernières années. Résultats, ils se méfient ! Cette mouche en
lapin et marabout vit et vibre merveilleusement.
Jock Scott
La Jock Scott est l’une des mouches à saumon les plus polyvalentes.
Avec elle, vous pêcherez toujours juste, qu’elle soit montée sur
un hameçon simple, double ou, comme ici, sur un tube.
Cascade Emmanuel Gladel
L’une des meilleures mouches à saumons que l’on
connaisse. Elle a tiré son épingle du jeu partout où
nous l’avons emmenée (Islande, Ecosse, Irlande,
Russie, Norvège…).
Mouche à Bonefish
Un excellent modèle créé par un monteur néo-zélandais pour
les Mouches Devaux. Elle se positionne toujours avec l’hameçon en
l’air, ce qui est un atout.
25 montages
pour pêcher cet été
La saison estivale promet comme quasiment chaque saison, des pêches fines et des pois-
sons méfiants. De bonnes raisons pour choisir des imitations adaptées à ce type de
pêche et pour soigner ses réalisations. Le montage des mouches pour la pêche à cette
période est un excellent exercice car il fait appel à de petits hameçons s’il s’agit de trom-
per les truites et les ombres. Heureusement, il reste – en montagne notamment- la
possibilité de pratiquer une pêche à la mouche facile, avec des mouches montées sur
des hameçons de tailles moyennes dans ces zones d’altitude. Jean-Christian Michel
nous y invite d’ailleurs dans ce numéro. Les pêcheurs vacanciers ayant préféré le lit-
toral aux lacs de montagne trouverons également leur bonheur en feuilletant ces pages
avec de très belles mouches pour la pêche en mer.
Bon montage et bonnes vacances !
Montage et photos, Bernard Dalmas et Matthieu Cosson
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Spent
L’utilisation du Crystal flash dans la fabrication de l’aile de ce spent permet de rendre avec réalisme l’aspect
irisé et froissé de l’insecte mort. Un spent à réserver pour les longues dérives qui demandent une flottaison
sans fai
lle de l’art
Etapes de montage :
1.
En partant de l’œillet, aller à la courbure avec le fil de montage.
2.
Fixer les cerques en fibre de pelle de coq.
3.
Fixer à la courbure une mèche de polyfloss orange et former avec le fil de montage un
sous-corps conique.
4.
Former le corps avec le polyfloss orange et saturer de cyano.
Fixer par le pied un hacklede coq roux et par une ligature en huit quelques brins de
crystal flash.
6.
Tourner le hackle derrière et devant le crystal flash sur environ 5 tours en tout. Réali-
ser le nœud final et vernir.
Matériaux de montage :
• Hameçon 1 x long,
fin de fer, 20 à 16
• Pelles de coq souples et grises
Polyfloss orange
• Hackle de coq roux clair
Crystal flash
• Fil de montage marron
Etapes de montage :
Cyanoliter la hampe et réaliser une bonne dizaine d’enroulements de
plomb.
Former le sous-corps avec le fil de montage. Fixer à la courbure de
l’hameçon le fil de viscose et deux brins de fil iridescent JMC. Amener
le fil de montage au niveau de l’œillet.
Torsader les 3 brins de fils ensemble.
Enrouler la torsade jusqu’à 2 mm de l’œillet. La stopper avec la soie
de montage et couper le brin de viscose.
Créer une petite tête en enroulant les brins de fil iridescent JMC. Les
fixer et couper le surplus. Nœud final.
Recouvrir la nymphe de colle cyanoacrylate et laisser sécher. Mouche
terminée.
Flash Gammare
Les ombres sont connus pour leur comportement lunatique. Cette nymphe fine perce bien l’eau pour aller
les chercher tant en nymphe à vue qu’au fil. Hormis la couleur orange, il ne faudrait pas oublier qu’ils sont
rès récept
fs aux di
fférent
es nuances de rose t
ant
en sèche qu’en nymphe.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 2488
#14 à 20.
• Fil de montage Uni
Thread 8/0 blanc.
• Fil de plomb ø 3/10.
• Fil à repriser en viscose
jaune.
• Fil iridescent JMC rose.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Etapes de montage :
1 –
A 2 mm derrière l’œillet, réaliser un lestage avec 3 ou 4 tours de fil de plomb et
consolider avec une goutte de cyano.
2 –
Avec le fil de montage, fixer les cerques à la courbure.
3 –
A la courbure de l’hameçon, fixer 4 ou 5 fibres de queue de paonne.
4 –
Enrouler les fibres de paonne à spires légèrement superposées et bloquer l’excédent
au premier tiers de la hampe.
5 –
Réaliser une mèche de dubbing avec du lièvre teinté en olive.
6 –
Avec la mèche de dubbing, réaliser un thorax qu’il faudra légèrement aérer avec une
aiguille. Nœud final et vernis ou colle.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 3769 taille 22 et
• Fil de montage olive 10/0. Pardo
FL. de Escoba.
• Fibre de queue de plume de paonne
teintée en olive.
• Lièvre teinté en olive.
• Plomb 25 centièmes pour le lestage.
Nymphe olive
Cette nymphe, très légèrement lestée (ou pas du tout), est souvent la meilleure alternative à une classique
pheasant tail qui aurait été refusée. La couleur olive manque souvent de réalisme avec les produits généralement
proposés dans le commerce. La meilleure solution, quand cela est possible, est de réaliser soi-même la teinture..
Billotte
Une création de Jean-Michel Radix, qui reste une valeur sûre en toutes circonstances. Sa réalisation
demande un minimum d’attention… L’avantage de la soudure à l’étain et au plomb est qu’elle a une densité
de 1,6 par rapport au cuivre et de 1,3 par rapport au tungsten.
Etapes de montage :
1.
Déposer à 1 mm derrière l’œillet un goutte de soudure pas trop grosse pour
ne pas obstruer l’ouverture de l’hameçon.
2.
Déposer une première couche d’apprêt sur la bille puis une couche de peinture dorée.
3.
Fixer le fil de cuivre à la courbure de l’hameçon.
4.
Préparer un dubbing de substitut de phoque SLF.
5.
Former le corps conique avec le dubbing.
6.
Cercler le corps avec le fil de cuivre et bloquer celui-ci.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 900 BL #22.
• Soudure d’étain.
• Apprêt et peinture dorée.
• Fil de montage Uni Thread 8/0 roux.
• Dubbing SL
Ardent P
êche)
réf
. Fiery
Red.
• Fil de cuivre 0,10 mm.
Matériaux de montage :
• Hameçon court fin de fer, 20 à 16.
• Fil de montage 10/0 gris. • Fil de nylon
• Croupion de canard gris moyen et blue
dun.
Etapes de montage :
1.
Commencer les enroulements serrés avec le fil de montage en direction de l’arrière.
2.
Fixer le nylon en direction de l’arrière et le laisser en attente, puis revenir vers l’œillet en
formant un sous-corps fin et vernir celui-ci.
3.
Fixer 1 ou 2 plumes de croupion gris moyen selon la taille des plumes, vers l’arrière,utiliser
celles qui sont de mauvaise qualité et ne permettent pas de faire de belles ailes.
4.
Cercler le corps avec le fil de nylon et fixer celui-ci.
5.
Fixer le croupion blue dun, les pointes vers l’avant, couper l’excédent à l’arrière en formant
un toupet court.
6.
Redresser l’aile en formant la tête, bloquer et vernir.
“Voilier simplissime”
Un voilier d’une grande simplicité dont la particularité tient à la méthode utilisée pour la fabrication du
corps. Il peut-être décliné en brun et en olive. Une technique qui fait la part belle aux fibres de CDC,
composant
elle de cet
on d’émergent
e d’éphémère.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Sedge émergent
Une imitation d’une grande polyvalence, qui imite plutôt d’une émergente de sedge, mais elle fait également
merveille en présence de mouche de mai. Il s’agit donc d’une mouche très polyvalente. On peut aussi varier
la couleur du Z
ve, t
abac, gri
s ou jaune pâle)
Matériaux de montage :
• Hameçon standard # 16 à 12.
• Fil de montage gris clair Z-Lon JMC.
• Dubbing de fourrure de lièvre naturel.
• Poils de chevreuil naturel.
Etapes de montage :
1.
Fixer à la courbure de l’hameçon une mèche de Z-Lon d’environ 10 centimètres.
2.
Former un corps bien “dodu” avec le dubbing de lièvre.
3.
Rabattre sur le dessus du corps la mèche de Z-Lon et la bloquer à 3 mm derrière
l’œillet, puis couper l’excédent.
4.
Fixer derrière l’œillet une petite pincée de chevreuil. Les poils doivent légèrement
dépasser la courbure de l’hameçon. Tailler à la bonne longueur l’exuvie et réaliser le
nœud final.
Etapes de montage :
Réaliser le lestage par douze enroulements de fil de plomb 0,12. Enrober l’ensemble
de colle cyano.
Réaliser un corps en fil de montage et passer une nouvelle couche de colle cyano.
A la courbure, fixer 2 brins de fil iridescent raimbow.
Cercler le corps avec le fil raimbow et fixer 2 brins de fil iridescent pêche.
Réaliser un thorax avec quelques tours de fil pêche. Bloquer le tout avec le fil de
montage et enrober l’ensemble d’une troisième couche de cyano.
Nymphe à ombre
Ce petit leurre à ombre est à décliner en plusieurs couleurs. Pour cela, vous pouvez utiliser le très pratique
fil iridescent commercialisé par JMC De Charette, qui offre une belle palette de couleurs.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 103 BL taille 21.
• Fil de montage orange 10/0.
• Fil de plomb 15 dixièmes.
• Pour l’exemple : fil iridescent JMC réf.
raimbow et pêche.
Etapes de montage :
1.
Réaliser le corps par un aller-retour de fil de montage.
2.
Fixer le puff de bécasse qui servira de potence.
3.
Après avoir fixé deux plumes de cul de bécasse pour les ailes, réaliser un thorax en
lièvre naturel à la base de la potence.
4.
Fixer la plume de coq. Choisir une plume dont la longueur des f
ibres soit identique à
la longueur de la hampe de l’hameçon.
5.
Tourner la plume de coq (environ 2 ou 3 tours), Puis fixer solidement l’excédent de la
plume et réaliser le nœud final.
Sedge Parachute
Hormis le montage parachute, ce modèle se singularise par l’utilisation d’un “puff” de bécasse. Cette petite
touffe, mi-duvet, mi-plumes, côtoie, au-dessus du cul de l’oiseau, la plume triangulaire qui sert à la
on des ai
les. Les “puffs” sont
eux aussi
grai
ssés nat
urellement
Matériaux de montage :
• Hameçon Partridge Captain
Hamilton Y L3A # 16 à 12.
• Fil de montage roux 8/0.
• Plumes de cul de bécasse.
• Puf
de cul de bécasse.
• Dubbing de lièvre naturel.
• Plume de coq Barred Ginger de Metz.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 100 #16 à 20.
• Fil de montage Uni Thread 8/0 light
cahill.
• Portion de plume de flanc de canard
malard.
• Hackle Guy Plas de coq corrézien gris
cendré.
Gary’s Loop Dun
Issue de la boîte de Gary Borger, cette imitation d’éphémères flotte très bas sur l’eau garantissant une
silhouette très réaliste. Sur les ombres chipoteurs, couper la totalité des hackles sous la hampe permet de les
romper plus ai
sément
Etapes de montage :
Amener la soie de montage de l’œillet à la courbure de la hampe. Y fixer 5 fibres de pelle
de pardo.
Couper l’excédent de pardo et former l’abdomen en soie de montage. Laisser le tiers
avant de la hampe de libre.
Fixer dans l’ordre une dizaine de fibres de flanc de canard et le hackle de coq Guy Plas.
Enrouler le hackle de coq jusqu’à 1 mm de l’œillet. Le fixer à l’aide du fil de montage et
couper l’excédent.
Rabattre à l’avant les fibres de flanc de canard et les maintenir par deux tours de soie de
montage.
Réaliser la loop wing en s’aidant d’une aiguille à dubbing. Mettre à différents niveaux
les fibres de flanc de canard en tirant plus ou moins dessus. Couper l’excédent. Nœud
final. Couper les fibres de hackle de coq qui se situent en dessous de la hampe au même
niveau que la pointe de l’hameçon.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 9300 taille 20
(1 X court).
• Fil de montage 10/0 orange.
• Fil de cuivre 10 centièmes.
• Poils d’oreille de lièvre.
• Coq roux.
Micro « oreille de lièvre » tête orange
Cette micro-oreille de lièvre, qui ne doit pas être lestée, est un très bon modèle pour la pêche des bordures
ou des retournes. Elle est très polyvalente, surtout si vous la possédez en plusieurs nuances de lièvre.
Etapes de montage :
1 –
Réaliser un sous-corps en fil de montage sur les 2/3 inférieurs de la hampe.
2 –
Fixer à la courbure une pincée de fibres récupérées sur un grand hakle de coq roux.
3 –
Fixer à la courbure de l’hameçon une boucle réalisée avec le fil de cuivre 10
centièmes. Prélever les poils du dessus de l’oreille de lièvre et former au creux de sa
main une mèche qu’il f
aut introduire dans la boucle de cuivre. L
a mèche doit être
uniquement formée de poils, à l’exclusion de toute bourre.
4 –
Vriller la boucle pour former la mèche. Tourner la mèche à spires non jointives.
5 –
Réaliser la tête avec le fil de montage et vernir de plusieurs couches.
Chiro émergent
Montée sur des petits hameçons fin de fer, cette micro-émergente est tout aussi efficace en présence de chiros
rs que de cæ
s. Le mont
age demande une grande at
on quant
à la quant
é des mat
éri
aux ut
Etapes de montage :
1 –
A la courbure de l’hameçon, fixer par le pied un quill de paon et déposer une goutte
de cyano sur la hampe.
2 –
Enrouler le quill de paon pour former le corps et bloquer avec le fil de montage.
3 –
Au premier tiers de la hampe en partant de l’œillet, fixer une bandelette de 2 mm
découpée dans la mousse de polypro.
4 –
Directement sur le fil de montage (sans faire de boucle et sans utiliser de poix),
former une mèche très fine avec le dubbing de CDC.
5 –
Former un petit thorax avec la mèche de dubbing, rabattre la languette de mousse et
la bloquer derrière l’œillet.
6 –
Couper l’excédent de mousse sans toutefois couper à ras.
Réaliser le nœud final.
Matériaux de montage :
• Hameçon fin de fer noir taille 24 à 20.
• Fil de montage noir 10/0.
• Quill de paon naturel ébarbé.
• Mousse Polypro (la plus fine) blanche.
• Dubbing de CDC kaki naturel.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 100 # 22 à 18.
• Fil de montage 8/0 noir.
• Pelle de coq gris.
• Quill de paon naturel ou rouge.
• Z-Lon JMC.
• Plume de coq gris cendré.
Spent parachute
L’efficacité de ce modèle tient, lui aussi, à la juste quantité des matériaux utilisés. A près d’un euro le hackle
de coq corrézien, on a tous tendance à vouloir amortir la dépense. Alors faites comme nous, après avoir
ermi
né vos enroulement
s de hackle, fai
es deux t
ours en arri
ère… et
jet
ez le rest
Etapes de montage :
1.
Réaliser une sous-couche en fil de montage.
2.
Prélever 5 ou 6 fibres d’une pelle de coq et les fixer à la courbure pour réaliser les
cerques. Fixer ensuite un quill de paon ébarbé, puis positionner le fil de montage à
3mm de l’œillet.
3.
Tourner le quill de paon pour réaliser le corps et le recouvrir d’une couche de vernis.
4.
A environ trois millimètres de l’œillet, réaliser une potence en Z-Lon.
5.
Fixer à la base de la potence une plume de coq gris cendré.
6.
Tourner la plume autour de la potence, deux tours au maximum, et réaliser le nœud
final.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 102 Y taille 23 à 19.
• Fil de montage noir 10/0.
• Herle de queue de faisan bleu.
• Tinsel plat perle.
• Hakle gris du limousin.
Diptère adulte
Ce petit diptère est aussi efficace en le graissant pour pêcher en sèche qu’en dérive aval en le laissant se noyer. Utilisez-le de
préférence sur des eaux peu profondes et sur des petits courants.
Etapes de montage :
Réaliser un sous-corps avec le fil de montage à la courbure de l’hameçon.
Fixer et enrouler le tinsel perle, qui doit couvrir toute la courbure.
Fixer un herle pris sur la queue d’un faisan bleu.
Former le corps par des enroulements jointifs du herle de faisan bleu.
Derrière l’œillet, fixer par la base un hakle gris du limousin.
Tourner le hakle sur 4 ou 5 tours et réaliser le nœud final.
Matériaux de montage :
• Hameçon TMC 102 Y # 23 à 17.
• Fil de montage 10/0 noir.
• Herls de faisan bleu.
• Cul de canard blanc.
• Coq gris cendré.
• Dubbing de lièvre teinté en noir.
Chironome Parachute
Le montage parachute est tout à fait indiqué lorsque l’on doit imiter un chironome englué dans la pellicule
de l’eau. Soyez vigilant sur la quantité de matériaux car tout le succès de cette mouche réside dans son impact
sur l’eau qui doit être le plus discret possible.
Etapes de montage :
1.
Fixer à la courbure de l’hameçon deux herls de faisan bleu.
2.
Enrouler à spires jointives les deux herls pour former le corps.
3.
Fixer au premier tiers avant une plume de cul de canard en conservant son rachis.
Relever à la verticale les fibres et ligaturer solidement la base.
4.
Fixer la plume de coq à la base de la potence en cul de canard.
Tourner horizontalement la plume sur deux ou trois tours maximum (10 à 12 fibres
suffisent). Fixer l’excédent de plume derrière l’œillet et couper. Préparer une mèche de
dubbing de lièvre noir.
6.
Avec la mèche de dubbing, passer devant et derrière le parachute pour former le
thorax. Réaliser le nœud final et tailler la potence en cul de canard.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Brassie
Lorsqu’il faut faire descendre une petite larve dans les courants, rien ne vaut une petite bille en tungstène
(ici peinte en noir). Ainsi équipé, ce brassie sur hameçon de 21 ira, sans difficulté, gratter les fonds à la
recherche des ombres.
Etapes de montage :
Juste derrière l’œillet, coller une bille en tungstène noir et aller à la courbure de
l’hameçon
avec le fil de montage.
Fixer dans l’ordre un brun de fil iridescent et 3 ou 4 fibres de queue de faisan noir.
Former le corps avec des enroulements de faisan. Bloquer et couper l’excédent
derrière la bille.
Cercler le corps avec le fil iridescent. Bloquer et couper l’excédent.
Réaliser une mèche de dubbing avec le lièvre noir et former un semblant de thorax.
Finir par un double nœud final derrière la bille.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 102 Y taille 21.
• Fil de montage 10/0 noir.
• Fil iridescent rainbow JMC.
• Queue de faisan teinte en noir.
• Bille en tungstène de 1,7 mm.
• Dubbing de lièvre teint en noir.
Double collerette sur hameçon n° 22. Selle Whiting Farms gris clair.
1.
Fixer à l’étau un hameçon standard n° 22 et enrouler le fil de montage 8/0 vert
amande jusqu’à la courbure de l’hameçon.
2.
Fixer les cerques en pelle de coq corrézien gris.
3.
A la courbure, fixer une plume de selle gris clair et amener le fil de montage au 1/3
arrière de la hampe de l’hameçon.
4.
Enrouler sur 5 tours la plume de selle, bloquer avec le fil de montage, couper
l’excédent de plume et aller jusqu’au 1/3 avant de la hampe avec le fil de montage.
5.
Fixer le reste de la plume de selle (une seule plume permet de réaliser plusieurs
mouches) et avancer jusqu’à l’œillet avec le fil de montage.
6.
Comme pour l’arrière, enrouler la plume de selle sur 5 tours, couper l’excédent
et réaliser le nœud final.
Sadle de Whitting Farms (selle de coq) et Micro Barb de Metz
Il ne s’agit bien évidemment pas d’une nouveauté, mais d’un progrès incontestable dans la qualité des selles
de coq proposées par les deux éleveurs américains. Cette qualité permet aujourd’hui de réaliser des
mont
ages à hackle sur des hameçons n° 22 ou n° 20 avec une grande faci
é. La bri
llance et
la ri
é des
bres garant
le réali
sme et
la flot
é des pet
es mouches. De quoi
réhabi
er les arai
gnées, les
doubles collerettes et autres palmers aux yeux de certains pêcheurs qui les avaient trop vite mis au placard !
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 100 taille 22.
• Fil de montage 10/0 vert amande.
• Selle de coq de marque Whitting
Farms gris clair ou Micro barb de
marque Metz
• Hackle de coq corrézien.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Etapes de montage :
1.
Avec beaucoup de précaution et en prenant votre temps, enfiler le silicorps (ici un mo-
dèle tungstène) sur un hameçon courbe fin de fer (important).
2.
Remonter légèrement l’extrémité arrière du silicorps et faire quelques tours avec un fil
de montage 10/0 noir.
3.
Fixer à la courbure une pincée de fibres CDC blanc. Arrêter le fil par deux demi-clefs.
4.
Remettre en place le silicorps en le faisant glisser jusqu’à recouvrir le fil de montage.
Tailler le toupet de cul de canard.
5.
Une version “casquée” du silicorps. Le positionnement du corps sur la hampe de l’ha-
meçon est sensé imiter le mouvement…
Silicorps
Imitation de corps de larves, de nymphe ou d’émergente, le Silicorps, dessiné par Bernard Maillet, ravira les
adeptes des imitations réalistes. Proposé par les Mouches De Charette et commercialisé par sachet de cinq à
la couleur, vous avez le choi
x ent
re t
roi
s versi
ons : Si
corps st
andard (
13 couleurs)
, Si
corps cri
al (
couleurs)
corps t
quement
r.
Etapes de montage :
1.
Lester un hameçon courbe n° 14 ou 12 avec du fil de plomb.
2.
Fixer une mèche de dub. silk vert clair à la courbure de l’hameçon.
3.
Vriller la mèche de dub. silk jusqu’à obtenir un cordon compact et former le corps par des
enroulements jointifs.
4.
Fixer une lamelle de flexicorps JMC olive qui servira à former le sac alaire.
5.
Emprisonner dans une boucle de fil de montage une petite quantité de dubbing de
phoque et l’enrouler sur 2 ou 3 tours pour figurer les pattes.
6.
Rabattre le flexicorps, réaliser le nœud final et tailler le dubbing pour ne conserver que les
fibres du dessous.
Larve de trichoptère. Corps en dubbing silk
Dubbing synthétique en mèches qui peut s’enrouler à plat ou, lorsqu’on le torsade, présente
une section arrondie très régulière qui convient parfaitement pour les corps de trichoptères.
Matériaux de montage :
• Hameçon “caddis” taille 14.
• Fil de montage 10/0 noir.
• Silicorps JMC.
• Fibres de marabou blanc.
• Perle laiton ou tungstène 1,7
• Colle cyanoacrylate.
Matériaux de montage :
• Hameçon “caddis” taille 14 ou 12.
• Fil de montage 10/0 noir.
• Mèche de “dubbing Silk” vert clair.
• Fil de plomb 4/10 mm.
• Flexicorps JMC.
• Substitut de dubbing de phoque noir.
P’tit Sprat
La robe des sprats varie du bleu argent au chartreuse néon suivant sa taille et la luminosité ambiante. Il est
nécessaire de posséder des imitations de différentes nuances afin de couvrir les conditions du jour. Mais
cert
s les bars sont
comme les t
rui
es. Ils devi
ellement
fs que ri
en y fera.
Matériaux de montage :
• Hameçon Tiemco 777SP #10.
• Fil de montage Uni-Thread 6/0 blanc.
• Flashabou Accent perle.
• Mirror Image argent.
• Fishair bleu turquoise.
• Fishair bleu chartreuse.
• Hammerflash Perle noir.
• Yeux autocollants ø 3,5 mm argent/noir.
• Epoxy 5 min.
Etapes de montage :
1.
Amener la soie de montage à la courbure. Fixer 5 brins de Flashabou Accent puis
ramener la soie à 3 mm de l’oeillet.
2.
Enrouler le Flashabou Accent afin de créer le sous corps. Arrêter et couper l’excédent.
3.
Fixer une pincée de fibres de Mirror Image.
4.
Placer devant le Mirror Image une pincée de Fishair bleu turquoise.
5.
Fixer le Fishair chartreuse afin de simuler le dos du sprat.
6.
Figurer les flancs en fixant une dizaine de fibres d’Hammerflash de part
et d’autre de l’imitation.
7.
Déposer une petite quantité d’époxy dans les f
ibres au dessus de la hampe.
Les maintenir en attendant que l’époxy polymérise afin de donner la forme finale
désirée.
8.
Placer les deux yeux puis enduire d’une seconde couche d’époxy sans jamais dépasser
la hampe. Laisser sécher. Couper les fibres synthétiques pour obtenir la silhouette
attendue.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Etapes de montage :
1.
Fixer l’hameçon en position inversée sur l’étau.
2.
Fixer une première mèche de Fish Fuzz blanc directement à la courbure de l’hameçon.
3.
Renouveler 5 à 6 fois l’opération en s’arrêtant à environ à 6 mm de l’œillet.
4.
Fixer une mèche de fibre argentée (Flashabou, Krystalfash…).
5.
Fixer à nouveau 4 à 5 mèches de Fish Fuzz. Plusieurs couleurs possibles : vert,
bleu,gris moyen…
6.
Terminer par une dernière mèche de Fish Fuzz gris foncé. Positionner les yeux et enduire la
tête d’époxy 5 mn. Ajuster la longueur du corps en se servant d’un scalpel pour obtenir une
coupe moins franche (procéder à la manière d’un coiffeur lorsqu’il effile les cheveux).
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 92553 S
• Fibre Fish Fuzz en plusieurs coloris
• Flashabou ou Krystalflash
• Yeux autocollants
• Fil de montage Uni Thread blanc
Alevin “Fish Fuzz”
Mouche “passe partout”. La fibre “Fish Fuzz” lui procure une nage très naturelle, elle est aussi très solide et
ne garde pas l’eau ce qui la rend très facile à lancer. Prévoyez-la en plusieurs tailles et plusieurs coloris. En
l’ut
sant
avec des soi
es plus ou moi
ns plongeant
es, vous pourrez prospect
er t
veaux sans crai
ndre
les fonds encombrés grâce à son mont
age i
nversé.
Etapes de montage :
1.
Fixer à l’étau une fine tige métallique (corde à piano ou aiguille à éther par ex. ) et dé-
marrer l’enroulement du fil de montage sur quelques tours.
Dans l’ordre, fixer une mèche de fibres synthétiques (ou naturelles) blanches, une mèche
de fibres olives, 6 à 7 herls de paon et une mèche de Krystalflash peacock. Arrêter cette
première étape par un nœud final et garder l’ensemble en attente.
3.
Enfiler sur la hampe de l’hameçon un morceau d’Ez Body (coupé à chaud pour éviter
qu’il ne s’effiloche) et démarrer les enroulements de fil de montage derrière l’œillet.
4.
Reprendre le montage réalisé précédemment sur l’aiguille et le glisser par l’arrière dans
l’Ez Body. Tenir fermement derrière l’œillet les fibres et retirer l’aiguille. Consolider la
fixation des fibres par plusieurs enroulements de fil de montage.
5.
Fixer solidement en tête l’Ez Body
6.
Ajouter les yeux. Colorier en rouge la gorge et en olive le dos en Ez Body à l’aide de feutres
permanents, puis recouvrir l’ensemble tête et yeux d’époxy 5 mn.
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 34007 ou VMC
8255S, tailles 2 à 2/0
• Fibres synthétiques nacrées et olive ou
fibres naturelles (bucktail, chèvre…)
• Corps en Ez Body perle
• Yeux autocollants
• Herls de paon
• Krystalflash peacock
• Fil de montage Uni Thread blanc
Poissonnet Ez Body
Modèle réaliste pouvant imiter en fonction de la taille une multitude de poissons fourrages, (mulets, sprats,
anchois, sardines…) Il s’emploie sous l’eau en utilisant des soies plus ou moins plongeantes. Il est aussi
cace en déri
vat
on derri
ère un buldo ou un leurre plongeant
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Alevin époxy
Une petite mouche facile à lancer, plongeant rapidement, à utiliser lorsque les poissons chassent les petits
alevins. A prévoir en plusieurs couleurs (vert, gris, transparent…) Une fois le coup de main acquis, la
réali
sat
mple et
de et
e pas l’ut
sat
on d’un apparei
l rot
f de séchage.
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 34007 ou VMC
8255 S, tailles 4 ou 2.
• Fibres polarflash ou Flashabou.
• Fil nylon 50/100 pour l’armature du
corps.
• Yeux autocollants.
• Epoxy 5 mn.
• Fil de montage Uni Thread blanc.
Etapes de montage :
1.
Fixer l’hameçon à l’étau.
2.
Fixer une mèche de polarflash à la courbure de l’hameçon.
3.
Garnir la hampe de l’hameçon avec l’excédent de polarflash.
4.
Toujours à la courbure de l’hameçon, superposer une deuxième mèche de polarflash
(verte, grise ou bleue) et fixer le nylon de 50/100 pour former le contour du corps.
5.
Positionner les yeux et combler d’époxy l’intérieur du corps en le maintenant à plat
sur l’étau. Attendre environ 5 mn tout en effectuant quelques rotations pour bien
répartir l’époxy.
6.
Une f
ois l’époxy séché, colorier à l’aide de f
eutres permanents le dos (
vert, gris bleu…)
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 34007 ou VMC
8555 S, tailles 2 à 1/0,
• Fibres synthétiques blanches ou argent,
ou bucktail blanc,
• Tinsel perle pour le sous corps,
• Triangle découpé dans de la mousse
blanche pour le corps
• Fil de montage Uni T
hread blanc.
Etapes de montage :
1.
Fixer le fil de montage à la courbure de l’hameçon.
2.
Fixer une mèche de fibres synthétiques ou bucktail blanc, surmontée d’une mèche de
fibres argentée.
3.
Remplacer le fil de montage par le tinsel perle.
4.
Fixer solidement le triangle de mousse blanche à la courbure et garnir la hampe avec
le tinsel.
5.
3 à 4 mm derrière l’œillet, fixer à nouveau le foam par 4 à 5 tours de tinsel.
6.
Bloquer le tinsel derrière l’œillet. Tailler la pointe arrière du corps en mousse et saturer
de colle cillant la j
onction hampe de l’hameçon et sous corps en mousse.
Popper
Mouche de surface très efficace, facile à lancer. La réalisation très simple est à la portée de tous et ne
demande que quelques minutes. A utiliser sur les chasses de surface ou pour prospecter les postes
enrochement
s, parcs…)
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Etapes de montage :
1.
Fixer le fil de montage à 5mm de l’œillet.
2.
Fixer une mèche de fibres, Flashabou ou polarflash, argent.
3.
Fixer une mèche de fishair olive, elle doit représenter en volume 50 % du corps.
4.
Terminer par une mèche de fishair brun et arrêter solidement le tout derrière l’œillet.
5.
Enfiler une portion d’Ez Body transparent sur le montage déjà effectué et le bloquer
en tête (Ez Body ne doit pas dépasser la courbure de l’hameçon).
6.
Coller les yeux et recouvrir l’ensemble du corps en Ez Body d’une fine couche d’époxy
Lançon (version sur hameçon tige longue)
Modèle indispensable pour la pêche côtière (Atlantique et Manche particulièrement)
Très efficace pour prospecter les bordures des estuaires ou des entrées d’eau douce sur les plages.
Etapes de montage :
1.
Fixer un hackle grizzly de chaque côté de la hampe.
2.
Fixer les deux hackles rouges ou oranges à la courbure de l’hameçon.
3.
Enrouler les deux hackles en palmer jusqu’au premier tiers arrière de la hampe.
4.
Avec le fil de montage, façonner une tête conique et positionner les yeux.
5.
Enduire toute la tête d’époxy.
6.
Mouche finie vue du dessus montrant bien le positionnement des hackles grizzly.
Variante de mouche à tarpon
Créée à l’origine pour la pêche du tarpon, cette mouche a très rapidement été adoptée par les pêcheurs de
carnassiers d’eau douce comme d’eau de mer. Sa réalisation simple et économique a aussi contribué à sa
grande popularité. En mer, dans les tonalités rouges, orangées et jaunes, elle est efficace et régulière sur les
lieux et les maquereaux.
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 34011,
tailles 2 à 1/0
• Flashabou ou similaire
• Corps en Ez Body transparent
• Fil de montage Uni Thread
blanc.
Matériaux de montage :
• Hameçon Mustad 34007 ou
VMC 8255 S, taille 2 à 1/0
• Hackles Grizzly, soie rouge
(montage et corps)
• Yeux (facultatifs)
• Hackles rouges ou oranges
• Epoxy 5 mn.
Canne Sage Z-Axis 13,4 pieds pour soie 8
Nouveauté 2009 chez Sage, cette Z-Axis 13’4 pour soie 8 vient compléter une gamme de cannes
à deux mains pour la pêche du saumon, déjà large. Il faut rappeler que ce type de cannes est l’une
des grandes spécialités de la marque. Par sa longueur moyenne est le numéro de soie préconisé, cette
canne convient parfaitement aux petits et moyens cours d’eaux (15 à 30 mètres de largeur), où elle propose
une alternative intéressante entre les courtes 12’6 et les fatigantes 14 ou 15 pieds. Ce modèle comble
donc un vide. D’autant qu’il s’agit d’une Z-Axis dont les qualités de lanceuse sont bien
connues des pêcheurs. Un superbe produit !
4 brins. Poids : 228 g. Livrée avec fourreau et tube métal. Prix conseillé : 740 euros.
Ardent Pêche, Zone de Tréhonin – BP 84, 56303 Pontivy Cedex.
Tél. : 02 97 25 36 56 . Fax : 02 97 25 13 24. E-mail : www.ardent-peche.com
Chest Pack C & F
Nouveau concept de sac/gilet
réglage en largeur et en hauteur.
Doté de 3poches ventrales, 2 poches
dorsales et d’une poche basculante
avant/arrière. Ce chest pack est réalisé
en polyester “ribstop” anti-UV,
le dos et les épaules sont matelassés
et doublées en filet respirant.
Il est muni de nombreuses astuces telles
que porte-flacon, anneaux, accroche-
épuisette, poche filet pour bobines
de fil. Il est possible d’ajouter
une boîte C & F CFA 50N ou
CFA5 0T sur la façade.
Prix conseillé : 199 euros.
Mouches de Charette – JMC
Les Guillets
01310 Montracol.
Tél. : 04 74 24 22 73.
Select
afly des mou
ches
pour toutes les pêches
Selectafly est le leader de la fabrication de
mouches artificielles en Grande-Bretagne.
Les mouches Selectafly bénéficient d’un
excellent rapport qualité/prix. Elles sont
montées sur des hameçons d’excellente
qualité à affûtage chimique et avec des
matériaux sélectionnés tels que CDC,
faisan, paon, soie floche, tinsel, fil de
montage, etc. Vous trouverez des modèles
pour toutes espèces : truites, truites de
mer, mouches pour la pêche en lac,
ombres, saumons, mouches à brochet…
Selectafly est fier d’approvisionner le
marché français de la pêche en mouches.
Une télévendeuse vous répondra
en français tous les vendredis
de juillet entre 13.00 et 17.00h.
www.selectafly.com
Selectafly
Deeside, Flintshire CH5 4YZ, UK
E-mail: [email protected]
Wasler, une société artisanale haut de gamme
Depuis quinze ans, Emmanuel Lerbret s’aguerrit dans la conception et la fabrication de cannes à mouche.
Aujourd’hui, il dirige Wasler, une société spécialisée dans le montage de cannes à mouches. Il conçoit ses propres
blanks, puis les fait réaliser par un artisan spécialisé. Vous pouvez composer votre canne quasiment “à la carte” avec
des produits haut de gamme tels que: anneaux en titane, liège portugais à petites rondelles, ligatures
et un vernis soignés, porte-moulinet en bois, carbone, titane ou aluminium. Emmanuel saura vous guider dans vos
choix. www.wasler.fr
SHOPPING
Mouche
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
onnaissez-vous
beaucoup de ri
ères
de France où, avant
même que ne com-
mence le coup du soir, cinq
truites somptueuses, entre une
et quatre livres, viennent ramas-
ser sous votre canne les
mouches de mai comme on
cueille les cerises à la fin du
printemps ?
Moi, j’en connais une que vous
connaissez aussi, mais que,
comme moi, vous n’aviez peut-
être pas fréquenté depuis un
moment. Cette merveille, ce
jardin d’Eden, c’est la Loue, à
Maisières dans la banlieue d’Or-
nans, où la scène se déroule un
soir de juin. Elles sont zébrées,
elles sont grasses, elles ont l’air
de très bonne humeur et nos
mouches de mai ne les intéres-
sent pas. Je ne suis d’ailleurs pas
sûr qu’elles ne prennent,
comme le disent parfois les
bons auteurs, que les mouches
qui bougent. En fait, il me sem-
ble plutôt qu’elles ne s’intéres-
sent qu’à celles qui battent de
l’aile droite. Comme si elles
voulaient nous prévenir avec
trois jours d’avance de l’issue
La belle au bois
d’Ornans
La Loue compte parmi les plus belles rivières de France. Truites et mouches
abondent encore aujourd’hui sur son cours supérieur. Y pêcher reste
un bonheur. La magie en plus.
Vincent Lalu
des élections européennes du
manche qui
J’aurai du mal, le surlendemain,
à m’arracher à la caresse de ces
eaux inspirées pour m’en re-
tourner dans Paris accomplir
mon devoir électoral. La Loue
est une maîtresse qu’il est dur de
quitter. Cela, M. Courbet l’avait
compris le premier, sa peinture
l’exprime sans équivoque :entre
Les Sources de la Loue
et
L’Ori-
gine du monde,
les analogies
sont frappantes, même intimité,
même émotion pour ces deux
toiles que les experts n’hésitent
pas à rapprocher tant la grotte
d’où jaillit la rivière ressemble
au sexe de cette femme qui ac-
cueille les visiteurs du musée
d’Orsay. La Loue est effective-
ment une rivière très sensuelle, à
l’inverse du Doubs à Goumois
qui se contente de passer des
murs de sapin en revue. La
Loue de Gustave Courbet trace
son chemin dans un décor tout
en rondeurs et mamelons
qu’évoquent encore quelques-
unes des toiles les plus sexy du
maître d’Ornans comme
Femme au perroquet, Le Sommeil
Nue sur la plage.
Cette sen-
sualité que semble partager tout
ce qui vit et bouge dans cette ri-
vière, herbiers langoureux, truites
aux robes soyeuses, éphémères
diaphanes, et jusqu’à ces deux
« ayottes »
(Dinocras cephalotes)
qui avaient ce jour-là choisi les
spires de ma soie déployée dans
un courant nonchalant pour y
faire des galipettes. Ces deux-là se
sentaient tout à fait bien sur leur
Dunlopillo liquide, inspirées par
les lieux, inspirées par le temps,
inspirées par l’histoire de cette
curiosité karstique qu’il convien-
drait de classer d’urgence au Pa-
trimoine de l’humanité. La Loue
contribue à la magie de son pays,
de sa région, des villages qu’elle
traverse, c’est une rivière pré-
cieuse insaisissable dont l’histoire
récente commence par une brève
de comptoir, se poursuit en conte
de fée et finit dans une maison de
correction. La brève de comptoir
se raconte le mardi 13 août 1901
sur le coup de midi – à l’époque
le no-kill (de rouge) n’était pas de
mise –, devant le zinc d’un bis-
trot d’Ornans.
“Vous savez ce qui m’arrive ?
— L’Yvette est rentrée bourrée du
Lavoir…
— Tu déconnes…
— Y’a une “murie” qui avait mis
du Pernod dans la flotte. Tout
son linge sent l’absinthe…
— Pas mal… tu vas faire des éco-
nomies…”
La Loue est verte. Truites, écre-
visses, mouches et vairons font
des loopings. En fait, c’est à Pon-
tarlier qu’a été payée la
tournée.
Deux jours plus tôt, la foudre a
mis le feu à l’usine d’absinthe.
Prudent, un employé a ouvert les
vannes et le “pont” est parti dans
le Doubs. N’écoutant que leur
courage, des passants ont plongé
pour pomper, au péril de leur vie,
ce qui pouvait l’être, des soldats
en ont rempli leurs casques. Mais
les cuves étaient pleines et l’apéro
est parti au fil de l’eau. Le voilà
maintenant à Ornans où l’on se
demande (delirium tremens ?)
comment il a fait pour changer
de rivière.
“Facile, répondent les scienti-
fiques qui ne s’étaient aperçus de
rien, s’il y a de l’absinthe dans la
Loue, c’est que la Loue est une
résurgence du Doubs.”
C’est beau la science. C’était la
tournée du géologue. Sans cet al-
cootest, personne n’aurait jamais
su que la Loue était une manière
de fille prodigue qui aurait fait le
mur parce qu’elle ne supportait
plus les – 35° du plateau de
Mouthe, et qu’elle appréhendait
les égouts de la Chaux-de-Fond,
le passage en usine du côté de
Montbéliard, le défilé sous la ci-
tadelle de Besançon, le regard sé-
vère de la collégiale de Dole et
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Ornans, la Venise
franc-comtoise.
quelques autres joyeusetés qui
font La Franche-Comté beso-
gneuse et la Suisse calviniste où
coule le Doubs qui est, lui, un
fleuve de devoir. Au lieu de quoi,
la voilà qui batifole au pied des
falaises de Mouthier-Haute-
Pierre, dévale joyeusement les
cascades de Lods, prend la tan-
gente par le bief de Vuillafans,
sort de sa réserve à Montgesoye
et fait une entrée triomphale, es-
cortée quelquefois par les kayaks,
dans les faubourgs d’Ornans, la
Venise comtoise, ses maisons sur
l’eau, ses passerelles élégantes,
qu’elle quittera par la rue du Mi-
roir, en direction de Maisières
puis de Scey-en-Varais, où c’est
son tour de tendre une glace au
pêcheur.
Le conte de fée passe ensuite par
Cléron et son château, le temps
d’un coup du soir digne de cen-
drillon. A Chenecey-Buillon sont
tirées les dernières fusées. Il serait
temps de rentrer. Mais com-
ment ? Le carrosse perd sa pre-
mière roue à Cessey. La deuxième
à Quingey. A Port-Lesney, c’est
devenu un panier à salade. En
route pour la maison de correc-
tion.
La fête est finie. La belle voit son
cours rectifié. On l’enferme entre
d’énormes pierres qui lui servent
de rives et sont les murs de sa pri-
son. A Parcey elle n’est plus
qu’une chasse d’eau que l’on tire
au lieu dit Les Goubots, à l’en-
droit d’un ancien paradis, un
royaume de centaines d’hectares
de marais sauvages sauvagement
asséchés par un gang d’aména-
geurs fous dont le crime est
resté impuni.
Malgré ce calvaire, la Loue est
restée dans son cours supérieur la
madone des rivières de ce pays.
Y défiler un soir depuis le pont
de Nahin jusqu’aux projecteurs
de la passerelle de la place Cour-
bet, à Ornans, est le rêve de toute
mouche, qu’elle soit bien ou mal
montée, peute ou belle de mars.
Etaler cerques et tinsels dans la
lumière blanche d’un crépuscule
finissant avec l’espoir secret
qu’une grande zébrée la remar-
quera pour faire d’elle une
mouche d’épopée, digne de la
chronique, de celles dont on fait
les histoires de pêches.
La Loue est une rivière de maî-
tres, une muse qui inspire les
conteurs. Ils y ont écrit les plus
belles pages de leur légende,
mis au point leurs meilleures
mouches, capturé leurs plus gros
poissons, vécu leurs aventures les
plus incroyables. Connaissez-
vous un seul bon pêcheur de la
région qui n’ait pas une histoire à
placer sur la Loue ? Il faut dire
que les pensionnaires de ce
théâtre français méritent bien
tout le soin que pêcheurs et au-
teurs prennent à les raconter.
Ah ! les truites de la Loue, des
dames, des princesses, des confi-
dentes pour M. Courbet, qui en
fait les emblèmes de sa déprime
lorsque la justice l’envoie derrière
les barreaux et le condamne à
Bons Plans
Hôtel de France
La famille Vincent
propose un superbe
parcours privé de 1,8 km
isières, a
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ité/prix.
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Maison Nationale de la
Pêche et de l’Eau
Musée. Centre de
Formation. Vente de
cartes de pêche pour
l’AAPPMA d’Ornans.
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payer la reconstruction de la co-
lonne Vendôme. Les zébrées du
peintre étaient de sacrés engins.
Le regard tragique de celle qu’il
peint chez ses amis Ordinaire à
sa sortie de prison dit bien l’im-
portance allégorique de ces pois-
sons dans l’œuvre du peintre.
Des truites comme celle-là, jus-
tement pêchée à Maisières, il s’en
prenait pas mal chaque année à
la ligne ou au filet. Chez les San-
sonnens, dynastie de Cademène
plus connue dans la région que
n’importe quel élu ou notable,
on en recense au moins deux qui
flirtaient avec les 20 livres. Et la
Loue continue de produire des
poissons d’exception, des gros
(trois ou quatre plus de 4 livres
repérés en un week-end), des
moyens, beaucoup de moyens et
assez peu de petits, qui plus
qu’ailleurs ont intérêt à se plan-
quer s’ils veulent devenir grands.
La Loue est une des seules ri-
vières que je connaisse où l’on
peut prélever chaque année
1 000 poissons sur certaines sec-
tions et les voir remplacés l’an-
née d’après. Le lodge de la
Piquette a, par exemple, a été
très largement pillé entre deux
changements de propriétaire. Au
dire de ceux qui viennent d’y re-
tourner, le parcours est à nou-
veau pavé de truites et
d’ombres. Quand on se penche
sur la réserve du pont de Mont-
gesoye, on se dit que c’est sûre-
ment là qu’a été tournée la scène
de la multiplication des poissons.
Plus sérieusement, c’est l’absence
ou la rareté de concurrents
comme les chevesnes, les hotus,
les blageons, voire les brochets, la
qualité de l’habitat à base de tuf
et la richesse entomologique de
la rivière, qui en expliquent la
productivité.
Il y a de la mouche sur la Loue,
beaucoup de mouches si on la
compare à la plupart des autres
cours d’eau de sa catégorie. Et ça
gobe, toute la journée. Les éclo-
sions se suivent à un rythme sou-
tenu et les poissons se nourrissent
sous et sur l’eau avec l’appétit de
quelqu’un qui a pris l’apéro. La
pêche dans la Loue est assez sin-
gulière. Cela tient au fait que les
mouches sont au rendez-vous et,
bien sûr, à la personnalité des
truites. Depuis l’épisode Pernod,
truites et ombres sont assez dé-
jantées : d’abord elles viennent de
partout. Comme ailleurs, le génie
alevineur a fait que les zébrées y
ont récupéré des points rouges.
Mais quelques-unes sont encore
plus incertaines : l’une d’elles s’est
élevée devant nos yeux ébahis
(ceux de Philippe Boisson et les
miens) à 30 cm au-dessus de
l’eau, à la poursuite d’une
mouche de mai qu’elle a finale-
ment ratée avant de prendre la
mienne quelques secondes plus
tard.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
C’était un ancien alevin qui ne ressemblait à
rien, 25 cm grisâtres, des manières de truite
de mer, une robe d’arc-en-ciel, un regard de
fario, bref une vraie truite de l’Assistance.
Voici la vraie star
d’Ornans : la truite.
C’était un ancien alevin qui ne
ressemblait à rien, 25 cm grisâ-
tres, des manières de truite de
mer, une robe d’arc-en-ciel, un re-
gard de fario, bref une vraie truite
de l’Assistance.
— Donne-lui tout de même à
boire”, dit mon frère.
Et, suivant ce conseil inspiré par
Hugo, je remis la truite à l’eau.
Cette folie, cette légèreté de l’être
on les retrouve dans le comporte-
ment des ombres qui nymphent
sous les lampadaires en plein cen-
tre d’Ornans.
Ces lampadaires sont au cœur de
la capitale française de la truite de
rivière. Ornans mérite bien ce
titre. Les références à dame fario
ne manquent pas dans la ville, de-
puis celle majestueuse qui gobe
au centre du premier rond- point
(j’en connais qui rêvent de lui
planter une mouche au coin des
lèvres) jusqu’à celles et ceux,
truites, ombres et mouches qui
ornent les enseignes, étalonnent
les horloges et servent même de
porte-clés aux chambres de l’Hô-
tel de France, qui est l’incontour-
nable rendez-vous des pêcheurs
que le tourisme halieutique attire
dans la ville.
L’Hôtel de France possède son
propre parcours à Maisières où
encore, vous l’avez compris, les
poissons sont légion. Et ont reçu
une formation spéciale pour ré-
server aux clients de l’hôtel un ac-
cueil à la hauteur de leur
ambition.
Ce qui signifie qu’il peut arriver
que quelqu’un soit bredouille sur
ces 1 km 800 de rivière. Mais que
franchement, certains jours, il
faut y mettre de la bonne vo-
lonté.
La Loue en amont
de Chenecey-Buillon.
Les vacances sont un moment convivial idéal pour aider un proche à
découvrir notre loisir ou pour s’amuser sans arrière-pensée avec sa canne
à mouche ! Pêcher simple mais efficace sur des parcours adaptés est la clef
de la réussite. Voici quelques techniques faciles à mettre en œuvre… Et à
vous les truites de l’été !
Par Jean-Christian Michel
Pêches faciles
pour les vacances
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
oyons clair, il n’est pas
question de s’attaquer
aux mémères de plaines
sur lesquelles nous nous
sommes fait les dents durant
tout le printemps ! Croire que
l’on peut faire prendre un de ces
poissons à un débutant, en
nymphe ou en sèche, serait hau-
tement utopique, surtout au
cœur de l’été. Fuyez les truites,
stressées par l’étiage et hyper
éduquées, pour aller rendre une
visite de courtoisie à leurs pe-
tites cousines montagnardes.
Elles n’ont
pas vu grand monde
depui
s la font
e des nei
demandent qu’à jouer avec les
grosses mouches sèches qui
rouillent dans vos boîtes…
C’est les vacances pour tout le
monde, i
l faut
les sort
Première pêche
e vacan
ce :
ruisseaux de montagne
et insectes terrestres
pour vous les vacances se dé-
roulent en montagne, vous
n’avez que l’embarras du choix.
En randonnée, glissez une cinq
brins dans votre sac à dos et
dites à votre épouse que vous
voulez pêcher pour faire décou-
vrir la nature aux enfants… en
général, cela passe très bien. Le
tout est de ne pas les laisser en
plan dès que le torrent apparaît !
Qu’il s’agisse de petits torrents
ou de ruisseaux plus calmes ser-
pentant entre les prairies, on
trouve en montagne une eau
fraîche et limpide (après la
fonte…) et de jolies petites
truites sauvages et volontaires.
En altitude, la belle saison est
assez courte et les farios profi-
tent de tout ce qui tombe dans
la rivière pour accumuler des ré-
serves. Aussi ces petits cours
d’eau se prêtent très bien à la
pêche en mouche sèche à l’aide
d’imitations d’insectes terres-
tres. N’importe quelle canne
peut convenir pourvu que le bas
de ligne soit court et permette
des poser précis.
Dans les eaux vives, la précision
est importante afin que les pois-
sons puissent se saisir sans re-
tard des proies qu’ils perçoivent
seulement pendant quelques
instants. Il s’agit d’une pêche
court
à « la surpri
se », dans
laquelle on sort rarement plus
de deux mètres de soie. Il faut
faire en sorte de pêcher canne
haut
de soust
re au maxi-
mum votre bannière à l’emprise
du courant afin de retarder le
dragage.
Les captures sont modestes
(pensez à écraser vos ar-
llons…)
e pêche est
très amusante en raison de la
soudaineté des gobages sur les
grosses artificielles en mousse
ou en poils de cervidés que l’on
propose ! Les farios sortent des
berges creuses et de derrière les
rochers avec une franchise qui
fait plaisir à voir ! Fourmis, sau-
terelles, hannetons et mouches
domestiques, tout fonctionne !
Oubliées les micro-émergeantes
cul-de-canard montées avec
seulement trois fibres, oubliés
les moucherons anémiques…,
les petites truites de montagne
n’ont pas peur de faire des écla-
boussures quand elles gobent !
Cette pêche est ludique et ne
demande pas d’être un fin stra-
tège : l’action de pêche consiste
à remonter le cours d’eau poste
par poste en prenant garde de
ne pas provoquer la fuite des
truitelles qui se tiennent en
queue de pool, car celles-ci aler-
erai
les plus grosses post
en amont. En pêchant court, on
évite ce problème. On lance
plein amont et on explore
chaque veine. Si les truites ne
coopèrent pas volontiers, il peut
être intéressant de se tenir bien
en retrait de la berge et d’opter
pour une présentation perpen-
diculaire et non plus vers
Il s’agit d’une pêche courte et à “la surprise”,
dans laquelle on sort rarement plus de deux
mètres de soie.
La moyenne et haute
montagne, jusqu’à
2 400 mètres, propose
de magnifiques cours
d’eau et lacs
où se marient
randonnée et pêche.
l’amont. Ainsi, on ne pose que
le bas de ligne sur l’eau et la soie
reste sur l’herbe. On évite ainsi
de poser la soie ou le talon du
bas de ligne dans le champ
visuel de la truite.
Deuxième pêche
de vacance : nymphe
en eaux rapides
Dans les torrents, les débits sont
plus conséquents et les truites
montent moins volontiers en
surface. La pêche à l’aide de
nymphes casquées devient in-
contournable. On peut pros-
pecter les veines tumultueuses
en nymphe au fil, comme un
pêcheur au toc, mais le contrôle
des dérives est d’autant moins
aisé que les veines antagonistes
tirent sur le bas de ligne et la
soie.
Bas de ligne trop tendu : la
nymphe coule mal. Bas de ligne
trop détendu, on ferre en re-
tard ! Le débutant peut se dé-
courager. Une solution simple
mais diablement efficace
consiste à pêcher à deux
mouches en nouant une sèche
au-dessus de la nymphe. Il est
alors beaucoup plus facile de
faire prendre du poisson à un
novi
ce dans ces eaux di
pêcher par d’autres techniques !
Le procédé est simple, il suffit
de nouer à votre bas de ligne
classi
court
de, n’ex-
cédant pas la longueur de la
canne) un porte-pointe en 16
centièmes auquel on attache un
sedge en poils de cervidé. On
reli
e à la courbure de la
mouche sèche un brin de
12 centièmes et on installe
60cm à 1,20 m plus bas une
nymphe casquée.
Les pêcheurs de haut
e Provence
nomment ce sedge un “tavan”
(tavan = taon). Le corps est réa-
sé en dubbi
l’ai
le en che-
vreuil. On enroule ensuite un
La sauterelle-chevreuil
Il ne s’agit pas d’un animal mythologique mais d’une
e gro
sse sa
terel
le a
le do
t le co
rps est
réa
isé en
s de cervidé reta
és, et les pa
ttes en
hackle de coq ou en fibres de faisan nouées. Le tout
est monté sur un TMC 100 n° 12 ou 14. Le gros
“plo
f” qu
mpa
e sa
te fa
it so
rtir les tru
ites
de leu
r ca
a fo
usse
Montée sur un TMC 9300 n° 16, son corps est réalisé
à l’aide d’un demi-cylindre de mousse noire ligaturé
sur la hampe afin de figurer un abdomen et un thorax.
Les ailes sont réalisées en aéro fibres blanches ou en
cul-de-canard et coiffées d’un hackle noir. Simple
et efficace.
Dans le même esprit et avec les mêmes matériaux,
il est possible de figurer des hannetons, des mouches
domestiques et tout autre petit insecte qui flotte bien.
Sedge patinette
Il s’utilise aussi bien sec que noyé. Hameçon caddis
n° 14, corps en dubbing. Ligaturer sur la hampe deux
plumes de flanc de cane (les plumes ne doivent pas
dépasser la courbure de plus d’un tiers de la longueur
de l’hameçon). On ajoute quelques fibres de cul-de-
canard désinvoltes et on réalise un thorax en dubbing
de lièvre.
Les nymphes
On utilise presque exclusivement des nymphes
casquées et alourdies au fil de plomb dans les tailles
14, 16 et 18. Des eaux de fonte des neiges à celles de
l’étiage, il convient d’adapter les tailles de nymphe,
mais les modèles changent peu. L’éclat métallique du
casque doit attirer très vite l’attention des truites et
les inciter à prendre durant les fractions de secondes
où le leurre passe dans leur champ visuel. Ce pouvoir
incitatif peut être accentué par un cerclage ou un
flash sur le sac alaire de la nymphe. Laissez libre
cours à votre imagination de monteur, pourvu que les
nymphes s’immergent rapidement !
hackle en montage parachute
autour de fibres synthétiques
bien voyantes dont on a cyano-
lithé la base. Le tavan permet
d’indiquer les touches
lorsqu’une truite tire sur la
nymphe, mais il permet surtout
d’aiderla nymphe à s’immerger
en cassant la tension du bas de
ligneet en absorbant un tant
soit peu le dragage. La pêche se
fait plein amont, en wading. Il
faut peigner les veines d’eau les
unes après les autres, de façon
parallèle et sans jamais les cou-
per sous peine de voir la
nymphe remonter à vitesse grand
V vers lasurface et ne plus être
pêchante. Au minimum, on
pêche court, au mieux, on
contrôle la dérive et, au plus, on
ferre rapidement. La clef de la
réussite réside dans un équilibre
entre le poids de la nymphe
(casque plus fil de plomb, ou
casque seul) et le diamètre du
nylon afi
n que l’on sent
e passer
sa nymphe sans impression de
retard. Il s’agit d’une pêche de
prospection qui plaît beaucoup
aux pêcheurs-randonneurs, qui
aiment bien visiter les vallées…
par le lit des torrents !
Troisième pêche
de vacance : les coups
du soir de l’été
Pour ceux qui sont restés en
plaine, il est rare que pêche d’été
rime avec facilité. C’est très
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Attention à la fonte
des neiges et des
glaciers sur les cours
d’eau alpins (ici le
Drac). Tout dépend
de la température
en altitude.
difficile en nymphe et pas plus
facile en sèche… sauf au coup du
soir. Enfin, facile, il faut relativi-
ser ! Moins difficile, disons !
Sur les parcours trop fréquentés,
cette pêche réclame une discré-
tion et un doigté de velours.
Mais en choisissant une rivière
plus tranquille, il est possible de
faire prendre quelques truites à
un novice… à condition d’at-
tendre l’heure noire ! Le sedge
dragué est un bon moyen de
faire mouche car, là au moins,
le dragage n’est pas rédhibi-
toire ! L’obscurité se charge de
fondre les silhouettes et, si les
truites veulent bien faire le reste,
il y a quelques moments très
agréables en perspective.
Le coup du soir est un moment
de bien-être capable de faire
oublier les pires journées de feu.
Attendez que la soirée soit bien
entamée pour commencer à pê-
cher. Dans la lumière qui s’en
va, on perçoit encore les go-
bages qui griffent les reflets mé-
talliques de la surface. Plus tard,
ce n’est plus l’œil mais l’oreille
qui localisera les truites. La
pêche se fait de préférence du
bord et plutôt vers l’aval. Il
convient de se placer de façon
optimale pour que le courant
qui entraîne la soie et le bas de
gne en arc de cercle fasse éga-
lement patiner le sedge au bon
rythme.
Sur les grands plats (mais est-ce
encore une pêche faci
, c’est
le pêcheur qui
doi
ravai
ller sa
mouche par des tirées régulières
espacées de poses afin d’imiter
chopt
ère pat
nant
pour re-
joi
ndre la ri
ve.
Pêcher
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Dans la lumière qui s’en va, on perçoit
encore les gobages qui griffent les reflets
métalliques de la surface.
A propos des truites de montagne “qui ne grossissent pas”
et que certains aimeraient prélever à 18 cm !
e les tru
ites de mo
grossissent différemment de leurs
cousines de plaine, personne ne le
teste, ma
is po
rqu
i les prélever
systéma
emen
t ? A
m de
la “tradition” ? Il est vrai que
ce mo
rs été le ref
l’obscurantisme et du repli sur soi.
Mais est-ce vraiment “démocratique”,
comme aime le présenter une certaine
idée de la pêche française ? “Truitelle
pour tous !” Est-ce cela qui va aider
à attirer les jeunes et les citadins
au bord de l’eau, ou bien trouveront-ils
cela ringard ?
La pêche française n’a pas encore
intégré la révolution environnementale
dans laquelle est entrée notre société.
Quelle inertie ! Alors que c’est
précisément en cela que résident la
modernité et l’avenir de notre loisir !
Mais revenons à nos truitelles : la
pêche que nous avons décrite peut être
l’occasion d’un grand a
musement. En
revanche, si le ruisseau a été pillé
depuis l’ouverture par les mange-
truitelles du village voisin, ce n’est plus
la même histoire. La gestion influence
directemen
risme
pêche. Je me rappelle encore de cette
pêche improvisée avec un ami. Nous
redescen
s d’u
bredo
les et, sa
s tro
p de co
nous décidâmes de donner quelques
ps de l
s le ru
issea
i sert
d’exutoire au lac, ruisseau sans aucun
intérêt halieutique quelques années
plus tôt, où en deux heures de temps
on ne prenait rien d’autre qu’une ou
deux truitelles de 15 cm… Situé dans un
parc national, il a été classé depuis en
no-kill. Ce parcours est très fréquenté,
mais, en deux heures de pêche, un
pêcheur sur chaque berge, nous avons
capturé et relâché une trentaine de
truites mesurant entre 15 et… 30 cm !
Pas mal pour un ruisseau d’altitude où
la croissance des truites passait pour
“faible” à l’époque où on prélevait tout à
20 cm. On peut, peut-être, avancer
l’idée (mais c’est fédéralement
“antidémocratique”…) que, quand on ne
tue pas les truites, elles restent
vivantes… Epais mystère. Une longue et
coûteuse étude permettrait peut-être,
d’y voir plus clair.
Dans les secteurs plus agités, il
est souvent payant de noyer lé-
gèrement le sedge et de pêcher
les arrivées d’eau où les truites se
saisissent des trichoptères au
moment de leur émergence.
Ce n’est plus une pêche en
sèche, mais pas vraiment de la
pêche en noyée ! Dans l’obscu-
rité tout se fond… Peu acadé-
mique, mais assez efficace pour
ferrer sa truite malgré l’étiage !
En parlant de ferrage, évitez les
réflexes d’épileptique car, la
pêche se faisant vers l’aval et fil
tendu, la sanction est immé-
diate. Même avec un 16 cen-
tième, il est possible de casser
des monstres (… de 30 cm !) en
raison d’un fil fatigué par les
branchages lors des lancers
arrière.
Le coup du soir a quelque chose
d’initiatique, à plus forte raison
pour un novice. Il nous place au
cœur de ce lien obscur, à mi-
chemin entre torpeur et ravisse-
ment, par lequel le pêcheur et la
rivière se mélangent. Moment
de plénitude rare. On se rend
alors compte que le jeu et la cap-
ture ne sont finalement qu’un
prétexte pour renouer avec un
enracinement plus fondamental.
Ces pêches faciles n’ont finale-
ment rien de méprisable !
Des truites bonnes
filles, à condition
de rester en retrait
de la rive. Un paysage
magnifique et
une pêche ludique.
104
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
Au bon temps
des cerises
L’Argentine, son tango, ses gauchos, son équipe nationale de football,
mais aussi et surtout ses truites ! Nos deux tourtereaux globe-trotteurs
se sont envolés vers la province de Neuquén, à l’est du pays, qui – c’est
un tort – est bien moins connue que la Patagonie. Suivez les guides
en plein pays Mapuche (Indiens d’Argentine et du Chili) !
Par Kathleen et Jean-Pierre Piccin
éfugiés à l’ombre
d’un tilleul cen-
tenaire, nous
nous protégeons
des redoutables rayons du
soleil qui, au zénith, se glis-
sent dans le trou d’ozone et
dessèchent la végétation et
les irraisonnables pêcheurs
que nous sommes. Sur la
table improvisée, faite de
quelques planches, un repas
nous attend, où abondent
crudités et fruits du jardin,
préparé par Paola, notre
hôtesse.
Déjà Alex en a profité pour
se glisser sur le banc et ou-
blier ses genoux usés et dou-
loureux après une longue
matinée de pêche.
— Alors Jean-Pierre, com-
ment trouves-tu le Quillen?
questionne-t-il avec un
sourire.
— Exactement comme
nous l’avons laissé il y a seize
ans ! Autant de truites et pas
plus de pêcheurs ! rétorqué-
je tout en me mettant à
table.
— Cette année, les hatches,
mais comment dit-on… les
éclosions, sont petites car
l’eau est à 62° Fahrenheit !
dit-il avec son fort accent
américain. Katy, qui est heu-
reusement là, précise que
cela fait autour de 17 °C et
que cette température peut
expliquer l’absence de farios.
Comme nous, elles doivent
être calées dans un coin frais.
— Paola m’a dit que tu
viens ici depuis dix ans et
toujours à la fin janvier, se-
rait-ce parce qu’il y a beau-
coup de mouches à cette
période ?
— Je ne sais pas, peut-
être…, mais c’est surtout
parce que je me libère plus
facilement à cette période.
De toute façon, je crois que
105
quel que soit le moment on
n’est jamais déçu par le
Quillen et passer un mo-
ment chez Paola est un vrai
bonheur…
— Depuis quand êtes-vous
en Argentine ?
— Nous sommes arrivés à la
mi-janvier, le jour où il y a
eu cette énorme tempête et
quelques averses qui ont à
peine mouillé la terre avide
d’eau après cinq mois de sé-
cheresse. Coup de chance,
nous avons pêché durant ces
deux jours les lacs Hess et
Fonck, juste en face du
Manso lodge. La pêche à
vue en marchant le long des
plages protégées du vent a
été extraordinaire et du ba-
teau, malgré les grosses
vagues, en faisant les bor-
dures, des poissons de 4 à
5 livres ont bien voulu de
nos libellules et des quelques
insectes terrestres que nous
leur avons présentés. Le
temps de revenir à Bariloche
et de faire les quatre heures
de route qui nous séparent
de Junin de los Andes, et
nous avons retrouvé le soleil.
Après une nuit de repos, au
lever du jour, avant de com-
mencer sa journée de travail,
Franky, le propriétaire des
cabanas
où nous logions, a
106
En bateau ou en wadders, le même spectacle de la nature argentine.
printemps
été
dans le monde
Pêcher
insisté pour nous accompa-
gner au Malleo, afin de nous
montrer ses coins préférés.
Et là, une chose extraordi-
naire nous est arrivée ! Le
premier endroit où il nous a
amenés était celui que j’avais
pêché lors de mon dernier
après-midi en Argentine, il
y a seize ans ! Imaginez la
coïncidence !
Ce jour-là, je l’avais pêché
au niveau de la réserve Ma-
puche et vers 13-14 heures,
voyant le vent forcir, j’avais
repris la voiture et longé la
rivière jusqu’à trouver une
zone abritée. Sous les arbres,
à l’aplomb d’une rive
abrupte, j’avais immédiate-
ment repéré d’énormes pois-
sons qui faisaient des sillages
à la surface de l’eau. Durant
plus d’une heure j’avais ob-
servé leurs gobages sans
pouvoir trouver ce qu’il y
avait dans leur assiette !
Après de nombreux essais
infructueux, je décidai d’y
voir de plus près et de me
pencher à la surface de l’eau
en m’accrochant à une so-
lide branche, et c’est à la
suite de cela que je m’aper-
çus que ma main était cou-
verte d’un enduit gluant et
verdâtre. En regardant les
feuilles que j’avais agrippées,
j’ai compris que j’avais
écrasé de petites chenilles
verdâtres qui envahissaient
les saules. Lors de bour-
rasques, elles tombaient de
l’arbre et offraient un fabu-
leux festin aux truites. Pour
être honnête, et parce que
Katy va me rappeler à l’or-
dre si je ne le mentionne
pas, elle m’avait signalé en
arrivant que des “choses”
tombaient de l’arbre… Mais
mes œillères en ce temps-là
devaient être un peu trop
grandes. Ayant toujours sur
moi un petit kit de
montage, je fis rapi-
dement une imitation
grossière de ces larves
et fus immédiatement
récompensé.
Donc, nous nous sommes
retrouvés exactement au
même endroit et, vu la cha-
leur qui sévissait dans le coin
depuis des semaines, ces
chenilles, cette année-là
s’étaient très vite multipliées
et abondaient comme à
l’époque au mois de mars !
Voilà comment durant trois
jours, après les éclosions,
nous avons traîné à l’ombre
des saules et sur leurs
branches à la recherche de
grosses truites boulimiques
et gargantuesques qui se ga-
vaient sans répit !”
Paola ayant apporté le repas,
nous nous jetons, morts de
faim, sur les plats délicieux.
On les aurait dégustés en si-
lence si elle ne nous avait pas
fait la surprise de nous parler
en français :
— Savez-vous que le tilleul
et les séquoias qui nous en-
tourent ont été plantés à la
fin du XIX
siècle par mes
ancêtres d’origine française ?
dit-elle avec fierté.
— Ah, c’est donc pour cela
que les aquarelles accrochées
dans la maison ont des com-
mentaires en français ! com-
mente Katy en se servant
une grosse part de tarte à la
fraise.
— C’est mon grand-oncle
qui les a dessinées. Toute sa
vie il a peint, y compris
lors des moments les plus
difficiles. Lors de la guerre
de 14-18, ils étaient quatre
frères à retourner en France
pour s’engager comme vo-
lontaires, et seulement deux
en sont revenus… Même
dans les tranchées, il a
fait un journal illustré
d’aquarelles !”
Ce sont très certainement
des histoires simples mais
marquantes de ce genre qui
expliquent pourquoi, tout
en conservant une âme
avant tout argentine, les
gens de ce pays gardent
toujours des attaches, de fra-
giles petites racines, les uns
au pays Basque ou au pays
de Galles, d’autres en
Ecosse, en Italie ou en Es-
pagne, ce qui crée une com-
plicité immédiate et un
accueil chaleureux.
— Mais, Paola, où avez-
vous appris le français ? de-
mandé-je, étonné de la voir
si bien maîtriser la langue de
Molière.
— Je l’ai un peu entendu
parler à la maison, mais c’est
surtout en lisant
Astérix
je me suis perfectionnée.
Cela m’a d’ailleurs joué des
tours, car la première fois
que j’ai proposé à des Fran-
çais une cervoise en présen-
tant des bières, ils ont bien
rigolé !” répondit-elle en
souriant.
Après un délicieux repas et
une petite sieste, nous voilà
fin prêts pour une partie de
pêche. Alex se propose de
nous amener dans ces coins
secrets tout proches de l’es-
tancia. En voyant à l’ombre
des arbres les discrets et pai-
sibles gobages, nos cerveaux
embrumés par la chaleur et
la trop courte sieste recon-
nectent immédiatement
tous les neurones sur le
“programme pêche-grosses-
truites”. Le festival qui
commence va durer deux
jours.
C’est ainsi qu’en utilisant les
gusanos, cette manne tom-
bée du ciel tant convoitée
par les truites durant les
chaudes après-midi, et
quelques may-fly en début
et fin de journée, sans trop
musarder, nous faisons
connaissance avec les dames
au bel embonpoint du Quil-
len. Sûr que “tout est bon
chez elle et qu’il n’y a rien à
jeter”, à part peut être la par-
tie privée amont, difficile
d’accès, aux rives souvent
très encombrées et au “wa-
ding” difficile.
Habités par ce besoin insa-
tiable de découvrir de
nouvelles rivières, nous re-
prenons la route jusqu’à San
Martin de los Andes, et em-
pruntons une piste qui suit
un chapelet de lacs et de
courtes et magnifiques ri-
vières qui les drainent
jusqu’au Rio Filo Hua
Hum. Celui-ci prend sa
source dans les montagnes
enneigées toutes proches qui
barrent l’horizon. Ici aussi,
au milieu d’une immense
estancia, il est permis de
remonter les berges et de pê-
cher sur plusieurs kilomè-
tres. Avant de se jeter dans le
lac, la rivière se divise en
107
Sans trop musarder, nous faisons connaissance
avec les dames au bel embonpoint du Quillen.
108
Guide pratique
• Où loger
– A San Carlos de Bariloche
A partir de cette ville, on peut aller pêcher
à moins d’une heure de route les lacs Hess
et Fonck. L’accès est aisé et il est possible
de pêcher seul. Dans ce cas, un float tube
est souhaitable ou bien il faut faire appel
aux guides du magnifique lodge tout
proche :
Rio Manso lodge
E-mail : [email protected]
www.riomansolodge.com
– A Junin de los Andes
Très proche du Malleo et du Chimehuin,
c’est la ville idéale pour le camp de base.
Spring Creek Lodge,
en bordure du
Chimehuin
E mail : [email protected]
www.springcreek.com.ar
Tipiluike lodge,
estancia spécialisée dans
les séjours de pêche
E-mail : [email protected]
www.tipiluke.com
an Hube
rto lodge
l’estancia idéale pour
pêcher la partie amont du Malleo. Pion-
niers en matière d’organisation de séjour
de pêche en Patagonie, ils proposent un
parcours magnifique.
E-mail : [email protected]
www.sanhuberto.com
– A San Martin de los Andes
C’est une ville très sympathique et la plus
proche du Filo Hua Hum.
Hôtel Wesley
[email protected]
www.wesleyhouse.com.ar
• Les guides de pêche
Un guide de pêche peut être parfois utile,
surtout si les conditions ne sont pas très fa-
les. Atten
tio
: il est n
écessair
’en
faire la réservation quelques mois avant le
séjour.
Carlos Viscarro
chez
Troutscout Patagonia
E-mail: [email protected]
www.troutscoutpatagonia.com
Patagonia outf
itte
E-mail : [email protected]
www.patagon
ia-outfitters.com
• Le permis de pêche
S’il est très facile de se le procurer lors d’un
séjour dans un lodge de pêche, ce n’est
pas toujours le cas ailleurs. Aussi, il est sou-
haitable de l’acheter à l’office de tourisme
à Bariloche, à San Martin ou à Junin de los
Andes.
• Les magasins de pêche
Cardillo
Villegas 1061
San Martin de los Andes
Tél. : + (54) 2972 428372
E-mail : [email protected]
www.jorgecardillo.com
Jorge, le très sympathique propriétaire du
magasin, n’est pas avare d’informations et
il est très au courant des éclosions du
moment.
• Buenos Aires
Comme dans toutes les grandes métro-
poles il faut éviter certains quartiers, no-
tamment la nuit. Sinon, c’est une ville
intéressante à visiter et où il est possible de
faire quelques achats. Attention toutefois
aux faux taxis qui rançonnent les touristes à
l’aéroport. Pour éviter de telles mésaven-
tures, il est conseillé de réserver le trans-
fert. Il suffit de donner votre numéro du vol
et un taxi vous attendra à l’arrivée
Manue
l Tie
nda Le
www.manueltiendaleon.com.ar
• Autres adresses utiles
www.argentina.travel
L’organisation d’un tel séjour en Patagonie
n’est pas très compliquée si on maîtrise
l’espagnol ou l’anglais et qu’on est habitué
à voyager. Ceux qui préfèrent des séjours
clés en main peuvent s’adresser à
Planet
Flyfishing
(www.planetflyfishing.com), qui
propose de pêcher la plupart des rivières
présentées. Ceux qui ne disposent que
d’un petit budget pourront loger dans les
campings situés près de la plupart des ri-
vièr
es d
écr
ites.
printemps
été
dans le monde
Pêcher
deux branches : l’une au
courant rapide, et l’autre,
rive droite, où elle traîne,
peu pressée de perdre son
nom. Dès les premiers pas le
long des berges, nous repé-
rons de très beaux poissons
qui, au moindre mouve-
ment, se réveillent immé-
diatement de leur sieste.
Avec des eaux basses et des
rives surélevées, même à
quatre pattes et malgré nos
très longs bas de ligne,
aucune truite ne mord à
l’hameçon ! Il aura fallu s’éloi-
gner à une dizaine de mètres
dans le pré et lancer à l’aveu-
glette pour en décider une !
Mais rien ne sert de cou-
rir… Et avant d’atteindre le
bras principal nous décidons
de prendre des forces. Le
menu du jour est fort appé-
tissant et se compose de to-
mates, d’un vieux fromage
de brebis, de pastèque, de
pêches et d’une montagne
de cerises, le tout arrosé
d’eau fraîche puisée dans la
rivière. J’ai toujours pensé
qu’une bonne rivière est
celle dont on peut boire
l’eau en toute confiance, en
prenant garde toutefois de
ne pas avaler un alevin ! Or,
ici, comme dans la plupart
des cours d’eau en Patago-
nie, c’est le cas !
Tranquillement nous pre-
nons notre repas et, après un
brin de sieste (encore une !),
confiants, nous poursuivons
notre chemin.
A 16 heures, sous un soleil
de plomb, il ne faut pas s’at-
tendre à voir une éclosion.
Aussi, c’est en offrant dans
les petits courants des french
tricolore que nous abusons
Les paysages grandioses se succèdent, mais ne se ressemblent pas.
110
sans vergogne jusqu’au soir
de la confiance de ces truites
plutôt naïves.
Un repli stratégique à
Junin de los Andes puis,
après être allés à une foire
agricole avec concours de
dressage de chevaux, qui
rassemble les gauchos de la
régi
on, nous voi
là cavalant
vers la partie amont du
Malleo. Le parcours dans
l’estancia San Huberto est
incontournable, aussi
avons-nous décidé de pren-
dre un gui
de afi
n d’assurer
la journée de pêche dans
endroi
que.
Pile au rendez-vous, Mar-
cello nous rejoint comme
prévu à 8 heures du matin
accompagné… d’un vent à
décorner tous les bœufs de
la vallée ! Et Dieu sait qu’il y
en a !
Face au Lanin, ce magni-
fique cône volcanique dressé
en bordure de la vallée qui
cache son cratère sous la
neige comme pour faire ou-
blier qu’il “ne dort que d’un
œil”, le nez au vent, les yeux
rivés vers la chaîne de mon-
tagnes qui nous domine, on
aurait pu en oublier durant
un court instant la rivière si,
au milieu des vagues, nous
n’avions repéré de discrets
gobages. Ce qui suit, il est
préférable de l’oublier et,
heureusement, cela n’a pas
duré bien longtemps. En
effet, entre les herbiers, dans
chaque veine d’eau qui ser-
pente, les truites viennent
aspirer les mouches appor-
tées par ces véritables tapis
roulants. Même en me rap-
prochant des poissons, mes
lancés contrariés par de très
fortes rafales de vent tour-
billonnant n’arrivent pas à
avoir la précision suffisante
et offrent des mouches qui
draguent immédiatement et
finissent par alerter toute la
Le gaucho avec son cheval règne ici en maître.
printemps
été
dans le monde
Pêcher
faune aquatique environ-
nante ! C’est dans ces cir-
constances difficiles qu’on
apprécie d’avoir un guide
ou, du moins, d’être accom-
pagné par une personne qui
connaît bien la rivière. Sans
perdre de temps, Marcello
nous conduit dans une
courbe bien protégée par
d’épais saules. Une éclosion
de mayfly survient, accom-
pagnée de milliers de petits
sedges qui s’échappent des
arbustes malmenés par les
bourrasques et finissent,
pour certains, par tomber à
l’eau, faisant le bonheur des
truites, qui s’en délectent.
Malgré ces terribles condi-
tions, c’est sur un plateau
que Marcello nous offre, du-
rant cette dure journée, un
nombre invraisemblable de
truites. Bravo
amigo !
Une fois parcourue la
dizaine de kilomètres qui
nous séparent du Rio
Chimehuin, nous faisons
connaissance avec cette su-
perbe rivière. Les saules ici
aussi ont les mêmes visi-
teurs, nous montons la larve
adéquate et après nous être
affrontés avec quelques
truites, nous voilà déjà au
coup du soir.
Avant de se cacher derrière
les montagnes, le soleil étire
les ombres des arbres, qui
finissent par se diluer dans
la nuit naissante. Tandis
que les étoiles prennent
possession du ciel, comme
lors de mon premier voyage,
j’ai l’impression devant
l’immensité de la voûte cé-
leste, durant un instant,
d’être seul au monde et de
pouvoir cueillir les étoiles
qui scintillent à portée de
main. Trois grosses mouches
qui s’envolent, quelques
bruyants gobages, et me re-
voilà les pieds sur terre. Pré-
venus qu’il y a encore
parfois, au crépuscule, des
éclosions d’
Hexagenia
grosses mouches qui ressem-
blent aux mouches de mai,
nous en avons avant la nuit
accroché des imitations à un
gros bas de ligne en espérant
cet instant. Je dois dire que
cette ultime demi-heure de
pêche en Patagonie m’a ré-
concilié avec les coups du soir.
Tandis que notre avion, sur
le chemin du retour, fait un
saut au-dessus de l’équateur
pour se diriger vers un rude
hiver, je fais un rêve étrange.
Vous pensez que c’est d’une
pêche miraculeuse ? Que
nenni, c’est d’un énorme ce-
risier couvert de fruits qui
me tend ses branches ! La
cerise sur le gâteau, en
quelque sorte !
111
Trois grosses mouches qui s’envolent, quelques
bruyants gobages, et me revoilà les pieds sur terre.
Avis
Il n’y a pas encore d’avis.