Pêches sportives magazine numérique n°105

$4.90

• Pêchessportives • numéro 105 3’:HIKMPC=[UZ^U:?a@l@k@f@a »; M 02526 – 105 – F: 5,90 – RD BELGIQUE 7.10 SUISSE 10.50 FS DOM 7.50 TOM 900 XPF Octobre – novembre – décembre – 2015 PECHES sportives PÊCHES sportives 29 PAGES DE FICHES ET DE CONSEILS : Florent et Cyril Bailly, les magiciens du dubbing « Quelques détails […]

Rupture de stock

UGS : PS105
Category:

Description


Pêchessportives

numéro 105
3’:HIKMPC=[UZ^U:?a@l@k@f@a »;
M 02526
– 105 –
F:
5,90
– RD
BELGIQUE 7.10
SUISSE 10.50 FS
DOM 7.50
TOM 900 XPF
Octobre – novembre – décembre – 2015
PECHES
sportives
PÊCHES
sportives
29 PAGES DE FICHES ET DE CONSEILS :
Florent et Cyril Bailly,
les magiciens
du dubbing
« Quelques détails »
qui font la
bonne mouche
Stratégie leurre :
comment trouver la bonne taille
Spécial
montage
• Bien monter
les mouches de légende :
Actualités
« C’est une rivière qui a beau-
coup fait parler d’elle et de ses
pêcheurs ces dernières
années. C’est maintenant au
tour de ses pêcheurs de par-
ler de leur rivière au travers de
l’Amicale des pêcheurs de
Dranses. La Dranse est un tor-
rent bien particulier, avec des
parcours somptueux où l’on
peut voir une faune et une
flore d’une grande diversité,
de ses vallées au littoral du lac
Léman. C’est un torrent où
l’on trouve des truites comme
il n’y en a peu ailleurs dans le
monde. Le fleuron du patri-
moine de la pêche en chablais
vit pourtant une période som-
bre. En été, la Dranse subit
chaque jour un marnage
allant de son étiage à son
module inter-annuel, c’est
l’équivalent proportionnel
d’une crue décennale journa-
lière. Il est évident que la
nature n’est pas préparée à ce
qui fait cependant le bonheur
de tous les pratiquants de
sport d’eau vive en cette
période estivale. Mais c’est au
détriment de l’environnement
que les raftings ou autres
canoës profitent de ces
mètres cubes d’eau déversés
quotidiennement. A l’étiage, la
faune aquatique devient une
proie facile pour toute sorte
de prédateurs, avec de nom-
breux oiseaux piscivores
venant du littoral. Cela devient
alors le festin d’une rivière
mise à nue, les alevins et
autres invertébrés finiront
pour la plupart leurs jours pré-
maturément ! En plus d’un
marnage important, la basse
Dranse connaît de nom-
breuses pollutions indus-
trielles le long de ses berges
où les sédiments colmatés
tapissent le fond. Entre 2011
et 2013 la basse Dranse a
perdu 80 % de ses chabots ;
qu’en sera-t-il dans les années
à venir ? L’attrait, apporté par
ces truites d’une taille et d’une
concentration rarissime, a
considérablement augmenté
la pression de pêche en basse
Dranse et c’est ce qui a abouti
à la fermeture de cette partie
de rivière par l’AAPPMA. Le
prélèvement de ces grosses
La pêche sur la basse Dranse (Rhônes-Alpes) a été interdite du pont de la voie ferrée jusqu’au lac
Léman, soit 2,4 km. L’AAPPMA du Chablais-Genevois a pris cette décision radicale le 31 janvier 2015
en AG extraordinaire, estimant que la pression de pêche sur ce parcours rendu célèbre ces dernières
années par des captures de grosses truites lacustres qui remontent du lac Léman était devenue trop
importante. De son côté, l’Amicale des pêcheurs des Dranses estime que cette décision divise les
pêcheurs et n’apporte aucune solution à cette rivière en proie à de multiples dysfonctionnements.
Valentin Biglione, le président de l’amicale, plaide pour une réouverture sous certaines conditions et
pour la réconciliation entre pêcheurs.
Haute-Savoie
Fermeture de la basse Dranse,
et la rivière dans tout ça ?
“ Réflexion à propos d’une rivière en perdition : la Dranse ”
Actualités
Installé en Hollande depuis
plus de vingt ans, Alain Bar-
thélémy a été contraint de
s’adapter aux conditions par-
ticulières du “plat pays”. Les
innombrables “polders” très
riches en brochets se prêtent
admirablement bien à la
pêche à la mouche du grand
carnassier. Dans ce DVD,
Alain Barthélémy passe en
revue le matériel qu’il utilise,
explique comment lancer
une grosse mouche avec fa-
cilité malgré un vent de tra-
vers, comment se tenir prêt
pour ferrer efficacement avec
des mouches dont les hame-
çons sont parfois énormes.
Une vidéo pour tout savoir
sur cette pêche dont le suc-
cès ne tient souvent qu’à de
petits détails !
Bon de commande
page 11
A découvrir dans votre DVD :
Pêche du brochet à la mouche en Hollande
avec Alain Barthélémy
Après une première saison de test, le
réservoir de Rumilly accueillera les pê-
cheurs à la mouche du 12 octobre 2015
au 8 avril 2016. Situé sur la base de loi-
sirs de Pérouses, ce lac de 5,5 ha com-
prend également l’école de pêche du
Chéran, rattachée à la Maison Pêche
Nature, le tout sous la houlette de la dy-
namique AAPPMA de l’Albanais. C’est
donc au sein de ce vaste complexe que
vous pourrez découvrir ce réservoir quel
que soit votre niveau. Possibilité de
cours à l’heure ou à la demie journée.
Location de barques.
Dans sa volonté de développer la pêche
pour tous et en collaboration avec l’as-
sociation Handicap Passion Pêche,
l’AAPPMA de l’Albanais met à vôtre dis-
position à partir de la saison
2015/2016, une embarcation pour les
personnes à mobilité réduite. Cette em-
barcation a été conçue sur mesure par
l’école de pêche du Chéran, des pro-
fessionnels du nautisme et de la santé
pour permettre aux personnes en si-
tuation de handicap de pêcher le réser-
voir mouche en toute autonomie ou
accompagnées par un moniteur guide
de pêche.
Réservations :
Maison Pêche Nature,
2 chemin du Moulin, 74150 Rumilly.
Tél. : 09 67 35 77 96.
www.reservoirmouchederumilly.fr
Haute-Savoie
Réouverture du réservoir de Rumilly
L’actualité halieutique
Mouche, leurre, environnement… Retrouvez toute l’actu halieutique
Accessible partout, quand vous voulez
Site, vidéos, magazines et archives consultables sur PC, tablettes
et smartphones
Rendez-vous sur
www.peches-sportives.com
www.facebook.com/pechessportives
www.twitter.com/pechessportives
DÉCOUVREZ
le nouveau site de
Vidéos tutoriels, montages, tests…
Techniques de montage, tests matériels sous l’œil expert
de nos spécialistes
PECHES
sportives
10 ans d’archives
Toutes les vidéos
Touts supports
+
12
numéros
pour
seulement
75

au lieu de 160,80

12
DVD
Abonnez-vous à
Pêches sportives
numéros
seulement
40
au lieu de 80,40
DVD
La liberté, ça se paye. L’indépendance, cela coûte cher.
Pour vendre
un exemplaire
en magasin,
on en gaspille trois.
C’est ruineux et écologiquement stupide.
En vous abonnant à
Pêches sportives
, vous lui donnez
les moyens de continuer à être le seul magazine qui dit ce
qui se passe vraiment dans la pêche de loisir de notre pays.
La pêche mode d’emploi
avec les meilleurs spécialistes
La première collection
Pêche du brochet
à la mouche
en Hollande avec
Alain Barthélémy
Je souhaiterais recevoir le ou les DVD Pêches Sportives:
DVD n°18
DVD n°27
DVD n°33
DVD n°39
DVD n°20
DVD n°28
DVD n°34
DVD n°21
DVD n°29
DVD n°35
DVD n°22
DVD n°30
DVD n°36
DVD n°25
DVD n°31
DVD n°37
DVD n°26
DVD n°32
DVD n°38
Un DVD manque à votre collection?
Commandez-le dès maintenant
Pour commander le DVD de ce numéro (n° 40)
Pour commander les anciens DVD
(les numéros manquants sont épuisés)
Oui, je m’abonne à Pêches sportives
Pour 6 numéros +6 DVD au prix de 40
au lieu de 80,40
Pour 12 numéros +12 DVD au prix de 75
au lieu de 160,80
Je choisis mon mode de règlement:
chèque bancaire
à l’ordre de Pêches sportives
carte bancaireI__I__I__I__I I__I__I__I__I I__I__I__I__I I__I__I__I__I
I__I__I__I notez les 3 derniers chiffres du numéro au verso de votre carte.
Date d’expiration: I__I__I I__I__I
Signature:
Nom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Prénom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adresse: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ville: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Code postal: . . . . . . . . .
Tél.:. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . E-mail: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Prix unitaire 7
x ……… DVD =Total …………
TOTAL DVD
(frais d’expédition compris)
: ………
Bon de commande
À retourner à Pêches sportives – Service abonnements –
11, rue de Milan, 75440 Paris Cedex 9. Tél. : 01 49 70 12 20
Ou commandez directement sur www.peches-sportives.com
PS103
«Conformément à la Loi Informatique et Libertés du 02/01/78, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant. Ces données sont susceptiblesd’être communiquées à des organismes tiers si vous ne cochez pas la case ci-dessus.»

J’accepte de recevoir des informations et des promotions de Pêches Sportives

J’accepte de recevoir des informations et des promotions des partenaires de Pêches Sportives
• DVD n°18
(Pêches sportives n°83):
L’Orne, nouvelle destination pêche. Présentation des
atouts du département avec les meilleurs spécialistes
locaux
• DVD n°20
(Pêches sportives n°85):
partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n°21
(Pêches sportives n°86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n°22
(Pêches sportives n°87):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n°25
(Pêches sportives n°90):
partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n°26
(Pêches sportives n°91):
partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly
• DVD n°27
(Pêches sportives n°92):
partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n°28
(Pêches sportives n°93):
partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29
(Pêches sportives n° 94):
partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30
(Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31
(Pêches sportives n° 96):
Trois techniques de montage de mouches avec Cyril
Bailly
• DVD n° 32
(Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33
(Pêches sportives n° 98):
partie: Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
partie:Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34
(Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35
(Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel
• DVD n° 36
(Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37
(Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38
(Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
• DVD n° 39
(Pêches sportives n° 104):
Comment bien monter les petites mouches pour
la pêche en été avec Florent Bailly
7

Frais de port compris
7

l’unité
Frais de port compris
Actualités
L’impossible Agence française
pour la biodiversité
En cette période où l’Etat s’enrhume plus que jamais quand la FNSEA tousse, où les amis des mou-
lins ne veulent pas que l’on touche à leurs barrages, la future Agence française pour la biodiversité
semble bien mal partie. Derrière cette enseigne fraîchement badigeonnée de peinture verte se cache
avant toute chose l’occasion de faire des économies, en faisant au passage disparaître l’Onema et trois
autres établissements publics. Cette présentation de l’AFB est celle de l’un de nos lecteurs, qui sou-
haite garder l’anonymat … et du même coup son emploi, car toutes les vérités ne sont pas bonnes à
dire. Elle explique pourquoi cette nouvelle agence est inadaptée aux besoins sur le terrain.
Au second semestre 2016, ou
« au plus tard au 1
er
janvier
2017 », devrait voir le jour
l’Agence française pour la bio-
diversité (AFB). Cette agence
est l’une des mesures nota-
bles du projet de loi Biodiver-
sité, déjà passé une fois à
l’assemblée nationale (mars
2015) et inscrit à l’examen par
le Sénat en janvier 2016. Un
second examen par ces deux
chambres devra intervenir
avant promulgation. Cette
création avait été annoncée
par le Président de la Répu-
blique dès septembre 2012,
durant la conférence environ-
nementale réunie chaque
année à la même époque.
Elle était prévue en 2015,
mais différentes péripéties en
ont décalé le calendrier.
En quoi cela concerne-t-il les
lecteurs de
Pêches sportives,
et plus largement les gens
qui se préoccupent de pro-
tection des rivières, des plans
d’eau (si possible naturels) et
des milieux humides ?
Eh bien en ceci que l’AFB est
d’abord une suppression de
l’Onema (Office national de
l’eau et des milieux aqua-
tiques), appelé à s’y fondre,
corps et biens. Pour
mémoire, l’Onema a été créé
en 2007, dans une certaine
douleur, à partir de l’ancien
blissement public voué à dis-
paraître dans l’AFB : il y a aussi
l’Agence des aires marines
protégées (AAMP), l’Atelier
des espaces naturels (ATEN),
spécialisé en formation à l’en-
vironnement, et les Parcs
nationaux de France (PNF),
organisme logistique des
parcs nationaux et naturels
régionaux. Le tout totalisera
1200 agents et 220millions
d’euros de budget, dont les
trois quarts issus de l’Onema.
L’AFB est supposée s’occuper
de toute la biodiversité de
métropole et d’outre-mer,
sauvage ou domestique, mais
il lui manquera pourtant
des établissements essentiels
dans ce domaine, comme
l’Office national de la chasse
et de la faune sauvage, qu’un
lobbying efficace des chas-
seurs a permis de tenir à dis-
tance, et l’Office national des
Forêts.
La parade officielle à ce défaut
de naissance ?
Les associer, ainsi que le Cen-
tre d’études sur les risques,
l’environnement, la mobilité
et l’aménagement (CEREMA),
issu de la fusion des centres
d’études techniques des ex-
directions départementales
de l’équipement (DDE), par le
biais de « mutualisations » et de
conventions dont la teneur
reste à préciser….
L’Onema avec le soutien de l’ONCFS lors d’une pêche électrique sur la Loue suite aux mortallités
exceptionnelles survenues en 2009. Les phénomènes récents de dégradation des cours d’eau, en partie
méconnus, demandent un personnel local de terrain qualifié.
Conseil supérieur de la
pêche, suite à la loi sur l’eau
de 2006. Il employait à
l’époque plus de 900 agents,
contre 860 aujourd’hui,
RGPP
(1)
et MAP
(2)
obligent.
Ces dernières étant basées sur
le dogme (n°1) du « vous en
aurez autant (ou plus) pour
moins cher ». On ne peut plus
doctrinal, anglo-saxon et
contradictoire avec les lois de
la physique newtonnienne et
de la thermodynamique, mais
qu’importe : seules comptent
les apparences et le confor-
misme, aujourd’hui libéral, la
Troïka et les prochaines
échéances électorales.
L’Onema n’est pas le seul éta-
1. « Révision générale des politiques publiques » du gouvernement Sarkozy, centrée sur la réduction des effectifs sous promesse de faire aussi bien, voire mieux…
2. « Modernisation de l’action publique » de l’actuel gouvernement, digne héritière de la précédente. Du moins peine-t-on à lui trouver la moindre différence.
Actualités
court ou moyen terme (3 à
5ans) des emplois actuels de
l’Onema vers ces deux autres
champs, évidemment dignes
d’intérêt et effectivement sous
dotés. Mais on ne fait pas un
riche avec deux pauvres, car
déjà les équipes de terrain de
l’Onema (délégations régio-
nales et services départe-
mentaux) ne suffisent pas à
la tâche qui leur revient
C’est dire que le premier
« contrat d’objectif » entre
l’AFB et l’Etat sera décisif, sa-
chant que dans sa rédaction,
l’administration et la techno-
cratie des ingénieurs des
ponts, eaux et forêts (IPEF)
feront ce qu’elles voudront,
comme à l’Onema par le
passé, en dépit des de-
mandes légitimes de la ma-
jorité des personnels,
motivés par leurs métiers et
par la sauvegarde des mi-
lieux et espèces vivantes. Le
plus fort est que l’Onema est
100% financé par les rede-
vances des agences de l’eau
(145 millions d’euros/an),
qui devraient retourner vers
l’eau, selon le principe « l’eau
paie l’eau ». Conclusion : cet
argent de l’eau, proie facile
d’un gouvernement qui
peine à trouver – qui se re-
fuse à générer – des moyens,
est bien destiné à être redi-
rigé vers le terrestre. A cet
effet, un amendement astu-
cieux dans le projet de loi
« Biodiversité » prévoit de
confier des prérogatives de
biodiversité terrestre aux
agences de l’eau…Et le tour
est joué.
Comment se traite alors
l’équation à inconnues mul-
tiples de cette impossible
agence ?
Via le pari que chaque ré-
gion
fabriquera son « agence
régionale de la biodiversité »
(ARB), supposée travailler
avec la direction régionale
(DR) homologue de l’AFB.
Aux ARB, les missions nou-
velles « partenariales » de sen-
sibilisation, remontée des
données naturalistes issues
des bénévoles et associa-
tions, de montage et finance-
ment de projets, de
stimulation de la « croissance
verte »… Aux DR de l’AFB la
poursuite des missions réga-
liennes de conseil technique,
de collecte de certaines don-
nées et de police des mi-
lieux, mais avec quels
moyens ? Et à l’AFB au ni-
veau national, la mise en
bases des données sur l’en-
vironnement pour le rappor-
tage à la commission
européenne de l’application
des directives, la « stratégie »
et le financement de re-
cherches, la réunionite et les
financements incitatifs arro-
sant large, y compris l’impos-
ture de la « croissance verte ».
En un mot, un principe d’ex-
ternalisation croissante vers
les régions, certaines entre-
prises et les associations na-
turalistes qui tient à la fois du
dogme (n°4) de réduction de
la surface de l’Etat
et de la
méthode Coué à l’usage des
autres : « faites ce que je ne
fais plus et que je n’ai jamais
bien fait ». Avec comme mots
clés, tous issus de think tanks
anglo-saxons et libéraux :
mutualisation (= écono-
mies), partenariat (= payer
d’autres pour faire à votre
place), cohérence des poli-
tiques publiques (factice), re-
centrage sur le « cœur de
métier » (= amaigrissement).
Le tout sur demande des
grandes associations ou fé-
dérations de protection de la
nature, en quête de recon-
naissance officielle, d’institu-
tionnalisation et de
financements supplémen-
taires, faute de voir ce que la
nature comme patrimoine
commun perdra dans ce repli
de la force publique.
Ceci étant à resituer dans un
système global qui nie la na-
ture, par sa priorité réaffir-
mée au « développement
économique », à tort présenté
comme créateur d’emplois,
mais qui en revanche ne
peut cacher sa capacité, et
même sa vocation à détruire
les milieux naturels et les
paysages.
Comment, dans ces condi-
tions, entraîner l’adhésion
des personnels et des vrais
défenseurs de la nature ?
Piscator
Belle illustration du chantier qui attend l’AFB. Au premier plan,
des renoncules aquatiques, espèce inscrite à l’annexe II de la
Directive habitat dans un ruisseau rectifié lamentablement pour
cultiver “tout droit”. La biodiversité “positive” n’est pas compatible
avec l’agriculture intensive prônée par la FNSEA et encouragée
par la France et l’Europe. Le modèle agricole productiviste français
a montré une fois de plus ses limites cet été, mais on continue de
l’encourager…
4. Il n’y a qu’à constater l’état des rivières, après 150 ans de développement industriel, de croissance démographique et de pétrole bon marché, et celui de
l’opposition sociétale rampante à leur renaturation (peu de gens étant d’emblée d’accord pour « lâcher prise » vis-à-vis des aménagements humains omniprésents
dans le paysage). On citera aussi la réaction, venue des tripes et du porte-monnaie mais assez savamment orchestrée, de certains amis des anciens moulins, pour
entrevoir la tâche qui attend tous les vrais amis de rivières un tant soit peu naturelles dans les 30 prochaines années…
5. Qui dépensent (en 2014) 80 millions d’euros par an pour la nature, soit moins d’un euro et demi par habitant.
6. Une des composantes du New Public Management
ème
édition
de l’annuaire de
la pêche de loisir
En 250 pages, ce guide qui
fêtera l’année prochaine ses
dix ans nous fait faire le tour
du monde des coordonnées
de l’ensemble des acteurs de
la pêche de loisir. Si vous
cherchez un guide de pêche
dans les Pyrénées, une pour-
voirie au Québec, un étang
paisible en Sologne, l’an-
nuaire de la pêche de loisir a
réponse à tout !
www.vaceditions.com
Le dictionnaire insolent de la chasse
Après
Le dictionnaire insolent de la pêche,
notre
collection s’agrandit avec ce nouveau dictionnaire
écrit par la plume gaillarde d’Eric Joly, auteur
d’une trentaine d’ouvrages sur le thème de la
chasse, de la pêche et de la nature. 158 pages
pour s’informer et pour méditer, comme par
exemple à la lettre P, pour «
Pêcheurs, cousins
des chasseurs. N’ont pas toujours l’esprit de fa-
mille s’imaginant – à tort – pouvoir échapper aux
flèches des abolitionnistes. Pourtant la pêche au
vif est déjà interdite dans certains pays d’Europe
et la pêche au ver est sous haute surveillance.
Quant à la pêche sportive elle provoque de plus
en plus de réactions.
“Comment peut-on pren-
dre du plaisir à la détresse d’un poisson ? ”
s’indignent les opposants. Le poisson, froid et vis-
queux, inspire, pour l’instant, moins d’empathie
que l’oiseau ou le mammifère, même si les
Japonais apprivoisent des carpes et si les Romains jouaient avec des murènes. Les
“amis des
bêtes”
mettent dans le même sac chasseurs et pêcheurs. Après l’interdiction de la chasse à tir
viendra l’interdiction de la pêche au lancer. C’est la raison pour laquelle il faut se serrer les
coudes.”
Bon de commande en page 81.
A venir,
Le dictionnaire insolent du vin.
Distribué par

ment les différentes problé-
matiques, se trouve très criti-
quée par la Fédération
française des associations de
sauvegarde des moulins
(FFAM) qui a son tour a
choisi d’envoyer un argu-
mentaire daté du 5 juin
2015 à l’Elysée pour défen-
dre le maintien des seuils,
dont chaque moulin est en
principe équipé. Au siècle
dernier, l’industrialisation a
donné naissance à des
dizaines de milliers de petits
seuils qui pour certains sont
en place depuis bien plus
longtemps. On en compte
plus de 500 dans le seul
département du Calvados et
tout au long de l’immense
bassin Loire-Bretagne, on
trouve un seuil en moyenne
tous les 3,5 km ! Au total sur
le territoire métropolitain,
plus de 70 000 “obstacles
transversaux” barrent les
cours d’eau français. Au
nom de la continuité écolo-
gique et de la biodiversité,
un programme de suppres-
sion (dérasement) ou
d’abaissement (arasement)
des seuils et des petits bar-
rages des cours d’eau de
notre pays prend forme petit
à petit et c’est bien ce qui
dérange les amis des mou-
lins, qui de surcroît doivent
payer tout ou partie des tra-
vaux que cela occasionne,
car sur le domaine privé, le
fond des cours d’eau appar-
tient aux propriétaires des
berges, contrairement à
l’eau qui est un bien com-
mun.
Dans cette rubrique d’ordi-
naire tenue par Sylvain
Richard, Guy Périat ou d’au-
Un seuil et sa zone ralentie sur la haute vallée de l’Orb (Hérault).
Sur certaines têtes de bassin, le ralentissement des cours d’eau par
les seuils représente près du quart du linéaire et beaucoup de degrés
en trop. C’est l’une des principales raisons de la dégradation des
rivières, en plus de la rétention des sédiments et de la segmentation
des cours d’eau.
n’en sont pas équipés. On
comprend alors la position
de la FNPF et de FNE quand
on connaît la “versatilité” de
notre ministre de l’environ-
nement qui n’est sans doute
pas plus douée qu’un pro-
priétaire de moulin lambda
pour savoir de quoi on parle
et qui en revanche tend une
oreille intéressée lorsqu’il
s’agit d’énergie renouvelable
(ou pas). Les amis des mou-
lins, en tous cas ceux qui se
revendiquent de ce mouve-
ment anti destruction des
seuils, semblent ignorer
qu’au sein de notre vieille
république, certaines lois
sont aussi anciennes que les
ouvrages transversaux qui
barrent les rivières et de
nouvelles obligations sont là
pour tenter de sauver ce qui
peut encore l’être. Si les
seuils restent étrangers aux
excès de nitrates et de phos-
phates, aux stations d’épura-
tion qui ne fonctionnent que
70 % du temps (saleté de
lingettes !), leur présence ne
fait que fortement aggraver
la dégradation des cours
d’eau. Si cela intéresse nos
amis des moulins, des
dizaines d’études scienti-
fiques réalisées par le CSP,
aujourd’hui par l’Onema, par
l’ex Diren ou par la Dreal
prouvent cela. S’il faut établir
un palmarès macabre des
atteintes aux cours d’eau par
les effets dus aux seuils, je
placerai sans aucune hésita-
tion l’élévation de la tempé-
rature en tête de liste, ce qui
ne veut pas dire que les
autres effets ne sont pas
graves. On en est rendu à
choisir entre fromage ou
dessert et à tomber lamen-
tablement dans le franche-
ment cynique lorsqu’on
pousse la réflexion jusqu’à
expliquer que des truites et
des ombres peuvent vivre
dans une rivière dont l’épu-
ration des eaux usées des
humains laisse franchement
à désirer mais meurent
lorsque la température de
l’eau dépasse les 20°C de
plus en plus souvent.
Un seuil ralentit le flux de
l’eau qui voit sa température
s’élever anormalement, c’est
enfantin tout de même !
Situé sur un cours d’eau de
seconde catégorie (ça n’a
rien de péjoratif), peuplé
d’espèces plutôt bien adap-
tées aux eaux “chaudes”, un
seuil posera moins de pro-
blèmes qu’un autre situé en
tête de bassin. Or, combien
de rivières sont exempt de
seuils artificiels sur leur dix
ou vingt premiers kilomè-
En été, et particulièrement cette année,
il était facile de constater une nette
différence de température de l’eau entre
l’amont et l’aval de cette zone, le plus
simplement du monde grâce aux
“waders passoires” comme tout le monde
en porte de nos jours…
le Saut des Maillys qui est un
seuil naturel, les premiers
seuils artificiels se trouvent
au niveau des premières
maisons qui bordent le lit de
la rivière à Conte, puis à
Sirod et ensuite dans Bourg-
de-Sirod et Syam. Nous
sommes à moins de quinze
kilomètres des sources et le
cours de l’eau compte déjà
près de deux kilomètres de
ralentissement. Avant son
entrée dans Champagnole
l’Ain perd encore de sa
tres? Personnellement, je
n’en connais aucune en
France, hormis en haute
montage, quand EDF n’en
profite pas pour capter le
moindre pissou. Ce qui reste
des grandes rivières à sal-
monidés françaises sont
toutes impactées par l’effet
du réchauffement par les
seuils. Prenons l’exemple
d’une rivière connue, encore
en relatif bon état physique
comparée à d’autres, qui est
la haute rivière d’Ain. Hormis
fougue puisque ses eaux se
trouvent piégées dans la
retenue du barrage de la
Roche dont le miroir s’étend
sur 1,5 km. Simple lien de
cause à effet, ce “bassin”
s’est fortement ensablé sur
ces 500 derniers mètres
limitant la profondeur
(moins d’un mètre par
endroits) ce qui favorise
d’autant le réchauffement.
En été, et particulièrement
cette année, il était facile de
constater une nette diffé-
rence de température de
l’eau entre l’amont et l’aval
de cette zone, le plus sim-
plement du monde grâce
aux “waders passoires”
comme tout le monde en
porte de nos jours… Dans
des milieux où à l’origine, la
température ne dépassait
pas 10 ou 12°C l’effet des
seuils peut à lui seul boule-
verser la vie dans une rivière.
Dans le cas de l’Ain, un autre
grand lisse, bien plus exposé
au soleil que le précédent
réchauffe encore un peu
plus l’eau juste avant l’entrée
dans la ville (le plat de l’hô-
pital). Les truites de l’Ain sur-
vivent parce que cette rivière
est particulièrement froide
sur sa partie amont ce qui
L’écho du radier
Le Dessoubre le 20 juillet 2015, en pleine période de canicule.
La rivière n’est plus qu’une soupe d’algues filamenteuses qui se
développe en priorité dans des zones au courant faible. L’amont
des seuils est particulièrement propice aux efflorescences algales.
On distingue encore une maigre bande de graviers au centre
mais le colmatage par les algues dépasse 80 % sur cette zone.
Ci-contre : une passe à poissons, argument n°1 utilisé par
les défenseurs des seuils en faveur de la continuité écologique,
mais qui, malheureusement, ne profite pas à toutes les espèces
(c’est déjà bien quand elles fonctionnent pour la truite…).
Page de droite : le fond colmaté caractéristique d’une zone
calme en amont d’un petit barrage.
On peut considérer que cette limite de vie pour les ombres
et les truites a reculé de cinquante kilomètres
en cinquante ans, ce qui fait froid dans le dos !
rend encore acceptable
les degrés supplémentaires
accumulés en route. La
rivière se dégrade en aval de
Pont-du-Navoy pour diffé-
rentes raisons, dont une
grande exposition au soleil
durant l’été en raison de sa
largeur, un manque d’habi-
tat pour la truite et des
problèmes de pollution agri-
coles et domestiques.
On sait que les truites (sau-
vages ou pas) peuvent survi-
vre jusqu’à une température
qui leur est fatale, de 25°C.
La Fédération de pêche du
Doubs effectue régulière-
ment des mesures en
continu sur les cours du
département et a relevé
22°C à Chenecey-Buillon
sur la Loue ce qui n’est sans
doute qu’une moyenne car
cette partie de la Loue reçoit
de l’eau du sous-sol permet-
tant aux poissons d’essayer
de survivre. Désolé de parler
encore de la Loue, mais je la
pêche depuis l’enfance et j’ai
vécu à Chenecey-Buillon
entre 1995 et 2003. Lorsque
j’étais enfant, un ami de
mon père m’emmenait
pêcher à Rennes-sur-Loue.
Ce nom de village situé à la
limite départementale entre
le Doubs et le Jura ne dit
sans doute rien aux jeunes
pêcheurs qui lisent cet arti-
cle. C’était pourtant un par-
cours merveilleux, avec des
ombres que l’on pêchait au
Buldo avec des mouches
mal faites, mal présentées et
des truites sauvages dont la
taille moyenne se situait aux
alentours de 700 ou 800 g.
Ce paradis n’abrite plus que
des hotus, des barbeaux,
des chevesnes, des carpes,
quelques très rares truites et
parait-il des silures ! L’habi-
tat est toujours aussi dispo-
nible, omniprésent, varié, la
rivière ne souffre d’aucune
atteinte physique. Son pro-
blème majeur vient d’une
température estivale qui
dépasse parfois la barre fati-
dique des 25 °C. Cette tem-
pérature accentue alors les
autres dysfonctionnements
comme l’eutrophisation et
son cortège d’algues fila-
menteuses, qui elles aussi,
par leur couleur sombre,
favorisent le réchauffement.
Le chien se mord alors la
queue et la Loue salmoni-
cole file vers l’amont à toute
allure. On peut considérer
que cette limite de vie pour
les ombres et les truites a
reculé de cinquante kilomè-
tres en cinquante ans, ce qui
fait froid dans le dos ! Le
pompage d’eau, bien supé-
rieur à ce qui était prélevé il
y a un siècle, la disparition
des zones humides qui
jouaient leur rôle d’éponge,
font que le réchauffement
climatique à tout de même
bon dos ! Les truites et les
ombres de la Loue s’entas-
sent aujourd’hui faute de
mieux sur les quelques kilo-
mètres de la zone amont
jusqu’à Ornans.
La responsabilité des seuils
est donc plus que jamais
d’actualité et partout, dans
les AAPPMA, les clubs, dans
les fédérations, les conseils
généraux (qui sont souvent
propriétaires des ouvrages),
nous devons nous battre,
nous devons convaincre,
aider à trouver des solutions
pour rendre aux cours d’eau
leur liberté ! Ne laissons pas
cet été 2015 devenir le bouc
émissaire idéal contre lequel
on ne peut rien.
Ph. B.
Le site Internet de la FFAM
www.moulinsdefrance.org
l fut un temps où le pêcheur
à la mouche partait le cœur
léger vers sa rivière, armé
des quelques bons modèles de
mouches qui donnaient de bons
résultats sur ses parcours préfé-
rés. Aujourd’hui, le pêcheur
voyage, s’intéresse autant à la
rivière qu’au réservoir, autant à
la truite qu’à d’autres espèces
marines ou migratrices. Qu’il
est loin le temps ou le rayon “fly
tying” d’un grand magasin
tenait sur deux panneaux ! En
quelques décennies, on est passé
d’un monde où les moucheurs
se débrouillaient par eux-
mêmes pour trouver des plumes
de canard, de poule ou de coq,
à une avalanche de matériaux
les plus variés. Jamais il ne s’est
monté autant de mouches que
ces dix dernières années. Il faut
voir en cela un transfert, cas
typique des pêcheurs devenus
citadins par obligation et donc
frustrés de ne pas pouvoir prati-
quer leur loisir favori. Le mon-
tage de mouches permet alors
de s’évader et d’être à la pêche
sans la rivière. On frôle le féti-
chisme mais il n’y a pas de mal
à se faire du bien. Toutefois
toutes les mouches qui sortent
des étaux ne sont pas des réus-
sites.
La hauteur de flottaison
Au delà de l’esthétisme, une
mouche sèche ou une émer-
gente doit être conçue pour
flotter à la hauteur que l’on sou-
haite. De même, une nymphe
doit pouvoir couler rapidement
ou lentement selon l’effet sou-
haité et indépendamment de
son lestage. Si on observe les
mouches sèches qui ont marqué
leur temps comme l’A4 de
Devaux, la Peute ou la French
Tricolore de Bresson, on se rend
compte qu’à l’époque de leur
gloire (qui n’est pas terminée)
ces modèles correspondaient à
des besoins bien précis : flotter
bas pour la Peute en cas de
pêche difficile, et très haut pour
l’A4 ou la French Tricolore pour
pouvoir pêcher vite car ces deux
mouches s’essorent en un
aller/retour. N’oublions pas que
ces mouches étaient celles de
deux pêcheurs professionnels
qui faisaient vivre leur famille
avec le produit de leur pêche !
Ces mouches devaient permet-
tre de pêcher vite et bien. Les
mouches de la collection
Devaux, au montage avancé,
marchent toujours très bien
pour la bonne et simple raison
qu’un poisson de trois, cinq ou
même quinze ans s’est très pro-
bablement fait bombarder de
mouches en cul de canard mais
Technique mouche
Avec le temps et l’arrivée de nouveaux matériaux de montage, on a tous ten-
dance à oublier de quoi étaient faites les mouches d’antan, qui pour certaines
sont toujours des références. Leurs formules de montage sont le résultat d’un
savant mélange qui dépasse de très loin le simple aspect esthétique. Une
grande mouche vit, vibre, paraît naturelle aux yeux des poissons. Réflexion à
propos des propriétés des matériaux de montage.
Par Jean-Marc Theusseret
Technique mouche
compte son rôle dans l’immer-
sion de la nymphe. Prenons
l’exemple du gammare avec
cette manie de surcharger le
corps d’un dubbing synthétique
chargé de figurer les pattes de
l’amphipode une fois toutes les
fibres rabattues vers le bas. L’ef-
fet peut être intéressant mais
certainement pas dans toutes les
situations. Pour pêcher dans
deux mètres d’eau, cela oblige à
compenser le ralentissement de
la descente par un volume de
plomb important. Un simple
hackle très aéré en remplace-
ment de ce dubbing est avanta-
geux car il permet une descente
légèrement retenue, ce qui est
bien pour une imitation de
gammare sans trop charger en
plomb (une hampe de plomb
de 4/10
de mm pour un
modèle sur hameçon n°14).
Certaines nymphes doivent
pouvoir couler en prenant un
peu leur temps et c’est tout un
art d’arriver à trouver le com-
promis idéal. Les pêcheurs à vue
sont souvent contraints de lan-
cer leur nymphe suffisamment
loin des poissons pour ne pas les
alerter. Dans ce cas, une
nymphe qui descend un peu
trop vite sera plantée sur le fond
au moment où la truite arrivera.
Les pêcheurs à la nymphe au fil
recherchent également cette
densité particulière qui permet
à une nymphe de suivre le fond
sans le toucher. Là aussi, le
choix du dubbing est primor-
dial. Il vaut mieux un dubbing
pas très beau mais qui permette
de stabiliser la nymphe au bon
Trois nymphes presque identiques.
Seul le dubbing change. La bille
de tungstène apporte une forte densité qui
se trouve plus ou moins contrariée
par le volume du dubbing en fonction
de sa provenance et de sa quantité
sur la nymphe. C’est ce qui permet
de la stabiliser proche du fond.
Ci-contre, l’Alezane, une nymphe
de la collection des Mouches Devaux
signée André Terrier.
La laine n’a pas son pareil pour faire
évoluer une nymphe au gré du courant.
C’est un matériau à redécouvrir.
niveau, plutôt qu’un produit au
bel aspect mais qui coule soit
trop vite, soit pas assez. Par le
passé, certaines excellentes
nymphes comme la série des
ATT (avec un T comme truite)
d’André Terrier ou de la Phea-
sant and Orange de Raymond
Rocher ou encore, comme nous
l’avons vu dans notre précédent
numéro avec la Killer Bug de
Frank Sawyer, étaient montées
avec un corps en laine. La laine
a cette faculté naturelle d’absor-
ber l’eau pour quasiment pren-
dre la densité de celle-ci. On
obtient alors un produit “sus-
pending” comme disent les
pêcheurs aux leurres, d’un natu-
rel dans l’élément liquide
proche de la perfection.
Qui de nos jours monte encore
ses nymphes avec de la laine ?
Plus grand monde et pourtant
il s’agit d’un matériau facile à
trouver, d’un infinie variété
adaptable à tous les montages.
Les produits modernes sont
parfois fabuleux, mais peuvent-
ils tout remplacer? Pas si sûr !
Voici encore une occasion de
faire du neuf avec du vieux,
La bonne mouche
est celle qui flotte
au bon niveau
ou celle qui
se maintient à la
bonne profondeur.
C’est bien la
conception des
modèles qui est en
cause. Les mouches
qui marquent leur
temps sont des
alchimies entre
la nature des
produits utilisés et
leur allure générale.
mais tant mieux si cela apporte
quelque chose d’intéressant. Les
fouineurs peuvent se lancer dans
la recherche de la laine idéale,
qui existe sans doute. Tout n’est
qu’une question de teinte mais
aussi de composition de la laine.
Rappelons nous que l’effet légè-
rement transparent de la killer
bug revenait à la teneur, à hau-
teur de 15% de Nylon, de la
fameuse laine anglaise Chad-
wick 477.
Des mouches noyées
qui vibrent
Deux des plus grandes mouches
à saumon de l’Atlantique au
monde sont montées avec des
corps en laine. Il s’agit de deux
mouches islandaises qui réussis-
sent autant en Ecosse, en Rus-
sie, en Norvège que dans les
rivières de leur île d’origine. La
Red Françis ressemble très
vaguement à une crevette et en
tous cas à aucune mouche à sau-
mon classiquement montée
avec tout le tralala habituel.
Certains pêcheurs ne jurent
plus que par elle ainsi que par sa
cousine la snaelda au corps éga-
lement laineux. Après quatre ou
cinq dérives, le corps imbibé
devient naturellement lesté.
Mais ces deux mouches aux
poils raides sont aussi des
mouches qui vibrent beaucoup
dans l’eau et c’est sans doute
pour cela qu’elles sont si effi-
caces. Les poils de queue de
veau qui composent la “queue”
de la snaelda ne sont pas com-
plètement parallèles. Leur légère
divergence se trouve contrariée
sous l’effet du courant et c’est
sans doute ça qui produit des
vibrations, imperceptibles pour
nous mais pas pour les sau-
mons. J’ai le souvenir d’excel-
lentes parties de pêche en août
2003 sur la East Ranga en
Islande qui est une rivière forte-
ment alimentée par la fonte
d’un glacier. La canicule de
cette année tristement célèbre
pour les rivières avait également
touché l’Islande et la fonte du
glacier était plus importante
que d’ordinaire. Dans cette eau
grise, on voyait tout juste ses
chaussures de wading dans
trente centimètres de profon-
deur. On peut douter qu’un
saumon, pas plus qu’un autre
poisson, soit capable de voir
dans une eau très chargée en
micro sédiments. Seule la
perception de vibrations peut
alors le guider pour intercepter
le petit plumeau qui dérive en
Technique mouche
Sur cette petite mouche destinée aux
ombres, le corps en tinsel lisse favorise
une position “cul dans l’eau”.
Les poissons ne voient pas derrière eux,
ce qui veut dire qu’ils perçoivent
uniquement le mouvement d’une nymphe en
train de nager, même à l’opposé du courant !
Stupéfiant, non ?
travers du courant. Il faut croire
que cela marche plutôt bien
puisqu’il se prend plus de 2000
saumons en moins de trois mois
sur cette rivière limitée à seize
cannes par jour ! La grande
majorité des prises est réalisée
avec ces deux mouches hormis
peut être en tout début de sai-
son où les grosses mouches
comme la Temple Dog ont
généralement la préférence du
grand poisson. Avec son corps
cerclé d’un immense hackle,
cette grosse mouche vibre éga-
lement beaucoup. Un saumon
peut prendre une mouche qui
ne vibre pas ou très peu comme
celles en poils de lapin (leech)
mais il semble logique que cela
demande des eaux claires.
Depuis cette expérience islan-
daise, je m’efforce de monter
des mouches noyées, que ce soit
pour la truite, la truite de mer
ou le saumon qui vibrent beau-
coup, en faisant attention par
exemple à monter des colle-
rettes que l’élégance voudrait
voir inclinées beaucoup plus vers
l’arrière. Une collerette perpen-
diculaire à la hampe de l’hame-
çon est propice aux vibrations.
Dans sa
Bible du pêcheur de
truites de mer
, ouvrage de réfé-
rence depuis longtemps, Hugh
Falkus insiste sur la façon dont
doivent être montées les
mouches noyées pour la pêche
de nuit, que les truites de mer
repèreraient aux vibrations. On
pense souvent à tort que les pois-
sons ne ressentent pas les micros
vibrations. S’il est capable d’at-
taquer une mouche dans une eau
sale, un saumon doit sans aucun
doute “entendre” également le
raccord grossier qui relie la soie
au bas de ligne qui lui aussi tra-
verse le courant, provoquant
visuellement un sillage s’il s’agit
d’une soie flottante. Ce sillage
émet des vibrations. Avec une
soie plongeante, ce sillage invisi-
ble devient un bruit. De même,
nous avons tous vu des truites
ou des ombres se retourner et
foncer prendre une nymphe
naturelle deux mètres en aval.
Les poissons ne voient pas der-
rière eux, ce qui veut dire qu’ils
perçoivent uniquement le mou-
vement d’une nymphe en train
de nager même à l’opposé du
courant ! Stupéfiant, non ?
Pour réussir nos mouches, nous
devons sortir du cadre étriqué
de l’esthétisme et prendre en
compte la façon dont les maté-
riaux de montage agissent dans
et sur l’eau. Notre collaborateur
Jean-Chrisitan Michel ne s’était
pas trompé en écrivant dans un
article paru il y a quelques
temps dans ce journal “la dra-
gage est un bruit” en l’occu-
rence désagréable. A nous de
faire chanter à nos mouches une
belle musique ! Vous ne verrez
plus les truites de la même
façon lorsqu’elles viennent ins-
pecter vos mouches. Nul doute
qu’elles les voient, mais en plus
elles les écoutent !
Technique mouche
Les mouches
modernes pour
la pêche du saumon
sont avant tout
un retour vers
la simplicité.
Ici un pêcheur
écossais aux prises
avec un saumon
de la Spey sous
l’œil expert
d’Emmanuel Gladel.
Le mangeur mangé
(Illustration : tee-shirt Pardon)
Technique leurre
C’est l’histoire du mangeur mangé ou, si vous préférez du prédateur “prédaté”.
C’est surtout la rude histoire de la vie depuis la nuit des temps avec les gros qui
mangent les petits. La règle s’applique tout aussi bien dans le monde écono-
mique, preuve que la recette est bonne. Il en est de même dans nos cours d’eau
et le pêcheur de carnassiers se doit de prendre en compte la taille des proies qui
sont consommées par les prédateurs, car c’est l’une des grandes clefs du succès.
Cela concerne autant les poissons marins que les carnassiers d’eau douce.
Par Jean-Marc Theusseret
de proies qui augmente sensi-
blement pour atteindre 6 à 10
cm. Les chasses en surface per-
mettent alors d’identifier le plus
simplement du monde la taille
des proies qui cherchent à sau-
ver leurs peaux en bondissant
en ricochets à la surface. La sai-
son bat alors son plein, mais
avec des années où les perches
sont en grande frénésie alimen-
taire et d’autres où c’est plus
timide ! Avec le brochet, le souci
de pêcher avec l’exacte bonne
taille de leurre est sans doute
moins contraignante, sauf en
grands lacs où les gros spéci-
mens suivent des proies de
grosse taille en pleine eau (gros
gardons, corégones). En étang
ou en rivières, le brochet chasse
surtout à l’affût et peut réagir
par opportunisme à ce qui passe
devant son nez. La mode
actuelle des gros leurres de plus
de 20 cm a tout de même révélé
que même en rivière, certains
brochets ne réagissent qu’à ces
grosses proies. On peut alors
imaginer que le régime alimen-
taire le plus courant d’un bro-
chet d’un mètre se limite à un
gros gardon de 400 g de temps
en temps. En tous cas, il ne s’est
jamais pris autant de gros bro-
chets que depuis cette mode
récente des très gros leurres.
Avec le sandre la question de la
taille des proies est également
très importante, que ce soit en
lac, en canaux ou en rivière. Un
pouce mesure 2,54 cm, c’est
peu mais cette différence fait
parfois toute la différence !
Entre un leurre de quatre et de
cinq pouces, ça peut parfois
faire 10 à 0 ! C’est en Hollande,
paradis du sandre, qu’il est le
plus facile de faire des observa-
tions probantes en raison du
nombre important de poissons
présents sous le bateau. Dans les
eaux saumâtres du Noordzeeka-
naal, qui relient Amsterdam à la
mer du nord, l’éperlan consti-
tue la nourriture à la fois la plus
abondante et la préférée du san-
dre. Ce frêle petit poisson
allongé à l’odeur de concombre
est présent en bancs dont les
individus de taille identique
vivent ensemble, mais dont les
sujets de 6 à 10 cm sont les plus
nombreux. Sachant cela, un
leurre de trois à quatre pouces
est souvent choisi pour com-
mencer et c’est avec lui qu’on
enregistre le plus de touches.
Rien n’empêche de passer sur la
zone pêchée avec des gros
leurres de cinq et même six
pouces pour “déranger” les san-
dres, mais ce genre d’astuce ne
marche généralement qu’une
fois !
L’aide de l’échosondeur
La situation idéale pour obser-
ver une réaction de prédation
en chaîne à l’échosondeur a lieu
l’hiver lorsque le poisson four-
rage s’est rassemblé en boules
compactes. Les lacs de barrage
permettent de bonnes condi-
tions d’observation tout simple-
ment parce que la profondeur
dans laquelle se situent les
boules de blanchaille est suffi-
sante pour voir l’ensemble du
phénomène. Rappelons que le
Comme tous les
carnassiers, le sandre
est très sensible à la
taille des leurres
proposés, qui doit
correspondre à celle
des proies chassées.
Ici, un petit sandre
hollandais pris en
eaux saumâtres avec
un montage drop
shot et un leurre
Berkley Gulp Alive
Minnow de quatre
pouces, excellent en
présence de petits
éperlans.
La situation idéale pour observer
une réaction de prédation en chaîne
à l’échosondeur a lieu l’hiver lorsque
le poisson fourrage s’est rassemblé
en boules compactes.
moins, on comprend mieux
quelle taille de leurre choisir ou
éviter. Les sandres et les grosses
perches seront sensibles à un
leurre dont la taille correspond à
celle de la blanchaille. Pour
éveiller la curiosité, le choix
d’une couleur surréaliste est une
bonne technique, qui marche
dans bien des cas (rose vif, fire
tiger, chartreuse). Si ça ne
marche pas, le retour au naturel
s’impose. Une fois trouvée la
taille du leurre, il ne reste plus
qu’à faire quelques réglages.
Mais il existe aussi des jours (y
compris en Hollande) où, mal-
gré de multiples changements,
les touches ne viennent pas.
C’est la pêche et celle des perci-
dés n’échappe pas à la règle.
En mer aussi…
Les pêcheurs de bars sont égale-
ment obligés de coller au plus
juste à la taille des proies sur les-
quelles se sont focalisés les pré-
dateurs marins. L’échosondeur
renseigne sur la taille des petits
poissons qui rodent dans les
parages, mais ce n’est pas tou-
jours possible, soit en raison
d’une pêche décalée du bateau
(en lançant au ras des cailloux)
ou lorsqu’on pêche en dérive sur
des herbiers. La houle n’est pas
non plus très favorable à la lec-
ture précise d’un écran d’écho-
sondeur ! Le pêcheur en mer
doit donc faire des essais, cher-
cher, observer le ballet des
oiseaux qui chassent les mêmes
petits poissons que les bars ! J’ai
souvenir d’une partie de pêche
glaciale (- 8°C le matin !) avec
mon ami Mehdi El Bettah sur le
lac de la Liez en Haute-Marne,
un département situé bien loin
de la mer, mais les mouettes
pêchaient sans que nous puis-
sions distinguer le contenu de
leur menu. En prenant leur place
avec le bateau en espérant trou-
ver quelques poissons recrachés
ou blessés dans la bataille, nous
découvrîmes des alevins d’envi-
ron trois centimètres. Nous
étions très surpris de découvrir
de si petits poissons à cette
époque (janvier). L’échosondeur
révéla une boule très importante
d’alevins, de magnifiques
perches qui n’étaient pas là pour
rien et encore en dessous, de
superbes brochets qui gardaient
un œil sur les perches ! Finale-
ment, nous avons pris des bro-
chets avec des Berkley Ripple
Grub de 16 cm en verticale au
ralenti, après avoir peiné à pren-
dre des perches qui ne voulaient
que des micros leurres. Cette
journée de pêche improbable,
fut l’occasion d’observer une
fois de plus l’effet que provoque
une boule compacte de blan-
chaille dans un plan d’eau
(400ha). Finalement, il s’agit
d’une pêche simple, facile à
appréhender, à condition toute-
fois de s’adapter au menu.
Sébastien Golly
avec un brochet
de l’étang
d’Hermeville dans
la Meuse, plutôt
branché batraciens
et qui a craqué
pour un One Up
Shad de cinq
pouces vert
(forcément) ramené
en surface en
“buzzing” !
Ce superbe poisson
était focalisé sur
les grenouilles,
ignorant les leurres
pisciformes…
almo a passé sa vie à faire
de la pêche une science
exacte, où la chance a tou-
jours sa place – parce que ça ne
se refuse pas – mais où la défaite
s’explique, se décortique, s’ana-
lyse calmement, à froid. Il sait
quand fraient les carpes, pour-
quoi elles ne mordent pas
durant cette période, ce que
veut dire une montée d’orage
lorsqu’il pêche le sandre et
attend patiemment les pre-
mières mouches de mai pour
sortir – à coup sûr – sa canne à
mouche.
Mais les pêcheurs de saumons
représentent une catégorie à
part, en raison du caractère par-
ticulier du poisson recherché,
qui ne se nourrit pas en rivière,
mais attaque les leurres et les
mouches – en théorie – par
défense de son territoire, mais
en pratique, plutôt en fonction
de ce que fait la femme du
pêcheur au moment où le grand
poisson fait hurler le frein
du moulinet. Pourquoi Salmo
s’est-il soudain passionné pour
un poisson qui, le plus souvent,
choisit la mouche d’un débu-
tant plutôt que celle d’un
pêcheur chevronné ? Il n’y a rien
de pire que les saumoniers car-
tésiens, qui pensent pouvoir
prévoir les caprices du grand
poisson. Ce sont souvent des
gens qui confient à une pratique
acharnée le soin de faire du chif-
fre, ce qu’ils maquillent ensuite
en une prétendue compréhen-
sion des choses. La plupart fré-
quentent des parcours où les
prix sont tout bonnement indé-
cents, en Islande, en Russie, ou
en Norvège. Cela dit, même à
2000 euros la journée de pêche,
un saumon reste un saumon. Il
peut bouder à sa guise, mais
généralement, la quantité fait
qu’il y a toujours un moment
où ça “tire la ficelle”. Mais
Salmo, n’a pas les moyens finan-
ciers suffisants pour promener
sa mouche sur ces pools de mil-
liardaires. Alors, il a choisi
l’Écosse. Comme pour résister à
l’aube et l’empêcher de céder sa
Une sterne arctique l’approche en
boitillant, lançant un regard oblique
en direction de ce drôle d’individu à demi
immergé. Salmo vient de comprendre
qu’il a rendez vous avec lui-même
Nouvelle
ment mécontent d’un tel climat
dans la région ! Dans ces condi-
tions très fréquentes de pêche
du saumon durant l’été, les
pêcheurs conscients du caractère
aléatoire des résultats ne revien-
nent pas de leur plein gré
collectionner les bredouilles uni-
quement par masochisme.
Inconsciemment, Salmo est
venu chercher quelque chose en
se mettant volontairement dans
cette situation très particulière,
mais sans le vouloir vraiment.
Désormais, il lance sa mouche
par désespoir, comme on lance
une bouteille à la mer, en sachant
très bien qu’il doit exister une
chance sur trois milliards pour
que quelqu’un lise le message à
l’intérieur. Une sterne arctique
l’approche en boitillant, lançant
un regard oblique en direction
de ce drôle d’individu à demi-
immergé. Salmo vient de com-
prendre qu’il a rendez vous avec
lui-même. On a beau dire qu’à la
pêche, la touche arrive toujours
quand on ne s’y attend pas, à
celle-ci, on ne s’y attend plus du
tout et pour autant, elle n’arrive
pas du tout. Car seul un coup
d’eau peut à nouveau faire mor-
dre les saumons et Salmo le sait
bien.
La pêche fonctionne comme
beaucoup d’autres choses dans la
viesur le principe simple de la
frustration, qui fait qu’imman-
quablement, on a surtout envie
d’aller à la pêche lorsqu’on est
retenu par d’autres obligations,
plutôt que quand on a tout son
temps. L’être humain est ainsi
fait. La même frustration anime
les pêcheurs de saumons, qui ont
choisi un poisson qui, parfois, se
laisse prendre de la façon la plus
stupide qui soit mais qui le plus
souvent, abandonne le pêcheur à
son délire pour une durée indé-
terminée. Salmo a longtemps
cru que plus le saumon se fait
attendre, plus on apprécie de
créer enfin un lien entre la bête
et l’homme. C’est l’instant
magique qui fait que la vie jaillit
soudainement ! C’est comme
voir la terre après une longue tra-
versée en solitaire. Mais lorsque
ça ne mord pas durant toute la
semaine, cette activité étrange
qui consiste à lancer inlassable-
ment une mouche devient une
sorte de psychothérapie. Salmo
voit toute sa vie défiler au gré du
courant qui vient buter contre
ses waders puants et continue en
remous contrariés. Une belle
rivière comme la Spey est pro-
pice à la remise en cause, à la
compréhension des choses qui
nous échappent dans le monde
tourbillonnant d’aujourd’hui.
Salmo finit par trouver son
compte dans ce tête-à-tête au
point de revenir chaque année
tenter sa chance sur ce parcours,
comme on consulte une
voyante. Dans son esprit, il a
remplacé le fleuve par la vie, sa
vie. Et il veut voir si la vie peut
encore être généreuse avec lui et
parfois, elle le sera.
Seven Bass /
Jungle Operator
Ça faisait un déjà quelques années que la chose
couvait, sans que personne ne sache vraiment
comment le traditionnel float-tube pouvait évoluer. L’inconvénient majeur
du float-tube reste son manque de mobilité, alors que l’inconvénient
majeur du kayak de pêche concerne l’impossibilité de faire du sur-
place en cas de vent. Le Jungle Operator de Seven Bass efface
un à un les écueils du monde de la petite navigation, tout en
gardant les avantages de chaque type d’embarcation. Un coup de maître,
mais aussi une révolution dans la conception de cette structure gonflable
en maillage polyester Dropstitch qui évite d’avoir un gros volume. La prise
au vent est donc très faible.
Notre avis :
incontestablement la nouveauté 2015 majeure dans cette catégorie. A la rame, sa
vitesse est certes moindre que celle d’un kayak mais reste incomparablement supérieure à celle
d’un float-tube. Par temps calme, on peut aussi se tenir debout comme sur un paddle.
Dimensions : 2,4 x 1,2 m. Poids : 24 kg. Charge max : 250 kg. Pression : 15 psi – 1,03 bar.
Prix conseillé : 899 euros.
FOCUS
Minn Kota /
Cette nouvelle gamme de moteurs électriques de la célèbre
marque américaine Minn Kota sera disponible à la fin de l’année.
Pour l’heure, la communication du fabricant reste très peu
informative. Deux modèles sont prévus. La puissance n’est plus
exprimée en lbs, mais en HP (équivalent chevaux vapeurs). Ainsi,
il existera un EO ½ HP qui fonctionnera en 12 volts et un EO 1 HP
en 24 volts. Difficile de savoir à quoi cela correspond comparé à
un moteur de 80 lbs de poussée par exemple. La communication
de Minn Kota annonce une autonomie de neuf heures en continu
à régime moyen. Renseignements pris auprès de l’importateur,
cette autonomie devrait être obtenue avec une batterie au gel de
100 ah.
Notre avis :
la maison Minn Kota reste très vague à propos de ce
nouveau venu dont on peut espérer une autonomie légèrement
supérieure aux modèles actuels.
Vraiment utile
Pêches sportives.
Dans ce cahier Focus prend place
toute l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts à qui nous avons
demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
JMC
/Apogée 35
Cette nouveauté est une adaptation, pour ne
pas dire une réduction d’un modèle de
moulinet qui n’existait jusqu’alors
qu’en grandes tailles (saumon/
carnassiers). L’Apogée existe
désormais en version
truite/ombre et le résultat
est plutôt réussi. Une grosse
molette externe assure un frei-
nage très efficace de la bobine. Un
bruit de cliquet pas du tout agressif renseigne le pêcheur sur le
bon déroulement de la soie. Diamètre externe : 84 mm. Largeur
(interne) 24 mm. Poids 112 g. Convient pour soies n° 3 à 5 +
100m de backing 20 lbs.
Existe aussi en version 68 (94 mm de diamètre, 129 g).
Notre avis :
un moulinet efficace, léger, discret, pour toutes techniques
et pour tous les pêcheurs à la mouche. Il ne lui manque plus qu’une
cage fermée et il sera parfait !
JMC
/Compétition Fast 10’#4
Aucune ambiguïté à propos de la conception de cette canne faite pour
pêcher à la nymphe “au fil”. Pas de fioriture, mais un produit fait pour pou-
voir pêcher longtemps sans fatiguer, car cette pêche se déroule bras tendu.
Cette nouvelle série de cannes est une évolution de la série Compétition.
Néanmoins, l’appellation Fast peut laisser penser que cette canne est pour-
vue d’une action de pointe, alors qu’elle est plutôt progressive et c’est aussi
ce qui lui permet de rester confortable. Sa puissance “light” en fait une vraie
“4”. On est en effet plus proche d’une 3/4 que d’une 4/5. La poignée est un
modèle de confort malgré une forme basique et le porte-moulinet respire la
solidité.
Notre avis :
un produit au comportement très doux, idéal pour la pêche à la nymphe “au fil”, mais qui convient aussi pour la
pêche à la mouche sèche en eaux rapides. A utiliser de préférence avec une soie de profil triangulaire (R2T, Triangle Taper).
FOCUS/
matériel
Très peu de pêcheurs savent que leur
moteur électrique est une machine à
récupérer des morceaux de lignes per-
dues par les pêcheurs. Ces tresses, qui
peuvent aussi être les vôtres lorsque, lors
d’une mauvaise manœuvre, votre ligne
se fait happer par la machine, viennent
petit à petit bloquer l’axe principal qui
relie le moteur à l’hélice. Le nylon est
paradoxalement absent. Sans doute
coule-t-il alors que la tresse reste en
surface. Où alors, sa surface lisse l’em-
pêche de se fixer. Ce phénomène de
blocage de l’axe peut facilement créer
une surchauffe qui réduira la durée de vie
du moteur. Le frottement de la tresse sur
l’axe est aussi responsable d’une plus
importante consommation d’énergie. Le
moteur Minn Kota Power Drive V2 55 lbs
de cet exemple date de 2008 et effectue
entre trente et cinquante sorties par an
sans le moindre souci. Sa longévité est
en partie due à cet entretien, que trop
peu de pêcheurs pensent à faire. Voici
donc la méthode pour éliminer la tresse,
qui se trouve compactée sur l’axe, aussi
dur que du bois.
Ça ne prend que quelques minutes et votre moteur électrique vous dira merci.
A force de tourner, les hélices des moteurs électriques finissent par emmagasiner
des morceaux de tresse plus ou moins longs perdus par les pêcheurs.
Consommation d’énergie excessive, surchauffe, fin de vie prématurée,
voici comment éviter bien des soucis et sauver la vie de votre cher moteur.
Par Jean-Marc Theusseret
SOS moteur électrique
Tresse et détresse
FOCUS/
matériel
Dyna King
Ultimate Indexer,
l’étau d’une vie !
Dyna King s’est créé une solide
réputation dans le monde du fly
tying depuis plus de 30 ans. Cette
petite entreprise familiale située en
Caroline du Nord aux Etats-Unis
réalise des petites merveilles d’in-
génierie. Ce n’est pas un hasard si
les meilleurs monteurs utilisent les
étaux Dyna King. La gamme est
complète, on ne peut que trouver
chaussure à son pied ! J’ai trouvé
la mienne avec l’Utimate Indexer.
C’est l’étau le plus abouti de la
gamme qui offre des possibilités
de montages inimaginables.
Quand j’ai reçu mon étau, ma pre-
mière impression fut la taille de la
bête, il en impose ! Moi qui monte
sur socle, j’ai toujours eu du mal à
trouver un étau assez haut sans
que je sois obligé de me contor-
sionner dans des positions incon-
fortables qui abrègent mes petites
séances de montage. Point de vue
dimension, il est parfait avec énor-
mément de dégagement à l’arrière
de la mâchoire pour permettre de
travailler facilement des matériaux
volumineux et rendre la pose des
cerques très pratique.
Sans compromis
Les mors standards livrés avec
l’étau sont réalisés en acier
trempé et assurent un serrage
exceptionnel sur des tailles allant
du 8/0 au 22 (une version “midge”,
pour les tous petits hameçons est
disponible en option).
La rotation est très fluide, sans jeu.
L’indexation et l’articulation sur la
tige de l’étau vous permettront de
monter dans toutes les positions
et se révéleront très pratiques
pour les tissages, vernissages et
autres travaux de précision. Il est
construit avec des aciers inoxyda-
bles polis et assemblés à la main
qui lui confèrent une finition très
soignée. C’est l’étau d’une vie, je
suis certain que vos petits enfants
pourront monter également des
mouches avec lui ! Livré avec un
socle lourd, le poids de l’ensemble
(étau et socle) est de 2,9 kg. En
trois mois d’utilisation intensive, je
ne lui trouve aucun défaut, tant il
répond à mes attentes.
Cyril Bailly
• Prix : 549 euros
• Accessoires : porte bobine,
socle
• Contact pour le marché franco-
phone : Sébastien Walker
• Tél. : +33 66 03 68 830.
• E-mail : contact-francais@
flyfishingeurope.de
• www.flyfishingeurope.de
L’Ultimate
Indexer
intéressera
surtout les
monteurs
professionnels
ou les amateurs
avertis. Sachez
que la marque
propose
également des
produits moins
onéreux, mais
fabriqués avec
les mêmes
aciers.
Garmin
Panoptix, l’échosondeur
en temps réel et en 3D !
Le petit monde des échosondeurs
est en plein chambardement depuis
l’arrivée en cours d’année d’une
toute nouvelle technologie qui per-
met de voir ce qui se passe sous et
devant le bateau en temps réel et en
trois dimensions. Sur tous les autres
échosondeurs, ce que vous voyez à
l’écran (mis à part dans la fenêtre
RTS qui n’est pas très informative)
appartient déjà au passé, puisqu’en
général le bateau dérive alors que
l’image commence seulement à se
former. Cette prospection à contre
temps nous oblige à faire les choses
“à l’envers” et à revenir sans cesse
sur ce qu’on à vu.
Avec Panoptix, Garmin révolu-
tionne complètement le monde de
l’échosondeur avec une image qui
ressemble comme deux gouttes
d’eau à celle d’une échographie
médicale où les informations trans-
mises par la sonde arrivent en
temps réel à l’écran avec une réac-
tivité très étonnante ! La sensibilité
du LiveVü Down est telle qu’on dis-
tingue nettement une tresse de
20/100 ! On peut en revanche s’in-
terroger sur le volume de bruit émis
dans l’eau avec une telle sensibilité,
car certaines espèces comme le
silure ou le sandre associent le
bruit des échosondeurs à un dan-
ger. Le RealVü 3D Down créé un
relief du fond en 3D même si le
bateau est arrêté grâce à un fais-
ceau qui fonctionne par balayage
à la manière d’un Side Imaging
360° (Humminbird). La grosse dif-
férence avec la concurrence vient
du fait que dans ce mode, les
poissons présents dans l’eau
devant le bateau sont également
visibles par des taches de cou-
leurs.
L’identification d’espèces semble
impossible, mais cela renseigne
sur ce qui est présent ou pas
devant l’embarcation et c’est déjà
très bien.
Le mode LiveVü Forward est égale-
ment très intéressant car il permet
de voir les poissons devant le
bateau. Encore plus fort, le mode
RealVü 3D Forward voit en plus le
relief du fond ! Comme toujours,
une telle machine ne sert pas à
grand chose si vous ne faites pas
l’effort de comprendre ce que mon-
tre l’écran où si vous confondez
l’effet de la cavitation avec un banc
de gardons.
Compatibilité
La technologie Panoptix est avant
tout une sonde à 1349 euros, qui
n’est pas vraiment donnée …
Ensuite, sachez que cette sonde
est compatible avec les machines :
GPSMAP 8000/8500, 7400,
1020/820 et 721. Des écrans dont
le ticket d’entrée est à 1000 euros
(4000 euros pour le 8500). Au final,
la technologie Panoptix n’est pas
beaucoup plus chère que le haut de
gamme des marques concurrentes.
Notre avis :
la vision devant le
bateau est un avantage indéniable,
mais elle oblige à fixer la sonde à
l’avant du bateau (en général sur le
pied du moteur électrique). Elle doit
être enlevée lorsque le bateau
navigue au moteur thermique, sauf
au ralenti. Et cela oblige à éteindre
le sondeur, car une sonde qui fonc-
tionne hors de l’eau peut être
endommagée. A ce prix là, ce serait
dommage.
Poisson pris
Trace de
la ligne
Autres poissons
en panique
Avec Panoptix,
Garmin
révolutionne
complètement
le monde de
l’échosondeur
avec une image
qui ressemble
comme deux
gouttes d’eau
celle d’une
échographie
médicale où
les informations
transmises par
la sonde arrivent
en temps réel
à l’écran avec
une réactivité
très étonnante !
Cavitation
Un poisson du banc s’est fait piquer. Le sondeur réagit en temps réel. Les autres poissons du banc sont en panique. La sensibilité est
telle qu’on distingue nettement la ligne. La fenêtre adjacente (à droite) montre une vue classique, qui est systématiquement en retard sur
la réalité. Cette image est issue d’une vidéo visible sur www.peches-sportives.com rubrique vidéos. L’écran ci-dessus montre une vue en
3D à l’avant du bateau. Ce mode (RealVü 3D) détecte l’ensemble du volume d’eau en 3D, ce qui est également nouveau.
FOCUS/
montage
Dans notre précédent numéro, nous avions passé en revue l’utilisation du poil de lièvre,
qu’il s’agisse de celui provenant de l’oreille ou du dos du capucin. Pour que ce tour
d’horizon des dubbings soit complet, Cyril Bailly et son frère Florent ont tenu à nous
faire découvrir également les vertus d’autres dubbings naturels ou synthétiques, des
produits complémentaires au poil de lièvre, qui sont à la fois plus colorés, plus
grossiers ou plus fins selon les cas.
Cyril et Florent Bailly,
les magiciens du dubbing ! (2)
a chose est entendue. Le poil de lièvre reste incontourna-
ble pour élaborer de redoutables mouches pour la pêche de
la truite et de l’ombre. Dans notre précédent numéro, nous
avons vu avec Cyril Bailly comment bien tirer parti de l’animal.
Toujours en compagnie de Cyril mais avec en renfort la compé-
tence supplémentaire de son frère Florent, voyons cette fois
comment bien utiliser les dubbings synthétiques et d’autres dub-
bings naturels au rendu bien différent de celui qu’offre le poil de
lièvre. Déclinés en une multitude de couleurs et de textures très
intéressantes pour le monteur, les dubbings synthétiques sont
devenus eux aussi incontournables car ils permettent de monter
toutes sortes de mouches, y compris des nymphes, des
mouches noyées et des streamers. Le débutant peu facilement
se retrouver perdu devant les dizaines de références de ces pro-
duits multicolores aux pouvoirs soi-disant magiques. Il faut savoir
que les dubbings synthétiques sont pour la plupart d’entre-eux
des “déchets” de l’industrie du textile.
On trouve donc un peu de tout, du très bon et du médiocre, tout
en sachant qu’un produit inadapté pour un modèle de mouche
peut s’avérer excellent avec un autre. Ces quelques pages vous
permettront de faire le tri et d’avoir sous la main de bons modèles
de mouches.
FOCUS/
montage
Exuvie
Un modèle ultra simple qui imite
un éphémère mort-né (stillborn)
ou, en raison de son aspect trans-
parent, une exuvie, c’est-à-dire
une enveloppe nymphale. A
essayer les jours où les poissons
refusent les mouches sèches et les
émergentes. Bref, les jours où le
contenu de la boîte y passe, sans
succès…
Fixer dans votre étau un hame-
çon de forme standard de taille
18 à 12. Faire un aller/retour
avec un fil de montage Uni
Thread Trico 17/0. Sur la partie
supérieure de la hampe, fixer
une très fine mèche de dubbing
Hemingway’s Frosty en laissant
dépasser les fibres des deux
côtés. Nettement plus devant
que derrière.
Sur le fil de montage, placer une
autre mèche du même dubbing,
simplement en la tournant sur le
fil entre les doigts.
Enrouler la mèche sur la hampe
pour obtenir un corps conique.
Couper l’excédent.
Le fil de montage est placé en
attente à l’arrière du thorax. Les
fibres sont rabattues en arrière.
Pour en effet oblong, on répète
l’opération trois ou quatre fois,
ce qui impose de ramener le fil
de montage à chaque fois vers
l’avant.
La mouche terminée avec son
thorax lisse et bien formé. Les
fibres en arrière de la mouche ne
doivent pas être coupées mais
tirées avec les doigts pour un
effet plus naturel.
FOCUS/
montage
PMD emerger
(style René Harrop)
Une émergente d’éphémère à la
flottaison très basse mais
constante grâce à un thorax en
mousse synthétique (foam) et à un
dubbing d’excellente qualité.
Fixer dans votre étau un hame-
çon Daiichi 1310 n°18. Faire un
aller sur la hampe avec un fil de
montage marron clair 14/0.
Fixez une pincée de cerques en
pelle de coq pardo de la lon-
gueur de l’hameçon. Sur le fil de
montage, torsadez entre les
doigts un dubbing Wapsy Olive
Cristal Dubbing qui est à base
de soie naturelle.
Obtenir un corps conique par
enroulements du dubbing sur la
hampe de l’hameçon.
A l’emplacement du thorax, pla-
cer verticalement un morceau de
foam noir de 2mm de côté.
Pour former le thorax, préparer
un dubbing Orvis Spectrablend
Brown comme précédemment.
Par son rendu, ce dubbing est
unique en son genre.
Enrouler le dubbing sur trois à
quatre tours.
Les ailes sont formées par les
pointes d’une plume de CDC
gris teinté (Mouches Bailly). Les
répartir de façon homogène de
chaque côté du thorax.
Rabattre le morceau de foam en
le tendant bien sans exagéra-
tion. Couper l’excédent.
La couleur de la tête en fil de
montage ajoute une petite
touche très réaliste.
FOCUS/
montage
Nymphe tchèque
Reconnaissables par leurs hame-
çons caddis et leurs “carapaces”
sur le dos, les nymphes tchèques
imitent principalement des larves
de trichoptères. Le corps fait appel
à plusieurs dubbings.
Fixer dans votre étau un hame-
çon Tiemco 2487 n°12. Le lester
avec du fil de plomb de 4/10
ème
mm.
Faire un aller sur le corps avec
un fil de montage Hends beige.
A la base de la courbure, fixer
une bandelette de Stretch
Hends beige ainsi qu’un fil de
cuivre de 2/10
ème
mm.
Sur le fil de montage, torsadez
entre les doigts un dubbing SLF
“green insect”.
Enroulez le dubbing pour former
un corps régulier qui sera arrêté
là où commence le thorax.
De la même façon que pour
l’étape 3, torsadez un dubbing
SLF orange.
Enroulez le dubbing pour former
un thorax.
Rabattre le latex sur le dos de la
nymphe et cerclez la première
partie du corps uniquement
avec le fil de cuivre.
Sur le fil de montage, torsadez
un dubbing d’écureuil naturel
aux poils longs.
Enroulez le dubing sur deux
tours, rabattre à nouveau le
latex, faire la tête et le nœud
final. Pour faire ressortir les
fibres du dubbing, vous pouvez
utiliser un morceau de Velcro (le
côté avec les petits crochets).
A l’aide d’un feutre noir indélé-
bile, vous pouvez également
teindre le thorax.
FOCUS/
montage
Harrop parachute
Une création étonnante du célèbre
monteur américain René Harrop.
L’utilisation d’un dubbing pour for-
mer l’aile d’un montage parachute
est unique en son genre !
Fixer dans votre étau un hame-
çon Tiemco 100 n° 16.
Commencer l’enroulement d’un
fil de montage Hends Grall
beige. Fixer une pincée de
cerques en coq pardo.
Après avoir coupé le premier
centimètre de ce substitut de
herl de condor, le fixer par la
pointe (attention au sens d’en-
roulement, les barbules doivent
être visibles).
Enroulez le herl pour obtenir un
corps. Réalisez un discret dub-
bing gris en taupe SLF.
Sur le fil de montage, placer une
mèche du même dubbing.
La torsader entre les doigts.
On obtient un dubbing compact.
Avec l’index, faire descendre le
dubbing sur le fil.
8 et 9.
Plus on descend, plus le
dubing se met en boule.
10 et 11.
La boule est stabilisée en
passant plusieurs fois le fil de
montage à sa base. La tech-
nique consiste à s’aider de la
main gauche pour tenir le fil de
montage lâche, avant de le ser-
rer d’un coup. Cela évite que la
boule de dubbing ne bouge.
Par le pied et après avoir éli-
miné les fibres duveteuses,
fixer un hackle gris foncé. La
face brillante des fibres devra
se trouver en dessous. Enrou-
ler le hackle sur trois ou quatre
tours. Couper l’excédent faire
la tête et le nœud final.
FOCUS/
montage
Voici une mouche qui a fait rêver bien
des pêcheurs ! Qui n’a pas tourné
dans tous les sens une French Trico-
lore fraîchement achetée chez son
détaillant pour en observer la bril-
lance ? Avec la Peute, il s’agit de la
mouche la plus célèbre de la collec-
tion du “sorcier de Vesoul”. Cyril
Bailly, qui assure le montage de cette
rubrique, à bien connu Henri Bresson
qu’il voyait régulièrement à Rupt-sur-
Moselle et partageait parfois ses
parties de pêche. C’est donc avec
plaisir mais non sans une certaine
appréhension que Cyril a accepté de
se lancer dans le montage de la
“French”. Car il ne s’agit pas d’une
interprétation mais d’une reproduc-
tion la plus fidèle possible du modèle
original. Henri Bresson utilisait des
cous de coqs indiens dont on peut
penser qu’il s’agissait de produits de
piètre qualité, mais il appréciait sans
doute la faible rigidité des fibres
comparée à celle dans bien des cas
excessive des cous américains de
type Metz par exemple. Il est bien
évident que pour ce montage de type
palmer, les hackles sont très impor-
tant car ceux-ci composent 95 % de
la mouche ! La soie de montage
constitue l’autre élément important
car elle reste visible une fois la
mouche terminée. A l’époque du sor-
cier, les soies ultra-fines n’existaient
pas et toutes les mouches étaient
montées avec des soies de type
Gossamer, dont la section ronde avait
un rendu particulier. Pour des soucis
de compatibilité avec des fils fins,
nous avons en revanche choisi d’uti-
liser un hameçon moderne et non un
modèle en fer forgé d’un autre âge.
Cela affecte indéniablement l’allure
de la mouche mais il faut bien vivre
avec son temps…
Un peu passée de mode, la French
Tricolore fait toujours merveille
notamment dans les petites tailles sur
une éclosion de fourmis où lorsque
les poissons voient passer un peu
trop de mouches en CDC !
Ph. B.
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables
modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout
un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font
souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible
d’obtenir un résultat correct.
Comment bien monter les mouches
de légende.
6. La French Tricolore
de Henri Bresson
Photo : DR
FOCUS/
montage
1. Choisir un hameçon Tiemco 100 n° 18 à 12 ainsi
qu’une soie de type Gossamer jaune pour une
French Tricolore claire et rouge pour le modèle foncé.
Commencer l’enroulement au niveau de la tête.
2. Par le pied, fixer un hackle gris moyen Sa face
brillante devra se trouver côté œillet une fois la plume
enroulée. Attention aussi à la longueur des fibres qui
doivent être harmonisées à celle de l’hameçon.
3. Enrouler le hackle sur un tiers de la hampe en
espaçant légèrement les enroulements.
4. Couper l’excédent de plume grise et à l’identique de
l’étape précédente, fixer une plume de coq roux.
5. Enrouler la plume sur le même principe. Couper
l’excédent.
6. Recommencer avec un hackle gris clair qui tire
légèrement sur un bleu très clair.
7. Enrouler la plume sur le tiers restant. Henri Bresson
laissait toujours dépasser un peu de cette dernière
plume.
8. Cette étape est très importante car c’est elle qui
apporte à la fois la solidité ainsi que le côté
légèrement désordonné du modèle. Le fil de montage
est ramené en avant par spires espacées.
9. La version claire avec son corps jaune qui convient
bien en début d’éclosion.
10. La version foncée, souvent excellente au coup du
soir, mais rien n’est systématique en matière de
pêche à la mouche !
French Tricolore claire
longtemps déjà. Dès mon
arrivée sur les berges qui
longent le golf de Huntly,
j’avais repéré plusieurs
truites qui gobaient avec
appétit et qui m’obligèrent
à faire une approche dis-
crète en m’accroupissant
car l’environnement était
parfaitement dégagé. Me
préparant à lancer, je me
mis à pester en voyant arri-
ver quelques promeneurs
avec leur chien qui venaient
vers moi. N’osant pas leur
demander de s’écarter du
chemin, après un courtois
“good morning ”, je les vis
passer devant les truites
qui indifférentes, continuè-
rent leur breakfast en
faisant des ronds dans l’eau.
Je n’en croyais pas mes
yeux, mais par prudence,
de peur de leur couper l’ap-
pétit, je continuai de faire
l’indien. Deux ou trois pas-
sages pour ajuster la mire et
déjà j’étais en train de com-
battre un premier poisson
“very disappointed” !
Extraordinaire joyaux d’ar-
gent, c’était une belle truite
de mer qui termina le
round dans mon épuisette.
Le temps de l’oxygéner
avant de la laisser filer et
déjà les autres s’étaient
remises à table. Durant
toute l’après-midi je leur
servis avec délicatesse
quelques mets “made in
France” qu’elles appréciè-
rent sans le moindre doute.
Je ne sais pas si le plaisir fut
vraiment partagé mais ce
fût pour moi une journée
inoubliable. De retour en
fin de journée à mon « bed
& breakfast so scottish »
situé au-dessus d’un pub
comme il se doit bien fré-
quenté, j’expliquai une
pinte à la main, à qui
voulait l’entendre mon
extraordinaire partie de
pêche et comme le patron
était friand de truites, je
pris commande et lui pro-
mis de lui en ramener deux
ou trois à ma prochaine
sortie.
Le vent s’était levé dans
la nuit ce qui a pu faire
bouger ces poissons très
sensibles aux changements
de temps. En tous cas,
aucune ne montra le bout
de son nez et je fis une
lamentable bredouille…
Sans photos pour prouver
les faits de la veille car les
appareils de poche n’étaient
pas courant à l’époque, je
pense que le patron du bar
a pris le frenchy pour un
jeune fanfaron… Pas du
tout découragé par cette
“fanny” je revins dans le
coin l’année suivante mais
ce fût un semi désastre tel-
lement les eaux étaient
basses. Nous y restâmes
trois jours et seul au “coup
de soir” quelques poissons
montraient leurs museaux.
J’en avais repéré un
(l’unique !) le premier jour
en aval d’un petit pont de
pierre qui faisait quelques
allers retours juste à la tom-
bée de la nuit en gobant
entre ce pont et un gros
rocher immergé. C’était
une truite de mer vraiment
énorme dont je ne crois pas
en avoir vu depuis d’aussi
grosse ! Comme un rituel,
elle faisait sa petite prome-
nade avant la nuit tout en
grignotant, refusant mon
sedge chaque soir du
séjour! Il me restait peut
être juste quatre ou cinq
minutes avant l’obscurité
pour la convaincre de gou-
ter à la friandise que je lui
proposais, lorsque j’enten-
dis derrière moi : “Good
evening Sir, could we see
your permit please ?” Dans
la pénombre, concentré au
possible et seul dans ma
bulle avec ma truite, je
sursautais tout en me
retournant brusquement en
direction de la voix qui
m’interpellait et tandis que
mon regard se dirigeait vers
le garde, tout en bordure de
Page de gauche : La Deveron
sur le parcours de Forglen.
Les éclosions rythment
les journées avec des moments
forts et des périodes où on
a le temps d’admirer la beauté
de cette vallée !
Cours d’eau plutôt calme,
la Deveron se prête surtout
à la pêche à la mouche sèche.
Comme partout en Ecosse dans
les rivières remontées par
le saumon, la pêche à la
nymphe au fil est très perturbée
par les innombrables tacons
qui se jettent sur tout ce
qui passe !
mon champ visuel, je vis le
bec de la truite prendre ma
mouche… Allez savoir
pourquoi, je n’eus même
pas le réflexe de ferrer ou
simplement même, avec
retard, de lever la canne, ce
qui, vu la taille du poisson
aurait surement suffi pour
la piquer ! Le garde m’a
probablement vu blêmir
car ayant lui aussi observé
la scène, comme pour s’ex-
cuser de cette mésaventure
d’un geste de la main mon-
tra son embarras en
refusant de vérifier le per-
mis que je cherchais…
Depuis je ne remis plus les
pieds sur la Deveron ! Sur
une invitation de John,
j’acceptais d’y retourner
quelques jours l’année sui-
vante. Pour être certain de
me convaincre, il m’invita
sur son parcours privé, en
face de son château…
Mi-mai est la période
habituelle où les baetis
prennent le relais et sont
“servies” parfois durant plu-
sieurs heures ce qui
convainc habituellement les
plus réticentes… mais
c’était sans compter avec les
aléas de la météo : air gla-
cial, eaux froides et basses
ne sont habituellement pas
les ingrédients idéaux pour
faire une bonne pêche.
Néanmoins malgré ces
mauvaises conditions dès
que quelques mouches ont
trainé sur l’eau les truites à
l’affut étaient au rendez-
vous. Peut-être qu’il y a des
rivières qui “se donnent”
moins facilement que d’au-
tres. Peut-être qu’il faut le
mériter. C’est, je crois le cas
de la Deveron car son
potentiel est extraordinaire.
La Tweed
Tout en marchant le long
de la Tweed mes souvenirs
vagabondent au gré de ces
eaux qui m’ont offert
depuis trente ans (déjà !)
tant de beaux souvenirs. Là,
sous les ormeaux morts
depuis bien longtemps,
c’est un pique-nique fabu-
leux que nous avons fait
avec des grillades de côte-
lettes d’agneau dont il me
semble encore humer le
parfum et qui avaient sur-
pris les rares pêcheurs qui
trainaient sur ce parcours
peu connu de la haute
Tweed.
Après cette longue pose, je
me souviens avoir pêché
seul une bonne partie de la
journée, mes deux compa-
gnons étant terrassés par la
pêche de la matinée mais
aussi par les si bonnes
bières qu’on trouve en
Où pêcher
Chaque année ou presque, Pedro l’espagnol se débrouille toujours
pour prendre un saumon, parfois par “accident” avec une nymphe
destinée aux truites… Ci-contre l’ombre record des îles Britan-
niques pris par Finlay Wilson. Page de droite, Jean Abad avec une
très belle truite sauvage. La Tweed est incontestablement une
grande rivière !
Ecosse. Durant toute
l’après-midi des dizaines de
milliers de petits sedges
cannelles avaient remonté
la rivière en rangs serrés et
j’avais repéré une énorme
truite qui avait fait deux
gobages si bruyants qu’ils
auraient pu réveiller des
pêcheurs en pleine sieste…
En soirée, après un
petit casse-croute, j’attendis
patiemment qu’elle se
remanifeste avant la nuit.
Ce fut le cas et au premier
lancer, elle prit sereinement
ma petite Peute, puis,
comme si une mouche
l’avait piquée se rua vers le
courant amont. L’endroit,
qui d’ailleurs n’a pas
changé, était sans obstacle
et je la suivis donc tranquil-
lementjusqu’à ce qu’elle se
calme et qu’elle décide de
redescendre le pool sans se
presser. Durant dix bonnes
minutes elle me fit faire l’es-
suie-glace sur une trentaine
de mètres jusqu’au moment
où lasse d’avoir l’impression
de promener un chien en
laisse, pensant que le
manège avait assez duré, en
deux temps trois mouve-
ments me plaqua et se fit la
belle… Enorme erreur de
jeunesse, car j’avais refait
consciencieusement mon
bas de ligne mais avec une
pointe en douze centièmes !
Un peu plus en amont là où
la rivière devient plus
calme, j’ai pu admirer le bal
élégant et inoubliable d’une
loutre avec ses deux petits.
Un peu plus loin encore,
j’aperçus une très grosse
truite qui longeait tranquil-
lement la bordure. Après
quelques minutes d’attente
je la vis revenir tout près de
la berge dans à peine 50 cm
d’eau et lui présentai un
gros plumeau qui pouvait
plutôt imiter un papillon
qu’un insecte aquatique.
Hautaine, indifférente à
mes avances elle poursuivit
avec un train de sénateur
son chemin, puis quelques
secondes plus tard, comme
après mure réflexion revint
déguster avec délicatesse
et confiance mon met
exotique et un tantinet fan-
taisiste.
Si on poursuit juste au
niveau d’une cassure à l’ori-
gine d’un fort courant,
juste à l’endroit où on serait
tenté de traverser la rivière,
il faut se méfier et observer
un moment car bien sou-
vent une grosse truite se
poste à cet endroit. Il m’est
arrivé de passer toute la
durée d’une éclosion à
essayer de la convaincre, en
vain… Chaque fois que je
parvenais à poser la
mouche à 50 cm devant
elle, elle draguait aussitôt et
cela lui clouait le bec
durant quelques minutes.
La seule et bonne solution
aurait été de faire un poser
parachute mais à chaque
tentative la mouche rabat-
tue par le vent se posait au
niveau de sa queue. L’année
suivante, s’y trouvant sure-
ment bien, elle était
toujours au même poste et
sans vent, je n’eue pas de
mal pour la piquer. Mais la
partie n’était pas gagnée,
car elle se précipita dans le
courant et m’entraina avec
elle en aval, où les eaux plus
calmes me permirent de la
fatiguer suffisamment pour
la diriger vers mon l’épui-
sette. Mais elle était si
grosse, ou, restons modeste,
mon épuisette si petite, que
je ne parvins pas la pre-
mière fois à la faire rentrer
dans le filet et à la
deuxième tentative, lasse de
me voir si maladroit, elle fit
un dernier rush vers des
branches immergées salva-
trices.
Il y a aussi cette journée
mémorable, suffisamment
pluvieuse, qui avait mis fin
à une longue période
de sècheresse. Elle avait
déclenché durant sept
heures une éclosion met-
tant en appétit même les
poissons les plus ano-
Le dictionnaire insolent de la chasse (réf. 110 335) : 19
Rabouin. Au bonheur des truites (réf. 110 323) : 19
La pêche en nymphe tchèque (réf. 121 401) : 24
Grandes pêches (réf. 120 435)
PRIX PROMO :
Je ne pêche pas, je m’entraîne… (réf.110 168) : 20
Le Sorcier de Vesoul (réf. 110 155) : 20
Autopsie d’une truite (réf. 140 168) : 18
La Femme Truite (réf. 110 215) : 29
Le Sorcier d’Ornans (réf. 140 175) : 18
Petit dictionnaire philosophique du pêcheur de truites en pédalo (réf. 110 274): 19
La Pêche pour les Nuls (réf. 121 213) : 22,95
La nouvelle pêche aux leurres (réf. 110 288) : 29
Histoires de pêche : Contes et légendes du Moulin du Plain (réf. 110 305) : 29
De la pêche à la nymphe (réf. 110 297) : 29
L’encyclopédie des mouches qui pêchent (avec leurs montages) (réf. 110 310) : 59
Le dictionnaire insolent de la pêche (réf. 110 317) 19
Histoires de pêche : la truite en héritage (réf. 110300) : 15
Histoires de pêche 2 : Saint-Pierre était Belge (réf. 110 315) : 19
Quantité
Total
N° de la
carte bancaire
expire en :
cryptogramme
BON DE COMMANDE – LIVRES – À RENVOYER À :
PÊCHES SPORTIVES, 11, rue de Milan, 75440 Paris Cedex 09
Vous pouvez également commander vos livres sur www.peches-sportives.com
Je règle par :
chèque bancaire à l’ordre de Pêches sportives –
carte bancaire :
Date :
Signature (obligatoire) :
Nom : …………………………………….
Prénom : ………………………………….
Adresse : ………………………………….
………………………………………..….
……………………………. …….….….
……………………………………….….
……………………………………….….
Ville : …………………………………….
Code postal : …………………………….
Pays : …………………………………….
Tél. : ………………………………….….
E-mail : ……………………………….….
……………………………………….….
Frais de port pour 1 article
Frais de port pour 2 ou 3 articles
Frais de port pour 4 articles ou plus
Total de commande
Le Dictionnaire
insolent de la chasse
Éric Joly
Pour ce deuxième ouvrage de la collection Le
dictionnaire insolent, Éric Joly, journaliste, actuel
rédacteur en chef de Voyages de chasse. L’auteur nous
propose une approche originale, insolente, moqueuse
et humoristique. Il présente aux lecteurs la découverte
ou redécouverte du vocabulaire employé dans le monde
de la chasse et qui met à mal la bien-pensance. Ce livre
devrait donc amuser les chasseurs et leur entourage
mais pas seulement, tant le vocabulaire cynégétique
a déteint sur notre langue.
168 pages.
Réf. : 110335
Prix public : 19
Rabouin
Au bonheur
des truites
Jean-Marie Rouffaneau
Histoires de pêche N° 3
La collection Histoires de pêche
s’enrichit cette année d’un troisième
tome. Rabouin est un héritier du
Raboliot de Maurice Gennevoix,
imaginé par cet excellent conteur que
fut Jean-Marie Rouffaneau. Il vous
emmène avec bonheur au pays des
truites imprenables, des poissons
trophées et des histoires de pêche qui
vont avec. Un ensemble de contes et
de nouvelles publié une première fois
pour quelques amis et passionnés en
1985. Rabouin méritait beaucoup
mieux que cette diffusion
confidentielle, vous en jugerez
par vous-même tout au long de ces
176 pages d’histoires à dormir
debout. Au bord de l’eau.
176 pages
Réf. : 110323
Prix public : 19
NOUVEAUTÉS
La pêche en nymphe tchèque
et autres méthodes de pêche à la mouche
Karel Krivianec et ses amis
Ce livre présente la pêche à la « nymphe tchèque »
sous tous ses aspects. Il fait l’historique de cette
technique à ses débuts, nous montre l’évolution des
modèles de mouches, fait le point sur le matériel
nécessaire (canne, soie, bas de ligne…) et nous
présente de très nombreux modèles de nymphes
avec les matériaux nécessaires à leur réalisation.
Réf : 121401
Pour la rédaction de vos annonces, utilisez la grille ci-dessous ou faites une photocopie.
Écrivez en lettres capitales. Une lettre par case. Laissez une case vide entre chaque mot.
Évitez les coupures inopinées en fin de ligne. Pêches sportives étant bimestriel, prévoyez l’envoi
de vos textes en temps et en heure.
•Tarifs. Annonces de particuliers: 6,10
la ligne.
Annonce gratuite pour nos abonnés non professionnels.
Annonces commerciales: 9,15
la ligne (dont TVA 19,6%).
Supplément photo noir et blanc 3 x 4 cm: 68,60
CONTACT ANNONCES AU 01 49 70 12 56
Merci de bien vouloir nous prévenir lorsquune
annonce nest plus dactualité, en utilisant le-mail :
[email protected]
Les petites annonces de Pêches sportives
Vente matériel de pêche
• Vends matériel mouche neuf ou
excellent état. Cannes Boileau
10 p # 4. Prix : 300
. Winston Boron
9 p # 5. Matériel, Sage, Orvis,
moulinets, etc. liste sur demande.
Tél . : 06 45 40 02 16.
• Vends moulinet Pezon & Michel
Luxor 300 (modèle 2010), jamais
utilisé. Prix : 100 euros.
Tél. : 06 08 39 62 47.
• Vends 2 cannes Sage RPL + 9’6 soie
9, montage artisanal ou de série. Très
bon état. Prix : 300
pièce
• Canne Sage RPL + 15’3 soie 10 en
3 brins. 400
. Tél. : 06 80 96 69 79.
• Vends
Nymph Fishing in Practice
Oliver Kite. Édition originale en langue
anglaise de 1963. Très bon état. 60
La Vie selon Gus Orviston
de David
James Duncan. 20
. Très bon état.
Retour en Terre
de Jim Harrison. 15
Tél. : 06 08 49 71 50.
• À vendre livres : pratiquement tous
les grands « classiques » mouche : de
Boisset, Burnand, Ritz, Barbellion,
Vavon (original relié), Phelipot, Halford
Précis mouche sèche
), Pequegnot, etc
(neufs). Gaidy: Éphémères,
Trichoptères (neufs). Schmookler :
tying materials a Natural History,
Forgotten flies
et bien d’autres en
stock…
Prix sur demande avec rabais pour
plusieurs. Cannes et moulinets
« vintage » . Bambou refendu 11, 12, 13,
14, 15 pieds la plupart Hardy des
grandes années, en TBE pour pêche
ou collection…
Également Sharpes spliced, 12, 13,
14p. Cannes Pezon & Michel truites.
Moulinets Hardy: « lightweight »,
St John, StGeorge, Perfect, etc.
ATH (neufs), Billy Pate et SeaMaster…
Pierre Affre tél. : 09 83 06 05 04.
• Sage RPL + 9’ # 10, état neuf aussi
rare que puissante, c’est sans doute la
meilleure canne pour lancer des gros
streamers par tous les temps.
Prix : 380
Sage SPL 080-3 neuve, avec bon de
garantie. Prix : 230
Possibilités photos par Internet.
Tél. : 06 07 78 34 22.
Parcours de pêche
• Domaine de pêche à la mouche
des Fontaines, à une heure au sud de
Lyon, domaine avec rivières, plans
d’eau. Beaux salmonidés. Lodge
chauffé à disposition. Renseignements
Tél. : 04 74 79 06 26.
• Tueda 73 Méribel. Lac de montagne
dans un cadre d’exception. Site vaste
et préservé pour moucheurs du 5 juin
au 12 octobre.
Tél.: 04 79 01 07 51.
www. lacdetueda-meribel.com
• Domaine de la Mordorée,
Charente, réservoir pêche à la
mouche. Black-Bass aux leurres en
printemps/été. Tél. : 06 76 14 38 64.
• Pêche de la truite en Alsace. Stage
adulte et jeune. Chambre et table
d’hôte. www.peche-alsace.com.
Tél. : 06 10 09 63 16 ou
03 88 47 25 74.
Recherche matériel
de pêche
• Cherche leurres Storm Seeker Shad
(suspending) 15 ou 18 cm, coloris fire
tiger, mullet, perche ou RH. Recherche
aussi Storm Kickin Shad.
Tél. : 06 80 96 69 79.