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L’Australie accueillera bientôt la plus grande réserve marine du monde
Le 11 juillet, le ministre de l’Environnement australien,
Tony Burke a annoncé le lancement d’une consultation publique en vue de la
création d’une réserve sous-marine qui deviendrait la plus grande au monde.L’idée est de former un réseau des parcs existants et d’en
créer un certain nombre de nouveaux. Ce réseau formera le plus grand parc marin
au monde, soit 3,1 millions de km2. Le nombre de réserves marines en Australie
passera donc de 27 à 60. Le but est la préservation des nombreuses espèces qui
peuplent ces eaux (baleines, dauphins, tortues, requins, etc.), ainsi que de
ses récifs coralliens uniques. Ces écosystèmes sont fragiles et leur
vulnérabilité a été démontrée par les marées noires et les échouages de bateaux
survenus ces dernières années.Autre danger : le réchauffement climatique entraîne un
blanchissement des coraux. Espérons que ce réseau exceptionnel de réserves
marines parviendra à protéger un espace unique et fragile des dangers qui le
guettent.Andoni Landaburu
Photo : © SP

Nymphe : la pêche à vue au soleil…
Le printemps est derrière nous. Les truites ont appris, comme chaque année, à ne pas se jeter sur la première pheasant tail venue. La pêche estivale pousse le pêcheur à la nymphe à vue à se méfier de tout, y compris de son ombre.
Reflets d’un fil posé sur l’eau, reflets de la canne, impact de la soie, brillance des hameçons, tout doit être pris en compte si l’on veut espérer prendre autre chose que des poissons juvéniles que le temps n’a pas encore transformés en tour de contrôle. Voici ce qu’il faut savoir pour mieux aborder cette pêche très difficile mais toujours passionnante.Par Jean-Christian Michel
Les pêcheurs en nymphe à vue sont des êtres compliqués. Ils pestent contre le ciel gris et les nuages qui durant tout le printemps les empêchent de discerner correctement le fond de la rivière, ils espèrent un petit rayon de soleil pour les aider à lever partiellement le voile sur les secrets du fond de l’eau et voilà que l’été venu, ils considèrent alors qu’il y a trop de lumière ! Ombres, reflets, silhouette qui se découpe en pleine lumière, les salmonidés nous voient venir de loin. Apprenons à jouer avec l’ombre et la lumière pour que ce ne soit pas les poissons qui se jouent de nous !
L’ombre et la lumièreQuand elles ne sont pas dérangées quotidiennement, les truites ne sont pas aussi lucifuges qu’on pourrait le croire. Les truites ne recherchent pas l’ombre pour elle-même mais parce qu’elle constitue un abri. Sous un rocher, sous un arbre, sous l’eau blanche d’un courant, ce qui importe c’est de ne pas être vues des prédateurs, qu’ils soient hérons, pêcheurs ou cormorans.
Leur mimétisme permet de s’accommoder aussi bien de l’ombre que de la lumière. Blanches en pleine eau ou zébrées au-dessus des fonds de galets ; noires quand elles tiennent l’ombre ou jaunes lorsqu’elles reposent sur un lit de sable, le mimétisme constitue l’habit de bon sens avec lequel s’habillent les truites ! Si les poissons s’accommodent de l’ombre et de la lumière, les pêcheurs, eux, ont plus de problèmes lorsqu’il s’agit de ne pas se faire voir : le soleil qui nous éclaire généreusement nous rend aussi discernable qu’un tableau bien éclairé dans une vitrine. Nos gestes et notre silhouette projettent alors des ombres qui balaient le fond de la rivière sans que l’on ne s’en rende compte.
Ombre du pêcheur, ombre de la canne, de la soie mais aussi du bas de ligne et des branches que l’on secoue involontairement en se déplaçant sur la berge… auxquels il convient d’ajouter les reflets de tout ce qui brille ! La meilleure nymphe ajoutée à la meilleure présentation effacent rarement les indices qui ont trahi notre présence.Le plein soleil
L’acuité visuelle d’une truite qui regarde à travers la surface est bien meilleure qu’on ne l’imagine : on pense volontiers que la surface de la rivière sépare radicalement le monde de l’air de celui de l’eau, mais c’est une erreur car c’est bien du même monde qu’il s’agit ! Dans de bonnes conditions de luminosité, les truites nous voient aussi bien que ce que nous les voyons. Je crois même que parfois elles en rigolent intérieurement. Une truitelle est capable de s’envoyer en l’air cinquante centimètres au-dessus de la surface pour saisir au vol un éphémère. Imaginez donc comment elles doivent voir un balourd de soixante – dix kilos ou plus qui fouette comme un pauvre diable ! Les poissons nous repèrent plus par nos mouvements que par notre silhouette, mais il ne faudrait pas croire que l’immobilité puisse suffire à nous rendre invisibles.
Quand après deux ou trois mauvaises dérives leur attention s’est fixée sur vous, il ne sert plus à rien de se changer en statue de cire, ils n’ouvriront plus la gueule ! Un des parcours que je fréquente régulièrement est longé par une promenade très prisée par des joggeurs, promeneurs, jeteurs de pain aux canards et autres jeteurs de jeteurs de pain aux canards. Il ne doit pas se passer cinq minutes sans que quelqu’un ne circule à moins d’une longueur de bas de ligne des truites les plus proches du bord, mais celles-ci restent imperturbables malgré l’affluence.
Par contre, si vous avez le mauvais réflexe de bloquer net votre progression le long de la rive dans l’attitude du pointer à l’arrêt, alors malheur à vous ! Polarisantes, casquette et fleuret de carbone deviennent autant d’indice que les truites savent interpréter, et quand elles restent stoïques, c’est peut-être pire que si elles avaient pris la fuite ! Nos amies mouchetées voient terriblement clair. Le bon réflexe consiste alors à continuer à marcher naturellement en sifflotant… et de revenir à quatre pattes ! La pleine lumière accentue les contrastes et une tenue de camouflage n’est pas d’un grand secours !Les reflets
Effets direct de la pleine lumière, toute surface lisse peut renvoyer un éclat. J’ai toujours été étonné de constater à quel point tout peut briller ou luire dans un équipement de pêcheur à la mouche. Cela va du coupe fil au bouton enrouleur en passant par la montre, les anneaux, le blank de la canne et même le fil. Selon l’angle du soleil, tout est susceptible de briller et si les meilleures peintures mates réduisent ce défaut, elles ne le suppriment pas totalement ! Regardez un confrère fouetter à cent mètres de vous. Vous ne percevrez pas l’épaisseur de sa canne, mais en revanche vous verrez les reflets renvoyés par les anneaux et le blank. Cela peut devenir pathétique : être vu à cent mètres et croire que la fario qui se tient à un jet de bas de ligne ne nous voit pas ! Nous sommes tellement émerveillés devant l’apparition d’un poisson et entraînés par notre geste que nous en perdons toute retenue. Apprenons à prendre un peu de recul et à nous dédoubler pour nous regarder comme de l’extérieur. Souvent ce petit temps d’arrêt avant l’action peut éviter bien des maladresses.
Quand on a fait fuir la seule truite de la journée avant d’avoir pu lancer, ce goût pour la réflexion devient une seconde nature ! Le plus surprenant est que même les cannes les plus mates renvoient des reflets, et ne parlons pas des modèles vernis ! Plutôt que de sortir tous les ans des modèles de canne à mouches dotées d’actions révolutionnaires (jusqu’à la collection suivante !) nos fabricants préférés ne pourraient-ils pas commencer par produire des modèles VRAIMENT mats ? En attendant, je vous conseille de fouetter à l’ombre ! Après le plein soleil et les reflets, c’est à l’ombre qu’il faut être particulièrement attentif en été.
L’ombre est à la fois une alliée et une ennemie selon qu’elle nous aide à nous cacher ou qu’elle trahit notre présence. Bien évidemment, on essaiera de se tenir à l’ombre chaque fois que c’est possible, et pour une fois, en été, confort et efficacité se rejoindront. Quand ce n’est pas le cas et que l’on est contraint de se tenir enplein soleil, il faudra porter une attention toute particulière aux ombres que nous projetons au fond de l’eau en nous déplaçant, qu’il s’agisse de l’ombre de notre silhouette ou bien de celle de notre canne. Une fois de plus, il ne faut pas voir que le poisson au fond de l’eau, mais plutôt tout l’environnement que nous modifions lorsque nous sommes en action de pêche. Pour cela, la lenteur et la patience sont les meilleurs alliés.
Un détail que l’on soupçonne rarement consiste dans l’ombre qu’une pointe en dix centièmes peut projeter sur les galets d’une gravière. Les longues pointes, les posés détendus et l’emploi de nymphes non-lestées ne permettent pas toujours au nylon de s’immerger rapidement, même si l’on a pris soin de le dégraisser correctement au préalable.
Pour qu’il disparaisse sous l’eau, il est alors nécessaire que le poids de la nymphe l’entraîne peu à peu, mais il n’est pas rare que la moitié de la pointe reliée au porte-pointe reste comme engluée à la surface sans pouvoir la percer. Ce modeste dix centièmes projette alors une ombre énorme au fond de la rivière. Sous un mètre d’eau le trait d’ombre qui balaie les galets mesure plusieurs centimètres.
Les truites n’ont qu’à le suivre pour savoir où se trouve la mouche qu’elles doivent refuser ! Si sur un fond de rivière sombre et semé de galets ce n’est pas un drame, en revanche, dans une eau cristalline au fond sableux ou sur ces dalles uniformes mises à nu par le blocage « durable » des galets dans les barrages voués à l’hydroélectricité, l’ombre de la pointe du bas de ligne devient aussi visible que celle de la canne.
Dans ce cas, il peut être judicieux de changer sa façon d’aborder le poisson en choisissant la rive la plus propice.
Ainsi, on ne supprime jamais l’ombre mais on parvient à la tenir à l’écart du poisson et à éviter qu’elle ne le couvre.
Détail qui dans certains cas peut suffire à conserver l’effet de surprise d’une nymphe… au lieu de l’annoncer ! Lorsqu’on réfléchit à la manière d’atténuer l’ombre du bas de ligne, on pourrait s’attendre à ce que les fils en fluorocarbone soient décisifs. Les photos parlent d’elles-mêmes. Les fluorocarbone sont vendus pour être invisibles dans l’eau, en revanche ils ne le sont pas plus que les nylons lorsqu’ils sont englués dans la pellicule de la surface ! Ils coulent effectivement mieux qu’un nylon, mais seulement lorsqu’ils sont parvenus à passer cette première barrière ! L’argument commercial d’un indice de réfraction proche de celui de l’eau n’est d’aucune pertinence lorsque le fil est posé à la surface.
Bien évidemment il est utile de dégraisser au maximum la pointe,(en ayant soin qu’elle ne s’enroule pas sur la soie qui vient d’être graissée afin d’obtenir une bonne glisse !) mais cela ne suffit pas toujours à la faire couler.
Une fois de plus la solution viendra de notre façon d’aborder le poisson, de plier notre bas de ligne et de présenter une nymphe légère et qui ne drague pas. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Mais c’est peutêtre justement pour cette raison que la pêche à vue est aussi passionnante.
Le cas de la Sarine
La Sarine, affluent de l’Aar, coule en Suisse dans la région de Fribourg. Historiquement, son régime nivoglaciaire était caractérisé par des débits importants en été, en raison de la fonte des neiges, et un débit faible en hiver lié à l’accumulation des précipitations sous forme de neige en montagne. Ses crues dévastatrices étaient redoutées et son débit d’étiage était soutenu, de l’ordre de 15 à 20 m3/s. La rivière était donc difficilement franchissable, à tel point qu’elle a formé une frontière linguistique bien connue.
Le peuplement de poissons décrit par les témoignages historiques des pêcheurs était essentiellement salmonicole : saumon, truite et ombre. Toutefois, du printemps au début de l’été, des migrations de reproduction très abondantes de barbeaux et de hotus étaient observées au niveau de Fribourg et sur les principaux affluents.
De la fin du 19e Siècle jusque dans les années 1970, 6 gros barrages (de 16 à 83 m!) ont été construits pour produire de l’hydroélectricité tout au long de son cours. Son régime hydrologique originel a donc été progressivement modifié : le débit d’étiage a été réduit drastiquement. Pendant de longues années, il était même nul en aval du barrage de Rossens et seuls les affluents assuraient un écoulement minimal en basses eaux… Aujourd’hui, en fonction des secteurs et de la gestion des barrages, un débit minimal variant entre 2.5 et 12 m3/s est observé.
L’occurrence des crues a été chamboulée. Les crues quinquennales morphogènes ont ainsi été réduites de près de 60% et depuis trente ans aucun de ces épisodes qui façonnent les habitats des cours d’eau n’a pu être observé. Seules deux grosses crues d’occurrence cinquantennale et centennale sont survenues en 2005 et 2007, engendrant au final plus de mal que de bien dans une rivière qui n’avait plus l’habitude de déborder… Les impacts morphologiques de cette artificialisation du régime hydrologique peuvent être mis en évidence à l’aide de photographies aériennes. Le lit d’étiage multiple de la Sarine, originellement en tresse, s’est transformée en chenal unique. L’absence de crue morphogène a profité à la végétation qui a progressivement colonisé et fixé les plages de galets ou de graviers. Additionnée au piégeage du charriage dans les barrages, une nette diminution du transport solide est intervenue et a vraisemblablement provoqué un élargissement du lit mouillé à l’étiage. En d’autres termes, la nature des habitats aquatiques de la Sarine a été totalement transformée. Cet exemple de la Sarine n’est pas unique. De nombreux cours d’eau de notre territoire, ayant subi le même type d’artificialisation de leur régime hydrologique par l’édification de barrages régulateurs de crues. Ce type de rivières ont vu leurs lits et les habitats aquatiques associés largement modifiés par ces aménagements : Aude amont, Durance, Verdon, Dordogne, Truyère, etc.
La réglementation et le débit minimal
La loi de 1919 sur l’énergie hydraulique a introduit la notion de débit réservé en aval des prises d’eau pour préserver le milieu aquatique. Mais il faut attendre la loi pêche de 1984 pour voir fixer des valeurs dites « planchers » en dessous desquelles il n’est pas possible de descendre. Ces valeurs normatives se basent sur une proportion du débit moyen interannuel, appelé module, généralement le 1/10ème ou le 1/20ème.
La loi sur l’eau de 2006 a introduit une notion nouvelle : la possibilité de moduler le débit minimal en fonction des périodes de l’année, de manière à pouvoir ajuster, le cas échéant, ce débit à l’hydrologie naturelle des cours d’eau concernés.
Cette disposition pour les bas débits ne permet cependant pas de compenser l’absence de crues en aval des grands barrages, qui régulent les écoulements des cours d’eau sur lesquels ils sont implantés.
Les crues : la respiration des cours d’eau
L’importance d’un débit minimal à maintenir dans un cours d’eau, condition nécessaire au maintien de la vie aquatique, est bien comprise de nos jours : sans eau, pas de poissons ! Mais ce n’est pas suffisant. Un cours d’eau a besoin aussi de crues pour son bon fonctionnement. Essayons donc d’y voir un peu plus clair en tentant de répondre à cette question : pourquoi les dévastations récurrentes qu’elles provoquent sont elles utiles ? Et, en prenant pour exemple la Sarine, voyons concrètement ce qui se passe si l’on supprime les crues dans un cours d’eau…
Par Guy Périat et Sylvain Richard
Le débit des cours d’eau est depuis toujours un sujet de discorde. Lors des périodes de sécheresses, agriculteurs et pêcheurs sont à l’affût pour le partage des dernières gouttes d’eau, mais en cas de crue, d’autres problèmes surgissent : champs et caves sont inondés, ponts et routes submergés et malheureusement aussi parfois ce sont des drames humains qui s’accomplissent. Tous ces évènements sont fréquemment relatés et commentés dans la presse, mais pas toujours de manière équitable, et très vite, les cours d’eau sont oubliés… jusqu’à la prochaine inondation !
La notion de régime hydrologique
La première question que l’on peut se poser en arrivant au bord d’un cours d’eau est tout naturellement celle de l’origine de toute cette eau qui ne cesse de s’écouler. S’il est évident de concevoir que les précipitations sont à l’origine du débit, il n’en est pas moins intéressant de constater queAinsi, si certaines réagissent instantanément par l’apparition de petites crues subites, d’autres exigent plusieurs jours de pluies abondantes pour enfin voir leur débit augmenter. En période de sécheresse, l’eau continue de s’écouler dans les cours d’eau dits permanents alors que les déversoirs occasionnels s’assèchent. En montagne, en raison du manteau neigeux, les débits sont faibles en hiver. En plaine, c’est l’inverse et les dégâts causés par les crues sont souvent différents d’une vallée à l’autre. Les caractéristiques des fluctuations des débits sur une période donnée – autrement dit l’hydrogramme – sont donc propres à chaque cours d’eau. Il s’agit en quelque sorte d’une empreinte digitale hydraulique, appelée par les spécialistes le « régime hydrologique ».
Si chaque rivière possède son régime hydrologique particulier, des regroupements peuvent cependant être effectués en fonction des saisons d’apparition des différents types de débits :
– les cours d’eau à régime glaciaire affichent des débits très faibles en hiver, élevés en été, et leurs crues les plus extrêmes interviennent en période de canicule.
– Les rivières à régime hydrologique nival sont à l’étiage en automne et en hiver. Au printemps et au début de l’été, l’apparition des hautes eaux est la conséquence de la fonte des neiges.
– Enfin, le régime hydrologique pluvial se caractérise par des fluctuations de débit directement liées à l’occurrence des pluies. Ainsi, en Europe, les hautes eaux apparaissent en principe au printemps et à l’automne. Beaucoup de cours d’eau possèdent cependant des régimes hydrologiques mixtes et il est très fréquent d’observer une succession longitudinale de leur hydrologie.
Le Rhône par exemple est d’abord à régime glaciaire, puis nival, pour tendre finalement vers le pluvial. Ainsi, chaque région possède une caractéristique hydrologique singulière, définie localement par le climat, la nature géologique des sols et les précipitations.Les débits façonnent les lits des cours d’eau
Les hydrologues différencient les débits de basses eaux et les débits de hautes eaux. Le débit d’étiage est le débit minimum d’un cours d’eau. Il détermine la largeur du lit mouillé, c’est à dire le chenal d’écoulement en permanence en eau. La plupart du temps, une notion de fréquence, journalière ou mensuelle, permet de préciser la récurrence de ce débit. Ainsi, la loi sur l’eau définit le débit d’étiage comme étant le débit mensuel d’étiage qui intervient en moyenne tous les cinq ans.
Les débits de crues peuvent être classés en plusieurs catégories en fonction de leur période de retour :
– La crue annuelle, ou débit de plein bord (c’est-à-dire avant débordement), est l’événement hydrologique qui intervient en moyenne tous les ans. Ce débit délimite le lit mineur du cours d’eau, c’est à dire le lit mouillé additionné des bandes latérales de galets et graviers trop fréquemment inondées ou exondées pour que de la végétation dense puisse se développer.
– La crue quinquennale, qui intervient en moyenne une fois tous les cinq ans, caractérise le lit moyen du cours d’eau. L’énergie déployée par ce débit est suffisante pour mettre en mouvement le matelas fluvial composé de graviers et de galets et pour arracher la végétation.
Il est donc essentiel au modelage de l’habitat piscicole. C’est pour cette raison que ce débit est couramment appelé « crue morphogène ».
– La crue centennale, qui intervient en moyenne une fois tous les cent ans, est utile pour délimiter les zones à risques d’inondation, soit le lit majeur du cours d’eau, lit majeur à l’intérieur duquel d’ailleurs toute construction est dangereuse car susceptible de subir les effets dévastateurs d’une très forte crue pouvant arracher et déplacer des arbres centenaires.Du régime hydrologique à la notion d’habitat
Les différents débits observés confèrent donc une énergie au cours d’eau, qui va dépendre de son type de régime hydrologique. En fonction de ce niveau d’énergie, les caractéristiques de la morphologie du lit d’étiage au lit majeur seront différentes. Quatre styles de lits fluviaux sont couramment distingués par les géomorphologues :
– À chenal unique rectiligne : lit typique d’un cours d’eau à très haute énergie, à forte pente et à granulométrie grossière. Cette forme est celle des hautes vallées encaissées des régions montagneuses glaciaires.
– À chenaux multiples en tresse : lit caractérisé par des bancs d’alluvions non végétalisés, séparant différents chenaux fréquemment remaniés par les crues. Cette forme est typique des basses vallées glaciaires ou des régions à régime hydrologique tranché, présentant un fort transport solide.
– À chenal unique méandriforme : lit de forme sinueuseavec des berges partiellement végétalisées, résultant d’une énergie et d’un charriage relativement limité. Cette forme est typique des régions collinéennes et de plaine.
– À chenaux anastomosés : lit caractérisé par la stabilité des chenaux à direction aléatoire, avec une granulométrie fine et une végétation dense. Cette forme est typique des régions à très faible pente arborant de nombreuses zones humides.Un cours d’eau, en fonction de sa position dans la vallée, voit se succéder sur son linéaire plusieurs styles fluviaux différents. Les ruptures de pente ainsi que les passages en gorges ou encore les confluences compliquent quelque peu cet enchaînement. Il n’est donc pas rare de rencontrer des inversions, comme un secteur à méandres précédant un tronçon rectiligne ou en tresse.
Par extension, le régime hydrologique est donc à l’origine de l’agencement des éléments constitutifs de l’habitat aquatique tels que la vitesse de courant, le transport solide et la végétation ; A chaque niveau d’énergie correspond donc un grand type d’habitat.
En cas de très forte énergie, le substrat est grossier et fréquemment remanié par de violentes crues qui interdisent un développement végétal conséquent. Le lit mineur est donc étendu et l’habitat aquatique principalement constitué d’éléments minéraux baignés de forts courants.
En cas d’énergie moins extrême, les sables et les graviers dominent et constituent un terreau idéal au développement de forêts alluviales denses, résistantes à l’occurrence de crues modérées. La largeur du lit mineur reste donc proche de celle du lit mouillé. L’habitat aquatique est ainsi majoritairement structuré par des éléments végétaux (racines, hydrophytes et bois morts).
Les espèces aquatiques se sont adaptées à ces contraintes naturelles. Ainsi par exemple, pour les poissons, chaque type fluvial possède son cortège d’espèces adaptées aux conditions du milieu. Sur les secteurs d’eaux vives, la forme des poissons est allongée. Si la température reste fraîche l’ombre et la truite dominent. Si en revanche l’eau s’échauffe, c’est le paradis du barbeau et du hotu. Sur les secteurs anastomosés ou à méandres très lents, le gardon, la perche, la brème et le rotengle, poissons de corpulence plus massive, sont majoritaires.
En conclusion, le régime hydrologique va régir, en fonction de son énergie, la forme du lit mouillé d’étiage et donc la nature des milieux aquatiques associés. Il influe donc directement sur la biodiversité que l’on rencontre dans nos cours d’eau. Dans ce sens, les crues représentent un « outil hydraulique » essentiel. Elles nettoient le matelas fluvial, entretiennent le développement de la végétation des berges et du lit et agencent la mosaïque des substrats. Elles peuvent donc être considérées comme les véritables architectes des rivières. Leur occurrence est une symphonie propre à chaque cours d’eau qui a mis des milliers d’année à se composer et qui continue à s’accorder. La crue est une forme de respiration morphologique. Il est donc logique d’être inondé en construisant dans le lit majeur des rivières. C’est de cette manière que les cours d’eau bâtissent l’habitat du poisson. Et toute artificialisation des débits de crues a, en conséquence, un impact majeur sur la faune et la flore aquatique
Pêches Sportives Vidéo n°28 : Pêche du brochet aux leurres sur le lac du Bourget et à la découverte du Chéran
1. Pêche du brochet aux leurres sur le lac du Bourget (Savoie) avec Quentin Dumoutier
Quentin Dumoutier fait partie des meilleurs spécialistes de la pêche du brochet aux leurres sur les grands lacs alpins. Il nous dévoile sa stratégie pour aborder les grandes étendues d’eau en trouvant de multiples repères afin de pêcher le plus juste possible. Recherche des bancs de poissons fourrage, positionnement du bateau, choix du matériel, techniques d’animations des leurres, tout est passé en revue par Quentin, qui a choisi de nous emmener sur les 4450 ha d’eau du très beau lac du Bourget.
2. A la découverte du Chéran (Haute-savoie) avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
Rivière discrète à l’accès confidentiel dans les gorges, le Chéran est surtout connu des pêcheurs locaux. Ses eaux claires en été sont propices à la pêche à la mouche sèche et à la nymphe à vue. Pascal Grillet et Stéphane Jan, deux membres de l’AAPPMA de l’Albanais nous font découvrir ce magnifique cours d’eau peuplé de truites sauvages. Plus difficile qu’au printemps, la pêche d’été demande une approche très discrète ainsi qu’une longue observation des poissons et de leur mode d’alimentation. Une pêche authentique dans le cadre grandiose des gorges du Chéran

Inde, Gaspésie, Norvège : trois bons plans pour l’été !
Migration annuelle de l’homo touristicus oblige, vous avez des envies de départ bien légitimes. Et comme vous êtes en plus pêcheur, ce sont les rivières, les lacs et les rivages inconnus qui vous attirent. Voici une petite sélection de ces voyages qui font rêver…
Québec : pêcher le saumon en canot traditionnelNous avons déjà parlé dans nos colonnes de ce petit bout de paradis québécois, dans ce pays sauvage où l’eau est omniprésente et les poissons légion : la Gaspésie. Fondée en 1952 au coeur de la Gaspésie, au Sud-Est du Québec, par M. Mc Whirter, la Pourvoirie des Lacs Robidoux propose aux pêcheurs à la mouche (exclusivement) de venir séduire les imposants saumons atlantiques qui remontent les rivières Cascapédia, Petite Cascapédia ou Bonaventure.
Salmo salar n’est pas l’unique habitant du lieu et il est possible également de pêcher dans ces rivières et dans le Lac Ribodoux des saumons noirs (à partir du mois de mai), des ombles de fontaine et des truites de mer. Les gérants de la Pourvoirie des Lacs Robidoux proposent un tout nouveau produit : interprétation du saumon en canot sur la Bonaventure. Vous pourrez pêcher le saumon à bord d’un canot traditionnel en cèdre de 26 pieds de long, découvrir les beautés cachées de cette belle rivière et parfaire vos connaissances sur le fameux salmonidé. Un périscope permettant de suivre au plus près les tribulations du poisson. Egalement au programme, la Baie des Chaleurs et ses secrets bien gardés.
Les prix comprennent le forfait pêche, le logement dans un chalet complètement équipé sur le bord du lac Robidoux, un guide professionnel pour deux pêcheurs et tous les transports terrestres pour accéder aux différents lieux de pêche.Renseignements :
Représentation en France :
Christian Roulleau 06 18 37 03 86
Mail : [email protected]
Himalaya : les truites les plus hautes du mondeL’Himachal Pradesh, Etat du Nord de l’Inde, dans les contreforts de l’Himalaya, est un territoire d’eau et de poissons. Notamment depuis que le colon britannique, ne sachant que faire entre deux crises de paludisme, s’est évadé dans le frais climat de la montagne et a introduit dans ces rivières quelques truites où il a pu enfin exercer ses talents de moucheur. Ces truites se sont bien acclimatées et peuplent aujourd’hui bon nombre de cours d’eau de la région. Une nouvelle structure propose de vous emmener à la rencontre de ces poissons et de découvrir une culture montagnarde et authentique : Hi&Fly. Créé ce printemps par des passionnés de pêche à la mouche et de voyages, Hi&Fly ambitionne de faire découvrir au plus grand nombre une région du mondeencore méconnue des pêcheurs français. Le voyage de pêche se découpe en expéditions de 3 ou 4 jours autour de campements sur les rivières ou en résidence dans des villages reculés. La pêche s’effectue par groupe de deux pêcheurs accompagnés d’un guide.
Pour avoir eu la chance de parcourir les rivières d’Himachal Pradesh, je ne saurais que conseiller un voyage fascinant tout autant pour ses parties de pêche que pour la découverte d’une civilisation plurimillénaire qui donne à l’altérité de subtils accents épicés et l’enveloppe d’un épais mystère.
Hi&Fly pratique le catch & release exclusivement. De toutes façons, occire de la truite, c’est mauvais pour votre karma ! A noter qu’une offre de lancement a été créée pour les 10 premiers pêcheurs à 1800 euros par personne sur une base de 16 jours de prise en charge depuis Delhi jusqu’aux lieux de pêche.Expéditions Hi&Fly automne 2012 :
10 au 27 sept – 1 au 17 octobre (les dates peuvent être sensiblement modulables en fonction du lieu de votre arrivée)
Renseignements :
[email protected]
flyfishinghimalaya.com
Norvège : Gatti Fishing Tours, une autre façon de concevoir la pêche du saumon en région arctiqueRien de plus ennuyeux que de passer une semaine sur un seul et même parcours lorsque les saumons sont soit absents, soit non mordeurs.- Les parcours sont en effet rarement bons au même moment et réagissent différemment aux conditions météo -. C’est pourtant ce qui se passe le plus souvent, car les parcours sont loués à la semaine.
Pour sortir de ce schéma, Gatti Fishing Tours propose une formule novatrice, basée sur la mobilité. Par quel moyen ? En camping-car, à la manière des “steelheaders” purs et durs de Colombie Britannique.
L’extrême nord de la Norvège à été retenu pour vivre cette expérience unique, avec la longue et majestueuse Tana, qui compte parmi les trois rivières les plus productives de Norvège avec la Gaula et la Namsen. Ce programme a été établi en collaboration avec l’un des meilleurs connaisseurs des rivières du nord du 70ème parallèle, en Laponie norvégienne (et pêcheur averti). D’autres rivières et affluents peuvent aussi être pêchées selon les conditions rencontrées. La formule, un peu sportive et nécessairement conviviale, s’appuie sur le déplacement et l’hébergement en camping-car, permettant de changer de rivière sans contrainte avec un confort d’utilisation hors norme dans cette contrée désertique qu’est la Laponie Norvégienne. Un voyage très original à partager avec un ami ou entre un père et son fils.Prix conseillé : 3300 euros par base de 2 pêcheurs pour 7 nuits et 6 jours de pêche.
Renseignements :
Gatti Fishing Tours, 36 rue Victor Basch, 94300 Vincennes
Tél. : 01 41 74 60 10 ou 01 58 64 09 04.
www.gattifishingtours.com
Éloge de la déconcentration par Philippe Boisson
Comment expliquer que pour certaines techniques de pêche comme la pêche aux leurres ou la pêche à la mouche du saumon atlantique, plus de la moitié des touches ont lieu lorsque l’esprit du pêcheur est occupé par autre chose que le moment présent ? Pêche-t-on mieux lorsqu’on tripote son téléphone portable ? Ou quand le regard et l’esprit vagabondent ? Indéniablement oui.
Par Philippe Boisson
Vous pouvez lire l’intégrale de Duborgel, apprendre par coeur toutes les méthodes d’animations des leurres, vous pouvez aussi être concentré de la première à la dernière minute de vos parties de pêche aux carnassiers, une bonne part de vos prises le seront uniquement lorsque votre esprit est complètement accaparé par autre chose que la pêche. Dans notre avant dernier DVD, Maxime Ferron nous en fait une très belle démonstration avec une touche de silure en direct. Lui qui d’ordinaire y croit en permanence, anime sa cuiller constamment, se trouve le temps de quelques lancers complètement ailleurs. Il se contente de ramener son leurre mécaniquement, assez lentement. Les animations ont disparu. Maxime est là sans y être vraiment. Et bam, c’est la touche et la prise d’un silure pour qui cette “absence” du pêcheur semblait convenir.
Toutes les pêches aux leurres sont concernées par l’efficacité inexpliquée de ces phases de déconcentration. Les pêcheurs de sandre en verticale sont parmi les premiers touchés par ce phénomène. Combien de fois, la touche se produit-elle alors que l’esprit vagabonde ? Combien de fois a t-elle lieu au moment où l’on cherche ses cigarettes, répond au téléphone, envoie un sms aux copains pour dire justement que la pêche n’est pas terrible en ce moment ? Dans ce cas, le leurre n’est plus animé de façon mécanique de haut en bas. La canne suit bêtement les mouvements du corps qui cherche le téléphone ou les cigarettes. Observez bien cela si vous pêchez à plusieurs dans un bateau. Au bout du fil, le leurre adopte alors un comportement qui est infiniment plus naturel que celui dicté par la méthode consciente d’animation. Même constat pour les pêches aux leurres en lancer/ramener du brochet, de la perche, du sandre, du silure, du saumon ou du bar. La part de touches qui surviennent au moment où on s’y attend le moins n’est pas du tout anodine. Si l’on fait les comptes sur une saison, elles doivent au moins représenter 40 ou 50 % du total, sinon plus.L’école des rêves
Essayons d’analyser ce qu’il se passe dans ces moments-là. Le cerveau du pêcheur est en service minimum puisque l’esprit est très occupé à penser à autre chose. Du coup, le suivi du fond n’est plus garanti. Le leurre vit sa vie plus librement, explorant des zones de la couche d’eau que notre esprit conscient lui aurait interdites. Il est évident que les poissons pris lors de ces moments de déconnexion du cerveau ne sont pas des coups de chance, loin de là. Cela nous indique parfois la présence de poissons mordeurs à des profondeurs différentes de celles qui nous semblent les plus favorables. En observant les pêcheurs déconcentrés, on remarque deux choses essentielles : la vitesse de récupération décroît et les animations deviennent soit inexistantes, soit sont de moindre amplitude.
Ajoutons à cela une “souplesse” générale dans la récupération, doublée parfois d’une hésitation qui ne doit pas être sans effets aguicheurs ! Notre esprit rationnel désinhibe plus souvent qu’on ne le croit l’agressivité des poissons. Il entrave la libre prospection des leurres dans une masse d’eau en leur imposant un schéma très artificiel. Selon l’hypothèse freudienne sur l’inconscient, l’essentiel de la vie psychique de l’homme est constitué et déterminé par l’inconscient. La théorie du pionnier de la psychanalyse fait en quelque sorte l’apologie de l’inconscient, mettant en évidence le fait qu’un être humain est loin de pouvoir contrôler tout ce qu’il fait. Pour certaines techniques de pêche, cet inconvénient se transforme alors en avantage. Peut-être apprend-t-on à pêcher dans nos rêves, méthode qui prend alors le relais lorsque l’esprit divague ? Mystère.
Le cas de la pêche du saumon à la mouche noyéeJ’ai souvent assez mal vécu le succès rencontré par des novices lors de séjours de pêche au saumon de l’Atlantique. J’entends par novices, des pêcheurs qui pour certains avaient appris quelques jours plus tôt seulement à tenir une canne de 15 pieds et qui pour la plupart, n’avaient jamais pêché quoi que ce soit auparavant. Rien n’est plus dangereux pour un saumon qu’un débutant à la pêche en général. Tous les saumoniers ont connu des situations, où, quoi qu’on fasse, le grand poisson n’est intéressé que par les mouches lancées n’importe comment, qui parfois se trouvent à la remorque de la soie ou, au contraire, traversent le pool à la vitesse de la lumière en faisant du surf ! Le saumon, animal anadrome qui fréquente les rivières sans s’y nourrir dans le seul but d’assurer la pérennité de l’espèce, constitue le parfait exemple de l’efficacité pour sa pêche de la déconcentration. Je suis surtout un pêcheur de truites, et pas n’importe lesquelles. Des sauvages, des imprenables, des Bac + 10 qui décèlent le moindre micro dragage de la mouche immanquablement. La recherche quotidienne du posé parfait, de la dérive inerte, a profondément conditionné ma façon de poser une soie et un bas de ligne dans un courant. Inconsciemment, je me débrouille spontanément pour que l’ensemble échappe ensuite au dragage. J’ai mis vingt-cinq ans à être formaté ainsi. Lorsque s’est présenté l’occasion de pêcher le saumon à la mouche noyée, j’ai pratiqué – non sans un certain plaisir – le lancer avec des cannes à deux mains dans le but de faire mordre des saumons en Écosse, en Islande, au Québec ou en Norvège.
Si j’ai eu quelques résultats, j’ai aussi connu des pêcheurs débutants qui à la fin de la semaine comptaient trois fois plus de prises que moi.
Mon défaut inconscient consiste à toujours guider la mouche, à la ralentir, pensant qu’il n’est pas normal de ne pas “bien” pêcher. Mes dérives de pêcheur de truites “bloquent” les saumons même s’ils sont mordeurs, alors qu’une mouche qui passe vite sans tenir compte des veines de courant suffit à déclencher l’attaque. Albert Drachkovitch a sans doute connu des expériences du même genre. Elles l’ont poussé à écrire une phrase qui sent bon la frustration : “le saumon est un poisson idiot et sa pêche l’est au même titre”. Par son mode de vie, le saumon n’est pas un poisson comme les autres. Il demande une approche radicalement différente de celle qui fonctionne avec les autres poissons. Depuis que j’ai compris mes erreurs, je m’efforce de corriger le tir en faisant l’inverse de ce qui est naturel pour moi. Les périodes de déconcentration sont fréquentes lorsqu’on pêche le saumon. Sur la plupart des parcours, on peut espérer une touche par jour, parfois un peu plus, souvent un peu moins. Dans mon cas, toute déconcentration me fait pêcher naturellement, c’est-à-dire comme un pêcheur de truites sauvages. C’est donc l’inverse d’une déconcentration “normale” comme celle qui touche les pêcheurs de carnassiers aux leurres.
Aux innocents les mains pleinesN’y aurait-il pas un livre entier à écrire sur les succès insolents des débutants ? Avec le brochet, c’est en effet un classique. Et cela ne se constate pas uniquement avec les enfants. Un novice ne tient compte, ni du vent, ni du courant, ni du relief du fond, encore moins de la température de l’eau, ne se soucie pas de l’évolution de la Lune dans son calendrier céleste et pourtant, là aussi, les résultats parlent d’eux-mêmes ! Ce sujet particulier, traité sans doute pour la première fois, soulève de nombreuses questions et m’amène à m’interroger sur notre façon de pêcher, de plus en plus formatée et mécanique. Si certains pêcheurs sont semble-til gratifiés d’un don inexpliqué, c’est peut-être celui qui consiste à pêcher plus librement, sans vouloir en faire trop. Ou alors sont-ils tout simplement de grand rêveurs…

Nouveauté 2012 : Gilet Pro version III Field & Fish
Marque française installée en Haute-Savoie, Field & Fish fait aujourd’hui partie du paysage dans le petit monde de la pêche à la mouche. Lui-même pêcheur à la mouche, Frédéric Leroy tenait à proposer un gilet fonctionnel et agréable à porter quelles que soient les conditions rencontrées au cours de la saison. Cette version III du gilet Pro apporte également quelques détails techniques très appréciables.
Par Philippe Boisson
Dans l’équipement du pêcheur à la mouche, le gilet tient une place particulière, car il intervient grandement dans l’efficacité de la pêche. Il doit se faire oublier, mais en même temps permettre de ne rien oublier parmi les multiples boîtes, bobines et accessoires dont on ne saurait se passer. Les gilets “intelligents” comme l’on dit aujourd’hui, représentent un véritable défi pour les concepteurs qui rivalisent d’astuces pour créer le plus parfait. A ce petit jeu, Field & Fish, société française, ne manque ni d’idées, ni d’envies. La version III du gilet Pro en est l’illustration, car elle se distingue des autres gilets par une conception différente. Tout d’abord, un système de réglage par sangle permet de toujours pouvoir l’ajuster convenablement quelle que soit la façon dont on est habillé en dessous. Une excellente idée pour pouvoir utiliser son gilet en étant parfaitement à l’aise autant en été qu’en plein hiver. De même, pour l’enlever lorsqu’on est habillé ou pour pêcher en conditions hivernales, il suffit d’ouvrir les deux sangles latérales et de le tirer par le haut. Par rapport à l’ancienne version, le patch accroche-mouches a été revu. Désormais plus épaisse, la poche qui le contient comprime moins vos artificielles. Un système de ventouse avec enrouleur apporte en outre une sécurité pour ne pas perdre ses chères boites à mouches. Au niveau des épaules, un matériau extensible aide à mieux supporter le poids du gilet en “ordre de marche”. Présent sur les salons, Field & Fish sait rester à l’écoute des pêcheurs pour améliorer chaque nouvelle version de ses produits. La marque propose également des vestes de wading, des waders et des vêtements de randonnée. Elle applique la règle éco-responsable du 1% pour la planète. Les textiles utilisés sont issus du recyclage de bouteilles en plastique, une démarche que les pêcheurs à la mouche ne manqueront sûrement pas d’apprécier.
Le gilet Pro dans le détail
• Toutes les fermetures Eclair sont des zips YKK garantis deux ans.
• Les quatre poches du bas sont munies d’un passant permettant d’accrocher le système à ventouse pour éviter de perdre ses boites.
• Système « camel pack » pour poche à eau.
• Sur le devant , dix poches horizontales dont : sur le bas quatre grandes poches avec système exclusif de serrage, deux poches plus petites pour bobines de fil avec système exclusif de sortie du bas de ligne au travers d’une pastille néoprène avec un système de fixation interne de la bobine de bas de ligne, sur le haut, quatre petites poches avec système exclusif de serrage.
• Poche accroche-mouches avec double partie d’accroche plus fermeture magnétique.
• Système accroche-mouches et lunettes.
• Deux poches verticales externes.
• Deux accroche-accessoires ressort.
• Deux poches verticales internes avec chiffon.
• Un système accroche-bouteille pour huile de flottaison.
• Une poche pour pince intérieure.
• Une poche pour clef intérieure.
• Une poche étanche intérieure.
• Une grande poche intérieure dos en « mesh ».
• Dos amovible comportant deux poches.
• Mousse col et dos haute densité et haute résistance.
• Poignée de transport.
• Ceinture dos ajustable pour équilibrer le poids du gilet.
• Longueur du dos : 38 cm.
• Poids : 600g.
• Tissu extérieur ripstop 100 % polyester recyclé avec apprêt déperlant durable.
• Tissu intérieur mesh 100% polyamide.Prix conseillé : 159 euros.
Site du fabricant : www.vetements-peche-mouche.com
