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  • Challenge interdépartemental de pêche des carnassiers « Henri Hermet »

    Challenge interdépartemental de pêche des carnassiers « Henri Hermet »

    La Fédération de pêche de la Haute-Vienne organisera les 13
    et 14 octobre, sur le lac de Saint-Pardoux, une manche du Challenge Interdépartemental de
    pêche des carnassiers « Henri Hermet ». Cette compétition de pêche en bateau par
    équipe de deux est ouverte à tous, à la condition d’être équipé d’un bateau
    (avec assurance et équipements de sécurité) et d’une carte de pêche. Le plan
    d’eau de 330 hectares riche en brochets, perches et sandres accueillera cette
    manche du challenge 2012.

    La précédente édition avait réuni 40 équipes et 147 poissons
    avaient été capturées avant d’être remis à l’eau.


    Renseignements
    et inscriptions :

    05.65.68.20.91 ou [email protected]

  • Isère : 3e  édition de la compétition de pêche des carnassiers en float-tube

    Isère : 3e édition de la compétition de pêche des carnassiers en float-tube

    La 3e
    édition de la compétition de pêche des carnassiers en float-tube
    organisée par la Fédération de pêche de l’Isère se déroulera le 14 octobre dans
    un nouveau lieu, suite à une mésentente entre pêcheurs et la base de loisirs du
    plan d’eau des Roches-de-Condrieu. Le spot choisi est le plan d’eau du Grand
    Lône à Pontcharra (38530). Le concours est limité à 70 participants, donc si
    vous êtes intéressé, prenez rapidement contact avec Philippe Crouzet, l’organisateur. Si vous ne possédez pas
    votre propre float-tube, la Fédération de pêche de l’Isère possède quelques
    engins à prêter le temps de la compétition.


    Renseignements :

    http://www.peche-isere.com/page.php?page_name=competition-float-tube-2012

    Philippe Crouzet : 06 73 45 96 64

  • Micros Jigs : Maria Mucho Lucir

    Micros Jigs : Maria Mucho Lucir

    Dans la série des micros jigs, le Maria Mucho Lucir est l’un des plus appréciés. Il existe en deux tailles, 5,5 et 6,8 cm pour des poids de 25 ou 45 g selon le modèle. Adopté par les pêcheurs de bars, il peut tout autant séduire les percidés. En effet, il a la taille d’un classique poisson d’étain mais à la différence que sa nage est beaucoup plus variée. A la descente, il papillonne rapidement ce qui pousse les perches, et encore plus les sandres à s’en saisir à ce moment précis. A vous de garder un oeil sur la tresse pour voir les touches.
    Il s’avère, même s’il n’a pas été conçu pour cela, être un redoutable preneur d’aspes, à condition de le ramener le plus vite possible pour qu’il surfe en surface. Pas très logique pour un leurre destiné à explorer les grands fonds, mais bougrement efficace ! Tout bon pêcheur de carnassiers se doit d’avoir quelques jigs dans ses boîtes car certains jours, ils supplantent les leurres souples et les meilleurs poissons nageurs, ne serait-ce que parce qu’ils se lancent beaucoup plus loin.


    Conseils d’utilisation :

    En jigging sous le bateau, tirées plus ou moins rapides et relâchés contrôlés en ayant toujours en vue la bannière. Certains pêcheurs remplacent le triple par un petit “assit hook” (hameçon simple monté sur tresse).

    Prix conseillés : 9,50 et 11 euros selon la taille, trois coloris disponibles.

  • Nouvelle : « L’heure de leurrer sans ferrer » par David Sayagh

    Nouvelle : « L’heure de leurrer sans ferrer » par David Sayagh

    C’était un soir de printemps doucement ensoleillé. Lors de son footing hebdomadaire, Didouche profitait du vent doux sur lequel dansaient les feuilles des peupliers qui bordaient un cours d’eau particulièrement caillouté.
    Intrigué par une ligne qu’il voyait voltiger, légère, s’étendre comme se déploie la lumière, pour enfin se poser comme un souffle d’air, le jeune sportif s’était arrêté au bord du sentier qui longeait la partie ombragée de la rivière. A la pointe d’un arbuste densément feuillu qui gisait au milieu du cours d’eau, une tige noire aiguisée, solide et flexible, se balançait en cadence comme une branche régulièrement chahutée par deux vents contraires.
    Essoufflé, les mains sur les genoux, Didouche fixait attentivement l’arbuste. Imaginant la silhouette du pêcheur qui s’y dissimulait, il vit en l’espace d’un instant le feuillu prendre une apparence humaine. Déguisé d’une tenue de camouflage « naturéaliste », le buisson imitait ainsi la technique d’un fin pêcheur à la mouche.
    L’attention du jeune spectateur se détourna peu à peu de la scène que la tromperie rendait trompeuse. En remontant jusqu’à son extrémité la soie du pêcheur « 100 % naturel », ses yeux perçurent la mouche, une minuscule éphémère noirâtre. « Sans doute une imitation de fourmi ailée » marmonna-t-il. Il lui suffît de lever tête pour que la vue d’une éclosion confirmât son intuition.

    En rabaissant les yeux, Didouche vît que le soleil n’éclairait plus qu’une infime partie du cours d’eau, dessinant un maigre croissant de lune à la surface de la rive opposée. C’est dans cette zone que venait de se poser le microscopique leurre plumé. Le pêcheur qui n’avait montré de lui-même que sa cachette, était embusqué à seulement cinq mètres de l’atterrissage.
    Posté à plus de 20 mètres, le jeune jogger vivait la scène comme s’il eut été la mouche. Il décida de s’accroupir quand soudain il aperçût l’ombre massive d’une truite se diriger lentement vers l’artificielle. La respiration coupée, il estima à au moins 60 centimètres la taille de cette fario. Difficile d’être précis de sa position mais il n’avait jamais vu un poisson de cette taille dans cette rivière. Sans se presser, le salmonidé se dirigea vers la fourmi ailée avant de s’arrêter brusquement, d’ouvrir la bouche et de happer la mouche dans un silence qui permît au jeune sportif d’entendre avec discernement l’accélération de ses pulsations.

    « ooooOOH » s’exclama le jeune spectateur tout en recouvrant son cri de sa main droite, « il n’a pas ferré ! Pourquoi ? Pourquoi n’a-t-il pas ferré ? Il l’a bien vue, il n’a pu que le voir, il ne pouvait que la voir ! » Didouche était un pêcheur comme les autres pêcheurs en no-kill et c’est avec fierté qu’il aurait ferré un tel trophée. Le temps d’une photo, et il l’aurait remis à l’eau.
    Il n’eût plus qu’une idée en tête, il fallait qu’il vît ce pêcheur décidément étrange qui demeurait invisible. Tel un éclair, il sprinta en trombe, franchissant un rocher puis des ronces comme des haies qu’il pouvait renverser, pour se retrouver rapidement les pieds dans l’eau. En se dirigeant vers l’arbuste, il perçût que le soleil n’éclairait plus l’eau fraîche de la rivière qui éclaboussait ses genoux griffés par les rosacées. Avant qu’il n’atteignît la cachette, il vît que la ligne du pêcheur avait disparu et fît la connaissance de Monsieur Michel.

    « Bonjour Jeune homme », déclara le vieil homme tout en se découvrant, « Bonjour Monsieur » répondît Didouche qui ajouta sans attendre : « pourquoi n’avez vous pas ferré ? » « Tu n’as pas bien observé mon garçon » répliqua Monsieur Michel tout en rangeant sa mouche dans une boîte transparente. Sans hésitation le jeune jogger bondît : « J’ai très bien vu, j’ai tout vu, ne me dites pas que vous ne l’avez pas vu !? Une truite d’au moins 60 centimètres s’est saisie tranquillement de votre mouche, et vous n’avez pas ferré ! » « C’est vrai » confirma le vieil homme sans rien ajouter, profitant d’un long silence pour enfiler les trois brins de sa canne dans leur fourreau.
    La confusion commençait à se lire sur le visage de Didouche qui insista sur un ton hésitant : « Vous… vous l’avez bien vu, mais alors pourquoi, pourquoi n’avez-vous pas ferré ? » Sans rien répliquer, Monsieur Michel lui tendît sa boîte transparente. Aussitôt qu’il s’en saisît, le jeune sportif fût frappé de stupeur.

    Parmi les dizaines d’imitations d’araignées, de sedges, de palmers… que renfermait cette boîte, aucune n’était montée sur un hameçon ! Tracassé, il agrippa une poignée de ses cheveux qu’il tira aussi fort qu’il fût bousculé d’incompréhension et s’exclama : « Pourquoi !? » En se rapprochant du jeune homme comme pour inspecter son visage, le vieil homme exposa : « J’ai pêché pendant longtemps sans trop me poser de questions jusqu’au jour où je me suis rendu compte que ce que j’aimais le plus dans la pêche aux leurres, c’était leurrer. Pour moi l’heure était venue de leurrer sans ferrer ».

    David Sayagh

  • Quelques références de swimbait hooks

    Quelques références de swimbait hooks

    Powerline Texan Twisted
    La dynamique marque française Powerline est une des rares sinon la seule à proposer un swimbait hook fortement lesté (mais pas uniquement). Modèle présenté 4/0 pour 20g. La forme du plomb produit un effet planant. Pour les pêches profondes du brochet en lac par exemple sur des massifs d’herbiers.

    VMC Barbarian
    Sa forme convient aux leurres très fins comme le Gary Yamamoto Senko.


    Owner 5167 W

    Très bon modèle pour les shads dont le corps est peu volumineux et mou (Reins Rock Vib par exemple).

    Lake Fork Swimbait Hook
    Un modèle très large et lesté conçu pour les swimbaits articulés de la marque.


    Owner 5132

    Observez bien l’inclinaison de la pointe de cet hameçon et comparez la avec celle du Owner Beast. Quelques degrés d’écart, mais cela change beaucoup de chose lorsqu’on pêche dans les bois immergés. La pointe étant mieux protégée, on évite ainsi quelques accrochages.

    Gamakatsu Super Lock
    L’autre géant japonais de l’hameçon pour les leurres propose aussi des modèles de swimbaits hooks de très bonne facture.


    Owner Twist Spinner

    Une version à palette pour la prospection de zones aux herbiers isolés. On obtient ainsi un shad à palette qui passe partout sans encombre.


    Owner Beast

    Ce modèle, qui existe en version lestée ou non est incontestablement une référence. Le système Twist Lock, tout comme la large ouverture de la hampe sont deux avantages. Pour la pêche dans les bois immergés, préférez lui le Owner 5132, dont la pointe inclinée passe beaucoup mieux.


    Owner Twist Lock

    Ce système est aussi vendu séparément, ce qui permet de le monter sur d’autres hameçons.

    Owner Shaky Head
    Forme particulière qui permet d’installer un leurre fusiforme. La pointe de l’hameçon est piquée dans le corps du leurre, mais ne le traverse pas. Visiblement, le système du ressort se généralise.

    L’offre des lestages disponibles (poids, formes et dispositions) s’élargit de plus en plus. A vous de trouver ceux qui conviennent aux leurres que vous utilisez.

  • Swimbaits hooks : des hameçons texans qui ont du ressort !

    Swimbaits hooks : des hameçons texans qui ont du ressort !

    Généralisés depuis la mise sur le marché du leurre souple articulé Imakatsu Javalon, les gros hameçons texans n’ont cessé de s’améliorer pour finalement aboutir aux récents modèles dit swimbaits hooks (hameçons pour leurres nageurs).

    Par Jean-Marc Theusseret

    Les hameçons texans sont destinés aux leurres souples pour une utilisation dans les herbiers et les bois morts. Ils sont de ce fait l’une des composantes majeures de la pêche aux leurres modernes. Les modèles classiques, avec leur forme en S juste derrière l’oeillet, n’assurent pas dans bien des cas une bonne tenue du leurre et, de plus, contribuent à réduire la surface dégagée entre la pointe de l’hameçon et le S, ce qui entraîne de regrettables décrochés. Les hameçons swimbaits développés par les grandes marques d’hameçons japonaises ont réglé le problème en modifiant la forme et surtout en imaginant un astucieux système de fixation du leurre en forme de ressort. La pointe du leurre se visse sur le ressort. Il est ainsi fixé fortement, mais le ressort reste mobile. A la touche, il s’escamote et dégage ainsi toute la place disponible de l’ouverture.
    Loin d’être un simple gadget, ce système est très efficace. Vous avez d’ailleurs pu vous en rendre compte en regardant le DVD du n° 90 consacré au brochet. Il s’agissait du Owner 5132 Twist Lock et du Owner Beast lesté, associés à des shads. D’autres marques en proposent également comme Gamakatsu, Eagle Claw ou Mustad, tout comme certains fabricants de leurres comme Lake Fork. Certains sont lestés sur la courbure de sorte que le leurre puisse couler. Devant le succès du fameux petit ressort et face à la demande des pêcheurs, ce système est aujourd’hui appliqué à d’autres formes d’hameçons pour la pêche du black-bass dont profitent également les pêcheurs de brochet. Ce qui n’était au départ qu’un petit accessoire qui servait à mieux faire tenir les gros shads sur un hameçon texan est en traind’être décliné à tous les types d’hameçons de ce type. Et cela permet de pouvoir les utiliser avec des leurres aux formes diverses, car ces hameçons, aussi performants soient t-ils, doivent être rigoureusement choisis pour ne pas entraver la nage d’un leurre tout en permettant de bonnes chances de ferrer efficacement.
    Dans le cas d’un tandem réussi, les décrochages sont finalement peu nombreux, autant avec les black-bass qu’avec les brochets. De quoi réconcilier les pêcheurs avec les hameçons texans, car beaucoup craignent la perte de poissons au ferrage.

    Le rôle du lestage

    Les swimbaits hooks sont conçus pour faire nager un leurre souple à l’horizontale dans la couche superficielle. Les lests sont modérés, de 2 à 5 g environ et rarement d’avantage. En France ils servent surtout à faire évoluer un leurre souple dans les nénuphars et autres plantes aquatiques sur des zones peu profondes. La plupart des modèles lestés sont d’ailleurs très efficaces pour la pêche dans les herbiers et particulièrement dans les nénuphars, car le leurre nage autant en surface qu’un peu en dessous à la moindre trouée d’eau libre. Si la taille de l’hameçon est adaptée à celle du leurre, celui-ci doit nager parfaitement en ligne et doit même afficher une grande souplesse de nage, bien plus réaliste que derrière une classique tête lestée qui souvent le bride. Certains shads nagent mieux que d’autres avec les swimbaits hooks. Ceux qui ont une densité plus importante que l’eau ont clairement un avantage. C’est le cas notamment du Sawamura One Up Shad, des Gary Yamamoto Swimbait, et Swimming Senko. La plupart des autres shads sont en simple plastique, matériau qui manque de souplesse et qui ne s’immerge pas réellement sans l’aide d’un lest.
    Seule leur forme détermine leur équilibre dans l’eau et dans bien des cas ces shads sont assez mal équilibrés. Il est étonnant que l’élaboration de leurres souples plus denses que l’eau n’intéresse pas plus les fabricants. Les seuls modèles existants s’arrachent partout dans le monde tant ils donnent de bons résultats. Même les copies sont mauvaises, car seule la forme est généralement copiée.


    Le prix de l’innovation

    Seul défaut de ces modèles, leur prix élevé, d’environ 7,50 à 8,50 euros les trois hameçons en taille 6/0 ! En bateau ou en float-tube leur perte est toutefois rarissime.
    Le plus grand risque étant de se faire couper par les brochets dans le cas ou ils avalent le leurre. Un bas de ligne en titane très fin, qui ne boucle pas est alors préférable au fluorocarbonne, qui contrairement à ce que l’on croit, se coupe très facilement sous la dent d’esox, même en 70/100.

  • Franck Choron guide de pêche dans les Côtes d’Armor

    Franck Choron guide de pêche dans les Côtes d’Armor

    La
    saison 2012 est déjà bien engagée
    pour Frank Choron, guide
    moniteur de pêche basé
    à Lézardrieux dans les Côtes
    d’Armor. Son terrain de
    jeu s’étend autour des estuaires
    du Jaudy et du Trieux.
    Il englobe l’île de Bréhat,le
    sillon de Talbert et les mythiques
    Roches Douvres situées
    à plus de 20 miles au
    large. Frank peut vous initier

    à
    de nombreuses techniques de
    pêche du bar et du
    lieu et vous guider au coeur
    du dédale d’îles et de têtes
    de roche de cette côte somptueuse
    aux courants puissants
    qu’il connaît parfaitement.

    N’hésitez
    pas à le contacter
    pour une simple partie
    de pêche sur une marée
    ou une plus longue session
    avec bivouac sur une
    île par exemple.

    Renseignements :

    Tel
    : 06 61 75 06 66

    [email protected]

    www.guidedepecheaubar.fr

  • Domaine du Moulin Neuf

    Domaine du Moulin Neuf

    Situé à 50 minutes au nord de Metz, le Domaine du Moulin rouvrira ses portes aux pêcheurs à la mouche à partir du premier novembre 2012 jusqu’au 1 mars 2013 inclus. Sur un plan d’eau d’un hectare avec 1 km de rives, alimenté par la rivière Crusnes, la pêche peut être très variée suivant les conditions météorologiques : sèche en Novembre, streamer et train de chiro en décembre, pêche à vue en janvier et boobies en février.

    Trois chambres d’hôtes sur le thème de la pêche accueillent les pêcheurs avec table d’hôte les soirs de week-end (ils y a deux restaurants à proximité). Cela peut être aussi un très bon pied à terre pour la pêche d’arrière-saison de l’ombre dans la Chiers à 10 minutes, la Sûr Luxembourgeoise à 1 heure ou faire un saut à Sommedieu à 40 minutes.

    Renseignements : http://www.domainedumoulinneuf.com

  • Montana dream

    Montana dream

    Anonyme. Traduit de l’américain par Jessie Michel

    Chez nous, dans le Montana, on aime les filles et la bagarre. On aime aussi les alcools forts, mais moi ce que je préfère, c’est la pêche à la truite. Tenez, l’autre matin, je sais plus pourquoi, je me suis retrouvé à roupiller à l’arrière de la Ford pick-up de mon pote Jimmy. Je dormais profondément quand mon vieux farceur de compagnon a mis un coup de première et que j’ai roulé au torrent avec mon couchage :
    – « C’est malin, Jim, me v’là trempé…»
    – « Pour sûr cow-boy. Avec ton fourreau, tu m’fais penser à ces traîne-bûches qu’aiment à boulotter les truites ! Pendant qu’t’es dans l’eau, regarde donc voir s’il y’a des exuvies accrochées aux pierres… Cela ressemble un peu aux bas qu’une bonne femme aurait laissés sur une chaise, mais sans la bonne femme dedans, tu comprends ? »
    – « J’en ai déjà vu, Jim, je ne suis pas sot… Oh ! en v’là !… Et des belles ! Le coup du soir a dû être terrible ! »
    – « C’est possible… cela nous laisse une douzaine d’heures pour monter quelques mouches et boire de l’alcool fort avant le prochain coup du soir. »
    – « Ow ! Ow !» Que je lui fais.
    – « Ow ! Ow ! Ow ! » Qu’il me répond.
    Quand j’ai eu fini de ramper le raidillon avec mon couchage, je me suis senti un peu patraque. Jimmy baillait aux mouches depuis longtemps. Il reposait surla banquette, la nuque renversée et les pieds coincés sous le tableau de bord poussiéreux.
    – « Fichu coyote à foie jaune, veux-tu bien te réveiller ! Où se trouve donc l’étau ? J’en ai b’soin, Jim, ne fais pas semblant de dormir… Ce ne serait pas chic de ta part de me laisser dans l’embarras. Je n’ai que mes mouches à permit et les truites n’en voudront pas. »
    – « Il est dans la boite à gants, » répondit-il sans ouvrir les yeux… « Mais avant, prends nous donc une bouteille d’alcool fort, il est grand temps de déj’ner. » Nous avons partagé en bons camarades jusqu’à ce que l’esprit des indiens Sans-Sous envahisse nos têtes. Leur hululement inventait de curieuses vallées entre nos oreilles frémissantes et des milliers de porte-bois nous regardaient entre les galets avec les yeux fraternels de la nature. Nous étions bien fusionnés. Même l’aube violette me semblait à l’envers. En fait, je n’y voyais plus grand chose.
    – « Peux-tu me rappeler le protocole de montage de cette fameuse mouche que tout les bad boys du Montana affectionnent ? » – « Tu veux parler de la Banion numéro six ? »
    – « J’ai déjà entendu ce nom quelque part…»
    – « C’est Red Brown qui m’en a confié le secret alors qu’il était papoose. Il te faut un numéro six… Puis… rrrrrrrrrrr. » J’ai pris un hameçon dont la taille était comprise entre zéro et vingt et j’ai tenté de le glisser dans le mors de l’étau, mais l’appareil refusait obstinément le fer.
    – « Nom de dieu, Jimmy, il ne serre rien du tout ton fichu machin ! »
    – « Actionne donc le levier… cela permet quelque fois d’écarter le mors… Sur un coup de bol, l’hameçon peut entrer…
    – « Ma foi, tu dis des choses vraies… Je crois que ça a marché ! » La Banion numéro six, c’est une grosse sèche qui ressemble à une blatte croisée avec le tu-tu d’un danseur étoile. Ça flotte du tonnerre dans les rapides et ça se voit bien. Ne me demandez pas pourquoi, mais moi, ce jour-là, j’ai voulu y ajouter une bille en laiton.
    Ce n’était pas facile car l’hameçon était bien en place et que je ne me sentais pas d’actionner le levier à nouveau, de peur de ne pas arriver à le remettre. Alors j’ai pris la plus grosse bille que j’ai trouvée dans mon nécessaire de montage et je l’ai enfilée par l’oeillet en la poussant bien au fond de la courbure. Ensuite, j’ai vidé la moitié de mon tube de Cyanolit dessus et j’ai fait ce que j’ai pu pour ligaturer généreusement l’ensemble. Après, je ne me rappelle pas. Je me suis réveillé quelques heures plus tard avec le portebobine dessiné sur la joue et un toupet de poils de renard collé à l’index. Jimmy dormait sur le capot, les bras en croix. J’ai craint un instant qu’il ne s’enflamme tant il était imbibé.
    – « Réveille-toi vieux frère », lui dis-je, « Tu as accumulé beaucoup trop de Farenheit sur ta peau. L’alcool qui coule dans tes veines peut te transformer en torche et ce serait bien triste. Asseyons-nous à l’ombre d’une bouteille et méditons sur la précarité des choses humaines…» Nous sommes restés ainsi adossés à la bagnole en picolant et sans décocher un mot. Le jour est passé par-dessus nous sans qu’on le voie.
    Enfin, le soleil commença lentement à décliner et les truites de la green big black foot sortirent de leurs cachettes à mesure que l’ombre spirituelle s’appropriait la rivière et les êtres. Jimmy avait piqué quelques artificielles sur son stetson et il s’était frayé un chemin jusqu’au milieu de la rivière en jouant des coudes entre les insectes. Un essaim de mouches Banion numéro six labourait la rivière. Jimmy, larve parmi les nymphes, avait trouvé sa place.
    Je me suis alors rendu compte que j’étais resté dans la voiture et qu’il était temps pour moi de participer à la féerie. Mais quelque chose me retenait. Ah seigneur Dieu ! Je m’étais inconsciemment ligaturé le pousse sur l’étau et avec toute la fichue colle par laquelle j’avais arrosé mon montage, plus moyen de s’en défaire. Il n’était pas concevable de fouetter correctement avec cet étau ligaturé à mon poignet. J’ai bien essayé de lancer en faisant la biellette comme me l’avait appris un grand sachem, mais il n’y avait pas moyen.
    – « Regarde ce qui m’arrive, vieux frère, j’ai b’soin de ton aide ! »
    – « Fichu maladroit, en voilà une de jolie gourmette… Pas le temps de t’aider, ça gobe ! »
    – « Tu n’es pas un bon camarade, Jimmy. Les truites mangent comme des folles et toi tu laisses un ami en plein désarroi ! … Coupe-moi ce fichu doigt ! Nom de Dieu, coupe-moi ce fichu doigt que je vienne avec vous ! »
    – « Dis donc, cow-boy, t’es un dur où une chiffe molle ? Ton père ne t’a donc rien appris ? Débrouille-toi et arrête de faire peur aux insectes ! Le couteau est sous le siège. » Une fois la plaie cautérisée à l’allume- cigare, je n’ai plus pensé qu’à la rivière et à ses veines contre mon corps. Dessaisi de moi-même mieux que par l’alcool, les eaux de la rivière oubliée faisaient de moi une partie vivante de la nature.
    Jimmy se tenait sur l’autre rive de ce nirvana halieutique. Je n’aurais pas dû lui tourner le dos, car il choisit le point paroxystique de la contemplation pour me balancer une bouteille d’alcool beaucoup trop fort. Je la reçus en pleine tête.
    – « Ow ! Ow ! Ow ! – Désolé, vieux frère, je ne voulais pas te blesser ! »
    – « Tu m’as fait un mal de cheval ! » – « Bois donc une rasade pour te remonter. » Je parvins à neutraliser cet objet contondant sans trop de peine, mais après, sensibles à la beauté du soir, nous n’avons plus beaucoup pêché. J’ai bien senti une belle tirée alors que ma mouche draguait plein aval en traversant un rapide. Après une brève bagarre, Jimmy se posta derrière un rocher avec l’épuisette et il parvint à pocher ma capture, mais nous fûmes déçus tous les deux car il s’avera que ce n’était que ma Banion qui avait bouclé sur le bas de ligne.
    Ensuite, nous nous sommes assis sur un rocher à contempler les reflets de la lune qui dansaient sur les courants et j’ai commencé à murmurer quelques vers (de poète) : « Sur l’onde noire et calme où dorment les étoiles, la belle Ophélia flotte comme… »
    – « Ta gueule.» – « N’aimes-tu donc point les belles lettres, Jimmy ? Un pêcheur ne peut pas être insensible à ce genre de choses…»
    – « Tais-toi, j’ai entendu un bruit… Là, derrière les buissons… C’est p’t-être bien une bande de cougars qui tente de nous prendre à revers. On m’a raconté des histoires terrifiantes à propos de ces bêtes. Le vieux Dicky s’est fait attaquer du côté de Soornet Valley. Depuis le pauvre homme est infirme. »
    – « Je suis armé, Jim, j’ai le vieux colt que m’a offert P’pa pour mes six ans…» Jimmy avait raison. Une silhouette sombre et légère apparut à quelques mètres de nous avant de se dévêtir et de rentrer doucement dans le torrent mutin. Il me sembla que son corps effleurait les reflets de la lune avec la douceur des baisers des truites.
    – « Oh la belle bête, ce n’est assurément pas un cougar… Je la r’connais, c’est Miss Harper ! Vois ces cheveux de lune… Elle fut ma maîtresse lorsque j’avais cinq ans. »
    – « Crois-tu ? J’ai un doute. Elle me semble bien charpentée la Miss…»
    – « Non, c’est-elle. On dit qu’elle aime la nature et qu’elle ne se lave qu’à l’eau des rivières…»
    – « Du moment qu’elle se lave…»
    – « N’ayez pas peur, Miss Harper, nous ne sommes que deux cow-boys qui aiment à musarder la nuit au bord des rivières. Ne prenez pas ombrage de notre présence, nous ne sommes pas de ces mal-pensants qui regardent les dames se dévêtir sous la pleine lune… Si l’obscurité ne vous effraie pas et que vous acceptez d’être notre camarade, nous pouvons partager un verre d’alcool fort… « Va donc chercher un verre pour Miss Harper, une dame qui se respecte ne doit pas boire à la bouteille…» Ensuite Miss Harper prit place à nos côtés et ce fut la plus charmante nuit étoilée qu’on ait connue dans le Montana. Un torrent de vie et de douceur courrait et s’enroulait entre les étoiles comme entre les rochers de la green big black foot. Je crois bien que, cette nuit, la rivière se confondait avec la voie lactée… mais dans ma tête tout resta très confus, rapport à ce maudit alcool fort. Un rêve indien habitait ma cervelle : j’étais un hibou perché sur une branche et bercé de ses propres hululements.
    Au matin, Miss Harper avait disparu avec la légèreté d’un songe. Nous fumes tout raides d’effroi lorsque nous tombâmes sur Jo qui campait un peu plus bas(1).
    La morale de cette histoire, car il en faut toujours une, c’est que quand on est un cow-boy du Montana, on a raison d’aimer les filles et la bagarre et qu’on a encore plus raison d’aimer la pêche à la truite. Mais je vous en conjure, jeunes gens, l’ivresse de la pêche se suffit à elle-même… En tout cas, depuis cette histoire, je peux vous dire que je n’ai jamais plus touché une bouteille d’alcool fort. Ouais.

    (1) : cf Mark Twain : Jo Harper, plus connu sous le nom de Jo l’indien.

  • Un moucheur dans la brume

    Un moucheur dans la brume

    Comment pêcher à la mouche lorsqu’on est malvoyant ? Cela peut paraître en effet impossible de manipuler de fins nylons, d’accrocher sa mouche, de percevoir les gobages et de réussir à tromper la méfiance des truites. Ludovic Delacour est un homme de défi, toujours motivé lorsqu’il s’agit de dépasser ses limites. Portrait d’un pêcheur dont le talent ne se mesure pas qu’à la longueur des truites qu’il prend.

    Par Philippe Boisson

    Ludovic Delacour est atteint d’une maladie congénitale qui a touché sa vue, réduite à 2/10ème sans vision binoculaire. Âgé de 37 ans aujourd’hui, Ludovic a construit sa vie autour de son handicap. Sa vie professionnelle bien sûr, mais aussi familiale et même celle de ses loisirs. Lorsqu’il était enfant, l’Éducation Nationale avait prévu des classes communes pour les malvoyants et les déficients mentaux et il lui fallut attendre d’être en CM1 pour suivre enfin le cycle normal. Bac avec mention en poche, il est aujourd’hui cadre B de l’Etat Major des Armées. Son rêve aurait été de devenir ingénieur motoriste, car il a toujours été passionné de sport automobile, mais sa déficience visuelle lui interdit de conduire ou même d’être co-pilote. Son goût pour la pêche remonte à l’enfance, dans les environs de Grenoble, sur les bords de la Romanche où il pratiquait la pêche au toc avec son père. Ludovic tient la ténacité qui l’anime dans tout ce qu’il fait, de l’attitude de son père qui l’a toujours poussé à s’adapter à son handicap et à trouver des solutions à chacun des problèmes qu’il rencontrait.
    Ludovic m’a donné rendez-vous au bord d’une de ses rivières favorites. Son « Paradis » comme il dit. Les truites montent volontiers en surface au printemps sur ce petit cours d’eau peu large qui favorise la pêche à courte distance, mais qui en revanche demande une bonne perception de l’environnement lors des lancers car les arbres sont partout. Il faut un peu de temps pour comprendre comment la pêche à la mouche peut être pratiquée par un malvoyant. Chaque lancer, chaque geste, demandent en effet beaucoup de concentration, d’effort et d’abnégation. “Dans 90 % des situations, je ne vois pas ma mouche sur l’eau. Je me sers de la soie comme repère et ensuite j’observe une zone assez large sur laquelle j’espère déceler un gobage dans le périmètre présumé où dérive ma mouche” explique Ludovic. Tout est complexe pour lui et surtout la manipulation des fins nylons lorsqu’il faut refaire son bas de ligne. “J’utilise surtout les contrastes pour m’aider à faire les noeuds et une soie claire qui, posée sur l’eau, se détache des autres couleurs. En théorie, ma vue ne compte que 2/10ème, mais depuis ma naissance, mon cerveau cherche en permanence à interpréter les choses sous forme de repère/mémoire,comme par exemple les associations forme/silhouette. C’est surtout durant les toutes premières années de son développement que le cerveau s’adapte petit à petit en compensant”.
    Tout comme les autres sens de perception des choses qui chez lui sont décuplées. “Tu as entendu le gobage en aval de nous ? ” me dit-t-il. “Non, mais je te crois sur parole ! ”. Nous marchons sur un sentier improbable jonché de rochers et de racines lisses. Je glisse à deux reprise, lève les yeux, Ludo à pris trente mètres d’avance sur moi en une ou deux minutes… Au début des années 2000, Ludovic pêchait exclusivement la basse rivière d’Ain dans les environs de Priay. Pour un pêcheur à la mouche sèche, cette rivière est assez aléatoire et présente globalement peu d’opportunités.
    Depuis quelques saisons, les cours d’eau de montagne ont sa faveur car les gobages sont infiniment plus nombreux, même si les truites y sont beaucoup plus petites. “Je me fiche de la taille des truites que je prends. Si l’endroit est sympathique et qu’il y a de l’activité en surface, cela suffit grandement à mon bonheur. J’ai du mal à comprendre les pêcheurs qui font la gueule parce qu’ils n’ont pas vu une truite de 60 cm de la journée. Ils ne sont pas conscients de la chance qu’ils ont d’être en pleine possession de leurs moyens, au point qu’ils n’apprécient plus le simple fait d’être dans un bel endroit avec des amis.” Au cours de cette journée passée ensemble, Ludovic prendra quatre truites, de tailles modestes, mais très honorables pour cette rivière. Je lui ai donné quelques “combines” qui lui simplifieront les choses, tout comme Marcel Formica (l’acteur du DVD de ce magazine) qui l’a incité à utiliser des mouches parachute au toupet blanc et au hackle roux. Ludovic distingue en effet bien mieux les choses contrastées que celles aux couleurs unies, et avec son aile en queue de veau blanche, cette mouche est par conséquent bien plus visible pour lui.
    La pêche à la mouche a changé sa vie. Après plusieurs dépressions, Ludo a trouvé l’activité qui lui convient. Comme à son habitude il n’a pas choisi quelque chose de facile et, depuis peu, il s’est mis au montage des mouches, aidé par ses amis pêcheurs. Autre défi, son blog, “Un moucheur dans la brume”, vise à donner l’espoir à d’autres personnes qui souffrent d’un handicap, de pouvoir se passionner pour une activité d’ordinaire réservée aux “valides”. Ludovic en profite aussi pour faire partager sa passion pour la pêche à son fils Thomas, âgé de 6 ans et qui a n’en pas douter est à très bonne école de la pêche et de la vie.


    Le blog de Ludovic Delacour :
    www.unmoucheurdanslabrume.com