Votre panier est actuellement vide !
Blog

Maroc, l’autre pays du black-bass
Si vous ne
le savez pas encore, le Maroc est un pays où le black-bass a été introduit depuis
très longtemps et dont le climat chaud lui convient particulièrement bien. Si
la pêche de ce poisson, qui demande un matériel spécifique, n’intéressait jusqu’alors
que les touristes, les choses sont en train de changer. L’Open Bass Morocco,
créé il y a quatre ans, est réservé aux marocains et cette année, une
cinquantaine de concurrents étaient inscrits autour du lac Bin El Ouidane. Cette
compétition de pêche à pied se déroule en no-kill, avec mesure, photo et vidéo
de la remise à l’eau du poisson dans les plus brefs délais et sur le lieu de
capture. Organisé de main de maître par Ahmed Mahi et Adil Guendoul, l’Open
Bass Morocco 2014 a mis à l’épreuve la technique et la patience des
concurrents tant la pêche fut difficile. De nombreux brochets, dont un
joli spécimen de 88 cm, sont venus « parasiter » les efforts de nos pêcheurs
qui ne devaient comptabiliser que les black-bass ! Avec des températures
plus douces que l’an passé et un lac à -20 mètres, les conditions s’annonçaient
pourtant idéales. Mais la pêche reste la pêche et les bass, des poissons parfois
très lunatiques ! Khalid Fachatti, peut-être le plus ancien pêcheur aux leurres
marocain l’emporte logiquement devant Mounir Tijani et Ihssane Salimi.Légende de la photo :
Le vainqueur de l’épreuve
Khalid Fachatti récompensé et félicité par Franck Rosmann.
Mouches sèches et émergentes, raisonnez par paire
Bien pêcher à la mouche impose une certaine rigueur dans le choix des mouches qu’on propose aux poissons. Aidé par les magazines, les vidéos, les clubs, la diversité des matériaux de montage, le niveau général des monteurs s’est considérablement élevé au fil du temps. L’occasion de mettre à profit tout ce talent de la meilleure façon qui soit, avec une logique qui prend en compte les différents stades d’évolution d’une même espèce d’insecte.
De nos jours, la plupart des pêcheurs à la mouche rejoignent le bord de l’eau au printemps les boîtes pleines de mouches. Des centaines de spécimens censés imiter toutes sortes d’insectes aquatiques. A l’observation de ces boîtes qui fourmillent de couleurs et de textures, on note généralement assez peu de logique dans la façon d’aborder une espèce d’insecte aux différents stades de son évolution. Pour les mouches flottantes, une bonne méthode consiste, pour une même espèce, à disposer d’une émergente et d’un subimago. A cela on peut dans certains cas ajouter un imago. Mais déjà les deux stades de l’émergente et du subimago permettent de pêcher juste, à des hauteurs de flottaisons différentes. J’ai depuis longtemps pris l’habitude de fonctionner de cette manière et souvent l’une des deux versions provoque plus de montées que l’autre.
Le cas est flagrant avec les mouches de mai en début d’éclosion. Parfois les truites préfèrent les émergentes et plus on avance dans l’éclosion, plus un modèle flottant haut s’avère plus efficace. En fin d’éclosion, l’imago, voire le spent (femelle morte les ailes en croix) devient alors encore plus utile. Mettre au point ces paires de mouches demande à la fois de l’observation et de l’expérience . Rien ne remplace une bonne connaissance de sa rivière, des éclosions qui se succèdent tout au long de la saison et de la préférence des truites ou des ombres pour telle espèce à tel stade. Attention aux idées reçues souvent simplistes et schématiques. En effet, un subimago d’une même espèce peut avoir des couleurs très différentes selon qu’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Sans aller se perdre dans des détails qui ne sont pas toujours utiles pour le pêcheur à la mouche, une bonne connaissance générale des insectes de sa rivière suffit à pêcher juste. Les modèles de cet article sont quelques exemples parmi ceux que j’utilise tout au long de la saison. Au départ, ils avaient surtout été mis au point pour les cours d’eau de Franche-Comté, mais ils donnent de très bons résultats dans beaucoup d’autres régions, où souvent, je manque de connaissance des lieux. En appliquant ce principe d’une double solution à chaque fois, cela augmente ainsi mes chances de succès.

Enquête Lecteurs Pêches sportives
Parce que Pêches sportives est votre journal et afin de mieux répondre à vos attentes, vous avez la possibilité de remplir un questionnaire qui ne vous prendra qu’une minute.Pour cela, cliquez sur ce lien :http://form.dolist.net/s/?s=1353-5&q=2
Dans notre n° 100, ce questionnaire existe aussi en version papier.
Keitech Salty Core Stick !
Après l’excellent Salty Core tube, sorti l’an passé, Keitech sort un leurre
de type Senko, mais dont la matière interne (et non toute la matière du leurre), fortement salée, augmente assez fortement la
densité du leurre. Il s’agit donc d’un leurre destiné au black-bass qui sera
utilisé non lesté (weightless), soit monté sur un hameçon texan, soit par le milieu
du leurre (wacky rig). A la descente, ce leurre qui semble aussi mobile qu’une
frite prend soudain vie et de la plus belle manière. Finition parfaite comme toujours chez Keitech, qui produit
des leurres savamment pensés par les meilleurs pêcheurs japonais.
Nouveau : la soucoupe flottante !
C’est nouveau, ça flotte et c’est plutôt étrange ! L‘Ultraskiff
360 est un engin unique en son genre qui reprend en partie le principe du
float-tube (forme ronde) mais avec la position assise d’un bateau. La
propulsion se fait avec un moteur électrique et par miracle, l’engin arrive à
naviguer ! La plateforme comporte des coffres très pratiques pour stocker
le matériel et des porte-cannes.Diamètre 184 cm.
Poids environ 50 kilos selon les versions.
Prix : 1200 US dollars.
En pêche, on dispose d’une véritable plateforme digne d’un bass-boat avec des coffres très pratiques (tout est rangé à l’abri).
Mais comparé à un float-tube, l’engin est beaucoup plus
volumineux, nécessite une remorque ou un gros pick-up et pèse aussi lourd qu’une
petite barque. Il est donc peu probable que l’Ultraskiff 360 s’impose, en tout
cas en Europe. Le prix ne plaide pas non plus en sa faveur… Qui sait,
peut-être que cette soucoupe flottante servira de base pour une autre conception
d’engin flottant léger, moins volumineux et plus pratique…
Couleur des mouches, au bonheur des porte-bobines
Quand l’hiver joue les prolongations, le monteur n’a plus que les couleurs de ses bobines et de ses fils pour le relier au printemps… C’est le moment de s’enfermer dans le “coin de pêche” devant l’étau et de reconstituer les bataillons de mouches artificielles tombées au champ d’honneur. Vous savez quoi ? En période de déprime saisonnière, les matériaux de montage devraient être remboursés par la Sécurité sociale ! Mais comme chacun aime bien se faire sa petite ordonnance… Gare à l’automédication colorée ! Refaire ses boîtes à mouches, c’est se poser des questions sur la couleur des mouches. On peut observer le comportement des truites face à nos mouches, mais on ne saura jamais ce qu’elles voient vraiment.
Parfois l’esprit du pêcheur monteur de mouches s’emballe. Tous les grands mystiques, un jour, ont connu ça : le monteur a des visions. Il se prend à rêver au printemps. Le vert des feuillages, le rouge, l’orange et le jaune des fruits… et pourquoi pas quelques jolis éclairs de tinsels ? Ah si seulement les neurones des truites pouvaient flasher comme ceux des monteurs de mouches ! On enroule alors des fils de couleurs audacieuses. La déprime saisonnière y est pour beaucoup. On se risque à monter des séries de nymphes dans de “jolies” teintes en se disant : pourquoi pas ? Et quand à l’autre extrémité de l’hiver on les présente à une fario, la truite refuse sans vous dire pourquoi. Et on se retrouve avec une jolie série de nymphes de teintes inutiles pour encombrer les rayonnages de la boîte.
Voici quelques conseils stratégiques pour ne pas confondre mouches d’artistes et mouches de pêche… Ce qui est certain, c’est que dans l’acte de pêche, la couleur de la 30 Au bonheur des porte-bobines… 31 nymphe est un élément d’importance secondaire si on le rapporte à la façon de pêcher, au modèle et au lestage que l’on utilise. Pourtant certaines teintes “marchent” mieux que d’autres et quand vient le temps de se mettre devant l’étau, mieux vaut ne pas laisser libre cours à son imagination et se régler plutôt sur celle des truites et sur le verdict des saisons passées ! Une belle mouche n’est pas souvent une bonne mouche. Mieux vaut éviter de remplir nos boîtes de teintes indifférentes aux yeux des poisson !

Brochet : Stratégie d ‘ouverture
Les brochets n’ont pas vu un leurre depuis trois mois et nos rivières et nos lacs vont connaître l’immuable ballet des poissons blancs en parure de noces. Deux éléments essentiels dont il va falloir tenir compte pour réussir sa pêche.
Avec l’ouverture au 1er mai pour la troisième année consécutive, les pêcheurs de carnassiers doivent revoir leur copie pour aborder la pêche en fonction de cette date précoce. Trop précoce d’ailleurs, car ne comptez pas sur nous pour vous indiquer comment pêcher les sandres à l’ouverture quand on sait que ceux-ci sont encore en train de défendre leurs nids… Tout pêcheur responsable se doit de ne pas cibler cette espèce à cette période de l’année. Et le no-kill n’excuse pas tout… Le constat est le même pour le black bass, qui fraye en mai. Les pêcheurs français se plaignent de la médiocrité de la pêche dans notre beau pays, mais il faut savoir ce que l’on veut. Et la moindre des choses consiste à respecter les périodes de reproduction de nos poissons. Plutôt profiter de l’occasion pour tenter de prendre un beau brochet. “En mai, fais ce qu’il te plait” dit le dicton, mais la météo dicte aussi les conditions de pêche. Et début mai, il peut faire 5 ou 30°c, ce qui n’est pas du tout la même chose ! D’une année à l’autre, les conditions de pêche peuvent ressembler à l’été comme à l’hiver. C’est ce temps généralement instable, avec des différences brutales de température de l’eau qui fait que la pêche du brochet reste aléatoire à cette période. C’est souvent tout bon ou tout mauvais. Il faut donc faire avec et mettre les chances de son côté en profitant d’un élément essentiel, duquel dépend le choix des leurres: les brochets sortent de trois mois de tranquillité où ils n’ont pas vu le moindre leurre. A vous d’en profiter.
La fraie du gardon
On peut prendre des brochets en pêchant un peu au hasard avec un leurre dont on a entendu le plus grand bien, en le lançant au raz des saules. Mais pour pêcher plus juste, il faut essayer de comprendre ce qui se passe à cette saison dans nos lacs et cours d’eau. Dans

Restaurer les cours d’eau en milieux urbains, espoir ou pis-aller ?
La restauration d’une rivière durement chenalisée dans une traversée urbaine est-elle une prouesse de l’ingénierie de la restauration écologique ? Ou est-ce au contraire un leurre utilisé par les bétonneurs modernes pour exploiter toujours plus de zones inondables, tout en accaparant des financements environnementaux publics ? L’expérience acquise sur un projet de restauration d’une traversée urbaine d’un cours d’eau transfrontalier, l’Allaine, apporte des éclaircissements sur ce sujet souvent polémique entre les gestionnaires et les protecteurs de la nature.
Le contexte de la restauration des écosystèmes aquatiques est aujourd’hui, en France mais également dans d’autres pays européens, assez particulier. Des millions d’euros d’aides publiques sont en effet disponibles pour garantir un quota suffisant de « bon état écologique » qui nous mettra à l’abri des sévères amendes de l’Europe. Mais, finalement, peu de projets voient concrètement le jour… Les mentalités ont bien du mal à évoluer : pourquoi restaurer une rivière que les anciens se sont évertués à corriger en chenal rectiligne pour évacuer les crues ? Pourquoi perdre les surfaces agricoles péniblement gagnées au fil du temps sur la zone inondable ? Et puis, bien sur, la peur des dégâts causés par les débordements des débits exceptionnels fait toujours craindre le pire…
La situation est telle que la volonté politique de réorganiser l’occupation foncière et les terrains, condition impérative pour une réelle restauration des corridors fluviaux, fait très souvent défaut en milieu rural. De surcroît, c’est en ville que les élus citadins montrent plus régulièrement une sensibilité aux problèmes de qualité écologique des milieux aquatiques, et ce malgré la demande de protection contre les crues, de leurs administrés. En conséquence, les cours d’eau « des champs », possédant les meilleurs potentiels de restauration et les plus prometteurs pour la pêche, sont rarement restaurés, ou alors après d’interminables négociations. A contrario, ce sont des projets sur les cours d’eau « des villes », dans des environnements très contraints et halieutiquement peu intéressants, qui voient le jour en premier. Tout cela est-il bien logique ? C’est en tous les cas une des conséquences pernicieuses de la politique de l’eau nationale, soutenue par les agences de l’eau. Il faut agir où cela se voit le plus. Que les points rouges des cartes de qualité de notre réseau hydrographique disparaissent au plus vite. Tant pis si les gains écologiques pour les cours d’eau de ces opérations restent mineures au regard des millions d’euros investis. Et tant pis si, en marge de cette politique du paraître, nos derniers coins de pêche continuent à être dégradés dans l’indifférence générale…

Pourquoi nos mouches ont pris du bide ?
2014 démarre plutôt mal pour notre rédacteur en chef, qui lors du salon de Charleroi, s’est rendu compte qu’il était resté dans le coma depuis une vingtaine d’années. La pêche à la mouche aurait-elle changé à ce point ? En cause, comme dans l’article de Jean-Christian Michel (numéro 99, page 30) le décalage entre l’imagination des monteurs de mouches, l’interprétation qu’en font les professionnels et ce que veulent les truites.
2014, salon de Charleroi. J’ai pris conscience que j’avais vieilli d’un coup. -“Bonjour, je cherche du raphia naturel pour faire des corps de mouche de mai”, – “Du quoi ? Non mais c’est pas une quincaillerie ici !” – “C’est pas grave, je cherche également du Z-Lon gris clair et jaune clair…” – “Jamais entendu parler… ” – “Bon d’accord pour le raphia, c’est une feuille de palmier malgache, mais du Z-Lon, quand même, vous voyez, c’est un matériau synthétique hyper moderne, ça sert à faire des ailes de spent et des exuvies !” Après explications (sous forme de mimes) mon vendeur me sort sa panoplie de produits recyclés d’un magasin de farces et attrapes. Je laisse tomber et retente le coup deux stands plus loin, à la recherche de deux pochettes de “body stretch”, une petite lamelle élastique avec laquelle je fait les dos de mes gammares. Stupeur et tremblements, tous les exposants à l’exception d’un seul, ont supprimé la seule teinte qui plait vraiment aux truites et avec laquelle j’en ai pris des centaines ! Le rouge vif, le jaune citron, le bleu électrique, le vert pré, le “brun” que personnellement je vois orange, sont restés au catalogue, mais pas la “bonne” couleur brun rougeâtre qu’aucune autre ne remplace.
C’était un sentiment horrible, l’impression d’être resté dans le coma durant vingt ans… Quelque chose a changé. Cela vient-il des poissons ou des pêcheurs à la mouche qui recherchent de plus en plus des pêches faciles en réservoir ou à l’étranger ? Les vendeurs eux font leur boulot : ils proposent des choses qui sont demandées. Quoi de plus normal. Les salons sont de bons tests pour sentir la tendance et l’évolution d’une technique de pêche. Mais il faut faire la part des choses entre les nécessités imposées par les poissons et les rivières et l’interprétation commerciale que certains en font. Bien emballé et avec une belle démonstration tout peut se vendre et tout se vend. Avec le temps, certains produits sont ainsi devenus des standards, des trucs à la mode, même si, sur le terrain, ils font parfois office d’épouvantail.
Loue Avril 2014
Cette année encore les moralités continuent plus que jamais!