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  • Le pêcheur occasionnel

    Le pêcheur occasionnel

    Tout le monde ne vit pas la pêche comme une passion, mais en retire toutefois une forme de joie détachée. Finalement tout n’est qu’une question d’échelle. 

    Nos magazines débordent de passionnés, mais on ne croise pas que des passionnés au bord de l’eau. Certains pensent pêche, lisent pêche, rêvent pêche, voyagent pêche. Et d’autres non : ils se contentent de penser, de lire, de voyager et de rêver ; mais, en plus, ils vont à la pêche… Et il semblerait que cela leur suffise. Comment faut-il nommer ce peuple intermédiaire ? Des pêcheurs occasionnels ? Des spectres ? Des gens normaux ? Oh…, oh…, un ange passe ! Une simplification excessive inclinerait à penser que leur désinvolture est un mal tant le marketing de la passion s’est érigé en marque d’excellence ; ce qui n’est pas forcément faux, à condition de préciser qu’elle n’est pas pour autant une attestation contre l’étroitesse des vues… Et il y aurait matière à analyses ; mais ce n’est pas ici notre propos !

    Car oui, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, il existe des pêcheurs occasionnels. Ils pêchent une fois de temps en temps, ils ne pensent pas seulement à ça du matin au soir, ils ne sont abonnés à aucun magazine (c’est un tort), ne feuillettent aucun catalogue et se soucient peu des innovations, des modes et autres tempêtes dans des verres d’eau. En outre, ils ont le droit d’être de piètres pêcheurs sans rougir. Un luxe de seigneur ! A l’ère de Facebook et des champions de la truite de trois livres collée contre l’objectif de l’iPhone, ce privilège plaide pour leur réhabilitation.

    Paul de Simplicio était de ceux-là et il s’en portait bien. On ne le voyait ni sur les réseaux sociaux, ni au Rise-Festival, ni dans les salons. Oh, bien évidemment, à côté d’un authentique fisherman 2.0, il ne soutenait pas la comparaison et il le savait. Et après ? On ne peut pas dire qu’il s’en foutait, mais cela ne l’empêchait pas de se rendre au bord de l’eau.

  • La science au service d’une pêche durable en mer

    La science au service d’une pêche durable en mer

    Avec des méthodes de plus en plus précises et pointues, la science permet aux biologistes de l’Ifremer de tenter de mettre en place une pêche en mer mieux réglementée pour une pêche durable. Le résultat de leurs travaux vient d’être rendu public.

    Le 12 février dernier s’est tenue une conférence de presse digitale à l’initiative de l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) présentant l’état des populations de poissons en mer sur nos côtes en 2020. Pour diverses rai-sons, ça bouge en mer le long des côtes françaises. Le retour du thon rouge et du thon germon, la réglementation renforcée depuis 2018 sur le bar sont autant de bonnes nouvelles qui nous rendent optimistes pour les années à venir. Selon l’Ifremer, 60 % des 400 000 tonnes de poissons débarqués en France métropolitaine en 2020 proviennent de populations exploitées durablement, contre 15 % il y a 20 ans. Mais la surpêche touche encore 21% des populations, et 2 % sont considérées comme “effondrées”. Côté Méditerranée, malgré l’exemple encourageant de la restauration du thon rouge, la situation reste globalement source de préoccupation. Les équipes scientifiques de l’Ifremer mesurent l’état de santé des espèces que l’on re-trouvent sur les étals de nos poissonniers et qui pour une part, sont aussi celles que l’on pêche l’été en vacances comme le bar, le maquereau, le lieu jaune, le lieu noir ou les daurades. Ensuite, l’institut préconise des conduites à suivre mais n’a pas de pou-voir décisionnaire. Rappelons que pour le cas du bar, dont la réglementation s’est considérablement durcie, tant pour les pê-

  • Le Collectif Rivières Naturelles a lancé une pétition visant à protéger nos rivières

    Le Collectif Rivières Naturelles a lancé une pétition visant à protéger nos rivières

    Le Collectif Rivières Naturelles, animé par l’association ERN France-SOS Loire Vivante a lancé une pétition sur Change.org intitulée Protégeons les rivières d’une nouvelle menace ! En effet, selon eux, le fait que l’Assemblée Nationale ait adopté en première lecture un amendement visant à préserver et à protéger les moulins en bloquant les financements publics en faveur de la restauration des cours d’eau est un danger pour nos rivières.

    En savoir plus sur cet amendement et cette pétition.

     

  • Qui sont les poissons de nos régions ?

    Qui sont les poissons de nos régions ?

    Les pêcheurs à la mouche ne voient souvent que les espèces qui nourrissent leurs rêves et leur passion. Il serait vraiment dommage de ne pas s’intéresser à toutes les espèces qui vivent avec la truite, l’ombre ou le saumon. Une plongée dans Les Poissons d’eau douce de France, dont la dernière mise à jour vient de paraître, vous fera regarder les rivières différemment. D’éminents spécialistes retracent l’histoire mouvementée des poissons de notre pays, avec des révélations stupéfiantes. Si vous croyiez connaître vos rivières, attendez-vous à tomber de haut. 

    Tous les huit à dix ans depuis 1983, les Publications scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle réactualisent Les Poissons d’eau douce de France, un ouvrage qui fait partie de la collection Inventaires & biodiversité. Les auteurs de cet ouvrage perpétuel sont des grands spécialistes des poissons d’eau douce. Certains ont consacré l’ensemble de leur carrière à l’étude d’une seule espèce. Philippe Keith, Nicolas Poulet, Gaël Denys, Thomas Changeux, Eric Feunteun et Henri Persat ont eu fort à faire pour mettre à jour des données dans un monde aquatique en perpétuel changement, c’est le moins que l’on puisse dire. Cet ouvrage-somme, de plus de 700 pages pour la dernière édition qui vient de paraître, n’est pas une encyclopédie qui grave sur le papier faute de pouvoir le faire dans le marbre une vision immuable des choses. C’est au contraire un livre vivant, évolutif, et qui a plusieurs rôles. Ainsi va le monde.

    Est-ce un bien ou un mal si ce qui évoluait au rythme des millénaires change aujourd’hui aussi rapidement que les nouvelles versions de smartphone ? Au risque de décevoir certains optimistes, il faut bien reconnaître que le dérèglement climatique et l’aménagement des cours d’eau laissent la part belle aux espèces invasives ainsi qu’à celles qui ne le sont pas forcément, mais qui s’adaptent là où les espèces en place régressent parce que le milieu change. Dire le contraire équivaut à trouver des alibis pour minimiser l’impact anthropique sur la nature.

  • La horde sauvage

    La horde sauvage

    Au départ il s’agit d’un fait divers comme un autre. La nuit du nouvel an, une bande de morts de faim attaque un élevage de saumons écossais. Bilan : plusieurs milliers de morts selon la police et les éleveurs. Détail : les agresseurs étaient des phoques. Retour sur un massacre.

    Cette horde sauvage là avait bien préparé son coup. Comme dans le film de Sam Peckinpah. Sauf que, à côté de la bande de phoques qui, le 31 décembre dernier, a attaqué une ferme à saumons écossaise, les pistoleros du maître du western étaient des petits joueurs. Cela s’est donc passé pendant la nuit du réveillon. Oui, celle de cette année où il a fallu attendre minuit pour n’embrasser que maman et s’en aller se coucher sous la « covette ». A quelques milliers de kilomètres de là, cette horde de phoques écossais n’a pas oublié, elle, qu’au réveillon, on mangeait du saumon. Ils ont littéralement pris d’assaut les cages où quelques dizaines de milliers de smolts attendaient gentiment qu’il soit minuit pour se faire la bise. Ils en ont troué les filets puis dévoré et tué tout ce qui se trouvait sur leur chemin, un peu comme des ours qui seraient tombés dans une cuve de miel. 52 000 poissons, dont quelques-uns sont tout de même parvenus à s’échapper dans l’océan, ont ainsi fait les frais de cette phoque party.

    Au total, si l’on en croit notre confrère The Independent, ce sont près de 530 000 saumons d’élevage écossais qui ont été victimes des attaques des phoques entre mai 2019 et mai 2020. Au point que le syndicat des éleveurs a lancé un véritable appel au secours en demandant notamment à qui il fallait envoyer l’addition (17 millions de livres).

    Vous vous demanderez pourquoi 8’6 parait s’apitoyer sur le sort de ces poissons domestiques, concurrents redoutables de nos derniers saumons sauvages. (Ferait-t-on autant de cas du débarquement d’une tribu de renards dans un élevage de poules en batterie ?). Il y a deux raisons à notre intérêt.

  • Silure, stop à la psychose !

    Silure, stop à la psychose !

    Soyons clairs, le but de cet article n’est pas de défendre le silure, qui devient malheureusement de plus en plus présent en cours d’eau de première catégorie, mais d’analyser plusieurs décennies de connaissances de ce poisson et de ne pas céder à la panique au sujet d’une espèce qui n’a rien pour elle et qui serait le coupable idéal. Cet article est aussi l’occasion de réagir à une publication du National Géographic datant du 15 janvier dernier (La menace du silure plane sur les écosystèmes d’eau douce européens, www.nationalgeographic.fr) qui manque de nuances et ne différencie pas les types de milieux, car l’espèce n’a pas du tout le même impact selon le niveau typologique d’un cours d’eau. Nous savons que les pêcheurs de truites et d’ombres se posent de nombreuses questions sur cette espèce qui continue son expansion vers l’amont en ces temps de canicules répétées. Nous allons donc tenter d’y répondre. 

    Lorsque j’étais enfant, on me disait que le sandre, espèce fraîchement venue d’Europe de l’Est soi-disant par les canaux, était un tueur sanguinaire qui tuait pour le plaisir, qu’il allait tout exterminer, et qu’il en serait terminé de nos belles rivières poissonneuses. Puis les pêcheurs français ont rapidement apprécié les qualités culinaires de cette espèce qui, soudain, n’avait pas que des défauts… Le sandre est ainsi rapidement passé du statut de tueur aveugle à celui de poisson noble ! Quelques décennies plus tard, un autre envahisseur, plus imposant, est accusé des mêmes excès, mais pour celui-ci, également venu de l’Est, difficile de lui trouver des qualités. Le silure, puisque c’est bien de lui dont il s’agit, n’a vraiment pas bonne presse. Rendezvous compte, il mange les pigeons qui viennent picorer un peu d’eau le matin sur le Tarn. Pour cela, il s’échoue partiellement à la façon des orques qui chassent des otaries sur les plages de la péninsule Valdès. Les scientifiques ont pour l’occasion étudié la cohorte de silures mangeurs de pigeons et concluent à une adaptation rare chez les poissons. Super prédateur, le silure ? Oui, plutôt, car même chez les orques, mammifères pourtant remarquables par leur intelligence, seuls certains individus d’une même famille parviennent à chasser les otaries en prenant le risque de s’échouer, et l’apprentissage des jeunes ne dure pas moins de trois ans selon de récentes études réalisées à l’aide de drones. Le silure serait donc aussi intelligent qu’un orque ! Quasiment aveugle, le silure compense la faible vue que lui permet ses minuscules yeux par un système sensoriel hors du commun. Ce radar à nageoires détecte tout. Il est curieux de certains bruits comme le son d’un “clonk”, outil en bois qui émet un son particulier (une sorte de “pok”, “pok”…) lorsqu’on frappe l’eau avec, ce qui le réveille et le met soudainement en appétit. Avec un tel animal situé tout en haut de la chaine alimentaire, les autres espèces n’ont qu’à bien se tenir.

    Je ne pêche pas spécifiquement le silure, mais, étant pêcheur de carnassiers, je le croise souvent dans des milieux très différents, en cours d’eau courants ou lents, ou en lacs, surtout depuis le début des années 2000. Au début, sa prise était toujours un événement. Elle était surtout possible, car c’était avant que ces poissons deviennent des monstres de 2 mètres. Revers de la médaille, ils étaient très nombreux. Par endroits, le fond en était tapi. Jusqu’à une taille de 1,70 m environ, j’arrivais souvent à prendre le dessus et à sauver mon leurre, malgré la tresse fine en 12 ou 15/10, au prix de combats interminables.

  • Le numéro 13 de 8’6 est disponible !

    Le numéro 13 de 8’6 est disponible !

    Découvrez le numéro 13 de 8’6, une lecture idéale pour ce 3e confinement !

     

    Au sommaire de ce numéro :

    • Magique. L’autre poil de chevreuil

    • Biodiversité : les poissons de nos régions

    • Même pas peur du silure

    • Vivre avec l’étiage permanent

    • La horde sauvage

    • La déconstruction d’une mouche

    • La mouche noyée à deux mains

    • Hommage : Michel Flénet, le cormoran

    • Un inédit de Skues

    • Théodore Castwell rencontre saint Pierre

    • Le pêcheur occasionnel

    • NOUVEAU : Le Magasin de 8’6 par Pêches Sportives

    • Vidéo Pêches sportives n° 62 :Réalisation d’un bas de ligne pour la pêche du brochet à la mouche avec Guillaume Le Garrec

    Vous pouvez le trouver dans certains kiosques et sur notre site en version papier ou en ligne.

     

    Cliquez sur la couverture pour en savoir plus :

     

    Visionnez la vidéo associée.

  • Pêches Sportives Vidéo n° 62 : Réalisation d’un bas de ligne pour la pêche du brochet à la mouche avec Guillaume Le Garrec

    Pêches Sportives Vidéo n° 62 : Réalisation d’un bas de ligne pour la pêche du brochet à la mouche avec Guillaume Le Garrec

    La pêche du brochet à la mouche connaît actuellement un essor sans précédent. Certains pêcheurs à la mouche veulent se diversifier, veulent prolonger la saison ou découvrir les joies de la pêche en float-tube. Des pêcheurs aux leurres se convertissent parfois à la mouche car ils ont compris que souvent une mouche est plus efficace qu’un leurre. Dans les locaux d’Easy Fly, Guillaume Le Garrec, qui a guidé plusieurs saisons en Irlande, nous montre comment réaliser correctement un bas de ligne pour la pêche du brochet à la mouche : choix des mono-filaments, dégressivité, noeuds, raccords thermos-soudés du bas de ligne, pour un résultat impeccable !

  • Ici commence la vie…  et la pêche à la mouche

    Ici commence la vie… et la pêche à la mouche

    Si vous voulez montrer à vos proches en quoi consiste la pêche à la mouche et le principe de l’imitation des insectes et larves aquatiques par des mouches artificielles faites leur voir l’extraordinaire vidéo ci-dessous que l’on doit à Nicolas Meyer. Ce journaliste reporter d’images de Fr3 Alsace se promenait dans les sous-bois qui longent le haut Rhin quand son œil a été attiré par l’agitation qui régnait à la surface d’une des nombreuses mares qui bordent cette zone chamboulée par la construction du grand canal où la Nature a, depuis, repris ses droits. Nicolas Meyer a ainsi pu filmer ce merveilleux biotope alimenté par la nappe phréatique alsacienne où s’agitait ce petit monde qui fait notre passion. Gammares, trichoptères, épinoches, vairons, nymphes de libellules, la mare grouillait de cette vie quasi clandestine que menace l’activité humaine. La vidéo dure guère plus d’une minute mais certains se la repasseront pendant des heures.

  • Moulinets HUBLESS. Le monde en sustentation transcendantale

    Au départ, ce n’est qu’un rêve de concepteur. Créer des objets ronds sans moyeux, qui tiennent et tournent autour d’une masse d’air comme par enchantement. Le rêve est ancien. C’est celui de beaucoup de passionnés de belles mécaniques. En 1989, Franco Sbarro mettait au point la première roue de moto orbitale ou hubless. Si cette roue n’a jamais pu détrôner la roue à moyeu, c’est au tour des moulinets de défier les lois de la logique, à défaut de pouvoir défier celles de la physique.

    Créer une moto à roues sans moyeux, c’était le rêve du concepteur Franco Sbarro. Et il y est parvenu en 1989. Pour cela, il lui a fallu faire fabriquer des roulements non plus cantonnés au faible diamètre d’un moyeu de roue, mais d’une circonférence presque égale à celle du pneu. La roue sans moyeu, c’est enfantin à dessiner, un peu moins à produire… Dans le domaine des sports mécaniques les roues hubless resteront limitées à quelques prototypes et à quelques productions marginales. Aujourd’hui, le vélo, grand vainqueur des mobilités écolos, reprend à son tour le rêve de la roue hubless pour des modèles chics, branchés et hors de prix. Car la roue orbitale pèche toujours par sa complexité. Dans la pêche, le moulinet mouche hubless existe bel et bien et il fonctionne mieux que les roues de véhicules. Rappelez-vous, à la fin des années 1990, Loop (qui à l’époque faisait fabriquer en Suède par Danielsson) avait commercialisé un moulinet pas comme les autres, le Hi-Tec. Sans moyeux, le Hi-Tec était très avant-gardiste pour l’époque, mais sa singularité fut masquée par l’autre modèle de la marque, le Dry Fly (et aussi les Model 2, 3, ou 4 conçus sur le même principe) large arbor dont la bobine tournait autour de six galets, ce qui était à l’époque également révolutionnaire. Les modèles à galets de chez Loop (toujours vendus sous le nom de Danielsson Dry Fly) connurent un formidable succès, mais ce ne fut pas le cas pour le Hi-Tec, car la gamme était limitée à deux modèles de grande taille pour la pêche du saumon. On ne trouve aujourd’hui que quelques rares exemplaires d’occasion de ce moulinet hors du commun à environ trois fois le prix qu’il valait neuf, soit plus de 1500 dollars ! Et on ne trouve quasiment plus aucun exemplaire du modèle qui a précédé le Hi-Tec, produit très peu de temps sous le nom de 708 X, avec également une déclinaison Trout et une autre plus petite dénommée Grayling.

    Est-ce la nostalgie du Loop Hi-Tec qui relance aujourd’hui la mode des moulinets hubless ? Les nouvelles créations se multiplient, conçues par des artisans ou de petites entreprises pour la plupart inconnues et qui, grâce à Internet, peuvent vendre en direct partout dans le monde. Les prototypes à l’imprimante 3D, la facilité à trouver et à faire travailler des pièces sont l’autre raison de ce renouveau. Voici quelques modèles parmi d’autres qui ont retenu notre attention.