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Haute Vienne, création d’une frayère à brochet
La Fédération de la Haute-Vienne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique vient de finaliser la création d’une frayère à brochet sur la Vienne à Brignac (commune de Royères). Ce projet a été réalisé dans le cadre du Contrat Territorial Vienne amont porté par le Parc Naturel Régional de Millevaches et l’Etablissement Public Territorial du Bassin de la Vienne. Pour se reproduire dans les meilleures conditions, le brochet doit avoir accès à une zone de ponte adaptée (prairie inondée, herbiers, niveau d’eau stable …). Cependant certaines conditions réduisent à néant les frayères naturelles compromettant ainsi sa reproduction : présence de barrages, seuils, écluses, asséchement de zones humides… La frayère semi-naturelle, d’une superficie de 820 m², créée sur ce secteur propice de la Vienne offre donc au brochet et aux poissons ayant besoin d’herbiers pour se reproduire (carpes, tanches, gardons…) une zone de ponte favorable. Ces travaux réalisés pour un montant total de 14 220 euros, ont été financés par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (50 %), la Région Limousin (20 %), EDF Unité de Production Centre (15 %), la Fédération Nationale de la Pêche en France (9 %) et la Fédération de pêche de la Haute-Vienne (6 %). Les pêcheurs s’investissent dans la protection du milieu aquatique avec cet ouvrage qui pérennisera la survie du super prédateur brochet dont l’espèce est fragile et menacée faute de frayères adaptées. A venir : la pose de clôture et l’ouverture de la frayère à la Vienne.

5 incontournables en poils de chevreuil
Plutôt desservi par un aspect rêche et grossier, le poil de cervidé fut longtemps rejeté par bon nombre pêcheurs à la mouche. Sa manipulation à l’étau n’est pas des plus simples et on en met partout car les morceaux de poils se collent sur tous les supports par électricité statique, obligeant le monteur à sortir l’aspirateur. Avec un tel CV, difficile de se faire sa place, d’autant qu’au départ, le poil des animaux de la famille de Bambi servait principalement à confectionner des grosses mouches sèches pour la pêche du saumon au Québec (les bombers) et des gros streamers à truite pour les rivières du Montana. Mais depuis ces temps désormais éloignés, les choses ont bien changé !
Les mouches imitant des sedges ou des éphémères en poils de cervidés viennent des Etats-Unis et d’Angleterre. La première à être connue en France il y a maintenant plus de trente ans nous vient justement d’Angleterre. Elle est connue sous le nom de Goddard segde. En réalité son véritable nom est la G and H sedge, ou GH sedge, car cette création étonnante nous vient de John Goddard et de Henry Cliff. Les deux pêcheurs, passionnés d’entomologie, ont passé beaucoup de temps à observer des trichoptères et plus particulièrement leur impact une fois posés sur l’eau, ainsi que la façon dont certaines espèces nagent véritablement à la surface de l’eau pour rejoindre la rive une fois écloses. Le montage de la G et H est directement inspiré des bombers, car les poils sont répartis de la même façon à 360°. Cela donne une mouche quasiment insubmersible, qui flotte très haut sur l’eau et qui crée un sillage sur l’eau très attractif lorsqu’elle est draguée en surface à la tombée de la nuit. Le poil de chevreuil, animal très commun en France comme en Angleterre, convient parfaitement pour monter ce sedge et la plupart des mouches en poils de cervidés pour la pêche de la truite et de l’ombre. Pour être précis, sachez que le chevreuil (roe deer, en anglais) est un animal à part entière. Ce n’est donc pas le petit du cerf (son petit est le faon) comme on l’entend dire parfois. La femelle du chevreuil est la chevrette et non la biche, qui est celle du cerf. Vous me suivez ? Les pêcheurs américains utilisent des poils d’autres cervidés comme ceux du cerf de Virginie et de différentes sous-espèces rassemblées sous l’appellation vernaculaire de “cerf à queue blanche”, car outre-Atlantique, il n’y a pas d’équivalent de notre chevreuil européen.
Chevreuil d’été ou d’hiver ?
La teinte du chevreuil change au cours des saisons. En été, son pelage brun tire sur le roux, alors qu’en hiver il fonce et tire sur le brun grisâtre. On pourrait penser que les pêcheurs à la mouche ne disposent que du pelage d’hiver car, c’est bien connu, la chasse est ouverte en hiver. Mais les tirs d’été à “l’approche” sont aussi autorisés. Ils visent à réguler des animaux trop nombreux sur un territoire ou des animaux blessés. Les poils de chevreuil disponibles en fly-tying proviennent des pays de l’Est où les deux modes de chasse sont pratiqués. Dans tous les cas, de grosses différences de teintes existent, même parmi des animaux tués en hiver ou en été dans un même massif forestier. Et tant mieux, car cela permet d’avoir sous la main du chevreuil clair, du plus foncé et du carrément foncé pour va

Un gîte de pêche sur les bords du Léguer
Sur les bords du Léguer dans les Côtes-d’Armor, le Domaine des Papeteries s’ouvre à la clientèle des pêcheurs. La rivière est réputée pour ses saumons (surtout pour ses saumons d’été). Restauré par des amateurs d’art, le domaine possède un charme indéniable. Le Domaine des Papeteries met à votre disposition ses suites et chambres d’hôtes, une salle à manger, deux salons et… une terrasse avec vue sur la rivière. Guide de pêche à la mouche, Éric Hamon propose ses services de guidage pour des journées de pêche à la mouche en bonne compagnie sur le Léguer.
http://www.ledomainedespapeteries.com/
Après le One Up, le First Up, quand la copie n’a plus de limite !
Le monde de la copie de leurres est sans foi ni loi. Pour preuve une énième copie du fameux Sawamura One Up Shad vue récemment dans le catalogue d’une grande chaine de magasins de pêche. D’ordinaire, les copieurs évitent de baptiser leur fausse trouvaille avec un nom évoquant l’original. Mais pas toujours, car nous avons découvert la copie qui ne se cache plus avec le First Up (first veut dire premier en anglais, et one est le chiffre un…). Ce n’est peut-être que justice car le fameux One Up Shad n’est jamais qu’une copie (presque exacte) du EZ de Gambler… Pourquoi dépenser de l’argent en recherche et développement pour mettre au point du matériel original alors qu’il sera copié si celui-ci donne de bons résultats (financiers, car à la pêche, c’est secondaire pour certaines enseignes !). Cette démarche des plus cyniques est malheureusement devenue la norme.

Génération Tourmalet
« Saisissez le leurre, vous serez appâtés ! » (de campagne)
A la lecture du slogan imaginé par les créatifs de la pub « pêche sur le tour de France », je demande un contrôle anti dopage surprise. EPO, moquette, injection, fumette, pot belge ? Mais que fait la police ! On en saura plus le 18 mai, car on nous donne RDV ce jour là pour nous annoncer sans doute la composition des équipes, en nous demandant de nous « préparer à parler du tour de France autrement !!! ». Amis pêcheurs à bientôt donc dans l’Aubisque (de homard). Coût de l’opération : près d’un million d’euros financé avec l’argent des pêcheurs. Ça fait cher le nouveau pêcheur !
Saumon Les filets de l’Adour et des gaves réunis
Aujourd’hui, partout dans le monde, la gestion des stocks de saumons atlantiques, quand ils sont de retour en eau douce, se fait selon un mode récréatif de pêche sportive à la ligne. Tous les pays riverains de l’Atlantique Nord, y compris la Russie, réservent la gestion de cette espèce aux pêcheurs à la ligne. Tous, sauf la France, ou en Aquitaine (Béarn et Pays Basque plus particulièrement), une petite quarantaine de pêcheurs professionnels (estuariens et fluviaux) s’approprient une ressource unique dans le sud de l’Europe. Alors que la pêche au filet du saumon atlantique est strictement interdite en mer, elle est autorisée, dans le goulet d’étranglement que représente l’estuaire de l’Adour, ainsi que plus en amont, en eau douce, dans ce qu’il est convenu d’appeler les “gaves réunis”.
Une quinzaine de marins-pêcheurs ”estuariens” et peut-être une vingtaine de pêcheurs professionnels fluviaux, s’approprient ainsi la majeure partie du stock de saumons (et de truites de mer) qui tentent de rejoindre leurs frayères situées en amont sur les gaves d’Oloron, de Pau, de Mauléon, d’Ossau et d’Aspe. D’après l’INRA et l’ONEMA, sur les dix dernières années la moyenne des Saumon Les filets de l’Adour et des gaves réunis captures déclarées au filet se répartissaient ainsi : 163 saumons en zone fluviale contre 1183 en estuaire. Alors que depuis le milieu des années 90, plus de 50 millions d’euros d’argent public ont été affectés à la restauration des stocks de grands salmonidés migrateurs sur ce bassin, ce sont essentiellement une quinzaine de marins pêcheurs “estuariens” qui profitent donc de cette manne. D’après leurs déclarations à la capitainerie de Bayonne, depuis une dizaine d’années, c’est entre 1000 et 1400 saumons (sans parler des truites de mer) qui sont proposés à la vente de la criée de Saint -Jean-de-Luz. En l’absence d’un contrôle efficace ou même de contrôle tout court, les associations de défense du saumon Atlantique, dénoncent des chiffres quatre ou cinq fois supérieurs. La majorité des ventes se ferait en direct, auprès des restaurateurs, des particuliers voire dans les campings de la région, sans passer par la criée. Bizarrement, alors que les déclarations des pêcheurs à la ligne pour la même période des dix dernières années, varient entre 120 et 440 captures, les déclarations de prises aux filets tournent tous les ans autour de 1250 captures. Il semblerait que ce chiffre médian, ait été suggéré aux pêcheurs professionnels par l’IFREMER et le Conseil général des Pyrénées Atlantiques pour faire acte d’une activité économiquement viable, sans pour autant impacter les retours vers les frayères, qui seraient de 2000 à 4000 poissons selon les années et les comptages de l’ONEMA. Rappelons-nous la saison 1987 sur l’axe Adour/gaves. Alors que partout en Europe les rachats de droits de pêche au filet, l’Ifremer recommanda aux pêcheurs estuariens de déclarer, sans trop les minorer pour une fois, leurs captures, afin de pouvoir montrer aux autorités gestionnaires, que cette pêche au filet était une activité économiquement rentable. Cette année là, il fut déclarée la capture d’un peu plus de 8000 saumons à la capitainerie de Bayonne. Combien en avaient-ils été pris réellement, certainement le double, peut-être plus ? Ce que l’on sait, c’est qu’en 1987, environ 400 pêcheurs à la ligne ont pris sur tout le cours du gave d’Oloron, moins de 200 saumons (94 officiellement déclarés au CSP).
2,5 % des prises pour la pêche à la ligne
Même en s’en tenant au chiffre « officiel » de déclaration des professionnels et en multipliant par deux celui des déclarations des pêcheurs sportifs, le partage de la ressource, dont les beaux discours de l’Administration et des politiques (Ministères de l’Environnement et Conseil général des Pyrénées-Atlantiques) nous rebattent les oreilles depuis une vingtaine d’années, s’établit comme suit : 97,5 % des captures pour moins de 40 professionnels et 2,5% pour 400 touristes pêcheurs cette année là. Soit si nous ramenons l’équation en nombre de saumons capturés par pêcheur : 200 saumons pour chaque pêcheur au filet contre un demi saumon par pêcheur à la ligne. Et pourtant, il ne reste qu’une dizaine de véritables marins pêcheurs dont la pêche en estuaire est réellement le métier sur l’Adour. Les autres sont des « retraités » de l’administration ou des agriculteurs (pendant la saison du saumon, le maïs ne nécessite pas une trop grande présence dans les champs) à qui la Capitainerie a concédé pour quelques centaines d’euros, un rôle de pêche. En fait les responsables de cette mise en coupe réglée de nos estuaires sont les autorités gestionnaires des ressources marines, à savoir le Ministère de la Mer, dont dépend le quartier des Affaires Maritimes de Bayonne et l’IFREMER dont les pseudo études scientifiques cautionnent la pêche en estuaire en lui inventant une rentabilité économique. Mais comme depuis de nombreuses années, les pêcheurs récréatifs, s’appuyant sur des études écossaise, canadienne, norvégienne, islandaise et même tout récemment une étude de la Fédération de pêche départementale, démontrent, retombées économiques à l’appui, qu’un saumon pris à la ligne rapporte localement entre 100 et 300 fois plus que le même vendu à la criée, voilà que depuis deux ou trois ans, le Conseil général, l’Ifremer et bien entendu les pêcheurs professionnels eux-mêmes, font valoir que leur pêche n’est pas seulement économique, mais a une valeur patrimoniale et même culturelle pour la région.
Mais ici, au delà de l’outrance et du ridicule du propos, voyons dans cette revendication des traditions régionales et de la culture, une lueur d’espoir : en fait la crainte des pêcheurs professionnels d’être prochainement, comme partout dans le monde du saumon atlantique, dédommagés, rachetés ou tout bonnement interdits d’exercer. S’ils veulent maintenir des traditions remontant à Colbert, qui accorda un privilège de pêche en estuaire aux marins de la Royale qui avaient échappé au scorbut, aux naufrages, aux balles des mousquets ou aux boulets anglais, soit, mais alors sans remonter jusqu’au XVIIème siècle, qu’ils pêchent au moins à l’aviron comme cela se pratiquait encore jusqu’en 1960, avec des filets en chanvre ou en coton et à la senne tournante.
La tradition ne peut pas tout justifier
Les filets maillant dérivants en nylon mono filaments invisibles et indétectables par les saumons, employés depuis trente ans sur l’Adour, ne sont pas plus patrimoniaux que culturels. Les traditions, remonteraient-elles à Colbert, ne peuvent aujourd’hui justifier le pillage d’une ressource qui si elle était gérée de façon éco responsable et équitable, permettrait non pas à une vingtaine en fait de marins pêcheurs, de vendre au marché noir le plus souvent (donc sans aucun bénéfice pour l’Etat), quelques tonnes de saumons sauvages (sans parler des truites de mer), mais à des milliers de commerçants, hôteliers, restaurateurs, propriétaires de campings ou de gîtes ruraux, de bénéficier des retombées touristiques d’une manne de salmonidés, dont on sait qu’elle représente une part très importante des revenus touristiques dans tous les pays de l’Atlantique Nord qui ont encore la chance d’avoir des remontées de saumons Atlantiques.
Pierre Affre (frère), association Salmo Tierra – Salva Tierra

Be-On-Ssil agrandit son catalogue !
La société Be-On-Ssil, spécialisée dans la cartographie professionnelle du fond des rivières, fleuves et lacs (précision de 10 cm !) vient d’agrandir son catalogue avec de nouveaux secteurs. On ne vous en dit pas plus mais allez jeter un œil sur leur appli qui permet de gagner beaucoup de temps à la pêche ! Que vous pêchiez depuis le bord ou en bateau, et même si vous possédez un échosondeur, c’est toujours mieux d’avoir une vision globale d’un parcours et d’aller directement à l’essentiel.

Internationaux de France de pêche en réservoir
Le Lac Générale à Dreux organisera ses vingt-deuxième Internationaux de France de pêche à la mouche en réservoir le 17 avril. Cette grande compétition est ouverte à tous et se déroule par équipe de deux pêcheurs. Pour les spectateurs, c’est l’occasion d’observer les techniques et les choix de grands champions qui, pour certains, sont des habitués des podiums sur ce lac !

La mort du père Hoydrie
Il va nous manquer le Rodger… Avec Roger Hoydrie, mort à 91 ans, disparait une légende de la pêche en eau douce. Evocation.
Rodger ! Si je me souviens bien, c’est sur l’Umpqua, à l’été 1988 que nous avons commencé à l’appeler ainsi, les guides de l’Orégon étant incapables de prononcer Roger sans y rajouter un d entre les deux syllabes… prononciation qui me rappelait quand à l’âge de neuf ou dix ans, nous regardions avec mes frères le jeudi après midi à la télévision, les aventures du célèbre cowboy à chemises pailletées : Roy Rogers. Prononcez là aussi Rodgers… C’est ainsi que Roger, dans l’Orégon est devenu Rodger et l’est resté pour beaucoup d’entre nous… Il fut pourtant beaucoup plus un héros de roman célinien ou de film de Renoir comme dans “la règle du jeu”, qu’un cow-boy d’opérette. Pour revenir à l’Umpqua il aimait partir pour la journée, le long du “trail” (le sentier qui longe la rivière sur la rive gauche et qui relie deux ponts distants de 30 km), là où il n’y a pas d’humains. Car il se méfiait de ce qui est trop humain. Il aimait les “rares” comme il qualifiait ceux qui avaient à ses yeux quelque chose de différent… “Gentil n’a qu’un oeil” avait-il également l’habitude de répéter car il était comme Ferdinand Bardamu revenu de tout. Enfant de l’Assistance Publique, il avait connu et vécu le pire plus que le meilleur auprès des adultes “humains” et c’est auprès des poissons, dans la solitude de la pêche à la ligne puis plus tard, au filet qu’il se ressourçait.
Champion, avant guerre, de l’Amicale des pêcheurs de Puteaux, qui comptait 2400 membres à l’époque, il passait ses nuits à lancer l’épervier sous les lumières des ponts de Paris, qui attiraient les ablettes et goujons, revendus à partir de cinq heures du matin aux mandataires des Halles ou livrés directement aux guinguettes des bords de Marne et à partir de huit heures, il s’entraînait sur les quais de Puteaux et de Suresnes, à faire plus de 200 ablettes à l’heure à la pâte ou plus de 60 gardons au chènevis, en vue des concours. Comme il avait été sélectionné pour la grande finale Violet-Byrrh, qui avait lieu tous les ans en juin sur le quai de la Tournelle, face à Notre Dame, il était suivi par une petite troupe d’admirateurs, qui l’encourageaient à maintenir la cadence. A huit ou neuf ans, placé chez un fermier de pêche au bord de l’Allier, il faisait l’école buissonnière, pour aller à pied au café du village, à plus de quatre kilomètres acheter un hameçon à palette, qu’il montait ensuite sur un crin de cheval arraché à la queue du hongre de la ferme. Et quand on accrochait la ligne dans le fond, on se déshabillait

Pêcher juste, c’est quoi au juste ?
Il ne suffit pas de connaître toutes les techniques, tous les leurres, toutes les mouches pour pêcher juste. Encore faut-il être capable de faire le lien avec la rivière, les conditions du moment, l’humeur des poissons et la modification de cette humeur que peut provoquer la surfréquentation des parcours. Pour être traité, ce sujet exigerait un livre ! Voici toutefois quelques conseils pour pêcher juste.
Nous vivons à l’ère des blogs, des vidéos, des magazines et c’est super. Pourtant, au bord de nos cours d’eau, il n’y a jamais eu autant de techniciens. Et à mon sens, peu de vrais pêcheurs. Peut-être l’un est-il une tentative pour compenser l’autre, mais la plus grande maîtrise technique ne remplacera jamais l’expérience et l’écoute de la rivière. On pêche beaucoup sur Internet, mais de moins en moins au bord de l’eau. Dès qu’un nouveau leurre, une mouche, une technique “marche”, même à l’autre bout de la France, tout le monde est au courant et se l’approprie en quelques semaines… à croire qu’on ne pourrait plus vivre sans ! Le résultat est que le pêcheur est de moins en moins curieux, tente de moins en moins de faire ses propres expériences et de découvrir la finesse et les secrets du monde de l’eau par lui-même. La technique devient son passe-partout. Il s’enferme dans sa bulle de “contacts”, comme on dit dans le langage Internet. Au final, le lien entre le pêcheur et la rivière se réduit à peau de chagrin. Aujourd’hui, les pêcheurs sont de toutes les rivières à la fois et partant, j’ai un peu peur qu’ils n’en connaissent plus aucune en particulier. Mais peut-être est-ce qu’ils recherchent. Les pêcheurs savent à l’avance “ce qui marche”, mais ils ne savent pas pourquoi. La compréhension qui se développe en parcourant sans cesse le cercle vertueux qui va de la rivière au pêcheur et du pêcheur à la rivière, ce que nos aînés nommaient de façon un peu mystérieuse et jalouse “le sens de l’eau”, se réduit à un bagage technique fait de petits trucs, de croyances et de superstitions pseudo-scientifiques pour le plus grand bonheur des marchands de camelote…
Pêcheurs à la mouche, pêcheurs aux leurres : mêmes victimes ! Le pêcheur actuel n’a plus le temps : voilà la maladie de l’époque. On apprend à pêcher la truite à la mouche sans avoir jamais pêché une ablette au coup. On ne va pas à la pêche lorsque les conditions sont favorables, mais quand le Dieu des RTT ouvre les grilles. Dans ces conditions, il n’est pas facile de tomber juste : “ je voudrais une éclosion de baétis samedi à 14 heures, c’est possible ? Non ? Tant pis, je pêcherai quand même en sèche. ” Et vous passerez certainement à côté de la pêche. C’est encore plus vrai en ce qui concerne la pêche en nymphe à vue. L’efficacité de cette technique et la clarté des eaux peuvent faire croire qu’il suffit de bien présenter une nymphe pour réussir et que la maîtrise technique peut avoir raison des saisons et de l’humeur des poissons. Si, en temps normal, certains virtuoses peuvent donner l’impression que c’est vrai, ces mêmes virtuoses savent en revanche que lorsque les conditions de pêche deviennent trop difficiles, la différence ne se fait plus seulement à la technique, mais à la ruse et par l’art de déterminer le moment opportun pour tenter le poisson. Même si cela peut sembler élémentaire, revenons aux fondements de ce qu’il faut savoir pour pêcher juste.
Connaître le régime alimentaire mais surtout les moeurs des poissons est la première évidence. Il ne suffit pas de connaître les bons coins et savoir ce que mangent les truites, il faut encore savoir à quel moment et comment elles mangent. S’il est vrai que n’importe quelle proie bien présentée peut être saisie par réflexe, il n’en demeure pas moins qu’une truite est bien plus facile à capturer lorsqu’elle se nourrit régulièrement. Ce phénomène est comparable à un amorçage naturel et de plus il fait sortir de leurs repères les poissons invisibles. La truite qui picore des gammares en remontant sa gravière sera plus facile à leurrer que si elle est pendue entre deux eaux. La truite active devant son rocher sera bien plus facile à solliciter que lorsqu’elle est statique sous la berge. Et à ce jeu, la nymphe employée n’y est pas pour grand chose. Je préfère attaquer une truite qui mange régulièrement des gammares, même si c’est avec une vague oreille de lièvre ou une pheasant tail, plutôt que de posséder une merveille de petite imitation nouée à ma pointe, avec sa carapace luisante et ses jolies papattes à présenter à un poisson peu actif. Cela peut sembler évident mais dans les conditions difficiles, bien déterminer le moment pour pêcher et pour lancer est la clé du succès.