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  • Pêches Sportives Vidéo n°44 : Pêche du black-bass à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura

    Pêches Sportives Vidéo n°44 : Pêche du black-bass à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura

    Avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez

    Curieux et méfiant à la fois, le black-bass est un poisson passionnant, avec qui la pêche sportive prend tout son sens. En bons connaisseurs de cette espèce, Pierre Moyniez et Lionel Fumagalli nous font découvrir la pêche aux leurres à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura. Ce plan d’eau qui appartient à la Fédération départementale de pêche du Jura est dédié à la pêche du black-bass. La pression de pêche étant importante sur ce plan d’eau, le choix des leurres s’avère déterminant, tout comme les animations qui doivent toujours surprendre les poissons. Les leurres Illex Gantarel, Flat Bone Clicker, Cuprap, Flick Shake ou les grenouilles Ever Green et River2Sea ont été mis à contribution pour tenter de déjouer la méfiance de ces poissons qui se méritent ! Au prix d’une guerre des nerfs qui fait tout l’attrait de cette pêche particulière, cette vidéo de 35 mn passe en revue les techniques spécifiques de la pêche de ce poisson ainsi que le matériel nécessaire pour la pêche en milieu encombré de végétation. Le Grand Bernardier est accessible avec la carte de pêche annuelle “fédérale du Jura” ou avec une carte journalière. Renseignements : www.peche-jura.com.

  • Fermeture de la pêche en 1ère catégorie le 18 septembre

    Fermeture de la pêche en 1ère catégorie le 18 septembre

    Un petit rappel à propos de la fermeture de la pêche en rivières de première catégorie (cours d’eau généralement à truites et à ombres) qui aura lieu le dimanche 18 septembre au soir. Il existe quelques dérogations dans les Alpes notamment où un prolongement de la saison est généralement acquis en compensation de la fonte des neiges en début de saison. Pensez à consulter les arrêtés préfectoraux sur les sites Internet des fédérations des départements concernés. Les cours d’eau à salmonidés migrateurs bénéficient également d’une prolongation, avec cette année un risque de fermeture anticipée en raison de la sécheresse qui touche la Normandie et la Bretagne. Se renseigner.

  • La Semène (42) polluée en aval du barrage des Plats !

    La Semène (42) polluée en aval du barrage des Plats !

    Le communiqué de presse du Club des Pêche Sportive Forez Velay à propos de la récente pollution de la Semène (Loire). Une pollution qui était pourtant prévisible vu les conditions de mise en eau du barrage :

    “Le samedi  10/9/2016,  une pollution a été constatée sur La Semène en aval du barrage des Plats (commune de St Genest Malifaux 42). Une forte odeur d’ammoniaque a été constatée sur les rives de la rivière à l’aval immédiat du barrage. Une mortalité de truites très importante (plus de 1500 truites) et plus largement de faune aquatique (macro invertébrés, …) a déjà été enregistrée. Au moins 800 m de rivière sont impactés. Informés par l’AAPMA la Truite des Grands Bois, les pompiers, l’Onema et la Gendarmerie ont pu faire les constatations ainsi que des prélèvements pour rechercher l’origine de cette pollution. Bien que rien ne soit encore avéré, il fait assez peu de doute que l’origine se trouve dans la qualité de l’eau du barrage des Plats qui a été mis en eau en dépit du bon sens.

    En effet la mise en eau de ce barrage, qui était vide depuis une dizaine d’année, s’est faite sans prendre le temps d’enlever la végétation qui s’était développée depuis  dans le fond de la vallée, et qui manifestement est aujourd’hui en phase de pourrissement sur place, entraînant automatiquement un manque d’oxygène et une dégradation importante de la qualité de l’eau rejetée dans la rivière.

    Nous avions à de nombreuses reprises attiré l’attention des autorités, et notamment de la DDT, que ce risque était important et surviendrait sûrement à plus ou moins long terme si aucune mesure n’était mise en place.

    Des mesures permettant de pallier ce risque ont été proposées, afin d’amener directement l’eau de la rivière de l’amont du barrage à son aval, sans lui faire traverser l’étendue de la retenue d’eau, pour lui éviter de se dégrader.
    Toute personne connaissant les milieux aquatiques sait bien ce qu’il advient de la qualité de l’eau qui séjourne dans une retenue.

    Malgré cela, aucune mesure n’a été mise en place et ce qui devait arriver est arrivé.”

    Le CPSFV ne restera pas inactif face à cette nouvelle atteinte à l’intégrité de La Semène, une rivière considérée comme un des réservoirs biologiques de la région stéphanoise.

  • Trailer Valet, manœuvrer votre bateau à la main !

    Trailer Valet, manœuvrer votre bateau à la main !

    Avec un garage dont l’entrée est à angle droit, une remorque à double essieux qui refuse de pivoter, un sol irrégulier, rentrer un bateau devient un vrai cauchemar ! Le Trailer Valet est inspiré d’un appareil (un outil devrait-on dire) bien connu des réparateurs de bateaux, mais qui n’était pas disponible ou inconnu des particuliers. Le Trailer Valet s’adapte à toutes les remorques, supporte jusqu’à 500 kilos. Existe aussi un modèle plus petit annoncé à 250 kilos sur la flèche. Rappelons que réglementairement parlant, la flèche de la remorque de votre bateau de pêche ne doit pas supporter plus de 50 kilos. Plus besoin de pousser un bateau d’une tonne, il suffit de mouliner. Et si ça ne vous dit rien, une perceuse de 18 v peut faire avancer l’engin moyennant un kit d’adaptation. Une bonne solution pour les nombreux possesseurs de bateaux dont l’accès au sous-sol de la maison est un peu tordu (nous sommes nombreux dans ce cas !). Ça peut vous simplifier la vie ! Voir la démo dans la partie vidéo.

    Site de l’importateur :

    http://www.bassboateurope.com/

  • Trailet Valet, manœuvrer votre bateau d’une main

    Trailet Valet, manœuvrer votre bateau d’une main

    Avec un garage dont l’entrée est à angle droit, une remorque à double essieux qui refuse de pivoter, un sol irrégulier, rentrer un bateau devient un vrai cauchemar ! Le Trailer Valet est inspiré d’un appareil (un outil devrait-on dire) bien connu des réparateurs de bateaux, mais qui n’était pas disponible ou inconnu des particuliers. Le Trailer Valet s’adapte à toutes les remorques, supporte jusqu’à 500 kilos. Existe aussi un modèle plus petit annoncé à 250 kilos sur la flèche. Rappelons que réglementairement parlant, la flèche de la remorque de votre bateau de pêche ne doit pas supporter plus de 50 kilos. Plus besoin de pousser un bateau d’une tonne, il suffit de mouliner. Et si ça ne vous dit rien, une perceuse de 18 v peut faire avancer l’engin moyennant un kit d’adaptation. Une bonne solution pour les nombreux possesseurs de bateaux dont l’accès au sous-sol de la maison est un peu tordu (nous sommes nombreux dans ce cas !). Ça peut vous simplifier la vie ! Voir la démo dans la partie vidéo.

  • Nouveaux Lakshad exo chez Nosybefishing 220 et 240

    Nouveaux Lakshad exo chez Nosybefishing 220 et 240

    Les stickbaits en bois peuvent paraitre archaïques mais ce sont des leurres redoutables, qui peuvent se lancer loin (lestés à l’arrière) et qui peuvent se ramener très vite avec une nage aléatoire que les carangues, les thons ou les tassergals adorent. Ces deux modèles sont armés d’une tige inox de 2,5 mm. Vendus non montés. Triples spéciaux GT86-7 dispos sur le site de Nosybe Fishing :

    http://www.nosybefisherman.fr/fr

  • Fauchage des routes et des berges, du bon et du très mauvais !

    Fauchage des routes et des berges, du bon et du très mauvais !

    Alors que certains départements comme celui du Doubs font des efforts pour préserver la biodiversité en fauchant tardivement le bord des routes, après la floraison, Voies Navigeables de France (VNF) prend beaucoup moins de gants pour faucher les talus des canaux. Les massifs de renouées du Japon et de balsamine de l’Himalaya sont fauchés à ras le sol, avec très souvent des morceaux de rizhomes (renouée) ou de racines (balsamine) qui se retrouvent dans l’eau et qui colonisent plus en aval. Ces deux plantes invasives qui ne se propagent que par leur système racinaire ne doivent pas être traitées comme un talus d’orties !

     

  • La belle du Chéran !

    La belle du Chéran !

    Le 1er septembre, la belle était de sortie, plutôt imprudente juste à l’aplomb d’un pont. Elle connaît certainement la musique et les boites à mouches de tous les gars du coin… Depuis, elle porte un piercing (alsacien) sans ardillon. Sympas les gars du Chéran de l’avoir gardée au frais pour un copain !

  • Le vol des géants

    Le vol des géants

    Les raies mantas sont des poissons géants, qui peuvent atteindre deux tonnes pour une envergure de plus de cinq mètres. On ne s’attend pas du tout à les voir sauter en l’air de la sorte. Sans doute une parade amoureuse où ces drôles de poissons volent !

  • Bonnes feuilles : L’arbalète et la squaw

    Bonnes feuilles : L’arbalète et la squaw

    Muriel Lovichi a une passion dans la vie : la pêche. Cette savoyarde n’hésite pas à y consacrer la totalté ou presque de ses loisirs, au point de devenir une pêcheuse d’exception dont la réputation a déjà dépassé les frontières des Alpes. Ses meilleures histoires font l’objet d’un livre passionnant à paraître en juillet aux éditions Pêches Sportives. Extraits.

    « Beaucoup de pêcheurs dénigrent la méthode de nymphe à vue dite « à l’arbalète » sous prétexte qu’elle est moins technique qu’à distance de fouet. Du coup, ils affirment imprudemment qu’il est bien plus facile et donc moins glorieux de prendre un poisson de cette manière. Personnellement, j’y trouve au contraire tout plein d’intérêt et de difficulté. Tout d’abord, j’adore l’approche d’Indien qu’elle nécessite et le mot « traque » y prend tout son sens. J’imagine que c’est un peu l’équivalent de la chasse à l’arc comparée à celle pratiquée avec une carabine. Je perçois du reste la même grâce dans le geste de l’archer et lorsque les doigts du pêcheur lâchent la nymphe, c’est en quelque sorte la même volonté d’atteindre la cible avec précision. La distance de tir est très réduite et on n’a alors pas d’autre choix que de soigner son approche. Cela implique une grande concentration puisque chaque pas, chaque mouvement est calculé et de préférence au ralenti. On peut éventuellement faire craquer un bout de bois sous ses pieds, mais il est hors de question de faire rouler une pierre jusque dans l’eau.

    Dans le premier cas, on s’immobilise en se donnant des noms d’oiseaux et dans le deuxième, on prie que la pierre n’atteigne pas l’eau. D’ailleurs, après plusieurs saisons de pratique, c’est presque devenu une habitude d’arpenter les berges telle une Sioux et lorsque j’approche la rivière, c’est naturellement à pas de loup. Un promeneur qui s’amuse à m’observer se demande forcément à quoi je joue et heureusement que j’ai une canne à pêche dans les mains pour lui donner un indice sur ce que je suis en train de faire. Pour moi, c’est en effet un jeu de cache-cache avec les poissons et lorsque je surprends un autre pêcheur qui ne m’a pas entendu arriver ou, dans le meilleur des cas, que je passe complètement inaperçue, je me félicite de ma discrétion. Les jours où je suis d’humeur taquine, je trouve même très drôle de faire sursauter celui qui ne s’attend pas à me voir en attendant la toute dernière seconde pour me manifester, certaine de mon effet de surprise. Le plus comique, c’est lorsqu’un pêcheur tombe nez à nez avec mon chien-loup qui sait attendre, planqué dans la ripisylve. J’entends alors une toute petite voix qui demande s’il y a quelqu’un…

    Mais bon, le but premier n’est pas de faire peur aux gens, mais bien de surprendre les poissons qui rôdent le long des bordures. Or, les berges sont à certains endroits si encombrées qu’on se prendrait presque pour un sanglier. Il faut alors forcer le passage à travers une végétation très dense et quand il faut se faufiler à travers les branches avec la canne qui s’accroche à chaque mauvaise manoeuvre, ou que les ronces vous agrippent de partout quand ce ne sont pas les orties qui piquent les bras, il y a de quoi devenir fou. Qui, à bout de nerfs, n’a pas maudit le mûrier qui l’oblige à revenir en arrière pour récupérer son épuisette après avoir tiré comme un forcené sur l’élastique en espérant que la ronce cède ? Qui n’a pas pété les plombs parce qu’il faut renoncer après maints efforts et faire demi-tour puisqu’il n’y a plus d’issue à travers le buis épais d’un sous-bois ? Il y a aussi tous ces moments où je me retrouve dans des postures très inconfortables, à la limite de la crampe durant de très longues minutes sans pouvoir en changer parce qu’une truite à décidé de s’arrêter à quelques mètres et que le moindre geste la ferait déguerpir. Mais justement, ce qui me plaît le plus dans cette pratique, c’est que je vois les poissons en gros plan. Le comble, c’est lorsque du coup, c’est de trop près pour les pêcher à cause de la longueur de la canne, mais quel privilège de pouvoir observer ce que l’on convoite dans les moindres détails… Un jour que je m’étais postée en équilibre sur une pierre de tout juste la taille de mes pieds, une belle zébrée est venue frôler mes chaussures. La canne pointée vers l’avant, je l’attendais de l’autre côté d’un arbre couché, mais la coquine est passée à quelques centimètres de mes semelles, sous mon bras tendu. Bien évidemment, je ne pouvais rien tenter à part peutêtre lui marcher dessus.

    J’avais au moins la certitude qu’elle ne m’avait pas vue. Lorsqu’elle s’éloigna par chance dans la bonne direction, j’animai enfin ma « fressane » devant son nez et quelques minutes plus tard, alors que la truite était dans l’épuisette, je me moquai du tour qu’elle croyait m’avoir joué et lui conseillai de se méfier quand elle verrait mes chaussures à l’avenir. Il m’est arrivé plus d’une fois d’être accroupie au ras de l’eau et de voir une truite de si près que j’aurais pu croire la toucher en tendant le bras. Certaines ne font que passer, occupées à leur ronde, d’autres semblent se méfier d’une forme inhabituelle sur le bord. Elles se rapprochent de façon incroyable comme pour mieux voir et s’arrêtent même à moins d’un mètre avec cette manière bien particulière de bouger leurs nageoires pectorales. J’ai l’impression qu’elles me regardent et qu’elles attendent mon erreur, le moindre geste de ma part qui confirmera leurs doutes. C’est ainsi un jeu de patience qui s’engage, à celle qui bougera la première et pendant ce temps-là, j’apprécie de pouvoir la contempler. D’ailleurs, cela m’amuse plus que tout de repérer un poisson et d’essayer de l’approcher sans être vue. Il y a cet instant où après avoir observé son comportement, j’étudie la situation, je regarde autour de moi pour élaborer ma stratégie. Si la truite s’active, mon plan est plus facile à exécuter et comme dans une partie de « Un, deux, trois… soleil ! », je profite de son inattention pour m’avancer dans sa direction, prête à m’immobiliser dès qu’elle s’arrête. La plus grande difficulté est donc d’aborder un poisson qui ne bouge pas, si bien que je me retrouve souvent à ramper sur le dos et à force, mon pantalon est bien usé aux fesses. Mais quelle satisfaction de réussir à se placer au plus près d’une truite sauvage…

    Je ne me lasse pas de ces longs moments de proximité avec ces animaux pourtant si farouches. Il y a même une sorte de familiarité qui s’installe avec les poissons que je retrouve aux mêmes endroits sur les parcours que je pratique très régulièrement. Je les reconnais à leurs habitudes ou quelques signes particuliers et l’inquiétude me gagne lorsque je ne les retrouve pas fidèles à leur poste. Parfois, cela m’indique seulement que les poissons ne sont pas dehors, mais lorsqu’il y a de l’activité et qu’une belle manque à l’appel, j’espère qu’elle a juste déménagé ou rôde pour le moment un peu plus loin. Dans le meilleur des cas, je suis alors forcément ravie de la retrouver plus tard comme si nous avions juste loupé le dernier rendez-vous. D’ailleurs, il m’est aussi arrivé de regarder ma montre pour aller me poster à certains endroits où j’avais préalablement remarqué qu’une grosse truite faisait sa ronde à heure fixe. Bizarrement, moi qui ne suis pas du genre ponctuelle, j’arrive en avance sur ces coups-là. L’attente me paraît alors bien longue, d’autant plus que je n’ai aucune certitude sur la venue de la belle, mais c’est un bonheur de la voir apparaître comme si elle répondait à mon invitation. Je me souviens particulièrement d’une grosse mémère que j’avais croisée par hasard le premier jour sur le coup des huit heures et demie. Avec l’effet de surprise, je n’avais rien pu faire et m’étais seulement contentée de la regarder faire sa boucle. Je retournas donc le lendemain au même endroit avec un peu d’avance et tout le loisir de choisir mon poste de préférence confortable.

    Je patientais avec mon gammare posé au fond de l’eau à côté de deux gros blocs entre lesquels la truite était passée la veille. Comme prévu, elle pointa le bout de son énorme nez. Elle semblait effectuer le même circuit. J’étais prête à lui souhaiter la bienvenue en relevant ma nymphe puisqu’elle arrivait entre les rochers, mais malheureusement, je sentis mon fil se tendre parce que le gammare restait bêtement accroché à une pierre du fond. Je fus obligée de regarder s’éloigner ce poisson monstrueux en me maudissant d’être aussi stupide. Je le vis redescendre quelques minutes plus tard par le large, mais après une longue attente, je dus me résoudre à reprendre rendez-vous pour le jour suivant. Le lendemain, j’étais donc à nouveau postée à l’endroit propice et j’avais pris soin cette fois-ci de déposer ma nymphe sur le fond sableux entre les blocs. Il était l’heure et je félicitai à voix basse ma truite pour sa régularité. Elle venait d’apparaître une dizaine de mètres en aval et je me réjouissais de nos retrouvailles. La main tremblante, parce qu’elle était vraiment impressionnante par sa taille et sa tête effrayante, j’attendis le moment opportun pour animer ma nymphe à son arrivée. La truite avançait si lentement que le temps semblait s’être arrêté. Je pus enfin relever mon gammare devant sa gueule, mais ne déclenchai aucune réaction. La zébrée passa son chemin alors que dans un ultime espoir, je faisais sautiller mon imitation sur le fond en espérant agacer la belle et l’inciter à se retourner dessus. La truite l’ignora superbement et je restai toujours sans bouger, le souffle coupé par la majesté de ce poisson- trophée.

    Quand elle se fut éloignée, je récupérai ma nymphe et remarquai alors qu’une brindille, un minuscule bout de racine, y était accroché. Cela expliquait donc le désintérêt que mon gammare avait suscité même si, de toute façon, je ne peux affirmer que cette vieille truite se serait laissée prendre au piège. Je suis retournée plusieurs fois à la même heure à notre point de rendez-vous, mais je ne l’y ai jamais revue. Je l’ai croisée une ou deux fois par la suite, mais plus loin… trop loin pour la pêcher. En effet, la technique de l’arbalète présente indéniablement le défaut de ne pouvoir pêcher que des poissons à courte distance et si on se retrouve sur une berge d’où il impossible de fouetter ou d’effectuer un rouler, cela se révèle très frustrant d’être impuissant devant une belle truite trop lointaine. Donc indifférente. A vrai dire, je crois que c’est la technique qui malmène le plus mes nerfs. Parce qu’on y gagne pas souvent et qu’elle est éreintante. C’est pourtant celle que je pratique à outrance, parfois plusieurs jours de suite, parce qu’elle me permet d’être en « tête-à-tête » avec les poissons. A certains moments, fatiguée ou contrariée, je me dis qu’il faut être un peu masochiste pour persister à les traquer de la sorte, mais je me console en pensant que c’est un privilège de pouvoir le faire essentiellement le long de magnifiques rivières. Je remercie le ciel d’avoir la capacité de crapahuter sur les berges, quitte à en baver un peu. Je me motive en supposant que lorsque je serai trop vieille, je regretterai ces moments pénibles à m’aventurer à quatre pattes jusque dans les coulées de castors à travers les roseaux ou à ramper sous les saules. Alors, je profite de ma chance et tant que je le pourrai, je m’efforcerai d’entrer ainsi dans l’intimité des truites. »

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    Histoire de peche