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Saumons Loire/Allier : si on parlait un peu de génétique ?
Existe-t-il encore un espoir de sauver la souche de saumon de l’axe Loire/Allier ? Pour Pierre Affre, vétérinaire, spécialiste du saumon Atlantique, si cette chance existe, elle nécessite de s’intéresser de près à la génétique et de changer au plus vite quelques habitudes du côté du Conservatoire national du saumon sauvage.
Le 2 mars dernier a été diffusé sur France 3 (Région Alpes) un reportage assez intéressant sur les derniers saumons de l’Allier. Dans ce petit film d’une vingtaine de minutes sont abordés nombre de problèmes environnementaux (pollutions, qualité de l’eau, barrages, seuils et autres obstacles à la migration, pêches dans l’océan, etc..) qui expliqueraient pourquoi la restauration de l’espèce Salmo salar, malgré des dizaines, voire des centaines de millions d’euros investis, stagne à des niveaux dramatiquement bas depuis plus de vingt ans sur ce bassin.
Si l’on en croit Patrick Martin le directeur du Conservatoire National du Saumon Sauvage : « La population de saumons de l’Allier est unique, elle est même considérée par les généticiens comme la plus ancestrale d’Europe. » A l’époque glaciaire poursuit M. Martin, on avait des saumons ici, alors qu’en Ecosse, en Norvège, il n’y en avait pas… et d’ajouter que si on veut sauver les grands fleuves et les grandes rivières d’Europe, on a besoin d’utiliser et de conserver cette population de l’Allier. Au secours ! Car je ne conseillerai surtout pas à quiconque, propriétaires privés ou Etats, d’utiliser les saumons de l’Allier pour essayer de repeupler ou même d’améliorer les remontées de saumons dans leurs rivières. Cette “ancestralité” affirmée par M. Martin (on aimerait au passage connaître le nom du ou des généticiens qui lui ont soufflé cette ânerie) ne date en fait que depuis moins d’une quarantaine d’années. Tu parles d’une ancestralité ! Rappelons à M. Martin que la dernière période glaciaire en Europe, celle du Würm qui caractérise la fin du Pléistocène, remonte entre 110 000 et 10 000 ans, et il est vrai qu’à son maximum d’extension, il y a 22 000 ans environ, alors que l’Ecosse et les pays scandinaves étaient recouverts par une épaisse calotte glaciaire, les rivières du Sud de l’Europe, dont l’Allier, coulaient libres de glace et voyaient certainement remonter, pour cette seule rivière, plusieurs centaines de milliers de saumons tous les ans.
Avec depuis vingt ans, entre cent et mille saumons (la meilleure année) comptabilisés au barrage de Vichy, M. Martin juge aujourd’hui les résultats « encourageants ». Quel optimisme, sinon quelle escroquerie ! Pourtant, depuis le Würm, il y a eu quelques périodes de réchauffement climatique dont la toute dernière (dont on nous rebat les oreilles) qu’on accusera bientôt de l’échec définitif de la restauration des saumons sur l’axe Loire-Allier…

Pêche à cheval et gastronomie avec Emotion Pêche
L’association Emotion Pêche, située en Haute-Loire ne cesse de proposer des séjours originaux. La pêche sportive, et notamment à la mouche, s’inscrit dans la démarche des projets que met en place Steeve Colin, moniteur guide de pêche de l’association.
Les séjours trappeurs de pêche en canoë permettent aux participants de s’oxygéner sur une formule de deux jours en faisant un véritable break dans les cadres sauvages du haut Allier. Le cheval permet également d’accéder aux secteurs de pêche préservés de la haute vallée de la Loire à la recherche de truites fario et d’ombres communs. Un nouveau parcours de 12 km a vu le jour entre la confluence de la Gazeille et le passage du Cable en aval de Goudet. En 2017, l’association propose également des séjours VTT/pêche sur les secteurs du haut Allier entre Saint-Arcons et Langeac.
Un peu moins sportif mais tout aussi intéressant les séjours “gastronomie et pêche” en partenariat avec Jacques Marcon à Saint-Bonnet-le- Froid et Brigitte de Laporte à Saint-Arcons-de-Barges ont rencontré un franc succès. Les accompagnants non pêcheurs profitent des cours de cuisine et accèdent au spa balnéo, tandis que Steeve partage sa passion de la pêche à la mouche sur la haute vallée de la Loire et le haut Lignon.
Enfin, les jeunes apprennent les bases de la pêche à la mouche ou aux appâts naturels avec des stages de cinq jours avec hébergement en pension complète durant les vacances scolaires de Pâques, d’été et de la Toussaint. Les jeunes sont toujours sensibilisés au respect du poisson et de son environnement.
Steeve Colin.
Tél. : 06 23 06 70 58.
www.emotionpeche.com

Une épuisette sans manche, originale et pratique
Après une longue gestation, une épuisette “raquette” d’un nouveau genre est née sur les rives de l’Alagnon. Pas tout à fait une raquette puisqu’elle ne possède pas de manche. L’encombrement est donc minimum. Cette épuisette brevetée sera bientôt disponible sur le marché. Elle existe en deux modèles (sur cette vidéo il s’agit du plus petit). A suivre sur la chaîne YouTube du concepteur.

Six mouches pour ne pas rater son début de saison
Les saisons et leur sempiternel recommencement ont ceci de pratique de nous mettre à chaque fois sur la bonne voie des choses qui se répètent immuablement. Ainsi au printemps, quelques espèces d’insectes ont la lourde responsabilité de nous faire vibrer lorsque truites et ombres s’activent à la faveur d’une belle éclosion.
A la mouche sèche comme à la nymphe, le printemps nourrit tous les espoirs du pêcheur à la mouche. Les six modèles de mouches proposés par Florent Bailly dans cette rubrique sont particulièrement recommandés pour pêcher avant l’été, lorsque les conditions sont encore “faciles” sans qu’il faille pêcher très fin. Et comme l’espoir fait vivre, prenons nous à rêver de belles éclosions de march brown, un des plus grands éphémères que l’ont peut observer en Europe. Cette bête athlétique qui s’imite sur un hameçon n° 12, pas moins, ne passe pas inaperçue sur l’eau ! Nous vous la proposons en deux stades. En cas d’éclosions de bætidæ, un montage parachute en taille 16 fait l’affaire dans bien des cas. Collé à la surface, ce montage est très efficace. L’aile se repère bien sur l’eau (à remplacer par du CDC si l’on est allergique aux matériaux synthétiques !). Un petit sedge au montage original et deux nymphes passe-partout terminent cette sélection forcément arbitraire mais qui permet aussi d’apprendre à travailler certains matériaux et à faire quelques tours de mains particuliers. C’est l’objet de cette rubrique.
Nymphe dubbing
Un modèle très polyvalent, pour l’ombre ou la truite, à vue ou au fil. La bille est une AB Fly bordeaux tachetée qui est un nouveau coloris.
1. Prendre un hameçon Tiemco 100 n° 8. Enfiler une bille de tungstène AB Fly bordeaux tachetée n° 00 sur l’hameçon. Avec un fil de plomb de 3/10° de mm, faire quatre tours juste derrière la bille.
2. Avec un fil de montage Uni Thread gris/beige 8/0, faire une sous couche qui forme un corps conique.
3. Fixer des cerques courts en coq pardo.
4. Fixer un fil de cuivre qui sera laissé en attente.
5. Directement sur le fil de montage, fixer un dubbing Trout Hunter René Harrop “march brown” (trouvé chez l’Ami du Moucheur au Québec). Le torsader sur le fil.
6. Enrouler le dubbing sur le corps puis cercler avec le fil de cuivre.
7. Réaliser un second dubbing. Il s’agit cette fois d’un Scintilla Multi Purpose brun/olive. Faire le noeud final. La mouche est terminée.
March brown émergent
Les éclosions de march brown (Rhithrogena germanica) ne manquent jamais de faire sortir les grosses truites. Voici une imitation réaliste à la flottaison basse.
1. Choisir un hameçon

Gaël Even rejoint Illex et Pezon & Michel au sein du groupe Sensas
Les pêcheurs de renoms ont aussi leur “mercato”. Après de nombreuses années chez Pure Fishing (Mitchell, Abu Garcia, Berkley, Hardy, etc.), le célèbre pêcheur Gaël Even (à droite sur la photo) a choisi de rejoindre la maison Sensas. Avec Frédéric Jullian, Thomas Vogel et Jérôme Riffaud, il participera désormais au développement des gammes et des produits pour le compte des marques Pezon & Michel et Illex. Homme de terrain avant tout, il saura sans aucun doute développer des leurres et un matériel adapté à la pêche de nos poissons. Nous avons hâte de voir le résultat !

Carnassiers. Attention aux quotas et tailles légales !
Depuis l’an passé, il existe un quota journalier national de captures concernant les carnassiers. Plus de cinquante ans après le premier quota pour les salmonidés, cette excellente mesure existe enfin. Rappelons que les quotas carnassiers journaliers sont les suivants : 3 brochets d’au moins 60 cm, 2 sandres de 50 cm et 3 black-bass de 40 cm. Mais attention, dans son département, le préfet peut demander une dérogation pour modifier ce quota et les tailles légales de captures. Il faut donc impérativement que les pêcheurs qui souhaitent garder des poissons se renseignent sur les sites Internet des fédérations départementales ou chez leur détaillant. Même chose pour la date de l’ouverture, qui est normalement prévue le 1er mai, sauf dans tous les départements qui ont demandé et obtenu un report. C’est beau la simplification…

Rivières de Franche-Comté, une journée de barrages contre l’inaction politique !
Comme annoncé il y a quelques jours, ce 29 avril fut placé sous le signe des ralentissements du trafic routier dans quatre villes de Franche-Comté : Ornans, Saint-Hippolyte, Morteau et Saint-Claude. Quatre bourgades qui souffrent en ce moment de gros problèmes de pollution et de mortalités de poissons. Pour le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises (LRC), aidé par les fédérations de pêche et de nombreux bénévoles, le but était d’informer les automobilistes au sujet des problèmes environnementaux et de santé publique qui touchent chaque Franc-Comtois, et de dénoncer l’inaction politique face à des maux identifiés depuis des années, reconnus par les services de l’Etat en 2011. De mesurette en mesurette, d’étude en étude, force est de constater qu’il n’existe aucune réelle volonté de s’attaquer aux problèmes.
Les Français doivent savoir que dans cette région, le traitement des eaux usées, les réseaux d’eau potable ne sont absolument pas aussi performants que les normes officielles veulent bien nous le faire croire. Que 80 000 tonnes d’un comté fatalement industriel et les 500 000 m3 de lisier qui en découlent sont incompatibles avec les zones karstiques des plateaux du haut Doubs et du haut Jura. Il existe des solutions (méthanisation, arrêt des épandages hivernaux, etc.) que les politiques se refusent d’imaginer par crainte d’affronter le monde agricole. Un monde qui se permet de crépir les bureaux des DDT ou de l’Onema de lisier en toute impunité. Ce 29 avril, le Collectif LRC a renversé le contenu de trois poubelles remplies d’algues et d’une remorque d’ombres et de truites morts, provenant de l’hécatombe du Dessoubre, devant la mairie de Saint-Hippolyte. Geste symbolique, mais très éphémère, car suite à un minable chantage que l’un des adjoints au maire a fait aux pêcheurs, toute cette puanteur a dû être remballée fissa.
Ce 29 avril, les militants auront bien compris que ce combat n’est qu’un rapport de forces, et cet épisode humiliant les a remontés comme jamais ! Le temps des courtoises négociations avec les services de l’Etat est désormais révolu.


Comment bien monter les mouches de légende. 11. L’ATE E’Mai d’André Terrier
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans lequel il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
Avec le temps, ce qui apparaissait comme novateur il y a trente ans fait désormais partie de la légende. Lorsque les Mouches Devaux proposèrent aux pêcheurs la collection d’artificielles d’André Terrier, personne ne se doutait que cela allait révolutionner le petit monde de la pêche à la mouche sèche. Plus encore que ses séries de nymphes, sa série ATE (André Terrier émergentes) était pour l’époque, la fin des années 1980, unique en son genre. Des montages qui flottaient bas, collés à la surface, dont la plume de CDC, certes connue, mais utilisée différemment, permettait des montages interdits aux plumes de coqs. La série ATE a donc marqué l’histoire de la mouche artificielle professionnelle en France et dans les pays voisins, car à l’époque, même si Internet n’existait pas, la renommée des mouches artificielles d’Aimé Devaux était internationale.
Ces mouches ont influencé les générations de pêcheurs qui ont suivi jusqu’à nos jours. La plupart des modèles ATE possèdent un “tag” un peu provocateur qui ciblait en priorité les ombres. Cette ATE E’Mai en revanche est clairement destinée aux truites et se borne à imiter l’insecte. Cette collection figure toujours au catalogue des Mouches Devaux. Le montage de cette émergente de mouche de mai n’a rien de compliqué, mais demande de trouver les bons matériaux : duflanc de canard colvert mâle pour les cerques, du dubbing de masque de lièvre beige/roux (il faut faire le mélange soit même), du CDC bleuté (un certain bleu…) et une plume de perdrix grise teintée à l’acide picrique à 2 %. Le tout monté sur un hameçon n° 12 Kamasan B 401. Il est d’ailleurs étonnant de constater que cette collection était sans doute l’une des premières sinon la première à utiliser des hameçons japonais à affutage chimique, ce qui permettait de pêcher beaucoup plus fin qu’avec les modèles en fer forgé.
1. Prendre un hameçon Kamasan B 401 n°12 et commencer l’enroulement d’un fil de montage noir. Fixer

Bonnes feuilles : Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi pour les rares audacieux qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont pas hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même lorsque le cours de la rivière servait de ligne de front. On a toujours pêché pendant les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché pour manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est accompli : lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis « oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent Ernest Hemingway, Curzio Malaparte, Pierre Clostermann, Guy de Maupassant et les autres auteurs réunis par Pierre Affre dans cet ouvrage et qui ont en commun d’avoir affronté les affres de la guerre une canne à la main. Alain Barthélemy, dont tous les pêcheurs connaissent et apprécient les mouches, a hérité de deux opuscules à la fois passionnants et émouvants qui sont les livres écrits en captivité par son grand-père, le capitaine Jean Barthélemy. Le capitaine Jean Barthélemy, matricule 12547 MB8, est l’un de ces officiers que la débâcle de 1940 a jetés dans un camp de prisonniers, en l’occurrence l’Oflag XVII A. Le hasard a fait qu’il s’est retrouvé emprisonné avec un autre officier, le capitaine Robert Ravaut, excellent pêcheur, plus tard auteur d’un livre qui marqua son époque, La pêche au lancer en rivière et en mer, paru en 1946 aux éditions Jacques Vautrin.
Pour vaincre l’ennui et la déprime, les deux hommes, excellents pêcheurs dans le civil, se sont mis en devoir de coucher sur deux petits cahiers, l’un consacré à la truite à la cuillère au lancer léger (Robert Ravaut) et l’autre à la pêche au coup et à la pêche des carnassiers (Jean Barthélemy), quelques enseignements et remarques tirés de leur expérience. Le tout, rédigé au crayon d’une petite écriture fine et régulière, donne une idée du caractère méthodique des auteurs. L’intérêt halieutique de ces notes est réel en ce qu’ils font partie des pionniers de la pêche au lancer léger et certaines de leurs remarques n’ont pas pris une ride, même si elles concernent des matériels et des poissons aujourd’hui disparus. De son grand-père, Alain Barthélemy a conservé le souvenir d’un homme froid et un peu distant, mais suffisamment passionné pour transmettre à son petit-fils, qui ne l’accompagna que deux ou trois fois… à la chasse, le virus de la pêche.
Voici un extrait du texte de Jean Barthélemy, consacré à la pêche des carnassiers et à l’influence de la lune. Jean Barthélemy, auquel la guerre avait laissé des cicatrices de blessures au bras et à la jambe, est mort à 86 ans. Ses textes sont un peu son testament de pêcheur.
La pêche des carnassiers
Capitaine Jean Barthélemy – Journal (Oflag XVII A, septembre 1940)
La pêche aux carnassiers du brochet, de la perche, moins attrayante peut-être que celle de la truite, n’en reste pas moins une pêche très intéressante, sportive que l’on pratique précisément à l’époque ou la truite cesse de donner. Il est possible à peu près partout de trouver et de pêcher ces carnassiers qui empoisonnent si souvent les pêcheurs au coup. S’il est admis à juste raison, je crois, que les carnassiers sont indispensables dans les cours d’eau et les étangs pour éliminer les alevins malingres ou trop abondants, il n’en reste pas moins vrai qu’il est souvent nécessaire, indispensable même, d’en réduire le nombre. Il est incontestable qu’en dehors des perturbations qu’ils provoquent sur les coups des pêcheurs de gardons, les carnassiers sont de gros mangeurs de petits, de moyens et même de gros poissons. C’est précisément pour cette raison qu’il convient de les éliminer en partie là où ils se révèlent trop nombreux. En 1934, à Châlons-sur-Marne, ayant pris un brochet de 11 livres présentant un ventre énorme, quelle ne fut pas ma surprise en couvrant l’estomac de ce carnassier d’y trouver une perche de 270 grammes.
La perche, autre carnassier non moins forte que le brochet, exerce également de sérieux ravages parmi la gente alevine. Sur un coup, la perche provoque encore plus de perturbations qu’un brochet, d’abord parce qu’elle chasse plus souvent, ne colle pas au fond et se promène généralement en banc de six, sept, huit et même dix sujets. La perche n’atteint évidemment pas la taille du brochet, une perche de 4 livres est déjà un sujet rare, néanmoins la perche ne doit être laissée qu’en quantité raisonnable si l’on veut ménager l’alevin. Il est incontestable que la chair de la perche est savoureuse, supérieure même à mon avis à celle du brochet et mérite en conséquence d’être recherchée.
Les carnassiers se pêchent :
1er au vif
2e au lancer léger
3e au lancer lourd
Tenue des carnassiers
Si l’on ne veut pas perdre un temps précieux, il faut absolument connaître les tenues des carnassiers.
Comme la truite, les carnassiers ont des tenues préférées, un habitat particulier. Le brochet se tient généralement à l’affût le long des herbiers, des touffes de roseaux, de joncs. On le trouve aussi très souvent le long des buissons, des arbres immergés auprès des tourbillons où les petits poissons sont souvent nombreux, dans les pools (zone un peu en retrait des grands courants). Ces endroits sont d’autant meilleurs qu’ils recèlent de petits herbiers où le fretin vient chaque jour chercher sa nourriture. Vous trouverez le brochet et la perche en étang également. Le brochet, le gros brochet se trouve aussi dans les grands fonds. Il n’est pas rare en effet d’observer de bon matin à proximité de ces grands fonds les chasses de brochets souvent très gros. Un endroit où l’on trouve également du brochet c’est immédiatement en amont ou en aval des barrages. Un autre endroit excellent est la jonction des cours d’eau. Il est bon d’explorer le tour des piliers de pont où l’on trouve de beaux brochets.
Dans les cours d’eau peu profonds, mais très larges, le brochet délaisse les refuges des rives pour se contourner au milieu de la rivière. C’est ainsi que dans l’Allier, aux environs d’Issoire, en août 1937, il m’est arrivé d’attraper des douzaines de brochets qui se tenaient au milieu de la rivière sous 40 centimètres d’eau. En principe, là où il y a des obstacles des refuges d’affût, il y a du brochet. Les tenues de la perche sont un peu différentes de celles du brochet. S’il est certain que la perche aime les refuges, herbiers, obstacles buissons, arbres immergés, elle aime également et surtout les gravières, les rochers, les rebords abrupts, des rives fortement battues par le courant. La perche, moins sédentaire que le brochet, se promène en banc de quatre à douze sujets de tailles diverses, aussi en trouvet- on un peu partout. Il est fréquent de trouver de très grosses perches près des gros rochers ou des piliers de ponts. En un mot, la perche est facile à trouver et même très facile à attraper. Il importe toutefois que le pêcheur de carnassiers soit observateur, qu’il étudie leur activité le matin et le soir, leur façon de chasser soit du large vers les rives, soit des rives vers le large à tel ou tel endroit.
Influence des vents, de la lune et des nuages sur la pêche au coup
Tous les temps soin loin d’être favorables à la pêche au coup. Il existe en effet de nombreux éléments néfastes et perturbateurs qu’il est bon de connaître, car ils empêchent bien sûr le pêcheur au coup de réussir. Parmi les éléments perturbateurs, nous trouvons les vents, la lune, les nuages, le soleil, les mouvements de l’eau, les crues, etc.
a) Le vent, indépendamment de son action mécanique sur la ligne, sur le flotteur qui danse sans cesse du fait des vagues, ligne chassée sur la rive, le vent dans certaines régions a une influence bonne ou mauvaise suivant qu’il vient d’une direction ou d’une autre ; là, les vents du nord sont néfastes, ailleurs, ils sont excellents. Les pêcheurs avertis feront bien de se renseigner auprès des pêcheurs du pays en ce qui concerne les vents favorables ou défavorables.
b) La lune : elle est incontestablement l’élément qui apporte les plus grosses perturbations. On voit souvent au bord de la rivière que le poisson est capricieux, il est tout simplement lunatique. Le poisson, en réalité, est diversement influencé par la lune. Que le pêcheur n’ayant jamais eu la curiosité de se rendre au bord de la rivière par une belle nuit claire de pleine lune y aille une fois : il constatera que la vie du poisson se manifeste bruyamment. Il fait clair, le poisson mange toute la nuit ; allez à la pêche le lendemain, vous attendrez longtemps la première touche, à moins toutefois qu’il ne pleuve. Par une nuit trop noire, nuit de vieille lune, retournez au bord de l’eau ; un silence absolu y règne ; allez à la pêche le lendemain, vous prendrez, oui, en un coup, plus de poisson qu’il vous en faut. Vous trouverez à la page suivante le calendrier du pêcheur, il vaut ce qu’il vaut. Toutefois, l’ayant moi-même expérimenté, je puis vous affirmer qu’il est souvent exact pour toutes les pêches et pour tous les poissons.
c) Les nuages : ils ont également une influence indéniable ; lorsque vous aurez les nuages annonciateurs de pluie, la pêche sera bonne, excellente même. Lorsqu’au contraire, vous aurez des stratus (voiles de Marie), la pêche sera mauvaise. Un ciel sans nuage et le poisson ne mordra guère, il restera caché dans les herbiers à l’abri du soleil.
d) Les pluies : en période de pluie, vous ferez généralement bonne pêche. Toutefois, si l’eau devient trop sale, il n’y a plus d’espoir de succès. Que les eaux se mettent à baisser pour une raison ou une autre, et fi ni également de prendre du poisson. En période de fonte des neiges, vous pouvez rester à la maison. Observez, observez beaucoup, vous trouverez d’autres causes de réussite et d’échec.
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