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Huit jours dans le delta du Danube, au pays des becs dans l’eau
1 300 ha de petits lacs reliés par des canaux au milieu de 312 000 ha d’une nature d’un autre âge, voilà, au coeur du delta du Danube, l’un des meilleurs coins à brochet d’Europe. Gaël Even vous raconte pourquoi.
Attention sauvage. Pour se jeter dans la mer Noire, le Danube qui vient de traverser dix pays d’Europe et recueillir les confidences de quatre parmi les plus prestigieuses des capitales (Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade) de ce vieux continent très civilisé, retrouve un peu de son identité originelle.
Son delta, presque aussi grand que celui de la Volga, a la taille d’un département français. Un département fait d’eau, de roseaux, de houblons sauvages, de lierres et de clématites. Une des plus belles zones humides de la planète et la deuxième réserve d’eau douce d’Europe.
Les bouches du Danube que se disputent encore aujourd’hui Roumains et Ukrainiens, comme autrefois l’Empire ottoman et la sainte Russie, sont un de ces endroits de notre monde en souffrance où la biodiversité joue les prolongations : 1 200 variétés de plantes, 300 espèces d’oiseaux, 45 de poissons et 40 000 de bipèdes, sans compter les chats sauvages et les chiens énots, peuplent ce joyau du Patrimoine mondial de l’humanité où les bateaux devaient être capables de ramener des esturgeons atteignant la tonne.
Car dans les années 1930, le delta fut le premier producteur mondial de caviar en même temps qu’un des premiers lieux d’exploitation durable des ressources naturelles, ce, grâce aux rois de Roumanie Carol 1er et Ferdinand qui en avaient confié la gestion à Grigore Antipa, un biologiste disciple de Ernst Haeckel, le fondateur de l’écologie.
Le delta résista même aux aménageurs staliniens qui en voulant le transformer en polders, faillirent le tuer, envoyant au Goulag les scientifiques qui s’opposaient à leur projet. Depuis 1991 et la mise en place d’une réserve de biosphère de 5 762 km2, heureusement le Danube et son delta revivent.
C’est tout au bout de ce système complexe, dans le Sud-Ouest, où des îlots de végétation dérivent à la façon des icebergs, que le centre de pêche Holbina Trei Bibani et son hôtel quatre étoiles accueillent les pêcheurs de brochets. Gaël Even y revenait cette année pour la deuxième fois. Notre vice-champion du monde de pêche au leurre, pourtant expert en « power fishing », n’ayant eu le temps, l’année dernière, de prospec

Une pétition pour mettre la haute rivière d’Ain en no-kill
La haute rivière d’Ain (Jura, région de Champagnole) est quasiment la seule portion de rivière du Jura et du Doubs qui n’a pas encore connus de gros épisodes de mortalités parmi ses populations de truites, mais cet été, des pêcheurs déplorent des poissons malades ou morts, ce qui est complètement inhabituel à cette période de l’année. La Bienne étant fermée à la pêche pour cause de pollution, le report de la pression de pêche sur la haute rivière d’Ain est alors inévitable. Pour préserver les derniers poissons sauvages de toute une région, il semble urgent de classer cette portion de rivière en no-kil (remise à l’eau de tous les poissons pris dans les meilleures conditions possibles). Rappelons que dans le département du Doubs voisin, la Loue est en no-kill pour toute l’année 2017, décision préfectorale prise suite au constat d’une continuelle baisse des peuplements de truites et d’ombres (pêche électriques d’inventaires), y compris sur la haute vallée.
Il serait bon que le Jura, qui bientôt n’aura plus grand chose à proposer aux pêcheurs de truites, applique un principe de précaution, qui certes n’évitera pas la pollution, mais limitera la casse en préservant au mieux les peuplements.
Une pétition est en ligne ici : Elle a pour but de faire appuyer une demande nécessaire, logique et raisonnable.

La haute Loire dévastée sur plus de 25 kilomètres
La loire en no-kill total. L’Union Halieutique de la Loire Amont a pris ses responsabilités depuis les pluies torrentielles du 13 juin 2017. Les tributaires de la haute vallée de la Loire ont subi un cataclysme totalement inconnu jusqu’alors. En trois heures, trois mois de pluie (selon les données météorologiques, il s’agirait du troisième événement orageux le plus fort en France). Le moindre ravin s’est transformé en torrent dévastateur, les ruisseaux ont charrié des montagnes obstruant le lit de la Loire. Les conséquences pour la faune piscicole sont majeures et restent difficiles à mesurer à ce jour. Les ruisseaux concernés (ruisseau de l’Holme, ruisseau de Bethe, Fouragette, Ribeins) ont été anéantis : faune aquatique totalement absente, lit de la rivière totalement détruit.
À l’aval de ces ruisseaux, le lit de la Loire a été obstrué, comblé et totalement colmaté. À ce cataclysme naturel vient s’ajouter une fraie 2016 anéantie elle aussi par la crue cévenole trentenale du 2 décembre.
Le constat est clair : population de salmonidés fortement perturbées sur la Loire, ruisseaux pépinières vides de vie et anéantis pour plusieurs décennies, absence de juvéniles de la dernière génération, réduction considérable de l’habitat des salmonidés, risque d’augmentation des températures d’eau en période d’étiage.
Face à ces éléments , l’Union Halieutique de la Loire Amont regroupant les AAPPMA de Goudet, Pont de Chadron et Le Puy-en-Velay a obtenu après avis favorable de la Fédération de pêche 43 un arrêté préfectoral obligeant la remise à l’eau obligatoire des truites et ombres entre le Pont de Salettes et le Pont de Chadron (soit un peu plus de 22 km de linéaire).
En fonction des éléments à venir (compte rendu de pêches électriques, fraie 2017), cette décision sera réévaluée.
L’objectif est de permettre aux poissons survivants de re-coloniser progressivement les zones détruites.


Comment bien monter les mouches de légende. 12. La elk wing caddis
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
La mouche qui vous est proposée n’est pas une mouche très connue des pêcheurs français. Mais c’est une mouche de légende aux États-Unis où elle est dans toutes les boîtes depuis très longtemps. Elle est destinée aux eaux torrentueuses où elle est censée imiter un trichoptère. Elle cumule plusieurs avantages, tout d’abord celui de flotter très haut sur l’eau et donc de rester toujours visible. Elle est presque insubmersible, ce qui lui fait prendre parfois le rôle de bouchon qui soutient une nymphe située quelques dizaines de centimètres en dessous. Les Américains sont en effet des grands amateurs de cette technique empruntée à la pêche au coup. Il s’agit surtout de pêcheurs occasionnels qui se retrouvent à pêcher au bouchon sur les conseils des guides qui font tout pour que leurs clients prennent quelques poissons quelle que soit la technique mise en oeuvre.
La elk wing caddis que l’on pourrait traduire par « sedge avec une aile en cerf » est utilisée un peu partout dans le monde, là où les eaux sont tumultueuses et les poissons peu regardants. Les pêcheurs qui voyagent beaucoup ont tout intérêt à en monter quelques unes car ça peut toujours servir, que l’on se trouve en Laponie, dans les Rocheuses ou au bord d’un torrent tyrolien. Dans son pays d’origine, cette mouche est montée avec des poils de cerf, mais rien n’empêche de la faire avec du chevreuil, beaucoup plus facile à trouver chez nous. Le montage de la elk wing caddis demande de bien respecter les proportions, notamment la longueur de l’aile et la longueur des fibres du hackle. Un hackle qui est une très longue plume de selle (saddle) issus de coqs américains de chez Withing Farm par exemple. Il est conseillé de s’aider d’un aligne-poils de façon à obtenir une aile dont les pointes sont bien alignées. Un peu de colle cyanoacrylate est toujours utile pour éviter que l’aile ne tourne autour de la hampe.
1. Prendre un hameçon Tiemco 9300 n° 14 et commencer l’enroulement d’un fil de montage beige 6/0 sur tout le corps.
2. Choisir un hackle roux « saddle » « génétique » de type Withing Farm. Le fixer par la pointe après avoir orienté les fibres vers l’arrière avec les doigts, face brillante face à vous.

L’évolution des lacs naturels du massif jurassien
Lacs naturels d’origine glaciaire, les plans d’eau du massif jurassien situés de part et d’autre de la frontière franco-suisse semblent inchangés depuis des millénaires. Au siècle dernier, ces lacs ont connu leur lot de dérèglements liés aux activités humaines. Ils sont aujourd’hui mieux protégés mais restent d’une grande fragilité. Voici l’histoire de ces lacs, qui de nos jours connaissent un regain d’intérêt de la part des pêcheurs.
Alors que le nombre de pêcheurs en rivière régresse depuis plusieurs années, la pêche amateur en lac se maintient, voire se porte un peu mieux. Si l’on prend l’exemple de la Suisse, les permis de pêche amateur sur le lac de Neuchâtel ont augmenté de près de 20 % ces dix dernières années, alors que dans le même temps les pêcheurs en rivière ont été réduits d’autant. En Franche-Comté, la tendance semble identique. Les cours d’eau sont de moins en moins arpentés par les pêcheurs et la fréquentation des lacs apparaît mieux résister à cette érosion. Comment peut-on expliquer cette situation ? Les lacs seraient-ils plus intéressants que les cours d’eau ?
De véritables joyaux naturels
Tout d’abord, il est important de rappeler que les lacs du massif jurassien (Saint-Point [25], Chalain [39], Clairvaux [39], Joux [CH], etc.) sont des plans d’eau naturels, ayant une origine glaciaire. Il ne faut donc pas les confondre avec les étangs ou autres retenues artificielles, édifiés à l’aide de digues ou de barrages barrant un ruisseau ou un cours d’eau. Ces lacs naturels sont de véritables joyaux environnementaux et ils évoluent depuis plus de 10 000 ans au gré de la dynamique des vallées jurassiennes. Ils sont bordés de zones humides riches en biodiversité et constituent encore, la plupart du temps, des réserves d’eau potable d’importance. Certains sont même classés monuments historiques (Clairvaux [39], Chalain [39]) car ils possèdent des vestiges néolithiques sur pilotis, dits palafittes, protégés par l’Unesco. Ainsi, il y a près de 6 000 ans, les hommes étaient déjà attirés par les lacs du Jura. Leur écrin naturel, la beauté des paysages qu’ils dessinent et leurs richesses ont donc depuis toujours été convoités. Cette situation est d’autant plus remarquable que la concentration de ces lacs sur ce massif de moyenne altitude est unique en France. Seule l’Auvergne, avec ses quelques lacs de cratère, rivalise en termes de densité de plans d’eau naturels. Les autres régions de moyenne et basse altitudes en sont naturellement dépourvues, du fait de l’absence des processus géologiques et climatiques à l’origine de leur apparition. Les lacs naturels constituent donc une véritable particularité paysagère du massif du Jura. C’est une carte de visite touristique et halieutique de haute valeur. Ce n’est pas par hasard si leur fréquentation est importante depuis très longtemps. Se délasser, se baigner, pêcher ou naviguer sur ces curiosités de la nature est donc un privilège qui attire toujours plus de monde.
Les lacs sont-ils plus propres que les cours d’eau ?
Alors que les tragiques mortalités massives de la Loue, du Doubs franco-suisse ou encore du Dessoubre sont récentes, force est de constater que sur les lacs, les grandes hécatombes de poissons appartiennent au passé ! Ce sont dans les années 1970-1980 que ces milieux ont pu connaître des épisodes de fortes mortalités, dont l’origine était liée principalement à la désoxygénation des zones profondes. Elles étaient la conséquence des pollutions domestiques et agricoles, rejetées sur leur bassin versant et mal ou non traitées. Heureusement, ces signaux d’alarme ont initié une prise de conscience collective des problèmes. La mise en place de systèmes d’épuration a permis, petit à petit, de traiter et de juguler ces apports excessifs d’eaux usées. À l’image du lac de Neuchâtel en Suisse ou encore des lacs alpins comme le lac Léman, la concentration en phosphore, marqueur de pollution, s’est donc améliorée. Depuis la mise en place des programmes d’épurations collectives, tout n’est pas réglé pour autant, et certains lacs subissent encore des apports excessifs en nutriments. Leurs couches profondes ont toujours des problèmes de désoxygénation une bonne partie de l’année, comme le montrent les suivis réalisés sur les lacs de Morat (CH), de Joux (CH) ou encore de Rémoray (25). Certains plans d’eau ont par ailleurs subi des dégradations plus récentes et progressives de leur qualité d’eau. Il s’agit en particulier du lac de Chalain (39) et, dans une moindre mesure, du lac Saint-Point (25). Si l’on essaie de synthétiser la situation actuelle, on peut dire que l’évolution de la qualité de l’eau des lacs naturels du massif du Jura est mitigée. Dans l’ensemble, les pollutions domestiques ont diminué assez significativement ces trente dernières années. Toutefois, elles ne sont encore pas totalement traitées et certains plans d’eau souffrent toujours d’excès d’apports en nutriments, d’origine agricole en particulier. Et plus récemment, des contaminations toxiques peuvent être suspectées pour certains d’entre eux. La qualité d’eau des lacs apparaît donc assez similaire à celle des cours d’eau, qui ont fait l’objet des mêmes efforts en termes d’épuration des effluents. Elle ne peut donc pas à elle seule expliquer le relatif engouement halieutique observé pour les lacs naturels par rapport aux rivières, si ce n‘est l’absence depuis longtemps de cas de mortalités massives de poissons.
La morphologie des lacs est-elle mieux préservée ?
Comme les ruisseaux et rivières, les lacs naturels ont subi de nombreuses et anciennes modifications de leur morphologie. Dès le Moyen Âge, les hommes ont aménagé l’exutoire de ces plans d’eau afin de maîtriser et d’utiliser la force hydraulique pour le fonctionnement des forges, des moulins, etc. Certains ouvrages ont été transformés au fil du temps en usine hydroélectrique. Le cas des lacs de Joux et Brenet en Suisse illustre bien cette anthropisation. Ils

Une campagne à soutenir et à faire connaître
Au même titre que les lingettes jetées dans les toilettes et qui finissent par mettre en stand-by les filtres des stations d’épuration, les médicaments périmés ne doivent pas finir dans le lavabo ou dans les toilettes. Les molécules ne sont pas traitées par les stations d’épuration et se retrouvent en grande quantité dans les rivières. Les médicaments périmés doivent être ramenés en pharmacie où ils sont ensuite acheminés dans des unités spécialisées dans le retraitement de ces déchets toxiques pour l’environnement. Une campagne vient de démarrer sur YouTube : Résidus de médicaments dans l’eau, des déchets pas tout à fait comme les autres.

Vers une double crise de la pêche aux leurres ?
Le constat est général, des lacs landais à la Saône et de la Seine au Léman, partout le même son de cloche. La pêche aux leurres devient de plus en plus difficile. Les poissons se sont habitués à une pression de pêche qui n’a cessé d’augmenter. Les changements climatiques avec de longs mois sans pluie, des crues marquées mais très courtes, l’apparition de nouvelles espèces, souvent invasives, sont autant de nouveaux paramètres qu’il faut prendre en compte pour tenter de s’adapter.
Qu’il est loin le temps où avec trois leurres Lucky Craft, on faisait sa pêche. C’était il y a une dizaine d’années seulement. C’était l’époque où, aidés par Franck Rosmann, alias Achille Gan et Alban Choinier, qui tenaient tous deux leur rubrique dans Pêches sportives, nous nous jetions à fond dans l’aventure, dont nous savions qu’elle était plus qu’un simple complément pour tuer le temps quand on ne pêche pas à la mouche. Nous avons connu des moments fantastiques au bord de l’eau, en rivière comme en lac. Cet engouement pour le leurre, qui a d’une certaine façon révolutionné la pêche en France, a créé une demande, matérielle, qui fut naturellement comblée par les fabricants. En une dizaine d’années, ces quelques leurres confidentiels ont fait place à des linéaires toujours plus grands, de produits de toutes sortes dans les magasins, souvent très bons d’ailleurs, qui se renouvellent presque chaque année. La barque en bois a cédé sa place au bass-boat, l’électronique s’est développée en parallèle pour aider le pêcheur à mieux s’en sortir. Et la mayonnaise a bien pris puisque partout, du moindre petit lac aux fleuves et passant par des rivières pas du tout connues, la pêche aux leurres s’est développée de façon exponentielle.
Les poissons, eux, ont tout vu. Ceux qui sautaient sur le premier spinnerbait venu réfléchissent désormais à trois fois avant de se lancer. Même les gros brochets du lac Léman ne se prennent plus aussi facilement qu’il y a seulement cinq ans. Partout le constat est identique. Le leurre prend toujours du poisson, mais c’est de moins en moins facile. Pour le sandre, c’est un peu la même chose. La saison se résume à deux ou trois moments forts qui peuvent être courts. Certains lacs pourtant excellents il y a quelques années deviennent de moins en moins évidents à pêcher alors que les poissons sont toujours bien là. L’échosondeur trouve toujours des poissons, mais hormis lors de rares moments fastes, le premier passage sur le poste génère une touche et souvent une prise, éventuellement une deuxième, puis des touches ratées, puis plus de touches du tout. Sur ce même poste quelques années plus tôt, il était possible de prendre plusieurs poissons à condition de chercher un peu le leurre du moment.
Seules les perches, lunatiques, voire cyclothymiques, semblent toujours aussi affamées dans les phases de frénésie alimentaire qui les caractérisent, sauf en eau très claire, où la première prise au bout de la ligne est observée par le reste du banc. À la troisième, voire la seconde, le reste ne se fait plus berner.

La Bienne fluo pour le passage du tour de France !
Lors de l’étape Dole/ Les Rousses du tour de France le 8 juillet dans le Jura, les spectateurs et téléspectateurs ont pour une fois vu la rivière en se posant quelques questions. En effet, la Bienne, rivière fermée à la pêche depuis plusieurs années pour des raisons de pollutions, coulait verte fluo. Une opération qui visait à dénoncer l’inaction des politiques et des collectivités face à une rivière à l’agonie, car sur la Bienne l’assainissement des eaux usées est catastrophique. Les poissons meurent dans une indifférence générale. La couleur verte a été obtenue grâce à un traceur colorimétrique utilisé en spéléologie pour connaître le cheminement de l’eau, sans danger pour la faune et la flore.
Nul doute que cette opération va faire parler d’elle. Et ça tombe bien car c’est le but !

Pyrénées-Atlantiques. Le point sur les remontées de saumons et de truites de mer sur le gave d’Oloron
La saison semble bien partie sur le gave d’Oloron. Au 1er juin, la barre des 100 saumons pris a été franchie. Pour autant la saison semble en retard puisque ce chiffre avait été atteint dès fin avril durant les deux saisons précédentes. À noter que le no-kill fait de plus en plus d’adeptes sur les gaves. Une pratique à encourager, dans la lignée de la fête du saumon de Navarrenx qui a eu lieu le 3 juin et son challenge en no-kill.
Un peu moins de 500 truites de mer ont été comptabilisées fin mai dans le gave d’Oloron. Rappelons qu’en moyenne, environ 2 500 truites de mer (pour presque autant de saumons) remontent le gave malgré la prédation des « inscrits » maritimes qui eux pêchent au filet. Sur ce cours d’eau vaste et profond, les truites de mer du gave sont pour autant très diffi ciles à localiser. La fermeture de la pêche du saumon, de l’alose et de la truite de mer interviendra cette année le 31 juillet. La pêche à la mouche sera seule autorisée du 16 juin jusqu’au 31 juillet en amont du pont de Navarrenx, puis sur tout son cours du 4 septembre au 17 septembre. De même, « en 1re catégorie du gave d’Oloron sur tout son cours, le port de la gaffe et l’utilisation de nylon ou tresse d’un diamètre supérieur à 20 centièmes de millimètre en bas de ligne, sont autorisés aux seuls pêcheurs détenteurs de la taxe CPMA migrateurs et munis d’une marque d’identification, pendant les temps et dans les zones où la pêche du saumon. » Comme on peut le voir en lisant ces lignes issues de l’arrêté préfectoral, le no-kill est encore loin d’être une pratique généralisée…

Bonnes feuilles : L’intégrale du montage des mouches
Cet ouvrage sortira en novembre 2017 : Profitez de notre Offre spéciale de souscription à 50€ au lieu de 59€ soit une réduction de 15 %, jusqu’au 31 octobre 2017!
Jamais un livre consacré au montage de mouches n’aura été aussi complet, présentant dans le détail chaque matériau, chaque outil, chaque hameçon, avec leurs utilisations, leurs limites, et les substitutions possibles avec de très nombreux exemples de montages détaillés. Tradition et modernité sont présentées en plus 364 pages où les auteurs s’efforcent de ne présenter que ce qui est utile au pêcheur. Ce livre très accessible au débutant est également indispensable au monteur confirmé, qui y trouvera les dernières techniques et les nouveaux matériaux pour la pêche en rivière ou en lac en France, mais aussi à l’étranger. Cette véritable encyclopédie grand format a été rendue possible par l’association particulièrement complémentaire des auteurs : Philippe Boisson, journaliste halieutique depuis 1993 et pêcheur réputé, et Florent Bailly, un monteur de mouches parmi les plus doués de sa génération. Un ouvrage indispensable qui deviendra rapidement une référence en la matière. Voici quelques bonnes feuilles consacrées aux hackles.
LES HACKLES
Un terme dont la traduction ne vient pas du monde du montage de mouches ni ne le concerne puisqu’il détermine simplement une attitude, qui est celle de hérisser, de mettre quelqu’un hors de lui. Le hackle représente donc une plume de cou de coq, qui une fois enroulée sur l’hameçon, se hérisse obligatoirement. Toutes les plumes de cou de coq ou de poule sont donc pour nos amis anglais des hackles. Il est parfois difficile d’éviter quelques termes anglais et autres anglicismes utilisés dans une activité développée en grande partie par les Anglais et à une époque où la mondialisation impose des terminologies dictées par la langue anglaise. Ainsi les catalogues de plumes étrangers parlent de hackles plutôt que de plumes. Alors, mieux vaut savoir de quoi il s’agit. Dans De Natura Animalium, Claudius Aelianus, fait état de plumes de coqs pour prendre des « poissons tachetés », dont on peut imaginer qu’il s’agissait de truites dans les rivières de ce qui forme aujourd’hui la Macédoine. Ce livre date du IIe siècle ! En Espagne, le manuscrit d’Astorga de Juan de Bergara décrit 33 modèles de mouches montés avec des plumes de coqs de la province du Léon. Nous sommes cette fois en 1624 ! Depuis des temps immémoriaux, s’il ne restait pas quelques traces écrites, les pêcheurs ont cherché à sélectionner des coqs dont les plumes étaient longues, brillantes, solides et dont les teintes correspondaient au mieux à celles des insectes aquatiques. En France, c’est surtout dans le Massif central et notamment en Corrèze que les éleveurs ont développé des races de coqs de pêche sur le long terme. Le Concours national des coqs de pêche de Neuvic (Corrèze) fêtera d’ailleurs en 2017 sa quarantième édition. Certains grands pêcheurs à la mouche français comme Jean-Louis Poirot ou Guy Plas avaient leur propre élevage, avec des animaux sélectionnés depuis des lustres. Ces coqs rarissimes sont plumés tout au long de leur vie et ne sont donc pas tués. Les plumes sont vendues en pochettes de 25, 50 ou 100, classées par grade, teinte et taille. La tradition du coq de pêche français fonctionne ainsi, à toute petite échelle mais avec une qualité exceptionnelle. La tradition du coq de pêche continue toujours dans la province du Léon en Espagne avec des productions remarquables, notamment avec les races pardos, dont les plumes au pointillisme très fin font le bonheur des monteurs. Là encore, on achète la qualité, pas la quantité.
Du hackle au cou industriel
Pour combler la demande mondiale en plumes pour la confection des mouches, les productions se sont industrialisées. Aux États-Unis, la marque Metz, fondée en 1972 fut la première à proposer des cous entiers sur peau, avec une qualité, exprimée en grades très satisfaisante. Pour la petite histoire, Buck Metz, pêcheur mais pas du tout éleveur de coqs de pêche reçu un beau matin 144 oeufs comme cadeau provenant d’un ami pêcheur et avocat, Andy Miner, qui lui-même les tenaient de coqs de Harry Darbee, un pêcheur très connu, auteur d’un des premiers livres sur le fly tying de l’histoire, Catskill Flytier. My life, times and techniques (1977). Miner a amélioré les lignées originales de Darbee. Puis Buck Metz s’est à son tour passionné pour l’élevage et a lui aussi sélectionné des animaux pour obtenir des plumes qui collent aux critères demandés par les pêcheurs à la mouche. Tant et si bien que Metz est aujourd’hui le second plus gros producteur de cous de coqs au monde. Entre-temps, les animaux sélectionnés ont subi diverses mutations génétiques, pour arriver à de nouveaux standards. Pour Thomas Whiting, (Whiting Farms, le leader mondial) le coq de pêche n’existe que pour ses plumes, à l’image du mouton qui n’existe que pour sa laine. Ainsi le coq de chez Whiting Farms est aujourd’hui plus haut sur pattes afin d’éviter que ses lancettes, par ailleurs passablement rallongées ne traînent par terre. Whiting Farms a réussi l’exploit d’industrialiser l’élevage d’oiseaux rares, très éloignés des robustes races ancestrales. Une des souches de coqs espagnols du Léon est également au catalogue. À l’image des cépages français, le coq espagnol s’exporte !
Les cous bas de gamme indiens ou chinois
Plumes courtes, présence de duvet à la base et bien au-delà, mauvaise teinture tout juste sèche lorsqu’on ouvre la pochette (le laisser s’aérer à l’extérieur à l’abri des attaques de chats !), le cou indien ou chinois ne se vend pas plus de trente euros, souvent beaucoup moins. Avec un tel tableau, on se demande pourquoi ces produits sont encore proposés. Pourtant, certains pêcheurs et non des moindres ne jurent que par ces plumes qui pour eux n’ont que des qualités, bien supérieures en ce qui concerne la pêche des poissons difficiles à leurrer de nos rivières françaises, comparées aux plumes américaines « génétiques ». Car ces très belles plumes aux fibres de longueur régulière qui font des mouches parfaites, sont très raides. Comprenez par là que les fibres elles-mêmes sont raides. Une fois la mouche posée sur l’eau d’un grand lisse, l’artificielle semble figée malgré une belle brillance et une fi ère allure. Pour la pêche en eaux rapides en revanche, les plumes américaines sont parfaites, car la mouche doit avant tout flotter haut sur l’eau. Ici, c’est le courant qui lui donne vie. Qu’ils soient chinois, indiens ou américains, personne ne sait comment sont élevés ces animaux et comment ils finissent. À la casserole pour les coqs asiatiques mais pour les autres, mystère. Et en cas de risque avéré ou non de grippe aviaire, les animaux sont abattus et les belles plumes perdues.
Cou sur peau Whiting Farms
On peut voir sur la pochette qu’il s’agit bien d’un cou « genetic » et qu’il est issu des lignées Herbert et Miner. Les hackles sont longs et fins. Ce cou est beaucoup plus imposant qu’un cou chinois (trois ou quatre fois plus). De quoi monter des centaines de mouches. Ce cou est valable pour toutes les tailles d’hameçons, mais il présente en plus l’avantage de favoriser le montage des très petites mouches en tailles 20, 22, voire même 24 car les petites plumes, sont à l’image des plus grandes, relativement longues et presque totalement dépourvues de duvet à la base.
Cou sur peau Whiting Farms Leon
Très beau cou de coq dont l’origine génétique est espagnole (les fameux coqs de la province du Léon). Attention, il s’agit juste du cou et non des pelles, ces plumes provenant du dos du volatile (« saddle »), beaucoup plus larges, qui sont les fameuses plumes de coq pardo. Les plumes de ce cou ont une nervure très sombre, qui permet d’imiter le thorax de la mouche.
Saddle sur peau de coq du Léon Whiting Farms
Voici donc les plumes du dos d’un coq du Léon, les plumes de selle (saddle) qui, pour ce coq d’origine génétique du Léon, se caractérisent par un pointillisme très prononcé et du plus bel effet sur des plumes brillantes de teinte brun fumée. Il s’agit donc des plumes pardos version américaines sur « pied ». Ces longues plumes larges sont utilisées pour le montage de certaines mouches à saumon, certaines mouches noyées pour la pêche de la truite et de la truite de mer. Ces fibres font aussi de superbes cerques, et pourquoi pas des ailes de sedges (en mélange par exemple avec du CDC ou d’autres plumes de canard, en sous-couche).
Plumes de cou de coq du Limousin
Les fameuses plumes françaises issues d’élevages très anciens. La brillance est subtile, les teintes très naturelles et les fibres sont beaucoup plus souples que celles des cous américains. Nous sommes ici dans le domaine des teintes naturelles qui couvrent toutes les nuances de gris, de beiges de rouille. Ce sont des plumes exceptionnelles, classées par teintes, grades et tailles d’hameçons.
Cou de coq sur peau indien
Le cou low cost aux fibres plus souples que celles des cous « génétiques » américains. Seules quelques teintes sont naturelles, comme le roux et le brun dans une large gamme de variantes ou le blanc crème. Les autres teintes, y compris le noir, sont le résultat de teintures. La brillance est dans ce cas absente, mais est-ce systématiquement un inconvénient en pêche ? Pas sûr !
Trois plumes très différentes
Un hackle, ou plume si vous préférez, provenant d’un cou indien. On remarque que le duvet remonte jusqu’à plus de la moitié de la hauteur de la plume. Ce duvet est en théorie néfaste à la mouche puisqu’il est censé l’aider à la faire couler. Là encore, la tendance actuelle (ce que veulent les poissons et non les pêcheurs) est plutôt à tendance basse au niveau de la flottaison. Le seul vrai inconvénient de ces plumes courtes, c’est qu’il en faut deux si on souhaite faire une collerette en évitant la zone de duvet en bas de la plume. Au centre, une plume d’un coq américain « génétique ». Le duvet est contenu tout en bas d’une plume interminable. Le travail de sélection et de mutation des animaux est ici flagrant entre la plume indienne et celle-ci ! À droite, une pelle de coq pardo, très différente et qui ne convient pas pour faire des collerettes mais des ailes et des cerques. En Espagne, mais aussi dans le Massif central, les plumes de coqs pardos sont proposées en différentes teintes sous les appellations incendido, flor de escoba, aconchado, medio, corzuno. Les plumes pardos existent aussi en lancettes plus longues. Elles conviennent pour les grands streamers.
Cliquer sur la couverture pour commander « l’intégrale du montage des mouches »
