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Le Centre Ifremer Méditerranée s’ouvre au public
L’Ifremer organise des journées portes
ouvertes au Centre Ifremer Méditerranée les samedi 21 et dimanche 22 mai à La
Seyne-sur-mer, dans la zone portuaire de Brégaillon. Expos, conférences et
ateliers animés par des scientifiques attendent tous les amoureux de la mer,
curieux de percer les mystères de la grande bleue. Lors de sa première édition
en 2007, cet événement a attiré plus de 5000 visiteurs.Renseignements :
wwz.ifremer.fr/mediterranee/jpo_2011
Rappel : mobilisation sur la franco-suisse !
Nous en avons déjà parlé dans le
magazine et sur ce site, les
désastres piscicoles sur la moyenne Loue en 2010 et les atteintes subies par le
Doubs franco-suisse et l’Ain, ne cessent d’inquiéter les amoureux de ces
rivières. Le temps est à la mobilisation ! De la sauvegarde des truites
sauvages à la préservation de la ressource en eau pour les générations futures,
les enjeux de cette mobilisation sont nombreux. A l’initiative d’associations
suisses et françaises (collectif SOS Loue et Rivières comtoises, Pro Natura,
CPEPESC, société de pêche La Franco- Suisse, AFCPL, etc.), un rassemblement est
donc organisé à Goumois le samedi 14 mai 2011 à 14 h 30. Venez nombreux !Renseignements :
www.arrete.net
Un parcours mouche sur la Sienne
Situé sur la Sienne à Hambye, à
1.2 kilomètre en amont et en aval du pont de l’abbaye d’Hambye, ce parcours de
première catégorie spécialisé dans la pêche à la mouche est géré par l’AAPPMA
« Le Bassin de la Sienne ». On y pêche de belles truites fario,
quelques saumons atlantiques, ainsi que des chevesnes. Le calme et la beauté du
lieu en font un parcours bien sympathique. A découvrir…
Street fishing National Tour, la saison 2011 débute à Angoulême
Le premier open de street fishing AFCPL aura lieu le
dimanche 8 mai. Pour la quatrième année consécutive, Angoulême accueillera sur les
bords de la Charente,
l’une des quinze étapes de street fishing del’AFCPL National Tour. Durant 6 heures de compétition, 40 streets
fishers tenteront d’attraper un maximum de chevesnes, de truites, de black-bass,
de sandres, de perches et de brochets.Clément Bauret, l’un des organisateurs,
dispense de précieux conseils : « Il
faut certainement se concentrer sur les perches qui sont très bien représentées
avec parfois quelques belles surprises, les petits LS marchent très bien. Si le
temps est beau, les chevesnes peuvent représenter une bonne alternative
car ils sont bien présents sur ce
secteur et de belles tailles. Ne pas hésiter à partir avec une seconde canne
plus grosse pour chercher les brochets car de gros sujets se font prendre par
les percheurs locaux chaque année. »Informations et
inscriptions :
www.afcpl.euPhoto : (c) AFCPL

La sécheresse est déjà là
Alors que la France entière se réjouit
de prendre des couleurs, ce temps estival précoce n’arrange pas l’état de nos
rivières et de nos nappes phréatiques. La désormais traditionnelle sécheresse
est de retour et les premières restrictions ont été adoptées par arrêtés
préfectoral. Huit départements sont concernés. Le site du ministère de
l’Ecologie a mis en ligne la carte de ces arrêtés. Le BRGM, le service national
géologique français, a fait paraître une carte indiquant le niveau des nappes
phréatiques en France en avril 2011.Selon l’établissement public environ 58%
des réservoirs affichent « un niveau
inférieur à la normale ». La
BRGM précise : « C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin parisien et dans le
Sud-Ouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce,
du Lutétien et du Champigny en Ile-de-France ou encore les nappes du bassin de la Garonne en Midi-Pyrénées.
Cette situation est le résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique ».
Fukushima : la pollution maritime se précise
Nous en avons déjà parlé ici il y a peu : la contamination de l’océan Pacifique par le rejet d’eau radioactive en provenance de la centrale nucléaire endommagée se précise. Le sujet est au Japon extrêmement sensible tant les produits de la mer sont à la base du régime nippon. Le gouvernement japonais a autorisé fin mars le rejet dans l’océan de 11 500 tonnes d’eau radioactive sur les 60 000 tonnes d’eau utilisé pour refroidir le réacteur. L’eau s’est accumulée dans les cuves et les coursives de la centrale, annexes aux deux seuls réacteurs n’ayant pas encore explosé, les numéros 5 et 6. Par contre, les ingénieurs de TEPCO sont parvenus à colmater la fuite de 20 cm par laquelle se déversait en continu une eau extrêmement radioactive. L’eau contaminée provient également des pluies et du ruissellement qu’elles provoquent. Parmi les différentes particules radioactives relâchées dans l’océan, certaines se dispersent aisément, mais certaines d’entres elles se fixent. La Chine, pays voisin, s’inquiète et a officiellement demandé au gouvernement japonais de prendre des « mesures efficaces pour protéger l’environnement marin ».
Le Japon vient de subir une nouvelle réplique affichant plus de 7 sur l’échelle de Richter, provoquant des fuites dans une autre centrale nucléaire, celle d’Oganawa. Bref du côté de l’archipel nippon l’heure n’est pas à l’optimisme… De plus en plus de Japonais doutent des informations fournies par TEPCO et les autorités japonaises. Greenpeace Japon a d’ailleurs envoyé sa propre équipe dans le courant du mois d’avril pour mesurer les taux de radioactivité dans la zone de Fukushima. Les autorités japonaises ont porté la zone d’évacuation de 20 km à 30 km de la centrale. Certains pays, comme les Etats-Unis, conseillent à leurs ressortissants de ne pas s’approcher à moins de 80 km de la centrale. Le 21 avril, le Rainbow Warrior, le bateau de l’association écologiste, est parti de Taïwan pour effectuer des mesures dans les eaux à proximité de la centrale. L’embarcation devrait arriver dans la zone le 28 avril prochain, nous devrions donc en savoir plus dans les jours qui viennent. Ce triste feuilleton continue donc…

Le Lac Pavin
A mi-chemin entre Besse et Super-Besse, ce lac de 44 hectares occupe le
cratère du dernier volcan auvergnat à être entré en éruption il y a 6 900 ans.
Le Lac Pavin est cerné d’une biodiversité magnifique et ses eaux sont peuplées
d’ombles chevaliers, de truites et même de quelques perches. Cette richesse
halieutique résulte de la volonté d’un homme. En 1859, Henri Lecoq a implanté
truites, ombles, écrevisses dans le lac. Empoissonnement efficace, puisque plus
d’un siècle et demi après les descendants de ces poissons procurent toujours
autant de joie aux pêcheurs auvergnats.Renseignements :
www.sancy.comPhoto : © OT Massif du Sancy

La vie privée des truites
Oui, les truites ont des sentiments, oui, elles peuvent ressentir de l’amour entre elles et, qui sait, trouver dans la compagnie de l’une et de l’autre un réconfort presque humain. En voici la preuve…
Par Jean-Christian Michel
Les truites font l’amour. Cette vérité s’est imposée à moi une fin d’après-midi d’hiver. Je ne parle pas de poissons creusant leur nid de gravier juste avant de perpétuer l’espèce, mais d’un comportement plus troublant. Qu’on veuille bien m’excuser si cette affirmation revient immanquablement à plaquer une interprétation humaine sur un comportement animal… L’animal n’est pas toujours du côté que l’on croit A plusieurs reprises, il y eut comme un bruit dans mon dos. Je l’entendais presque sans en être conscient. Mêlé au friselis de l’air, ce n’était presque rien, juste un bruit d’eau remuée, sans éclaboussure.
Je tournai la tête et les reflets tourmentés se remettaient juste en ordre à l’endroit où l’eau venait de bouger. Et puis au même endroit et presque aussitôt, un nouveau remous est apparu.
La surface prise de vertige et ridée par le vent s’entrouvrit pour me laisser percevoir une forme brune, celle d’une truite affairée à un drôle de manège. Elle tournait sur elle-même comme un chien se mordant la queue ou comme un bidon emporté par les eaux. Quand la brise a baissé, j’ai vu plus clair. Ce n’était pas une mais deux truites qui faisaient la ronde ! Le bécard avait empoigné la femelle entre l’adipeuse et la caudale et il la promenait doucement en la tenant avec sa gueule.
L’autre se laissait faire. Lorsqu’elle se recourbait vers lui, ils s’enroulaient et tournaient, tournaient comme si les formes de leurs corps voulaient se fondre. Quand sa partenaire se redressait, le bécard l’emportait lentement vers la surface, comme pour la pousser hors de l’eau, certainement afin qu’elle s’incline de nouveau vers lui et que leur ronde reprenne.
Ces deux êtres flottaient dans un rêve de truite. La gueule n’était plus une gueule mais une main, et le léger mordillement une caresse.
Tout se faisait avec une infinie précaution, presque avec douceur. J’ai alors compris qu’une gueule de truite, ce n’est pas seulement fait pour manger mais également pour toucher… Peut-être le début de la sensibilité au sens émotif du terme ! Les truites tournaient et moi je restais sur la berge. Et je ne savais pas si j’étais en proie à une hallucination ou si les farios avaient pour but de m’initier aux mystères de la Nature. Elles m’ont communiqué leur vertige. Par chance, il n’y avait pas de petits lapins roses pour mettre un point final aux doutes sur ma lucidité…
Mais il ne me semblait pas incongru qu’elles se mettent à parler, comme si par le seul fait de les voir nous étions désormais unis dans un verbe commun.
Et avec une douceur extrême le bécard a ouvert sa gueule blanche. Pas pour me dire ce qu’il fallait en penser, mais pour rendre la liberté à celle qui se garda bien de fuir, pour la bonne raison qu’elle n’était pas une proie mais une partenaire et que leur ronde n’était pas une lutte mais une danse.
La femelle ondulait maintenant devant lui en s’inclinant pour le regarder et pour l’inciter à pousser un peu plus loin leur jeu… L’instinct de reproduction avait entrouvert un espace de liberté où les truites se mélangeaient comme deux amants. Elles ne semblaient absolument pas commandées par le besoin mécanique de creuser un nid ou d’expulser des ovules. Elles s’enroulaient dans leurs caresses avec toute l’épaisseur de l’eau pour drap nuptial, se prenant, se relâchant, et s’entraînant un peu plus loin du bout du museau. Voir deux truites de cette taille était déjà inattendu. Mais le surnaturel de l’affaire résidait dans la lenteur de leurs mouvements.Ce n’est pas à ce rythme que vivent les truites que je connais. Peu à peu je commençais à me dire que leur comportement ne devait rien à “l’instinct” et que, dans cette parenthèse, j’avais devant moi deux êtres qui découvraient la liberté d’un tempo et d’un jeu les rapprochant de nous et les éloignant de l’animalité. Un malaise m’envahit. Je ne savais plus si je regardais deux poissons ou deux êtres presque humains. Mon oeil hésitait entre fascination, curiosité et voyeurisme. J’eus un doute… Craignant de franchir la ligne mal définie du porno halieutique, je laissai mes truites à leurs caresses et à la pudeur du soir.
En période d’ouverture, la féerie aurait vite été pliée : avec une aglia, une godille ou une nymphe, il y aurait bien eu un éveillé pour lancer dans le tas et grappiner l’une ou l’autre… Mais là, dans les coulisses de l’hiver, la ronde des truites pouvait durer mille ans. Et c’est peut-être ce qui s’est passé… L’ombre de la rivière s’est refermée sur leur secret.
L’héritage d’Henri Bresson
« Le sorcier de Vesoul » mort le 27 août dernier à l’age de 86 ans, ne s’est pas contenté d’inventer la french tricolore, l’une des plus célèbres mouches au monde, il a popularisé avant l’heure des matériels et une conception qui étaient très proches de celles des champions actuels. Seule différence, lui ne pêchait qu’en sèche.
par Vincent Lalu
La disparition d’Henri Bresson est une nouvelle occasion (elles ne sont pas si nombreuses) de se demander ce qui construit la légende des pêcheurs de légende. Des centaines, voire des milliers de pêcheurs à la mouche ont dans leur boîte quelques-unes des mouches, la french tricolore, la peute, la sauvage, qui ont servi de ciment à l’édification de cette légende. Et puis il y a les récits, les témoignages, la rumeur.
Cela a commencé dans les années soixante par un article du Reader Digest sobrement intitulé:
« l’homme qui voit les truites sous les pierres ». Puis il y a eu les exploits, les démonstrations : Bresson était d’abord un showman qui aimait le contact du public. Il avait compris, parmi les premiers que la pêche à la mouche peut être un spectacle et rien ne l’excitait plus que d’attaquer une truite difficile en plein soleil devant une demi-douzaine de spectateurs qui deviendraient ensuite les témoins, les apôtres de sa parole halieutique.
L’impact du livre que nous avons écrit ensemble* (plus de 20 000 exemplaires à ce jour en deux éditions ) a également contribué à faire d’Henri Bresson une icône de la pêche à la mouche.
Pourtant ce n’est pas cela qui fera de lui une figure incontournable de l’histoire des rivières francomtoises, une référence aussi importante que celle des grands anciens, anglais ou français de Halford à de Boisset, qui tous ont marqué leur époque. Ce qu’il faut retenir d’Henri Bresson c’est qu’il fut le précurseur des pêcheurs modernes et notamment de ceux dont il se croyait – à tort – le rival. Cette proximité s’est manifestée dans trois domaines : l’équipement, la lecture de la rivière et l’approche du poisson, autant dire dans les trois domaines où se fait encore plus aujourd’hui qu’hier la différence entre bons pêcheurs et pêcheurs moyens.L’équipement d’abord
Bresson a été l’un des premiers, peut-être le premier à comprendre qu’il fallait pêcher fin. A une époque où les moucheurs descendaient rarement en dessous du 16/100, (plus de 20 au coup du soir), lui ne dépassait que très rarement le 12/100, montant un bout de 16/100 uniquement pour attaquer les très gros poissons, sa réputation de brise tout ayant valu à la « tordue » d’être attaquée en 20/100. Très nouveau aussi pour l’époque, la longueur du bas de ligne. Bresson utilisait des pointes très longues (2 m pour un total de 5 à 6 m) alors que la tendance était plutôt au bas de ligne prêt à pêcher de moins de 3 m avec ou sans noeuds. Ce choix lui permettait de présenter ses fameuses mouches d’ensemble de façon parfaitement naturelle. Il avait ainsi très vite compris qu’une présentation rectiligne empêchait l’artificielle d’être pêchante sur plus de quelques dizaines de centimètres.
De toutes les mouches du « sorcier de Vesoul », celle qui incarne le mieux ce souci d’une allure naturelle propre à séduire d’abord les poissons avant de plaire aux pêcheurs est sans discussion possible la french tricolore, palmer génial qui selon la taille, la couleur du corps et la tonalité peut encore aujourd’hui développer un potentiel de séduction qui va de la mouche de mai (hameçon de 12 pour hackles clairs) à la fourmi (hameçon 18-20 pour hackles foncés). Avoir des french dans sa boîte est une sorte d’assurance tout risque qui permet de faire face à beaucoup de situations n’importe où dans le monde. En y ajoutant des jeck sedge de Mémé Devaux, des pheasant tail, deux trois gamares, quelques parachutes tchèques et autant de têtes oranges le pêcheur peut voyager tranquille.La lecture de la rivière
Bresson était plutôt un adepte de la mouche sèche mais sa façon d’aborder les poissons était déjà celle d’un spécialiste de la nymphe à vue. Il s’intéressait bien sûr aux gobages, mais pas seulement. Son exceptionnelle acuité visuelle (15/10 aux deux yeux) lui permettait d’attaquer surtout des truites et des ombres déjà en poste même s’ils n’étaient pas encore gobeurs. Son talent étant de les décider à prendre une mouche en surface quand ils étaient attablés sur des nymphes.
L’approche du poisson enfin
C’est dans ce domaine qu’il fut à mon sens le plus « sorcier ». Henri avait un côté attentif et discret que je n’ai pas rencontré souvent par la suite, sinon du côté des spécialistes de la grosse truite comme Boisson, Morillas ou Treille. Il n’entrait presque jamais dans l’eau et abordait les rives des rivières où il pêchait avec d’infinies précautions.
Son problème n’étant pas de pêcher amont ou aval mais d’avoir vu avant d’être vu. Il était ainsi capable de faire l’arbre mort pendant qu’une mémère venait tourner devant ses pieds puis de poser sa mouche très vite dans son dos avant de ferrer au passage suivant qui était très souvent le bon.
J’ai pensé au moment de sa mort à cet après-midi d’août où il m’avait ainsi fait une démonstration de pêche furtive des truites du Haut- Ognon, des poissons que le seul fait de poser le pied dans l’eau faisait déguerpir et qu’il parvenait lui à amadouer.
Et je me suis demandé si c’était ainsi, sur la pointe des pieds, qu’il était entré au paradis des pêcheurs…* Le Sorcier de Vesoul, ré-édition La Vie du Rail.
