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  • Les cinquante ans du Moulin du Plain

    Les cinquante ans du Moulin du Plain

    En un demi-siècle, il est passé pas mal d’eau devant l’hôtel culte de la famille Choulet, sur le Haut-Doubs à Goumois, au bord de la frontière avec le Jura suisse. Petite et grande histoires d’une saga franc-comtoise.

    C’est d’abord l’histoire d’une famille de paysans comme on les aime dans le Haut-Doubs, travailleurs, bons chrétiens, bons voisins. Les Choulet habitent Le Plain depuis plusieurs générations, ils élèvent des vaches et descendent parfois jusqu’à la rivière où ils ont une pâture et cette ruine d’un moulin à l’ancienne qui depuis toujours fascine Pierre, l’un des fils.

    Pierre n’est pas pêcheur et ne le sera jamais mais le Doubs sous les pierres duquel il a parfois mis les mains, est sa deuxième maison, celle où il veut faire sa vie. Un beau jour avec Odile, la bonne élève (première du département au certificat d’études), ils décident de redonner vie au vieux Moulin. Commence alors, en février 59, le chantier de tous les dangers, avec reconstruction des murs et pose hasardeuse d’une charpente.

    Le Moulin du Plain est né : « Nous avons emménagé le 26 juillet 61, raconte Pierre, avec quelques vaches descendues du Plain. Très vite, devant le succès on a viré les vaches et à la place on a construit des chambres pour les pêcheurs. »

    Dès ce moment-là, le Moulin devient une adresse incontournable de la pêche à la mouche française et européenne. La bonne idée de Pierre est de s’associer à TOS pour créer un parcours mouche et mettre fin à la razzia des semi-professionels qui vendaient du poisson aux restaurants du coin. « Cela n’a pas été toujours bien accueilli, notamment par un douanier qui, du jour où le parcours fût créé, refusa de me serrer la main. » Les locaux n’aimaient pas trop non plus, et ils n’avaient pas tort, que ces touristes pêcheurs barbotent en waders dans le Doubs. « Tiens v’là les canards à Choulet.» Il fallut aussi s’employer à convaincre les Suisses que le parcours était bon pour tout le monde. Pierre se transforma en diplomate pour que soit réaménagée l’historique convention qui régit les rapports des deux Etats à propos du Doubs frontière. Enfin, il obtint grâce à la complicité d’un sous-préfet et des douaniers suisses, que soit enlevée la chaîne qui empêchait le passage sur le pont de Clairbief, au grand dam de l’hotelier suisse, voisin du pont, qui pensait à tort que la fin de ce cul-de-sac lui serait néfaste . (« Un an plus tard, il venait me remercier. ») En fait le succès du Moulin du Plain fut assez fulgurant. Il eut droit à des reportages dans les journaux du monde entier. Et jusqu’au Japon où un magazine choisit de faire un gros plan sur les vaches (des Pie rouge de l’Est) pour présenter le Moulin et ses propriétaires.

  • Au bon endroit au bon moment

    Au bon endroit au bon moment

    La pêche sportive est une activité ingrate ! Rares sont en effet les loisirs où les probabilités de réussite dépendent d’autant de facteurs différents. Quand l’eau n’est pas trop froide, elle est trop chaude, par vent du nord, rien ne mord, brouillard sur les monts, reste à la maison… les pêcheurs entendent ça depuis l’enfance, sans comprendre pourquoi l’activité des poissons est si dépendante des conditions météorologiques. Le bilan d’une saison de pêche se résume parfois à quelques sorties mémorables, une majorité que l’on qualifiera de moyennes à médiocres et le reste sent bon la bredouille. Voici quelques éléments de base pour éviter d’être constamment au mauvais endroit au mauvais moment.

    Par Jean-Marc Theusseret

    On ne le répétera jamais assez, les poissons sont des animaux à sang froid. S’il existe inévitablement un lien entre les conditions météorologiques et l’activité des poissons, cela est dû en grande partie au fait que les poissons n’ont aucun moyen de réguler leur température corporelle. Les mystères de la nature s’expliquent parfois, du moins en partie.
    Pour chaque espèce de poisson, il existe une plage de température idéale en termes d’activité alimentaire. Et de même d’autres plages, soit trop froides soit trop chaudes, rendent les poissons inactifs et parfois pour longtemps. Chez le brochet, par exemple tout semble réglé comme sur du papier à musique. Au-dessus d’une température de l’eau de 20 à 22 °C, son activité alimentaire réduit considérablement. Cela explique pourquoi il s’en prend très peu en été sur les eaux peu profondes exposées aux fortes chaleurs. Dans ces eaux, le brochet est actif à l’ouverture de la pêche jusqu’à fin juin, puis de nouveau à l’automne. Pour toutes les espèces, il est une règle néanmoins commune. Une brutale baisse de la température de l’eau induit un arrêt presque total de l’alimentation des poissons et cela reste valable également pour des espèces d’eaux froides comme la truite ou l’ombre. Pour la truite, sauvage s’entend, une rivière dont la température de l’eau chute en vingt-quatre à quarante-huit heures de 15 à 10 °C induit un ralentissement tout aussi brutal du métabolisme des truites. L’activité alimentaire reprend généralement après trois ou quatre jours lorsque la température remonte. Si elle reste froide mais constante dans la durée, les truites se nourrissent de nouveau.

    Des observations qui dictent la façon de pêcher

    Connaître l’influence de la température sur l’activité alimentaire des poissons donne des indications précises sur l’action de pêche, les profondeurs de prospection, la vitesse de récupération des leurres, l’amplitude d’animation des mouches (streamers, nymphes, mouches noyées, etc.). Au printemps, lorsque l’on est en phase ascendante de la température de l’eau dans une plage de température optimale, on pourra se permettre l’emploi de leurres de surface dans le cas de la pêche du brochet, du black-bass ou de la perche. A l’inverse, à l’automne, après un été caniculaire, ces trois espèces redeviennent actives en surface lorsque la température a lentement perdu quelques degrés. Pour le pêcheur à la mouche, notamment à la nymphe, une observation de la température de l’eau sur les jours précédant la sortie de pêche permet d’anticiper les réactions des poissons.
    Dans une phase de baisse de la température de l’eau, au printemps, il va falloir pêcher près du fond et animer la nymphe defaçon modérée. Dans ces conditions, les truites ne poursuivent pas facilement les nymphes artificielles.
    Elles se contentent de les prendre lorsqu’elles passent à leur portée. L’emploi de nymphes leurres avec un peu de matériaux brillants est souvent la seule technique efficace.


    Le cas des rivières “chasse d’eau”

    Jadis, les zones humides jouaient un rôle d’éponge, retenant l’eau de pluie lors des précipitations et la restituant progressivement ensuite. La disparition des zones humides en France estimées à plus de 60 %, a rendu bon nombre de cours d’eau à l’état de “chasse d’eau”.
    Lorsqu’il pleut, le niveau monte fortement en très peu de temps, puis quelques jours plus tard elles retrouvent un niveau proche de l’étiage. La variation de température de l’eau à cette occasion est souvent conséquente, bien plus que par le passé. A l’étranger, on peut encore trouver des rivières dont les zones humides sont encore préservées (Islande, ex-URSS, Scandinavie-Laponie, Ecosse, Ireland, etc.). Les conditions de pêche y sont plus souvent favorables que dans nos rivières, aux débits perturbés. C’est une des raisons pour lesquelles la pêche est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il y a plus de cinquante ans sur les rivières françaises. De plus, les niveaux bas favorisent le stress des poissons, la prolifération d’algues, etc.

    En lac, le rôle de l’oxygène dissout

    Qui dit température de l’eau dit obligatoirement oxygène dissout. Les deux phénomènes sont liés, tout comme un troisième, la lumière, qui rend la vie possible ou non dans les profondeurs de nos lacs. Si l’on dispose d’un sondeur, la profondeur à laquelle on trouve encore de l’oxygène est facile à trouver. C’est simple : à partir d’une certaine profondeur, on ne trouve plus d’échos de poissons.
    En été, sur certains lacs recevant beaucoup plus de matière organique que les milieux peuvent en “digérer”, la limite se situe à quelques mètres sous la surface. Cette situation provoque de grandes migrations de poissons dans les grands lacs, à condition qu’il soit possible pour eux de trouver des zones où il reste encore de l’oxygène.
    Si ce n’est pas le cas, on assiste alors à des comportements anormaux de poissons en survie dans la couche superficielle, notamment sur les bordures. Le plus souvent ils sont complètement inactifs, attendant des jours meilleurs qui généralement ne surviennent pas avant l’automne. L’été n’est pas une excellente saison dans les lacs pauvres en oxygène dissout.
    Seuls les lacs situés en montagne ou ceux alimentés par des cours d’eau très frais peuvent encore permettre des parties de pêche qui se déroulent dans des conditions normales.

    Une question de température de confort

    Tous ces phénomènes qui s’expriment souvent en chaîne sont liés et influent sur les choix du pêcheur. A lui d’être conscient de tous ces paramètres, qui l’aideront de façon souvent très logique à pêcher telle zone plutôt qu’une autre, avec tel leurre plutôt qu’un autre, et de l’animer d’une façon acceptable par le poisson convoité en fonction de son état. Comprendre le mode de vie des poissons pour comprendre leur pêche semble logique. Pourtant, rares sont les pêcheurs qui s’intéressent de près aux phénomènes climatiques et à leurs liens avec les poissons. Chaque espèce possède sa température de confort dans laquelle elle se nourrit normalement. Ce constat est aussi valable pour la carpe que le saumon atlantique, le sandre, le brochet ou le goujon.
    Contrairement à certaines idées reçues, le régime alimentaire des carnassiers est très perturbé par des écarts de température. C’est flagrant en grands lacs lorsque l’on pêche au sondeur. D’une semaine à l’autre, les poissons évoluent dans la couche d’eau, cherchant à l’automne par exemple à éviter la couche froide de surface. Les poissons sont finalement comme nous. Ils craignent les températures trop chaudes mais en revanche peuvent s’adapter au froid. Cela prend du temps, mais ils peuvent se nourrir activement par eau froide (salmonidés et carnassiers), alors que le contraire est moins vrai. Ce qui fait le talent de quelques fines gaules dotées d’un mystérieux sixième sens s’explique par une analyse parfois inconsciente chez le pêcheur des paramètres évoqués dans cet article. Les sorties répétées à la pêche par tous les temps nous apprennent beaucoup à condition d’y prêter attention, faisant mentir la phrase de Tony Burnand : “J’ai fait des bredouilles par tous les temps et des pêches miraculeuses de même.

  • Spike-It, le SAV de vos leurres souples !

    Spike-It, le SAV de vos leurres souples !

    Comme il est rageant de devoir jeter un leurre souple simplement parce qu’il est un peu déchiré par la courbure de l’hameçon suite à quelques accrochages dans les herbiers ! Spike-It propose une colle très efficace qui réalise une sorte de “soudure”.

    La colle Fix-A-Glue de la marque Spike-It est un produit conçu spécifiquement pour réparer les leurres souples. Elle permet de coller la matière plastique déchirée ou entaillée en la fusionnant. Les collages ainsi réalisés restent souples contrairement par exemples à une réparation à la colle cyanoacrylate. Cette colle permet donc de réelles économies en donnant une seconde vie à de nombreux leurres souples. On est bien content de la trouver certaines fois, quand on voit son stock fondre au gré des prises. Même s’il est possible de réparer sommairement des leurres en action de pêche en les séchant avec un chiffon, Il est préférable de biens les rincer (surtout si l’on pêche en mer) et de les laisser sécher avant réparation. Il convient ensuite d’écarter la partie endommagée et d’appliquer généreusement la colle au coeur de la matière. En relâchant la matière, celle-ci revient à sa position initiale et expulse l’excès de colle. Il suffit de laisser la colle agir pendant quelques minutes.

    Le leurre retrouve sa consistance et sa forme d’origine. Ce moyen de réparer les leurres souples est beaucoup plus rapide et efficace que la réparation à chaud à l‘aide d’un fer à souder ou d’une lame de couteau chauffée qui a, en plus, souvent tendance à déformer le leurre et à lui faire perdre ses qualités pêchantes. Ce produit ne colle pas les doigts. Attention cependant, il ne permet pas le collage du leurre souple sur les têtes plombées. Vendu en flacons de 14 ml.

    Feutres Spike It pour leurres souples

    La marque Spike-It propose également une série de feutres destinés à décorer les leurres souples. Ces derniers sont aromatisés soit à l’ail, soit à la crevette. Contrairement au produit Spike-It Dip-NGlo (descrit dans le numéro 84 de Pêches Sportives) qui permet de teinter des leurres sur de grosses surfaces en les trempant dans un flacon de colorant, les feutres permettent d’appliquer des touches ou des rayures de couleur sur les leurres.

    La couleur ainsi appliquée pénètre la matière et tient parfaitement dans la durée. Selon les types de leurres, la couleur diffuse plus ou moins profondément dans le plastique. Ces feutres permettent, à partir d’une base de leurres assez neutres et clairs, d’adapter leur couleur aux conditions de pêche sans avoir besoin de multiples pochettes de différents coloris. L’adjonction d’un point de couleur pour figurer la gorge d’un leurre est une utilisation particulièrement intéressante des feutres Spike-It. Jean-Luc Macheboeuf (voir notre article dans le n° 87 de Pêches Sportives) et son collègue de pêche Alfredo utilisent régulièrement ce feutre pour rajouter une gorge orange à leurs shads et décider les sandres difficiles du lac de Villerest (Loire) à mordre.

    Renseignements :
    www.floridafishing.fr

  • Les vertus du Z-Lon

    Les vertus du Z-Lon

    Pour un matériau synthétique, pas facile de se faire accepter des monteurs de mouches. C’est pourtant ce qu’à réussi le Z-lon depuis quelques années. Ce matériau permet l’imitation des ailes et des enveloppes nymphales.

    De tous les matériaux synthétiques à la disposition des monteurs de mouches, le Z-Lon est sans nul doute un des rares à avoir trouvé sa place auprès des pêcheurs attachés aux matériaux naturels. Les raisons de ce succès sont liées aux qualités – bien naturelles celles-ci – de ce matériau très simple, composé de fibres de nylon ondulées. Si une seule de ces fibres ne flotte pas, une mèche trouve un appui partiel sur l’eau, à demi immergé, qui convient bien, vous l’aurez deviné, aux différents stades de l’émergence. Matériau imperméable, il retrouve une flottaison identique après un ou deux faux lancers. Sa transparence le destine également à l’imitation des ailes. On le trouve en différentes nuances de gris et de beige. Selon la teinte, le Z-lon permet d’imiter les éphémères, les trichoptères mais aussi certains insectes terrestres comme les fourmis ou les diptères. Les pêcheurs en rivières ou en lacs peuvent tirer parti des mèches de Z-Lon. Voici quelques applications les plus courantes pour lesquelles on peut lui faire confiance.

  • Ne draguez plus !

    Ne draguez plus !

    Le dragage ne passionne ni les entomologues, ni les as du fly-tying, et pourtant c’est bien lui qui devrait occuper les pensées du pêcheur à la mouche en été… Dragage de la soie, du bas de ligne et de la nymphe sont autant d’épouvantails pour un poisson sauvage.

    En trahissant ce qui sépare le naturel de l’artificiel, le dragage nous rappelle à notre condition de pauvres pêcheurs, nous qui voulons imiter la nature et faire dériver une nymphe comme si elle était seulement mue par ses contorsions et par la petite bulle de gaz qui l’entraîne vers la surface, portée par le courant, ballottée par les remous.
    Nous aimerions que la truite s’intéresse à notre proie comme un ami s’intéresse à nos attentions, et voilà ce maudit bout de fil qui se raidit pour nous ramener au sens des réalités : nous ne sommes que des hommes et notre mouche n’est qu’un leurre. La nymphe drague, puis c’est au tour du fil, à moins que ce ne soit l’inverse, et c’est le refus. Vous voilà seul sur le radier avec votre canne, vos illusions, et votre bas de ligne qui traîne dans le courant en esquissant comme un au revoir.

    Qu’est-ce que le dragage ?

    Tout ce qui empêche notre nymphe artificielle de dériver comme une proie naturelle, pour la bonne raison qu’elle est entravée par un fil. Les causes peuvent être multiples, la sanction est toujours la même : le poisson refuse de coopérer. Une soie ou un bas de ligne trop tendu, un modèle de nymphe trop lourd ou trop léger, une animation exagérée ou prématurée, un angle d’attaque mal choisi, voici autant de causes directes qui vont écarter notre leurre de la façon dont évoluerait une proie vraisemblable.

    Lorsqu’on pratique la pêche en nymphe à vue, on ne sait pas toujours ce qu’il faut faire pour décider une truite à mordre, en revanche il y a deux vérités absolues : la première est de ne pas trop se faire voir et la seconde est d’essayer de trouver ce qui va l’intéresser sans jamais draguer ! Ensuite, si ces conditions sine qua non sont pas remplies, tout peut arriver ! Le dragage peut se traduire de façon visuelle. Nymphe qui coupe les veines d’eau sous la contrainte du fil, ou qui coule perpendiculairement au relâcher.

  • Powerline Crazy, c’est fou !

    Powerline Crazy, c’est fou !

    La société angevine Powerline a développé une tête au profil très particulier, plate en dessous, très longue et pointue. Associée à un leurre de type Berkley jerk shad ou équivalent, l’effet obtenu est pour le moins surprenant. L’oeillet situé très en arrière de la tête triangulaire lui permet de s’immerger très rapidement, un peu à la façon d’un petit poisson qui chercherait à regagner au plus vite la sécurité qu’offre le fond. Lorsqu’on l’anime sèchement, elle part dans tous les sens, comme si notre poissonnet cédait à la panique. Tirer le meilleur parti de cette tête demande un peu de pratique, mais une fois que l’on a compris son fonctionnement, place aux cabrioles ! Powerline a eu la très bonne idée de lui ajouter un hameçon long, principal défaut des têtes plombées de ce type qui trop souvent proposent des hameçons trop petits qui occasionnent des touches sans suite ou des décrochages.
    Disponible en 5, 7, 10, 12, 15 et 20 g et livrées en pochettes de quatre à deux exemplaires selon le poids, au prix conseillé de 3,95 euros.


    Renseignements
    : www.powerline.fr

  • La pêche au chatterbait

    La pêche au chatterbait

    Le Chatterbait est née dans un garage il y a quelques années aux Etats-Unis chez un passionné de pêche au black-bass. La légende veut qu’il en ait confié quelques-uns à des amis compétiteurs qui, avec ces leurres, ont enregistré de très bons résultats. Voici quelques pistes pour en faire le meilleur usage…

    Par Jean-Marc Theusseret

    L’association d’un jig à jupe et d’une palette a donc donné naissance à un leurre que l’on trouve désormais sous le nom de chatterbait. Pour être précis, Chatterbait est avant tout une marque spécialisée dans ce type de leurres. A l’instar du Frigidaire ou de la Mobylette, le Chatterbait est tombé dans le langage courant et désigne donc ces leurres très atypiques. Pourtant le premier modèle commercialisé l’a été (et l’est toujours) sous la marque Rad Lures. La définition exacte du “chatterbait” serait “appât qui broute”, comme quoi la traduction littérale ne marche pas à tous les coups ! S’il n’a rien d’un ruminant, le chatterbait vibre, s’ébroue, se secoue d’une façon peu commune dès qu’on le ramène par une tirée franche.
    L’effet vibratoire de la palette se transmet alors au leurre entier, qui semble pris d’une crise d’épilepsie aiguë. Le rapport volume/ vibrations est plus élevé que celui des lipless et des cranckbaits, ce qui n’est pas peu dire !

    Un piège à brochets

    Tout comme les spinnerbaits, que les pêcheurs français connaissent bien aujourd’hui, les chatterbaits ont été initialement conçus pour la pêche du black-bass à grande bouche (le large mouth bass). Mais ces deux leurres se révèlent redoutables pour la pêche du brochet européen, notamment dans les zones encombrées d’herbiers.
    Plus encore que le spinnerbait, notre jig à palette est typiquement un leurre de pêche à la surprise dont le piège fonctionne principalement lorsque le poisson ne voit pas le leurre mais l’entend. Il provoque des attaques éclair de la part de brochets qui n’auraient sans doute pas réagi au passage d’un spinnerbait et encore moins à celui d’un simple leurre souple. Sur ce plan, le chatterbait apporte un plus indéniable et ô combien intéressant lors des pêches d’été où, dans bien des cas, les brochets embusqués dans les herbiers sont beaucoup moins actifs qu’au printemps ou à l’automne.
    Nos essais réalisés en plans d’eau très riches en potamots, renoncules, nénuphars et en autres végétaux divers et variés mettent en évidence des touches à proximité des zones végétales denses. La pêche en milieux ouverts entre les massifs de végétaux n’a pas donné la moindre touche. Pire, les quelques brochets pêchés à vue en zones dégagées, qui ont donc vu arriver le leurre de loin, se sont enfuis à toutes nageoires ! Ce point est intéressant à observer car il en dit long sur l’utilisation des leurres bruiteurs en dehors de postes encombrés très marqués. Cela explique également pourquoi certains pêcheurs n’ont presque rien pris avec les chatterbaits.


    L’action de pêche reste celle d’un jig

    L’utilisation d’un chatterbait reste des plus simples. Ceux qui connaissent la pêche au poisson mort manié seront ici en terrain connu. Comme pour tous les jigs, l’animation est essentiellement constituée de tirées de 0,50 à 1 mètre environ suivies de relâchés. On doit sentir immédiatement dans la canne les vibrations du leurre. Sous l’effet de la tirée canne haute, la palette bute sur l’eau se met à se déhancher frénétiquement. C’est immanquable, même à longue distance, tant la canne se fait l’écho des vibrations du leurre. En cas de longs lancers, une récupération linéaire est aussi très efficace, avec là aussi de fréquents relâchés. Tout est possible (y compris la pêche la traîne, là où celle-ci est autorisée), mais c’est à courte et moyenne distance que la pêche au chatterbait donne le meilleur d’elle-même.

    Faire les trouées d’herbiers en float-tube

    La pêche des carnassiers aux jigs demande une bonne précision pour pêcher les postes encombrés, surtout s’il s’agit d’arbres immergés. Notez que les modèles de chatterbaits sont dépourvus d’hameçon anti-herbe, ce qui est regrettable. Raison de plus pour faire attention. L’idéal pour cette pêche inquisition dans les repères à carnassiers est d’être placé en hauteur, sur la plateforme d’un bass-boat.
    Comme tout le monde ne dispose pas de ces bateaux très équipés, le float-tube permet au moins, faute de hauteur, d’être d’une discrétion qu’aucun bateau n’arrivera jamais à atteindre.
    Faire les trouées d’herbiers au chatterbait est un plaisir que je vous souhaite le plus souvent possible. Si vous bénéficiez d’eau claire, vous verrez alors les attaques à quelques mètres de vos palmes ! De plus, il est possible de placer votre leurre avec une grande précision là où vous voulez, en contrôlant facilement son entrée dans l’eau, toujours dans le but de rester discret. Un régal !

    Les leurres souples associés

    Un grand nombre de modèles de leurres souples peuvent être placés sur l’hameçon des chatterbaits. Ils apportent surtout de la mobilité lors des relâchés pour faire en sorte que le leurre reste attractif. On peut opter pour un modèle à simple ou à double appendice. Tout est une question de volume et, par conséquent, de résistance dans l’eau. Si l’on doit pêcher une zone profonde, un modèle volumineux sera un frein pour leurre alors que, sur un haut fond, cela devient un avantage.
    A chacun d’adapter son choix selon ses envies et la configuration des postes. On peut en tout cas considérer que de simples leurres souples de type virgule à simple ou double appendice peuvent convenir. Si l’on veut pousser plus loin les recherches, notamment dans la famille des leurres souples double, le Berkley Sabertail est particulièrement bien adapté. Ce leurre muni de deux longues “pattes”en forme de sabre est parfait tant il évoque la nage de l’écrevisse durant la traction, mais aussi au relâché. Dans le même genre, le Zoom Super Chunks est très recommandable, tout comme il l’est derrière les spinnerbaits. Plus nageant avec ses deux pattes en forme de coeur, le Berkley Double tail Grub est aussi très bon. La liste pourrait être longue, car de nombreux leurres souples conviennent. Néanmoins, il convient de ne pas sous-estimer le choix du leurre associé tant il est important lors des phases de descente du leurre.

    Les différents modèles Booyah Boogie Bait

    Sans doute le meilleur, et un des rares modèles du commerce bien distribué en France. La réalisation est de très bonne facture, avec une jupe digne de ce nom et surtout un système d’anneaux où vient s’accrocher la palette large qui n’entrave pas celle-ci. De plus, l’hameçon, suffisamment long et piquant, est monté sur une partie câblée qui le rend mobile lorsqu’il se trouve planté dans la gueule du carnassier. Cela permet d’éviter les décrochages. Un très bon produit largement distribué par Flashmer. Poids total du leurre : 17 g. Il existe aussi son petit frère, le Boogie Bait mini, qui est vraiment une copie miniature du plus grand. Poids : 3,5 g. Pour le black-bass et la perche.

    Delalande Exit’Jig Le seul chatterbait français est proposé par la maison Delalande.
    Il s’agit d’un leurre de premier prix (autour de 6 euros), muni d’un hameçon très correct, qui est parfait pour se familiariser avec ce type de leurre. On pourra aussi le risquer sans trop de regret sur des postes encombrés.
    Poids : 14 g.

    Chatterbait (le vrai) Quel dommage que ces leurres ne soient pas importés en France ! Tout d’abord, on compte quatre modèles de différents poids et volumes : 7, 14, 28 g. Le modèle de 14 g est proposé en deux versions, l’une munie d’un hameçon classique non protégé, et l’autre avec un hameçon texan à ouverture large, ce qui permet de passer plus sereinement au mieux des herbiers. C’est l’offre la plus complète dans ce type de leurre. Le modèle le plus lourd est vendu sous le nom de Chatter Frog, avec sa tête et son leurre souple imitatif du batracien De plus, chatterbait propose un kit avec quatre têtes, six jupes, et une dizaine de leurres souples (de piètre qualité toutefois).


    Rad Lures (le premier)
    C’est le modèle historique, celui que les autres marques ont copié. Très bon modèle, mais très compliqué à trouver car non importé en Europe. Poids : 14 g.

  • Float Tube d’Osselle : Stéphane Morisset domine les débats

    Float Tube d’Osselle : Stéphane Morisset domine les débats

    34 pêcheurs à bord de float
    tube se sont affrontés sur deux plans d’eau situés sur la commune d’Osselle,
    pas très loin de Besançon, le dimanche 18 septembre. Les Fisheurs Comtois et la
    Fédération de Pêche du Doubs ont organisé l’événement avec le soutien de
    l’AFCPL. Ce septième open du national tour 2011, s’est installé dans le Doubs
    pour une journée de compétition pleine de rebondissements.

    Les compétiteurs ont
    rivalisé d’imagination et de talent afin de séduire un maximum de brochets et
    de perches. A 33 ans, Stéphane Morisset participe pour la troisième année au
    circuit Float tube AFCPL. Après avoir remporté le titre en 2010, il entend bien
    défendre sa couronne en 2011. Il s’adjuge la victoire à Osselle démontrant
    ainsi l’étendue de ses ambitions.

    Résultats :

    1. Stéphane Morisset,
    team Ecogear, Florida Fields Fishing, Humminbird

    2. Sébastien Tavares

    3. Sébastien Bonnet,
    team Delalande


    Renseignements :
    www.afcpl.eu

    Photo : AFCPL

  • Maudites agrafes !

    Maudites agrafes !

    Elément pratique permettant un changement très rapide de leurre tout en lui donnant une grande liberté de mouvement, l’agrafe séduit quasiment tous les pêcheurs aux leurres. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le petit ustensile miracle est souvent la cause de la perte des plus gros poissons. Enervant…

    Comment ne pas rager après ces fabricants qui se permettent de mettre dans le commerce des produits dont la qualité laisse souvent à désirer. La qualité de l’acier et de son trempage constitue le plus souvent la raison de sa faiblesse. En seconde position vient sa forme générale et enfin son système de verrouillage. A 6, 7 ou 8 euros les quelques agrafes, on a le droit de s’attendre à mieux. Même les plus grandes marques étrangères (Decoy, Owner, Evergreen, etc.) semblent sans solution pour offrir un système sans faille. Seul Rapala dispose d’une agrafe dont l’acier dispose d’une véritable résistance. Depuis peu, certains fabricants, y compris français, tentent de régler le problème avec les agrafes “sécurisées”, composées de deux parties identiques fermées des deux côtés. Ce système fonctionne très bien avec les poissons nageurs avec ou sans anneaux brisés à leur point d’attache, mais ils demeurent le plus souvent inutilisables avec les têtes lestées des leurres souples car l’oeillet de ceux-ci est trop petit. En action de pêche, ces spécificités tournent vite au cauchemar. La facilité pousse le plus souvent les pêcheurs à utiliser des agrafes non sécurisées qui donnent de très bons résultats sur des poissons de taille petite à moyenne. Mais contrer un gros brochet ou même un gros sandre dans le courant avec ce type de produit devient une activité à risques !

    Alors que faire ?

    Les pêcheurs opérant en bateau, voire en float-tube pouvant emmener plusieurs cannes à bord, ont la possibilité de désigner une canne qui servira à la pêche aux poissons nageurs

  • Le Savagear Sandeel 10 cm

    Le Savagear Sandeel 10 cm

    Les leurres souples Savagear Sandeel sont les premiers leurres de la marque Savagear à être orientés spécifiquement mer. Je les ai découverts à l’occasion de mon dernier séjour en Bretagne. Leur efficacité sur les bars est surprenante.

     

    Mon ami Vincent Drieu, chef de marché chez Terres & eaux, qui revenait d’une semaine de pêche en Bretagne nord et avait particulièrement réussi en les utilisant, me les avait chaudement recommandés. J’en ai donc acheté deux pochettes sur la route des vacances. Ce leurre a été une véritable révélation. Il m’a permis d’obtenir de très bons résultats avec un autre collègue, Pierre, qui terminait un nouvel été consacré quasi exclusivement à la pêche du bar aux environs de l’île de Bréhat. Les conditions de pêche étaient pourtant difficiles, tant du bord qu’en bateau. Après avoir essayé un Sandeel que je lui avais laissé et pris plusieurs jolis poissons au dessus des parcs, Pierre ne jurait plus que par ce leurre et s’empressait, le lendemain, alors qu’il m’emmenait pour une nouvelle journée de pêche, de me demander si j’avais bien pris de ces leurres, car le sien avait rendu l’âme. Nous avons utilisé le modèle non monté en taille 10 cm au dos vert et au ventre transparent pailleté argent.
    Ce leurre peut être monté sur des têtes plombées de 7 à 30 grammes, les têtes de 14 et 21 grammes étant un bon compromis pour la pêche au lancer ramener du bord ou en bateau au – dessus de parcs, dans peu d’eau. Grâce à sa petite taille, ce leurre imite particulièrement bien les poissonnets que le bar a l’habitude de chasser au coeur des parcs ou le long des plages de galets où il m’a permis de tirer mon épingle du jeu.
    Le Sandeel permet aussi bien de pêcher en lancer ramener qu’en pêche verticale où il devra être un peu plus lesté (30 grammes par exemple). Il ne nécessite qu’une animation très minimaliste car sa queue frétille à la moindre sollicita-tion. Sur les poissons assez difficiles auxquels nous avions affaire, il était particulièrement performant en pêche linéaire lente, à proximité du fond.

    Les leurres Sandeel 10 cm sont vendus en blister de un leurre monté sur une très belle tête plombée et une queue de rechange, ou en blister de quatre queues seules. Le modèle monté mesure 12,5 cm et pèse 23 grammes, un bon compromis pour ce leurre. Je préfère pour ma part utiliser des têtes de ma fabrication, aux grammages variés, pour m’adapter au mieux aux postes prospectés. Ce leurre est moulé en trois couches successives de différentes couleurs. Son ventre est agrémenté de grosses paillettes argentées qui renvoient des éclats du plus bel effet à chacun des amples battements de sa queue. La matière est très souple, ce qui permet au Sandeel de nager à la moindre sollicitation.
    Cette souplesse et la superposition de trois couches de plastique successives, le rendent toutefois un peu fragile. Il a tendance parfois à se délaminer au niveau de la queue ou au niveau du renflement des têtes plombées qu’il convient en fait de bien ajuster. La tête plombée fournie d’origine est parfaitement adaptée au leurre. Elle ne comporte qu’un tout petit ergot qui ne l’abîme pas. Ce leurre peut n’être moulé qu’en une seule couche pour éviter ce phénomène, mais il perdrait peut être alors de son attractivité.  Le Sandeel Savagear est décliné en quatre autres modèles, plus grands, que je n’ai pas eu l’occasion de tester et qui semblent tout aussi efficaces, à condition qu’ils soient adaptés à la taille des proies consommées par les bars.