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  • Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.

    Par Philippe Collet

    Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.

    Le matériel de Rudy

    Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.

    Les soies

    Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.

    Le bas de ligne

    Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.

    Le lancer

    Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
    Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
    Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !


    La mouche

    Lors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
    Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
    Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
    Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.


    Le lieu de pêche

    • Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
    Tél. : 0031297261261.
    E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl

    • Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
    www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/

    • Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.

    Rudy van Duijnhoven
    Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
    The Netherlands
    Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
    www.rvd-image.nl

  • Illex / Cosmo Craw

    Illex / Cosmo Craw

    Le Cosmo Craw est un leurre souple extrêmement mobile de type trailer à associer aux têtes jigs. Son corps est épais pour éviter d’être déchiré trop vite et chacun de ses appendices vibratoires est muni d’une cavité d’air, présentant à 45° le Cosmo Craw, tout en recréant ainsi à la perfection une écrevisse. Les annelures de sa partie ventrale permettent d’appliquer la crème attractante Nitro Booster de la marque ; elles maintiennent et libèrent ainsi lentement les effluves attractives.

    Longeur : 76 mm.

    Conseils d’utilisation

    Les trailers comme le Cosmo Craw s’enfilent sur l’hameçon lesté des jigs. Ces derniers sont le plus souvent généreusement garnis de “pattes en cahoutchouc, recouvrant partiellement le trailer. L’action de pêche avec les jigs se résume à l’exploration des bois morts, des trouées dans les herbiers, ou des enrochements de façon très précise à courte distance, si possible avec un ensemble de pêche dit casting (moulinet à tambour tournant). Le Cosmo Craw, qui imite clairement une écrevisse, vise le black-bass, la grosse perche et le brochet. Ce leurre peut également être associé aux chatterbaits, qui sont des jigs munis d’une palette qui sert à créer des vibrations.

    Prix conseillés : 5,90 euros le sachet de 8 leurres de couleur identique.

    Renseignements et liste des points de vente : www.illex.fr

  • Les eaux antarctiques sont pleines de plastiques

    Les eaux antarctiques sont pleines de plastiques

    Les eaux de l’océan Antarctique sont si éloignées des activités humaines, que nous pourrions les croire à l’abri de toute pollution. Malheureusement, il n’en est rien. Elles sont remplies de plastiques et de divers déchets charriés là par les courants océaniques. Algalita Marine Research Foundation, une association étasunienne créée en 1997, a réalisé une étude démontrant la forte présence de plastiques dans l’océan Antarctique, en collaboration avec Tara Expéditions, une expédition qui explore pendant deux ans et demi les océans de la planète afin de collecter des informations sur les divers dangers qui pèsent sur eux. Tous les échantillons collectés à cette occasion contenaient du plastique : de 956 à 42 826 morceaux de plastique par kilomètre carré autour des stations d’échantillonnage. Décidément, l’humanité a une capacité de nuisance sans limites…

     

    Pour en savoir plus :

    Tara expéditions :

    http://oceans.taraexpeditions.org/?id_page=1

    Algalita Marine Research Foundation :

    http://www.algalita.org/index.php

     

    Photo : ©V.Hilaire/Tara Expéditions

  • Les brochets du lac Léman

    Les brochets du lac Léman

    Le grand lac franco-suisse agite avec raison, et plus que jamais, le
    petit monde des pêcheurs aux leurres. Les possibilités sont immenses
    de pêcher des brochets dont la taille moyenne est très élevée. La
    pêche se déroule principalement sur les tombants, dans une profondeur
    de 8 à 15 m. Les gros leurres souples donnent de bons résultats au milieux des bancs immenses de perchettes et de gardons. Attention toutefois aux conditions de navigations, qui peuvent rapidement devenir dangereuses sur un coup de vent, à la réglementation qui impose un équipement de sécurité spécifique et à la réglementation suisse si vous choisissez d’aborder le lac sur sa côte nord ou par ces deux extrémités.

  • Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance

    Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance

    A l’heure de la mouche bling-bling toujours plus lourde et plus brillante perdure une tradition bien plus discrète, celle de la mouche bretonne, dont Yann Le Fèvre est le gardien. Portrait d’un artiste qui depuis trente ans jongle avec les matières naturelles pour capter une lumière rare et vivante qui fait la réputation d’une des plus belles collections de mouches artificielles au monde.

    Par Jean-Marc Theusseret

    C’est indéniable, il existe non seulement une tradition bretonne de la pêche à la mouche, mais plus exactement une philosophie bretonne de la pêche à la mouche. Nulle autre région française ne fait apparaître une telle symbiose entre un territoire chargé d’histoire, de légendes, ses rivières envoûtantes, ses poissons et ses mouches. Ha ! Les mouches bretonnes ! Elles se reconnaissent entre mille, mais prennent des poissons partout. Il faut dire qu’elles ont de qui tenir. La Bretagne fut très tôt fréquentée par les voisins anglais qui pratiquaient avec une technique inconnue des pêcheurs locaux bretons la pêche à la mouche.
    Saumons et truites bretonnes succombaient à la présentation de petits plumeaux colorés aux couleurs vives de plumes d’oiseaux exotiques importés des colonies lointaines de l’Empire britannique. Les pêcheurs bretons tentèrent bien entendu d’imiter les Anglais, mais ne disposaient que de matériaux rudimentaires, tels que laine, fil de coton, plumes et poils des animaux de la ferme, et produits de la chasse. Ainsi naquit, faute de moyens, l’une des écoles de montage de mouche les plus réputées aujourd’hui ! C’est bien connu, les plus belles mouches prennent surtout les pêcheurs. La théorie de la mouche d’ensemble, peu imitative, terne, voire grossière, était née. Sans concertation entre les vallées du sud et du nord de la Bretagne étaient imaginées les premières collections parfois différentes, mais toujours aussi discrètes dans leur réalisation, à l’image des mouches en plume de paonne du célèbre saumonier de l’Ellé, Henri Clerc. Il faudra attendre 1932 pour que la société Ragot, basée à Loudéac, commercialise la première collection de mouches artificielles bretonnes et la fasse connaître dans toute la France, mais également à l’étranger.

    L’héritier

    Yann Le Fèvre s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Depuis 1978, il fabrique une collection issue de la tradition bretonne dont non seulement il se réclame à juste titre – lui à qui l’on doit le sauvetage et la sauvegarde des modèles traditionnels –, mais qu’il a su faire évoluer, créant tout en conservant ce qui fait l’originalité des mouches bretonnes : une collection universelle destinée à la pêche des salmonidés des rivières d’ici et d’ailleurs.
    Il a su, tout en préservant le patrimoine, cultiver la modernité, particulièrement en inventant le concept de la série baptisée les Lanvollonnaises. Série unique dans le monde de la pêche à la mouche, car particulièrement polyvalente. Ainsi certaines représentantes de cette collection sont devenues des classiques au niveau national, comme la “mouche à Jo”, un petit sedge en croupion de bécasse redoutable, ou encore les émergentes Plougoulmoises, aussi appréciées en rivière qu’en lac ou en réservoir. Les Plouaisiennes sont des imitations de nymphes d’éphémères que Yann a eu la bonne idée de décliner en trois teintes : claire, mi-foncée et foncée.
    Notons également une très belle série de mouches pour la pêche en lac : noyées, émergentes et mouches sèches, dont on sent l’influence irlandaise, pays que Yann connaît très bien. Quant aux mouches à saumons de Yann Le Fèvre, il y a longtemps que leur réputation a dépassé leur Bretagne d’origine pour aller faire des merveilles sur les rivières islandaises, russes, écossaises ou irlandaises.
    Il existe un point commun à toutes ses mouches, qu’elles soient pour le saumon, la truite ou l’ombre, c’est la vie ! Yann est un artiste au sens large. Ce passionné de dessin et de peinture sait mieux que beaucoup marier les matériaux, les teintes, les brillances, pour qu’au final une mouche, comme une oeuvre, “fonctionne”. Regarder sa collection nous rappelle à quel point cet exercice qui consiste à concevoir des modèles avec juste l’essentiel de matière est beaucoup plus difficile que “d’en mettre des tonnes”.


    Renseignements :

    www.mouchesyannlefevre.com

  • JMC / Veste Tempete

    JMC / Veste Tempete

    La triple membrane Tempest® de cette veste garantit une imperméabilité parfaite même dans les conditions extrêmes et une évacuation rapide de la transpiration. Les fermetures imperméables, les nombreuses poches, le col doublé en micro polaire et la coupe ample avec les bras préformés sont pensés pour le confort maximum du pêcheur. Capuche réglable en hauteur et largeur. Rabat polaire au menton. Deux grandes poches frontales thermo-soudées avec fermetures étanches. Deux poches chauffe mains doublées micro-polaire. Réglage tri-dimensionnel de la capuche. Poches thermo-soudées imperméables. Grandes poches intérieures. Manchons néoprène avec pattes de serrages. Ceinture élastique réglable. Membrane imper-respirante

    Notre avis : un produit au rapport qualité-prix très intéressant, utilisé par de nombreux guides, ce qui est un signe de solidité… et d’imperméabilité ! Prix public conseillé : 150 euros


    Renseignements et liste des points de ventes
    :
    www.mouchesdecharette.com

  • Nymphe à vue hors des sentiers battus…

    Nymphe à vue hors des sentiers battus…

    L’esprit et les techniques de la pêche en nymphe à vue sont les mêmes en petite qu’en grande rivière. En revanche, tout le monde n’a pas la possibilité de pêcher régulièrement la basse rivière d’Ain, la Loue ou le Doubs franco-suisse… Des cours d’eau plus modestes (et pas toujours des “chalk streams”) peuvent également être prospectés par cette technique à condition de faire preuve d’un peu d’imagination et de s’adapter aux contraintes spécifiques à ses rivières. Certains petits cours d’eau voient dériver des phaesant tails depuis vingt-cinq ans et les truites n’y sont pas plus faciles qu’ailleurs… Ils concentrent en outre les difficultés que l’on rencontre en grande rivière en termes de discrétion et de présentation et nous forcent à nous recentrer sur l’essentiel… faute de place ! Voyage au pays de Gulliver nympheur.

    Par Jean-Christian Michel

    Présentation aval, longue pointe et nymphe légère, voici les fondements communs à la pêche de tous les cours d’eau. Il n’y a rien à retrancher à cela. Mais des adaptations techniques et stratégiques peuvent se révéler nécessaires… car les petites rivières ne se pêchent pas uniquement à l’arbalète !


    Petites rivières de plaine

    Les truites de ces cours d’eau n’ont pas la possibilité de se réfugier au milieu de la rivière, hors de distance de tir, pour échapper aux pêcheurs. Elles peuvent seulement se cacher sous les berges creuses (là où EDF n’est pas parvenu à détruire la totalité de la capacité d’accueil du cours d’eau…).
    Mais ces pauvres farios reçoivent un coup d’arbalète sur le bout du nez dès qu’elles en sortent.
    Il en résulte que ces poissons sont très éduqués à ce procédé et deviennent vite imprenables ainsi, même si on les approche en rampant, avec une tenue de camouflage ou à l’aide de quelque autre ruse indigne d’un père de famille respectable. Pour tromper la vigilance de ces truites de bordures hyperstressées, il est nécessaire de les attaquer de plus loin.

    Prenez de la distance

    Pêcher de loin des truites qui se tiennent près du bord n’est paradoxal qu’en apparence. Un bon garde-fou est d’imaginer un cercle de deux ou trois mètres de rayon dont le poisson serait le centre et de se dire qu’il est interdit d’y faire percuter une nymphe à la surface, aussi légère soit elle. C’est une évidence en grande rivière, mais dans les petits cours d’eau la végétation et le faciès de la rivière nous incitent souvent à “taper court” et à surplomber nos nymphes, choses que ces truites ne pardonnent pas. Nous avons tous, un jour ou l’autre, échoué devant cette truite positionnée juste sous notre scion et qui ignorait nos nymphes en restant raide comme un garde de Buckingham… jusqu’à ce qu’un sillage du fil à la surface ou une branche qui craque ne la fasse fuir. Or, le même poisson était capable de faire des écarts d’un mètre pour s’alimenter quand nous l’observions de plus loin… Il faut respecter ce cercle virtuel dans lequel la truite est en confiance et, surtout, ne pas essayer de lui amener la nymphe dans la gueule, mais au contraire l’inciter à se déplacer pour prendre. On se placera donc bien en amont du poisson et on l’attaquera au moyen d’un lancer conventionnel et d’une nymphe non plombée afin que celle-ci s’approche du poisson sans avoir percuté la surface. Les truites de bordure retrouvent alors plus volontiers leur curiosité naturelle.

    Attention au dragage

    Lorsque la truite est postée plus au large, il est important de déterminer sur quelle rive le courant “porte” le plus afin de prévoir son posé et sa dérive sans jamais dépasser la veine la plus puissante, sous peine d’accentuer le dragage. Dans les zones calmes, cela n’est pas évident au premier coup d’oeil.
    La veine à ne pas dépasser se trouve souvent du côté de la berge la plus abrupte ou au milieu de la rivière, quand son cours est homogène. Ici comme ailleurs, le syndrome poussant à vouloir attaquer le poisson sur la rive d’en face fait des ravages ! Cet élément est important à prendre en compte afin de déterminer la meilleure rive pour attaquer la truite, alors qu’en grande rivière ce point est d’autant moins crucial que le lit de la rivière est large, et son cours homogène.


    Un bas de ligne très maniable

    Pour ces pêches de bordure, je troque souvent mon bas de ligne progressif de 10 cm en 10 cm pour un modèle plus ramassé au niveau du talon, mais avec une pointe toujours aussi longue. Le but est de parvenir à fouetter facilement avec seulement un ou deux mètres de soie sortie. On me dira, avec raison, qu’il est possible avec un modèle traditionnel et une nymphe légère de fouetter le bas de ligne, sans sortir de soie… mais, quand on est dans les ronces jusqu’au cou et que le moindre battement de canne met le poisson en alerte, il est rassurant de poser son bas de ligne sans gesticuler comme un Xerxès fouettant les eaux… Le bas de ligne en question n’a rien d’extraordinaire, mais il convient assez bien à cette pêche à courte distance.

    Sa formule est la suivante :
    25 cm de 40 %
    30 cm de 35 %
    45 cm de 30 %
    60 cm de 25 %
    75 cm de 17 %
    270 cm de 12 %

    soit, au total, à peine deux longueurs de canne.
    L’ensemble ne monte pas volontiers dans les anneaux et possède une dynamique aléatoire à grande distance, mais il permet de poser en paquet à courte distance d’un simple coup de poignet, chose que je juge plusutile dans les circonstances qui nous intéressent. A vous de juger ! Cette façon de procéder peut se transposer en grande rivière pour pêcher les berges abruptes et encombrées par la végétation, car, contrairement à ce que croient les accros du wading, les truites ne sont pas toujours au beau milieu de la rivière…

    Alerte maximale

    Bien évidemment, sur ces petits chalk streams, il est interdit de tremper un seul crampon de cuissarde dans l’eau, sous peine de ne jamais voir une truite digne de ce nom. Le pêcheur doit également se tenir très en retrait de la rive, poser le minimum de soie sur l’eau (il est également bon de sous-charger la canne avec une soie plus légère que prévu par le fabricant afin de gagner en discrétion, ce n’est pas un handicap dans cette pêche à courte distance). Enfin, lors des déplacements, on s’approchera toujours de la rivière de façon perpendiculaire, sans jamais longer le cours d’eau, ni pour monter ni pour descendre. Précautions cruciales par eaux basses…

    Pêche à vue… mais pas seulement dans les chalk streams !

    D’abord, une remarque particulièrement puissante : pour pêcher à vue, il faut y voir. Ce n’est pas le faciès d’écoulement de la rivière mais la clarté de l’eau qui est la condition sine qua non. Aïe, un égaré, se dit alors l’homme d’entendement, il va nous faire le coup de la nymphe à vue en torrent ! Non, pas vraiment…enfin, si ! Connaissez-vous quelqu’un qui est capable de transformer en quelques minutes un superbe torrent vert en vilaine flaque marron… ? Mais EDF, bien sûr ! Il n’y a qu’à fermer les vannes du barrage quand monsieur le Préfet décide qu’il n’y a plus besoin d’eau pour les rafteurs et, si vous avez la chance d’être là avant que le troupeau des randonneurs aquatiques ne vienne piétiner les aprons, alors vous avez la possibilité de pêcher à vue des truites qui voient rarement passer des nymphes légères. (Toute ressemblance avec un torrent vert de Provence serait vraiment fortuite, ndlr.) Vous comprendrez qu’en passant de 20 m2/s à 0,5 m2/s, les cours d’eau changent drastiquement de faciès ! La pêche à vue devient alors possible sur des rivières inatten-dues, même s’il est vrai que le nombre de postes intéressants à pêcher par notre technique est souvent limité. Ces parcours sont en revanche très chaotiques (rochers, falaises, failles, vasques…) et il est rare de pouvoir effectuer de longues dérives dans un courant homogène. La pêche n’y est pas très académique mais elle mérite parfois qu’on s’y attarde.
    Les truites ne sont jamais très loin de leur refuge et il convient de les pêcher sur des dérives assez courtes et de préférence en surplomb, afin que le bas de ligne ne soit pas capté par des petits courants qui empêchent la nymphe de couler. On comprend vite que la transparence est en fait tissée d’une multitude de veines d’eau et qu’il faut être une truite pour s’y faufiler ! Afin d’aider la nymphe à couler, on misera plus sur un coup de patte vif et sur la longueur de la pointe et de la cloche formée par celle-ci que sur un posé détendu sur toute la longueur du bas de ligne. Sans employer pour autant des nymphes casquées, il peut-être en revanche nécessaire d’utiliser des modèles plombés à 10 tours de fil de plomb 0,20 mm.
    Côté bas de ligne, un modèle progressif habituel (premier brin du talon réalisé avec 45 cm de 40 %) convient bien, mais selon le faciès de la rivière il peut être intéressant de raccourcir le porte-pointe afin d’accentuer l’effet de cassure entre le talon et la pointe lorsqu’il devient nécessaire de faire taper les nymphes, lors de dérives assez courtes. Peu académiques, ces pêches hors des sentiers battus réservent parfois des surprises de taille…

  • Seuils et barrages : quels impacts sur le transport solide des cours d’eau ?

    Seuils et barrages : quels impacts sur le transport solide des cours d’eau ?

    Depuis plusieurs siècles, de nombreux seuils et barrages sont implantés sur les cours d’eau. Leurs impacts sur les migrations et les déplacements des poissons sont relativement bien connus, mais les perturbations de ces ouvrages dits transversaux sur les équilibres morphologiques des rivières sont plus complexes à appréhender et à apprécier. Essayons d’y voir plus clair…

    Par Sylvain Richard et Guy Périat

    L’énergie fournie par la force hydraulique des cours d’eau a de tout temps intéressé les hommes. Dès le Moyen Age, la puissance motrice de l’eau a été utilisée pour faire fonctionner des moulins ou de petites industries, en dérivant une partie des eaux des rivières grâce à la construction de seuils de taille modeste. Avec l’apparition de la fée électricité et l’industrialisation croissante du début du XXe siècle, les turbines ont progressivement remplacé les grandes roues des moulins et, à partir de 1945, l’édification de grands barrages a permi, en noyant les vallées, de stocker l’eau et de constituer des réservoirs d’or blanc, permettant de faire tourner des centrales hydroélectriques en s’affranchissant des variations de débits de la rivière.
    Mais les seuils et barrages ne sont pas construits uniquement à des fins de production d’énergie: vannages pour l’irrigation ou le flottage du bois, barrages pour la lutte contre les inondations ou l’alimentation en eau potable, seuils de stabilisation pour lutter contre l’érosion après recalibrage…, en matière d’aménagements, le génie rural fait preuve d’une imagination débordante! Le recensement des ouvrages transversaux en cours, effectué par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, fait état aujourd’hui de près de 60000 seuils et barrages, soit en moyenne un obstacle tous les quatre kilomètres de cours d’eau! Et ce travail n’est pas encore achevé… On mesure bien ici le degré d’artificialisation de nos cours d’eau… À l’échelle des bassins versants, une telle densité d’ouvrages n’est pas sans conséquences sur la morphologie des systèmes aquatiques et leurs équilibres sédimentaires. Afin de bien apprécier les impacts induits, il semble intéressant de rappeler la manière dont un cours d’eau génère ses formes et ses structures physiques.

    Deux composantes essentielles pour un cours d’eau: le débit et le transport solide

    Les caractéristiques de forme, de sinuosité, de largeur de lit, de profil de berges ou encore de pente locale constituent la morphologie d’un cours d’eau. Ces éléments, appelés structures physiques, ne sont pas le fruit du hasard. Au contraire, ils sont la réponse à des processus complexes d’ajustements et d’interactions entre deux composantes majeures : le débit et les sédiments grossiers charriés, dits charge solide ou transport solide.
    Pour rappel, le débit d’un cours d’eau provient des précipitations qui tombent sur le bassin versant et qui ruissellent ou s’infiltrent plus ou moins rapidement selon la nature des sols (perméables ou imperméables) et l’importance du couvert végétal (forêt, prairie, terre cultivée, zone urbanisée…). Le climat et les conditions météorologiques régissent la quantité et la variabilité des précipitations. Ces différents phénomènes influencent ainsi le régime hydrologique du cours d’eau, c’est-à-dire lafréquence et l’intensité de ses épisodes de hautes eaux et d’étiage en fonction des saisons.
    Le transport solide peut quant à lui avoir plusieurs origines. En amont des bassins versants montagneux, c’est le phénomène d’érosion, sous l’action des précipitations notamment, qui arrache des matériaux aux terrains et les transporte gravitairement vers le cours d’eau. Historiquement très productifs en charge solide, ces secteurs le sont moins aujourd’hui, en raison des nombreuses actions de l’homme, destinées à limiter l’érosion des sols, ainsi que du reboisement naturel progressif des paysages montagneux.
    Les matériaux peuvent également provenir des stocks d’alluvions déposées par les cours d’eau au Pléistocène (Ère des glaciations) et accumulées dans le lit majeur et les terrasses des fonds de vallées. Ceux-ci sont alors remobilisés dans le lit mineur actif du cours d’eau par les processus naturels d’érosion latérale.
    En raison de la diminution des apports issus des hauts bassins versants, ces alluvions des fonds de vallées constituent l’essentiel des matériaux aujourd’hui disponibles pour le transport solide.

    Un ajustement permanent du cours d’eau vers son profil d’équilibre

    Les matériaux arrachés des hauts bassins et des terrasses latérales, injectés dans le cours d’eau, sont continuellement charriés et remobilisés vers l’aval lors des épisodes de crues, selon des processus d’érosion et de sédimentation. En fonction de l’intensité de la crue, les matériaux transportés seront différents : logiquement, plus le débit est important et plus la taille moyenne des matériaux transportés augmente. D’autres composantes interfèrent également dans la dynamique de propagation des alluvions. Ainsi, la pente de la vallée conditionne la puissance d’érosion du cours d’eau et son énergie maximale lors des crues. La largeur du fond de la vallée va quant à elle permettre l’étalement et la mobilité du cours d’eau, lui permettant alors de pouvoir déposer plus ou moins facilement les matériaux charriés. Enfin, la présence et la densité de la végétation rivulaire vont largement contrôler les possibilités d’érosion latérale et d’élargissement du lit. Il est difficile de mesurer la vitesse de propagation du transport solide. Quelques études ont essayé de quantifier ces déplacements. Pour ce qui est des alluvions grossières (galets) situées dans le lit, elles ont été estimées à près de 20 kilomètres par siècle pour l’Hérault et 10 kilomètres par siècle pour l’Isère. Sur des rivières ayant moins de pente, donc moins d’énergie, comme celles des Ardennes, la vitesse de propagation a été estimée à environ 3 kilomètres par siècle. Le déplacement des bancs latéraux apparaît moins important : de 20 à 30 mètres par an jusqu’à près de 200 mètres par an pour le Danube ou encore 270 mètres par an pour le Rhin.
    Il en résulte que le cours d’eau doit s’ajuster en permanence pour trouver un point d’équilibre entre les fluctuations de la charge alluviale provenant de l’amont et celles du débit capable de l’évacuer vers l’aval. Les caractéristiques physiques d’une rivière comme sa largeur, sa pente ou sa sinuosité, évoluent donc continuellement au gré de ces variations : c’est la dynamique fluviale !

    De la morphologie aux habitats aquatiques

    Les sédiments grossiers transportés par le cours d’eau, dont la taille varie du bloc au sable, sont utilisés par les organismes aquatiques pour accomplir leur cycle de vie : ils deviennent alors des habitats, qu’ils soient submergés en permanence ou exondés selon les débits. Les sédiments grossiers du fond du lit en eau, d’un diamètre d’au moins deux centimètres, sont des milieux de vie remarquables. Chaque pêcheur un peu curieux a un jour soulevé les pierres d’une rivière et a pu voir, là où la qualité de l’eau est encore préservée, combien de larves d’insectes différentes pouvaient vivre sur une si petite surface. Cette granulométrie grossière est également utilisée comme support de ponte par un grand nombre d’espèces de poissons. Si la truite vient immédiatement à l’esprit, ses nids typiques façonnés dans les graviers étant facilement observables dans les cours d’eau limpides, des espèces plus discrètes et moins connues comme le chabot, l’apron ou le toxostome, sont directement dépendantes de la présence de graviers ou de petits galets pour se reproduire. Et les larves de lamproies, poissons sans mâchoire, se développent plusieurs années dans les sédiments fins et bien oxygénés avant de devenir adultes et migrer vers la mer pour les espèces migratrices, ou se reproduire et mourir pour la petite lamproie de planer, la fameuse chatouille des rivières à truites. Le rôle d’abris hydraulique joué par la granulométrie est également fondamental.
    La protection contre le courant qu’offre un bloc est évidente: les pêcheurs de truite connaissent la qualité de ces postes de chasse ! Mais les pierres plus petites ont également une fonction importante d’abris pour les espèces d’invertébrés ou de petits poissons vivant près du fond, grâce à leur rugosité qui génère par turbulence une couche limite aux vitesses réduites.
    Les bancs d’alluvions exondées, les grèves, servent également d’habitats à de nombreuses espèces au premier plan desquelles les oiseaux limicoles qui y pondent leurs oeufs au printemps. Une flore très riche se développe également sur ces bordures de lits, par exemple la petite massette, espèce typique des lits en tresse qui a fortement régressé en raison de l’aménagement des cours d’eau et qui subsiste sur quelques sites des bassins du Var ou de la Durance.
    Enfin, ces sédiments sont le lieu de vie de nombreux micro-invertébrés (champignons, bactéries, microalgues), qui participent à la dégradation de la matière organique. La présence d’un substrat alluvial important contribue ainsi largement à l’auto épuration d’un cours d’eau… Quel service pour la collectivité! À l’échelle d’un bassin-versant, les caractéristiques et la localisation de ces habitats conditionnent donc pour une grande part la répartition spatiale des espèces. Tous les organismes ont besoin de franges granulométriques bien précises. S’il apparaît donc indispensable d’avoir des dépôts sédimentaires variés, corollairement la présence d’une mosaïque d’habitats complexes et diversifiée, générée par une dynamique fluviale active et non perturbée, est le garantd’une biodiversité optimale. Il est donc évident que fonctionnement morphologique et fonctionnement écologique sont très liés. Toute modification des capacités de charriage d’un cours d’eau se répercute en effet directement sur ses habitats et donc sur la qualité de ses biocénoses aquatiques.

    Seuils et barrages: éléments perturbateurs du transport solide

    Les ouvrages transversaux comme les seuils ou les barrages, sont susceptibles d’impacter plus ou moins fortement le transport des sédiments grossiers. En remontant la ligne d’eau, un ouvrage transversal va tout d’abord réduire l’énergie des écoulements et la capacité du cours d’eau à charrier ses matériaux sera diminuée. Ils auront donc tendance à se déposer plus facilement et nécessiteront une puissance plus importante pour être mobilisés. En outre, pour franchir l’ouvrage, les sédiments devront être mis en suspension et non charriés près du fond: là aussi, seuls de gros débits le permettent et au final les fréquences de transfert vers l’aval pour les éléments les plus grossiers seront très limitées.
    La plupart des ouvrages transversaux bloque la totalité ou une partie seulement de la charge alluviale de fond. Si l’ouvrage est de taille modeste, l’effet bloquant va durer jusqu’à ce qu’il soit plein et laisse de nouveau transiter une partie des matériaux venant de l’amont. Mais dans le cas d’un barrage de grande dimension, c’est la totalité du transport solide qui est piégée, et ce définitivement… Et même lorsque l’ouvrage est plein, le nouveau profil d’équilibre correspond à une pente plus faible qu’initialement, ce qui contribue également à réduire l’efficacité du charriage du cours d’eau par perte de puissance. Les sédiments bloqués dans la retenue de l’ouvrage vont alors faire cruellement défaut au cours d’eau. Lors des épisodes de crues, les coups d’eau vont alors continuer de charrier les alluvions situées en aval de la retenue, mais sans apport nouveau venu de l’amont. Un phénomène d’érosion dite progressive peut alors apparaître, engendrant l’enfoncement plus ou moins marqué du lit mineur. Dans les cas les plus extrêmes, c’est la totalité du substrat alluvial qui peut alors disparaître, laissant à nu la roche mère… Enfin, en aval des ouvrages équipés d’une prise d’eau, la mise en débit réservé se traduit par une réduction des capacités de transfert dans le tronçon court circuité.

    Comment limiter les impacts ou restaurer ?

    A vrai dire, peu de solutions techniques sont réellement efficaces pour limiter les incidences des ouvrages sur le transit des sédiments… Seul son effacement garanti la reprise des processus naturels de transfert, après un temps plus ou moins long d’ajustements. Mais cette solution ne peut être envisagée que sur des ouvrages sans usage avéré, et dans certains cas, le remède peut être pire que le mal car les nouvelles érosions induites peuvent totalement déstructurer le cours d’eau si celui-ci est déjà en proie à une incision importante.
    Dans certains cas, la mise en place d’une vanne de dégravement permet, si sa dimension est suffisante et ses modalités de gestion éclairées, de faire transiter un volume de granulats intéressant lors des épisodes de hautes eaux. C’est rarement le cas car ces dispositifs sont la plupart du temps largement sous dimensionnés. Ils sont alors utilisés pour faire des chasses destinées à évacuer les fines et la matière organique accumulées juste en amont du barrage, éléments intéressants pour la rivière et qui provoquent souvent des dégâts importants similaires à ceux d’une vidange de plan d’eau (colmatage des habitats, dégradation de la qualité de l’eau par anoxie et présence d’ammonium).
    Une solution originale est le transfert vers l’aval par camions des matériaux grossiers accumulés dans la retenue. Ceux-ci sont alors redistribués le long du cours d’eau en aval, de manière à les rendre mobilisables lors des crues. Si dans certains cas ce type d’opération peut s’avérer efficace ponctuellement, sur le long terme elle ne pourra jamais remplacer la mobilisation et le transfert naturels des éléments grossiers.
    Et le bilan carbone d’une telle mesure peut également poser question… A l’échelle des bassins versants, compte tenu de la densité des ouvrages recensés, les seuils et les barrages constituent ainsi une source d’impacts importante sur les équilibres sédimentaires, même s’il est bien certain que ce ne sont pas les seuls. Extractions de granulats, curages, recalibrages, sont en effet autant de perturbations qui altèrent également les conditions de transport solide. Malheureusement, les solutions pour essayer de restaurer le transport solide piégé dans les retenues sont assez réduites et demandent des investissements collectifs très conséquents. Cela est d’autant plus regrettable que le déficit en matériaux des cours d’eau commence à se faire ressentir jusque sur nos rivages marins : le blocage actuel du transport solide, couplé aux anciennes extractions massives, pourrait expliquer en partie la réduction du trait de côte de certains secteurs littoraux…

  • ILLEX / Wire Bait Ring

    ILLEX / Wire Bait Ring

    Astucieux anneau de silicone qui permet de maintenir une agrafe lorsqu’on pêche au spinnerbait. Cela évite d’enlever l’agrafe et de faire un noeud.

    Prix conseillé : 3,55 euros le sachet de dix anneaux.


    Notre avis :
    Les tous petits produits rendent parfois de grands services, c’est le cas du Wire Bait Ring

  • Pêches Sportives Vidéo n°25 : Pêche du brochet, en montage texan, au lancer et à la mouche

    Pêches Sportives Vidéo n°25 : Pêche du brochet, en montage texan, au lancer et à la mouche

    Dans cette vidéo :

     

    1. Pêche du brochet en montage texan sur l’étang d’Hermeville dans la meuse avec Sébastien Golly

    Envahi par l’élodée du Canada, l’étang du Perroy à Hermeville se prête presque exclusivement à la pêche aux leurres souples avec des montages texans où l’hameçon est caché dans le leurre. Sébastien Golly nous explique les fondamentaux de cette technique qui demande un certain savoir faire. Choix du leurre, de l’hameçon, neuds adaptés à la pêche dans les herbiers, animations des leurres, Sébastien nous fait une belle démonstration de ce que peut donner cette technique initialement conçue pour la pêche du black-bass mais qui fonctionne aussi très bien avec le brochet.

     

    2. Pêche du brochet au lancer et à la mouche sur le lac de la Madine avec Yves Omhovère et Sébastien Golly.

    Avec 1100 hectares d’eau et une profondeur moyenne de 2 à  4 mètres, le lac de Madine se prête idéalement à la pêche à la mouche et aux leurres du brochet. Yves Omhovère, un des spécialistes du lac, nous fait découvrir sa stratégie pour trouver les meilleures techniques. Pêcheur aux leurres mais également moucheur, Sébastien Golly tente sa chance à la mouche sur ce qui compte comme étant l’un des meilleurs lacs français pour la pêche du brochet au streamer.