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La Nouvelle-Zélande face à la pire marée noire de son histoire
Alors que la coupe du monde
de rugby se déroulait sans encombre, une marée noire, qui n’a rien à voir avec
les All Blacks, est venue gâcher la fête. La Nouvelle-Zélande vit actuellement
la pire catastrophe écologique de son histoire avec le naufrage sur ses côtes
d’un porte-conteneurs battant pavillon libérien, le Rena. Le navire s’est échoué vers 2 h 20 du
matin, mercredi 5 octobre, sur le récif de l’Astrolabe, à l’est de l’île du
Nord, dans une zone très touristique et riche d’une biodiversité
exceptionnelle. Parmi les conteneurs que le Rena transportaient, onze
contiennent des matières dangereuses. D’ors et déjà, le bateau déverse
d’importantes quantités de fioul. Long de 23 mètres, il en contient 1 700
tonnes. Un tanker a appareillé pour assurer l’opération de pompage, mais les
mauvaises conditions climatiques rendent l’opération délicate. Le capitaine du
Rena a été arrêté le 12 octobre dernier. Le jour de la catastrophe, il fêtait,
avec l’ensemble de l’équipage, son 44e anniversaire. Une célébration qu’il n’est pas près
d’oublier, alors qu’il encourt jusqu’à 12 mois de prison et 7 500 euros
d’amende.
Jean Baptiste Vidal, un Français guide à Villa Maria
Jean Baptiste Vidal est passionné de pêche à la mouche depuis qu’il a 12 ans. Après des études d’hydrobiologie à la faculté de Rennes, il a trouvé un emploi de technicien auprès de la Fédération de pêche du Finistère. Mais, très vite, lui qui rêvait de parcourir les rivières de son département s’est retrouvé confiné dans un bureau à établir des statistiques sur la désaffection du nombre de pêcheurs dans les cinq départements bretons. Aussi, quand un ami de son père lui proposa pendant son mois de congé estival d’aller guider des clients sur les rivières d’Islande, il n’hésita pas un seul instant. Comme les clients ont été très satisfaits de ses prestations de moniteur de pêche, Arni, le patron de Lax-A, lui proposa de guider également pendant l’hiver dans l’hémisphère Sud. Et c’est ainsi qu’il y a cinq ans, Jean-Baptiste s’est retrouvé guide de pêche sur le Rio Grande. A ma connaissance, il existe très peu de guides de pêche internationaux de nationalité française de la stature de Jean-Baptiste. Si vous voulez vous initier ou vous perfectionner aux techniques de pêche des truites géantes, c’est le moment de profiter de sa présence en Terre de Feu.
Pierre Affre

La perche aux leurres de surface par Alban Choinier
Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.
Par Alban Choinier
La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…Quels leurres utiliser ?
Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.
Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.
Comment animer ces leurres ?
Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.
Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.
Comment attacher ces leurres ?
Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.
Quelle canne choisir ?Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.
Comment garnir son moulinet ?La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.
Quel bas de ligne ?
Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.
Où pêcher les perches en surface ?
C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.
Quand les pêcher ?En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.

De l’intérêt des gros spinnerbaits
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers, seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
Il y a cinq ou six ans, les spinnerbaits étaient quasiment inconnus des pêcheurs aux leurres français. Seuls les plus curieux, amateurs de leurres japonais et américains, avaient eu la bonne idée de tester l’efficacité redoutable de ces drôles de leurres sur les brochets et les black-bass. C’est d’ailleurs pour ce poisson que le spinnerbait a été conçu sur le principe d’une palette qui tourne sur elle-même (de to spin, “tourner sur soi-même”). Si son efficacité sur les blackbass n’a jamais fait l’ombre d’un doute, lorsqu’il s’agit de les chercher en prospection rapide (power fishing), la surprise fut grande sur les brochets européens. Les tailles usuelles des spinnerbaits importées en France concernent les modèles de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui correspond à des tailles de palettes de 4 à 6 cm au maximum pour un poids de 15 à 25 g tout compris. Ces leurres donnent de très bons résultats lorsqu’ils sont utilisés pour prospecter des herbiers parsemés de clairières.
Les spinnerbaits jouent sur plusieurs registres : les vibrations, les éclats, les couleurs, l’action du leurre souple situé en queue. Ces spécificités font que les spinnerbaits sont censés interpeller tous les sens d’un carnassier comme le brochet. Le succès de ce leurre, qui reste le seul parmi les leurres modernes à avoir séduit l’ensemble des pêcheurs de carnassiers, réside dans sa facilité d’utilisation, car on le ramène en moulinant de façon régulière et parce qu’il ne s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes pour les provoquerLa limite des spinnerbaits est atteinte lorsque les herbiers sont si denses qu’ils ne forment plus qu’un bloc compact. En été, les brochets s’y réfugient volontiers. Si l’on peut toujours employer un spinnerbait de taille standard pour le faire passer autour, voire au-dessus de ces blocs végétaux, les brochets ne réagiront pas forcément aux seules vibrations de ces leurres. Dans ce cas-là, l’utilisation d’un modèle beaucoup plus imposant fait souvent la différence, notamment sur les beaux sujets. Tout se joue sur les vibrations émises, car le plus souvent nos résidents de ces herbiers denses ne verront pas les leurres passer au-dessus de leur tête. Il est d’ailleurs très étonnant de constater à quel point la France est sans doute le pays d’Europe qui utilise les plus petits leurres pour la pêche du brochet. Les Néerlandais, Espagnols, Belges, Anglais, Irlandais, sans parler des Suédois, ne conçoivent pas de pêcher cette espèce avec des poissons nageurs de moins de 15 cm (c’est vraiment un minimum).
Pour les spinnerbaits, la difficulté consiste avant tout à trouver des gros modèles. Les importateurs sont encore très frileux sur le sujet, mais heureusement les choses s’arrangent petit à petit. Pour autant, les modèles pourvus de palettes longues de 8 à 12 cm ne sont pas légion. Il s’agit en réalité de leurres conçus pour pêcher les muskinonges, ces brochets géants d’Amérique du Nord. Si la palette est intéressante, l’hameçon ressemble le plus souvent à une pioche et le leurre qui l’entoure est inadapté à l’utilisation que l’on souhaite en faire. La meilleure solution consiste alors à récupérer la ou les palettes, les anneaux brisés et les émerillons, et à construire un autre leurre à l’aide de corde à piano, d’un peu de soudure et de quelques accessoires.Les formes de palette
La forme de la palette détermine autant sinon plus que sa taille la nature et l’amplitude des vibrations émises. On trouve dans le commerce deux formes de palettes. L’une est dite allongée ou “feuille de saule”, et l’autre, presque ronde, est dite “Colorado”. Ces deux formes dictent deux utilisations bien différentes. Les leurres munis de palettes allongées sont plus adaptés à une récupération rapide (power fishing) et à une utilisation dans un faible courant. Les leurres à palettes rondes se récupèrent très lentement et sont inadaptés à une récupération face à un courant même très faible (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spinnerbaits, de surcroît lorsqu’il s’agit de gros modèles, est des plus confidentiels. Néanmoins, certains magasins spécialisés en proposent quelques modèles, comme les Damiki Spinner Willow #5, Damiki Spinner Colorado #4 ou les Megabass 3D Hydro Blade. Une autre option tout à fait recommandée consiste à récupérer des palettes sur les cuillers ou des spinnerbaits de grande taille comme la cuiller Mepps Giant Killer ou le spinnerbait Storm Wildeye Curl Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que jupes en silicone, plombs, corde à piano mais aussi palettes de toutes formes et de toutes tailles, le site Internet américain www.barlowstackle.com est une véritable caverne d’Ali Baba. Ces produits ne sont pas ou que très peu distribués en France, ce qui est dommage, car la pêche aux spinnerbaits a le vent en poupe.Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinnerbaits importés en France nous ont habitués à des conceptions mariant deux, trois ou même quatre palettes, comme sur un très bon modèle de marque Booyah. Concernant les gros modèles de spinnerbaits, le principe du multi-palettes n’est sans doute pas aussi convaincant. Premier problème, le poids ajouté par la palette supplémentaire. Second problème, le tirage, qui nous amène directement vers le problème de l’équilibrage du leurre. Car, qui dit palettes de grande taille à fortes vibrations dit équilibrage du leurre à bien maîtriser. Pour nager convenablement, un spinnerbait doit le faire en position verticale et non sur le côté, ce qui est le cas lorsque le lest n’est pas assez important ou que la récupération se fait trop rapide. Une seconde palette oblige à surlester le leurre pour atteindre des poids de plus de 60 g. Comme toujours avec les gros leurres, un matériel spécifique est alors incontournable. Un poids global de 40 à 50 g doit être respecté pour pouvoir être utilisé avec une canne de puissance “heavy”, sans tomber dans des excès.

Les lacs de la forêt d’Orient
Au nombre de trois, les lacs de la forêt d’Orient dans l’Aube, forme
une véritable mer intérieure. Les surfaces sont en effet très
importantes puisque le lac d’Orient s’étend sur 2300 ha, celui du
Temple sur 1850 et enfin celui d’Amance, qui fait presque figure de
bassine en comparaison, trône sur 500 ha tout de même ! Ces trois plans d’eau artificiels servent de réserve d’eau et alimente notamment une bonne partie des rues de Paris en eau potable. Les trois lacs sont bien peuplés en carnassiers, notamment en perches et en brochets. Le sandre est présent uniquement dans le lac du Temple et dans celui d’Amance. Détail important, seul le lac d’Amance est autorisé au moteur thermique. Les deux autres obligent les pêcheurs à se déplacer au moteur électrique ou à la rame. Ces grands lacs peuvent être dangereux lorsque le vent souffle. De même, les lacs sont aussi une réserve ornithologique, ce qui implique certaines contraintes. Il est donc très important de ne pas s’y aventurer sans avoir vérifier les conditions météo et s’être informé de la réglementation particulière qui autorise la pêche. L’automne est l’un des meilleurs moments pour la pêche des carnassiers sur les lacs de la forêts d’Orient.Renseignements :
www.leslacsdorient.com
Interview de Masahiro Igarashi, président-directeur général de IMA-AMS JAPAN
Particulièrement réputés pour la pêche du sea-bass japonais, les leurres IMA fêtent ont fêté leurs dix ans d’existence en 2008, nous avions, à cette occasion, publié un interview de Masahiro Igarashi, Pdg de la marque nippone. Ces leurres très conceptuels sont certes magnifiques, mais aussi et surtout très efficaces !
Par Achile Gan
A l’occasion de sa venue récente en Europe, j’ai eu la chance de rencontrer Masahiro Igarashi, l’emblématique président-directeur général de la société japonaise IMA-AMS Design. Leader des ventes de poissons nageurs pour le bar japonais, IMA offre aussi à ses inconditionnels de magnifiques leurres pour la pêche des carnassiers d’eau douce et des salmonidés.
Achille Gan : Pouvez-vous nous décrire rapidement votre société et résumer son historique ?
MASAHIRO IGARASHI : Ingénieur en mécanique et designer chez Honda pendant une dizaine d’années, j’ai décidé de fonder ma propre société de design industriel, AMS Design Company Ltd., afin de voler de mes propres ailes, selon mon inspiration. Passionné de surf et entouré de pêcheurs en mer, je fus rapidement sollicité par mes amis de l’époque pour mettre à profit mon expérience et mon savoir-faire technologique dans la création d’un leurre à bar. C’est ce que je fis avec une série limitée dont les résultats ne se firent pas attendre. Quelques dizaines d’exemplaires plus tard, mon imagination fit naître, cette fois-ci, un drôle de leurre flottant à bavette intégrée, connu sous le nom de Komomo SF-125. Capable de travailler dans de très faibles profondeurs et réalisant de belles performances au lancer, ce modèle connut un véritable succès dès les premiers essais. En ce mois d’avril 1998, je décidai alors de fonder une filiale de AMS Design spécialisée dans la conception et la fabrication de poissons nageurs. Les trois premières lettres du mot “imagination” s’imposèrent naturellement comme emblème : IMA venait de naître !
A. G. : Où est située votre compagnie et quelle place occupe-t-elle au Japon ?
M. I. : IMA est basée dans la baie de Tokyo, nous sommes à une heure à peine de la grande plage de Kujukuri. Cette plage est réputée pour le surf mais aussi pour la pêche et elle est, comme la baie de Tokyo, un excellent terrain de tests pour nos leurres ! IMA est aujourd’hui un des leaders japonais en matière de poissons nageurs. Avec plus de trois millions de leurres vendus, nous nous sommes solidement positionnés sur un marché nippon qui, on le sait, est particulièrement malmené depuis une dizaine d’années. Nous sommes fiers d’avoir atteint ce niveau de notoriété en matière d’innovation pour la conception de leurres. Les designers de IMA sont diplômés des meilleures universités soit en génie maritime, soit en ingénierie CAD (design assisté par ordinateur). Ce duo de compétences rassemble de véritables fous de pêche qui ont entre leurs mains des outils de pointe : les machines CNC, à commandes numériques. Elles travaillent des formes solides à partir de dessins 3D. Ce concept permet, à partir d’une idée, de fabriquer en un temps record un prototype puis un produit parfaitement fini. Ainsi, d’une simple idée percutante il est possible de concevoir rapidement et de manière soignée un prototype qui sera longuement éprouvé par le staff IMA aux quatre coins du globe. Vous aurez aussi bien sûr noté la qualité des finitions haut de gamme et la robustesse des produits finis, qui sont tous armés d’hameçons Owner. IMA emploie une quinzaine de personnes et s’est entourée de testeurs de terrain et de biologistes piscicoles. Outre les nombreux pêcheurs professionnels japonais figurant au Team IMA Japan, elle sponsorise des bassmen professionnels des circuits américains B.A.S.S. Elite et FLW : Michael Murphy, Bill Smith et le fameux Fred Roumbanis, très en vue actuellement. Leur collaboration a permis de créer cinq nouveaux leurres, dont les premiers ont été présentés avec succès en 2007 lors du plus grand salon mondial de pêche : l’ICAST Show de Las Vegas.A. G. : Vos leurres possèdent une particularité inédite imprimée sur leur descriptif : c’est leur date de naissance !
M. I. : Exact ! J’ai voulu cela car j’ai considéré, dès le lancement de la marque IMA, que les leurres que nous concevions allaient vivre leur vie un peu comme notre progéniture, comme nos “enfants” en quelque sorte ! Cette information est surtout très utile à tous les niveaux de la chaîne commerciale pour situer dans le temps les dates de sortie des modèles de leurres et leurs évolutions ou séries limitées. Nous pensons aussi aux collectionneurs de leurres, qui raffolent de ce genre de singularité.A. G. : Pourriez-vous détailler les modèles phares de la marque IMA qui intéresseront plus particulièrement nos pêcheurs de carnassiers d’eau douce ?
M. I. : IMA est très spécialisée dans la conception des leurres pour le bar et les poissons marins, mais nous possédons une panoplie de modèles très performants pour les prédateurs d’eau douce. Si je fais abstraction des séries limitées, notre gamme complète regroupe une quarantaine de modèles de leurres et, parmi ceux qui seront distribués en France très prochainement, les pêcheurs français trouveront sans aucun problème les leurres qui leur permettront de tromper la méfiance des brochets, des black-bass, des perches, et même des truites et autres salmonidés qui peuplent vos magnifiques cours d’eau de montagne. Pour ces derniers, je pense aux petits crankbaits Tetra, qui forment une famille de quatre membres à l’apparence et aux actions de nage très complémentaires. Vos tests sur les truites des gaves et rivières auvergnates les ont révélés très performants, de même qu’auprès des perches des lacs girondins, n’est-ce pas ?A. G. : En effet, j’ai vraiment apprécié leurs caractéristiques qui leur permettent d’être très efficaces aussi bien en eau calme qu’en torrent. Dans la gamme française, quels sont les cinq leurres qui, d’après vous, feront parler d’eux rapidement ?
M. I. : Si l’on considère uniquement le côté eau douce de la question, je vous répondrai en distinguant les leurres conçus par IMA Japon, qui ont été pensés prioritairement pour les prédateurs marins, et les leurres développés par notre équipe américaine, qui ont tous été, vous vous en doutez, réalisés pour pêcher le black-bass. Ces derniers correspondront naturellement aux attentes des pêcheurs français qui pratiquent en eau douce. Le Roumba 75F et le Flit 120SP sont les figures de proue des ces leurres d’outre-Atlantique, grâce aux résultats qu’ils ont permis d’obtenir lors de compétitions B.A.S.S. Le Roumba plaira beaucoup aux passionnés des pêches de surface et de sub-surface. Ce wake bait est un crankbait peu plongeant qui réveillera l’agressivité des prédateurs, attirés par son déhanchement provocateur. Son créateur, Fred Roumbanis, l’a voulu très polyvalent, si bien qu’il peut être utilisé tout au long de l’année en variant simplement la récupération et la profondeur de nage. Essayez-le près des herbiers, des nénuphars et des roselières, il devrait vous surprendre par son efficacité face aux brochets et aux bass (ndrl : une astuce qu’utilise Fred consiste à remplacer le triple caudal d’origine par un modèle agrémenté de plumes, comme le triple 13 FT Gamakatsu, par exemple).Le Flit vous paraîtra plus classique, identique à de nombreux jerkbaits fuselés, mais il n’en est rien ! En pratiquant une autopsie de ce leurre, il apparaît avec évidence que notre staff et Michael Murphy (FLW Tour pro angler) sont allés au-delà des concepts habituels pour donner vie à cette merveille d’efficacité. Par exemple, la section triangulaire inversée du corps, le design de la bavette et la construction interne du Flit découlent des fonctions que Michael a voulu obtenir pour imiter au mieux le poisson fourrage le plus convoité par les carnassiers. Outre l’apparence, ses caractéristiques sont le comportement de nage, la densité, l’hydrodynamisme, l’émission de vibrations et le renvoi d’éclats lumineux. De même, le travail sur l’implantation et le remplissage des chambres à billes sonores est basé sur les sons réels émis par ces mêmes proies. Un must qui vous sauvera des bredouilles dans bien des cas, notamment en eaux froides, lorsque les poissons sont peu actifs.
En ce qui concerne nos leurres de conception purement japonaise, et pour ne retenir que quelques modèles parmi la sélection Sakura, je pense que le Popkey 120F devrait se positionner comme un très bon leurre de surface. Hybride de stickbait, de splasher et de popper, le Popkey zigzague facilement en émettant des bulles et des éclaboussures très attractives. Le B-ta Moge 66S et son profil de shad a toutes les aptitudes pour séduire les prédateurs qui seraient focalisés sur des proies de petite taille. Ce poisson nageur coulant peut se ramener en linéaire comme un crankbait ou avec de petits coups de scion. Utilisé pour la pêche dans les baies et les ports, en mer, les bassmen japonais l’apprécient énormément quand il s’agit de pêcher en finesse entre 0,80 et 1,50 m. Enfin, le Gyodo, qui permet de prospecter facilement les couches d’eau entre 1 m et 1,60 m et dont le profil naturel produit une nage au rolling accentué pour le modèle 130MD tandis que le 110MD présente un wobbling et rolling équilibré. Le Gyodo, les Gyodo, devrais-je dire, devraient se placer comme d’excellents minnows à brochet dès la fin de saison, j’en suis sûr.
A. G. : Au nom de Pêches sportives je vous remercie de nous avoir accordé un peu de votre temps et souhaite la bienvenue en France aux leurres IMA.
M. I. : Merci à vous et soyez assurés que les pêcheurs français bénéficieront du meilleur qu’une marque comme IMA peut leur apporter, en développant des leurres dans le but de concrétiser leurs rêves de pêche.
Renseignements :
Les leurres IMA sont distribués en exclusivité par Sakura
www.imalures.fr
www.sakura-fishing.com
Rozemeijer Shaking Shad
Pour ceux qui l’ignorent, Bertus Rozemeijer est celui par qui la pêche du sandre “à la verticale” s’est popularisée, aux Pays-Bas tout d’abord, puis dans toute l’Europe ou presque ensuite. Autant dire que le personnage en connaît un rayon en matière de leurres souples pour cette pêche. Si la collection Rozemeijer comporte quelques modèles certes efficaces mais atypiques (Cone Tail, Pin Tail, etc.), nous sommes nombreux à avoir essayé le Shaking Shad. Ce petit leurre souple de 7 cm à queue dans l’axe se destine à la pêche en drop shot, notamment par eaux froides. Le leurre est piqué par le nez avec un hameçon n° 8. Moulé dans une matière très mobile et aromatisée, le Shaking Shad a tout pour séduire des sandres difficiles mais aussi les perches, qui se laissent volontiers tenter par cette imitation de petits poissons. C’est en tout cas un leurre à avoir dans sa boîte de “verticalier”, lorsque les leurres plus imposants ne font plus recette, ou que les sandres se trouvent décollés du fond (avantage du montage drop shot).
Conseils d’animation
Le Shaking Shad est fait pour évoluer lentement à quelques dizaines de centimètres au maximum au-dessus d’un lest dont le poids est généralement compris entre 10 et 20 g. Piqué par le nez, le leurre garde sa liberté pour se mouvoir de tout son corps. Et c’est là sa principale animation, le reste étant avant tout constitué de variations de niveau pour suivre le fond ou récupérer des échos signalés par le sondeur.
Le simple mouvement de la canne et du bateau suffit à l’animer.• Fiche technique
Longueur : 70 mm.
Prix conseillé : 5,95 euros le sachet de trois leurres.
Deux coloris (dos gris flancs blancs ou orangé translucide).
www.rozemeijer.com
Québec : la Pourvoirie des Lacs Robidoux et ses saumons atlantiques
Fondée en 1952 au cœur de la Gaspésie, au Sud-Est du Québec, par M. Mc Whirter, la Pourvoirie des Lacs Robidoux propose aux pêcheurs à la mouche (exclusivement) de venir séduire les imposants saumons atlantiques qui remontent les rivières Cascapédia, Petite Cascapédia ou Bonaventure. A la fin des années 40 déjà, des pêcheurs américains devaient amerrir sur le Lac Ribodoux, afin d’aller débusquer le fameux poisson dans la Bonaventure, alors qu’aucune route ne venait dans cette région reculée. La pêche du saumon atlantique se pratique ici à partir du 1er juin jusqu’au 30 septembre, même si la première montaison de pointe se produit entre la fin juin et le début du mois de juillet. Salmo Salarn’est pas l’unique habitant du lieu, il est possible également de pêcher dans les eaux cristallines de ces rivières et du Lac Ribodoux des saumons noirs (à partir de mois de mai), des ombles de fontaine et des truites de mer. Une auberge confortable, construite en bois, dans le plus pur style québécois, à proximité des meilleurs parcours permet de résider sur place. Les trois rivières coulent dans une région sauvage, où les forêts accueillent ours noirs, cerfs de Virginie, castors et aigles. L’occasion d’une immersion dans une nature préservée à la rencontre du saumon atlantique.
Christian Roulleau, qui vient d’en reprendre la représentation en France, pourra vous fournir toutes les informations utiles alors n’hésitez pas à le contacter si vous prévoyez un voyage halieutique chez nos cousins québécois.
Renseignements :
Christian Roulleau
06 18 37 03 86

Sur les traces du sandre
Poisson passionnant, énigmatique, le sandre continue de fasciner de nombreux pêcheurs. L’engouement de la pêche à la verticale relance les passions à travers tout le pays. Où en est l’espèce plus de trente ans après son arrivée massive en France ? Comment se passe la cohabitation avec le silure, son prédateur ? Comment expliquer ses changements de comportement au fil des saisons ? Autant de questions que tous les pêcheurs de sandres se posent et auxquelles nous allons tenter de répondre.
Par Philippe Boisson
Vous vous demandez sans doute pourquoi le sandre, superbe prédateur de nos eaux douces, n’est pas plus présent dans les pages de votre magazine. A vrai dire, nous avions comme beaucoup d’autres pêcheurs un peu perdu sa trace, une fois passé l’âge d’or de sa pêche dans notre pays, il y a une bonne vingtaine d’années. Dans les pays voisins, notamment l’Espagne et la Hollande, il se prend encore de grandes quantités de sandres. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Les sandres hollandais du Noordzeekanaal, de Gooimeer, de Joppe ou de Nieuwe meer, vivent pour une bonne partie d’entre eux en eaux saumâtres, dans des milieux immenses, très différents des nôtres. L’Espagne et ses grands lacs de barrage présente des milieux plus comparables aux eaux de notre pays. S’il se prend encore beaucoup de sandres sur le lac de Mequinenza, l’époque où un seul pêcheur pouvait prendre une cinquantaine de sandres par jour est révolue. La forte pression de pêche qu’à connue le lac ces quinze dernières années a fait chuter les statistiques de façon conséquente. Comme quoi, tout s’explique ! Alors le sandre français serait-il le premier à avoir fait les frais de la surpêche ? Sans doute, mais pour autant la situation n’est peut-être pas désespérée. Une fois le coup de feu des bonnes années, le sandre a su se faire oublier. Ce cuirassé fascinant a toujours attiré les pêcheurs les plus passionnés, car sa prise régulière n’est que rarement le fruit du hasard. Il y a chez ce grand percidé un côté mystérieux qui fait qu’en général on devient “addict” pour longtemps ! Le sandre est en effet un peu l’arlésienne des poissons carnassiers. Parfois on les trouve facilement, alors qu’à certaines périodes ils disparaissent totalement sans que l’on sache vraiment pourquoi. C’est donc une quête passionnante, que l’électronique embarquée dans le plus performant des bateaux ne saurait réduire à une simple cueillette.
Philippe Collet et moi-même avons retrouvé l’espoir et même beaucoup plus, suite à notre rencontre avec le pêcheur belge Wim Van de Velde (voir Pêches sportives n° 73). L’homme qui pêche avec un compteur dans son bateau pour être sûr de se souvenir du nombre de sandres pris par jour nous est apparu comme un extraterrestre ! Cet habitué de la pêche en Hollande, en Belgique et en France (second de la Coupe du monde de pêche des carnassiers de Carcans-Maubuisson en 2002) nous avait alors expliqué en détail sa technique de pêche en verticale.Impatients d’essayer !
De retour en Franche-Comté, pour ma part, et en Picardie pour Philippe, nous allions nous empresser de mettre à profit l’enseignement du maître, tout en échangeant nos expériences. Mes débuts en verticale se sont effectués en float-tube, sans échosondeur et en lac de barrage. Dans une eau à 5 °C avec des wadders en toile percés et un temps à ne pas mettre un chien dehors, l’affaire semblait bien mal engagée. J’ai bien failli repartir tout de suite, me demandant quelle idée avait bien pu me traverser l’esprit, quand soudain une tape franche dans la canne me ramena à la réalité. Un brochet d’une cinquantaine de centimètres s’était emparé de mon leurre souple après seulement quelques minutes de pêche.
Encourageant, certes, mais les sandres ? Le premier se manifesta quelques minutes plus tard, suivi de deux autres, de quelques touches ratées et de deux poissons décrochés sous le float-tube. Sortie après sortie, les sandres réagissaient très bien à la technique de Wim, produisant quelques poissons à chaque tentative, toujours pratiquée de façon aléatoire, quant à la connaissance des lieux. Avec l’arrivée des grosses chaleurs, les choses ont bien changé. Les sandres ont quitté les postes de printemps et sont devenus très difficiles à localiser.
L’emploi d’un écho-sondeur est dans ces conditions bien pratique pour retrouver quelques précieux indices.
De son côté, Philippe Collet devait pratiquer une technique éprouvée, car il avait déjà rencontré Wim et Bertus Rozemeijer pour une partie de pêche en Hollande (qui s’était soldée par la prise de 79 sandres et 18 perches !), mais différente de la verticale car, depuis le bord, il s’agit plutôt de lancer-ramener.
C’est une pêche que l’on pourrait qualifier de récréative que pratique Philippe, à pied le long des canaux,l’histoire de prendre l’air et de marcher un peu. Mais, qu’on ne si trompe pas, cette expérience en “approche légère” allait réserver bien des surprises. Premier constat, ces canaux, comme il en existe partout, semblent pour certains d’entre eux être peuplés de sandres dans une proportion que l’on sousestime parfois largement. Tout le problème consiste bien entendu à localiser les poissons. Sur ce point, Philippe est catégorique. Les touches ont lieu sur des postes bien précis. Le plus souvent, aucun signe extérieur ne permet de les différencier des autres parties de berges voisines. Philippe a même remarqué qu’il existe des “postes d’hiver” et des “postes d’été” sur un des canaux qu’il fréquente. Ces deux tenues ne sont distantes que de quelques centaines de mètres.
En pratiquant régulièrement les canaux, on finit par suivre les bancs de sandres et à connaître leurs habitudes : touches sur le fond, entre deux eaux, animations rapides ou lentes, réactions à certains types de leurres, etc. Autre exemple marquant, celui du département de l’Yonne où certains canaux présentent des populations “anormales” de petits sandres, que les enfants prennent en quantités insolentes… à l’asticot en pêchant le gardon ! Les canaux semblent proposer aux sandres plusieurs avantages : pas de pêche professionnelle, peu de pêche à la ligne, du poisson fourrage en grande quantité et des zones de frayères convenables. Ce dernier point étant sans doute le facteur déterminant pour la présence ou non de notre prédateur. La pêche en canaux est déroutante tant que l’on ne sait rien de ce qu’il s’y passe,ensuite on se prend vite au jeu. Le but n’est pas d’y pêcher des journées entières, mais d’y passer une heure ou deux dans l’espoir d’enregistrer quelques touches. La pêche en rivière est tout aussi aléatoire hors périodes de crues, où il se prend de gros poissons en aval immédiat des piles de pont et, en règle générale, derrière tout ce qui coupe le courant. Sur ces postes bien connus, on assiste d’ailleurs au triste spectacle de la pêche au grappin par des individus peu scrupuleux. Par eaux basses, les poissons se répartissent beaucoup plus et seuls quelques spécialistes assidus obtiennent des résultats réguliers. C’est le cas sur quasiment tous les cours d’eau français, petits ou grands.Une situation stable en lac de barrage
En lac de barrage, le sandre se développe très bien. Les lacsd’Auvergne (Garabit, Enchanet, Bort-les-Orgues, Saint-Etienne- Cantalès, etc.), mais aussi dans bien d’autres régions, abritent de très belles populations. Lors des pics d’activité, on se croirait revenu à la grande époque du sandre, où il suffisait de poser un vif ou un poisson mort sur le fond pour avoir un départ. Hormis lors de ces périodes que l’on estime toujours trop courtes, la pêche en lac de barrage n’est pas toujours facile, mais le poisson est là, ce qui est très rassurant ! La mode de la pêche en verticale sur le modèle hollandais suscite sur ces lacs un véritable engouement. La pêche au poisson mort manié, technique reine sur ces lacs durant plusieurs décennies, continue de donner d’excellents résultats. Elle permet toujours de prospecter les postes assez rapidement à la recherche de poissons actifs, et pas uniquement sur le fond. Les populations de sandres dans les grandes retenues (plus de 800 hectares) semblent stables, avec des hauts et des bas au fil des années. Cette espèce se plaît particulièrement dans ces grands milieux. Les introductions de sandres dans les grands lacs se sont très souvent soldées par une explosion des populations en des temps records. Quelques années plus tard, un équilibre est constaté avec des populations stables, mais revues à la baisse.
L’énigme de la période estivale
Les pêcheurs de sandres savent bien qu’après les pêches faciles de l’ouverture, et des quelques semaines qui suivent, les habitudes du carnassier changent avec l’arrivée des grosses chaleurs. Les sandres deviennent alors très difficiles à trouver en lac. Les postes fréquentés à l’ouverture semblent vides et, à toutes les profondeurs, même constat : les sandres deviennent introuvables. Les petits individus de 20 à 35 cm chassent toujours sur les postes à perches sur les bordures, mais ce n’est pas vraiment ces juvéniles qui nous intéressent. A partir de ce constat, plusieurs théories s’affrontent. La plus répandue veut que les sandres se suspendent dans la couche d’eau, durant l’été. Ce comportement a été validé par des pêches d’inventaire avec des filets verticaux, à plusieurs reprises. Il est étonnant de voir des sandres à trois mètres sous la surface et avec 60 mètres d’eau sous les nageoires ! Un autre facteur, qui n’est pas étranger à ce phénomène, est constaté dans de nombreux lacs, en été : la quasiabsence d’oxygène dissous en dessous d’une profondeur qui peut varier de façon conséquente d’un lac à l’autre. L’excès de matière organique crée une dystrophie dans de nombreux lacs français. Le milieu est alors déséquilibré et affiche un taux d’oxygène trèsréduit, qui souvent ne permet pas la survie des poissons. La couche de surface, éclairée par la lumière du soleil, produit encore de l’oxygène, mais elle a tendance à surchauffer en été. La couche où se tiennent les poissons est étroitement liée aux facteurs de température et d’oxygénation. Il est clair que, dans ces conditions exceptionnelles, l’alimentation des poissons est réduite au strict minimum. En tout cas, réfléchissez bien avant de pêcher toute la journée dans 25 mètres d’eau, dans un lac aux eaux noires qui a pris le soleil durant des semaines ! Autre théorie qui a ses partisans : le changement d’alimentation chez le sandre durant l’été. Le sandre mangerait plus d’écrevisses que de poissons durant l’été, notamment en cours d’eau. Ecrevisses ou pas, les sandres de nos rivières et fleuves ont des pics d’alimentation très courts en été et s’alimentent surtout la nuit, n’hésitant pas à venir chasser sur les radiers dans très peu d’eau.
Ce comportement est très fréquent. Pour avoir souvent traîné sur ces lieux à la tombée de la nuit, je sais à quel point la rivière se réveille sur des postes qui paraissent juste bons à pêcher le goujon durant la journée. La conclusion de cette énigme semble plus logiquement s’orienter sur le fait que les sandres ne sont pas au mieux de leur forme quand l’eau est la plus chaude de l’année. Mais, comme rien n’est simple ni figé avec ce poisson, je ne peux passer sous silence les nombreux cas de prises de sandres en plein milieu de l’après-midi par 35 °C à l’ombre dans deux mètres d’eau ! Le carnassier le plus énigmatique de nos eaux n’a pas fini de nous faire naviguer par tous les temps et dans toutes les eaux ! Le plus gros défaut de ce poisson est de figurer à la carte des meilleurs restaurants. Mais notre animal ne manque pas de ressources, sait se faire oublier pour mieux réapparaître.
Gilets de sauvetage, des modèles pour les pêcheurs !
Peu utilisé par les pêcheurs faute de modèles adaptés disponibles sur le marché, le gilet de sauvetage n’est pourtant pas un luxe. Mais les temps changent et la société profil Nature propose deux modèles discrets et légers pour les pêcheurs en bateau ou depuis le bord.
Les pêcheurs que nous sommes ne portons pas souvent des gilets de sauvetage. Rares sont les photos, dans nos magazines spécialisés, de pêcheurs revêtant ce type de protection. Est-ce par peur du ridicule, sensation d’invulnérabilité, inconfort des modèles pendant longtemps proposés… Pourtant nous ne sommes pas à l’abri un jour d’une chute dans l’eau glacée, d’un malaise ou d’un accident. L’exemple récent d’un pêcheur tombé bêtement à l’eau lors d’une manoeuvre d’accrochage du bateau à une bouée de corps mort qui, coincé entre le bateau et la bouée, s’est évanoui sous la pression et a ensuite coulé à pic dans le courant sous les yeux de son ami impuissant à le secourir, ou l’exemple plus ancien d’un saumonier de ma connaissance habitué à pêcher seul, décédé lors d’un séjour en Norvège où il a été retrouvé échoué sur une gravière ou encore quelques expériences personnelles qui auraient pu mal finir m’ont incité à être plus prudent et à me protéger ainsi que ceux qui m’accompagnent. Nous n’avons plus aujourd’hui d’excuses, il existe sur le marché des produits adaptés, légers, peu encombrants et discrets aux environs de 100 euros (le prix de cinq beaux leurres). On est loin des gilets orange fluo qui vous donnent l’allure d’un bonhomme Michelin, condamnant l’accès à vos poches et entravant vos moindres mouvements. Les gilets à cartouche de gaz se sont aujourd’hui démocratisés, tout d’abord pour le nautisme puis maintenant pour notre activité.
Ces gilets peuvent avoir plusieurs modes de déclenchement. Le déclenchement manuel est le plus simple, il est d’ailleurs proposé sur tous les modèles. Il convient de tirer sur le cordonnet terminé par un bouton rouge ou jaune pour percuter la cartouche et gonfler la réserve de flottabilité. Les déclenchements automatiques à pastille de sel ou à déclencheur hydrostatique permettent quant à eux le gonflement du gilet si son porteur est inconscient. Les modèles à pastille de sel ne doivent pas être stockés à l’humidité ou trempés, car ils peuvent alors se déclencher de façon intempestive. Les modèles à déclencheur hydrostatique qui réagissent à la pression de l’eau sont plus fiables dans la durée. Il existe divers fournisseurs pour ce type de gilets, notamment chez les accastilleurs, à destination des plaisanciers. La société Profil Nature, quant à elle, propose des gilets de sauvetage à cartouche de gaz adaptés à la pêche. Ces derniers ont fait l’objet de deux années de recherche pour loger une flottabilité de 150 newtons dans un encombrement minimum (les gilets 150 newtons permettent le retournement d’une personne équipée d’un ciré en moins de cinq secondes et positionnent le porteur, même inconscient, sur le dos, voies respiratoires vers le ciel).
Les gilets proposés par Profil Nature sont courts (40 cm de hauteur), unitaille, et déclinés dans des coloris discrets : kaki pour le modèle manuel et noir pour le modèle à déclenchement hydrostatique. Ces gilets sont dotés d’un col Néoprène qui les rend très confortables. La petite taille des gilets permet de passer par-dessus une veste de wading courte, dont ils ne condamnent que les poches supérieures. Ils peuvent ainsi être portés indifféremment par un adulte ou un enfant. Pour qu’ils puissent se gonfler, les gilets doivent être portés pardessus les vêtements et non en dessous. Les gilets doivent être bien sûr fermés et bien ajustés, grâce une seule sangle facile à régler.
Le pêcheur en wading aura intérêt à privilégier un modèle à déclenchement manuel pour éviter l’ouverture du gilet pour un bain sans gravité. Tout pêcheur en wading pratiquant des rivières puissantes et/ou à lâchers de barrages devrait s’équiper de ce type de produit. Je viens d’acquérir deux modèles de ces gilets. Après des années sans, je compte bien m’habituer à les porter systématiquement en bateau ou en wading sur les rivières profondes. D’autant qu’une fois qu’on en a pris l’habitude, on oublie vite cet accessoire qui pèse à peine sur les épaules.
J’en profite ici pour lancer un appel aux gestionnaires de sites de pêche avec location de barques qui, sur le papier, imposent à leurs clients le port d’un gilet de sauvetage et ne proposent à ces derniers que des gilets impossibles à porter. Les réservoirs anglais et certains parcours français fournissent maintenant des gilets à cartouche beaucoup plus agréables à porter à leurs clients, qui les mettent alors réellement et sans rechigner.P. C.
Renseignements :
Profil Nature
Moulin de Rollequin 02130, Fère-en-Tardenois
Tél. : 03 23 82 61 13.
www.profilnature.com