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  • Storm / Spin Tail Shad

    Storm / Spin Tail Shad

    Les shads agrémentés d’une palette sont à la mode. Il est vrai que ces leurres cumulent les effets d’une cuiller et d’un leurre souple. Pour la pêche du brochet, mais aussi du black-bass, de la perche et accessoirement du sandre, Storm propose un leurre très polyvalent, capable d’intéresser tous ces carnassiers, le Spin Tail Shad. Lesté à l’intérieur, il n’est armé que d’un hameçon simple, ce qui le rend utilisable depuis le bord sans trop risquer de le perdre dans les obstacles. Ce leurre au rapport qualité/prix très favorable est équipé d’un hameçon VMC à pointe aiguille d’excellente qualité. Ce leurre existe aussi en version plus imposante, de 15,5 cm pour 28 g. Toutefois le grand frère n’est pas conçu de la même manière puisqu’un hameçon triple se trouve en queue.


    Conseils d’utilisation

    L’effet de la palette, qui tourne de façon continue, produit des éclats en permanence, tandis que le corps du leurre permet de faire varier la profondeur de nage. Ce leurre peut être utilisé en récupération continue, ou en l’animant de façon ample pour modifier la vitesse de nage. Le Spin Tail Shad est un leurre qui convient autant au novice qu’au pêcheur expérimenté.
    Prix conseillé : 4,50 euros.
    Longueur : 10 cm.
    Poids : 10 g.
    Liste des points de ventes : www.ragot.fr

  • Têtes lestées : leçon de brasses coulées

    Têtes lestées : leçon de brasses coulées

    En quelques années, la forme des têtes lestées s’est considérablement diversifiée afin de permettre d’autres nages que celle, rectiligne, d’un leurre souple. L’offre est aujourd’hui large et certains modèles obtiennent sans problème leur certificat de nage libre. Nous les avons testées cet été sur les bars bretons, les perches et les brochets.

    Rappelons-nous qu’il y a quelques années seulement, on avait le choix entre les têtes sphériques et le plomb sabot, généralement moulés sur des hameçons de piètre qualité. La nage des leurres souples permettait alors une animation verticale, mais pas moyen de quitter la trajectoire sur le plan horizontal. En désaxant l’oeillet des têtes plombées vers l’arrière et en allongeant la forme de la tête, la nage devient aléatoire, prête à décrocher à la moindre tirée brève sur la ligne. Certaines sont même incapables d’aller tout droit ! Animées sèchement canne basse, elles simulent parfaitement la panique d’une proie qui cherche à sauver sa peau. Du coup, le champ d’application des leurres souples se trouve considérablement élargi. Le bar, la perche et le brochet (en été) sont particulièrement séduits par ces leurres à la nage rapide imprévisible. Rappelons-nous également que les poissons nageurs ont subi la même métamorphose avec l’arrivée des premiers leurres japonais comme le Lucky Craft Flash Minnow il y a une quinzaine d’années.

    A prendre ou à laisser

    Le principe des têtes lestées nageuses est basé sur la rapidité d’une nage qui change constamment d’orientation.

  • Greenpeace met la pression sur le groupe Intermarché

    Greenpeace met la pression sur le groupe Intermarché

    L’association écologiste Greenpeace a entamé une campagne contre Intermarché. Le 28 octobre, des militants de l’ONG ont symboliquement barré la route d’un chalutier de Scapêche, la flotte du groupe de distribution. Sur terre, les écologistes ont visité 22 magasins Intermarché aux quatre coins de l’hexagone afin d’alerter les clients sur la surpêche. Le groupe de grande distribution possède la plus grande flotte de chalutage profond de France, cette technique de pêche faisant des ravages dans les écosystèmes. Pour l’association, cette pêche symbolise les errements de la pêche industrielle européenne. Nous ne la contredirons pas…

    Renseignements :

    http://oceans.greenpeace.fr/peche-profonde-laction-se-poursuit-a-terre

  • Base de loisirs du lac de la Moselotte

    Base de loisirs du lac de la Moselotte

    La base de loisirs du lac de
    la Moselotte est située à
    Saulxures-sur-Moselotte,
    dans les hautes Vosges, à proximité
    de Gérardmer et Remiremont. Elle
    abrite un lac d’une superficie de 9 ha
    issu de l’extraction de granulats et
    implanté en longueur dans l’axe de la
    vallée de la Moselotte. Les profondeurs
    de ce plan d’eau s’échelonnent
    de 8 à 11 mètres avec des berges aux
    pentes assez marquées, sauf sur son
    côté amont où une plage de sable
    blanc destinée à la baignade a été
    créée. La base abrite aussi un camping et une trentaine des chalets de différentes tailles, un local avec snack-bar et point de dépannage en matériel de pêche et mouches.

    Renseignements :
    www.lac-moselotte.fr/peche

  • Des stages mouche en Bourgogne

    Des stages mouche en Bourgogne

    Après avoir constater le succès de son premier stage, le Groupement des pêcheurs sportifs de l’Yonne nord, un club carnassier à la mouche affilié à la Fédération française de pêche à la mouche et au lancer (FFPML), récidive le 21 et 22 janvier 2012 dans la région de Sens (89) en salle, sur la rivière l’Yonne et un réservoir de l’AAPPMA. Au programme : révision du lancer à la française, montage de mouches pour les carnassiers, étude du milieu et sortie pêche. Le stage est encadré par deux éducateurs diplômés de la FFPML. Les organisateurs pourront vous prêter du matériel si vous en avez besoin. A noter qu’une réduction est octroyée aux adhérents de la FFPML.

     

    Renseignements :

    Jean-Max Plaut

    Tél. : 03 86 65 06 00

    Email : [email protected]

  • Gary Yamamoto Flapping Hog

    Gary Yamamoto Flapping Hog

    Ce leurre étrange appartient à la famille des “créatures”, puisque, contrairement aux apparences, il n’imite pas spécifiquement une écrevisse (on fait beaucoup mieux dans ce domaine !). Polyvalent, le Flipping Hog proposé par Gary Yamamoto peut s’utiliser en montage texan ou carolina, mais aussi sur une tête jig avec ou sans pattes en caoutchouc (rubber legs). Le montage sans leste à un hameçon texan à hampe courbe (wide gape) est également possible puisque comme tous les leurres Gary Yamamoto, le Flapping Hog est salé à 45 %, ce qui lui permet de couler lentement mais sûrement. Bien entendu, ce leurre très utilisé aux Etats-Unis a été imaginé pour pêcher le black-bass. Il fait savoir qu’il donne également de très bons résultats sur les perches en utilisation jig.

    Conseils d’animation

    Gary Yamamoto est l’auteur de plusieurs best-sellers et non
    des moindres comme le Senko ou le Ika. Sa gamme compte peu de modèles, mais
    ceux qui y figurent ne sont pas là par hasard. Le Flapping Hog est un leurre qui
    doit vivre autant lorsqu’il est presque arrêté que lorsqu’il se déplace par
    à-coups. Pour cela, il est muni de multiples appendices qui jouent – par paires – dans
    tous les registres de mobilité. La meilleure façon de le découvrir est de
    l’utiliser non lesté, ce qui permet de comprendre sa façon si particulière de se mouvoir,
    notamment lorsqu’il est

    presque à l’arrêt.


    Fiche technique

    Longueur : 10 cm.
    Prix conseillé : 8,50 euros les 7 leurres.
    En vente en magasins spécialisés. Cinq coloris. Renseignements et liste des points de vente : www.luckycraft.fr

  • L’Andelle au niveau du château de Radepont

    L’Andelle au niveau du château de Radepont

    Certes, l’Andelle n’est plus cette rivière mythique fréquentée par Charles Ritz et Ernest Hemingway, mais on y passe encore de bien bons moments. La quiétude de ce parcours no kill de 10 km, qui s’étend de part et d’autre du château de Radepont, n’est troublée que par la présence occasionnelle de quelques kayakistes. En début de saison, à l’instar de la plupart des rivières normandes, la mouche noyée y obtient les meilleurs résultats.


    Renseignements
    :
    AAPPMA Mouche charlevalaise
    5, avenue du Château
    27360 Pont-Saint-Pierre
    Tél. : 06 85 73 61 19
    www.parcours-mouche-andelle.com

  • Nymphe à vue : à quel niveau solliciter les poissons ?

    Nymphe à vue : à quel niveau solliciter les poissons ?

    La question peut faire sourire : a-t-on vraiment le choix ! Et que l’on ait le choix ou non, le bon sens n’est-il pas de solliciter les truites au niveau où elles se trouvent et se nourrissent ? Vrai, mais pas toujours…

    Par Jean-Christian Michel

    Dans la pratique les choses peuvent être suffisamment compliquées pour s’estimer assez heureux lorsque la truite parvient à voir notre nymphe…Vitesse du courant, profondeur, couvert végétal, visibilité réduite sont autant de facteurs qui limitent notre marge de manoeuvre dans le choix d’une stratégie permettant d’intriguer un salmonidé et de l’inciter à prendre. Quand la truite a l’humeur légère (ça existe encore ?), la nymphe peut se trouver à son niveau, à ras du fond ou presque en surface, et si elle a envie de s’en saisir, elle se déplacera pour ramasser votre tortillon de plumes là où il se trouve. Dans une saison, ces journées fastes se comptent sur les doigts d’une main et l’éducation des farios peut nécessiter la mise en oeuvre de stratégies différentes afin de tromper leur méfiance. On peut miser sur une nymphe miracle (celle qui bouge les pattes comme une danseuse de french cancan et fait saliver les vieux bécards), on peut également utiliser le dernier fluorocarbone à 30 euros les 10 mètres… mais on s’apercevra vite que certains pêcheurs réussissent aussi bien avec un bon vieux pole fishing et une phaesant tail famélique… Indice que l’essentiel n’est peutêtre pas autant dans le matériel que dans l’oeil et la main du pêcheur. La plus grande satisfaction de la pêche à vue est d’arriver à identifier le comportement des truites pour, en fin de compte, parvenir à les provoquer. Il existe certainement des Konrad Lorenz de la truite fario, mais ceux que je connais n’ayant pas laissé de somme scientifique je me bornerai seulement à quelques observations empiriques.

    La truite “facile”

    Imaginons un cas idyllique : une fario se tenant dans un courant régulier et faisant des écarts à droite et à gauche pour intercepter ses proies. Si la nymphe attire son attention sans que le pêcheur ait fait de faute auparavant, cette truite peut prendre à tous les étages, avec en priorité tout ce qui monte devant son nez, comme c’est le cas lors de l’ascension des nymphes. On aura tout intérêt à présenter court afin de régler progressivement nos dérives sans l’effrayer. Attaquée ainsi, il y a de grandes chances que la truite s’avance nettement pour prendre, indication précieuse pour déclencher le ferrage peu après son arrêt. Or, tout le monde pêche ainsi, en allant au plus simple. Et dès que la zébrée se sera fait piquer le bout du nez, elle deviendra vite moins curieuse. Il faudra alors que votre nymphe arrive sur elle de façon très précise, sans dragage et avec la légèreté d’une proie naturelle pour parvenir à la tromper…

    La truite “occupée”

    Souvent les truites se nourrissent uniquement sur le fond. C’est le cas quand elles picorent entre les galets les gammares d’avril. Elles peuvent se déplacer nettement, se retourner, même, pour saisir les bestioles qui partent dans leurs dos, mais il faut impérativement pêcher à ras du fond et il y a peu de chance qu’une nymphe présentée à l’étage supérieur les intéresse tant la cueillette est facile sur le fond. Autre cas, celui de ces farios qui se nourrissent uniquement tête en bas, et non plus légèrement audessus. Quand une truite est sur les escargots d’eau ou sur les nymphes nageuses qui se faufilent entre les galets, la pêche peut devenir très énervante, car si votre leurre ne sort pas des galets à moins de 20 centimètres de sa tête il y a peu de chance qu’elle le voie. La précision est une fois de plus indispensable. Une petite nymphe assez plombée peut se révéler prenante si on parvient à pêcher “au coup de fusil”, c’est-à-dire en posant la nymphe au fond et en effectuant un aguichage marqué mais de faible amplitude. Ce saut de puce doit être réalisé juste devant le nez de la fario pour être efficace… plus facile à dire qu’à faire !

    La truite “indifférente”

    Hauteur d’eau importante, courant nul et truite apathique, pendue entre deux eaux ou bien posée sur le fond… la guerre des nerfs peut commencer ! La tentation est grande de lancer presque sur le poisson et de faire descendre le leurre à son niveau… Or, en procédant ainsi, l’impact de la nymphe et son immersion se font dans le champ visuel de la truite… le pire que l’on puisse faire ! Il n’existe pas de solution miracle, mais on a tout intérêt à essayer de pêcher ce poisson en surface et assez loin de sa tête. Le but est que la dérive de votre nymphe soit très lente et s’arrête au moment où elle entre dans le champ visuel du poisson afin de ne pas lui laisser le loisir d’inspecter le leurre sous toutes ses coutures. Il arrive parfois que la truite se réveille et démarre franchement comme lorsqu’elle monte du fond pour cueillir un insecte esseulé avant de replonger aussitôt pour continuer sa sieste. Dans tous les cas, le plombage des nymphes est à effectuer au plus léger, sauf cas particulier (micro-nymphes, pêche dans des profondeurs inhabituelles…).
    Pour que l’artificielle coule facilement, on privilégiera des modèles de type phaesant tail ou quill de paon ébarbé avec des cerques très clairsemés réalisés en pardo. En revanche, si on souhaite que la nymphe reste pendue dans la veine d’eau et plane sans draguer, on privilégiera les modèles duveteux ou de type oreille de lièvre. Enfin, lors d’une dérive, une fois que la nymphe a atteint la profondeur désirée grâce à un posé détendu, il est possible d’arrêter son enfoncement en tendant légèrement la soie… à utiliser avec parcimonie, sous peine de dragage !

  • Leurres souples, si on vérifiait leur densité ?

    Leurres souples, si on vérifiait leur densité ?

    Le sujet peut sembler farfelu, voire inutile. Pourtant rien n’indique au consommateur sur les sachets si les leurres souples flottent ou au contraire coulent. Pour toutes les techniques de pêche, ce détail à une grande importance, car il détermine l’équilibre des leurres dans l’eau.

    Étrangement, les pêcheurs se soucient systématiquement de la densité des poissons nageurs, mais jamais de celle des leurres souples. De leur coté, les fabricants ne mentionnent pas ce paramètre physique sur les sachets, laissant le pêcheur découvrir si le leurre flotte comme un bouchon ou au contraire coule purement et simplement. Deux leurres de taille équivalente peuvent montrer une densité très différente une fois dans l’eau. En action de pêche, cette différence saute aux yeux. La densité d’un leurre souple influe directement sur sa position dans l’eau, donc sur sa présentation au poisson. En ce qui concerne les montages “weight less” (sans lestage), la densité des leurres est capitale afin d’obtenir l’effet souhaité.
    De la densité découle l’équilibre du leurre. Les leurres lourds, qui coulent lentement mais sûrement, sont généralement très bien équilibrés. Ils piquent généralement du nez (pour ce qui est des shads, dont la forme favorise cette tendance). Leur position bien à l’horizontal, lorsqu’ils sont ramenés en surface ou juste sous celle-ci, rend la progression du leurre régulière et précise. Le Sawamura One Up Shad, dont la réputation dépasse largement le Japon, est un shad idéal pour ce type de pêche. Ramené rapidement, il se tient dans la pellicule de surface, mais devient capable de descendre de quelques décimètres pour explorer une trouée dans les herbiers si l’on ralentit la cadence. Les leurres flottants ne peuvent autoriser une telle polyvalence.

    Le cas du drop shot

    Voici une autre technique où la densité des leurres est capitale dans la présentation du faux appât au poisson.

  • Nouvelle-Zélande : pourquoi sont-elles si grosses ?

    Nouvelle-Zélande : pourquoi sont-elles si grosses ?

    Pas facile pour l’un de nos lecteurs, Pierre Monatte, habitué aux petites truites ardéchoises, de découvrir qu’en Nouvelle-Zélande tout est si différent : les rivières, les truites, la pêche et les mentalités ! Un choc qui le pousse à la réflexion que voici…

    Par Pierre Monatte

    Du besoin de voyager à la gestion halieutique concernant la taille des truites, voici une petite réflexion que je vous propose suite à dix jours de pêche en Nouvelle-Zélande. Pourquoi me suis-je payé vingt-cinq heures d’avion pour aller prendre des truites et, comble de l’inutilité au regard de béotiens, les relâcher en plus ? Tout ceci sans prendre le temps qui plus est, ignares que nous sommes, de nous intéresser au volet culturel de telles destinations. D’une manière générale, pourquoi depuis une dizaine d’années l’engouement des pêcheurs français pour les destinations étrangères ne fait que croître ? On peut argumenter sur le plaisir de voyager et le sentiment d’accéder à un privilège, c’est indéniable. Mais LA vraie raison, c’est qu’à chaque départ on espère LA truite, la grosse, la big one. On part parce que, secrètement, au fond de notre petit ego on espère que cette fois sera la bonne. Au-delà de la satisfaction personnelle, il y a en plus cette petite flamme intérieure qui est née dans l’enfance lorsqu’un malheureux vairon s’est retrouvé dandinant dans les airs au bout de notre première canne à pêche. Cette petite flamme qui carbure à l’adrénaline et qui vous gonfle de plaisir et de bonheur dès que la ligne se tend. Les années passent et du vairon on passe à plus gros et du gros au plus gros, avec le cortège de difficultés techniques à surmonter à chaque étape et la dose d’humilité que sait nous enseigner la nature. En résumé, on ne pêche plus pour la quantité mais pour la qualité.
    Nos sociétés de pêche – où je me suis investi un temps – continuent à déplorer la baisse de ventes des permis de pêche. Certaines décident alors d’abaisser la taille légale de capture, comme en Haute- Garonne ou en Ardèche, où le projet n’a pas abouti pour l’instant. D’autres continuent à “bassiner” avec du tout et n’importe quoi, d’autres enfin commencent à regarder ce qui se fait ailleurs et se demandent pourquoi et comment la pêche dans certains pays (à l’échelle nationale) est devenue en quelques années une ressource économico- touristique de premier ordre. La Slovénie, qu’on ne doit d’ailleurs peut-être pas suivre sur le plan de la gestion halieutique, estime que la part du tourisme pêche représente environ 30 % des retombées économiques sur l’hébergement touristique.

    Alors que faut-il pour avoir des pêcheurs, et des pêcheurs qui dépensent ?

    Revenons aux premières lignes de cette réflexion : nous, pêcheurs, sommes prêts à beaucoup de sacrifices pour un gros poisson. Les gestionnaires privés des grosses “bassines” appelées réservoirs l’ont bien compris et nous le prouvent encore. L’abaissement de la taille légale de capture pourrait ainsi s’apparenter à un comportement de “nationalisme” exacerbé si on se dit que finalement de petits poissons ne vont pas attirer les foules et qu’ainsi on pourra pêcher tranquille chez soi à l’abri de tout envahisseur étranger malvenu. Ceux-là n’ont peut-être pas vu que l’envahisseur étranger a un porte-monnaie et qu’en réfléchissant un peu il pourrait peut-être en bénéficier. Ainsi gros poissons = pêcheur, et même beaucoup de pêcheurs, alors comment avoir de gros poissons dans une rivière ? On peut introduire des truites en masse comme en Slovénie ou d’autres pays des Balkans, mais cette vision uniquement économique de la gestion halieutique se retourne contre les gestionnaires mal avisés : on bassine dans des milieux que l’on qualifierait chez nous de conformes (les milieux sont d’ailleurs tellement conformes qu’on peut s’abreuver de l’eau de la rivière). Le résultat pour les souches de poissons autochtones laisse perplexe : hybridations, compétition alimentaire entre des poissons sauvages et des poissons d’élevage beaucoup plus gros et plus opportunistes, avec au final une disparition progressive des poissons sauvages.
    Mon retour de Nouvelle- Zélande a constitué le déclencheur de cette petite réflexion. Nous nous sommes interrogés sur la ou les raisons qui expliquent la présence de si gros poissons sauvages et en si grand nombre. Il y aurait ainsi plusieurs arguments qui, en s’additionnant, peuvent expliquer cette spécificité néo-zélandaise.
    Comme dans tout l’hémisphère Sud, les salmonidés n’existaient pas et ont été introduits par les Européens. En Nouvelle- Zélande, l’introduction par les colons anglais des premiers poissons remonte à la fin du XIXe siècle. Les Anglais ont pris soin de sélectionner les plus gros géniteurs parmi les truites. Ces poissons ont été introduits dans des rivières vierges de toute pollution et s’y sont admirablement bien acclimatés. La niche écologique était vide, les truites n’y ont trouvé aucune compétition alimentaire et ont pu ainsi coloniser progressivement l’ensemble du réseau hydrographique. La gestion halieutique, avec une vision économique typique du pragmatisme anglo-saxon en arrière-plan, depuis l’introduction s’est orientée sur la préservation des plus gros sujets : ainsi la taille minimale de capture officielle est élevée (40 à 45 cm). Argument le plus séduisant, il existe une taille maximale officieuse de capture qui fait qu’au-dessus de 60 cm la plupart des poissons sont remis à l’eau. Ainsi, depuis l’origine du peuplement, les prélèvements favorisent le développement des plus gros spécimens. Résultat, comme le disait notre guide Marcel Ryda : les grosses truites produisent des grosses truites. On aboutirait ainsi au fil des générations à une sélection génétique à partir d’un phénotype privilégié. Logique, me suis-je dit. Puis j’ai repensé à l’une de mes rivières préférées à côté de chez moi, le Gage, affluent de la Loire en haute Ardèche. La pureté des eaux n’a ici rien à envier aux plus belles rivières néo-zélandaises.

    Un petit phénotype

    Cette rivière, comme quelques autres du même secteur, est l’objet d’une polémique locale récurrente depuis que la taille légale de capture a été remontée à 23 cm (en 1996). En effet, il est quasi impossible de prendre une truite de maille sur cette magnifique petite rivière, malgré maintenant treize années d’application des nouvelles mesures réglementaires. L’Aappma locale, sous la pression de ses sociétaires, a tenté en 2004 de redescendre la maille. Mais s’eston posé les bonnes questions ? Cette rivière est coupée depuis 1954 par un barrage infranchissable faisant partie du complexe hydro-électrique de Montpezat, qui dévie 90 % des eaux de la Loire sur l’Ardèche : une hérésie criminelle de la fée électricité sur laquelle je ne m’étends pas, l’objet du propos étant ailleurs. Ce barrage constitue ainsi une forme de “barrière génétique” empêchant depuis plus de cinquante ans le brassage de gênes avec des sujets venus de l’aval, et notamment de la Loire. Malheureusement, durant plus de cinquante ans, toute truite supérieure à 20 cm (quand ce n’était pas 18 cm) a fini dans l’assiette ou, pire, le congélateur. Les pêcheurs locaux ont ainsi pratiqué sans le savoir une sélection génétique privilégiant un phénotype “petit”. C’est ainsi que sur cette portion amont de rivière on aboutit à une forme de nanisme. On au-rait ainsi la preuve par l’inverse de la théorie néo-zélandaise. Mais – il y a quand même un mais, allez-vous dire – cette rivière coule à plus de 1 000 m d’altitude sur un socle granitique prenant sa source dans des milieux plus ou moins tourbeux. Nous avons là des facteurs limitant de croissance naturels.
    Certes, alors prenons la Whakapapa River dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande : cette rivière, en décembre (soit le mois de juin dans l’hémisphère Nord), était à 8 °C, elle prend sa source au pied du mont Ruapehu, à plus de 1 000 mètres d’altitude, dans une immense tourbière source d’acidité, et pourtant je crois avoir vu là plusieurs truites de 2 à 3 kg, et une des plus grosses farios sauvages qu’il m’ait été donné de voir. Ces facteurs apparemment limitant de croissance ne semblent pas affecter la taille des poissons. La limitation de la croissance serait ainsi beaucoup plus influencée par la prédation s’exerçant sous forme de sélection génétique au fil des générations. Au terme de cette réflexion, une suggestion évidente s’impose. Ne pourrait-on pas tenter sur cette portion amont du Gage de vérifier la théorie néo-zélandaise ? Rêvons un peu… La partie amont du Gage, complètement coupée de sa zone aval, pourrait constituer un laboratoire d’expérimentation en vase clos idéal. Prélevons quelques géniteurs sur la partie aval de la rivière. Quelques gros sujets sont présents sur cette partie en débit réservé frisant le ridicule (module de 1/40) et sur la zone de confluence avec la Loire. Il y a une dizaine d’années, une truite avoisinant certainement les 2 kilos a occupé vainement la totalité de mes sorties pêche de l’époque, et depuis continue de hanter mes nuits. J’y retourne désormais toutes les années, dans un pèlerinage nostalgique, espérant revoir une descendante de ce poisson exceptionnel, ce qui me permet de vérifier la présence de quelques beaux poissons entre 30 et 40 cm. Prélevons-en quelques-uns, effectuons un marquage génétique indélébile sur la descendance afin de ménager l’existence de gênes dont l’expression peut favoriser la production de gros poissons. Remontons ces gros sujets au-dessus du barrage : laissons oeuvrer la nature. La saison suivante, commençons à prélever scientifiquement à l’aide du marquage génétique les truites naines de 18 à 20 cm, tout en continuant l’introduction de gros poissons de l’aval. Menons cette expérience sur plusieurs générations et, au bout de quelques années, rouvrons la pêche avec un cadre légal néo-zélandais de double maille. Nous pourrions alors vérifier le bien-fondé ou non de cette théorie séduisante.
    Je suis parfaitement conscient des limites scientifiques de cette petite réflexion et de mes limites en matière de génétique : l’expression phénotypique d’un caractère quantitatif (taille, poids…) est sous la dépendance de plusieurs douzaines à plusieurs centaines de gênes. Le brassage génétique lors de la méiose et lors de la fécondation rajoute à la variabilité de l’expression et enfin, pour un même génotype, l’expression de ces phénotypes quantitatifs est fortement soumise aux facteurs environnementaux. Malgré cela, la sélection génétique des aquaculteurs ou agriculteurs sur ces caractères quantitatifs existe et fonctionne depuis l’aube des temps. A nous de nous en donner la conviction, l’envie et les moyens. Puissent ces propos engager une réflexion et un débat sans nul doute passionnants avec des scientifiques et nos autorités politiques. L’objectif, aujourd’hui encore utopique, consiste en une valorisation économico-touristique du loisir pêche, élément incontournable pour une prise de conscience politique sur l’évidence de la protection écologique de nos cours d’eau. Pour une fois qu’écologie et économie seraient indissociables et viseraient un même but, collant par-là même occasion aux objectifs d’un projet de classement en réserve de biosphère sur notre fabuleuse haute vallée de la Loire.