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L’internationale du Street fishing
Dans les canaux d’Amsterdam, il y a des Sandres…
D’Amsterdam on connaît les coffee shop, les vitrines de son quartier rouge ou son marché aux fleurs, mais beaucoup ignorent que ses multiples canaux sont remplis de sandres, de perches et, dans une moindre mesure, de brochets. Malgré la pollution inhérente au trafic maritime et au maillage urbain très important, les poissons y prospèrent en grand nombre, surtout les sandres, qui occupent tous les canaux. Accessoirement, on y ferre aussi des carpes, des tanches, des brèmes et des perches. Même les plus petits canaux du centre historique de la cité sont bien fournis, puisque toutes les eaux communiquent. L’imposant canal qui relie la ville à la mer du Nord, le fameux Nordzeekanaal, est un haut lieu de la pêche batave et passe pour être un des meilleurs coins à sandres de toute l’Europe. Amsterdam est une ville magnifique et ouverte, et l’eau s’y rencontre à chaque coin de rue. Idéal pour le street fishing ! Par contre, la pêche nécessite ici un permis : renseignez-vous dans n’importe quel magasin de matériel de pêche. Puis, si vous cherchez un moyen de locomotion, le fond de ces canaux accueille un nombre incroyable de vélos échoués, probablement par quelques marins saoûls et déprimés…
Renseignements : www.fishinginholland.com
Guide : www.fishingamsterdam.com
New York, New YorkIl est possible de pêcher dans les cinq quartiers de New York ! Queens, Brooklyn, Manhattan, Bronx et Staten Island, ils comptent tous leur lot de coins de pêche. A Manhattan, par exemple, Central Park n’accueille pas que des joggers ou des cyclistes, mais également de nombreux pêcheurs, qui plongent leur hameçon dans un des trois plans d’eau ouvert à la pêche. Tous les plans d’eau de la ville sont en no kill exclusivement. Il existe dans l’Etat de New York près de 165 espèces de poissons qui habitent dans les 7 800 lacs ou étangs et dans les 83 000 km de cours d’eau de l’Etat. Tous les étés, sur le lac du Prospect Park à Brooklyn depuis 1947, se tient un concours de pêche pour les petits New-Yorkais de moins de 15 ans : le Macy’s Fishing Contest. Gratuitement et durant quatre jours, les compétiteurs tenteront d’attraper carpes, poissons-chats et perches, qui seront aussitôt remis à l’eau. La pêche en mer n’est bien sûr pas en reste avec plus de 800 km de rives. Ces eaux sont poissonneuses, probablement à cause de la pollution qui a empêché toute pêche industrielle, bien que cela n’ait jamais retenu certains pêcheurs du cru de manger leurs prises, même si la plupart pratiquent ici aussi le no kill. La proximité du Gulf Stream permet l’observation d’espèces qu’on retrouve généralement plutôt en Floride et, surtout, on a partout l’impression de pêcher dans un décor de cinéma. A New York, on pratique sa passion dans un film de Woody Allen… très chic ! Renseignements : www.nycgovparks.org
Singapour… quoi pas ?Singapour est une ville étonnante, croisement des cultures chinoise, indienne, malaise et occidentale, c’est un lieu où tout est réglementé et le nombre d’interdictions laisse rêveur. C’est aussi l’endroit idéal pour goûter quasiment toutes les cuisines de l’Asie. Mais on peut également y pêcher et, à ce niveau-là, les autorités sont plutôt souples, du moins selon les critères en vigueur dans le pays. L’île de Singapour est très urbanisée mais compte quelques « poches » de nature encore intactes, où l’on peut pêcher. Ainsi, le réservoir Mac Ritchie se situe dans une jungle dense, au milieu de la réserve naturelle Central Catchment, un havre de paix de 2 000 hectares qui rompt avec la frénésie urbaine de Singapour. Entouré d’un sentier de 12 km, il est possible d’y pêcher d’imposants poissons-chats après avoir pris une carte au bureau des rangers du parc. On s’y rend du centre par un simple bus ou par le métro (MRT). En ville, il est également possible de pêcher à partir des différents quais, ponts et jetées présents un peu partout. De là, on peut tenter d’attraper des barracudas, des marlins ou encore des barramundis.
Renseignements : www.nparks.gov.sgStockholm, le must du pêcheur de rue
Imaginez-vous en bas de chez vous ou de votre travail, un spot où vous pouvez attraper d’énormes truites de mer accessibles à chaque pont et tout ça dans une grande capitale européenne… eh bien ce lieu existe, et c’est peut-être le meilleur spot de street fishing au monde ! Stockholm, la capitale suédoise, est un lieu à part. Ici, il n’est pas rare de croiser des cols blancs, canne à la main, qui en sortant d’une journée de travail s’apprêtent à pêcher un saumon qui arrive directement de la Baltique. Il suffit juste de s’acquitter d’un permis de pêche. Par contre, l’embouchure sur la Baltique est interdite à la pêche ainsi que le lac Mälaren. Sinon, anguilles, perches, brochets, saumons et truites de mer s’offrent partout à vos cannes. Parmi les meilleurs coins de la ville, on peut citer les berges de Strömgatan, juste en dessous de la résidence du Premier ministre, mais aussi devant le palais royal. En revanche, il faut bien faire attention à la réserve entre les deux ponts ou devant le Parlement. Le Stockholm Ström est toujours très attractif et l’endroit peut être très fréquenté au printemps et en été. En tous les cas, les spots intéressants ne manquent pas, n’hésitez pas à demander conseil aux pêcheurs du cru, ils vous répondront avec plaisir.
Renseignements : www.sverigeturism.se et www.catchrelax.se
Londres, ici LondresLes coins ne manquent pas ici : de Hyde Park à Camden Town en passant par l’East End, la capitale britannique compte de nombreux spots intéressants. Il existe de nombreux réservoirs et étangs. A Hyde Park, haut lieu de la démocratie anglo-saxonne, les carpes et les brèmes ont également le droit à la parole et il est possible, grâce à un permis saisonnier délivré par le bureau du parc, de les pêcher dans le lac de la Serpentine. Sinon, il existe un coin formidable tout près du marché aux puces de Camden, le long du chemin de halage du Regent Canal. De beaux brochets y chassent entre les caddies et les matelas éventrés. Par contre, le quartier n’est pas toujours très sûr et, selon un pêcheur local non dénué d’un certain humour anglais, s’exprimant sur le forum d’un site Internet : les « brochets y nagent par paire pour leur sécurité ! »
Renseignements : www.go-fish.co.uk/london.htmMiami : tarpons, peacock bass et même alligators
Encore un lieu à part sur la planète Street fishing. Miami, Floride, USA, n’est pas que le port de départ des excursions vers les Keys, les Everglades ou les récifs du large, c’est aussi une multitude de coins de pêche. Ses marinas, ses ports, ses plages, ses canaux sont autant d’occasions d’attraper des tarpons ou des peacock bass. Le poisson est ici partout chez lui, mais également son encombrant voisin, l’alligator, qui se rue sur tous les leurres que les pêcheurs du coin mettent sous sa gueule. Alors, méfiez-vous des grosses touches…
Renseignements : http://web.miamibeachfl.gov/
Hong Kong, la ville verticaleHong Kong est l’une des villes les plus densément peuplées de la planète, ce qui ne l’empêche pas d’être aussi densément peuplée de poissons ! La proximité de la mer permet de pêcher partout. Même si les pêcheurs locaux préfèrent tremper leur ligne à Stanley Bay juste en face du centre de la ville, où l’ambiance est plus relax, on peut également pêcher dans le port ou partout où il y a de l’eau salée. Certains spots donnent le vertige tant ils sont cernés par d’immenses buildings et par une vie frénétique qui fait le charme de cette grande métropole asiatique. Ici, on appâte avec des sangsues que l’on trouve dans de nombreux magasins du front de mer et, si vous avez oublié votre matériel, il existe de bons détaillants d’articles de pêche, notamment à Wan Chaï.
Renseignements : www.discoverhongkong.com
Street fisherman, le pêcheur urbain
Le Street fishing est partout. Dans la presse halieutique et dans la presse généraliste, on présente ce mouvement comme LE nouveau phénomène de la pêche hexagonale. Le but avoué des passionnés qui en sont à l’origine, c’est d’ouvrir leur passion au plus grand nombre et de dépoussiérer un peu un milieu souffrant souvent d’une image quelque peu vieillotte. L’idée, c’est d’amener la pêche au plus près du public et des trois quarts des Français habitant aujourd’hui en zone urbaine. Il semble clair que c’est sur ce nouveau territoire que la pêche soit le plus à même de séduire de nouveaux pratiquants. Un pari en passe d’être réussi…
Par Samuel Delziani
Dans l’imaginaire collectif, le pêcheur est un personnage débonnaire, souvent ventripotent, amoureux de sa solitude, à la limite de la misanthropie, qui fuit dans des coins reculés et bucoliques les hommes en général, et sa femme en particulier. Cette image d’Epinal a la vie dure, mais ses jours sont désormais comptés. Un phénomène nouveau, dont Pêches sportives fut l’un des premiers médias à se faire l’écho, s’emploie à casser ces préjugés et lieux communs. Il s’agit du Street fishing. Alors que le pêcheur d’antan se retirait du monde dans sa thébaïde halieutique, le street fisherman pêche au milieu de la cité et de ses habitants. Il est devenu en quelque sorte un ambassadeur de la pêche auprès de ces urbains qui, bien souvent, ne demandent qu’à découvrir cet étrange loisir qui consiste à chercher son poisson ailleurs que sur les étals des supermarchés et pas seulement pour s’en nourrir ! Le badaud s’étonne et régulièrement vient à la rencontre de ce « fou » qui pêche en pleine ville. Le dialogue qui s’amorce alors peut paraître parfois surréaliste, tant les habitants des grandes agglomérations sont ignorants de la richesse du milieu dans lequel ils habitent. C’est l’occasion d’échanger avec des gens très différents et de démontrer que la nature a encore quelques droits dans ce lieu qui, a priori, en est sa négation. Et ça marche ! La meilleure preuve : effectuez une recherche sur Google ou Yahoo et vous tomberez sur des centaines de pages qui s’y intéressent. La pêche qui devient tendance, c’est probablement le plus beau tour de force des streetfishers.
Alors certes, les plus grincheux diront que ce n’est que du marketing, que la pêche en ville a toujours existé et qu’une casquette de travers ne fait pas une nouveauté… Mais ce serait oublier que le milieu de la pêche et les associations qui la gèrent se meurent en partie à cause de leurs ornières mentales et de leur conservatisme. Le street fishing est surtout un état d’esprit décontracté et un désir d’ouvrir les joies de la pêche au plus grand nombre. Le look sportswear et l’équipement simple – une canne et un leurre monté suffisent – collent parfaitement à la vie du citadin. Et puis, sans mauvais jeu de mots, il ne faut pas se leurrer : si on désire enrayer la lente diminution des ventes de cartes de pêche, il faut bien aller appâter les clients là où ils se trouvent, c’est-à-dire en ville ! En effet, la densité de population qui entoure les coins de pêche permet une exposition importante et, de ce premier contact avec ce nouveau loisir, ils seront sûrement nombreux à dépasser les faubourgs et à partir à la découverte des cours d’eau plus sauvages qui serpentent aux quatre coins de l’Hexagone.
Certes, le pêcheur de rue n’a peut-être pas la noblesse du moucheur en pantalon de flanelle et canne en bambou refendu (d’ailleurs, où sont-ils partis pêcher, on ne les voit plus), mais il a le mérite de présenter sa passion au plus grand nombre, démontrant ainsi que les villes disposent d’une biodiversité qu’il faut aussi respecter et protéger. Lapédagogie est au centre de la démarche. De plus, c’est l’occasion de pêcher dans des lieux complètement insolites et qui, à eux seuls, valent le déplacement. Le temps s’arrête lorsqu’on fait le coup du soir sur le quai au pied de La Tour d’Argent, juste en face de la cathédrale Notre- Dame, en plein coeur du Paris historique et touristique. Sur toute la planète, il est possible de pêcher en milieu urbain. Par exemple, une mégalopole comme New York compte une multitude de spots. En tous les cas, que ce phénomène passionne, irrite ou indiffère, nous pouvons tous nous réjouir qu’il se passe enfin quelque chose de neuf pour attirer à la pêche de nouvelles catégories de la population et pour essayer de trouver un moyen de communiquer cette passion aux jeunes. Alors si, pour ça, il faut abandonner le waders pour le jean baggy, pourquoi pas ? Car c’est bien là l’avenir de la pêche.Zoom
Quelles techniques et quel matériel pour la pêche en milieu urbain ?D’une manière générale, la pêche en milieu urbain n’est pas différente de la pêche des carnassiers depuis le bord, où qu’elle soit pratiquée. A ceci près que, s’il vous arrive de prendre le bus, le métro ou le vélo pour aller tremper du fil, une canne multibrins est bien pratique. Shimano et Prologic en proposent et nous savons que de plus en plus de fabricants se penchent sur le problème. Concernant les techniques, il vous faudra tout d’abord évaluer les densités majoritaires par espèce. La plupart des villes sont riches en perches mais pauvres en brochets (pas de frayères). Le sandre est souvent présent et sa pêche demande de pouvoir côtoyer le fond du cours d’eau sans y perdre tout son stock de leurres souples à chaque fois. Pour cela, un montage avec un hameçon texan est bien pratique car il limite nettement les accrochages. Les rives des villes étant le plus souvent bien rectilignes, les postes à carnassiers se situent rarement le long d’une berge de X km droite comme un I, où ils sont très difficiles à déceler (cherchez les herbiers si l’eau est claire). Les postes types se concentrent donc là où le courant est amorti. Ils sont très faciles à trouver : pointes aval des îles, derrière les piles de ponts, l’entrée et la sortie des écluses, etc. Dernier détail très important : portez toujours une grande attention aux passants, rollers et vélos lors des lancers, car le danger est bien réel. Trop d’accidents peuvent déboucher assez vite sur une interdiction. Vive les hameçons texans !
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AFCPL, l’intuition justeL’Association française des compétiteurs de pêche au leurre (AFCPL) a été créée en 2004 par quelques aficionados de ce type de pêche. Leur idée première est d’organiser des compétitions. A présent, c’est un véritable circuit national : l’AFCPL Street fishing Tour. Mais l’ambition, dès le début, est également de « développer, vulgariser et médiatiser », selon leurs propres termes, une pêche responsable et moderne. C’est dans cette optique que cette association a eu la bonne idée de promouvoir le Street fishing, ainsi qu’une compétition qui lui est propre. Grâce à l’appui d’un certain nombre de partenaires, l’association mène de nombreuses actions pour promouvoir sa vision de la pêche. Le Street fishing est pour eux un moyen d’ouvrir leur monde, notamment vers les jeunes, en adoptant un certain nombre de leurs codes. Vu l’écho du phénomène, on peut dire que l’intuition était bonne.

La maladie rénale proliférative : un nouveau fléau pour les cours d’eau ?
Identifiée depuis plusieurs décennies, la maladie rénale proliférative cause régulièrement des ravages dans les élevages de salmonidés. Le risque pour les cours d’eau ne doit pas être sous-estimé, surtout si des lâchers de poissons provenant des élevages sont fréquemment effectués. Des milieux dégradés sont propices au développement de parasitoses, ce qui, en période estivale, doit pousser les gestionnaires à la prudence.
Réalisé en collaboration avec Guy Périat, hydroécologue suisse de la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens.
La maladie rénale proliférative est une pathologie qui affecte les salmonidés ainsi que le brochet. Cette parasitose, qui peut décimer jusqu’à 90 % des effectifs d’un élevage salmonicole, se rencontre également dans les cours d’eau et est susceptible d’infecter des populations de poissons sauvages. Sa contribution au déclin de nos peuplements pisciaires est suspectée par certains hydrobiologistes et des éclaircissements sur sa nature, son origine et les conditions de son développement paraissent donc indispensables…
Des précédents…
Les agents pathogènes, sources de parasitoses, sont nombreux dans nos cours d’eau et peuvent être à l’origine de multiples maladies pour les poissons. Leurs effets néfastes sur les populations piscicoles restent bien souvent limités et sont un des facteurs de leur régulation naturelle, en provoquant la mort des seuls individus les plus faibles. Toutefois, il arrive que certaines maladies prennent de l’importance et mettent en péril certaines espèces cibles, lorsque le milieu se dégrade ou encore si l’agent pathogène est importé dans un environnement qui lui est particulièrement propice. L’exemple le plus frappant est le champignon Aphanomices, qui provient du continent américain et qui est à l’origine de la peste des écrevisses, qui a décimé les plus belles populations d’écrevisses autochtones… Si les risques liés à la maladie rénale proliférative, récemment renommée tétracapsuloïdose, sont sans commune mesure avec la peste des écrevisses, il convient cependant d’être vigilant quant à son développement actuel et son impact éventuel sur les espèces hôtes de l’agent pathogène.
Les salmonidés en première ligne
Les premières observations de la maladie rénale proliférative ont été effectuées au nord du continent américain (Terre-Neuve et Colombie- Britannique). En Europe, une des premières descriptions de la maladie a été réalisée en Allemagne dans les années 1920 sur des truites fario et arc-en-ciel. En France, c’est Besse qui décrivit la maladie en 1956, qu’il nommait à l’époque “anémie pernicieuse des truites arc-en-ciel”. Dès la fin des années 1970, la maladie est citée dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord, sur la plupart des espèces de salmonidés (truite commune et arc-en-ciel, ombres, saumons, ombles) ainsi que sur le brochet.
Un développement encore méconnu
Bien que la maladie ait été décrite dès le début du XXe siècle, son agent infectieux, un parasite microscopique, Tetracapsula bryosalmonae, n’a été identifié qu’en 1977 et a été définitivement classé dans la systématique en 1999 par des zoologues anglais grâce aux techniques d’analyses génétiques. Avant cette découverte, d’ailleurs, les manuels spécialisés répertoriaient cette maladie sous le terme de PKX, X signifiant inconnu. Le cycle de vie complexe de Tetracapsula bryosalmonae n’est encore pas totalement élucidé : les connaissances actuelles tendent à montrer que le parasite se développe dans les Bryozoaires, petits animaux à l’aspect moussu se développant en colonies fixées sur le fond des cours d’eau et des lacs, comparables à de minuscules éponges. A la fin de ce premier cycle, les spores pathogènes de Tetracapsula sont libérées dans les eaux libres, avec une durée de vie d’une journée environ. Si ces spores rencontrent un poisson capable de devenir hôte secondaire, elles pénètrent alors l’organisme par les branchies et les muqueuses et, après environ six semaines, vont se loger dans des organes cibles, notamment le foie, les reins et la rate. Sitôt après la contamination, aucune réaction du poisson parasité n’est observée et l’apparition de symptômes est dépendante des facteurs environnementaux. En particulier, la température joue un rôle clé : si des affections peuvent déjà être observées à des températures oscillant entre 12 et 15 °C, une exposition durant deux à quatre semaines à des températures supérieures à 15 °C déclenche une réaction inflammatoire aiguë qui provoque généralement la mort des individus malades. Toutefois, certains individus présentent une résilience non expliquée et d’autres peuvent développer une résistance immunitaire. La fin du cycle parasitaire est encore mal connue et certains scientifiques pensent que les poissons contaminés excrètent les spores pathogènes avec l’urine. A l’issue de ce second cycle, les spores infestent probablement de nouveau des Bryozoaires, mais l’existence d’un autre hôte intermédiaire, encore inconnu, n’est pas exclue. En effet, on ignore où se trouvent les Tetracapsula en hiver, car elles ne survivent pas dans l’eau, on ne les retrouve pas dans la forme hivernante des Bryozoaires et aucun poisson infesté n’a été recensé à cette saison.
Des mortalités uniquement en période estivaleEn raison de l’influence thermique, l’apparition de symptômes est saisonnière sous nos latitudes et les mortalités les plus importantes s’observent, en fin de période estivale, sur les cours d’eau dont le régime thermique dépasse 15 °C. Toutes les classes d’âge des poissons peuvent succomber à la maladie, mais les individus pour la première fois en contact avec le parasite sont les plus vulnérables. Les juvéniles de l’année apparaissent donc comme les plus sensibles. Dans le milieu naturel, le taux de mortalité d’une population contaminée se situe aux alentours de 10 à 15 %, mais peut augmenter à près de 90 % pour les milieux perturbés ou artificiels (cas des piscicultures). Par ailleurs, beaucoup de parasites connus à ce jour appartenant au groupe de Tetracapsula bryosalmonae affectent les poissons et ont souvent des invertébrés comme hôtes intermédiaires. En revanche, aucun cas de contamination de mammifères n’a pour l’heure été observé. L’homme ne semble donc pas pouvoir être affecté par cette parasitose et la consommation de poissons malades ne paraît donc pas à première vue poser de problèmes particuliers.
Des précautions à prendre par les gestionnairesLa tétracapsuloïdose semble avoir été introduite en Europe par les activités liées à la pisciculture. Les campagnes massives de rempoissonnement effectuées dès le milieu du siècle dernier ont par la suite contribué et contribuent assurément toujours à propager cette épizootie. Des recherches plus approfondies sur la vie particulière de ce parasite sont encore nécessaires afin de mieux connaître les mécanismes précis de sa survie et de son expansion dans les milieux aquatiques. A défaut, il est préférable de considérer cette affection comme pérenne, après son apparition. Aucun traitement efficace n’est connu à ce jour et même en pisciculture aucune solution satisfaisante n’a pu être édictée malgré l’utilisation de produits de traitements variés (eau salée, vert de malachite, antibiotique…). Néanmoins, des mesures de précautions peuvent être recommandées aux gestionnaires, afin de limiter l’expansion de la maladie :
– Acquérir et déverser des lots de poissons disposant d’une attestation de conformité sanitaire émanant d’un service vétérinaire spécialisé.
– Déterminer la présence de la maladie dans les cours d’eau, en particulier dans ceux voués à l’élevage (ruisseau pépinière) ou utilisés comme stock de géniteurs pour la reproduction artificielle.
– Prendre les précautions nécessaires en pisciculture et durant les transports, afin que les parasites n’infectent pas les poissons, les embryons ou les oeufs par l’intermédiaire d’un transfert dû à l’eau.
– Désinfecter les bottes et les accessoires utilisés d’un secteur de cours d’eau ou d’une pisciculture à l’autre.
– Dans la mesure du possible, éviter toute utilisation de géniteurs provenant de cours d’eau dans lesquels la présence de la parasitose été confirmée.
– Ne pas élever d’oeufs ou des juvéniles contaminés et/ou provenant de géniteurs potentiellement malades dans des installations ayant un exutoire dans un milieu encore sain.
– Ne pas introduire de poissons atteints par la maladie, ou issus de géniteurs potentiellement malades, dans des eaux non contaminées ou dans lesquelles elle n’a pas été recherchée.
Un niveau de contamination peu connuEn France, la situation de la contamination des rivières n’est pas connue car la maladie elle-même est très peu étudiée et n’intéresse encore que quelques spécialistes. En Suisse, par contre, un état des lieux de la propagation de cette maladie a été mené par le Laboratoire national pour les maladies des poissons et montre qu’elle est très répandue dans les cours d’eau.
En attendant une telle initiative en France, l’expansion de cette épizootie peut être limitée en contrôlant de manière drastique les rempoissonnements, avec notamment des normes sanitaires strictes. En parallèle, des recherches plus approfondies sur les mécanismes de reproduction et de survie du parasite permettraient de mieux cerner les causes de déclenchement de la maladie, d’expliquer la variabilité de mortalité observée et au final de proposer des solutions d’assainissement. Il faut également noter que les connaissances actuelles tendent à montrer que la qualité générale de l’environnement dans lequel se développe le poisson, qui définit notamment son taux de stress, a une influence sur la morbidité de la maladie. Les conditions extrêmes d’élevage en pisciculture, où des taux de mortalité très élevés jusqu’à 90 % sont observés, en seraient d’ailleurs un cas particulier. Ainsi, dans un environnement de qualité, l’occurrence de la maladie pourrait être négligeable et le développement de résistance immunitaire se trouverait favorisé. A terme, une restauration des habitats et de la qualité de l’eau pourrait donc s’avérer être la seule solution durable d’assainissement de la maladie… Et si la présence de la tétracapsuloïdose n’était qu’un signal d’alarme de l’état moribond de nos hydrosystèmes ?Zoom
Comment déceler la tétracapsuloïdose ?D’un point de vue macroscopique :
– Fort gonflement des reins (jusqu’à dix fois la normale), qui deviennent noduleux et parsemés de tâches grisâtres.
– Anémie qui provoque l’éclaircissement des branchies.
– Renflement du ventre et yeux exorbités.
– Mélanisme et apathie.
Toutefois, ces symptômes peuvent également être provoqués par d’autres agents pathogènes (bactéries, champignons). C’est pourquoi tout diagnostic macroscopique doit être confirmé par des tests spécifiques exécutés par des professionnels :
– en saison chaude, par un simple examen de coupes histologiques,
– en saison froide, par des techniques récentes et coûteuses de colorations histologiques particulières et de biologie
moléculaire.
Il est à noter que l’ensemble de ces tests est proposé par le Centre suisse pour la médecine des poissons et des animaux sauvages (FIWI), à Berne (www.vetmed.unibe.ch/itpa/fiwi). En France, le laboratoire départemental des services vétérinaires du Jura réalise également ce type d’analyses.
Comment choisir sa canne à mouche ?
Le choix d’une canne à mouche pose souvent problème aux débutants – tout comme aux pêcheurs expérimentés – qui veulent découvrir une technique de pêche nouvelle pour eux. Cet article a pour but de vous renseigner sur les longueurs et les actions destinées à chaque technique, afin d’éviter des erreurs de choix, qui au-delà des désagréments qu’elles occasionnent, peuvent aussi générer des défauts dans la façon de lancer, avec tout ce que cela comporte.
Par Philippe Boisson.
Jamais dans l’histoire de la pêche à la mouche, nous n’avons connu une telle profusion de modèles, de gammes et de marques de cannes à mouche. Les pêcheurs débutants, ou ceux qui souhaitent s’intéresser à d’autres poissons que ceux qu’ils pêchent habituellement se retrouvent confrontés au problème du choix d’un nouvel outil. Et celui-ci n’est pas simple : quelle longueur, quel numéro de soie, quel encombrement ? Pour vous aider à vous y retrouver dans les centaines de modèles disponibles, voici quelques aspects qu’il faut connaître pour être en mesure de choisir une canne pour chaque technique.
L’action de la canne, c’est quoi au juste ?
La notion “d’action” concernant une canne à mouche est à la fois déterminante et généralement très mal définie, car elle n’est régie par aucune volonté commune de la part des fabricants. L’action d’une canne correspond à la courbe que prend l’ensemble de la canne sous la traction. Les cannes affichent des actions plus ou moins paraboliques (en forme de cercle) en fonction du cône de leur blank (éléments de graphite et de résine). Au milieu du XXe siècle, Pezon & Michel passait chaque canne en bambou refendu devant un tableau noir gradué et accrochait au bout de chacune d’entre-elle un poids d’un Newton (102 grammes) pour en vérifier l’action. Depuis, peu de fabricants cherchent à renseigner les acheteurs sur ce point précis. On parle alors d’action “de pointe”, “semi-parabolique“, “parabolique”, d’action “rapide” ou “lente”. Seule la marque américaine Orvis tente depuis des années de rendre plus lisible aux yeux des utilisateurs cette notion d’action, à l’aide de courbes reproduites sur le papier des catalogues qui correspondent aux différentes actions des produits de la marque sous la dénomination tip flex, mid flex, etc.
Pour les autres marques, c’est au client de juger et de se faire une idée à partir des commentaires trouvés sur les catalogues, mais celles-ci n’ont souvent qu’une valeur indicative relativement floue. C’est dommage, car tout le monde gagnerait à plus de clarté dans une définition normalisée de l’action des cannes, mais pour le moment, c’est ainsi, et il faut bien faire avec… Les seules indications générales utilisées par les fabricants dont on dispose, concernent donc les notions d’actions “de pointe”, “semi-parabolique”, “paraboliques”, “progressives”, “lente” ou “rapide”. Dans ce jargon, je préfère les trois premières dénominations plus justes, à mon sens, que les trois dernières. Car concernant les actions dites “progressives”, La Palisse n’aurait pas fait mieux, puisque les cannes sont toutes coniques, et ne peuvent être pourvues d’actions autres que progressives… Quant aux actions dites “lentes” ou “rapides”, elles prêtent à confusion entre deux notions qu’il ne faut pas mélanger : l’action et la puissance des cannes. D’une manière générale, une canne considérée d’action “de pointe” plie sur le premier tiers de sa longueur lors du lancer (environ car cela dépend de chaque modèle). Une canne semi-parabolique sur les deux premiers tiers, et une canne parabolique sur la quasi-totalité de sa longueur. Cette schématisation des actions des cannes à mouches permet de déceler les sections des cannes qui entre naturellement en action lors du lancer. Lors d’un lancer à longue distance ou sous l’action d’un forte traction, une plus grande partie de la canne présente une courbe plus ou moins prononcée.
Quelle canne pour quelle utilisation :Conseiller une canne à mouche est un exercice forcément arbitraire. Il existe parmi les pêcheurs des représentants de différentes “écoles” : celles des longues cannes de plus de 9 pieds pour la pêche de la truite, longueur rendue possible par l’avènement de la fibre de carbone ou des très petites cannes de moins de 8 pieds très en vogue chez nos voisins italiens, celles des amateurs de longs bas de lignes, etc. En France, l’essentiel des cannes vendues concerne des longueurs comprises entre 8’6 et 9’6, la longueur de 9 pieds restant le standard dans notre pays.
Pêche de la truite et de l’ombre à la mouche sèche
Cette avec cette catégorie que l’on a le plus de liberté dans le choix de la canne, tant dans les actions que dans les longueurs. Une longue canne ne lance en effet pas plus loin qu’une petite ! Ceci étant, c’est plutôt le type de cours d’eau qui va dicter le choix. Tout d’abord, il y a le cas des petits cours d’eau, de quelques mètres de largeurs, à propos desquels s’affrontent depuis longtemps l’école des cannes courtes de 6 ou 7 pieds, discrètes et maniables et celle des très longues cannes de 9’6 à 11 pieds, plus encombrantes certes, mais qui permettent en un minimum de lancers de présenter la mouche au poisson. En France, il existe une tradition tenace de pêcher les ruisseaux et les petits cours d’eau avec des longues cannes. Dans le cas d’un pêcheur débutant, je conseillerai d’aborder ce genre de terrain avec une canne de longueur standard (8’6 ou 9 pieds) et de choisir son camp plus tard, si le besoin s’en fait sentir. Autre particularité de la pêche à la mouche sèche de la truite et de l’ombre, la pêche des eaux dites “rapides” où là encore, les pêcheurs français ont un faible pour les longues cannes pour soies fines (par exemple : 10 pieds pour soie n° 3). Ce genre d’ensemble permet de limiter les risques de dragage de la mouche, accru par les turbulences de l’eau, en ne laissant que peu de soies sur l’eau. Ce choix a la préférence de nombreux bons pêcheurs de torrents de montagne. En revanche, une longue canne n’apporte rien lorsque l’on doit pêcher à la mouche sèche une paisible rivière de plaine.
Pêche à la mouche noyéeVoici au moins une catégorie où tout le monde est d’accord ! Les cannes pour pêcher à la mouche noyée sont d’une longueur minimum de 9 pieds. Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds. La canne doit permettre de “guider”, ralentir, ou au contraire accélérer la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnant la soie, en jouant avec les différentes veines de courant. Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés, fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement.
Pêche à la nymphe à vueCette technique demande une grande vitesse d’exécution. Le pêcheur doit lancer rapidement un très long bas de ligne (5 mètres minimum) sur la trajectoire de poissons souvent en mouvement. Il s’agit aussi de la technique où les fils les plus fins sont utilisés. Une bonne canne pour pêcher à la nymphe à vue présente une longueur de 8 à 9 pieds, qui permet le meilleur compromis pour à la fois lancer rapidement et manipuler un bas de ligne de 6 ou 7 mètres. Des cannes plus longues ou plus courtes n’offrent dans ce cas aucun avantage. L’action doit être semiparabolique. Contrairement à l’idée reçue, une canne d’action de pointe n’est pas très adaptée à cette technique en raison de la difficulté à ferrer et à tenir des poissons avec des pointes de bas de lignes en 10, 8 ou parfois 6/100.
Pêche à la nymphe “au fil”
La pêche de la truite et de l’ombre “au fil” est directement dérivée de la pêche au toc. La canne est tenue en position haute, le pêcheur gardant un oeil sur le bas de ligne pour déceler la touche. Si l’on ne veut pas pêcher durant des heures avec le bras qui tient la canne complètement tendu et levé, mieux vaut opter pour une longue canne. Les spécialistes de cette technique utilisent des cannes de 10 ou 9’6 pieds pour soies n° 4 ou 5 d’action semi-parabolique, qui ont tout intérêt à être très légères car la canne est toujours tenue en position haute.
Carnassiers à la mouche
La pêche du brochet ou du sandre à la mouche demande un matériel capable de propulser des mouches volumineuses, souvent chargées d’eau lorsqu’on doit les relancer. La canne sera choisie en priorité en fonction du type de mouche que l’on doit lancer. S’il s’agit de la pêche du brochet, recherché avec des streamers pouvant atteindrent 20 cm de longueur pour un volume important, le choix de la canne ne peut être le fruit du hasard. Lancer ce genre de mouche toute la journée est un exercice fatiguant dans le meilleur des cas… Une mouche lourde et volumineuse se lancera toujours plus facilement avec une canne d’action semi-parabolique, voire quasiment parabolique, plutôt qu’avec une canne d’action de pointe. La canne “encaisse” ainsi beaucoup mieux le poids de la mouche, surtout si l’on a recours à une soie plongeante, dont la densité est elle aussi génératrice d’à-coups qui perturbent les lancers. Une canne de 9 pieds ou 9’6 pour soie n° 8 ou 9 constitue un bon choix pour pêcher le brochet. Un modèle pour soie n°7 ne permet pas de lancer facilement une mouche volumineuse, surtout si l’on est pas un as du lancer en double traction.
La pêche en mer
Très en vogue actuellement la pêche à la mouche en mer, qu’il s’agisse de pêche le long de nos côtes ou de contrées beaucoup plus exotiques implique l’utilisation de cannes puissantes, qui doivent permettre de lancer très rapidement. Que ce soit à la recherche des bonefishs ou des permits, des tarpons ou de bars occupés à chasser, le pêcheur dispose de quelques secondes pour présenter sa moucheà des poissons qui ne restent jamais très longtemps à porter de lancer. C’est l’une des clefs de la réussite, sinon la principale. On constate depuis quelques années une nette amélioration des modèles de cannes pour la pêche en mer et c’est tant mieux. Ces cannes sont généralement typées d’action semi-paraboliques qui permettent de fatiguer un gros poisson tout en rendant possible les lancers en double traction. Une bonne canne pour pêcher en mer n’est donc ni une “trique”, ni un manche à balai, mais plutôt un outil progressif, mais puissant. La référence en la matière fut durant longtemps la série des cannes Sage RPLx, remplacées depuis par d’autres versions également très recommandables. Ces cannes avaient la préférence des meilleurs pêcheurs de tous les océans de la planète, à commencer par Billy Pate, dont on pouvait apprécier sur les photos des magazines du monde entier la courbure parfaite de sa RPLx 9’ # 12 en train de mater un gros tarpon. Pour quelqu’un qui ne connaît pas les cannes à mouche pour la pêche en mer, une 9’#12 est forcément plus proche d’un poteau télégraphique que d’un cure-dent. L’impression est trompeuse est bien souvent, la première acquisition n’est pas franchement la bonne. Norbert Morillas et moi avions acheté en 1996 chacun une Sage RPLx 9’# 8 par correspondance pour pêcher le bonefish à Cuba. Cette canne s’est avérée bien “light” lorsqu’il s’agissait de lancer à plus de vingt mètres en quelques secondes par un vent de travers soutenu comme celui qui souffle sur les atolls des Caraïbes. Le modèle pour soie n° 9 aurait été beaucoup plus polyvalent et plus efficace. La différence de puissance entre les deux modèles était très importante. Il y a ici une grosse différence entre une canne que l’on “brandouille” sur un salon et son utilisation réelle, dictée par les éléments ! Disons qu’un pêcheur de truite qui découvre la pêche en mer aura l’impression de pouvoir se débrouiller avec une canne qu’il jugera convenable, mais qui s’avèrera insuffisante en action de pêche. Les modèles pour soies de 9 sont de loin les plus polyvalents, mais selon les marques, les puissances ne sont pas identiques. Les cannes pour soies n° 10 permettent la recherche de plus gros poissons (permits, tarpons de poids moyen, carangues) et selon leurs actions peuvent autoriser le lancer de mouches plus lourdes et volumineuses. Avec les cannes pour soies n° 12, on quitte le domaine des engins confortables pour des produits avec lesquels il ne fait pas bon lancer très longtemps ! Ces cannes sont à réserver aux tarpons de belles tailles, aux grosses carangues, ainsi qu’aux petits thonidés.
Dans tous les cas ce genre de canne est destiné, soit à la pêche de poissons “teasés”, soit à la pêche à vue (cas du tarpon en eaux claires) où les lancers se comptent sur les doigts d’une main, effectués “à coup sûr”. Idem pour les cannes pour soies n° 14 ou 15, dont l’utilisation est réservée à la pêche des poissons à rostres ou aux grosses carangues ignobilis. Concernant les longueurs, la taille de 9 pieds (2,74 m) est devenue depuis longtemps le standard, voire 8’6 (2,56 m) pour les cannes de forte puissance pour soies 14 ou 15. Pour ce type de cannes, la longueur est un handicap en raison du poids.
Le nombre de brinsLa mode est aux cannes de voyage, en trois, quatre voire cinq brins. Certaines gammes de cannes à mouche ne sont aujourd’hui plus proposées en deux brins, ce qui est dommage pour les pêches “à domicile”, car une canne en deux brins est à la fois plus légère et plus agréable qu’un modèle en trois ou quatre brins, surtout dans les petits numéros de soies. Mais si l’on doit prendre l’avion, les cannes dites multibrins sont incontournables. Pour en avoir fait l’expérience maintes fois, les meilleures cannes de voyages sont celles dont les tubes rentrent entièrement dans un grand sac de voyage. Cela résout complètement le problème des tubes qui ne passent pas sur les tapis roulants des aéroports. Les problèmes de pertes et les vols, très fréquents sur certaines destinations, sont également résolus de cette manière. Les cannes en quatre brins sont, dans ce cas, souvent préférables aux modèles en trois brins, qui restent d’un encombrement important pour les modèles d’une longueur supérieure à 9 pieds.

Iktus, la pêche au coeur du Béarn
Situé à proximité du Gave de Pau, le plan d’eau de pêche à
la mouche d’Iktus est dominé par l’imposant bâtiment d’accueil. Ce plan d’eau
de 15 hectares est alimenté par d’importantes infiltrations en provenance
directe du Gave. Cette eau, fraîche, oxygénée et filtrée par les granulats, est
d’une clarté exceptionnelle, et la pêche en nymphe à vue est une technique
passionnante ici. Réservé strictement à la pêche à la mouche de la truite, il
est ouvert de septembre à juin. Vous pouvez y louer un float-tube ou l’une des
10 barques en aluminium de deux ou trois places Quicksilver de 4,20 m. Il est
ouvert à toutes les pêches l’été.Le grand lac s’étale sur une superficie de 35 hectares, pour
près d’1,2 km de circonférence, il est alimenté par le réservoir mouche, qui a
une côte supérieure de 2,70 m. Ce superbe plan d’eau d’une trentaine d’année
est ouvert à la pêche des carnassiers et de la carpe et dans une
moindre mesure la pêche au coup. Comme le réservoir mouche, il est géré de
manière totalement privée et ouvert à l’année, float-tube et barques sont
disponibles à la location. Et tout ça dans une région où le soleil sera bientôt
là (en principe).Renseignements : www.iktus.fr
(Article mis à jour le 23 janvier 2012)

Mortalité des poissons de la Loue – Novembre 2011
Mortalité novembre 2011 Ornans (Merci à l’expéditeur)

Le prix Charles Ritz 2011 récompense l’AAPPMA de l’Elorn
Dans les salons cossus du Travellers Club, avenue des Champs Elysées à Paris, le président de l’AAPPMA Elorn, M. Jean-Yves Kermarrec, a reçu le Prix Charles C. Ritz – une sculpture de Les Penny et un chèque de 3000 euros, – de la main du professeur Roger Leverge, membre de l’International Fario Club et président du jury. Le 16 novembre dernier, le neuvième Prix Charles Ritz a donc été décerné à une AAPPMA dynamique qui milite pour une certaine idée de la pêche, se battant sans relâche contre les pollutions (il suffit de se rendre sur leur site pour s’en rendre compte), et en formant, à travers leur école de pêche, la nouvelle génération aux bonnes pratiques, respectueuses du milieu. Le jury récompense ainsi l’AAPPMA de l’Elorn pour tout ce qu’elle a “entrepris en faveur de la protection de l’eau, des poissons ou des rivières”. Félicitations donc à cette association ainsi qu’aux deux autres qui complètent le podium : La Truite de l’Iton (comme en 2010) et La Truite de l’Huisne.
Photo : © SP

Lucky Craft Bevy Vibration 50 SP
Les leurres “lipless” sont quasiment tous coulants. Tous, sauf le Bevy Vibration 50 SP mis au point par Lucky Craft ! On comprend dès le premier lancer que quelque chose d’inhabituel se passe. Et pour cause ! Au lieu de couler comme une enclume, notre leurre s’arrête en pleine eau dès qu’on arrête de le ramener. Etonnant certes, mais très utile pour les hauts fonds où, d’ordinaire, on ne risque pas trop un lipless. Par sa petite taille le Bevy Vibration se destine en priorité à la pêche de la perche. De belles pêches de sandre en rivière sur les radiers ont également été réalisées avec ce leurre. Des petites billes de verre émettent un son très clair mais relativement discret. C’est le genre de leurre très atypique qui apporte souvent une solution sur certains postes où peu d’autres leurres conviennent.
Conseils d’animation
Avec ses 4,3 g, le Bevy Vibration 50 SP fait partie des petits leurres destinés à la pêche de la perche et accessoirement d’espèces plus imposantes. Comme tous les lipless, il vibre très rapidement sur lui-même lorsqu’il est en traction. Il s’agit d’un leurre “suspending”, les arrêts que l’on peut donc lui imposer contrastent avec les vibrations agressives du leurre, permettant ainsi de tenter les carnassiers à attaquer.Fiche technique
Longueur : 50 mm.
Poids : 4,3 g environ.
Prix conseillé : 12 euros.
Renseignements et liste des points de vente : www.luckycraft.fr

Pêcher avec des soft swimbaits
Durant la saison froide, les prédateurs économisent leur énergie et se focalisent souvent sur des proies conséquentes, capables de les rassasier rapidement. Sans aucun doute, les swimbaits souples se présentent comme les leurres du moment.
Par Achille Gan
Poursuivant notre étude sur les leurres souples et leurs différents montages, je vais délaisser volontairement les modèles durs ou hybrides et vous parler des « swims » souples dont les versions actuelles sont particulièrement dignes d’interêt. Popularisés, en France, grâce aux nombreux leurres souples portant l’appellation « shad » dans leur nom de baptême, les swimbaits, que l’on monte sur tête plombée ou ceux dont le lestage est intégré lors du moulage, sont plutôt réservés à une prospection profonde et verticale. Leur efficacité n’est plus à démontrer et j’ai voulu vous présenter le sujet selon un autre angle, en me penchant sur des modèles moins communs, plus adaptés à la traque des big bass, des grosses perches ou des brochets réputés imprenables. Le terme « swimbait » englobe plusieurs types de leurres dont l’aspect général est assez proche de celui d’un vrai poisson et dont la matière première peut être du bois, de l’ABS ou de la matière plastique souple (élastomère, PVC, silicone…). Qu’ils soient classés comme poissons nageurs parce qu’ils possèdent une bavette ou comme leurres souples, ils possèdent un point commun, c’est celui d’être particulièrement attractifs auprès des plus gros carnassiers.
Des vibrations bien spécifiques
Vous le savez, les poissons carnassiers repèrent leurs proies essentiellement grâce aux vibrations et aux déplacements d’eau perçus par leur oreille interne et par les cellules nerveuses situées sur leur corps ou le long de leur ligne latérale. La vue ne leur servant qu’à ajuster l’estocade ou à vérifier, en « close-up », la nature de leur futur repas. D’autre part, il est connu que les bass, qui peuplent certains lacs californiens, peuvent atteindre des tailles exceptionnelles frôlant les 22 livres, 4 ounces du record mondial, se nourrissant des truites arc-en-ciel maillées qui y sont régulièrement déversées pour amuser les pêcheurs.
A partir de ces observations, les concepteurs de swimbaits souples ont fait évoluer les modèles utilisés en mer en travaillant sur la souplesse des matériaux et la capacité du leurre à émettre de fortes vibrations, sous récupération ultra-lente, pour parvenir à imiter celles de ces pauvres truites perdues dans l’immensité des lacs, errant à la recherche des bords du bassin bétonné natal et du pisciculteur nourricier !Des tailles adaptées et une densité particulière
Au début, la masse importante de ces softbaits les destina longtemps à la pêche à la traîne, faute de matériel adapté. Aujourd’hui, ils font partie de l’équipement basique de tout bassman qui se respecte tant leur gamme a évolué pour coller aux besoins des lanceurs « légers ». Disponibles dans des tailles de 10 à 35 cm pour des poids pouvant atteindre les 250 g, ils ont une densité relativement commune dite « slow sinking ». Celle-ci permet un travail en surface, juste au-dessus des herbiers, si on maintient une récupération régulière ou entre deux eaux dès que l’on ralentit le rythme ou que l’on prend soin de laisser couler un peu le leurre. Vous le voyez, leur zone d’action les rend tout à fait repérables par les gros prédateurs postés en profondeur ou suspendus en pleine eau. Leur déplacement naturel renforce leur pouvoir attractif sur ces gros poissons peu enclins à se déplacer s’ils n’ont pas de grandes chances de réussir leur attaque.
Deux familles bien distinctes
Parmi ces swimbaits souples, nous pouvons en distinguer deux sortes qui se distinguent par leur conception et leur utilisation. La première, relativement répandue outre- Atlantique, se présente déjà armée d’un ou deux triples reliés à l’oeillet d’attache par du fil inox, du câble acier ou de la tresse textile noyés dans la masse. Leur degré de finition peut être assez élevé et des nageoires stabilisatrices sont présentes pour éviter que le leurre ne fasse n’importe quoi sous les puissantes secousses de l’appendice caudal. La nage de ces leurres et leur action aguichante se cantonnent d’ailleurs à ces battements latéraux de la queue et à un léger rolling du corps. Mais croyez-moi, la quantité d’eau déplacée par ces leurres volumineux suffit largement pour réveiller les brochets les plus apathiques ! Ils trouvent leur plein emploi pour une prospection large de postes peu encombrés, où leurs capacités vibratoires pourront s’exprimer.
Comme je le disais plus haut et malgré l’armement conséquent de ces big baits, vous pourrez aussi vous amuser, au printemps, à peigner les bancs de potamots ou de myriophylles avant qu’ils n’atteignent la surface. Entre deux massifs, n’hésitez pas à faire du « dead sticking » ou du « donothing », c’est-à-dire à stopper toute récupération et à laisser le leurre immobile le plus longtemps possible ! Cela marche encore mieux avec des swimbaits relativement flottants. Plus à même d’intéresser les blackbass et les perches, la seconde catégorie possède des lignes plus fluides, plus abstraites aussi. Culminant à une quinzaine de centimètres, certains de ces swimbaits ont une conception beaucoup plus complexe que les « mammouths » vus précédemment et se rapprochent plus des leurres souples classiques, vendus en paquets de plusieurs unités. Non armés, ils s’installent sur des jig heads ou mieux, sur des hameçons à oeillet décentré. Ils vous permettent alors de prospecter n’importe quel poste, aussi encombré soit-il ! Leur densité habituellement « slow sinking » est modifiée, à la fabrication, par adjonction dans le plastique de micro-bulles d’air ou de paillettes de tungstène pour les rendre flottants ou coulants. Les versions modernes de ces swimbaits sont très travaillées au niveau de leur comportement sous l’eau.
Des études hydrodynamiques ont conduit les concepteurs à créer des articulations, des points de resserrement de la matière, etc. pour obtenir beaucoup plus de vivacité et de souplesse que leurs homologues salmoniformes. Cette catégorie, plus polyvalente, supporte ainsi une multitude d’animations et de montages. Il est tout à fait possible de les employer sans plomb (weightless rig) pour les faire buzzer ou onduler sous la pellicule. On peut aussi y planter des inserts, en plomb ou en tungstène, pour parvenir à trouver la densité voulue ou carrément leur adjoindre une balle et préparer un vrai montage texan capable de pêcher plus profondément ! Attention toutefois à ne pas les surplomber, ce qui anéantirait leur si belle nage. Pour des modèles de 10 à 15 cm, utilisez des balles de 1,8 g à 3,5 g et jusqu’à 18 g pour les swimbaits plus gros, selon vos besoins.
Les modèles plutôt fusiformes, comme les Spindle worm flottants, donnent d’excellents résultats en Carolina rig ou en drop shot, tout en restant très confortables à manoeuvrer. Oui, vous avez bien lu ! En drop shot. Les montages plombés seront, bien sûr, plus indiqués au moment où les carnassiers suivent les poissons blancs dans leur retraite hivernale alors qu’il faudra être patient et obstiné pour peigner ces postes souvent profonds.
Vous l’aurez compris, ces swimbaits souples vont vous permettre d’être très réactifs lorsque les conditions de pêche où les types de postes vont changer. Le montage sur hameçon « offset » démontre une fois encore toute sa polyvalence et sa facilité d’utilisation sur des leurres qui mêlent l’apparence naturelle au côté ludique que nous fait vivre chaque fois la pêche aux leurres. Grâce à leur silhouette souvent imposante et à leur nage très étudiée, les swimbaits ont séduit ou énervé de nombreux carnassiers d’eau douce et d’eau salée, pourtant, ceux-ci n’avaient jamais croisé de truite arc-en-ciel !
Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages
L’abreuvoir à bétail n’est certainement pas un sujet de préoccupation majeur des pêcheurs parcourant les cours d’eau, et pourtant il l’est pour les techniciens qui travaillent à la préservation et à la restauration de la qualité des milieux aquatiques. Vous le découvrirez donc à la lecture de ces lignes, donner à boire à nos bétails se révèle être un sujet beaucoup plus important qu’il n’y paraît et mérite réellement d’être abordé en raison de son intérêt général.
Par Arnaud Caudron et Denis Caudron
Avec l’intensification des élevages et l’évolution des pratiques agricoles, les troupeaux, et en particulier les bovins laitiers, sont de plus en plus nombreux et consomment également de plus en plus d’eau. En l’absence de point d’eau naturel (source, étang, cours d’eau), l’exploitant agricole doit apporter régulièrement à son bétail une citerne d’eau pour permettre à ses animaux de s’abreuver. Mais vu l’importance du réseau hydrographique de notre pays, une grande majorité des terres d’élevage est traversée par un petit cours d’eau ou une rivière. Dans ce cas, le bétail a un accès libre au cours d’eau qui peut bien souvent, en cas d’absence de clôture, se prolonger sur l’ensemble du linéaire de la pâture. Cette pratique facilite doublement le travail de l’exploitant en permettant à son bétail de boire librement et en lui évitant l’entretien d’une clôture. Elle est donc courante et généralisée sur l’ensemble de notre territoire, notamment dans les grandes régions d’élevage comme en Normandie mais également, ce qui est moins connu, en zone de montagne sur les petits cours d’eau du Massif Central, des Alpes ou des Pyrénées. Sans oublier nos voisins européens qui sont confrontés aux mêmes problèmes comme en Irlande ou en Ecosse mais aussi outre- Atlantique au Canada.
Des impacts nombreux et variés
La prolifération des abreuvoirs sauvages en bordure des rivières entraîne de nombreux dommages de la zone riveraine, du lit du cours d’eau, de la qualité de l’eau et dont les impacts physiques et chimiques peuvent avoir des conséquences aussi bien sur les poissons, la santé humaine que sur les bovins euxmêmes. Le piétinement et le broutement répété des animaux provoquent une déstabilisation ou une déstructuration des berges et perturbent fortement la végétation rivulaire qui, dans certains cas, peut complètement disparaître. Or, nous connaissons tous l’importance d’avoir au bord des cours d’eau des zones riveraines saines avec des berges stables et une végétation adéquate. Des impacts sont également visibles au niveau du lit même du cours d’eau. Les abreuvoirs sauvages provoquent un élargissement du lit ainsi qu’un colmatage important des fonds qui ne se localise pas seulement au niveau des zones piétinées. En effet, les matières mises en suspension par le bétail peuvent se déposer sur plusieurs centaines de mètres à l’aval. Les effets les plus néfastes de la divagation des animaux dans les cours d’eau concernent la dégradation de la qualité physico-chimique et sur-tout bactériologique de l’eau. A ce sujet, les résultats d’un travail d’étude réalisé en 2002 et 2003 par la Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Rivières de Basse-Normandie sont sans appel. Cette étude a recherché à quantifier l’impact que pouvait avoir la présence de bovins dans les cours d’eau en mesurant, selon un protocole précis, plusieurs paramètres comme la bactériologie, la teneur en oxygène et en ammoniaque ainsi que la présence de matières organiques et de matières en suspension.
Lorsque le bétail n’est pas dans l’eau, les paramètres mesurés sont à des niveaux normaux. Mais dès que quelques animaux sont présents dans le cours d’eau, l’ensemble des paramètres virent au rouge. Ainsi, à l’aval immédiat du piétinement, une pollution bactériologique très nette est mesurée avec des teneurs en bactérie fécale multipliées par 800 par rapport à une station de référence située hors abreuvoir. Des signes importants de pollution organique sont également relevés. La quantité d’ammoniaque est multipliée par 30 et les matières en suspension par 50. Enfin, le taux d’oxygénation de l’eau diminue fortement pour atteindre des valeurs incompatibles avec toute vie piscicole. Tous ces impacts se prolongent sur plus de 300 mètres en aval de la zone piétinée. Les résultats montrent qu’il suffit d’éviter l’accès des bovins au cours d’eau pour remédier à cespollutions. Celles-ci sont, bien entendu, néfastes au développement de l’ensemble de la vie aquatique, poissons et insectes en particulier. En Haute-Savoie, certaines populations d’écrevisses autochtones à pieds blancs situées en tête de bassin sont même limitées dans leur colonisation par la présence d’abreuvoirs sauvages. L’introduction répétée d’agents pathogènes et d’éléments fertilisants dans l’eau peut entraîner également un risque sanitaire en premier lieu pour les animaux euxmêmes qui peuvent développer des pathologies suite à la consommation d’eau contaminée. La contamination bactériologique, dès les têtes de bassins, à partir des zones d’abreuvement sauvages peut également entraîner un risque sanitaire pour les activités humaines (alimentation en eau potable, baignade…). Ces pollutions ne sont donc pas anodines, d’autant que dans de nombreuses zones rurales, la population de bovins est plus importante que la population humaine. Et si on ajoute à cela qu’en termes de charge polluante un bovin équivaut à sept hommes, on se rend mieux compte de l’importance d’éviter la divagation du bétail dans les cours d’eau. En outre, les impacts ne sont pas seulement ponctuels dans le temps et dans l’espace car la saison de pâturage dure de nombreux mois et les effets, nous l’avons vu, se prolongent sur un linéaire important.Des solutions possibles
Afin de réduire ces nuisances sur les milieux aquatiques, de nombreuses solutions techniques existent et commencent depuis quelques années à être mises en application dans le cadre de programmes d’action. La première chose à faire pour traiter le problème de la divagation des troupeaux dans un cours d’eau est de poser un diagnostic précis. En effet, chaque situation présente des caractéristiques différentes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour proposer une solution technique efficace et satisfaisante. Le diagnostic relèvera les dégradations de la qualité du milieu (état des berges, du lit et de la végétation rivulaire, impacts identifiés et linéaire concerné), s’intéressera aux caractéristiques de la pâture (superficie, configuration topographique) et prendra en compte également les pratiques agricoles (nombre de bête à abreuver, race utilisée et type de production). Le but recherché est de limiter au maximum l’accès du troupeau à la rivière et si possible d’exclure entièrement les animaux des cours d’eau afin d’éviter toute contamination et dégradation. Aussi, l’installation de clôtures le long des cours d’eau (si possible pas trop près pour laisser un espace aux pêcheurs…) est la première action à entreprendre.
La pose de clôtures couplée à la mise en place de nouveaux abreuvoirs permet à la fois de protéger le milieu et de garantir un abreuvement sain pour le bétail. Pour ce faire, plusieurs types de dispositifs sont envisageables.
L’abreuvoir classique consiste à aménager pour le bétail une plage d’accès au bord de la rivière tout en lui empêchant de rentrer dans le lit. Ainsi des barrières spécifiquement dimensionnées permettent aux bovins uniquement de passer leur tête pour accéder à l’eau mais leur interdisent de piétiner le fond de la rivière. Lorsque la pente du cours d’eau est suffisante (supérieur à 1 %), il est possible de mettre en place tout simplement un système gravitaire avec une crépine et un tuyau qui amène l’eau naturellement dans un bac d’abreuvement placé à proximité de la berge. Ce système a l’avantage d’éviter tout contact direct du troupeau avec la rivière, il est peu coûteux et facile à installer, mais nécessite cependant un entretien régulier de la part de l’exploitant agricole. Enfin, plus perfectionnée, la pompe de prairie permet à l’animal d’actionner lui-même un dispositif de pompage mécanique qui va assurer l’alimentation en eau de l’abreuvoir. Comme le précédent, ce système évite tout contact entre le bétail et le milieu, il s’adapte à tous les cours d’eau, mais représente un investissement plus important. Les coûts de ces différents types de dispositifs peuvent varier de 350 à 2 000 euros.