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Une petite rivière irlandaise, la Fane
Un séjour test passé avec Gatti sur la Fane, un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, à la toute fin du mois septembre 2010, m’a permis de m’essayer à la technique de pêche du saumon en petite rivière. Ce séjour a été l’occasion de découvrir une région méconnue de l’Irlande, peu fréquentée par les touristes pêcheurs.
Par Philippe Collet, photo John McCaughey
La Fane est un petit fleuve côtier du nord-est de l’Irlande, qui débouche dans la mer d’Irlande à Blackrock, un village situé au sud de la ville de Dundalk, au nord de Dublin. Le bassin de la Fane commence avec des petits tributaires qui se jettent dans le lac Muckno. La rivière qui en sort s’appelle la Clarebane, elle se jette dans le lac Ross. A sa sortie, elle s’appelle la Fane. Elle fait alors la frontière entre l’Irlande du Nord (comté d’Armagh) et la République d’Irlande (comté de Monaghan) avant de traverser le comté de Louth en République d’Irlande. Elle coule en direction du sud-est. Avec ses tributaires, elle mesure près de 70 km. La Fane abrite une belle population de truites fario, de truites de mer et de saumons. Les populations de truites fario augmentent en remontant vers l’amont de la rivière, alors que les parcours les plus prisés pour la truite de mer et le saumon sont situés plutôt en aval. La Fane est une très bonne rivière à truites fario. Cette pêche mérite à elle seule le déplacement, de mai à septembre. Pour la truite de mer, la saison démarre en juillet et reste bonne jusqu’à la fermeture. Concernant le saumon, la meilleure période pour le pêcher s’étend de juillet à octobre. La pêche est fonction des niveaux d’eau. En 2010, les remontées de saumons ayant été très tardives, elle a réellement démarré en septembre à cause du manque d’eau en été. Frontalière avec l’Irlande du Nord, la Fane ferme plus tard en saison que sa voisine la Boyne, par exemple. En 2010, la pêche du saumon et de la truite fermait le 12 octobre. Cette rivière est gérée par des associations de pêcheurs et certains propriétaires riverains. De nombreuses techniques de pêche y sont autorisées, mais le catch and release est encouragé.
Une rivière tardive
Ce petit fleuve côtier est une rivière à crues. Les remontées importantes de saumons ne se font que lors des coups d’eau. La rivière Fane est tardive car les poissons qui la remontent doivent parcourir le chemin le plus long qui soit pour rejoindre une rivière de République d’Irlande. Revenant de leurs aires de grossissement du nord de la Norvège et du Groenland, ils ne coupent pas tout droit depuis le nord mais font le tour par l’ouest puis le sud de l’Irlande. Il semble qu’ils reprennent le parcours qu’ils ont fait à l’état de smolt, poussés vers le sud par de forts courants venant du nord. Ils ont ainsi un long trajet à parcourir pour rejoindre leur rivière et arrivent logiquement parmi les derniers dans leur estuaire. En 2010, les grisles de 2 à 2,5 kg, remontés d’abord, ont formé contrairement aux années précédentes une grande part des captures. Des saumons plus gros sont remontés après. Un compteur à poissons récemment mis en place sur la rivière par Inland Fisheries Ireland, et opérationnel pour la saison 2010, avait permis, fin novembre, de relever 900 poissons de plus de 1,5 kg (essentiellement des saumons) et 1 350 poissons plus petits (truites de mer et petits saumons) de 0,5 à 1,5 kg. Ce compteur ne détecte pas les nombreuses truites de mer plus petites. Fin novembre 2010, il remontait encore des saumons, d’une taille moyenne de 3 à 4 kg cette fois, dans la Fane.
Pour 2011, compte tenu du nombre de smolts présents les années antérieures, le nombre de prises autorisées passe de 275 à 604 pour la rivière Fane. En 2009, le nombre deprises s’est élevé à 275 poissons, dont 40 % ont été relâchés. En 2010, les chiffres provisoires des collectes de tags et des carnets de capture faisaient état de seulement 200 poissons pris, du fait de la remontée tardive, plus 70 relâchés.Les pêcheurs de la Fane à l’origine de l’arrêt des filets dérivants
Du fait de la particularité de leur migration, qui conduit les saumons à longer les côtes de l’Irlande par l’ouest puis le sud, les poissons de nombreuses rivières irlandaises, mais aussi d’autres rivières d’Europe, étaient interceptés par des pêcheurs aux filets dérivants sur les côtes ouest et sud du pays. Avec l’augmentation et la modernisation de la pratique de cette pêche, les stocks de saumons ont rapidement atteint des niveaux dramatiquement bas. A titre d’exemple, les pêcheurs aux engins de l’estuaire de la Fane ont vu le nombre de leurs prises passer de 10 000 en 1960 à 500 en 1990. Cet état catastrophique de la ressource a conduit, il y a dix ans, les trois clubs de pêcheurs à la ligne de la rivière Fane à se réunir pour manifester contre la pêche aux filets dérivants qui pillait leur ressource. Cette manifestation a été le déclencheur d’un mouvement de plus grande ampleur qui a conduit le gouvernement irlandais à indemniser les pêcheurs aux filets dérivants pour qu’ils arrêtent cette pratique.
La recolonisation des rivièresL’arrêt de la pêche aux filets dérivants, combiné à une réduction importante de la pêche aux engins en estuaire, a permis aux saumons de recoloniser progressivement les rivières. La Fane, qui n’a pas été curée ou recalibrée par le passé, qui a la chance d’avoir un débit d’étiage soutenu par les lacs amont et qui a une eau très surveillée car elle approvisionne l’agglomération de Dundalk en eau potable, a pu être rapidement recolonisée. Elle abriterait la plus grande densité de smolts d’Irlande, ce qui lui vaut d’avoir un quota de prises important. Parmi les 110 rivières répertoriées « à saumon » en Irlande, la Fane occupe la 16e place devant la Dee et la Glyde proches, pour le moment fermées à la pêche pour protéger la ressource. Pour une petite rivière à crue, large de 10 à 15 mètres, c’est un score plus qu’honorable. L’ouverture progressive des autres rivières viendra réduire la pression de pêche sur la Fane, la rendant encore plus attractive. Après la Boyne, la Glyde devrait par exemple ouvrir à nouveau en catch and release pour 2011.
La pêche
Une rivière comme la Fane est un peu difficile à pêcher à la mouche au plus fort d’une montée d’eau. Pour y pratiquer cette technique pendant une crue, il faut choisir les secteurs les plus larges, permettant à la soie de se placer et à la mouche de bien travailler. Il ne faut pas perdre trop de temps à essayer de pêcher des sections étroites et trop profondes car, malgré l’usage de soies très denses, les mouches passent souvent trop haut. Le moment le plus favorable pour attraper un saumon est le tout début de la période de décrue, lorsque l’eau commence à baisser et à s’éclaircir. L’incidence de la marée est très importante et conditionne les arrivées de poissons frais sur les pools. Sur ce type de rivière sans obstacles, les poissons peuvent remonter très rapidement et gagner leurs secteurs de frayère en parfois moins d’une journée.
En période normale, ou lorsque la crue n’est pas trop forte et que la rivière est assez large, il est possible de pêcher à l’aide d’une soie flottante ou d’une soie flottante à pointe intermédiaire. En général on lance trois quarts aval pour laisser la mouche décrire un arc de cercle en traversant les veines de courant, tirée par la soie. Lorsque la soie arrive en parallèle de la berge, on en récupère quelques mètres avant de relancer. On peigne ainsi méticuleusement la rivière, mètre après mètre, de façon très méthodique, pour tenter de faire réagir un poisson. Plus la rivière est étroite, rapide et profonde, plus il faut lancer à la perpendiculaire de la berge pour laisser le temps à la mouche de s’enfoncer avant d’être tirée par la soie. On peut être amené à faire quelques mendings, pour replacer le ventre de la soie vers l’amont et laisser le temps à la mouche et la pointe de la soie de couler un peu. Dans certains cas, il peut même être judicieux de lancer sa mouche vers l’amont pour induire un dragage instantané de l’amont vers l’aval à proximité immédiate de la berge et peigner ainsi les petits amortis, à la recherche de poissons collés à la berge d’en face. On essaie alors de pousser le ventre de sa soie vers l’aval en fin de lancer pour former un ventre vers l’aval (mouvement de canne de l’amont vers l’aval après le shoot en laissant filer de la soie entre les doigts). Cela permet de longer plus longtemps la berge d’en face. On tente en général ces passages après avoir d’abord peigné l’aval du poste. En cas de prise de la mouche, pour ne pas rater la touche, il faut laisser au saumon qui s’en est saisi le temps de basculer vers lebas avant de le ferrer. Certains estiment qu’il faut tenir une boucle de soie sous les doigts pour pouvoir la libérer à la touche avant de ferrer en relevant la canne, d’autres se contentent de laisser la soie sur le moulinet réglé doux pour qu’elle se dévide facilement, sur quelques dizaines de centimètres, à la touche. Je ne me permettrais pas de trancher.
Lors de notre séjour, nous avons dû pêcher avec des soies à pointes plongeantes très denses de type 200 grains ou Depht Finder, car les eaux étaient hautes et tendues. Lorsque le courant est important, les imitations montées sur hameçon double sont privilégiées, car le poids de ce dernier permet un meilleur ancrage de la mouche dans l’eau. Pour ce type de rivière, il n’est pas nécessaire de s’équiper de cannes spécifiques à deux mains. Une canne à une main de 10 à 11 pieds pour soie de 8, pas trop raide, est idéale. Elle permet de réaliser des lancers depuis des berges encombrées et de réussir tout de même à conduire ses dérives. Une canne de 8 reste discrète et est suffisamment puissante pour combattre des poissons souvent moyens. Le moulinet doit être doté d’un bon frein mais n’a pas besoin d’être surdimensionné pour contenir une grande réserve de backing. Il est de toute façon illusoire de vouloir ramener un poisson qui a trop dévalé et que l’on n’a pas pu suivre, la progression du pêcheur étant le plus souvent immédiatement bloquée par la végétation des berges.
Pour ces pêches sur une rivière étroite, le bas de ligne est court : 2 à 3 m en soie flottante pour rester précis à faible distance, 60 cm à 1 m en soie plongeante pour placer la mouche rapidement au bon niveau derrière la soie. Un diamètre de pointe de 30 centièmes paraît être le bon compromis résistance/présentation. Sur les plus longs bas de ligne, un porte-pointe peut être réalisé avec un morceau de fil plus fort en 40 ou 50 centièmes pour une meilleure présentation, mais il n’est pas indispensable. L’importance du guide Pour pêcher le saumon, le savoir-faire d’un guide et sa connaissance de la rivière sont importants. Il est difficile de savoir sur quel pool aller au gré des horaires de marées et des hauteurs d’eau. Le guide vous aidera à choisir vos mouches ou vos leurres, vous apprendra à mieux lire la rivière et à comprendre les tenues potentielles des saumons. Il vous emmènera sur des pools que vous n’auriez pas pu trouver seul. Sur un séjour, il est important de réserver ses services quelques journées, le temps au moins de prendre ses marques.
Un environnement un peu dégradé mais un accueil chaleureuxSi les paysages sont sauvages et somptueux sur l’amont de la Fane, j’ai tout de même été déçu par sa partie le plus aval où l’impact anthropique est assez marqué : cultures trop proches de l’eau à plusieurs endroits, remblaiement d’une zone humide en cours, nombreux déchets laissés par certains pêcheurs sur les secteurs les plus fréquentés. Cela donne une impression de déjà vu, un peu démoralisante lorsqu’on pensait voir autre chose en changeant de pays. Cette déception a été compensée par l’accueil très chaleureux qui nous a été réservé par nos hôtes David Byrne, de l’Eastern Regional Fisheries Board, Bernard Devenney, le secrétaire, John McCaughey, le président du Club des pêcheurs de saumon de Dundalk, Matt Campbell, le guide de pêche, Ronan O’Brien, d’Inland Fisheries Ireland, responsable entre autres du compteur à poissons de la Fane, Heinz, notre hébergeur, et aussi les pêcheurs qui ne nous connaissaient pas, rencontrés au bord de l’eau, toujours attentifs à nous donner un conseil, voire une de leurs mouches favorites. Rien que pour ça, je reviendrai

Coins de pêche : la sélection du Petit futé
Le Petit futé, éditeur bien connu de guides touristiques, vient de publier un guide intitulé Week-ends et vacances de pêche, dont l’ambition est de proposer aux lecteurs « Tous les bons plans pêche en France et dans le monde ». Naturellement, le but est impossible à atteindre, mais ce petit guide pratique compte une foule d’informations qui seront bien utiles aux pêcheurs, surtout pour les pêcheurs routards. Une première partie de l’ouvrage détaille les principaux types de pêche, de la mouche au surfcasting, en passant par la traîne et le leurre, mais aussi les grandes lignes de la réglementation, une présentation de l’équipement, des organismes importants et de la presse spécialisée. Ensuite, une seconde partie, propose une sélection de week-ends pêche dans tout l’Hexagone, région par région. La troisième, et dernière partie, ouvre les horizons du pêcheur. Irlande, Suède, Canada, Sibérie, Sénégal, vous trouverez ici une sélection succincte de destinations de pêche qui ont déjà fait leurs preuves.
Le lecteur bénéficie de l’expérience de cet éditeur dans la publication de guides touristiques. Organisation de l’information, langue claire et renseignements pratiques en cascade : un petit guide qui, loin d’être exhaustif, n’en est pas moins bien fait.
Renseignements :

Evènement : les rivières jurassiennes, l’envers du décor !
La vidéo tant attendue “Rivières Jurassiennes, l’envers du décors” est désormais disponible. Merci de relayer l’information pour qu’un maximum de personnes voit ces images, qui montrent le véritable état des cours d’eaux de ce département prisé des touristes et des pêcheurs.

Espagne : un nouveau site web pour Pesca Extremadura
Pesca Extremadura, un centre de pêche situé à Orellana la Vieja dans le Sud de l’Espagne qui propose aux pêcheurs de carnassiers un « terrain de jeux » de près de 50 000 hectares, vient de mettre en ligne son tout nouveau site Internet. Bien fait, vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour partir à la découverte de ce site exceptionnel au cœur d’une zone et d’un biotope protégés, à trois heures de Madrid. Six guides français pourront vous faire découvrir cet impressionnant réseau de lacs et de rivières à la recherche des brochets, des black-bass ou encore des barbeaux qui peuplent la région.
Renseignements :

Chevesne for ever…
Garbeau, Cabot, cabède, cheu-cheu, lèche-à-tout…les pêcheurs ne sont pas avares lorsqu’il s’agit de trouver des noms d’oiseaux pour désigner ce bon Leuciscus céphalus, j’ai nommé notre « Chevesne National ». Éternel poisson de deuxième classe, il n’en demeure pas moins un vrai animal sauvage dont la pêche est tout sauf artificielle et peut se pratiquer en première comme en deuxième catégorie. La truite est fermée ? Cet hiver, pêchez sauvage, pêchez chevesne !
OK, passés les trois premiers coups de tête, il se défend souvent comme une pantoufle, et lorsqu’on lui rend la liberté, le dit chevesne vous laisse dans la main gauche une grosse envie de savonnette, mais à la guerre comme à la guerre, un pêcheur ne s’arrête pas à ça ! En se frottant énergiquement avec du sable et des algues, cela pue tout de suite un peu moins. Bien sûr, personne ne se vante de sa capture…lors des pêches en aveugle, une exclamation désobligeante accompagne toujours le moment où il paraît au regard :
– zut (euphémisme), un chevesne !Son abondance explique que sa capture ne fasse jamais la une des magazines. Mais c’est un tort. Dans certaines conditions, le chevesne peut être bien plus méfiant qu’une truite. Et sa vilaine bobine ne doit pas nous faire oublier que ce sont les vrais poissons qui font les vrais pêcheurs. A l’ère du simulacre généralisé, et de l’invention de la pêche hors sol, il n’est pas inutile de le rappeler. Son comportement alimentaire et ses moeurs sont proches de ceux de la truite. Il lui manque seulement les points noirs, le goût pour les courants plus frais et plus vifs, aussi, et surtout, un instinct moins grégaire. Car le chevesne est un être presque sociable. De ses souvenirs d’alevin, il garde les joies saines de la vie en groupe. Suspicion, opportunisme… par certains aspects, le chevesne a quelque chose d’humain. Une partie de la difficulté de sa pêche en eau claire vient de cet instinct grégaire.

Forte affluence au Salon de Charleroi
Rendez-vous incontournable des passionnés de pêche à la mouche, le
salon de Charleroi (Roselies), qui s’est déroulé les 28 et 29 janvier,
a cette année encore connu une très forte influence. Les raisons de ce
succès ? Des exposants venus de toute l’Europe, qui offrait un panel
de matériels très large, y compris en ce qui concerne des produits
confidentiels, pas facile à trouver. L’occasion pour des milliers de
visiteurs de faire le plein de matériaux de montage afin de pouvoir se
mettre devant l’étau de façon efficace et pour l’équipe de Pêches sportives de rencontrer ses lecteurs belges et du Nord-Est de la France !
Bord’Eaux Loisir Pêche : l’AG ouverte à tous les motivés
L’assemblée générale de l’association girondine Bord’Eaux
Loisir Pêche sera exceptionnellement ouverte à tous les intéressés. Elle aura
lieu le Samedi 18 Février 2012 à la maison des associations de Mérignac à
partir de 9 h 30. La plupart des sujets seront soumis aux votes de tous. A
noter que le nouveau site de l’association est en ligne : www.bordeauxloisirpeche.com. Vous
y trouverez toutes les informations concernant les activités de cette association
très dynamique.Renseignements :
Jérôme Rabin
Président de Bord’Eaux Loisir Pêche
Le clos des musiciens
4,Impasse Charlie Parker
33700 MERIGNAC
Tel :
09.71.34.18.85Mail : [email protected]

Pêche à la mouche : rester dans le coup sous la pluie
Pêcher à la mouche sèche quand il pleut est une activité contradictoire. Les mouches coulent dès les premières dérives, les boîtes prennent l’eau quand ce n’est pas le téléphone portable, les clefs de voiture ou l’appareil photo. Il existe aujourd’hui des moyens efficaces dans différents domaines pour continuer de pêcher (presque) normalement sous une pluie battante.
Par Philippe Boisson
La pêche est souvent très bonne au printemps sous la pluie. Les gobages sont nombreux et réguliers tant que le niveau des rivières ne monte pas exagérément. C’est l’occasion de réaliser les plus belles pêches à la mouche de la saison. Tout l’équipement du pêcheur doit être adapté à ces conditions particulières sous peine de voir se transformer l’espoir d’une pêche miraculeuse en calvaire plutôt irritant. On s’est tous fait avoir par ces situations que l’on rencontre plus fréquemment au printemps qu’en été. Les journées de pluie (pas toujours fines…) où ça gobe partout nous font sortir comme des escargots. Les années de sécheresse que l’on vient de subir (en espérant que ça revienne à la normale), nous ont fait oublier à quel point la pêche à la mouche sous la pluie demande une adaptation du matériel. Car dans ces conditions, les problèmes s’additionnent naturellement si l’on n’a pas pris certaines précautions au préalable. La pêche de rêve que l’on sentait si proche se transforme en douche froide. Les mouches qui coulent, les boîtes qui prennent l’eau, les bas de lignes qui vrillent, tout va de mal en pis. L’ensemble de ces malheurs peut être contré par des petites choses qui rendent la vie beaucoup plus belle lorsque les prises s’enchaînent avec facilité alors que les “collègues” sont partis pour une belle galère. De nos jours, la technique et la technologie qui en découlent permettent de profiter d’une foule d’avantages qui n’existaient pas il y a quelques décennies. Alors on aurait tort de s’en priver, non ?
1 – Un petit sac étancheAvec le développement des appareils électroniques, des sacs étanches de toutes dimensions voient le jour. Les plus petits modèles se glissent aisément dans une des poches du gilet de pêche ou peuvent se fixer à la ceinture. Les modèles Aquapac ou Simms sont particulièrement bien conçus. Ils permettent d’épargner le téléphone, l’appareil photo, les clefs de voitures et les papiers importants. Fini le stress, à condition de ne pas perdre le précieux sac avec tout dedans !
2 – Une graisse à tout faire
Si comme moi, vous n’êtes pas un adepte de la graisse pour graisser les mouches, un petit tube accroché au gilet par temps de pluie peut être bien utile. Il permet de faire flotter à nouveau une pointe de soie, une portion de bas de ligne, d’étanchéifier un accroc sur sa veste de pluie ou ses waders. Et lorsqu’il pleut vraiment, il ne reste plus que cette solution pour faire flotter les mouches, y compris celles en hackles de coq ou en poils de chevreuil pourtant résistantes à l’immersion. On trouve cette graisse à tout faire chez tous les distributeurs (Devaux, TOF, JMC, Ardent Sport, Marryat, etc.).
3 – Le produit sèche-moucheS’il existe plusieurs types de produits pour faire sécher les mouches, certains font dans le préventif afin d’éviter qu’elles ne prennent l’eau. C’est le cas des solutions liquides imperméabilisantes que l’on trouve en petits flacons. Il suffit d’y tremper une mouche attachée à son bas de ligne avant qu’elle n’ait pris l’eau, de l’agiter dans le flacon et le tour est joué. Cela paraît étonnant, mais après quelques faux lancers pour éliminer le produit, ça flotte ! Certes, la manipulation du flacon lorsque l’on est au milieu de la rivière n’est pas des plus pratiques, alors on peut toujours anticiper en préparant quelques mouches avant d’entrer en scène. C’est toujours mieux que de vider la moitié du flacon dans l’eau de sa rivière préférée…
4 – Des mouches qui flottentAvoir dans sa boîte des modèles de mouche flottant bien haut sur l’eau, est une nécessité par temps de pluie. Les matériaux synthétiques comme le Z-Lon ou l’Aérofibre (comme ici en toupet au-dessus de la collerette parachute de ce sedge) ont apporté une meilleure flottabilité des mouches sèches avec en prime une grande capacité à s’essorer en quelques faux lancers. Associés, aux poils de cervidés ou aux collerettes en hackles de coq horizontales, ces matériaux sont très utiles. En revanche, les dubbings en poils naturels (lapin, lièvre, castor, etc.) se noient très facilement.
5 – Un fil qui ne vrille pasAussi étrange que cela puisse paraître, les “nylons” en copolymère que l’on utilise pour constituer nos bas de ligne réagissent à l’humidité. Et sous la pluie leur comportement est différent de celui par temps sec. Certains modèles ont la fâcheuse manie de vriller pour un rien lorsqu’ils sont manipulés dans une humidité excessive. C’est le cas avec les fils très souples, justement si prisés des moucheurs en temps “normal”. Quel que soit le diamètre, ils peuvent poser des problèmes pour passer dans les anneaux et perturbent la présentation de la mouche. Pour les gros diamètres, le Maxima et le JMC Camoufil sont les plus recommandables et pour les petits diamètres, le Rio Powerflex est un des moins sensibles. Pour les autres, le problème est généralement présent… et persistant.
6 – Des noeuds adaptésCertains noeuds sont plus adaptés que d’autres lors d’une utilisation par temps très humide. Pour attacher la mouche à la pointe du bas de ligne, le noeud de cuiller est a proscrire au profit d’un noeud coulissant de type noeud du pendu. Les noeuds coulissants ne se serrent pas prématurément comme le noeud de cuiller et ainsi limitent le vrillage sur les deux ou trois centimètres avant le noeud. Idem pour les noeuds reliant les parties du bas de ligne entre elles. Si le noeud baril reste incontournable pour les gros diamètres (50 à 25/100), le noeud de chirurgien le remplacera pour les diamètres inférieurs. Ce noeud permet lui aussi d’obtenir un résultat très “propre”, exempt de vrillage de part et d’autre du noeud une fois serré. Par temps sec, il est conseillé de l’humecter avant serrage, ce qui n’est pas obligatoire par temps de pluie.
7 – Et l’amadou ?
La nature des noeuds employés pour la constitution des bas de ligne peut limiter le vrillage du fil par temps humide. Pour le raccord pointe/ mouche, le noeud de cuiller ne convient pas car il se serre trop tôt et crée un véritable tire-bouchon sur les deux ou trois derniers centimètres. Pour les brins intermédiaires (12 à 20/100), le noeud de chirurgien doublé ou triplé convient bien. Le noeud baril sera réservé aux grosses sections, c’est-à-dire du 45 au 25/100. Dans tous les cas, il faudra veiller à soigner la réalisation des noeuds, ce qui n’est toujours facile lorsqu’il tombe des cordes et que le nylon n’en fait qu’à sa tête !
8 – La bonne veste
Les vestes de wading se sont généralisées. Elles font aujourd’hui partie de l’équipement du pêcheur à la mouche. Mais toutes ne sont pas étanches sous des trombes d’eau. Les coutures doivent êtres collées (c’est généralement visible sur la face à l’intérieur) car toutes les coutures restent le point faible de ces vestes. Les grandes marques (Patagonia, Geoff Anderson, Bare ou Orvis) ont planché durant de longues années pour résoudre des problèmes techniques complexes et il semble aujourd’hui que les derniers modèles soient fiables. En tous cas, la prudence incite à mettre le prix pour acquérir un modèle haut de gamme qui dure dans le temps. Le coté “respirant” de ces vestes, mis en avant par les fabricants, ne doit pas se faire au détriment de leur qualité principale : l’étanchéité.
9 – Des boîtes étanches
Les boîtes à mouches étanches ne sont pas encore très répandues mais chaque année, elles sont de plus en plus nombreuses aux catalogues. Munies de joints qui garantissent une étanchéité permettant d’épargner les mouches sèches d’un bain forcé et les hameçons d’une rouille inéluctable, ces boîtes sont vraiment intéressantes. Citons les boîtes étanches C&F, Orvis ou Marryat. Hormis durant les jours de pluies, elles règlent le problème des boîtes qui trempent dans l’eau lorsqu’on pêche en wading. Il est par contre recommandé de jeter un coup d’oeil aux joints de temps en temps pour éliminer les brindilles et autres matériaux qui risquent de laisser passer l’eau.
10 – Une visière pour y voir clairIl n’y a rien de plus désagréable qu’une capuche de veste de pluie qui vous tombe sur les yeux ou les lunettes lorsqu’il pleut. Alors, pour remédier au problème, une casquette à large visière sous la capuche constitue une bonne solution et tout va immédiatement beaucoup mieux. Il existe des visières intégrées dans les capuches, mais qui ne sont pas assez couvrantes. À quand des capuches avec une visière coulissante que l’on puisse sortir en cas de besoin. Car il n’est jamais très agréable de porter une casquette en plus d’une capuche de veste de pluie. Messieurs les fabricants, à vous de plancher !

Barrage sur la Sélune : lettre ouverte à NKM
Nous publions ici la lettre ouverte que les associations de défense de l’environnement, réunies au sein du collectif « Les amis de la Sélune », ont adressé le 27 janvier à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie.
Madame la Ministre,
Nous célèbrerons le 2 février prochain la » Journée mondiale des Zones Humides ». Comme vous le savez, le collectif « Les Amis de la Sélune », qui compte aujourd’hui plus de 50 organisations membres, attend, avec le soutien de nombreuses grandes organisations de conservation de la nature, que vous saisissiez l’opportunité de cet évènement pour montrer ce que la France peut faire et sait faire pour la conservation de ces milieux naturels : la reconquête écologique de la Sélune, petit fleuve côtier qui se jette dans la Baie du Mont-Saint-Michel, plus importante zone humide salée d’Europe, sera, si vous en décidez ainsi, le premier projet européen de restauration de la continuité écologique d’un cours d’eau sur la totalité de son linéaire.
Cette décision, votre décision, constitue pour notre pays un enjeu international, cette rivière étant située à côté du deuxième site le plus visité en France, classée au « Patrimoine mondial de l’UNESCO ». Notre pays montre depuis des siècles sur ce territoire son talent, son avant-gardisme et sa créativité, en particulier ces dernières années, dans le cadre du programme « Grands sites », pour redonner au Mont son insularité : la France va-t-elle s’arrêter en si bon chemin ? L’effacement des barrages obsolètes de Vezins et La Roche-qui-Boit aura un impact positif sur l’équilibre dynamique de l’écosystème de la Baie, avec un fleuve qui aura retrouvé ses fonctionnalités hydrologiques et biologiques et qui de ce fait permettra d’apporter à celle-ci des eaux et sédiments de bonne qualité.
Cet effacement est également nécessaire au retour dans le complexe Sée-Sélune d’une population abondante de saumons atlantiques, population qui présente un intérêt génétique et patrimonial particulièrement important pour cette région de la façade atlantique. De nombreuses autres espèces de poissons migrateurs seront aussi bénéficiaires de ce démantèlement. Ainsi, bien évidemment, que les hommes et les femmes de cette vallée, pour une bonne partie favorable aux effacements, qui pourront en tirer une grande fierté lorsque la promotion de ce territoire restauré éclairera d’un jour nouveau l’intérêt et la beauté de cet arrière-pays, aujourd’hui largement oublié des principaux itinéraires touristiques.
L’exploitation hydro-électrique de la Sélune, aujourd’hui fonctionnant sous le régime insatisfaisant des délais glissants, n’est pas un enjeu majeur de production d’électricité renouvelable. EDF continue d’exploiter le site, depuis 1991, en infraction avec un arrêté de 1986 l’obligeant à rétablir la libre circulation des poissons migrateurs. Elle poursuit cette exploitation depuis 2007, année de fin de concession des barrages. L’entreprise a dans ce contexte été mise en demeure en 2010 par jugement de la Cour Administrative d’Appel de Nantes de garantir le franchissement des poissons migrateurs d’ici à la fin 2013, un délai intenable et pour des coûts prohibitifs, sans garantie de résultat. EDF ne s’oppose en l’occurrence ni à la fin de la production hydro-électrique des deux barrages, ni à l’annonce de leur effacement faite le 13 novembre 2009 par votre prédécesseur, Madame Chantal Jouanno. Les alternatives de production d’énergie renouvelable existent, notamment suite à l’annonce du futur parc éolien en mer à Courseulles-sur-Mer en Basse-Normandie. D’autres alternatives en matières d’énergies renouvelables existent localement. Elles sont créatrices d’emplois, durables et non délocalisables.
La reconquête écologique de la vallée de la Sélune génèrera une activité économique, directe et indirecte, liée aux chantiers de démantèlement et de restauration du lit du cours d’eau, activité qui sera largement supérieure à celle de la base de loisirs de la Mazure, au bord de la retenue du barrage de Vezins. Une activité économique à plus long terme dépendra des volontés politiques locales. Il existe de fortes potentialités de conversion vers le tourisme de nature, en particulier le tourisme de pêche au saumon, sur un modèle de gestion innovant à trouver s’inspirant par exemple de ce qui se passe dans les pays anglosaxons, pour valoriser cette pêche exceptionnelle. Les sports de nature, en général, peuvent capter une partie de la clientèle de la Baie et du Mont.
Nous vous demandons, Madame la Ministre, d’agir maintenant. Nous attendons depuis maintenant deux ans des éléments économiques et de prospective qui ne sont toujours pas disponibles pour trouver les alternatives concernant notamment la vingtaine d’emplois de la base nautique de la Mazure. Nous attirons en particulier votre attention sur le fait que continuer à ne rien faire risque de coûter très cher à la France avec des sanctions financières de la Commission européenne pour non-respect de ses obligations vis-à-vis de la continuité écologique. Ces obligations relèvent d’une part de la Directive Cadre sur l’Eau, et d’autre part du Règlement européen sur l’anguille numéro 1100/2007, la Sélune étant classée en Zone d’Action Prioritaire pour le rétablissement de la transparence migratoire dans le Plan de Gestion Anguille Français adopté par la Commission. Le non-respect des engagements de la France serait en totale contradiction avec les objectifs de la Trame Verte et Bleue dont vous avez installé le Comité national le 18 octobre dernier.
Il vous appartient donc, Madame la Ministre, d’envoyer un signal conforme aux engagements de la France en Europe et dans le Monde. Nous attendons une décision rapide de votre part qui permettra également de mettre fin à un climat local propice à certaines dérives. Nous vous demandons de veiller à ce qu’Adolphe Colrat, Préfet de la Manche, conformément à sa dernière déclaration publique, soit en mesure de signer l’arrêté de fin de concession des barrages à l’occasion de la Journée mondiale des Zones Humides, le 2 février prochain.
Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.
Signataires
Pour le collectif « Les Amis de la Sélune »Serge Orru – Directeur Général du WWF-France
Cécile Ostria – Directrice générale de la Fondation pour la nature et l’homme
Orri Vigfússon – Président du NASF1 AAPPMA de l’Elorn (Finistère) – AAPPMA de Pont-Croix (Finistère) – AAPPMA de Pontrieux-la Roche Derrien (Côtes-d’Armor)- ANPER TOS – Association Bretonne pour la Pêche à la Mouche – Association Internationale de Défense du Saumon Atlantique – Club des Saumoniers – Comité National de la Pêche Professionnelle en Eau Douce – Eau et Rivières de Bretagne – European Rivers Network – Fédération de la Manche pour la Pêche et les 24 AAPPMA suivantes : La Truite Cherbourgeoise ; La Truite la Scye; La Mouche de Saire ; Les Pêcheurs de la Sinope ; Le Gardon Saint-Sauveurais ; Les Pêcheurs de la Douve ; Le Gardon Chef du Pontais ; La Flottante Carentanaise ; Les Pêcheurs de Lessay ; Les Pêcheurs de Périers (St-Sauveur Lendelin) ; La Gaule Marignaise ; La Truite de l’Anneraie ; Les Pêcheurs à la ligne du Pays Saint-Lois ; Les Pêcheurs de Cerisy-la-Forêt ; Les Pêcheurs de Condé-sur-Vire ; La Gaule Torignaise ; Les Amis de la Vire ; Le Bassin de la Sienne ; Amicale des Pêcheurs à la ligne de l’Avranchin ; La Truite de la Sée ; Le Gardon de Pontorson ; La Truite du Beuvron ; La Ducéenne ; La Gaule Mortainaise – Federation of Irish Salmon and Sea Trout Anglers – Fédération Française des Moniteurs Guides de Pêche – Fédération Nationale pour la Pêche en France – Fondation GoodPlanet – Fondation pour la Nature et l’Homme – Humus, fonds pour la biodiversité – L’Hydroscope – Ligue pour la Protection des Oiseaux – Manche Nature – Mayenne Nature Environnement – North Atlantic Salmon Fund – SOS Loire Vivante – Sustainable Eel Group – Union Régionale des Fédérations de Bretagne – Basse-Normandie – Pays de la Loire pour la Pêche et la Protection du milieu aquatique – Vét’Eau Pêche-WWF-France Adresse postale : Collectif des Amis de la Sélune – c/o HUMUS, Fonds pour la biodiversité, 86 Rue de Lille – 75007 Paris
