Catégorie : Technique

Retrouvez ici tous nos articles sur les techniques de pêche à la mouche, technique de pêche aux leurres, vidéos de pêche aux leurres, vidéos de pêches à la mouche…

  • HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    Développé avec les plus grands champions tchécoslovaques, la marque Hanàk propose une gamme d’hameçons et de billes en tungstène qui permettent le montage de micro jigs qui ont la particularité de nager sur le dos, ce qui évite des accrochages. Très bonne qualité d’hameçons et les billes sont usinées à la perfection. Hanàk propose aussi des petits accessoires pour les bas de ligne comme ce micro ring très pratique.


    Notre avis :

    Les pêcheurs tchèques sont les maîtres de la nymphe au fil. Hanàk propose quelques uns de leurs secrets avec ces produits de très haute qualité.

    Produits disponibles sur : www.moucheshop.com

  • Castaic / Rock Hard

    Castaic / Rock Hard

    Belle histoire que celle de cette marque qui reprend le nom d’un lac californien empoissonné en truite arc-en-ciel que les énormes black-bass du lac ont appris à chasser. Il n’en reste pas moins que les leurres Castaic sont particulièrement bien adaptés à la pêche du brochet. Importés en France par Florida Fields, ils ont séduits rapidement les pêcheurs utilisant des gros poissons nageurs articulés. Le modèle Rock Hard est comme son nom l’indique un leurre dur, mais la marque propose aussi d’énormes leurres souples, tous en forme de poissons.
    Attention à bien enlever un triple car la réglementation française n’en autorise que deux.

    Longueur : 20 cm, 112 g.

    Conseils d’utilisation
    Voir nager un Rock Hard pocure toujours une certaine surprise, tant la nage de ce leurre est ultra réaliste. A ceci près qu’il reste tout à fait possible de la rendre aléatoire, hésitante en variant les vitesses de récupération. Comme la plupart des big bait, le Rock Hard se récupère canne basse et le leurre nage quasiment tout seul. L’emploi d’un leurre aussi lourd nécessite une canne “extra heavy” et un moulinet à tambour tournant conçu pour ça. Un leurre pour spécialiste, hors norme, comme l’est aussi son prix.


    Prix conseillé : 52 euros.
    Renseignements
    : www.floridafishing.fr

  • Illex / Jerk Freddy 170 MR

    Illex / Jerk Freddy 170 MR

    Chez Illex, la série des leurres Freddy est née de l’imagination de Hiroshi Takahashi. Si les premiers modèles étaient des swimbaits sans bavette, cette version “jerk” consistue l’une des principales évolutions du célèbre grand poisson nageur de la marque franco-japonaise. Vu sa grande taille, le Jerk Freddy 170 MR se destine naturellement aux brochets. Il est aussi un allié de choix pour les destinations lointaines, tant en mer qu’en eaux douces.

    Longueur : 170 mm.
    Poids : 46 g.


    Conseils d’utilisation

    Avec sa courte bavette et son corps flottant, le Jerk Freddy est conçu pour évoluer très proche de la surface, jusqu’à un bon mètre. Son corps plat lui assure un balancement régulier qui pousse à une récupération lente pour bien marquer cet effet qui plait aux gros brochets. Sa hauteur de nage en fait un excellent leurre pour prospecter au dessus des massifs d’herbiers et au milieu des grosses branches des arbres immergés, à condition de pêche depuis une embarcation, car la perte d’un tel leurre fait mal au porte-monnaie, même si il existe des leurres de cette taille beaucoup plus onéreux.

    Prix conseillé : 19 euros. Six coloris disponibles.
    Renseignements :
    www.illex.fr

  • Cuillères ondulantes Kuusamo

    Cuillères ondulantes Kuusamo

    Leurres incontournables de la pêche du brochet en lac, les cuillères ondulantes sont pourtant un peu oubliées par les pêcheurs sportifs. François Longepierre importe des modèles finlandais étonnants qui font merveille dans les eaux du lac de Serre-Ponçon.

    François Longepierre est détaillant à Embrun dans les Hautes-Alpes. Ancien compétiteur en première division nationale de pêche à la mouche, il est passionné de pêche aux leurres. Son magasin étant tout proche du lac de Serre-Ponçon, il offre notamment des produits adaptés à la pêche des poissons trophées de ce lac, que ce soit pour le lancer ou pour la traîne. En plus des marques traditionnelles que nous connaissons tous, François commercialise des marques plus confidentielles comme la gamme des cuillères Kuusamo qu’il importe pour la France. Kuusamo est une marque finlandaise qui produit une gamme impressionnante de cuillères ondulantes tant en formes, tailles, grammages, que coloris. Si vous en avez l’occasion, passez au magasin d’Embrun « La Pêche Soleil » pour visualiser l’essentiel de la collection qui occupe un pan de mur, sinon allez jeter un coup d’oeil au site Internet du magasin où vous pourrez choisir tranquillement le modèle et le coloris convenant le mieux à vos besoins. N’hésitez pas non plus à contacter François pour vous aider dans le choix des modèles en fonction de vos lieux de pêche et poissons visés. Il vous réservera le meilleur accueil et sera toujours de très bon conseil.
    Les cuillères ondulantes sont des leurres bon marché, solides et redoutablement efficaces pour leurrer les brochets sous toutes les latitudes, mais aussi, en fonction de la taille et des modèles choisis, les truites, les perches, les sandres et les silures. En posséder quelques-unes dans ses boîtes n’est jamais superflu. C’est là un leurre peu utilisé car peut être trop simple, auquel les poissons ne sont en fait pas accoutumés. Cela explique certainement qu’ils y répondent si bien. Les cuillères de la marque Kuusamo sont donc une valeur sûre pour essayer de ou pour se remettre à pêcher à « l’ondulante ».

    Renseignements :
    La Pêche Soleil – Europêche
    59, rue de la Liberté
    05200 Embrun
    Tel – fax : 04 92 43 66 04
    [email protected]
    www.peche-soleil.com

  • Canne G.Loomis NRX 802 S

    Canne G.Loomis NRX 802 S

    Peu après la sortie sur le marché français de la gamme NRX Loomis nous vous avions décrit la NRX Drop Shot dans nos colonnes. Nous allons vous parler aujourd’hui d’une autre canne spinning de la gamme, tout aussi remarquable, la Loomis NRX 802 S JWR. Après de nombreux essais, nous ne pouvons que vous vanter ses qualités. Je me suis habitué aux ligatures bleues et au blank gris foncé de la NRX et je dois dire que maintenant j’apprécie beaucoup ce look, synonyme pour moi d’équilibre, de légèreté et de précision. Cette canne monobrin de 6’8’’ (202 cm), d’action Extra Fast et de puissance Médium est donnée pour le lancement des leurres de 1/8 à 1/4 oz, soit 3,5 à 7 grammes. Si elle permet de lancer très confortablement les leurres légers, elle est capable de lancer aussi des leurres beaucoup plus lourds et de soutenir de gros leurres souples montés sur des têtes plombées de 21 à 28 grammes en pêche verticale. Elle est montée avec quatre anneaux Fuji SIC, trois de départ et un de tête, et cinq anneaux Recoil très légers collés au blank. Ces petits anneaux doivent largement contribuer à alléger sa partie supérieure et à lui donner cette action si particulière, très rapide et très réactive.

    Cette canne possède une grande réserve de puissance. Elle permet de pêcher tout en finesse en sachant que l’on pourra quand même ferrer correctement les brochets les plus récalcitrants. C’est une très bonne lanceuse et elle convient parfaitement pour la pêche linéaire des carnassiers avec des leurres souples équipés de têtes plombées de 5 à 14 grammes, des lames vibrantes, des shads à palette, etc. Très résonnante, elle retransmet en effet les moindres informations du leurre vers le pêcheur. Elle est très agréable en pêche verticale. J’ai pu passer quelques heures de pêche avec Wim Van de Velde du Team Loomis Benelux, grand spécialiste de la verticale, qui l’apprécie beaucoup pour cet exercice. Elle est enfin bien équilibrée si on lui associe un moulinet de taille 2500 garni d’une tresse en 10 ou 12 centièmes.

  • Lire une boîte de leurres

    Lire une boîte de leurres

    À pêche universelle, langage universel ! La pêche aux leurres est souvent mal comprise des pêcheurs français en raison des nombreux termes anglophones qui la régisse. Les produits étant pour la plupart importés du Japon, nous avons de la chance si les notices des boîtes de leurres ne sont pas rédigées en japonais (c’est toujours le cas pour certaines !). L’anglais s’impose donc pour toutes les exportations sur l’Europe et le reste du monde. Un petit lexique s’avère donc bienvenu pour mieux comprendre les indications mentionnées sur les boîtes de leurres, ainsi que les termes utilisés naturellement par les spécialistes de cette technique.

    Crankbait : leurre flottant mais muni d’une bavette plus ou moins longue et plus ou moins inclinée qui lui permet rapidement d’atteindre sa profondeur de nage (0 à 3 m en moyenne et jusqu’à 6 ou 9 m). Son appellation “crank” , vient de manivelle, car leur récupération s’effectue en moulinant régulièrement. Le fait qu’ils soient flottants permet de casser la récupération en effectuant des pauses. Contrairement à une idée reçue, les cranks ne s’accrochent que très peu car leur bavette sert de butoir pour les faire pivoter autou ou rebondir dur les obstacles (bois, rochers)

    DD : deep diving (plongeur profond).

    F : floating, leurre flottant.

    Jerking : action d’animer un leurre de façon franche mais irrégulière. Terme ici inspiré d’une danse, le jerk. Autre définition : Jerk signifie “secousse, soubressaut, spasme” ce qui peu aussi traduire le comportement que prend le leurre sous les à-coups du scion. On retrouve ça dans la façon de danser le… jerk bien sûr.

    Jerkbait : poisson nageur conçu pour être animé en jerking.

    Jerking : animation d’un leurre par coups de scion irréguliers. La position de la canne peut être variable.

    Lipless
    : littéralement sans lèvres, mais qui signifie sans bavette dans le cas des leurres. Il existe des lipless crankbait, à lancer et ramener pour les faire vibrer fortement, et des lipless minnows plus effilés qu’on peu animer d’à-coups ou ramener lentement en linéaire pour obtenir une nage chaloupée très discrète.

    Longbill : longue bavette. Dote les poissons nageurs qui vont pêcher en profondeur.

    Stick bait
    : littéralement “appât bâton” en raison de la forme du leurre.

    SP : suspending. Le leurre dont la densité est identique à celle de l’eau et qui reste en suspension dans la couche d’eau lorsqu’on arrête sa récupération.

    S
    : sinking : leurre coulant.

    Twitching
    : animation d’un leurre par coup de scions réguliers canne basse.

    Hard swim bait et soft swim bait :
    leurre dur nageant et leurre souple nageant. Ces leurres sont articulés souvent en deux ou trois parties. Leur nage est des plus vivantes.

    Swimbait : ou swimming bait. Leurres souples en PVC, silicone, élastomère avec, ou sans, partie rigide en ABS ou en bois. Équipés de bavette, ou de palette caudale, certains sont articulés mais tous ondulent comme de vrais poissons. Conçus pour être ramenés de manière continue, il ne sont pas faits pour être animés d’à-coups.

    Walking the dog
    : animation particulièrement efficace avec les stickbaits et les jerkbaits. Avec un léger mou dans la bannière et en coordonnant la récupération du moulinet et les à-coups du scion, maintenu, au ras de la surface on parvient à faire zigzaguer merveilleusement ce type de leurre. L’ampleur des zigzags dépend de la cadence des à-coups : rapide = zigzags serrés, lente = zigzags plus larges.

    Wobbling : littéralement vacillation. Caractérise le frétillement d’un leurre (crankbait, minnow).

  • Poisson-nageur : du rôle des billes

    Poisson-nageur : du rôle des billes

    Stabilité au lancer, émission de sons de haute ou de basse fréquence, amélioration de la nage, les leurres à billes ne sont pas le fruit du hasard, mais naissent des mains de spécialistes opérants comme de véritables génies. Explications, pour ne plus jamais regarder un poisson nageur comme un vulgaire pastiche.

    Par Alban Choinier

    Améliorer les distances de lancer

    Les premiers poissons nageurs mis au point par un génial pêcheur finlandais étaient plutôt destinés à effectuer leur dure besogne tractés derrière un bateau. Ces leurres avaient été pensés pour nager sous l’effet d’une traction, et non pas pour être lancés. D’autant plus que le matériel n’avait pas atteint de niveau de perfectionnement actuel. Les poissons nageurs en bois ont la densité de leur matériel de construction. Le centre de gravité est souvent situé au centre du leurre, ce qui a pour désagréable effet de le faire tournoyer en l’air pendant le lancer. La résultante est une perte de précision et de distance. Pour améliorer tout cela, des ingénieurs japonais ont imaginé un subterfuge : modifier le centre de gravité. Les billes font alors leur apparition. Placées dans le tiers arrière, dans le cas des leurres de surface, les billes apportent du poids vers le cul du piège et modifient ainsi le centre de gravité. Le leurre part comme une fusée sans tourner. Pour les poissons nageurs, le problème est un peu différent. Pour nager correctement, le centre de gravité doit être vers le centre du leurre, alors qu’il doit être vers l’arrière pour le lancer. La solution a été trouvée en plaçant une ou plusieurs billes sur un rail, avec la possibilité pour elles de passer du milieu vers l’arrière. Pendant le lancer, elles coulissent vers l’arrière et, lors de la récupération, elles regagnent bien sagement leur place au centre du corps. Ces billes destinées à améliorer les distances de lancer sont rarement très bruyante. Le son qu’elles produisent est souvent sourd, du fait de leur masse.


    Déclencher la curiosité ou l’énervement

    Les poissons, en règle générale, et surtout les carnassiers, sont très curieux. Les bruits provoqués par des leurres à bille amènent des poissons à se déplacer sur des distances considérables. Les billes destinées à faire du bruit sont souvent en verre ou en laiton. Placées dans des loges spécifiques (souvent dans la tête du leurre), elles n’existent que pour s’entrechoquer. Les poissons n’attaquent pas obligatoirement les leurres pour se nourrir. Ils peuvent être dérangés par le bruit assourdissant d’un leurre à bille et l’attaquer par agressivité. N’ayant pas de mains (!!!), il leur arrive quelquefois de suivre un leurre et de le prendre dans la gueule pour vérifier la nature de l’élément perturbateur, ce qui leur réserve souvent une drôle de surprise.

    Améliorer la nage

    Certains leurres ont une bille, d’un poids souvent considérable, placée au niveau du “ventre’’ sur un rail perpendiculaire au sens de la nage. Cette bille se déplace donc dans le sens de la largeur, et non pas de la longueur. À chaque mouvement du poisson nageur, la bille passe d’un côté à l’autre en modifiant à chaque fois la répartition des masses. L’effet “rolling’’ est plus accentué. Pour faire simple, le poisson nageur concerné a tendance à balancer fortement sous l’effet des coups de scion.


    À consommer avec modération

    Les leurres à billes provoquent une réaction particulièrement positive sur absolument tous les prédateurs, que ce soit des truites, des brochets, des black-bass ou des bars. Les poissons qui n’ont jamais eu l’occasion d’entendre des leurres bruiteurs réagissent au quart de tour. Par contre, même s’ils ne sont pas doués d’intelligence, les poissons développent une sorte de méfiance. Sur les zones où des leurres bruiteurs sont systématiquement mis à l’eau, et ce, depuis un certain temps, les poissons commencent à les éviter. Fort heureusement, d’une année à l’autre, les poissons oublient et les lieux sur-pêchés de cette manière ne sont pas non plus légion.

    Quelle sonorité pour quel poisson ?

    On peut classer très grossièrement les leurres bruiteurs en deux catégories, ceux à sonorité grave et ceux à sonorité aiguë. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le son du leurre a une réelle importance. N’ayant aucun don pour la voyance, je ne m’aventurerais pas dans des pronostics hâtifs. Sans aucune raison apparente, il arrive certains jours que les poissons refusent systématiquement les leurres à sonorité aiguë pour prendre ceux au son grave. Fort de votre constatation, vous arrivez sur le même poste le lendemain avec le leurre qui vous a porté chance pour vous apercevoir que le son ne leur plaît plus. Ils veulent cette fois-ci de l’aiguë. En fait, c’est bien souvent à n’y rien comprendre. En eau douce, le black-bass est un spécialiste de ce genre de comportement déroutant. En mer, le bar peut certains jours rendre fou n’importe quel pêcheur. J’ai à ce titre une anecdote assez représentative. J’avais modifié au cours d’une longue journée d’hiver un de mes leurres de surface. En perçant un petit trou dans la tête de mon leurre et en le rebouchant avec de la résine, j’avais ôté des billes en verre destinées à l’origine à créer un son. Nous pêchions le bar du bord avec deux amis. Les bars suivaient nos leurres sans jamais les prendre. Le leurre le plus attractif était justement une version normale du leurre que j’avais modifié. J’ai changé mon leurre d’origine pour exactement le même leurre, mais sans les billes en verre. J’ai fait ce jour-là une pêche magnifique, alors que mes deux collègues continuaient à s’arracher les cheveux. Il arrive aussi certains jours que les leurres silencieux donnent les meilleurs résultats !


    Eau vive ou eau calme ?

    En matière de son, il existe quand même une vérité applicable aussi bien en mer qu’en eau douce. Plus le milieu aquatique est remuant, plus les leurres sonores vont être efficaces. Si vous pêchez dans les chutes d’un barrage ou dans la mousse du ressac, un poisson nageur très bruyant sera nécessaire pour se différencier du bruit ambiant. Ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de faire de la plongée sous-marine savent de quoi je parle. À l’inverse, si la mer est d’huile ou si vous pêchez dans un lac très calme, préférez des leurres assez discrets. Dans ce cas précis, trop de bruit peut produire l’effet inverse à celui recherché… sachant que l’exception confirme la règle ! La prochaine fois que vous aurez un poisson nageur dans la main, secouez-le et essayez d’analyser le rôle des billes et leur sonorité. Vous allez vite vous apercevoir si elles sont destinées à améliorer les distances de lancer, à faire du bruit ou les deux à la fois. Ou si, comme dans certains leurres bas de gamme, elles ont été emprisonnées n’importe où pour faire plaisir au pêcheur !

  • Technique lancer : une question de température !

    Technique lancer : une question de température !

    La température de l’eau est un paramètre important, voire incontournable, que chaque pêcheur devrait prendre en considération au bord de l’eau. Elle pousse pourtant les truites à effectuer des déplacements sporadiques et conditionne leur niveau d’agressivité.

    Par Alain Foulon

    La truite, nous le savons, peut vivre dans une eau dont la température est comprise entre 1 et 18 degrés. Entre ces deux situations extrêmes, la moindre variation de température influera sur l’activité alimentaire des poissons, et d’une façon plus générale sur son comportement. Une rivière très froide offrira une meilleure oxygénation, tandis qu’une hausse significative de la température nous permettra d’observer un appauvrissement significatif de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce déficit provoquera vraisemblablement l’apathie des truites et une diminution rapide de leur appétence. Mais avant de rentrer dans le détail et d’établir un lien avec la pêche aux leurres, il est avant tout nécessaire de comprendre comment réagit la truite dans son milieu naturel. Tout d’abord, nous rappellerons que ce salmonidé est soumis à différents tropismes (1) qui interviendront directement sur son comportement. Le thermotropisme, c’est-àdire l’influence de la température sur les déplacements du poisson, est sans nul doute possible, le facteur le plus difficile à prendre en compte durant une partie de pêche car il peut quelquefois être imperceptible. D’ailleurs, chacun s’accorde à dire que le comportement de la truite est dicté par ce type d’instinct. En l’occurrence, la température de l’eau ou une variation importante de cette température modifieront inévitablement son activité alimentaire et, par voie de conséquence, sa réaction vis-àvis d’un leurre, mais surtout l’entraîneront à se déplacer vers une zone de confort où elle trouvera de meilleures conditions de survie. Car il faut également savoir que la truite, comme les autres poissons d’eau douce, ne possède pas de système lui permettant de réguler sa température. Ainsi, elle est obligée de compenser cette lacune en recherchant des secteurs plus favorables. Elle doit essayer de s’adapter au milieu ambiant en sachant qu’une brusque variation de température l’obligera systématiquement à se déplacer vers les zones les plus confortables. En cas de forte baisse de la température de l’eau, elle rejoindra les secteurs les plus profonds tandis qu’une température élevée provoquera son déplacement vers les zones plus oxygénées et ombragées. Dans le même esprit, le refroidissement des rivières diminue l’activité alimentaire des truites, voire la supprime totalement. Les pisciculteurs sont parfaitement informés de ce type de comportement et cessent d’alimenter les poissons élevés en bassin quand l’eau descend à une certaine température. Inversement, une eau excessivement chaude pourra provoquer l’apathie des truites qui, dans les cas les plus extrêmes, pourront même souffrir de cette hausse de température. Enfin, la température des eaux aura une influence sur la reproduction des poissons. C’est très intéressant, me direz-vous, mais dans quelles mesures la pêche au lancer voit-elle son efficacité affectée par les conséquences de ce thermotropisme et d’une manière plus générale de la tempé-rature des eaux. Et bien, plus que toute autre technique, la pêche au leurre nécessite des températures particulièrement favorables pour permettre le déclenchement de l’attaque d’une truite. Le plus simple est d’observer le comportement de ce poisson au fil des saisons.
    À l’ouverture, encore fatiguée par la période des amours mais surtout amoindrie par les privations de l’hiver, la truite sort lentement d’une longue léthargie. Pour être plus clair, mars est très certainement le mois le plus médiocre de l’année pour la pêche de la truite au lancer. Je ne parle évidemment pas des poissons surdensitaires qui n’hésiteront pas à attaquer un leurre bien présenté. Mais revenons plutôt aux farios sauvages qui rechignent à se déplacer et à fournir les efforts nécessaires pour intercepter votre cuiller tournante ou votre poisson nageur. Elles se tiennent généralement dans les fosses à courant fortement ralenti, sous les berges creusées ou dans les secteurs où elles n’ont pas besoin de fournir un trop gros effort pour se maintenir. Une pêche lente et le plus près du fond est donc indispensable pour ceux qui souhaiteraient piquer un ou deux poissons. S’agissant des leurres, privilégiez les modèles de taille respectable : une cuiller n°2 voire n°3 sera parfaitement indiquée, tandis que des poissons nageurs à billes pourront utilement être employés pour faire sortir les truites de leur hibernation et de leurs repères.
    Durant le mois d’avril, les conditions climatiques s’améliorent sensiblement même si ce n’est toujours pas la panacée. Excepté les grands courants, la truite pourra occuper la plupart des postes traditionnels. Si vous souhaitez pêcher en Auvergne ou en Limousin vous rencontrerez cependant des conditions quasiment identiques au mois précédent. Si la météorologie est particulièrement favorable et le niveau des rivières acceptable, on pourra envisager de diminuer la taille des leurres, plus particulièrement des cuillers.
    Pendant le mois de mai, les choses évoluent passablement. La truite a recouvré des forces et ne pense plus qu’à s’alimenter pour se refaire une santé. La montée progressive de la température des eaux et de l’air va favoriser la pêche au lancer. Plus les jours se succéderont et plus les truites deviendront agressives. Un autre paramètre à prendre en compte est la présence des vairons sur les frayères.
    Comme vous le savez, juin est peut-être le meilleur mois de l’année et la nature semble totalement renaître. La pêche au lancer ne déroge pas à la règle et la baisse du niveau des rivières correspondra à une élévation progressive de la température des eaux. C’est donc le moment de commencer à pratiquer les pêches de surface à l’ultraléger. En effet, les truites ne rechigneront pas à venir intercepter un leurre sous la surface ou entre deux eaux. Si vous voyez des gobages, il est plus qu’envisageable de piquer quelques truites au moyen d’une cuiller tournante n°0 ou 00, voire avec un micro-poisson nageur.
    Pour un pêcheur aux leurres, juillet est un excellent mois. Les eaux encore plus chaudes rendent les truites nerveuses et très agressives. Seule une lumière trop vive est susceptible de nous poser quelques petits soucis. Ce sera donc le moment de prospecter les petites rivières ombragées, voire entièrement boisées, certains petits cours d’eau encaissés où les secteurs de gorges deviendront intéressants car les rayons du soleil parviendront enfin à réchauffer les eaux des zones les plus ombragées.
    Contrairement aux croyances, le mois d’août est une excellente période pour les pêcheurs au lancer. Comme pour le mois de juillet, recherchez en priorité les parcours couverts et n’hésitez pas à fréquenter les parcours de montagne dont les eaux continuent à être fortement oxygénées. En effet, la montée de la température des eaux tend à diminuer progressivement la teneur en oxygène dissous, plus particulièrement sur les parcours situés en plaine.
    Enfin, le mois de septembre permet aux rivières de retrouver une température plus clémente qui permet aux poissons d’occuper tous les postes de la rivière. D’une manière générale, les prises sont nombreuses même si les poissons sont plus méfiants. Comme nous venons de le voir, la température de l’eau joue un rôle prépondérant dans les déplacements des poissons, dans leur activité et par voie de conséquence dans la pêche aux leurres.
    Alors si vous avez un doute, sortez votre thermomètre !

    1. Selon Louis Roule dans son Traité de la pisciculture et des pêches, les tropismes sont « les entraînements automatiques et les déplacements involontaires dont les êtres sont l’objet sous l’influence d’une excitation venue du dehors ».


    Prendre la température pour mieux adapter sa pêche

    Très peu de pêcheurs prennent la température des cours d’eau. Au mieux, certains plongent leur main dans la rivière pour se faire une vague idée de son état de fraîcheur… Pourtant, à quelques degrés près, la pêche peut être totalement différente. Si votre thermomètre indique moins de 6 degrés, il est fort à parier que vous éprouverez beaucoup de difficultés à piquer ne serait-ce qu’un poisson. Dans ce cas, seule une prospection insistante au ras du fond et l’emploi de leurres émettant de forts signaux vibratoires et visuels parviendront peut-être à faire bouger une truite. Dans des eaux aussi glaciales, les poissons rejoignent les fosses les plus profondes, cessent de s’alimenter et limitent leurs déplacements au strict minimum. Il est souvent préférable de changer de cours d’eau, voire de vallée pour trouver de meilleures conditions. À titre d’exemple, et pour différentes raisons, la température d’un tributaire peut être plus élevée que la rivière principale ; pour un pêcheur au lancer, il existe une énorme différence entre une eau à 6 degrés et une autre à 8. Enfin, la pire des choses pouvant être vécue par un pêcheur au leurre est sans doute une chute brutale de la température. Il faudra attendre plusieurs jours et une température stabilisée pour retrouver des conditions de pêche plus acceptables. Les eaux froides provenant de la fonte des neiges sont également redoutées car les truites quittent leurs postes de chasse pour rejoindre les enrochements et d’une manière générale tous les secteurs abrités du courant.

  • Comment choisir sa canne à mouche ?

    Comment choisir sa canne à mouche ?

    Le choix d’une canne à mouche pose souvent problème aux débutants – tout comme aux pêcheurs expérimentés – qui veulent découvrir une technique de pêche nouvelle pour eux. Cet article a pour but de vous renseigner sur les longueurs et les actions destinées à chaque technique, afin d’éviter des erreurs de choix, qui au-delà des désagréments qu’elles occasionnent, peuvent aussi générer des défauts dans la façon de lancer, avec tout ce que cela comporte.

    Par Philippe Boisson.

    Jamais dans l’histoire de la pêche à la mouche, nous n’avons connu une telle profusion de modèles, de gammes et de marques de cannes à mouche. Les pêcheurs débutants, ou ceux qui souhaitent s’intéresser à d’autres poissons que ceux qu’ils pêchent habituellement se retrouvent confrontés au problème du choix d’un nouvel outil. Et celui-ci n’est pas simple : quelle longueur, quel numéro de soie, quel encombrement ? Pour vous aider à vous y retrouver dans les centaines de modèles disponibles, voici quelques aspects qu’il faut connaître pour être en mesure de choisir une canne pour chaque technique.

    L’action de la canne, c’est quoi au juste ?

    La notion “d’action” concernant une canne à mouche est à la fois déterminante et généralement très mal définie, car elle n’est régie par aucune volonté commune de la part des fabricants. L’action d’une canne correspond à la courbe que prend l’ensemble de la canne sous la traction. Les cannes affichent des actions plus ou moins paraboliques (en forme de cercle) en fonction du cône de leur blank (éléments de graphite et de résine). Au milieu du XXe siècle, Pezon & Michel passait chaque canne en bambou refendu devant un tableau noir gradué et accrochait au bout de chacune d’entre-elle un poids d’un Newton (102 grammes) pour en vérifier l’action. Depuis, peu de fabricants cherchent à renseigner les acheteurs sur ce point précis. On parle alors d’action “de pointe”, “semi-parabolique“, “parabolique”, d’action “rapide” ou “lente”. Seule la marque américaine Orvis tente depuis des années de rendre plus lisible aux yeux des utilisateurs cette notion d’action, à l’aide de courbes reproduites sur le papier des catalogues qui correspondent aux différentes actions des produits de la marque sous la dénomination tip flex, mid flex, etc.
    Pour les autres marques, c’est au client de juger et de se faire une idée à partir des commentaires trouvés sur les catalogues, mais celles-ci n’ont souvent qu’une valeur indicative relativement floue. C’est dommage, car tout le monde gagnerait à plus de clarté dans une définition normalisée de l’action des cannes, mais pour le moment, c’est ainsi, et il faut bien faire avec… Les seules indications générales utilisées par les fabricants dont on dispose, concernent donc les notions d’actions “de pointe”, “semi-parabolique”, “paraboliques”, “progressives”, “lente” ou “rapide”. Dans ce jargon, je préfère les trois premières dénominations plus justes, à mon sens, que les trois dernières. Car concernant les actions dites “progressives”, La Palisse n’aurait pas fait mieux, puisque les cannes sont toutes coniques, et ne peuvent être pourvues d’actions autres que progressives… Quant aux actions dites “lentes” ou “rapides”, elles prêtent à confusion entre deux notions qu’il ne faut pas mélanger : l’action et la puissance des cannes. D’une manière générale, une canne considérée d’action “de pointe” plie sur le premier tiers de sa longueur lors du lancer (environ car cela dépend de chaque modèle). Une canne semi-parabolique sur les deux premiers tiers, et une canne parabolique sur la quasi-totalité de sa longueur. Cette schématisation des actions des cannes à mouches permet de déceler les sections des cannes qui entre naturellement en action lors du lancer. Lors d’un lancer à longue distance ou sous l’action d’un forte traction, une plus grande partie de la canne présente une courbe plus ou moins prononcée.


    Quelle canne pour quelle utilisation :

    Conseiller une canne à mouche est un exercice forcément arbitraire. Il existe parmi les pêcheurs des représentants de différentes “écoles” : celles des longues cannes de plus de 9 pieds pour la pêche de la truite, longueur rendue possible par l’avènement de la fibre de carbone ou des très petites cannes de moins de 8 pieds très en vogue chez nos voisins italiens, celles des amateurs de longs bas de lignes, etc. En France, l’essentiel des cannes vendues concerne des longueurs comprises entre 8’6 et 9’6, la longueur de 9 pieds restant le standard dans notre pays.

    Pêche de la truite et de l’ombre à la mouche sèche

    Cette avec cette catégorie que l’on a le plus de liberté dans le choix de la canne, tant dans les actions que dans les longueurs. Une longue canne ne lance en effet pas plus loin qu’une petite ! Ceci étant, c’est plutôt le type de cours d’eau qui va dicter le choix. Tout d’abord, il y a le cas des petits cours d’eau, de quelques mètres de largeurs, à propos desquels s’affrontent depuis longtemps l’école des cannes courtes de 6 ou 7 pieds, discrètes et maniables et celle des très longues cannes de 9’6 à 11 pieds, plus encombrantes certes, mais qui permettent en un minimum de lancers de présenter la mouche au poisson. En France, il existe une tradition tenace de pêcher les ruisseaux et les petits cours d’eau avec des longues cannes. Dans le cas d’un pêcheur débutant, je conseillerai d’aborder ce genre de terrain avec une canne de longueur standard (8’6 ou 9 pieds) et de choisir son camp plus tard, si le besoin s’en fait sentir. Autre particularité de la pêche à la mouche sèche de la truite et de l’ombre, la pêche des eaux dites “rapides” où là encore, les pêcheurs français ont un faible pour les longues cannes pour soies fines (par exemple : 10 pieds pour soie n° 3). Ce genre d’ensemble permet de limiter les risques de dragage de la mouche, accru par les turbulences de l’eau, en ne laissant que peu de soies sur l’eau. Ce choix a la préférence de nombreux bons pêcheurs de torrents de montagne. En revanche, une longue canne n’apporte rien lorsque l’on doit pêcher à la mouche sèche une paisible rivière de plaine.


    Pêche à la mouche noyée

    Voici au moins une catégorie où tout le monde est d’accord ! Les cannes pour pêcher à la mouche noyée sont d’une longueur minimum de 9 pieds. Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds. La canne doit permettre de “guider”, ralentir, ou au contraire accélérer la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnant la soie, en jouant avec les différentes veines de courant. Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés, fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement.


    Pêche à la nymphe à vue

    Cette technique demande une grande vitesse d’exécution. Le pêcheur doit lancer rapidement un très long bas de ligne (5 mètres minimum) sur la trajectoire de poissons souvent en mouvement. Il s’agit aussi de la technique où les fils les plus fins sont utilisés. Une bonne canne pour pêcher à la nymphe à vue présente une longueur de 8 à 9 pieds, qui permet le meilleur compromis pour à la fois lancer rapidement et manipuler un bas de ligne de 6 ou 7 mètres. Des cannes plus longues ou plus courtes n’offrent dans ce cas aucun avantage. L’action doit être semiparabolique. Contrairement à l’idée reçue, une canne d’action de pointe n’est pas très adaptée à cette technique en raison de la difficulté à ferrer et à tenir des poissons avec des pointes de bas de lignes en 10, 8 ou parfois 6/100.

    Pêche à la nymphe “au fil”

    La pêche de la truite et de l’ombre “au fil” est directement dérivée de la pêche au toc. La canne est tenue en position haute, le pêcheur gardant un oeil sur le bas de ligne pour déceler la touche. Si l’on ne veut pas pêcher durant des heures avec le bras qui tient la canne complètement tendu et levé, mieux vaut opter pour une longue canne. Les spécialistes de cette technique utilisent des cannes de 10 ou 9’6 pieds pour soies n° 4 ou 5 d’action semi-parabolique, qui ont tout intérêt à être très légères car la canne est toujours tenue en position haute.

    Carnassiers à la mouche

    La pêche du brochet ou du sandre à la mouche demande un matériel capable de propulser des mouches volumineuses, souvent chargées d’eau lorsqu’on doit les relancer. La canne sera choisie en priorité en fonction du type de mouche que l’on doit lancer. S’il s’agit de la pêche du brochet, recherché avec des streamers pouvant atteindrent 20 cm de longueur pour un volume important, le choix de la canne ne peut être le fruit du hasard. Lancer ce genre de mouche toute la journée est un exercice fatiguant dans le meilleur des cas… Une mouche lourde et volumineuse se lancera toujours plus facilement avec une canne d’action semi-parabolique, voire quasiment parabolique, plutôt qu’avec une canne d’action de pointe. La canne “encaisse” ainsi beaucoup mieux le poids de la mouche, surtout si l’on a recours à une soie plongeante, dont la densité est elle aussi génératrice d’à-coups qui perturbent les lancers. Une canne de 9 pieds ou 9’6 pour soie n° 8 ou 9 constitue un bon choix pour pêcher le brochet. Un modèle pour soie n°7 ne permet pas de lancer facilement une mouche volumineuse, surtout si l’on est pas un as du lancer en double traction.

    La pêche en mer

    Très en vogue actuellement la pêche à la mouche en mer, qu’il s’agisse de pêche le long de nos côtes ou de contrées beaucoup plus exotiques implique l’utilisation de cannes puissantes, qui doivent permettre de lancer très rapidement. Que ce soit à la recherche des bonefishs ou des permits, des tarpons ou de bars occupés à chasser, le pêcheur dispose de quelques secondes pour présenter sa moucheà des poissons qui ne restent jamais très longtemps à porter de lancer. C’est l’une des clefs de la réussite, sinon la principale. On constate depuis quelques années une nette amélioration des modèles de cannes pour la pêche en mer et c’est tant mieux. Ces cannes sont généralement typées d’action semi-paraboliques qui permettent de fatiguer un gros poisson tout en rendant possible les lancers en double traction. Une bonne canne pour pêcher en mer n’est donc ni une “trique”, ni un manche à balai, mais plutôt un outil progressif, mais puissant. La référence en la matière fut durant longtemps la série des cannes Sage RPLx, remplacées depuis par d’autres versions également très recommandables. Ces cannes avaient la préférence des meilleurs pêcheurs de tous les océans de la planète, à commencer par Billy Pate, dont on pouvait apprécier sur les photos des magazines du monde entier la courbure parfaite de sa RPLx 9’ # 12 en train de mater un gros tarpon. Pour quelqu’un qui ne connaît pas les cannes à mouche pour la pêche en mer, une 9’#12 est forcément plus proche d’un poteau télégraphique que d’un cure-dent. L’impression est trompeuse est bien souvent, la première acquisition n’est pas franchement la bonne. Norbert Morillas et moi avions acheté en 1996 chacun une Sage RPLx 9’# 8 par correspondance pour pêcher le bonefish à Cuba. Cette canne s’est avérée bien “light” lorsqu’il s’agissait de lancer à plus de vingt mètres en quelques secondes par un vent de travers soutenu comme celui qui souffle sur les atolls des Caraïbes. Le modèle pour soie n° 9 aurait été beaucoup plus polyvalent et plus efficace. La différence de puissance entre les deux modèles était très importante. Il y a ici une grosse différence entre une canne que l’on “brandouille” sur un salon et son utilisation réelle, dictée par les éléments ! Disons qu’un pêcheur de truite qui découvre la pêche en mer aura l’impression de pouvoir se débrouiller avec une canne qu’il jugera convenable, mais qui s’avèrera insuffisante en action de pêche. Les modèles pour soies de 9 sont de loin les plus polyvalents, mais selon les marques, les puissances ne sont pas identiques. Les cannes pour soies n° 10 permettent la recherche de plus gros poissons (permits, tarpons de poids moyen, carangues) et selon leurs actions peuvent autoriser le lancer de mouches plus lourdes et volumineuses. Avec les cannes pour soies n° 12, on quitte le domaine des engins confortables pour des produits avec lesquels il ne fait pas bon lancer très longtemps ! Ces cannes sont à réserver aux tarpons de belles tailles, aux grosses carangues, ainsi qu’aux petits thonidés.
    Dans tous les cas ce genre de canne est destiné, soit à la pêche de poissons “teasés”, soit à la pêche à vue (cas du tarpon en eaux claires) où les lancers se comptent sur les doigts d’une main, effectués “à coup sûr”. Idem pour les cannes pour soies n° 14 ou 15, dont l’utilisation est réservée à la pêche des poissons à rostres ou aux grosses carangues ignobilis. Concernant les longueurs, la taille de 9 pieds (2,74 m) est devenue depuis longtemps le standard, voire 8’6 (2,56 m) pour les cannes de forte puissance pour soies 14 ou 15. Pour ce type de cannes, la longueur est un handicap en raison du poids.


    Le nombre de brins

    La mode est aux cannes de voyage, en trois, quatre voire cinq brins. Certaines gammes de cannes à mouche ne sont aujourd’hui plus proposées en deux brins, ce qui est dommage pour les pêches “à domicile”, car une canne en deux brins est à la fois plus légère et plus agréable qu’un modèle en trois ou quatre brins, surtout dans les petits numéros de soies. Mais si l’on doit prendre l’avion, les cannes dites multibrins sont incontournables. Pour en avoir fait l’expérience maintes fois, les meilleures cannes de voyages sont celles dont les tubes rentrent entièrement dans un grand sac de voyage. Cela résout complètement le problème des tubes qui ne passent pas sur les tapis roulants des aéroports. Les problèmes de pertes et les vols, très fréquents sur certaines destinations, sont également résolus de cette manière. Les cannes en quatre brins sont, dans ce cas, souvent préférables aux modèles en trois brins, qui restent d’un encombrement important pour les modèles d’une longueur supérieure à 9 pieds.

  • Pêcher avec des soft swimbaits

    Pêcher avec des soft swimbaits

    Durant la saison froide, les prédateurs économisent leur énergie et se focalisent souvent sur des proies conséquentes, capables de les rassasier rapidement. Sans aucun doute, les swimbaits souples se présentent comme les leurres du moment.

    Par Achille Gan

    Poursuivant notre étude sur les leurres souples et leurs différents montages, je vais délaisser volontairement les modèles durs ou hybrides et vous parler des « swims » souples dont les versions actuelles sont particulièrement dignes d’interêt. Popularisés, en France, grâce aux nombreux leurres souples portant l’appellation « shad » dans leur nom de baptême, les swimbaits, que l’on monte sur tête plombée ou ceux dont le lestage est intégré lors du moulage, sont plutôt réservés à une prospection profonde et verticale. Leur efficacité n’est plus à démontrer et j’ai voulu vous présenter le sujet selon un autre angle, en me penchant sur des modèles moins communs, plus adaptés à la traque des big bass, des grosses perches ou des brochets réputés imprenables. Le terme « swimbait » englobe plusieurs types de leurres dont l’aspect général est assez proche de celui d’un vrai poisson et dont la matière première peut être du bois, de l’ABS ou de la matière plastique souple (élastomère, PVC, silicone…). Qu’ils soient classés comme poissons nageurs parce qu’ils possèdent une bavette ou comme leurres souples, ils possèdent un point commun, c’est celui d’être particulièrement attractifs auprès des plus gros carnassiers.

    Des vibrations bien spécifiques

    Vous le savez, les poissons carnassiers repèrent leurs proies essentiellement grâce aux vibrations et aux déplacements d’eau perçus par leur oreille interne et par les cellules nerveuses situées sur leur corps ou le long de leur ligne latérale. La vue ne leur servant qu’à ajuster l’estocade ou à vérifier, en « close-up », la nature de leur futur repas. D’autre part, il est connu que les bass, qui peuplent certains lacs californiens, peuvent atteindre des tailles exceptionnelles frôlant les 22 livres, 4 ounces du record mondial, se nourrissant des truites arc-en-ciel maillées qui y sont régulièrement déversées pour amuser les pêcheurs.
    A partir de ces observations, les concepteurs de swimbaits souples ont fait évoluer les modèles utilisés en mer en travaillant sur la souplesse des matériaux et la capacité du leurre à émettre de fortes vibrations, sous récupération ultra-lente, pour parvenir à imiter celles de ces pauvres truites perdues dans l’immensité des lacs, errant à la recherche des bords du bassin bétonné natal et du pisciculteur nourricier !

    Des tailles adaptées et une densité particulière

    Au début, la masse importante de ces softbaits les destina longtemps à la pêche à la traîne, faute de matériel adapté. Aujourd’hui, ils font partie de l’équipement basique de tout bassman qui se respecte tant leur gamme a évolué pour coller aux besoins des lanceurs « légers ». Disponibles dans des tailles de 10 à 35 cm pour des poids pouvant atteindre les 250 g, ils ont une densité relativement commune dite « slow sinking ». Celle-ci permet un travail en surface, juste au-dessus des herbiers, si on maintient une récupération régulière ou entre deux eaux dès que l’on ralentit le rythme ou que l’on prend soin de laisser couler un peu le leurre. Vous le voyez, leur zone d’action les rend tout à fait repérables par les gros prédateurs postés en profondeur ou suspendus en pleine eau. Leur déplacement naturel renforce leur pouvoir attractif sur ces gros poissons peu enclins à se déplacer s’ils n’ont pas de grandes chances de réussir leur attaque.

    Deux familles bien distinctes

    Parmi ces swimbaits souples, nous pouvons en distinguer deux sortes qui se distinguent par leur conception et leur utilisation. La première, relativement répandue outre- Atlantique, se présente déjà armée d’un ou deux triples reliés à l’oeillet d’attache par du fil inox, du câble acier ou de la tresse textile noyés dans la masse. Leur degré de finition peut être assez élevé et des nageoires stabilisatrices sont présentes pour éviter que le leurre ne fasse n’importe quoi sous les puissantes secousses de l’appendice caudal. La nage de ces leurres et leur action aguichante se cantonnent d’ailleurs à ces battements latéraux de la queue et à un léger rolling du corps. Mais croyez-moi, la quantité d’eau déplacée par ces leurres volumineux suffit largement pour réveiller les brochets les plus apathiques ! Ils trouvent leur plein emploi pour une prospection large de postes peu encombrés, où leurs capacités vibratoires pourront s’exprimer.
    Comme je le disais plus haut et malgré l’armement conséquent de ces big baits, vous pourrez aussi vous amuser, au printemps, à peigner les bancs de potamots ou de myriophylles avant qu’ils n’atteignent la surface. Entre deux massifs, n’hésitez pas à faire du « dead sticking » ou du « donothing », c’est-à-dire à stopper toute récupération et à laisser le leurre immobile le plus longtemps possible ! Cela marche encore mieux avec des swimbaits relativement flottants. Plus à même d’intéresser les blackbass et les perches, la seconde catégorie possède des lignes plus fluides, plus abstraites aussi. Culminant à une quinzaine de centimètres, certains de ces swimbaits ont une conception beaucoup plus complexe que les « mammouths » vus précédemment et se rapprochent plus des leurres souples classiques, vendus en paquets de plusieurs unités. Non armés, ils s’installent sur des jig heads ou mieux, sur des hameçons à oeillet décentré. Ils vous permettent alors de prospecter n’importe quel poste, aussi encombré soit-il ! Leur densité habituellement « slow sinking » est modifiée, à la fabrication, par adjonction dans le plastique de micro-bulles d’air ou de paillettes de tungstène pour les rendre flottants ou coulants. Les versions modernes de ces swimbaits sont très travaillées au niveau de leur comportement sous l’eau.
    Des études hydrodynamiques ont conduit les concepteurs à créer des articulations, des points de resserrement de la matière, etc. pour obtenir beaucoup plus de vivacité et de souplesse que leurs homologues salmoniformes. Cette catégorie, plus polyvalente, supporte ainsi une multitude d’animations et de montages. Il est tout à fait possible de les employer sans plomb (weightless rig) pour les faire buzzer ou onduler sous la pellicule. On peut aussi y planter des inserts, en plomb ou en tungstène, pour parvenir à trouver la densité voulue ou carrément leur adjoindre une balle et préparer un vrai montage texan capable de pêcher plus profondément ! Attention toutefois à ne pas les surplomber, ce qui anéantirait leur si belle nage. Pour des modèles de 10 à 15 cm, utilisez des balles de 1,8 g à 3,5 g et jusqu’à 18 g pour les swimbaits plus gros, selon vos besoins.
    Les modèles plutôt fusiformes, comme les Spindle worm flottants, donnent d’excellents résultats en Carolina rig ou en drop shot, tout en restant très confortables à manoeuvrer. Oui, vous avez bien lu ! En drop shot. Les montages plombés seront, bien sûr, plus indiqués au moment où les carnassiers suivent les poissons blancs dans leur retraite hivernale alors qu’il faudra être patient et obstiné pour peigner ces postes souvent profonds.
    Vous l’aurez compris, ces swimbaits souples vont vous permettre d’être très réactifs lorsque les conditions de pêche où les types de postes vont changer. Le montage sur hameçon « offset » démontre une fois encore toute sa polyvalence et sa facilité d’utilisation sur des leurres qui mêlent l’apparence naturelle au côté ludique que nous fait vivre chaque fois la pêche aux leurres. Grâce à leur silhouette souvent imposante et à leur nage très étudiée, les swimbaits ont séduit ou énervé de nombreux carnassiers d’eau douce et d’eau salée, pourtant, ceux-ci n’avaient jamais croisé de truite arc-en-ciel !