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Catégorie : Technique
Retrouvez ici tous nos articles sur les techniques de pêche à la mouche, technique de pêche aux leurres, vidéos de pêche aux leurres, vidéos de pêches à la mouche…

Pêches Sportives Vidéo n°29 : Pêches aux leurres en mer, pêche à la mouche en « Washline »
Dans cette vidéo :
Pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec Gaël Even et Sylvain Lauzier
Le célèbre pêcheur et compétiteur Gaël Even nous invite à partager une partie de pêche aux leurres à quelques mille au large du Cotentin en compagnie de Sylvain Lauzier, un pêcheur enfant du pays qui
connaît parfaitement la zone. Vous verrez que ce duo là laisse très peu de place au hasard et à l’approximation ! Choix des postes et des leurres en fonction de l’évolution de la marée, techniques adaptées en conséquence, pour un festival de poissons et de conseils.2. Pêche à la mouche en “washing line” au réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
En complément de son article dans le précédent numéro de Pêches sportives sur cette technique relativement nouvelle pour les pêcheurs à la mouche français, Philippe Collet revient en images sur la pêche en washing line. Il aborde la composition du bas de ligne, le choix des soies et des mouches, les techniques d’animations, la pêche depuis le bord et en barque en dérive.

Réservoir : la pêche en « washing line »
Venue d’outre-Manche, la technique de pêche en réservoir en « washing line » (littéralement « corde à linge ») est encore peu utilisée en France, bien qu’elle soit d’une redoutable efficacité. Cette technique consiste à suspendre une ou deux nymphes ou un ou deux chironomes entre la soie et une mouche de pointe flottante. De cette façon, les petites mouches peuvent rester longtemps immobiles à proximité de la surface, comme du linge accroché à un fil et tenter facilement les poissons en maraude dans le premier mètre sous la surface.
Par Philippe Collet
La technique du “washing line” se pratique avec une soie flottante, une soie intermédiaire lente, ou mieux encore une soie flottante à pointe intermédiaire. Cette dernière est alors dotée d’une pointe intermédiaire rapide d’environ un mètre de long qui permet de faire couler rapidement le bas de ligne et de placer les mouches au bon niveau en quelques secondes. Il existe sur le marché des soies spécifiques dans les marques Airflo ou Rio comme la Midge tip par exemple. Pour ma part, j’utilise maintenant des soies maison réalisées à partir d’une soie flottante sur laquelle est greffé et ligaturé, à l’aide d’un morceau de chaussette en backing tissé, un morceau de vieille soie intermédiaire. Leur avantage est que la connexion est solide, sans surépaisseur et que la soie se tend bien en ligne. Je peux ainsi choisir des soies flottantes qui me conviennent bien. Il est aussi possible d’ajouter un polyleader intermédiaire rapide, boucle dans boucle au bout d’une soie flottante. Le montage est plus polyvalent, le posé est plus délicat du fait de la dégressivité du bas de ligne et l’immersion de la pointe de la soie est moins rapide. Le montage avec un polyleader ne se place toutefois pas aussi vite en position de pêche et est à réserver aux soies de petite taille.
Certains jours, les soies flottantes à pointe intermédiaire sont d’une efficacité redoutable. Elles permettent de caler le montage au bon niveau très rapidement. D’autres fois, il vaut mieux utiliser une simple soie flottante pour des pêches discrètes sur un plan d’eau lisse ou à contrario une soie intermédiaire lente si par exemple le vent est trop fort ou en plein travers. En “washing line”, on utilise couramment une soie de taille 7, parfois de 8 si le vent se met de la partie. On peut aussi descendre en 6 voire 5, mais il est alors plus difficile d’envoyer trois mouches dont une dernière souvent assez volumineuse et non lestée assez loin.
Le bas de ligneEn “washing line”, le bas de ligne diffère un peu de ceux utilisés habituellement dans les autres techniques réservoir : la distance entre la dernière nymphe et la mouche flottante de pointe n’est pas obligatoirement très importante. Avec une soie à pointe intermédiaire, le bas de ligne type est constitué de deux mètres à 1,20 m de 22 à 18 centièmes entre la boucle de la soie et une première potence de 20 cm. La potence est réalisée avec ce premier brin de fil. On place ensuite un autre brin de fil, de diamètre équivalent ou légèrement inférieur, avec lequel on forme une deuxième potence. L’espacement entre les deux potences est compris entre 1,50 m et 90 cm. On place enfin un dernier brin de fil, d’un diamètre toujours équivalent ou inférieur pour terminer le montage. La longueur de ce dernier brin est souvent assez courte, entre 1,20 m et 80 cm, l’objectif étant de réussir à bien étaler un bas de ligne terminé par une mouche flottante moins propice à tendre l’ensemble qu’une mouche lestée. La longueur totale du bas de ligne sera conditionnée par l’humeur des poissons, la clarté de l’eau, les capacités de lanceur du pêcheur et son placement par rapport au vent. Lorsque l’on pêche en barque, le vent dans le dos, il ne faut pas hésiter à laisser le vent porter un long bas de ligne. Attention toutefois à la distance ménagée entre la première mouche de potence et la mouche de pointe. Car il faut être capable d’épuiser le poisson avec une canne de 10 pieds soit environ 3 mètres.
Si l’on rencontre des difficultés pour étaler un train de trois mouches, soit du fait d’une technique encore hasardeuse, soit à cause d’un vent de face trop fort, il peut être utile de réduire radicalement la longueur de son bas de ligne en retirant une mouche et en ne réalisant donc qu’une potence. Avec des poissons éduqués il est souvent préférable de n’utiliser que deux mouches. Même si cette configuration limite les possibilités d’essais pour trouver un modèle de nymphe ou de chironome efficace, il vaut toujours mieux pêcher correctement avec un bas de ligne à deux mouches que de s’emmêler continuellement avec trois mouches.
Le filEn “washing line”, il est préférable d’utiliser du fluorocarbone plutôt que du nylon car ce dernier coule naturellement et permet de placer rapidement les mouches au bon niveau. De plus, le fluorocarbone est moins visible sous l’eau, plus raide et moins sujet à s’emmêler. Il ne faut pas avoir peur de pêcher avec des diamètres relativement importants, car les touches sont souvent violentes et les casses peuvent devenir trop fréquentes si on pêche en deçà du 16 centièmes. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire, surtout si cette dernière possède peu d’élasticité, le bas de ligne devra être nettement plus fort qu’en soie flottante où il est possible de descendre en diamètre lorsque les conditions de pêche nous contraignent à affiner le montage.
La technique
La technique consiste à poser le bas de ligne le plus proprement possible, c’est-à-dire bien droit. Avec une soie flottante, il peut être nécessaires de réaliser une tirée sèche sur la soie après le posé, pour noyer le fil. Avec une soie intermédiaire ou à pointe intermédiaire le bas de ligne coule presque instantanément. Une fois les mouches posées, si ce dernier est bien tendu, il convient de ne rien faire d’autre qu’attendre. La touche d’un poisson attiré par l’impact des mouches sur l’eau, se produit souvent juste après le posé, une fois le bas de ligne coulé.
Les jours où le plan d’eau est ridé par le vent, il faut laisser celui-ci tendre la soie sans autres animations. Il se forme alors une large boucle de soie qui tire doucement le train de mouches à proximité de la surface. Les poissons peuvent aussi bien s’emparer d’une des deux mouches coulées que de la mouche flottante, très efficace car accrochée à un brin de fluorocarbone noyé.
Les jours de grand vent, on utilise une soie intermédiaire lente qui permet de propulser plus facilement le train de mouches et de se soustraire immédiatement à une dérive de surface trop rapide. La soie intermédiaire va progressivement couler, entraînant doucement les deux nymphes ou chironomes vers le bas. La technique est parfois redoutable. Il suffit de poser et d’attendre de se faire arracher la soie des doigts. Si cela n’est pas le cas, il faut la tricoter et attendre de nouveau. De cette façon, la mouche flottante de pointe coule et si elle est bien graissée ou montée avec de la mousse, remonte en surface comme un bouchon. Lorsqu’un poisson vient tourner autour de cette dernière sans la prendre, il peut être judicieux de réaliser un tricotage rapide pour la couler et l’animer juste sous la surface pour qu’elle lève une petite vague. Le poisson aura souvent du mal à résister à ce type d’animation et se piquera tout seul sur la mouche en mouvement.
En “washing line”, la mouche de pointe flottante ne se contente pas de soutenir les nymphes, elle prend souvent du poisson du fait qu’elle est reliée à un bas de ligne coulé sous la surface qui ne laisse aucun trait disgracieux sur l’eau. Avec sa taille assez élevée, cette mouche attire de loin les poissons. S’ils la dédaignent, ils aperçoivent alors les nymphes idéalement placées. Il est courant d’enregistrer une touche violente sur les nymphes ou les chironomes après un marsouinage sans suite sous la mouche de pointe.
L’intérêt de cette pêche réside dans la relative immobilité des mouches. Au cours de leur émergence qui se fait par paliers successifs, les chironomes, ont tendance à rester suspendus, immobiles, à un niveau donné. Ils ne se tortillent que ponctuellement et font de grandes poses. Les truites éduquées ne se font plus duper par des mouches trop mobiles qui font le yoyo sous la surface. Cette technique permet donc de les leurrer beaucoup plus facilement, même avec un fil de gros diamètre. La détection des touches se fait en observant le déplacement de la soie ou la coulée de la mouche flottante selon le sens dans lequel la truite a pris les mouches.
A tout déplacement anormal de l’une ou de l’autre, il convient de répondre par un ferrage immédiat en relevant légèrement la canne tenue jusqu’alors horizontalement dans l’axe de la soie ou, lorsque la soie forme un ventre sur l’eau, en la déplaçant horizontalement dans le sens opposé à la dérive de la ligne.
Très souvent la touche est violente et le poisson se prend tout seul en arrachant la soie des doigts du pêcheur. Le ferrage est alors superflu, car il induirait une casse quasi systématique.Les mouches
La mouche de pointe doit être suffisamment flottante pour ne pas couler définitivement à la moindre tirée. Elle doit être capable de remonter comme un bouchon lorsqu’on l’a tirée sous l’eau. Outre Manche, le “washing line” est pratiqué le plus souvent avec un booby en pointe ou avec deux nymphes situées entre deux boobies, la pêche à quatre mouches étant courante en barque. Le booby, avec ses deux yeux en mousse, a la particularité de flotter particulièrement bien. Il peut être avantageusement remplacé par un alevin flottant plus discret mais néanmoins très visible. Pour des pêches plus discrètes et imitatives, si les poissons ne sont pas intéressés par un booby ou un alevin flottant, on peut utiliser une mouche en poils de cervidé que l’on graisse régulièrement. On choisira un modèle de mouche flottant bien, dont la taille sera adaptée à la taille du fil utilisé et des mouches suspendues sous la surface.
Les mouches suspendues entre la soie et la mouche de pointe sont le plus souvent des chironomes ou des petites nymphes de types pheasant tail ou diawl bach.Si l’on souhaite que le montage se tende très vite, notamment quand on pêche en soie flottante, on utilise des chironomes lestés par une toute petite bille de laiton voire de tungstène ou un hameçon fort de fer. Je préfère opter pour un hameçon fin de fer lesté pour un meilleur piquant sur les touches discrètes.
Nouvelle technologie : une appli iPhone pour les pêcheurs
Fruit d’un étudiant en informatique, passionné de pêche,
Fishing Manager est une application pour iPhone et iPad. Elle permet aux
pêcheurs de gérer leurs sessions de pêche en enregistrant les prises, les
montages ou toutes sortes d’informations. Elle donne également un accès à de
nombreuses données météorologiques et statistiques. L’application est
disponible sur l’App Store.Renseignements :

Quelques références de swimbait hooks
Powerline Texan Twisted
La dynamique marque française Powerline est une des rares sinon la seule à proposer un swimbait hook fortement lesté (mais pas uniquement). Modèle présenté 4/0 pour 20g. La forme du plomb produit un effet planant. Pour les pêches profondes du brochet en lac par exemple sur des massifs d’herbiers.VMC Barbarian
Sa forme convient aux leurres très fins comme le Gary Yamamoto Senko.
Owner 5167 W
Très bon modèle pour les shads dont le corps est peu volumineux et mou (Reins Rock Vib par exemple).Lake Fork Swimbait Hook
Un modèle très large et lesté conçu pour les swimbaits articulés de la marque.
Owner 5132
Observez bien l’inclinaison de la pointe de cet hameçon et comparez la avec celle du Owner Beast. Quelques degrés d’écart, mais cela change beaucoup de chose lorsqu’on pêche dans les bois immergés. La pointe étant mieux protégée, on évite ainsi quelques accrochages.Gamakatsu Super Lock
L’autre géant japonais de l’hameçon pour les leurres propose aussi des modèles de swimbaits hooks de très bonne facture.
Owner Twist Spinner
Une version à palette pour la prospection de zones aux herbiers isolés. On obtient ainsi un shad à palette qui passe partout sans encombre.
Owner Beast
Ce modèle, qui existe en version lestée ou non est incontestablement une référence. Le système Twist Lock, tout comme la large ouverture de la hampe sont deux avantages. Pour la pêche dans les bois immergés, préférez lui le Owner 5132, dont la pointe inclinée passe beaucoup mieux.
Owner Twist Lock
Ce système est aussi vendu séparément, ce qui permet de le monter sur d’autres hameçons.Owner Shaky Head
Forme particulière qui permet d’installer un leurre fusiforme. La pointe de l’hameçon est piquée dans le corps du leurre, mais ne le traverse pas. Visiblement, le système du ressort se généralise.L’offre des lestages disponibles (poids, formes et dispositions) s’élargit de plus en plus. A vous de trouver ceux qui conviennent aux leurres que vous utilisez.

Swimbaits hooks : des hameçons texans qui ont du ressort !
Généralisés depuis la mise sur le marché du leurre souple articulé Imakatsu Javalon, les gros hameçons texans n’ont cessé de s’améliorer pour finalement aboutir aux récents modèles dit swimbaits hooks (hameçons pour leurres nageurs).
Par Jean-Marc Theusseret
Les hameçons texans sont destinés aux leurres souples pour une utilisation dans les herbiers et les bois morts. Ils sont de ce fait l’une des composantes majeures de la pêche aux leurres modernes. Les modèles classiques, avec leur forme en S juste derrière l’oeillet, n’assurent pas dans bien des cas une bonne tenue du leurre et, de plus, contribuent à réduire la surface dégagée entre la pointe de l’hameçon et le S, ce qui entraîne de regrettables décrochés. Les hameçons swimbaits développés par les grandes marques d’hameçons japonaises ont réglé le problème en modifiant la forme et surtout en imaginant un astucieux système de fixation du leurre en forme de ressort. La pointe du leurre se visse sur le ressort. Il est ainsi fixé fortement, mais le ressort reste mobile. A la touche, il s’escamote et dégage ainsi toute la place disponible de l’ouverture.
Loin d’être un simple gadget, ce système est très efficace. Vous avez d’ailleurs pu vous en rendre compte en regardant le DVD du n° 90 consacré au brochet. Il s’agissait du Owner 5132 Twist Lock et du Owner Beast lesté, associés à des shads. D’autres marques en proposent également comme Gamakatsu, Eagle Claw ou Mustad, tout comme certains fabricants de leurres comme Lake Fork. Certains sont lestés sur la courbure de sorte que le leurre puisse couler. Devant le succès du fameux petit ressort et face à la demande des pêcheurs, ce système est aujourd’hui appliqué à d’autres formes d’hameçons pour la pêche du black-bass dont profitent également les pêcheurs de brochet. Ce qui n’était au départ qu’un petit accessoire qui servait à mieux faire tenir les gros shads sur un hameçon texan est en traind’être décliné à tous les types d’hameçons de ce type. Et cela permet de pouvoir les utiliser avec des leurres aux formes diverses, car ces hameçons, aussi performants soient t-ils, doivent être rigoureusement choisis pour ne pas entraver la nage d’un leurre tout en permettant de bonnes chances de ferrer efficacement.
Dans le cas d’un tandem réussi, les décrochages sont finalement peu nombreux, autant avec les black-bass qu’avec les brochets. De quoi réconcilier les pêcheurs avec les hameçons texans, car beaucoup craignent la perte de poissons au ferrage.Le rôle du lestage
Les swimbaits hooks sont conçus pour faire nager un leurre souple à l’horizontale dans la couche superficielle. Les lests sont modérés, de 2 à 5 g environ et rarement d’avantage. En France ils servent surtout à faire évoluer un leurre souple dans les nénuphars et autres plantes aquatiques sur des zones peu profondes. La plupart des modèles lestés sont d’ailleurs très efficaces pour la pêche dans les herbiers et particulièrement dans les nénuphars, car le leurre nage autant en surface qu’un peu en dessous à la moindre trouée d’eau libre. Si la taille de l’hameçon est adaptée à celle du leurre, celui-ci doit nager parfaitement en ligne et doit même afficher une grande souplesse de nage, bien plus réaliste que derrière une classique tête lestée qui souvent le bride. Certains shads nagent mieux que d’autres avec les swimbaits hooks. Ceux qui ont une densité plus importante que l’eau ont clairement un avantage. C’est le cas notamment du Sawamura One Up Shad, des Gary Yamamoto Swimbait, et Swimming Senko. La plupart des autres shads sont en simple plastique, matériau qui manque de souplesse et qui ne s’immerge pas réellement sans l’aide d’un lest.
Seule leur forme détermine leur équilibre dans l’eau et dans bien des cas ces shads sont assez mal équilibrés. Il est étonnant que l’élaboration de leurres souples plus denses que l’eau n’intéresse pas plus les fabricants. Les seuls modèles existants s’arrachent partout dans le monde tant ils donnent de bons résultats. Même les copies sont mauvaises, car seule la forme est généralement copiée.
Le prix de l’innovationSeul défaut de ces modèles, leur prix élevé, d’environ 7,50 à 8,50 euros les trois hameçons en taille 6/0 ! En bateau ou en float-tube leur perte est toutefois rarissime.
Le plus grand risque étant de se faire couper par les brochets dans le cas ou ils avalent le leurre. Un bas de ligne en titane très fin, qui ne boucle pas est alors préférable au fluorocarbonne, qui contrairement à ce que l’on croit, se coupe très facilement sous la dent d’esox, même en 70/100.
Nymphe : la pêche à vue au soleil…
Le printemps est derrière nous. Les truites ont appris, comme chaque année, à ne pas se jeter sur la première pheasant tail venue. La pêche estivale pousse le pêcheur à la nymphe à vue à se méfier de tout, y compris de son ombre.
Reflets d’un fil posé sur l’eau, reflets de la canne, impact de la soie, brillance des hameçons, tout doit être pris en compte si l’on veut espérer prendre autre chose que des poissons juvéniles que le temps n’a pas encore transformés en tour de contrôle. Voici ce qu’il faut savoir pour mieux aborder cette pêche très difficile mais toujours passionnante.Par Jean-Christian Michel
Les pêcheurs en nymphe à vue sont des êtres compliqués. Ils pestent contre le ciel gris et les nuages qui durant tout le printemps les empêchent de discerner correctement le fond de la rivière, ils espèrent un petit rayon de soleil pour les aider à lever partiellement le voile sur les secrets du fond de l’eau et voilà que l’été venu, ils considèrent alors qu’il y a trop de lumière ! Ombres, reflets, silhouette qui se découpe en pleine lumière, les salmonidés nous voient venir de loin. Apprenons à jouer avec l’ombre et la lumière pour que ce ne soit pas les poissons qui se jouent de nous !
L’ombre et la lumièreQuand elles ne sont pas dérangées quotidiennement, les truites ne sont pas aussi lucifuges qu’on pourrait le croire. Les truites ne recherchent pas l’ombre pour elle-même mais parce qu’elle constitue un abri. Sous un rocher, sous un arbre, sous l’eau blanche d’un courant, ce qui importe c’est de ne pas être vues des prédateurs, qu’ils soient hérons, pêcheurs ou cormorans.
Leur mimétisme permet de s’accommoder aussi bien de l’ombre que de la lumière. Blanches en pleine eau ou zébrées au-dessus des fonds de galets ; noires quand elles tiennent l’ombre ou jaunes lorsqu’elles reposent sur un lit de sable, le mimétisme constitue l’habit de bon sens avec lequel s’habillent les truites ! Si les poissons s’accommodent de l’ombre et de la lumière, les pêcheurs, eux, ont plus de problèmes lorsqu’il s’agit de ne pas se faire voir : le soleil qui nous éclaire généreusement nous rend aussi discernable qu’un tableau bien éclairé dans une vitrine. Nos gestes et notre silhouette projettent alors des ombres qui balaient le fond de la rivière sans que l’on ne s’en rende compte.
Ombre du pêcheur, ombre de la canne, de la soie mais aussi du bas de ligne et des branches que l’on secoue involontairement en se déplaçant sur la berge… auxquels il convient d’ajouter les reflets de tout ce qui brille ! La meilleure nymphe ajoutée à la meilleure présentation effacent rarement les indices qui ont trahi notre présence.Le plein soleil
L’acuité visuelle d’une truite qui regarde à travers la surface est bien meilleure qu’on ne l’imagine : on pense volontiers que la surface de la rivière sépare radicalement le monde de l’air de celui de l’eau, mais c’est une erreur car c’est bien du même monde qu’il s’agit ! Dans de bonnes conditions de luminosité, les truites nous voient aussi bien que ce que nous les voyons. Je crois même que parfois elles en rigolent intérieurement. Une truitelle est capable de s’envoyer en l’air cinquante centimètres au-dessus de la surface pour saisir au vol un éphémère. Imaginez donc comment elles doivent voir un balourd de soixante – dix kilos ou plus qui fouette comme un pauvre diable ! Les poissons nous repèrent plus par nos mouvements que par notre silhouette, mais il ne faudrait pas croire que l’immobilité puisse suffire à nous rendre invisibles.
Quand après deux ou trois mauvaises dérives leur attention s’est fixée sur vous, il ne sert plus à rien de se changer en statue de cire, ils n’ouvriront plus la gueule ! Un des parcours que je fréquente régulièrement est longé par une promenade très prisée par des joggeurs, promeneurs, jeteurs de pain aux canards et autres jeteurs de jeteurs de pain aux canards. Il ne doit pas se passer cinq minutes sans que quelqu’un ne circule à moins d’une longueur de bas de ligne des truites les plus proches du bord, mais celles-ci restent imperturbables malgré l’affluence.
Par contre, si vous avez le mauvais réflexe de bloquer net votre progression le long de la rive dans l’attitude du pointer à l’arrêt, alors malheur à vous ! Polarisantes, casquette et fleuret de carbone deviennent autant d’indice que les truites savent interpréter, et quand elles restent stoïques, c’est peut-être pire que si elles avaient pris la fuite ! Nos amies mouchetées voient terriblement clair. Le bon réflexe consiste alors à continuer à marcher naturellement en sifflotant… et de revenir à quatre pattes ! La pleine lumière accentue les contrastes et une tenue de camouflage n’est pas d’un grand secours !Les reflets
Effets direct de la pleine lumière, toute surface lisse peut renvoyer un éclat. J’ai toujours été étonné de constater à quel point tout peut briller ou luire dans un équipement de pêcheur à la mouche. Cela va du coupe fil au bouton enrouleur en passant par la montre, les anneaux, le blank de la canne et même le fil. Selon l’angle du soleil, tout est susceptible de briller et si les meilleures peintures mates réduisent ce défaut, elles ne le suppriment pas totalement ! Regardez un confrère fouetter à cent mètres de vous. Vous ne percevrez pas l’épaisseur de sa canne, mais en revanche vous verrez les reflets renvoyés par les anneaux et le blank. Cela peut devenir pathétique : être vu à cent mètres et croire que la fario qui se tient à un jet de bas de ligne ne nous voit pas ! Nous sommes tellement émerveillés devant l’apparition d’un poisson et entraînés par notre geste que nous en perdons toute retenue. Apprenons à prendre un peu de recul et à nous dédoubler pour nous regarder comme de l’extérieur. Souvent ce petit temps d’arrêt avant l’action peut éviter bien des maladresses.
Quand on a fait fuir la seule truite de la journée avant d’avoir pu lancer, ce goût pour la réflexion devient une seconde nature ! Le plus surprenant est que même les cannes les plus mates renvoient des reflets, et ne parlons pas des modèles vernis ! Plutôt que de sortir tous les ans des modèles de canne à mouches dotées d’actions révolutionnaires (jusqu’à la collection suivante !) nos fabricants préférés ne pourraient-ils pas commencer par produire des modèles VRAIMENT mats ? En attendant, je vous conseille de fouetter à l’ombre ! Après le plein soleil et les reflets, c’est à l’ombre qu’il faut être particulièrement attentif en été.
L’ombre est à la fois une alliée et une ennemie selon qu’elle nous aide à nous cacher ou qu’elle trahit notre présence. Bien évidemment, on essaiera de se tenir à l’ombre chaque fois que c’est possible, et pour une fois, en été, confort et efficacité se rejoindront. Quand ce n’est pas le cas et que l’on est contraint de se tenir enplein soleil, il faudra porter une attention toute particulière aux ombres que nous projetons au fond de l’eau en nous déplaçant, qu’il s’agisse de l’ombre de notre silhouette ou bien de celle de notre canne. Une fois de plus, il ne faut pas voir que le poisson au fond de l’eau, mais plutôt tout l’environnement que nous modifions lorsque nous sommes en action de pêche. Pour cela, la lenteur et la patience sont les meilleurs alliés.
Un détail que l’on soupçonne rarement consiste dans l’ombre qu’une pointe en dix centièmes peut projeter sur les galets d’une gravière. Les longues pointes, les posés détendus et l’emploi de nymphes non-lestées ne permettent pas toujours au nylon de s’immerger rapidement, même si l’on a pris soin de le dégraisser correctement au préalable.
Pour qu’il disparaisse sous l’eau, il est alors nécessaire que le poids de la nymphe l’entraîne peu à peu, mais il n’est pas rare que la moitié de la pointe reliée au porte-pointe reste comme engluée à la surface sans pouvoir la percer. Ce modeste dix centièmes projette alors une ombre énorme au fond de la rivière. Sous un mètre d’eau le trait d’ombre qui balaie les galets mesure plusieurs centimètres.
Les truites n’ont qu’à le suivre pour savoir où se trouve la mouche qu’elles doivent refuser ! Si sur un fond de rivière sombre et semé de galets ce n’est pas un drame, en revanche, dans une eau cristalline au fond sableux ou sur ces dalles uniformes mises à nu par le blocage « durable » des galets dans les barrages voués à l’hydroélectricité, l’ombre de la pointe du bas de ligne devient aussi visible que celle de la canne.
Dans ce cas, il peut être judicieux de changer sa façon d’aborder le poisson en choisissant la rive la plus propice.
Ainsi, on ne supprime jamais l’ombre mais on parvient à la tenir à l’écart du poisson et à éviter qu’elle ne le couvre.
Détail qui dans certains cas peut suffire à conserver l’effet de surprise d’une nymphe… au lieu de l’annoncer ! Lorsqu’on réfléchit à la manière d’atténuer l’ombre du bas de ligne, on pourrait s’attendre à ce que les fils en fluorocarbone soient décisifs. Les photos parlent d’elles-mêmes. Les fluorocarbone sont vendus pour être invisibles dans l’eau, en revanche ils ne le sont pas plus que les nylons lorsqu’ils sont englués dans la pellicule de la surface ! Ils coulent effectivement mieux qu’un nylon, mais seulement lorsqu’ils sont parvenus à passer cette première barrière ! L’argument commercial d’un indice de réfraction proche de celui de l’eau n’est d’aucune pertinence lorsque le fil est posé à la surface.
Bien évidemment il est utile de dégraisser au maximum la pointe,(en ayant soin qu’elle ne s’enroule pas sur la soie qui vient d’être graissée afin d’obtenir une bonne glisse !) mais cela ne suffit pas toujours à la faire couler.
Une fois de plus la solution viendra de notre façon d’aborder le poisson, de plier notre bas de ligne et de présenter une nymphe légère et qui ne drague pas. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Mais c’est peutêtre justement pour cette raison que la pêche à vue est aussi passionnante.
Pêches Sportives Vidéo n°28 : Pêche du brochet aux leurres sur le lac du Bourget et à la découverte du Chéran
1. Pêche du brochet aux leurres sur le lac du Bourget (Savoie) avec Quentin Dumoutier
Quentin Dumoutier fait partie des meilleurs spécialistes de la pêche du brochet aux leurres sur les grands lacs alpins. Il nous dévoile sa stratégie pour aborder les grandes étendues d’eau en trouvant de multiples repères afin de pêcher le plus juste possible. Recherche des bancs de poissons fourrage, positionnement du bateau, choix du matériel, techniques d’animations des leurres, tout est passé en revue par Quentin, qui a choisi de nous emmener sur les 4450 ha d’eau du très beau lac du Bourget.
2. A la découverte du Chéran (Haute-savoie) avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
Rivière discrète à l’accès confidentiel dans les gorges, le Chéran est surtout connu des pêcheurs locaux. Ses eaux claires en été sont propices à la pêche à la mouche sèche et à la nymphe à vue. Pascal Grillet et Stéphane Jan, deux membres de l’AAPPMA de l’Albanais nous font découvrir ce magnifique cours d’eau peuplé de truites sauvages. Plus difficile qu’au printemps, la pêche d’été demande une approche très discrète ainsi qu’une longue observation des poissons et de leur mode d’alimentation. Une pêche authentique dans le cadre grandiose des gorges du Chéran

Expertise : le printemps du lancer ?
Que c’est dur parfois d’attendre durant des semaines que le niveau des rivières baisse pour pouvoir pratiquer la pêche à la mouche ! Alors pourquoi ne pas tenter quelques sorties au lancer, à la recherche de jolis poissons sauvages ? Hameçons simples, ardillons écrasés, no-kill, la pêche au lancer n’est pas uniquement la technique de ceux qui pêchent pour la viande.
Par Jean-Christian Michel
Au début de la saison et même quelque fois durant tout le printemps, il n’est pas rare de rencontrer des eaux trop fortes ou trop teintées pour être pêchées selon nos techniques de prédilection. C’est dommage, car nos chères farios reprennent peu à peu possession de leur rivière… Et que nous ne pouvons pas nous empêcher d’aller à leur rencontre même si les conditions ne s’y prêtent pas vraiment ! Dans ces circonstances difficiles, la pêche au lancer vous permettra alors de retrouver le chemin de la rivière et de prendre quelques truites, en attendant des jours meilleurs… Je me souviens encore de l’ouverture 2008 : de l’eau, de la pluie, de l’eau de la pluie : un mois de mars qui ne vaut rien, un mois d’avril du même tonneau et au mois de mai. Des barrages pleins à craquer et contraints d’ouvrir leurs évacuateurs de crue ! Après quelques sorties à pêcher à la nymphe au fil à l’abri d’une pile de pont – soit dans vingt mètres carrés – j’ai raccroché naturellement ma canne à mouche et l’envie de passer à autre chose m’est venue ! Du moment que l’on respecte la rivière, les poissons et les autres pêcheurs, il n’y a pas de mauvaise technique, il n’y a que de mauvais pêcheurs.
Vouloir comparer le lancer à la pêche à la mouche n’a pas de sens. Les partisans du fly fishing only vous diront qu’il est toujours possible de prendre quelques poissons avec une canne à mouche, même dans des eaux tendues et des conditions extrêmes. C’est bien possible, mais ce qui m’intéresse avant tout lorsque je me rends au bord de l’eau, ce n’est pas de prendre du poisson, mais de prendre du plaisir. L’impression de ne pas aller au fond des choses me déplait particulièrement.
Quand on s’obstine à pêcher sous la canne et à racler le fond à l’aide de nymphes doubles billes toute une journée, je ne suis pas convaincu que l’on ait le droit de considérer la pêche aux leurres ou au toc comme immorales… De même, lancer un streamer de 8 grammes à l’aide d’une shooting de 600 grains cela peut se comprendre dans les pays où seule la pêche à la mouche est autorisée. Mais quand on peut propulser le même leurre avec une canne à lancer et plus de confort, d’efficacité et de discrétion, pourquoi s’en priver ? En raison de la beauté du geste ? Ah… Pardon ! Vouloir prendre à tout prix des truites « à la mouche » n’est pas forcément un signe d’excellence.
Cela conduit même à de vilains travers ! Je considère que les techniques de pêche doivent être avant tout une façon de faire connaissance avec la rivière… Et ne doivent surtout pas être une occasion, pour le pêcheur, de se replier sur soi ! Dans certaines rivières puissantes, pêcher à la mouche ne permet pas d’aller au fond des choses, surtout en début de saison.
Pourquoi donc s’entêter à pêcher en sèche ou en nymphe des postes qui n’abritent jamais rien d’autre que des juvéniles, alors que des poissons adultes se trouvent un peu plus loin, un peu plus profond, mais demandent d’être atteints selon un mode de prospection plus adapté ? Lorsque je sors ma canne à lancer, c’est souvent pour pêcher au poisson nageur.
Il existe deux façons d’envisager cette pêche : soit on explore des cours d’eau petits à moyens et peu profonds en pêchant souvent vers l’amont et à l’aide d’un équipement habituel pour le lancer léger, – à savoir une canne de deux mètres à deux mètres quarante et d’une puissance de cinq à quinze grammes, un moulinet adapté et un bon nylon de seize à vingt centièmessoit on procède en grandes rivières, qu’elles soient torrentueuses ou plus homogènes, et alors la pêche se fait souvent vers l’aval à l’aide d’une canne de deux mètres quatre vingt à trois mètres vingt et d’une puissance de vingt à quarante grammes. Il ne s’agit plus vraiment d’une pêche au lancer léger et le nylon devra être alors un bon vingt ou vingt quatre centièmes. Dans les torrents puissants et parsemés de gros blocs même, l’emploi d’une tresse n’est pas inconcevable. En petits cours d’eau, les leurres sont souvent des modèles de quatre à six centimètres. Qu’ils soient suspending, countdown ou flottants, ces poissons nageurs seront très souvent choisis parmi les modèles moyennement ou peu plongeants.
Les cranck baits sont rarement utilisés, même si leur emploi peut s’avérer pertinent, tout particulièrement contre les berges creuses. En pêchant vers l’amont, leur faculté à racler le fond et à se coincer entre les rochers plus facilement que les autres leurres ne plaide en faveur de leur utilisation… Dans le cas d’une pêche aval, s’il est toujours possible de rendre la main afin de laisser le courant libérer notre leurre. Ce n’est pas le cas en pêche amont ! Pour que les leurres propulsés vers l’amont soient pêchants, on procède souvent à une récupération rapide et linéaire, canne basse, et l’action de pêche ressemble assez à ce que connaissent les pêcheurs à la cuillère tournante : la truite laisse passer le poisson nageur, elle se retourne pour le poursuivre et l’engame par l’arrière. La difficulté de cette pêche vers l’amont vient du peu de discrétion liée au fait que l’on peigne la rivière et que, si l’on ne connaît pas bien les tenues des truites, il arrive souvent que le fil leur frôle les nageoires avant qu’elles n’aient vu le leurre… Un coup de chance est toujours possible, mais en procédant ainsi, il est difficile de capturer de beaux poissons autrement que par un heureux concours de circonstances.
Dans ces cours d’eau peu importants, la pêche vers l’aval est rarement pertinente car le pêcheur se trouve souvent en plein champs visuel latéral de la truite : rester invisible demanderait de progresser le long de la rivière à quatre pattes. Chose qui amuse volontiers cinq minutes, mais rarement plus ! En outre, lorsque l’on progresse dans le lit du cours d’eau d’amont en aval, il est difficile de ne pas soulever des nuages de vases. Cela n’est peut-être pas rédhibitoire pour la truite, qui ne sait pas d’où vient la perturbation, à condition bien sûr qu’elle ne soit pas produite immédiatement devant son nez… En revanche, sur le pêcheur, l’impact psychologique est garanti ! Se déplacer dans un ruisseau avec la discrétion d’un groupe de randonnée aquatique, non, merci !
Grandes rivièresC’est surtout en grandes rivières ou en torrents alpins au débit soutenu que la pêche aux leurres vers l’aval prend tout son sens… C’est une pêche que j’affectionne particulièrement : Imaginez un torrent puissant, gros de toute l’eau de la fonte des neiges et semé de blocs noyés qui créent des veines tortueuses et presque impénétrables, constituant ainsi autant de postes où une belle truite peut se caler… Pour celui qui prospecte dans de telles conditions, la force du courant, des contres courants et des veines antagonistes, ne laissent pas le temps à la monotonie de s’installer. Lorsque l’on pêche ainsi, on a réellement l’impression d’être « dans » la rivière. Le leurre devient alors le prolongement de notre main. Il doit être le plus souvent possible en contact avec le relief du fond : un contact régulier indique une gravière et la nécessité de ralentir la récupération ; Un choc indique en revanche un rocher et sa présence invisible est un indice pour régler les prochains lancers selon un angle mieux adapté.
A ce jeu, les cranck-baits sont particulièrement indiqués… En revanche les modèles intéressants pour le black-bass et le brochet ne le sont que rarement pour la truite et les eaux vives.
Si certains possèdent des bavettes démesurées qui leur permettent d’atteindre des profondeurs importantes en eau stagnante, en revanche, dès que le courant s’en mêle, ce n’est plus la même musique et il n’est pas rare que le leurre « décroche » dans les veines les plus puissantes et se mette à palpiter lamentablement sur le côté…A bannir ! Sans compter la déception quand le bout de plastique en question vous a coûté vingt euros ! Les formes trop rondouillardes doivent également éveiller une certaine méfiance (même si certaines se comportent très bien) car plus le leurre présente un profil qui offre de la prise au courant, et plus son enfoncement sera contrarié.
Une bavette assez importante, un corps plutôt élancé, voilà le parfait cranck à truites…Mais attention, testez les dans des conditions réelles de pêche avant d’en acheter dix de chaque modèle ! Car si certains répondent à ces deux conditions… ils se révèlent particulièrement empotés dans des eaux très puissantes ! Les valeurs sures se trouvent chez Smith et Rapala Enfin, si vous employez régulièrement cette technique et que comme tout pêcheur digne de ce nom vous rendez neufs fois sur dix la liberté à vos captures, sachez qu’il n’y a pas que les pêcheurs à la mouche qui ont le droit d’écraser leurs ardillons… C’est beau l’égalité !
Aux leurres… faites une pause !
Quand on parle de poisson nageur, les sujets les plus couramment abordés sont les couleurs, les formes, les tailles ou les profondeurs de nage. Mais la nage en elle-même et, notamment, la vitesse d’évolution du leurre sont un critère de la première importance. Les phases d’accélération et de changement de rythme sont bien sûr primordiales, mais elles le sont au moins autant qu’un autre aspect rarement abordé de la vitesse : les phases d’arrêt !
Par Alban Choinier
Tous les pêcheurs qui ont déjà pêché au poisson mort manié ou plus simplement avec un leurre souple monté sur une tête plombée savent quelle importance peut avoir une pause au cours de l’animation. C’est lors de cette phase, bannière tendue, que vous contrôlez la descente du leurre, pour pêcheur plus profond ou tout simplement pour le faire heurter le fond. Cette phase où le pêcheur ne fait rien d’autre que de tenir sa canne est d’ailleurs souvent la plus pêchante. En effet, si votre poisson mort ou votre leurre souple est correctement plombé, il va descendre en “feuille morte” pour le premier et en ondulant pour le deuxième. C’est généralement à ce moment que les carnassiers se saisissent du piège. Si on s’amuse à analyser la proportion entre les phases d’animation et les phases d’arrêt dans ce type de pêche, je suis sûr que nous devons passer environ un tiers de notre temps à ne rien faire… et pourtant, votre artifice pêche… tout seul !
Les poissons nageurs aussi !
Les phases d’arrêt sont tout aussi importantes quand on utilise des poissons nageurs, quels qu’ils soient. Etant donné que les poissons nageurs modernes ont tendance à nager tout seuls pour certains ou, à l’inverse, de nécessiter des animations régulières, nous sommes amenés à négliger de faire des pauses au cours de la récupération. C’est vrai aussi qu’un morceau de plastique dur armé de deux hameçons triples peut sembler beaucoup plus prenant en mouvement qu’à l’arrêt ! Et pourtant, il continue à être attractif quand le pêcheur ne fait rien, et parfois même beaucoup plus que lors des phases de déplacement. De nombreuses espèces de poissons carnassiers ont tendance à suivre le leurre en attendant le moment propice pour l’attaquer. Que ce soit les bars, perches brochets, black-bass ou sandres, ils cherchent tous à cibler leur attaque lors de la phase de pause ou dès le redémarrage du leurre. Ce n’est d’ailleurs pas parce que le pêcheur est inactif que le leurre ne bouge pas à l’autre bout de la ligne. Il peut bouger avec le courant, couler ou encore remonter vers la surface, la preuve…
Les poissons nageurs à bavette type “jerkbait”
Ces poissons nageurs à bavette sont les plus couramment utilisés aussi bien en mer qu’en rivière. Ils réagissent aux sollicitations du scion en se déhanchant et en s’inclinant de gauche à droite le long de la ligne de nage. On citera, parmi les plus connus, le B’Freeze de Lucky Craft, le Vision Oneteen de Mégabass, le Saruna de Smith ou le Arnaud de Illex.
Les modèles coulants (“sinking”)
Quand on fait nager un poisson nageur coulant, on peut choisir la profondeur d’évolution de son leurre en décidant à quelle profondeur on va commencer la récupération. Automatiquement, quand on débute l’animation de ce type de leurre, il va avoir tendance à remonter vers la surface. Ce n’est qu’en faisant une pause que vous lui permettrez de couler à sa profondeur initiale. Quand un poisson nageur sinking descend vers le fond, il ne coule pas de façon linéaire, mais plutôt “rouler” sur lui-même. Les brochets et les blacks bass ont une forte tendance à suivre le leurre à la descente et à l’attaquer dès qu’il redémarre. Quand on pêche dans un lac très profond avec un poisson nageur coulant, les phases d’arrêt peuvent atteindre 15 secondes tous les 2 mètres de nage. Ce type d’animation en dents de scie donne l’impression de ne pas avancer dans sa pêche, mais plus le leurre passe de temps dans l’eau et plus il aura de chance de provoquer une touche ! Et c’est aussi parfois le seul moyen de pêcher vraiment profond avec un leurre dur de ce type.
Les modèles flottants (“floating”)
Dès l’arrêt de la récupération, les poissons nageurs flottants remontent vers la surface plus ou moins vite suivant leur construction : balsa, plastique creux, présence de billes ou non… Quand ils remontent, ils “roulent” (effet de wobling) sur un axe horizontal, entraînant ainsi une animation verticale… alors que vous vous contentez simplement de garder la bannière tendue afin de ferrer à la moindre sensation suspecte.
Les perches et les blacks bass sont notamment friands de ce type de pause de quelques secondes à plusieurs dizaines de secondes, suivant la hauteur de plongée et la vitesse de remontée de votre poisson nageur.Les modèles équilibrés (“suspending”)
Les leurres suspending sont ceux qui se prêtent le mieux à entrecouper la récupération de pauses. A l’origine, ces leurres ont été justement conçus pour pouvoir s’arrêter à une profondeur donnée. Ce sont les Américains qui ont mis au point les poissons nageurs suspending, il y a plus de vingt ans, afin de pêcher efficacement sur les nids de black bass. Le principe de fonctionnement des poissons nageurs suspending est de posséder, à l’intérieur de leur corps, un lest compensant leur flottabilité ; le leurre possède ainsi une densité neutre. Le but de ces leurres est de laisser le poison nageur le plus longtemps possible à proximité immédiate. Les poissons sont comme les humains, si vous voyez passer une énorme part de gâteau au chocolat sur le plateau d’un serveur au restaurant, vous allez peut-être penser à en commander en dessert. Mais si on vous pose le même gâteau sur la table d’à côté et que vous avez le loisir d’en admirer l’épaisse couche de chantilly, il y a presque 100 % de chance qu’il termine au fond de votre estomac ! Il se passe exactement la même chose sous l’eau. Si vous êtes intimement persuadé qu’un bel arbre immergé abrite un brochet, vous allez avoir dix fois plus de chances de le faire bouger si vous faites nager votre poisson nageur devant les branches sur 20 cm que si vous le ramenez à vitesse normale – faites ensuite une pause de deux secondes pendant laquelle votre leurre continue à bouger faiblement, puis refaites-le nager
20 cm, etc. Dans le premier cas, le leurre va simplement passer dix fois plus de temps à portée d’attaque du prédateur. Même dans le cas d’animation en pleine eau et que ce soit sur n’importe quelle espèce de poisson, aussi bien en eau douce qu’en mer, faire au minimum deux pauses pendant la récupération augmente sensiblement la réussite. En effet, tous les prédateurs ont tendance à suivre assez longtemps le leurre avant de l’attaquer. Il est donc nécessaire de faire une première pause à mi-parcours et une deuxième pause juste avant de sortir le leurre de l’eau. Si un poisson vous a suivi jusqu’au bateau ou jusqu’au bord, vous aurez ainsi une chance de plus de le décider. Quand on a l’occasion de pêcher dans des eaux claires et de visualiser les attaques de poissons, on est généralement surpris de voir que les prédateurs n’hésitent pas à s’emparer du leurre alors que celui-ci ne nage pas. Je ne compte plus les brochets que j’ai vu tranquillement gober mon leurre pendant une phase de pause.
Les “crankbaits”Comme nous l’avons déjà vu dans un article précédent, les crankbaits sont des poissons nageurs plongeant à la récupération, ayant un très fort pouvoir de flottaison. Ils ont pour la plupart d’entre eux la particularité de remonter d’une façon particulièrement erratique. Ils peuvent gagner la surface en faisant des larges S ou même, pour certains, des spirales. Des phases d’arrêt de quelques secondes lors de la récupération peuvent permettre au leurre de remonter de quelques dizaines de centimètres avant de vernir de nouveau heurter le fond. On explore ainsi une couche d’eau plus importante et on augmente le temps de présence du leurre dans l’eau.
Les leurres de surface
Les réactions des différentes espèces de poissons par rapport à l’arrêt des leurres de surface diffèrent radicalement. Par exemple, le brochet a tendance à délaisser un stickbait dès qu’il s’arrête, alors que c’est totalement la réaction opposée pour les black-bass, les perches ou les bars. D’après mon expérience sur ces derniers, j’irais même jusqu’à dire que 80 % des touches en surface ont lieu à l’arrêt du leurre. En bref, faire une pause rapporte aussi son lot de bonnes surprises avec les leurres de surface.
N’hésitez pas à faire une pause
Bien évidemment, la réaction des poissons change d’un endroit et d’un jour à l’autre. Ils peuvent, une matinée, être très réactifs à des animations lentes ponctuées de longues pauses et, l’après midi, à une animation radicalement différente. Il n’existe aucune vérité en matière de pêche, mais certaines constantes sont valables dans toutes les eaux du globe, comme la réaction très positive des prédateurs face à l’arrêt de leurs proies. En règle générale, on pourrait dire que, plus l’eau est froide ou plus la pression de pêche élevée, plus il devient nécessaire de pêcher lentement et de donner des temps d’arrêt à son leurre. Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que vous mettrez à l’eau votre poisson nageur fétiche, pensez à faire une pause !
