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Catégorie : Technique
Retrouvez ici tous nos articles sur les techniques de pêche à la mouche, technique de pêche aux leurres, vidéos de pêche aux leurres, vidéos de pêches à la mouche…

le tenkara au banc d’essai !
Nous ne sommes pas les premiers à parler du tenkara, technique ancestrale japonaise qui effectue son grand retour à l’heure du carbone haut module. Mais comme on ne fait pas les choses à moitié, le DVD de ce numéro est consacré à cette technique qui ne laisse pas les pêcheurs à la mouche indifférents. Une occasion unique pour tout savoir sur cette pêche d’une efficacité étonnante et pour tordre le coup à quelques idées reçues.
Il est des modes qui s’imposent par nécessité et qui finissent par durer. L’Histoire nous dira si le tenkara, technique née au Japon il y a plusieurs siècles, ancêtre de la pêche à la mouche moderne et remise au goût du jour, tien- dra dans le temps. Cette pêche rudimentaire, pratiquée à l’origine avec une longue canne en bambou, sans moulinet, bénéficie aujourd’hui des meilleurs carbones et de lignes légères particulièrement discrètes. C’est ce qui justifie son grand retour, car partout, des Etats-Unis au Royaume Uni, de la Nouvelle- Zélande à l’Afrique du Sud, le tenkara semble porté par l’élan du renouveau. En France, c’est dans la région de Toulouse et dans les Pyrénées que le tenkara a fait son apparition notam- ment sous la houlette de Yvon Zill et de Maxime Miquel. J’ai rencontré Maxime à l’occasion du DVD joint à ce numéro. Il a “fait la route” jusque dans le Jura, qu’il ne connaissait pas, pour me montrer cette tech- nique, pour laquelle je n’avais aucun a priori. Maxime Miquel, ex-champion de France junior de rugby (avec Carmaux) s’est donc expatrié pour venir nous faire découvrir le tenkara devant un objectif et sur des rivières qu’il n’avait jamais vues, très différentes de celles des Pyrénées. L’invitation n’était pas piégée, mais tout de même à risques. Des eaux claires, des poissons sauvages, une forte fré- quentation par les pêcheurs, il n’en faut souvent pas plus pour compliquer passablement les choses. Car avec le tenkara, il faut pouvoir approcher les pois- sons à quelques mètres. Pour les détracteurs de cette technique, ce manque de longueur est rédhibitoire et c’est d’ailleurs là leur principal argument. Mais tous les pêcheurs à la mouche savent bien qu’en petits et moyens cours d’eau, la grande majorité des prises se fait à moins d’une douzaine de mètres. Le tenkara permet de pêcher jusqu’à 9 ou 10 m (4 m decanne+5à6 mdeligne) et cela est bien suffisant.

Pêches Sportives Vidéo n°36 : La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
Ancêtre de la pêche à la mouche, le tenkara est né au Japon il y a plus de 200 ans. Grâce aux matériaux modernes, cette technique a été remise au goût du jour. Maxime Miquel est à l’origine du renouveau de cette pêche oubliée en France. Ce DVD de 48 mn fait le point sur cette technique très simple à mettre en oeuvre, pratiquée sans moulinet. Sur les rivières du haut Jura, Maxime passe de la mouche sèche à la nymphe au fil avec une facilité étonnante. Une vidéo unique où cette technique encore mal connue est présentée de façon complète et en situation réelle. Sur ces rivières qu’il ne connaissait pas avant le tournage, Maxime le Pyrénéen nous fait une belle démonstration qui prouve que la pêche au tenkara est adaptable à tous les petits et moyens cours d’eau.

Pêches Sportives Vidéo n°35 : Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne (Savoie)avec Didier Chapel
Avec Didier Chapel, guide de pêche
Entourée de nombreux sommets de plus de 3000 m, la haute vallée de lʼArc se trouve perchée en haute Maurienne dans une partie de la Savoie encore sauvage. Ce cours dʼeau particulier, qui subit des crues très violentes est praticable à la mouche à condition de sʼadapter à son tempérament fougueux et à son lit sans cesse remodelé . Didier Chapel, guide de pêche bien connu, nous explique comment il aborde cette rivière et nous fait une très belle démonstration de pêche à la nymphe au fil, à la mouché sèche et avec des émergentes. Dé routante au premier abord, l’Arc livre soudain ses secrets…

Mouches sèches et émergentes, raisonnez par paire
Bien pêcher à la mouche impose une certaine rigueur dans le choix des mouches qu’on propose aux poissons. Aidé par les magazines, les vidéos, les clubs, la diversité des matériaux de montage, le niveau général des monteurs s’est considérablement élevé au fil du temps. L’occasion de mettre à profit tout ce talent de la meilleure façon qui soit, avec une logique qui prend en compte les différents stades d’évolution d’une même espèce d’insecte.
De nos jours, la plupart des pêcheurs à la mouche rejoignent le bord de l’eau au printemps les boîtes pleines de mouches. Des centaines de spécimens censés imiter toutes sortes d’insectes aquatiques. A l’observation de ces boîtes qui fourmillent de couleurs et de textures, on note généralement assez peu de logique dans la façon d’aborder une espèce d’insecte aux différents stades de son évolution. Pour les mouches flottantes, une bonne méthode consiste, pour une même espèce, à disposer d’une émergente et d’un subimago. A cela on peut dans certains cas ajouter un imago. Mais déjà les deux stades de l’émergente et du subimago permettent de pêcher juste, à des hauteurs de flottaisons différentes. J’ai depuis longtemps pris l’habitude de fonctionner de cette manière et souvent l’une des deux versions provoque plus de montées que l’autre.
Le cas est flagrant avec les mouches de mai en début d’éclosion. Parfois les truites préfèrent les émergentes et plus on avance dans l’éclosion, plus un modèle flottant haut s’avère plus efficace. En fin d’éclosion, l’imago, voire le spent (femelle morte les ailes en croix) devient alors encore plus utile. Mettre au point ces paires de mouches demande à la fois de l’observation et de l’expérience . Rien ne remplace une bonne connaissance de sa rivière, des éclosions qui se succèdent tout au long de la saison et de la préférence des truites ou des ombres pour telle espèce à tel stade. Attention aux idées reçues souvent simplistes et schématiques. En effet, un subimago d’une même espèce peut avoir des couleurs très différentes selon qu’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Sans aller se perdre dans des détails qui ne sont pas toujours utiles pour le pêcheur à la mouche, une bonne connaissance générale des insectes de sa rivière suffit à pêcher juste. Les modèles de cet article sont quelques exemples parmi ceux que j’utilise tout au long de la saison. Au départ, ils avaient surtout été mis au point pour les cours d’eau de Franche-Comté, mais ils donnent de très bons résultats dans beaucoup d’autres régions, où souvent, je manque de connaissance des lieux. En appliquant ce principe d’une double solution à chaque fois, cela augmente ainsi mes chances de succès.

Couleur des mouches, au bonheur des porte-bobines
Quand l’hiver joue les prolongations, le monteur n’a plus que les couleurs de ses bobines et de ses fils pour le relier au printemps… C’est le moment de s’enfermer dans le “coin de pêche” devant l’étau et de reconstituer les bataillons de mouches artificielles tombées au champ d’honneur. Vous savez quoi ? En période de déprime saisonnière, les matériaux de montage devraient être remboursés par la Sécurité sociale ! Mais comme chacun aime bien se faire sa petite ordonnance… Gare à l’automédication colorée ! Refaire ses boîtes à mouches, c’est se poser des questions sur la couleur des mouches. On peut observer le comportement des truites face à nos mouches, mais on ne saura jamais ce qu’elles voient vraiment.
Parfois l’esprit du pêcheur monteur de mouches s’emballe. Tous les grands mystiques, un jour, ont connu ça : le monteur a des visions. Il se prend à rêver au printemps. Le vert des feuillages, le rouge, l’orange et le jaune des fruits… et pourquoi pas quelques jolis éclairs de tinsels ? Ah si seulement les neurones des truites pouvaient flasher comme ceux des monteurs de mouches ! On enroule alors des fils de couleurs audacieuses. La déprime saisonnière y est pour beaucoup. On se risque à monter des séries de nymphes dans de “jolies” teintes en se disant : pourquoi pas ? Et quand à l’autre extrémité de l’hiver on les présente à une fario, la truite refuse sans vous dire pourquoi. Et on se retrouve avec une jolie série de nymphes de teintes inutiles pour encombrer les rayonnages de la boîte.
Voici quelques conseils stratégiques pour ne pas confondre mouches d’artistes et mouches de pêche… Ce qui est certain, c’est que dans l’acte de pêche, la couleur de la 30 Au bonheur des porte-bobines… 31 nymphe est un élément d’importance secondaire si on le rapporte à la façon de pêcher, au modèle et au lestage que l’on utilise. Pourtant certaines teintes “marchent” mieux que d’autres et quand vient le temps de se mettre devant l’étau, mieux vaut ne pas laisser libre cours à son imagination et se régler plutôt sur celle des truites et sur le verdict des saisons passées ! Une belle mouche n’est pas souvent une bonne mouche. Mieux vaut éviter de remplir nos boîtes de teintes indifférentes aux yeux des poisson !

Pourquoi nos mouches ont pris du bide ?
2014 démarre plutôt mal pour notre rédacteur en chef, qui lors du salon de Charleroi, s’est rendu compte qu’il était resté dans le coma depuis une vingtaine d’années. La pêche à la mouche aurait-elle changé à ce point ? En cause, comme dans l’article de Jean-Christian Michel (numéro 99, page 30) le décalage entre l’imagination des monteurs de mouches, l’interprétation qu’en font les professionnels et ce que veulent les truites.
2014, salon de Charleroi. J’ai pris conscience que j’avais vieilli d’un coup. -“Bonjour, je cherche du raphia naturel pour faire des corps de mouche de mai”, – “Du quoi ? Non mais c’est pas une quincaillerie ici !” – “C’est pas grave, je cherche également du Z-Lon gris clair et jaune clair…” – “Jamais entendu parler… ” – “Bon d’accord pour le raphia, c’est une feuille de palmier malgache, mais du Z-Lon, quand même, vous voyez, c’est un matériau synthétique hyper moderne, ça sert à faire des ailes de spent et des exuvies !” Après explications (sous forme de mimes) mon vendeur me sort sa panoplie de produits recyclés d’un magasin de farces et attrapes. Je laisse tomber et retente le coup deux stands plus loin, à la recherche de deux pochettes de “body stretch”, une petite lamelle élastique avec laquelle je fait les dos de mes gammares. Stupeur et tremblements, tous les exposants à l’exception d’un seul, ont supprimé la seule teinte qui plait vraiment aux truites et avec laquelle j’en ai pris des centaines ! Le rouge vif, le jaune citron, le bleu électrique, le vert pré, le “brun” que personnellement je vois orange, sont restés au catalogue, mais pas la “bonne” couleur brun rougeâtre qu’aucune autre ne remplace.
C’était un sentiment horrible, l’impression d’être resté dans le coma durant vingt ans… Quelque chose a changé. Cela vient-il des poissons ou des pêcheurs à la mouche qui recherchent de plus en plus des pêches faciles en réservoir ou à l’étranger ? Les vendeurs eux font leur boulot : ils proposent des choses qui sont demandées. Quoi de plus normal. Les salons sont de bons tests pour sentir la tendance et l’évolution d’une technique de pêche. Mais il faut faire la part des choses entre les nécessités imposées par les poissons et les rivières et l’interprétation commerciale que certains en font. Bien emballé et avec une belle démonstration tout peut se vendre et tout se vend. Avec le temps, certains produits sont ainsi devenus des standards, des trucs à la mode, même si, sur le terrain, ils font parfois office d’épouvantail.

Pêches Sportives Vidéo n°34 : Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec Emmanuel Favin
Avec Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube
Guide de pêche à la mouche, aux leurres et aux techniques traditionnelles dans l’Aube depuis bientôt vingt ans, Emmanuel Favin est très attaché à sa vallée de la Seine. Il nous emmène dans une des nombreuses ballastières de cette vallée, à la recherche du brochet aux leurres. Son approche particulière, entre tradition et modernisme, le pousse naturellement à choisir le matériel le plus utile à sa pêche. Au cours des 40 mn de ce DVD riche en émotions, il nous livre une multitude d’astuces, de conseils et de recommandations (non sans une bonne dose d’humour !), fruit de sa longue expérience.

Pêches Sportives Vidéo n°33 : programme de renaturation de la Doller, Pêche du sandre en linéaire
Dans cette vidéo :
1. Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime GerberMaxime Gerber, hydrobiologiste de la Fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques du Haut-Rhin, nous présente un programme ambitieux de renaturation des rivières Doller, Thur et vieux Rhin dans le but de favoriser le développement des peuplements d’ombres communs. Ces trois cours d’eau, bien connus des pêcheurs de l’est de la France, ont bien besoin d’un programme qui prend en compte l’ensemble des paramètres censés limiter les peuplements piscicoles.
2. Pêche du sandre en linéaire avec Christophe Baudot
sur la Saône en Côte-d’OrGuide de pêche en Côte-d’Or, notamment sur la Saône, Christophe Baudot est sur l’eau deux cents jours par an. Ce spécialiste de la pêche du sandre nous fait partager son approche sur un secteur réputé difficile, mais qu’il connaît parfaitement. Compréhension des postes, techniques d’animations, positionnement du bateau, tous les points clefs de cette technique exigeante sont abordés. S’il dispose de tout l’équipement du pêcheur moderne, Christophe laisse une large place à l’observation visuelle et au bon sens, accumulé au fil du temps.

Pêches Sportives Vidéo n°32 : Pêche à la nymphe “au fil”. Test des produits Hanàk et Mouche Ellipse
En complément du dossier sur la pêche à la nymphe “au fil” avec les produits tchèques Hanàk et Mouche Ellipse présenté dans le numéro qui accompagne ce DVD, voyons en images et en situation comment se comportent ces composants. C’est sur une petite rivière du haut Jura que Philippe Boisson a choisi de nous emmener, avec l’aide de Pierre-Emmanuel Aubry, guide de pêche dans cette région. L’occasion nous est donnée de vérifier l’efficacité des différents modèles d’indicateurs de touches et des hameçons jigs Hanàk. Plus qu’un simple test, cette séquence de 40 mn, revisite les fondamentaux de la pêche à la nymphe au fil “à la française” ou “à la tchèque”, deux techniques bien distinctes.

Snaelda, la mouche qui fait tache
Depuis que la pêche du saumon à la mouche existe, de merveilleuses histoires naissent entre les mouches et les rivières. Si généralement, une mouche à “sa” rivière, il y a aussi des exceptions. La Snaelda, mouche moderne dénuée d’élégance comparée à beaucoup d’autres, fait des cartons dans toutes les rivières puissantes et froides, au point de compter chaque saison, un peu plus d’adeptes.
Par Vincent Lalu
D’accord cette mouche ne ressemble à rien. Mais vous en connaissez-vous des mouches à saumon qui ressemblent à quelque chose. A part celles qui se prennent pour une crevette mal dégelée de Picard surgelés. La Snaelda, elle, est comme les autres : du poil, de la fourrure, des tinsels et de la couleur, beaucoup de couleur en camaieu d’orange, de jaune et du noir pour faire passer tout ça (ou alors les mêmes camaieux en remplaçant le rouge par du vert). Sauf que pour docteur Saumon (alias Pierre Affre), le “tout ça” ne passe pas.
Pour lui la Snaelda ressemble bien à quelque chose : il hésite entre un balai de chiottes, et un écouvillon pour bouteilles récalcitrantes. Mais surement pas une mouche à saumon. Pourtant cet ingrate tube-fly qui a fait des débuts fracassants sur les pools de la salmo planète dans les années 80 est l’une des préférées des grands poissons d’argent. Pour peu que les eaux soient froides ou simplement tendues, la Snaelda surtout si on l’a chargée au montage va chercher les poissons là où ils sont, c’est-à-dire dans les étages inférieurs de la couche d’eau.
Et les saumons aiment, ils en raffolent même. Il suffit de parcourir les cahiers de prises de n’importe quel lodge de l’Atlantique nord, que ce soit en Ecosse, en Norvège, en Russie ou en Islande et de pointer les mouches avec lesquelles les captures ont été réalisées. La réponse est partout la même : snaelda, snaelda, snaelda. Pas de doute, les saumons en pincent pour la snaelda et tant pis pour les grands prêtres de l’orthodoxie salaresque comme docteur Saumon qui préféreraient que leur poisson sacré, qu’ils traquent depuis des décennies, respecte les usages en continuant de croquer les nobles mouches que contiennent leurs mythiques boites, les silver doctor, munro killer, stoat’s tail, jock scott, lemon grey et autres general practitioner.
Et d’abord c’était qui cette Snaelda ? Hairy Mary on connaît son histoire, Black Maria aussi, pareil pour Jeannie, mais Snaelda… Elle vient d’où cette Snaelda ? Elle ne serait pas un peu allemande sur les bords avec son gros ventre de crustacé buveur de bière et sa façon de faire des ploufs incongrus en entrant dans l’eau ? C’est vrai qu’elle n’est pas très belle. Mais les saumons, la beauté, ils s’en foutent. Elle doit leur rappeler une grosse crevette transgénique et bancale rencontrée quelque part entre le Groënland et l’embouchure du grand retour. Un moment de leur voyage où ils avaient vraiment les crocs et qu’ils se disaient : “une petite dernière pour la route”.
En fait le vrai problème de docteur Saumon et des autres grands maîtres qui ont banni l’étrangère de leurs œuvres complètes c’est que la Snaelda est si efficace qu’elle laisse croire au premier couillon venu qu’il est passé expert en trois faux lancers et deux saumons capturés. Car salmo salar n’est pas vraiment regardant sur qui lui présente sa snaelda chérie. Son empathie est immense et sa bonne volonté va jusqu’à privilégier les débutants, les innocents, les femmes enceintes et les cocus. Et l’effet snaelda augmente considérablement le nombre de ceux qui sont prêts à écrire Le livre définitif sur la question du saumon dès lors qu’ils ont réussi à en prendre un.
Or des vrais pros du salmo il n’y en a pas beaucoup. Surtout en France où les saumons ne sont plus légion. Finie l’époque des Bonnenfant ou des Pourrut, Laffargue, Vicento qui régnaient sur les pools de l’Allier ou les grands courants du gave d’Oloron. Leurs héritiers, les Affre, Montupet, Thonnenx ou Bezin ont dû s’expatrier. Docteur Salmo (vous avez remarqué le passage à l’anglais) est plus connu sur les rives et dans les lodges de la presqu’île de Kola, en Islande, en Norvège et sur la Matapedia que sur les bords de l’Allier où les spécialistes attendent chaque année le retour de la paire de saumons à quelques millions d’euros qui aura survécu à l’inutile production piscicole de Chanteuges, merveilleuse lessiveuse à argent public .
Malheureusement aujourd’hui le saumon c’est surtout une affaire de Vikings et de Ruscofs. Ce n’est pas parce qu’il fréquente tous les grands saumoniers, qu’il confît le petit nom de tous les plus de 20 livres de l’hémisphère nord, qu’il pense saumon, qu’il rêve saumon qu’il mange comme un saumon, que docteur Salmo n’est pas une exception. Les stars du saumon sont en majorité de là-haut. Leurs palmarès se comptent en milliers de sujets et en millions d’heures de pêche. Surtout, eux savent très bien pourquoi ils ont inventé la snaelda. Mouche miracle pour rivières body buildées. Avatars logiques du nouveau salmo business. Explication par l’Islande : cette terre viking possède quelques-unes des plus belles rivières à saumons de la planète. La Stora Laxa, l’Hafralonza, la Midjfierdara, la Sela et pas mal d’autres sont des petites merveilles d’eaux cristallines, de gorges enchanteresses et de pools à se damner. Ce ne sont pourtant plus elles qui “produisent” le plus de sujets au royaume de salmo salar. En 2007 et 2008 ce sont deux rivières “chasse d’eau”, les Ranga est et ouest qui sont arrivées en tête du hit-parade des captures avec plus de 15 000 poissons recensés dans l’année. Pourtant il y a 20 ans à peine ces deux rivières d’origine glaciaires ne produisaient pas plus de 100 poissons par an. Tout l’alevinage naturel étant emporté par la débacle du printemps.
C’est alors qu’entrent en jeu quelques petits malins , parmi lesquels Arni Baldurson, le docteur Salmon islandais, qui proposent aux fermiers riverains de ces deux rivières à moins de deux heures de Reyjkavik, de mettre des saumons là où il y en a peu. Arni, outre qu’il est surement l’un des plus grands pêcheurs de saumons actuels, est aussi une star du marketing hallieutique, discipline inconnue sur le plateau de Millevaches, qui lui a permis de devenir le roi du salmo business islandais, tout en continuant de faire pêcher les grands de ce monde d’Eric
Clapton à Bush père (Poutine s’est décommandé au dernier moment mais ce n’est que partie remise). Et surtout Arni Baldurson est une sorte d’apprenti sourcier qui dès son jeune age s’est passionné pour l’élevage (à 12 ans il avait détourné une canalisation du lotissement où vivait sa famille pour alimenter sa première salmo nurserie.)
Avec un ou deux complices ils ne mettent pas longtemps à convaincre les fermiers que leurs rivières qui ne valent pas un tacon sur le juteux marché de l’amodiation touristique peuvent voir leur valeur mulipliée par cent s’ils acceptent de participer à l’opération Ranga ranching.
L’idée est de prendre en charge les premiers temps de la vie de saumons sauvages (prélevés sur la souche famélique des Ranga) puis de laisser le cycle normal s’accomplir dans des conditions telles qu’il ne soit pas possible d’établir une différence entre ces poissons et les autres. Concrètement l’opération se déroule en cinq phases :
– on organise la fraie de saumons des Ranga dans une pisciculture située à moins de deux heures de camions citernes.
– Chaque rivière est découpée en beats de plusieurs pools que se partagent les pêcheurs. Ce sont ces sections de quelques centaines de mètres que l’on va équiper. Chaque beat, se voit doté d’une “piscine” d’une centaine de mètres cubes et d’1,50 mètre de profondeur creusée à la pelleteuse et reliée à la rivière par un canal que l’on peut ouvrir ou fermer par le moyen d’un bouchon fabriqué à partir d’une grosse bobine de cable électrique vide.
– Peu de temps avant le grand départ, à la nouvelle lune du mois de mai, le camion citerne vient déverser de 50 à 100 000 tacons dans chaque piscine (Il y en a une quarantaine pour les deux rivières) et l’on couvre chaque bassin d’un filet pour éviter que les oiseaux ne viennent casser la croute.
– Les jours suivants les fermiers nourrissent les poissons en granulés. Cela dure à peu près une semaine. Et un matin on s’aperçoit que les poissons n’ont pas touché aux granulés et que leur robe a changé dans la nuit. Elle est passée de la couleur “truite” à l’argent du saumon : les tacons sont devenus des smolts.
– Il suffit alors d’enlever les bouchons et de laisser partir ces un ou deux millions d’aspirants au grand voyage vers la mer. Les fermiers se postant dans les embouchures pour effrayer le plus d’oiseaux possibles à grands coups de fusil. Il n’y a plus qu’à attendre. Un an pour que remontent les grisles (de 1 à 3 kg), deux ans pour les saumons adultes (4 à 5 kg) et trois ans pour les sujets sérieux (6 à 10 kg).
Et cela marche : dès les premiers retours de 4 à 8 000 grisles reviennent dans les Ranga. Et les statistiques montent très vite au point de classer nos deux chasses d’eau glaciaires en tête du hit-parade des rivières islandaises deux années de suite . Ce qui a pour conséquence de transformer des parcours qui n’étaient même pas commercialisables en eldorados à 1 800 euros la journée, en prime time.
Le coup est magistral et les Cresus de la planète se bousculent pour pêcher les Ranga. Sauf qu’une chasse d’eau reste une chasse d’eau ce qui a pour conséquence d’imposer souvent des mouches qui pêchent “creux”, comme la… snaelda et de tuer tous les poissons ou presque puisque les ruisseaux d’alevinage naturel des Ranga sont en nombre insuffisant pour accueillir tous les saumons qui reviennent.
Ainsi nous étions quelques uns que Arni avait “upgradé” sur les Ranga pour deux jours (un milliardaire autrichien spécialisé dans les robinets en or pour salles de bain d’émir nous ayant piqué- vive le sanitaire- notre sublime Stora laxa, nous avions réussi l’exploit de rentrer bredouille à deux cannes d’une matinée sur la east Ranga quand une voiture ordinaire, même pas un 4X4, est venue se garer devant nous.
En sont sortis quatre gros mimiles dont je ne préciserai pas la nationalité (l’internationale des mimiles est au-dessus des nations). Deux d’entre eux ont ouvert le coffre d’où ils ont extirpé avec difficulté un sac poubelle de 150 litres très lourd. Ils ont déversé le contenu du sac, une vingtaine de poissons de toutes tailles, eux-mêmes déjà emballés dans des sacs en plastique sur le plan de bois où l’on compte, pèse et recense les saumons. C’est alors que j’ai vu les grandes cannes, leurs gros bouchons rouges et noirs et les grands hameçons sur lesquels subsistaient des bouts de vers, sur le toit de la bagnole. Et je me suis dit que n’en déplaise à docteur Salmon, la snaelda c’était quand même mieux pour la pêche au saumon, con !