Catégorie : Technique

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  • Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff

    Bien connu dans le monde des compétiteurs mouche autant pour ses résultats que pour son petit magasin de pêche bien achalandé, Joël Ruff est un personnage sympathique et attachant. Dès qu’il le peut, il est au bord de l’eau une canne à la main, souvent accompagné de sa femme Martine, tout aussi charmante, qui partage sa passion. J’ai profité d’une partie de pêche avec eux au réservoir de la Moselotte (un de leurs plans d’eau favoris) pour lui demander de nous expliquer la technique de pêche aux chironomes au fil qu’il pratique avec beaucoup de talent.

    Par Philippe Collet

    La technique fine de la pêche au chironome au fil est surtout efficace dans les réservoirs aux eaux claires, les jours sans vent. Joël la pratique d’autant plus volontiers que l’eau est lisse. Si le vent se lève et que les poissons chipotent toujours, il pêche au bouchon, car la détection des touches devient impossible au fil.


    Le matériel

    Pour cette pêche, il utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 5 ou 6 (des G. Loomis GLX classiques) et des soies flottantes. Ses soies favorites sont la Partridge Réservoir et la Snowbee XS. Lorsque le vent est de la partie, comme lors de notre journée de pêche, il utilise la canne de 6, équipée de la soie Snowbee XS de 6 de couleur rose pale. Si le temps est plus calme et lorsque l’eau est lisse, il lui préfère la canne de 5 avec une soie Partridge de 5, facile à reconnaître à sa couleur orange fluorescent. Ces deux soies ont un grand fuseau et autorisent de longs lancers, et elles on un autre atout très important : leur faible mémoire.
    Ainsi, elles ne se rétractent que très peu après le posé, permettant un contact plus subtil avec le train de mouches. Le phénomène de mémoire est encore plus marqué en période froide, la matière des soies perdant de sa souplesse. Les deux soies ont des âmes tissées, toujours plus souples que les âmes en monofilament.
    La soie Partridge au fuseau très long se lance très loin, mais demande une bonne technique pour en tirer le maximum. Elle permet un excellent turn over du train de mouches, mais n’est certainement pas la plus facile à utiliser pour un débutant. Joël apprécie aussi la JMC Symbol R2T (sa préférée en rivière pour sa délicatesse) ou la JMC Distance WFX, qui ont les mêmes qualités que les soies précédemment décrites pour la pêche qui nous intéresse ici.


    La pêche au fil

    La technique consiste à lancer un train de deux ou trois chironomes, en veillant à les poser bien en ligne et à surveiller le point d’immersion du bas de ligne. Il est primordial de poser correctement pour ne pas ensuite pêcher de longues minutes pour rien, avec une pointe emmêlée. Si le vent est gênant, Joël réduit son bas de ligne à deux mouches. Si vous débutez, n’utilisez qu’une mouche, vous perdrez moins de temps en démêlages et réparations.
    Il est toujours plus important de bien poser que de pêcher loin. Atteindre de grandes distances est souvent important en compétition, lorsque les poissons sont rapidement repoussés au large par les assauts des pêcheurs. Cela tend à nous faire oublier que la zone la plus nourricière et attractive pour un poisson dans un plan d’eau est souvent la proximité de la berge.
    Une approche discrète est importante, même si nous n’avons pas affaire à des poissons sauvages. Les truites en réservoir sont peu effarouchées par l’arrivée pataude d’un pêcheur ou par une soie frappant l’eau sur des faux lancers maladroits. Elles resteront le plus souvent sur place ou reviendront rapidement, mais n’en seront par moins alertées. Si elles ont déjà été prises et relâchées, elles seront beaucoup plus vigilantes et difficiles à leurrer après une mauvaise approche, alors qu’on aurait pu les surprendre autrement. Il vaut donc toujours mieux lancer à courte distance après une approche discrète que s’évertuer à lancer loin, qui plus est, en tapant l’eau. De plus, la détection des touches au fil est beaucoup plus facile et reposante à courte distance qu’à plus de 25 mètres.
    Pour pratiquer correctement cette technique, il faut graisser le bas de ligne et surveiller son point d’immersion.
    L’animation est quasi inexistante, même s’il est possible de réaliser une ou deux longues tirées lentes par ramené pour remonter le train de mouches d’un coup dans la couche d’eau. La technique consiste à maintenir les mouches à la bonne profondeur de pêche, en résorbant la dérive de la soie, par un tricotage très lent. La soie maintenue bien en ligne permet la transmission rapide du ferrage. La pêche au fil est vraiment efficace sur une eau lisse ou peu perturbée, ce qui est très intéressant car ces conditions de pêche sont souvent les plus déroutantes et difficiles en réservoir.

    Le bas de ligne

    La profondeur de pêche est conditionnée par la longueur de bas de ligne graissé. Ce dernier a donc une importance toute particulière. Il est largement inspiré d’un modèle montré à Joël par Pascal Cognard, au réservoir de Trept, il ya près de dix ans. Réalisé en Kamoufil pour sa souplesse et son élasticité, le bas de ligne de Joël est bâti de la façon suivante : 90 cm de 45 centièmes, 60 cm de 35, 30 cm de 30, 10 cm de 25, 30 cm de 22. Il rajoute ensuite du fluorocarbone (le sien, du Passion Pêche conditionné en bobines bon marché de 100 mètres) : 40 cm de 18 centièmes, 50 cm de 16 puis un brin de 50 cm de 14 centièmes au bout duquel il noue un dernier brin de 14 centièmes en laissant une potence d’environ 15 cm (une fois la mouche nouée). La distance entre les deux mouches est réglée à environ 1,20 m. Lorsqu’il pêche à trois mouches, la construction du bas de ligne est la même jusqu’aux 50 cm de 14 centièmes, la première mouche étant séparée de la seconde par environ 70 cm, et la deuxième de la dernière (en pointe) de 1 mètre. La distance entre la soie et la mouche de pointe est donc de 4,80 m à deux mouches ou 5,30 m à trois mouches. Joël utilise toujours le même bas de ligne, dont il peut moduler la pointe de plus ou moins un mètre selon les conditions. Il allonge l’écartement entre les mouches si les poissons sont difficiles à localiser, pour couvrir une grande épaisseur d’eau. Il réduit l’écart entre les mouches si les truites se nourrissent dans une couche d’eau précise. Le réglage de la profondeur est ensuite lié au poids des mouches.
    Ce bas de ligne à noeuds peut être remplacé par un bas de ligne dégressif monobrin en queue de rat de 3,70 m se terminant en 18 centièmes (bas de ligne Monoleader de la marque Airflo, par exemple). Ce type de bas de ligne a la préférence de l’épouse de Joël, qui pratique avec beaucoup de patience et de dextérité toutes les pêches fines en réservoir. Elle réalise ensuite ses pointes de la même façon que son mari. Joël préfère le bas de ligne à noeuds, justement parce que ceux-ci retiennent la graisse et flottent mieux, formant autant de petits indicateurs plus difficiles à couler que le fil lui-même. Les problèmes d’emmêlement de ce type de bas de ligne, que l’on a facilement tendance à attribuer aux noeuds, sont plus dus à une mauvaise technique de lancer qu’aux noeuds eux-mêmes. Pour cette pêche, Joël ne monte pas au-dessus du 14 centièmes, il peut par contre descendre en dessous si cela s’avère nécessaire. Si le nombre de petites touches sans suite est trop important, il descend d’un cran en diamètre de fil et essaie le 12 puis éventuellement le 10 centièmes, lorsque les poissons sont devenus très difficiles. Dans ce dernier cas, il ne place plus que deux imitations sur son bas de ligne et veille à rester bien concentré pour ne pas se faire dépouiller de son train de mouches à la première touche. En règle générale, la finesse du fil est aussi liée à la taille des mouches. Des chironomes sur hameçon de 16 ou 18 ne peuvent pas être bien présentés sur un fil trop gros.


    Graissage et dégraissage

    Lorsqu’il débute la pêche, Joël commence par observer le comportement des poissons. Si ces derniers sont visibles et proches de la surface, il graisse son bas de ligne jusqu’à la portion de 22 centièmes, pour présenter les mouches dans la couche de surface. Il peut, a contrario, ne graisser que la portion de 45 centièmes pour aller les chercher en profondeur. Les conditions évoluant en cours de pêche, il est amené à graisser ou dégraisser son bas de ligne assez régulièrement. Le graissage s’effectue avec une graisse silicone. Les meilleures qu’il ait trouvées sont proposées par des marques allemandes, Dam et Balzer, pour faire flotter des fils de pêche des carnassiers au vif. Un film, même très discret, de cette graisse assure une bonne flottaison du bas de ligne.
    La faible épaisseur de silicone nécessaire permet de ne pas avoir un bas de ligne chargé et poisseux qui risque, à la moindre petite défaillance dans le lancer, de coller la pointe portant le mouche. Cette dernière doit, au contraire, couler au plus vite. Lorsqu’il veut dégraisser son bas de ligne pour laisser ses mouches travailler plus profondément, Joël utilise sa salive et un morceau de mouchoir en papier dans lequel il le passe plusieurs fois. Le dégraissage de la pointe peut aussi être nécessaire pour que les chironomes soient tout de suite pêchants. Cette dernière, réalisée en fluorocarbone, naturellement plus dense que le nylon, coule cependant assez facilement, surtout avec des chironomes lestés d’une bille. Joël dégraisse ses bas de ligne, surtout lorsqu’il pêche en sèche et aussi lorsqu’il utilise des chironomes légers, avec une pâte qu’il a dénichée au Royaume-Uni, de la pâte Sparton fabriquée par Steve Parton, un compétiteur anglais reconnu.
    Dans les plans d’eau clairs et propres, faire couler les fils est plus difficile que dans les plans d’eau troubles et sales. C’est une question de différence de tension superficielle de l’eau. Il en va de même en rivière. Plus la rivière est impactée, plus les insectes aquatiques ont du mal à réussir leur émergence et plus vous devez, à l’inverse, regraisser souvent votre bas de ligne. J’ai le souvenir de m’être arraché les cheveux, lors d’une compétition sur les eaux claires du lac de la Moselotte, à essayer de couler une pointe fine avec une pâte dégraissante pourtant de bonne qualité, qui n’avait quasiment aucun effet. Joël a apparemment trouvé la perle rare.

    La pêche au bouchon

    Lorsqu’il pêche au bouchon, Joël utilise le bas de ligne décrit précédemment, mais s’arrête au fluorocarbone en 18 centièmes auquel il noue la mouche bouchon décrite plus loin. Il noue ensuite, directement dans l’oeillet de cette mouche, un brin de 14 centièmes qui va porter une ou deux mouches. Le choix de placer deux mouches sous le bouchon est toujours dicté par les conditions de vent et la direction de ce dernier. Il est toujours possible de lancer trois mouches le vent dans le dos, c’est plus difficile lorsqu’il vient de face ou de travers. La distance entre les mouches sous le bouchon est d’environ 1,2 à 1,4 m, rarement plus et en tout cas pas plus que la longueur de la canne, pour éviter d’accrocher la mouche du haut dans l’anneau de tête de la canne au moment d’épuiser le poisson.
    Dans la pêche au bouchon, le réglage de la profondeur de pêche se fait en rallongeant ou en raccourcissant le bas de ligne. Ce qui n’est pas des plus pratiques. Joël s’est mis à cette technique pour la compétition, mais il ne l’apprécie guère. Si elle permet, lorsque la surface est agitée, de prendre au chironome des poissons qui n’auraient pas été pêchables au fil, les touches devenant indétectables, elle occasionne de nombreux ratés au ferrage, probablement liés à la présentation verticale des mouches et à l’angle droit formé entre la pointe immergée et le bas de ligne posé sur l’eau. Dans la pêche au fil, la partie noyée du bas de ligne et sa pointe pêchent en oblique. Le poids des mouches et la vitesse de récupération conditionnent l’ouverture de l’angle. Le contact est beaucoup plus direct et les ratés moins nombreux.

    La détection des touches et le ferrage

    On comprendra aisément que plus les mouches pêchent profond, plus l’angle entre la soie et la partie immergée du bas de ligne se ferme, nécessitant ou plutôt autorisant un ferrage appuyé. A contrario, plus on pêche à proximité de la surface, plus l’angle s’ouvre et les mouches se placent en ligne par rapport à la soie. Dans ce cas, ferrer sèchement conduit systématiquement à la casse. En pêche au fil, il convient de résorber la soie détendue en tricotant du bout des doigts, scion pointé vers l’eau, sans jamais bloquer la soie, ce qui aurait pour effet de casser à chaque touche marquée. Si l’on pêche près de la surface, on incline en plus la canne d’environ 30° sur le côté pour permettre un amorti en cas de touche violente. Pour ces touches le ferrage est inutile, il faut seulement relever la canne en gardant contact avec le poisson qui s’est ferré tout seul.
    Dans cette pêche, de nombreuses touches sont toutefois subtiles et indécelables sur la soie. Elles sont détectées en observant le bas de ligne graissé. Une vibration du fil, une soudaine coulée, un déplacement latéral doivent être sanctionnés d’un ferrage ample et souple vers le haut. Ce ferrage doit être d’autant plus doux que le train de mouches évolue près de la surface. Cette technique est productive, mais elle demande d’être très attentif et concentré si vous ne voulez pas passer à côté de nombreuses touches ou casser régulièrement sur les poissons s’emparant vivement d’une de vos imitations.
    La technique de la pêche au chironome au fil, qui trouve toute son efficacité sur un plan d’eau lisse, peut encore être pratiquée dans les petites risées avec parfois plus de succès que la pêche au bouchon. On n’arrive alors plus à suivre le bas de ligne des yeux, mais on surveille la pointe de la soie. On passe probablement à côté de certaines touches, mais dans ces conditions de pêche (vent, surface ridée…) les poissons mordent tout de même plus franchement.
  • Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Pêche en lac, utilisez un bas de ligne à noeud en fluorocarbone

    Nous sommes régulièrement confrontés, en lac, au problème des bas de ligne qui flottent et génèrent des refus à répétition de truites souvent éduquées. Possédant du fluorocarbone dans de nombreux gros diamètres pour la pêche au lancer du bar ou des carnassiers, j’ai décidé il y a plus de trois ans de me confectionner des bas de ligne à noeud avec ce matériau. Ces portepointes bon marché et performants se sont révélés très utiles dans de nombreuses situations.

    Par Philippe Collet

    Lorsqu’on pêche en lac, il est souvent nécessaire de couler son bas de ligne pour présenter ses mouches de façon optimale.
    Le fil flottant sur l’eau crée en effet un relief qui amplifie considérablement sa taille. Posé sur la surface, un 10/100 est aussi visible qu’un 25/100. Faites un jour un essai en plein soleil dans une flaque d’eau peu profonde et regardez l’ombre portée sur le fond par un fil même très fin. Noyez ce fil, vous ne voyez plus rien. Dans une eau calme, nous n’avons pas les contraintes du courant, qui obligent le plus souvent le pêcheur en sèche en rivière à utiliser du nylon et à graisser son bas de ligne pour qu’il flotte. En rivière le bas de ligne ne doit en effet pas couler dans les veines de courant car cela accentue son dragage et provoque des arrachés bruyants. En rivière, le poisson n’a le plus souvent pas trop le temps d’inspecter le montage. Il est posté, ce qui permet de lui présenter la mouche sans le couvrir.
    En lac, les poissons ont le temps, ils peuvent surgir de partout et, hormis lorsqu’on peut les voir et anticiper leur trajectoire, il est difficile de leur présenter la mouche en premier. Ainsi, lorsque les poissons sont un peu éduqués, ils montent doucement vers notre mouche et s’en détournent prestement au dernier moment, signe parfois que le modèle ne leur plaît pas, mais le plus souvent qu’ils ont détecté le fil qui flotte à la surface. L’impact des mouches lorsqu’elles touchent l’eau met en alerte les poissons présents sur le secteur et les attire inexorablement. Il faut impérativement que le fil ait coulé avant leur arrivée car ils ne prennent pas souvent autrement. En pêchant correctement, ces poissons curieux peuvent représenter une part très importante des prises.

    Couler son bas de ligne

    Pour réussir, nous avons recours au fluorocarbone et au dégraissage. Le fluorocarbone, plus dense que le nylon et que l’eau, coule naturellement. Toutefois, dans de faibles diamètres et manipulé avec des doigts toujours un peu gras, il ne parvient pas toujours à percer le film de la surface. La qualité de l’eau a une énorme influence. Il est souvent très facile de couler un bas de ligne posé sur une eau verte ou marron chargée de phytoplancton, alors qu’il est beaucoup plus difficile de couler ce même bas de ligne posé sur une eau cristalline, là où bien sûr c’est le plus utile. La solution du dégraissage régulier à l’aide d’une pâte appropriée est contraignante et a ses limites.

    Les avantages du portepointe en fluorocarbone

    Réaliser un porte-pointe en fluorocarbone présente de nombreux avantages. Dans les forts diamètres, le fluorocarbone perce facilement le film de l’eau. Le bas de ligne à noeuds dégressif entraîne ainsi très rapidement la partie plus fine de la pointe sous la surface. Ce matériau assez raide permet un bon transfert d’énergie de la soie vers la ou les mouches, qui se posent plus en ligne. Une fois étiré, il reste droit comme un «i» et permet une bonne présentation et une meilleure détection des touches. Ce type de bas de ligne est très économique au regard d’un polyleader ou d’un bas de ligne en queue de rat en fluorocarbone tout fait. Il est de plus adaptable en cours de pêche, en le raccourcissant, par exemple, pour mieux passer dans le vent.


    En sèche

    Ce type de bas de ligne peut être accroché au bout d’une soie flottante pour la présentation d’une seule mouche sèche. Si l’on pratique une pêche d’attente, on utilisera une mouche qui puisse résister un peu à l’enfoncement, car elle sera fatalement entraînée sous l’eau avec ce fil qui, une fois immergé, coule inexorablement. Si l’on pratique avec de petites mouches, on essaiera plutôt de croiser la trajectoire d’un poisson vu ou pressenti, en posant suffisamment loin devant, en général 2 ou 3 mètres, de façon que le bas de ligne ait disparu sous la surface avant son arrivée. Avec cette technique, la mouche finit plus ou moins rapidement par couler. Restez vigilant, car il n’est pas rare que le poisson choisisse ce moment et seulement celui-là pour prendre. Avant d’arracher, animez doucement votre mouche du bout des doigts sur quelques mètres, cela peut aussi être payant.


    En washing line

    Cette technique très efficace, qui se traduit « corde à linge », consiste à intercaler une ou deux mouches coulantes, nymphes ou chironomes, entre le portepointe raccordé à une soie flottante et une mouche sèche très flottante ou un booby. Les nymphes se mettent en place très rapidement et restent ainsi suspendues sous le film de la surface. Le fil disparaît quasi instantanément.
    Il est ainsi possible, de la même façon qu’en sèche, d’intercepter un poisson en maraude en anticipant sa trajectoire ou en posant à proximité de son gobage.


    Avec des soies intermédiaires et plongeantes

    Avec des soies intermédiaires, l’avantage de ce bas de ligne demeure sa capacité à transférer l’énergie de la soie vers les mouches et à placer très vite l’ensemble du fil sous l’eau. Il est toujours possible de pêcher avec succès en washing line, surtout avec une soie intermédiaire lente. Pour les soies plus plongeantes, il n’est plus vraiment nécessaire de s’embêter, car la soie coule assez vite pour noyer un bas de ligne constitué d’un simple brin de fluorocarbone souvent de bon diamètre (de 18 à 25 centièmes de millimètre).

    La confection du bas de ligne à noeud

    Le porte-pointe est réalisé avec des sections de fluorocarbone, dégressives en diamètre et en taille en partant de la soie. Cette dégressivité permet un excellent transfert de l’énergie de la soie vers les mouches. On utilise du fluorocarbone destiné à la réalisation de pointes transparentes, et résistantes à l’abrasion, pour la pêche au lancer avec des tresses. Ces fils sont maintenant présents dans les gammes de nombreuses marques. Nous pouvons citer notamment les marques Powerline ou Varivas, utilisées depuis longtemps par les pêcheurs. Compte tenu de la raideur de ce fil par rapport à celle d’un nylon, ce n’est pas la peine de commencer son bas de ligne en 50 ou 45 centièmes, mais plutôt, pour une soie de 6, 7, voire 8, en 40 centièmes. Ce morceau de fil sera noué sur une chaussette ou, mieux, directement à la soie (pour un meilleur transfert de l’énergie) à l’aide d’un noeud, de type noeud d’hameçon à palette, de trois tours. Un nouveau morceau de fluorocarbone plus fin sera ensuite raccordé au premier avec un noeud baril et ainsi de suite.


    Le bas de ligne de base

    Le bas de ligne de base sera constitué de 50 cm de 40 centièmes, 40 cm de 35 centièmes, 30 cm de 30 centièmes et 25 cm de 25 centièmes. Soit une longueur totale de 1,45 m. Il sera terminé par une micro boucle pour un changement plus facile des pointes sans modification de sa longueur. Il pourra être allongé en agrandissant les brins ou en ajoutant une portion de 20 centièmes pour les pêches plus fines, avec une sèche notamment ou en washing line léger avec une soie flottante (voir les illustrations). Il peut être légèrement raccourci si l’on doit pêcher avec le vent dans le nez. Pour une pêche en washing line standard à trois mouches, on ajoutera environ 90 cm de 20 à 18 centièmes avant la première potence longue d’environ 20 cm, puis 1 m à 1,20 m de 20 à 16 centièmes avant la seconde potence, et 90 cm à 1 m de 20 à 16 centièmes avant la mouche de pointe. Il ne faut pas trop descendre en dessous de ces diamètres, car les touches peuvent être violentes et les casses nombreuses, surtout sur une soie intermédiaire.

  • Cannelle / Activ Jig

    Cannelle / Activ Jig

    On ne présente plus la pêche au plomb palette, cette technique ancestrale remise au goût du jour par quelques compétiteurs qui avaient bien compris que sans être une merveille de technologie, ce morceau de plomb et sa cible en caoutchouc prenait beaucoup de poissons. L’Activ Jig est un plomb palette dont et poids monte jusqu’à 30 g, ce qui est nécessaire en lac ou en fleuve. L’intérêt d’une forte plombée et de ne pas laisser le temps aux carnassiers de comprendre la supercherie, surtout au moment où le plomb décroche avant de redescendre. Plus c’est rapide, mieux c’est… Côté finitions, l’Activ Jig est armé d’un hameçon VMC Barbarian d’excellente facture, d’un octopus de taille convenable assez résistant au déchirement.

    Poids : 15, 20, 25 et 30 g.

    Conseils d’utilisation

    L’animation de l’Activ Jig, n’est pas différente de celle des autres plombs palettes. Les recommandations sont donc identiques, à savoir un bon contrôle de la bannière lors de la descente du leurre suite à une remontée, qui être en “liberté surveillée” pour déceler les nombreuses touches qui ont lieu lors de cette phase avec les perches et les sandres.

    Prix conseillés : 4,50 euros pour les modèles de 15 et 20 g et 4,60 euros pour les deux plus lourds.

  • La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits

    La pêche dans les herbiers avec de gros soft baits

    Dans les plans d’eau parsemés de végétation aquatique, la pêche peut devenir difficile dès le printemps avec des leurres traditionnels munis d’hameçons triples ou même simples, s’ils dépassent du leurre. En début ou en fin de saison, on peut encore passer rapidement au-dessus des herbiers naissants ou régressant, mais au plus fort des mois chauds et lumineux la masse végétale ne permet plus que l’exploration de trouées, avec la difficulté d’en sortir sans ramasser trop de matière végétale et caler les poissons alentour. La pêche des carnassiers avec de gros leurres souples montés sur les hameçons texans est alors une solution intéressante.

    Par Philippe Collet

    La pêche dans les plans d’eau enherbés, déjà difficile en bateau ou en float-tube, devient quasiment impossible du bord où, naturellement, les faibles profondeurs favorisent l’implantation des herbiers. Lorsque les fonds sont irréguliers, selon la clarté de l’eau, la végétation peut, à quelques dizaines de centimètres de profondeur près, exister ou non, sans qu’on arrive à la distinguer depuis la surface. Ce phénomène est lié à la limite de pénétration de la lumière, induite par le développement du plancton végétal et/ou la présence de matières en suspension, qui va bloquer le développement des végétaux supérieurs. Les postes de transition entre les fonds colonisés par les herbiers et les fonds nus sont très intéressants, mais on passera son temps à s’y accrocher et à ramener des écheveaux d’herbiers si on ne peut les distinguer depuis la surface, calant régulièrement les poissons recherchés.
    La situation est d’autant plus difficile lorsqu’on a affaire à des poissons peu actifs et (ou) éduqués, insensibles ou réfractaires à des animations trop rapides ou décollées du fond. De la même façon, des poissons embusqués au coeur des herbiers peuvent attendre que le leurre passe à leur portée immédiate sans aller le chercher dans les couches de surface.
    Ces leurres vont descendre nonchalamment et permettre une animation lente près du fond, sans risquer de récupérer un paquet de végétation. Ils peuvent glisser sur les divers obstacles : herbiers, mais aussi bois noyés, blocs rocheux… et risquent peu de s’accrocher ou d’accrocher des saletés. Restant pêchants et discrets, ils vont plus facilement séduire les poissons difficiles. Outre leur consistance molle et leur aromatisation ou salage à coeur, ces leurres sont très discrets et ne cliquettent pas de partout, billes internes, anneaux brisés et hameçons… Je pense que cela peut représenter un autre atout majeur pour tromper des poissons éduqués.

    Le matériel

    Les cannes et les moulinets réservés à cette pêche avec de gros soft baits et hameçons texans sont assez robustes pour lancer des leurres parfois assez lourds mais surtout pour assurer des ferrages appuyés.
    En effet, un des inconvénients majeurs de cette technique est le risque de rater de nombreux poissons sur des ferrages trop timides, réalisés avec une canne trop faible. Une canne heavy doit être privilégiée pour les gros leurres (nous avions décrit ce type de canne dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits dans le n° 71 de Pêches sportives), une medium heavy pourra être utilisée pour les leurres plus petits ou dont l’hameçon se dégage bien à la touche. Plus le leurre est gros et massif, plus le ferrage devra être appuyé. Un beau brochet qui se saisit du leurre peut l’avoir pincé et le souffler sans se faire piquer si le ferrage n’est pas assez appuyé. Le ferrage doit littéralement arracher l’hameçon du leurre. Ce celui-ci doit rester sur place alors que l’hameçon glisse jusqu’à se ficher fermement dans la gueule du poisson. Selon les jours et le degré d’éducation des poissons, il pourra être plus rentable de rendre un peu la main avant de ferrer pour les laisser bien recentrer le leurre. Les leurres salés ou aromatisés auront à ce moment-là un avantage certain sur les leurres en pur plastique, étant gardés un peu plus longtemps en bouche par les carnassiers.
    Les moulinets doivent être, de la même façon, identiques à ceux préconisés dans l’article sur la pêche aux gros jerkbaits durs, ils devront être solides. Pour ce type de pêche, un ensemble casting est préférable car, outre sa puissance, il permet d’amortir l’impact du leurre lors du lancer en freinant la sortie du fil avec le pouce. On pourra ainsi alterner de gros leurres durs et lourdement armés avec de gros leurres souples; selon les parties du plan d’eau pêchées. On gagnera à garnir la bobine d’un fort nylon ou d’une tresse solide, bien visible (de couleur jaune, par exemple). La visibilité est importante car elle conditionne la détection des touches discrètes lors des animations lentes près du fond. Elle permet aussi de visualiser l’impact du leurre sur le fond (détente nette du fil). Contrairement à une animation plus rapide et sèche, qui permet d’être en contact quasi permanent avec son leurre et oblige le poisson à une attaque plutôt rapide, une animation lente nécessite de bien surveiller son fil car les touches peuvent être difficiles à sentir dans la canne. L’usage d’une tresse permettra une perception tactile beaucoup plus fine des touches et un ferrage plus appuyé. Celle-ci devra toutefois avoir un
    diamètre suffisant pour ne pas claquer net sur un solide ferrage ou un
    lancer appuyé raté. Un diamètre de 20 ou 25 centièmes est approprié.


    Le bas de ligne

    Si on recherche le brochet, la connexion du leurre à la tresse se fait
    au bout d’un morceau de fort fluorocarbone ou nylon hard mono de 60 à 70
    centièmes, qui a toujours ma faveur pour sa discrétion, malgré des
    risques de se faire couper, de temps en temps, si le poisson engame le
    leurre profondément. Il est bien sûr possible de raccorder le leurre à
    une empile d’acier.
    Le leurre peut être connecté avec une agrafe
    (bien pratique pour un changement rapide) si les herbiers traversés ne
    sont pas trop fins et souples (nénuphars par exemple), mais cette
    dernière ainsi que les divers noeuds de raccord peuvent accrocher des
    saletés. Si l’accrochage de morceaux de végétaux est occasionnel, de
    petits coups de scion secs suffisent souvent à débarrasser le leurre en
    cours de route et à lui permettre de continuer à pêcher. S’il est
    systématique, il peut être nécessaire de pêcher avec un moulinet garni
    de nylon et d’y connecter directement le leurre avec un noeud parfaitement coupé, ou de faire précéder le leurre d’une bonne longueur de nylon ou fluorocarbone pour éviter l’accumulation d’impuretés trop près de celuici, au niveau du raccord tresse bas de ligne, qui de toute façon devra être soigné. Le leurre pourra ainsi passer d’un espace d’eau libre à un autre, à travers la végétation, sans emporter une masse d’herbiers avec lui ou simplement en accrocher quelques brins, préjudiciables à son attractivité. Une bonne astuce pour traverser les masses compactes d’herbiers consiste à imprimer de petites secousses au leurre, en faisant trembloter le scion, fil à moitié détendu, au fur et à mesure de son passage à travers l’obstacle. Malgré tout, il demeure quasi impossible de passer à travers des algues filamenteuses ou des herbiers qui en sont enrobés sans en garnir le leurre.


    Les leurres

    Les leurres sélectionnés pour cet article me paraissent particulièrement adaptés à la traque des brochets dans nos eaux, et certainement à celle des gros black-bass, pour lesquels ils ont été le plus souvent conçus. Leur taille conséquente permet de pousser beaucoup d’eau et d’intéresser de beaux poissons.
    De nombreux leurres sont adaptés à cette pêche. On peut distinguer les formes cigares avec le Senko de la marque Gary Yamamoto, le Quiver 150 River 2 Sea, le Tiki- Bamboo Stick Wave Worms… ; les formes shad et leurs caudales plus ou moins prononcées avec le One up Shad Sawamura, le Nitro Soft Jerk Illex… ; les formes pintail (« queue pointue ») au corps trapu et à la queue longue et effilée avec le Tiki-Shadick Wave Worms, le Jerk Minnow de la marque Savagear Lures Prologic, le Sagat de chez Pafex… ; les formes slug avec le Slug Go Lunker City en taille 9’’ (23 cm) ou le Slug AMS Fishing de 10’’ (25 cm) ; les formes swim bait avec le Javallon (16 et 20 cm) d’Imakatsu ou le Live Magic Shad (13 et 20 cm) de Lake Fork… Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. La plupart des leurres adaptés à cette pêche sont fendus pour permettre à l’hameçon de bien ressortir au ferrage ; si ce n’est pas le cas, sur des leurres assez durs, il est possible d’inciser le leurre côté ventre avec un cutter pour réaliser un logement favorisant le coulissement de l’hameçon au ferrage.

    Les hameçons

    Ces gros leurres doivent être montés sur des hameçons conséquents, atteignant si possible au moins leur premier tiers pour limiter au maximum les loupés de poissons se saisissant de leur partie arrière. Il s’agit d’hameçons texans wide gape (“large ouverture”) qui, s’ils sont faciles à trouver dans de nombreuses marques jusqu’au 5 ou 6/0, sont beaucoup plus difficiles à dénicher en 7, 8, 10 ou 11/0.
    On arrive toutefois à en trouver dans les marques suivantes (liste non exhaustive) : Oversize Worm 7/0 et 11/0 chez Owner (Pafex), Hooking Master Monster Class en 6/0 et 10/0 chez Nogales (Marryat France), Super Line Ewg en 6/0 et Worm 323 Monster en 7/0 chez Gamakatsu (Sakura). La marque Lake Fork propose un hameçon de 7 et 10/0 spécialement conçu pour l’armement de ses soft swim baits.
    Celui-ci est doté d’une tige crantée qui pénètre dans le nez du leurre et d’un lestage moulé sur sa hampe qui permet de stabiliser le leurre et de le faire couler lentement pour une nage plus profonde. Il est aussi possible de lester tous ces hameçons en ajoutant sur leur hampe quelques tours de fil de plomb de fusible de gros diamètre fixés à la colle cyanoacrylate. Il faut alors simplement les monter en les enfilant du menton vers le nez du leurre, par l’oeillet. Le lestage des leurres s’effectue également à l’aide d’inserts de plomb ou de tungstène. En forme de petits clous, ceux-ci sont piqués soit dans la gorge du leurre, soit en plein travers. Leur position permet d’équilibrer la nage en fonction de l’animation pratiquée. Leur taille ou leur nombre sont aussi fonction de la profondeur de pêche et de la vitesse d’animation.

    Le lancer

    Pour limiter l’impact de la chute du leurre, on veillera à le lancer au ras de l’eau en fouettant fermement, comme pour atteindre un point beaucoup plus éloigné que l’objectif visé. On relèvera la canne progressivement vers le ciel, en appliquant une pression progressive avec le pouce sur la bobine pour faire ralentir le leurre, jusqu’à le stopper et ainsi le déposer délicatement.
    Avec un peu d’entraînement, on réussit régulièrement ces lancers au poser discret, qui n’alertent pas les poissons très pêchés. Ces lancers sont beaucoup plus faciles à exécuter avec un ensemble de casting.
    Les gros leurres souples décrits ici permettent très souvent de pratiquer facilement le skipping (lancer en ricochet), ainsi que le montre le DVD La leçon de pêche volume 4 de Pêches sportives, avec Alban Choinier. Leur taille et leur forme sont adaptées à cette action. Ce type de lancer est utilisé pour atteindre des postes situés sous les branches basses.


    L’animation

    Même si ce type de pêche peut se pratiquer avec diverses tailles de leurre, nous avons privilégié ici des leurres de grande taille, appropriés à la pêche du brochet. L’animation des leurres dépend de leur forme. Globalement, les soft swim baits (Javallon, Lake fork) seront ramenés de façon linéaire, ce qui leur permettra d’onduler régulièrement à la façon d’un vrai poisson. Ils pourront être “twitchés” (tirée sèche) occasionnellement, ce qui aura pour effet de les faire décrocher. Les leurres à queue pointue de type pintail ou slugs seront animés en walking the dog (“nage de droite à gauche”) plus ou moins rapide et saccadé. Les leurres possédant une caudale seront ramenés linéairement de façon plus ou moins régulière, mais pourront tout autant être “twitchés” pour les faire se décaler de droite à gauche. L’animation devra être adaptée à chaque leurre et les leurres seront alternés de façon à trouver ce qui fonctionne le mieux à un moment donné.


    Les inconvénients de la technique

    Ces leurres ne sont pas armés en queue. Si le poisson les attrape sur la partie arrière, qui plus est par le dessous, au niveau de l’anus, on trouvera de belles entailles après ferrage, mais la prise n’aura pas été assurée. Bien qu’ils permettent de leurrer des poissons inaccessibles, ces leurres génèrent beaucoup de ratés. Ils doivent donc être réservés aux conditions particulières décrites précédemment et maniés avec un matériel adapté pour garantir un ferrage puissant et efficace.

    La réparation des leurres

    Plus le leurre est mou et fragile, plus il “s’efface” au ferrage, rendant ce dernier plus efficace. Il se dégrade alors très vite, ne permettant parfois qu’une seule prise. Le compromis à rechercher sera fonction du nombre de touches. Les jours fastes, des leurres solides pourront être utilisés (si vous ne souhaitez pas vider rapidement vos sachets de leurres tendres), les jours difficiles, des leurres très souples et tendres devront être privilégiés.
    Lorsqu’un leurre est abîmé, si le poisson ne vous en a pas déjà dérobé un morceau, je vous suggère de le démonter et de le garder avant qu’il ne soit définitivement détruit. Une fois de retour chez vous, vous pourrez le recoller en fusionnant la matière avec une lame de couteau chaude ou, mieux, avec une panne plate de fer à souder (voir l’article sur la pêche du bar au leurre souple dans le n° 70 de Pêches sportives). Des catalogues américains proposent même des mini fers stylos, à pile, avec une panne très fine pour ressouder les leurres en cours de pêche. Vous pouvez aussi recoller les parties endommagées à la colle cyanoacrylate, mais le résultat sera moins bon car les zones réparées perdront leur souplesse. Au prix de ces gros leurres souples, ce petit bricolage permet de faire quelques économies.

    A utiliser en mer

    Un usage très intéressant de ce type de montage peut se faire en mer, dans les secteurs encombrés de laminaires ou de sargasses, ou dans des zones rocheuses très peu profondes. Il présente toutefois un intérêt encore supérieur, pour les pêches du bord, lorsque la marée charrie de trop nombreuses algues.
    Certains jours, il est impossible de faire nager un leurre de surface armé de ses deux hameçons triples sur plus d’un mètre. Pourtant, les poissons sont là, actifs, tout près, sous cette manne nourricière qui attire de nombreuses proies potentielles. Un soft bait bien monté, dont le noeud de connexion ne présente pas de partie saillante et dont la pointe de l’hameçon est bien rentrée dans la matière plastique, passera partout et n’accrochera même pas la fine salade verte que l’on trouve souvent sur les côtes trop richement fertilisées par les apports des cours d’eau (liés au lessivage de l’excès d’azote et de phosphore des terres agricoles de leurs bassins versants).
    L’usage de ce montage en mer est toutefois limité aux secteurs de faibles courants et aux pêches dans des profondeurs modestes. L’animation du leurre s’effectue canne haute pour limiter le contact du fil avec l’eau, en commençant à pêcher près de soi avant de s’éloigner progressivement. En cas d’accrochage d’algues, quelques secousses sèches, qui peuvent contribuer à l’animation du leurre, permettent de le nettoyer et de le rendre de nouveau pêchant. Avec cette technique, il faut être patient car le leurre peu lesté doit couler un peu pour moins accrocher de saletés. Si le vent est de la partie et qu’il est de travers, il peut gêner l’animation canne haute en faisant surfer le leurre trop léger en surface. On cherchera alors, si possible, à se placer de façon à l’avoir dans le dos. Le poids des leurres utilisés permet en revanche d’atteindre des distances de lancer tout à fait respectables.
    J’espère que cet article vous aura convaincu, si ce n’est déjà fait, d’acheter quelques sachets de leurres, de gros hameçons et quelques inserts pour pouvoir, lorsque c’est nécessaire, leurrer des poissons dans des endroits jusqu’alors impossibles.

  • La pêche du saumon en période automnale

    La pêche du saumon en période automnale

    L’automne est arrivé, et ces moments pour pêcher le saumon me plaisent beaucoup. Cette pêche automnale n’a rien à voir avec celle de printemps ou celle d’été, mais elle est très intéressante et demande quelques modifications pour les mouches et aussi dans la façon de la pratiquer.

    Par Jacky Boileau

    A chaque fois que je me retrouve au bord d’une rivière à saumons où l’on peut pêcher en arrière saison (septembre-octobre), avec l’odeur des feuilles mortes et des champignons, je retrouve cette envie de prendre un saumon pour bien terminer l’année. Mais il faut pour cela changer un peu sa façon de pêcher et utiliser des modèles de mouches plus appropriés, car souvent nous avons à faire à des poissons qui sont dans la rivière depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains. Cependant, il faut compter aussi sur des poissons frais montés et, souvent, il y a de beaux sujets dans le lot. En ce qui concerne les mouches, leur taille doit être plus grosse que celles utilisées en période estivale. Si, l’été, vous pêchiez avec des modèles montés sur des hameçons n° 8 ou 10, le 6 est plus approprié en période automnale, avec un peu plus de tinsel pour augmenter l’effet de leurre à la mouche, car les poissons peuvent être très agressifs. Cela permet de réveiller les poissons qui “dorment” au fond des pools. L’Ecosse compte de nombreuses rivières, surtout sur la côte ouest. Ces rivières connaissent une remontée d’automne de saumons et ferment plus tard, de fin octobre au 15 novembre. Cela permet une pêche tardive du saumon. Ces rivières sont faciles d’accès, les parcours publics sont nombreux et peu onéreux. Je vous conseille d’y faire une petite expédition et de trouver la rivière de vos rêves.

    Renseignez-vous sur les dates de fermeture, qui varient beaucoup d’une rivière à l’autre. La Bretagne, avec toutes ses rivières ouvertes en fin de saison, se prête bien à la pêche d’arrière-saison. Les biefs ou les “étangs” de moulin breton sont très prometteurs, il suffit de donner de la vitesse à la mouche et de l’animer convenablement pour obtenir des résultats. Il y a beaucoup de refus, mais quel plaisir de voir surgir un poisson qui fait au minimum 60 cm de dessous la berge, pours’arrêter à quelques centimètres de la mouche et faire demi-tour : l’adrénaline est à son maximum. Quand le poisson prend, alors quel plaisir ! Bien souvent l’hameçon simple est obligatoire et cela n’est pas facile. Je préfère les hameçons doubles, ils équilibrent mieux la mouche.
    Toutefois, grâce à l’apparition de mouches tubes casqués, l’hameçon simple est possible sur ce genre de mouches et permet de faire des montages assez homogènes et très pêchants, surtout sur les courants vifs. L’hameçon simple est une bonne formule pour remettre les poissons à l’eau, car en général les poissons sont très colorés et doivent retourner à la rivière. Concernant la couleur des mouches, l’orange est une bonne teinte ; avec du tinsel, cela marche très souvent en fin de saison. Le noir fonctionne bien également, surtout en petit modèle ; le jaune est aussi une valeur sûre, particulièrement en fin de journée. Les mouches doivent être munies d’une queue assez longue pour avoir plus de mobilité, les saumons aiment bien cela. En ce qui concerne la soie, il faut quelquefois mettre une pointe plongeante si l’eau est forte, un 25/100 ou 30/100 au cas où un gros poisson frais vous prendrait votre mouche, ce que je vous souhaite à tous !

  • Pêcher avec des imitations d’écrevisse

    Pêcher avec des imitations d’écrevisse

    Il existe aujourd’hui sur le marché une importante palette de leurres imitant avec plus ou moins de réalisme des écrevisses. Le développement important des populations de ce crustacé dans la plupart de nos eaux doit nous inciter à utiliser ces leurres de façon plus régulière. Les poissons, carnassiers ou non, mettent plus souvent qu’on ne le pense à leur menu cette source de protéines relativement facile à capturer.

    Par Philippe Collet

    L’écrevisse est le plus gros crustacé de nos eaux douces. Même si elle n’est plus que rarement indigène, elle est bien présente dans nos rivières, fleuves, étangs et lacs, et occupe souvent une bonne place dans le régime alimentaire de nombreux poissons. Vous avez certainement déjà eu l’occasion de pêcher des perches à l’estomac rempli d’un ou plusieurs de ces crustacés soigneusement repliés ou des brochets au ventre déformé donnant, au toucher, l’impression que le poisson a ingurgité quelques cailloux. Vous avez aussi pu observer des carpes en train de fouiller le pied des berges d’un étang en mettant des coups de boutoir dans la végétation, à la recherche de cette précieuse friandise. Un pêcheur de truite rencontré au bord d’une petite rivière envahie d’écrevisses signal me rapportait récemment qu’il trouvait régulièrement des restes de petites écrevisses dans l’estomac des quelques truites de 30-35 cm (des belles pour la rivière) qu’il gardait chaque année.
    L’écrevisse est régulièrement consommée par de nombreux poissons, dont les carnassiers, les plus recherchés : brochets, perches, sandres, black-bass, silures… En posséder quelques imitations de diverses tailles dans ses boîtes peut toujours être utile, notamment lorsque les poissons se fixent sur ce type de proie.


    Une nage caractéristique…

    Lorsqu’elle n’est pas inquiétée, l’écrevisse se déplace lentement en marchant. En cas de panique, elle s’enfuit en marche arrière, en battant violemment de son abdomen segmenté terminé par un appendice aplati, l’uropode, qui lui sert de “nageoire”. Ses pinces sont alors allongées vers l’avant et s’effacent derrière le thorax. Entre chaque battement, son abdomen se replie pour former un arrondi et un ensemble très hydrodynamique en forme de goutte d’eau. Cette nage de fuite caractéristique est constituée d’une succession d’impulsions, dont le rythme va en s’accélérant. Elle se termine par une descente planante vers le fond lorsque l’écrevisse a pris suffisamment de distance par rapport au danger. Acculée, elle fait face, pinces ouvertes et pointées vers l’intrus.

    … dont découle l’animation

    La plupart des modèles de leurres commercialisés permettent d’imiter cette fuite. L’écrevisse est accrochée à la ligne par la pointe de l’abdomen, pinces en avant. Sur une traction, elle se déplace à reculons, les pinces se resserrant. Lors des poses, les pinces s’écartent de nouveau imitant à merveille l’animal vivant.La flottaison des pinces de certains modèles leur permet en plus de se redresser à l’arrêt et d’être encore plus réaliste, rappelant au prédateur l’attitude désespérée de l’écrevisse lui faisant face. L’animation de base est donc constituée d’une alternance de tirées, d’environ 20 à 50 cm, à peine entrecoupées, pour produire une animation linéaire, suivies d’arrêts plus ou moins longs permettant au leurre de rejoindre le fond en planant et de s’y poser pinces orientées vers le haut. La prospection d’une berge depuis un bateau ou la rive opposée (en canal par exemple) est payante en lançant au ras du bord et en tirant le leurre par saccades au-dessus d’une zone plus profonde. On essaie alors d’imiter une écrevisse affolée sortant d’une cache sous berge et fuyant sans défense en pleine eau. Elle est alors relativement irrésistible pour le prédateur embusqué en dessous, sur la cassure souvent proche. Lorsque vous connaissez les postes prospectés, pêchez concentré en vous mettant dans la peau d’une pauvre écrevisse sans défense fuyant de la berge et se fourrant dans la gueule du loup.
    Vous serez tôt ou tard sanctionné par une touche bien résonnante ou un déplacement latéral de votre fil.
    Des animations plus traditionnelles, en faisant sautiller le leurre ou en le traînant sur le fond pour décoller un nuage de sédiments, peuvent être efficaces. Dans tous les cas le fil doit rester tendu lors des relâchés car la touche se produit souvent à la descente. N’hésitez pas à marquer des arrêts, l’écrevisse posée au fond en position de défense reste pêchante, surtout si la matière dont elle est constituée est suffisamment souple pour vibrer un tant soit peu.

    Les modèles et les montages

    Selon les postes et leur encombrement, vous pêcherez avec des écrevisses armées d’une tête plombée ou en montage texan lesté ou non. Les têtes plombées football permettent le maintien d’une écrevisse aux pinces flottantes dans la position idéale en lui permettant de remonter pinces en l’air sans risquer de basculer latéralement. Une tête
    sabot sera moins stable latéralement mais permettra aux leurres non
    flottants de ne pas rester collés au fond. Certains modèles
    d’écrevisses comme la Stand’n Yabbie ou la Super Yabbie chez River 2 Sea
    sont moulés sur une tête sabot et livrées prêts à pêcher. La Super
    Yabbie est dotée d’une brosse anti-accroche qui permet de pêcher les
    postes encombrés Les modèles peuvent être très imitatifs, comme les Yabbies, les Crawbug chez Yum, les écrevisses Storm Rattle Hot Craw Tube, et prévus pour être armés d’une tête plombée. Dans les modèles plus suggestifs, on trouve notamment les Big Claw chez Riverside, les Craw chez Gary Yamamoto puis diverses créatures comme la Talon Worm chez River 2 Sea, l’Ultravib Speed Craw chez Zoom et des modèles plus dépouillés encore comme la Sabertail chez Berkley (cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et est loin d’être complète). Tous ces modèles suggestifs peuvent être montés sur têtes plombées, en raccourcissant si nécessaire leur corps pour mieux centrer l’hameçon. Ils peuvent aussi être montés en texan pour explorer des herbiers pas trop denses, des bois noyés ou des fonds rocheux.
    Nombre d’entre eux s’associent aussi très bien avec des jigs, dont les nombreuses fibres mobiles ajoutent de la vie au leurre souple en apportant une pulsation supplémentaire lors des alternances tirées/relâchés. Ces jigs peuvent être munis ou non d’une brosse anti-accroche pour l’exploration des postes encombrés. Avec les jigs, on peut associer divers trailers suggérant de façon très lointaine les deux pinces d’une écrevisse. Associée à un jig, la Sabertail Berkley, par exemple, peut donner une nage d’ensemble très imitative de l’écrevisse, bien que le leurre ne ressemble pas réellement à grand chose hors de l’eau. Un dernier modèle se détache du lot par l’animation encore différente qu’il permet. Il s’agit de la Dynagone chez Imakatsu. Montée avec un petit insert de lestage et un hameçon wide gape, l’hameçon placé “à l’envers”, l’oeillet entre les pinces et non au bout de l’abdomen, cette créature peut planer en marche arrière sur plusieurs mètres à condition que le pêcheur relâche du fil et l’accompagne sans la brider. Cette particularité permet d’explorer des postes normalement inaccessibles comme des berges creuses, des branches basses baignantes… Si le leurre ressemble à s’y méprendre à une écrevisse planant à la descente, il ne ressemble plus à ce crustacé lors des tractions, mais reste tout de même très attractif. Une vidéo très démonstrative est visible sur le site du fabricant : www.imakatsu.co.jp 

  • Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven

    J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.

    Par Philippe Collet

    Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.

    Le matériel de Rudy

    Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.

    Les soies

    Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.

    Le bas de ligne

    Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.

    Le lancer

    Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
    Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
    Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !


    La mouche

    Lors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
    Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
    Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
    Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.


    Le lieu de pêche

    • Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
    Tél. : 0031297261261.
    E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl

    • Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
    www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/

    • Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.

    Rudy van Duijnhoven
    Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
    The Netherlands
    Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
    www.rvd-image.nl

  • Illex / Cosmo Craw

    Illex / Cosmo Craw

    Le Cosmo Craw est un leurre souple extrêmement mobile de type trailer à associer aux têtes jigs. Son corps est épais pour éviter d’être déchiré trop vite et chacun de ses appendices vibratoires est muni d’une cavité d’air, présentant à 45° le Cosmo Craw, tout en recréant ainsi à la perfection une écrevisse. Les annelures de sa partie ventrale permettent d’appliquer la crème attractante Nitro Booster de la marque ; elles maintiennent et libèrent ainsi lentement les effluves attractives.

    Longeur : 76 mm.

    Conseils d’utilisation

    Les trailers comme le Cosmo Craw s’enfilent sur l’hameçon lesté des jigs. Ces derniers sont le plus souvent généreusement garnis de “pattes en cahoutchouc, recouvrant partiellement le trailer. L’action de pêche avec les jigs se résume à l’exploration des bois morts, des trouées dans les herbiers, ou des enrochements de façon très précise à courte distance, si possible avec un ensemble de pêche dit casting (moulinet à tambour tournant). Le Cosmo Craw, qui imite clairement une écrevisse, vise le black-bass, la grosse perche et le brochet. Ce leurre peut également être associé aux chatterbaits, qui sont des jigs munis d’une palette qui sert à créer des vibrations.

    Prix conseillés : 5,90 euros le sachet de 8 leurres de couleur identique.

    Renseignements et liste des points de vente : www.illex.fr

  • Nymphe à vue hors des sentiers battus…

    Nymphe à vue hors des sentiers battus…

    L’esprit et les techniques de la pêche en nymphe à vue sont les mêmes en petite qu’en grande rivière. En revanche, tout le monde n’a pas la possibilité de pêcher régulièrement la basse rivière d’Ain, la Loue ou le Doubs franco-suisse… Des cours d’eau plus modestes (et pas toujours des “chalk streams”) peuvent également être prospectés par cette technique à condition de faire preuve d’un peu d’imagination et de s’adapter aux contraintes spécifiques à ses rivières. Certains petits cours d’eau voient dériver des phaesant tails depuis vingt-cinq ans et les truites n’y sont pas plus faciles qu’ailleurs… Ils concentrent en outre les difficultés que l’on rencontre en grande rivière en termes de discrétion et de présentation et nous forcent à nous recentrer sur l’essentiel… faute de place ! Voyage au pays de Gulliver nympheur.

    Par Jean-Christian Michel

    Présentation aval, longue pointe et nymphe légère, voici les fondements communs à la pêche de tous les cours d’eau. Il n’y a rien à retrancher à cela. Mais des adaptations techniques et stratégiques peuvent se révéler nécessaires… car les petites rivières ne se pêchent pas uniquement à l’arbalète !


    Petites rivières de plaine

    Les truites de ces cours d’eau n’ont pas la possibilité de se réfugier au milieu de la rivière, hors de distance de tir, pour échapper aux pêcheurs. Elles peuvent seulement se cacher sous les berges creuses (là où EDF n’est pas parvenu à détruire la totalité de la capacité d’accueil du cours d’eau…).
    Mais ces pauvres farios reçoivent un coup d’arbalète sur le bout du nez dès qu’elles en sortent.
    Il en résulte que ces poissons sont très éduqués à ce procédé et deviennent vite imprenables ainsi, même si on les approche en rampant, avec une tenue de camouflage ou à l’aide de quelque autre ruse indigne d’un père de famille respectable. Pour tromper la vigilance de ces truites de bordures hyperstressées, il est nécessaire de les attaquer de plus loin.

    Prenez de la distance

    Pêcher de loin des truites qui se tiennent près du bord n’est paradoxal qu’en apparence. Un bon garde-fou est d’imaginer un cercle de deux ou trois mètres de rayon dont le poisson serait le centre et de se dire qu’il est interdit d’y faire percuter une nymphe à la surface, aussi légère soit elle. C’est une évidence en grande rivière, mais dans les petits cours d’eau la végétation et le faciès de la rivière nous incitent souvent à “taper court” et à surplomber nos nymphes, choses que ces truites ne pardonnent pas. Nous avons tous, un jour ou l’autre, échoué devant cette truite positionnée juste sous notre scion et qui ignorait nos nymphes en restant raide comme un garde de Buckingham… jusqu’à ce qu’un sillage du fil à la surface ou une branche qui craque ne la fasse fuir. Or, le même poisson était capable de faire des écarts d’un mètre pour s’alimenter quand nous l’observions de plus loin… Il faut respecter ce cercle virtuel dans lequel la truite est en confiance et, surtout, ne pas essayer de lui amener la nymphe dans la gueule, mais au contraire l’inciter à se déplacer pour prendre. On se placera donc bien en amont du poisson et on l’attaquera au moyen d’un lancer conventionnel et d’une nymphe non plombée afin que celle-ci s’approche du poisson sans avoir percuté la surface. Les truites de bordure retrouvent alors plus volontiers leur curiosité naturelle.

    Attention au dragage

    Lorsque la truite est postée plus au large, il est important de déterminer sur quelle rive le courant “porte” le plus afin de prévoir son posé et sa dérive sans jamais dépasser la veine la plus puissante, sous peine d’accentuer le dragage. Dans les zones calmes, cela n’est pas évident au premier coup d’oeil.
    La veine à ne pas dépasser se trouve souvent du côté de la berge la plus abrupte ou au milieu de la rivière, quand son cours est homogène. Ici comme ailleurs, le syndrome poussant à vouloir attaquer le poisson sur la rive d’en face fait des ravages ! Cet élément est important à prendre en compte afin de déterminer la meilleure rive pour attaquer la truite, alors qu’en grande rivière ce point est d’autant moins crucial que le lit de la rivière est large, et son cours homogène.


    Un bas de ligne très maniable

    Pour ces pêches de bordure, je troque souvent mon bas de ligne progressif de 10 cm en 10 cm pour un modèle plus ramassé au niveau du talon, mais avec une pointe toujours aussi longue. Le but est de parvenir à fouetter facilement avec seulement un ou deux mètres de soie sortie. On me dira, avec raison, qu’il est possible avec un modèle traditionnel et une nymphe légère de fouetter le bas de ligne, sans sortir de soie… mais, quand on est dans les ronces jusqu’au cou et que le moindre battement de canne met le poisson en alerte, il est rassurant de poser son bas de ligne sans gesticuler comme un Xerxès fouettant les eaux… Le bas de ligne en question n’a rien d’extraordinaire, mais il convient assez bien à cette pêche à courte distance.

    Sa formule est la suivante :
    25 cm de 40 %
    30 cm de 35 %
    45 cm de 30 %
    60 cm de 25 %
    75 cm de 17 %
    270 cm de 12 %

    soit, au total, à peine deux longueurs de canne.
    L’ensemble ne monte pas volontiers dans les anneaux et possède une dynamique aléatoire à grande distance, mais il permet de poser en paquet à courte distance d’un simple coup de poignet, chose que je juge plusutile dans les circonstances qui nous intéressent. A vous de juger ! Cette façon de procéder peut se transposer en grande rivière pour pêcher les berges abruptes et encombrées par la végétation, car, contrairement à ce que croient les accros du wading, les truites ne sont pas toujours au beau milieu de la rivière…

    Alerte maximale

    Bien évidemment, sur ces petits chalk streams, il est interdit de tremper un seul crampon de cuissarde dans l’eau, sous peine de ne jamais voir une truite digne de ce nom. Le pêcheur doit également se tenir très en retrait de la rive, poser le minimum de soie sur l’eau (il est également bon de sous-charger la canne avec une soie plus légère que prévu par le fabricant afin de gagner en discrétion, ce n’est pas un handicap dans cette pêche à courte distance). Enfin, lors des déplacements, on s’approchera toujours de la rivière de façon perpendiculaire, sans jamais longer le cours d’eau, ni pour monter ni pour descendre. Précautions cruciales par eaux basses…

    Pêche à vue… mais pas seulement dans les chalk streams !

    D’abord, une remarque particulièrement puissante : pour pêcher à vue, il faut y voir. Ce n’est pas le faciès d’écoulement de la rivière mais la clarté de l’eau qui est la condition sine qua non. Aïe, un égaré, se dit alors l’homme d’entendement, il va nous faire le coup de la nymphe à vue en torrent ! Non, pas vraiment…enfin, si ! Connaissez-vous quelqu’un qui est capable de transformer en quelques minutes un superbe torrent vert en vilaine flaque marron… ? Mais EDF, bien sûr ! Il n’y a qu’à fermer les vannes du barrage quand monsieur le Préfet décide qu’il n’y a plus besoin d’eau pour les rafteurs et, si vous avez la chance d’être là avant que le troupeau des randonneurs aquatiques ne vienne piétiner les aprons, alors vous avez la possibilité de pêcher à vue des truites qui voient rarement passer des nymphes légères. (Toute ressemblance avec un torrent vert de Provence serait vraiment fortuite, ndlr.) Vous comprendrez qu’en passant de 20 m2/s à 0,5 m2/s, les cours d’eau changent drastiquement de faciès ! La pêche à vue devient alors possible sur des rivières inatten-dues, même s’il est vrai que le nombre de postes intéressants à pêcher par notre technique est souvent limité. Ces parcours sont en revanche très chaotiques (rochers, falaises, failles, vasques…) et il est rare de pouvoir effectuer de longues dérives dans un courant homogène. La pêche n’y est pas très académique mais elle mérite parfois qu’on s’y attarde.
    Les truites ne sont jamais très loin de leur refuge et il convient de les pêcher sur des dérives assez courtes et de préférence en surplomb, afin que le bas de ligne ne soit pas capté par des petits courants qui empêchent la nymphe de couler. On comprend vite que la transparence est en fait tissée d’une multitude de veines d’eau et qu’il faut être une truite pour s’y faufiler ! Afin d’aider la nymphe à couler, on misera plus sur un coup de patte vif et sur la longueur de la pointe et de la cloche formée par celle-ci que sur un posé détendu sur toute la longueur du bas de ligne. Sans employer pour autant des nymphes casquées, il peut-être en revanche nécessaire d’utiliser des modèles plombés à 10 tours de fil de plomb 0,20 mm.
    Côté bas de ligne, un modèle progressif habituel (premier brin du talon réalisé avec 45 cm de 40 %) convient bien, mais selon le faciès de la rivière il peut être intéressant de raccourcir le porte-pointe afin d’accentuer l’effet de cassure entre le talon et la pointe lorsqu’il devient nécessaire de faire taper les nymphes, lors de dérives assez courtes. Peu académiques, ces pêches hors des sentiers battus réservent parfois des surprises de taille…

  • Pêches Sportives Vidéo n°25 : Pêche du brochet, en montage texan, au lancer et à la mouche

    Pêches Sportives Vidéo n°25 : Pêche du brochet, en montage texan, au lancer et à la mouche

    Dans cette vidéo :

     

    1. Pêche du brochet en montage texan sur l’étang d’Hermeville dans la meuse avec Sébastien Golly

    Envahi par l’élodée du Canada, l’étang du Perroy à Hermeville se prête presque exclusivement à la pêche aux leurres souples avec des montages texans où l’hameçon est caché dans le leurre. Sébastien Golly nous explique les fondamentaux de cette technique qui demande un certain savoir faire. Choix du leurre, de l’hameçon, neuds adaptés à la pêche dans les herbiers, animations des leurres, Sébastien nous fait une belle démonstration de ce que peut donner cette technique initialement conçue pour la pêche du black-bass mais qui fonctionne aussi très bien avec le brochet.

     

    2. Pêche du brochet au lancer et à la mouche sur le lac de la Madine avec Yves Omhovère et Sébastien Golly.

    Avec 1100 hectares d’eau et une profondeur moyenne de 2 à  4 mètres, le lac de Madine se prête idéalement à la pêche à la mouche et aux leurres du brochet. Yves Omhovère, un des spécialistes du lac, nous fait découvrir sa stratégie pour trouver les meilleures techniques. Pêcheur aux leurres mais également moucheur, Sébastien Golly tente sa chance à la mouche sur ce qui compte comme étant l’un des meilleurs lacs français pour la pêche du brochet au streamer.