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Catégorie : Technique
Retrouvez ici tous nos articles sur les techniques de pêche à la mouche, technique de pêche aux leurres, vidéos de pêche aux leurres, vidéos de pêches à la mouche…

Nymphe à vue : à quel niveau solliciter les poissons ?
La question peut faire sourire : a-t-on vraiment le choix ! Et que l’on ait le choix ou non, le bon sens n’est-il pas de solliciter les truites au niveau où elles se trouvent et se nourrissent ? Vrai, mais pas toujours…
Par Jean-Christian Michel
Dans la pratique les choses peuvent être suffisamment compliquées pour s’estimer assez heureux lorsque la truite parvient à voir notre nymphe…Vitesse du courant, profondeur, couvert végétal, visibilité réduite sont autant de facteurs qui limitent notre marge de manoeuvre dans le choix d’une stratégie permettant d’intriguer un salmonidé et de l’inciter à prendre. Quand la truite a l’humeur légère (ça existe encore ?), la nymphe peut se trouver à son niveau, à ras du fond ou presque en surface, et si elle a envie de s’en saisir, elle se déplacera pour ramasser votre tortillon de plumes là où il se trouve. Dans une saison, ces journées fastes se comptent sur les doigts d’une main et l’éducation des farios peut nécessiter la mise en oeuvre de stratégies différentes afin de tromper leur méfiance. On peut miser sur une nymphe miracle (celle qui bouge les pattes comme une danseuse de french cancan et fait saliver les vieux bécards), on peut également utiliser le dernier fluorocarbone à 30 euros les 10 mètres… mais on s’apercevra vite que certains pêcheurs réussissent aussi bien avec un bon vieux pole fishing et une phaesant tail famélique… Indice que l’essentiel n’est peutêtre pas autant dans le matériel que dans l’oeil et la main du pêcheur. La plus grande satisfaction de la pêche à vue est d’arriver à identifier le comportement des truites pour, en fin de compte, parvenir à les provoquer. Il existe certainement des Konrad Lorenz de la truite fario, mais ceux que je connais n’ayant pas laissé de somme scientifique je me bornerai seulement à quelques observations empiriques.
La truite “facile”
Imaginons un cas idyllique : une fario se tenant dans un courant régulier et faisant des écarts à droite et à gauche pour intercepter ses proies. Si la nymphe attire son attention sans que le pêcheur ait fait de faute auparavant, cette truite peut prendre à tous les étages, avec en priorité tout ce qui monte devant son nez, comme c’est le cas lors de l’ascension des nymphes. On aura tout intérêt à présenter court afin de régler progressivement nos dérives sans l’effrayer. Attaquée ainsi, il y a de grandes chances que la truite s’avance nettement pour prendre, indication précieuse pour déclencher le ferrage peu après son arrêt. Or, tout le monde pêche ainsi, en allant au plus simple. Et dès que la zébrée se sera fait piquer le bout du nez, elle deviendra vite moins curieuse. Il faudra alors que votre nymphe arrive sur elle de façon très précise, sans dragage et avec la légèreté d’une proie naturelle pour parvenir à la tromper…
La truite “occupée”
Souvent les truites se nourrissent uniquement sur le fond. C’est le cas quand elles picorent entre les galets les gammares d’avril. Elles peuvent se déplacer nettement, se retourner, même, pour saisir les bestioles qui partent dans leurs dos, mais il faut impérativement pêcher à ras du fond et il y a peu de chance qu’une nymphe présentée à l’étage supérieur les intéresse tant la cueillette est facile sur le fond. Autre cas, celui de ces farios qui se nourrissent uniquement tête en bas, et non plus légèrement audessus. Quand une truite est sur les escargots d’eau ou sur les nymphes nageuses qui se faufilent entre les galets, la pêche peut devenir très énervante, car si votre leurre ne sort pas des galets à moins de 20 centimètres de sa tête il y a peu de chance qu’elle le voie. La précision est une fois de plus indispensable. Une petite nymphe assez plombée peut se révéler prenante si on parvient à pêcher “au coup de fusil”, c’est-à-dire en posant la nymphe au fond et en effectuant un aguichage marqué mais de faible amplitude. Ce saut de puce doit être réalisé juste devant le nez de la fario pour être efficace… plus facile à dire qu’à faire !
La truite “indifférente”
Hauteur d’eau importante, courant nul et truite apathique, pendue entre deux eaux ou bien posée sur le fond… la guerre des nerfs peut commencer ! La tentation est grande de lancer presque sur le poisson et de faire descendre le leurre à son niveau… Or, en procédant ainsi, l’impact de la nymphe et son immersion se font dans le champ visuel de la truite… le pire que l’on puisse faire ! Il n’existe pas de solution miracle, mais on a tout intérêt à essayer de pêcher ce poisson en surface et assez loin de sa tête. Le but est que la dérive de votre nymphe soit très lente et s’arrête au moment où elle entre dans le champ visuel du poisson afin de ne pas lui laisser le loisir d’inspecter le leurre sous toutes ses coutures. Il arrive parfois que la truite se réveille et démarre franchement comme lorsqu’elle monte du fond pour cueillir un insecte esseulé avant de replonger aussitôt pour continuer sa sieste. Dans tous les cas, le plombage des nymphes est à effectuer au plus léger, sauf cas particulier (micro-nymphes, pêche dans des profondeurs inhabituelles…).
Pour que l’artificielle coule facilement, on privilégiera des modèles de type phaesant tail ou quill de paon ébarbé avec des cerques très clairsemés réalisés en pardo. En revanche, si on souhaite que la nymphe reste pendue dans la veine d’eau et plane sans draguer, on privilégiera les modèles duveteux ou de type oreille de lièvre. Enfin, lors d’une dérive, une fois que la nymphe a atteint la profondeur désirée grâce à un posé détendu, il est possible d’arrêter son enfoncement en tendant légèrement la soie… à utiliser avec parcimonie, sous peine de dragage !
Leurres souples, si on vérifiait leur densité ?
Le sujet peut sembler farfelu, voire inutile. Pourtant rien n’indique au consommateur sur les sachets si les leurres souples flottent ou au contraire coulent. Pour toutes les techniques de pêche, ce détail à une grande importance, car il détermine l’équilibre des leurres dans l’eau.
Étrangement, les pêcheurs se soucient systématiquement de la densité des poissons nageurs, mais jamais de celle des leurres souples. De leur coté, les fabricants ne mentionnent pas ce paramètre physique sur les sachets, laissant le pêcheur découvrir si le leurre flotte comme un bouchon ou au contraire coule purement et simplement. Deux leurres de taille équivalente peuvent montrer une densité très différente une fois dans l’eau. En action de pêche, cette différence saute aux yeux. La densité d’un leurre souple influe directement sur sa position dans l’eau, donc sur sa présentation au poisson. En ce qui concerne les montages “weight less” (sans lestage), la densité des leurres est capitale afin d’obtenir l’effet souhaité.
De la densité découle l’équilibre du leurre. Les leurres lourds, qui coulent lentement mais sûrement, sont généralement très bien équilibrés. Ils piquent généralement du nez (pour ce qui est des shads, dont la forme favorise cette tendance). Leur position bien à l’horizontal, lorsqu’ils sont ramenés en surface ou juste sous celle-ci, rend la progression du leurre régulière et précise. Le Sawamura One Up Shad, dont la réputation dépasse largement le Japon, est un shad idéal pour ce type de pêche. Ramené rapidement, il se tient dans la pellicule de surface, mais devient capable de descendre de quelques décimètres pour explorer une trouée dans les herbiers si l’on ralentit la cadence. Les leurres flottants ne peuvent autoriser une telle polyvalence.Le cas du drop shot
Voici une autre technique où la densité des leurres est capitale dans la présentation du faux appât au poisson.

Bien choisir ses hameçons pour la pêche en réservoir
La conception d’une mouche artificielle ressemble un peu à une recette de cuisine. Avec les mêmes ingrédients, on pourra obtenir des résultats bien différents. Ainsi les hameçons, dont les formes varient considérablement, ne doivent pas être choisis au hasard pour monter des mouches pour la pêche en réservoir. Chaque forme doit être destinée à une utilisation précise.
Par Philippe Collet
Pour le montage de mouches ou streamers pour la pêche en réservoir, on cherche bien sûr un hameçon au piquant de qualité, possédant un ardillon facile à écraser ou sans ardillon, au rapport solidité/finesse du fer convenable. On cherche ensuite une taille et une forme particulière, voire une couleur d’hameçon correspondant au type de mouche que l’on souhaite monter. Il existe de nombreux fabricants d’hameçons et encore plus de revendeurs. Je ne peux pas détailler ici une liste exhaustive des différentes références disponibles sur le marché. Je me contenterai de citer les hameçons que je connais pour les utiliser régulièrement. Vous noterez qu’habituellement dans les fiches de montage de mes articles, je cite des références souvent précédées de « type » ou suivies de « ou équivalent », mon objectif étant de montrer que je ne suis pas focalisé sur telle ou telle référence particulière, mais plutôt sur une forme donnée. Si certaines formes spécifiques d’hameçons n’existent que chez un fabricant, les plus classiques sont déclinés par presque toutes les marques.
Le diamètre du fer de l’hameçon
Le rapport finesse du fer de l’hameçon/ diamètre du bas de ligne utilisé me paraît très important. Avec un 25/100, un streamer monté sur un hameçon fort de fer pénétrera facilement la gueule du poisson à condition que le ferrage soit réalisé avec la soie, canne dans l’axe de cette dernière et non avec la pointe de la canne trop souple.
De la même façon une imitation de chironome montée sur un hameçon épais et lourd, destiné à tendre le montage, générera des décrochés si le ferrage n’est pas appuyé à cause d’un bas de ligne suffisamment solide.
Retenez bien que les mouches montées sur des hameçons forts de fer nécessitent des ferrages marqués seulement possibles avec des fils de 20/100 et plus. En deçà, la casse devient quasi-systématique sur un ferrage dans l’axe et les décrochés fréquents si vous ferrez à la canne. Plus vous devez diminuer le diamètre du fil, plus vous devez affiner le fer de vos hameçons.
Par exemple, j’utilise de moins en moins les hameçons Kamasan B 160 taille 6 dont le fer est beaucoup plus épais qu’en taille 8 car je pêche plutôt en 19/100 au streamer (même si un 22 ou un 25/100 pourrait très bien passer) et je n’appuie que modérément mes ferrages pour éviter la casse. Je ne suis pas en confiance avec un hameçon épais qui occasionne à mon avis moins de piqués et plus de décrochés. A l’autre extrême lorsqu’on pêche sur fil fin en 10 ou 12/100, on utilise des hameçons très fins de fer pour qu’ils pénètrent sur un ferrage léger, quasi-insignifiant. Une canne douce et un long bas de ligne élastique permettent d’éviter la casse, mais ils ne favorisent pas l’ancrage efficace d’une mouche au fer épais. Même sur fil fin, les hameçons fin de fer sont mis à rude épreuve. Ils doivent résister au combat avec un poisson puissant et ne pas casser net.La couleur de l’hameçon
La couleur de l’hameçon me paraît accessoire. Certains disent que la couleur bronze, la plus classique, est moins visible pour le poisson que le noir, c’est fort possible. J’utilise indifféremment les deux, surtout sur les streamers. La couleur de l’hameçon a, par contre, un intérêt certain lorsque ce dernier sert de sous corps ou de teaser.
On peut monter des chironomes noirs en se servant d’un hameçon noir que l’on va cercler d’un tinsel ou d’un fil élastique coloré de type lure fil. On peut aussi les monter sur des hameçons rouges pour figurer un signal sang. Ou doré pour le côté teaser.
L’importance des proportionsLes pêcheurs qui montent leurs premières mouches ne respectent généralement pas les bonnes proportions pour leurs imitations. Si cela est important lorsqu’on imite un invertébré, une larve d’éphémère par exemple, ça l’est aussi lorsqu’on monte un streamer pour la pêche en réservoir. La réalisation de mouches bien proportionnées ne peut s’appuyer que sur des hameçons adaptés. Les hameçons doivent résister à la puissance des poissons de réservoir Les poissons de réservoir sont généralement bien plus gros que les poissons moyens de rivière. Il s’agit de truites arc-en-ciel dont les combats sont plus puissants que ceux des truites fario. Elles lancent des rushs rapides et opposent leur masse souvent imposante. La finesse que peut demander cette pêche, sur des poissons éduqués, surtout en fin de saison, oblige le pêcheur à utiliser des hameçons discrets mais solides, même s’ils doivent parfois être petits. Autant un pêcheur en rivière peut avoir du mal à valider la solidité de tel ou tel hameçon, s’il n’est confronté qu’à des truites fario de taille moyenne, autant un pêcheur en réservoir s’aperçoit très vite de la fragilité d’un hameçon. Dans les petites tailles, les bons hameçons pour le réservoir sont bien souvent les favoris des traqueurs de belles truites en rivière.
Les différents types d’hameçons
Les hameçons « standard »Ces hameçons dont les plus connus sont le TIEMCO 100, le Kamasan B 170, ou le VMC 7060 sont une base pour de nombreux montages. Des modèles proches, un peu plus longs comme le Kamasan B 401 ou plus courts comme le B 405 permettent des montages plus précis : nymphe au corps long, oreille de lièvre plus ramassée…
Les hameçons renforcésLe Tiemco 9300 ou le Kamasan B 175 représentent bien ce type d’hameçons. Ces derniers, aux formes identiques aux hameçons standard, mais au fer plus épais et parfois forgé sont très solides. La courbure du Tiemco est toutefois plus ronde. Elle offre plus de longueur pour le montage de nymphes. Cet hameçon forgé est utilisé pour la réalisation de petites nymphes et noyées, pour les pêches à proximité de la surface en soie intermédiaire car ils résistent à des touches plutôt violentes sur des fils de 16 à 18 centièmes.
Les hameçons forgés ont été frappés latéralement sur la hampe et la courbure. La section ronde de leur fer devient alors ovale avec deux faces planes. Cette action mécanique leur donne une résistance supplémentaire à l’ouverture. Ces hameçons sont facilement reconnaissables par leurs flancs aplatis. Le Kamasan B 175 au fer un peu plus gros et non forgé est plutôt utilisé pour le montage de streamers tels que l’Humungus, ou celui des petits streamers à aile utilisés en compétition sur les réservoirs du Royaume-Uni lorsqu’il faut leur donner un peu de poids.Les hameçons à hampe longue pour les streamers
Je suis de ceux qui pensent que les hameçons longs offrent plus de risques de décrochage en permettant au poisson de prendre appui sur leur longue hampe lors du combat. On trouve de nombreuses références pour ces hameçons dans les catalogues. Ils sont le plus souvent classés dans la rubrique des hameçons à streamers. Je les utilise peu pour le montage de mes streamers, hormis pour réaliser des pouics ou des sangsues. Pour ces deux mouches, la longueur de l’hameçon a une importance capitale car elle conditionne leur nage. Elle permet aussi la mise en place de matériaux sur une longueur accrue. Avec un hameçon long, la nage du leurre est plus planante et le leurre effectue de nombreux écarts latéraux. La longueur du corps permet aussi de réaliser des mouches volumineuses ou longues, tout en ne décalant pas trop la pointe de l’hameçon en tête, minimisant les risques de nombreuses tirées sans suite que cela occasionne.
Les hameçons à hampe courteLes hameçons courts et très ouverts sont des références intéressantes pour la réalisation de nombreux streamers. Lestés en tête avec une bille de laiton et parfois aussi quelques tours de plombs en plus, sur l’avant de la hampe, ils permettent une bascule verticale importante du leurre. Leur large ouverture permet, avec un corps court, de quand même bien dégager la pointe de l’hameçon. Pour cette même raison on peut aussi les utiliser pour monter de petits boobies à l’hameçon bien dégagé.
Les hameçons très fins de fer
Cette catégorie d’hameçons permet, la pratique des pêches très fines en réservoir, pêche en sèche, pêche en nymphe à vue, pêche en noyée en soie flottante sur fil fin. Leur pointe effilée, souvent sans ardillon, pénètre la gueule des poissons dès la première tension. Ces hameçons sont bien sûr plus fragiles, mais ils peuvent permettre de tirer son épingle du jeu sur fil fin face à des poissons difficiles. Nous pouvons citer comme hameçons type les TMC 103 BL ou les TOF D23 BL.
Les hameçons courbesUtilisés pour monter des chironomes dans les tailles 18 à 10 ou de petites casquées oreille de lièvre, ces hameçons sont déclinés en fin de fer et fort de fer. Ils existent aussi en différentes couleurs. Ils permettent une position et une nage de la mouche différente des hameçons droits. Les plus connus sont le Kamasan B 100 (fin de fer) et 110 (fort de fer) le Tiemco 2487 et le VMC 7075.
Les pointes pioche sans ardillonsCertains hameçons sont proposés avec des pointes en forme de pioche ou de lance, plus performantes que les pointes de section ronde. Ces pointes sont plates et fines, leurs bords, un peu tranchants, coupent, ce qui favorise la pénétration de l’hameçon avec peu d’effort. Ces hameçons peuvent plus facilement traverser des parties dures de la gueule d’un poisson. Ils sont intéressants pour les pêches fines ou le ferrage ne doit pas être trop appuyé.
On trouve ce type de pointes dans les références SP chez Tiemco.
Les apports et les contraintes de la compétitionLes divers règlements des compétitions, destinés à éviter certaines dérives, sont parfois contraignants. Ils ont conduit les pêcheurs à inventer des modèles spécifiques, adaptés aux règles définies. Dans ces règlements l’hameçon fait souvent l’objet de restrictions (taille, ardillon…). Le règlement des compétitions réservoir au Royaume-Uni interdit l’usage de mouches de plus de 15/16’’, soit 2,38 cm de longueur hors tout, montées sur des hameçons de maximum 5/8’’, soit 1,59 cm, ce qui correspond à un hameçon standard en taille 10. Cette partie du règlement a conditionné la mise au point d’une multitude de streamers et boobies respectant les tailles d’hameçon et de mouche définies par le règlement, soit de petits streamers de moins de 2,38 cm. Ce règlement interdit aussi l’apport de lest additionnel de type plomb enroulé, billes, etc., ce qui a conduit les compétiteurs à développer des montages sur des hameçons lourds, forts de fer, lorsqu’ils ont besoin de faire descendre leurs mouches.
Combinés à l’usage de soies plongeantes, ces hameçons permettent de pêcher en profondeur avec un train de mouches explorant différentes couches d’eau.
Les compétiteurs en sont arrivés à monter des chironomes sur des hameçons à carpe très forts de fer. Il va sans dire que dans les grands lacs profonds d’outre manche la pêche au chironome en 15 centièmes n’est pas de mise. Les poissons sont très puissants, leurs touches violentes peuvent casser net une potence en 25 centièmes sur une soie plongeante. Les pêcheurs utilisent des fils de 6 à 8 lbs soit 20 à 25 centièmes. Avec de tels diamètres, la pénétration du fer de gros hameçons dans la gueule des poissons ne pose pas de problème.
L’usage de ces mouches très prenantes au Royaume–Uni ne sera pas forcément couronné de succès chez nous sur des plans d’eau plus difficiles ou une bonne partie des poissons sont relâchés et chipotent plus, nous obligeant à pêcher avec des fils plus fin. Lorsqu’on s’inscrit à une compétition outre-manche, on a intérêt à s’y prendre suffisamment à l’avance pour monter des mouches spécifiques car on n’utilisera quasiment aucun de ses streamers utilisés habituellement en France. Pour les compétitions franco-françaises en réservoir la taille des hameçons est limitée à 32 mm, les hameçons à hampe longue TMC 5262 taille 4 mesurent environ 31 mm, ils sont à priori les plus gros hameçons utilisables et sont réservés à la fabrication des pouics.Le rapport forme taille
Certaines formes d’hameçons sont intéressantes dans quelques tailles et moins dans d’autres. Les hameçons renforcés comme le TMC 9300 par exemple sont plus utiles dans les petites tailles, du 20 au 14, pour résister à l’ouverture que dans les grandes où ils peuvent être remplacés par des hameçons plus classiques et fins de fer. Un hameçon comme le B 160 est surtout utilisé en tailles 12, 10, 8 et 6.


De la mouche au leurre, quelques trucs en poils
De la mouche au leurre, il n’y a qu’un pas, que Philippe Collet n’hésite pas à franchir ! Les poils de toutes sortes font merveille sur des têtes lestées. Pour le sandre, la perche et le black-bass, osez les trucs en poils !
Par Philippe Collet
En dehors de quelques bricoleurs talentueux qui sculptent leurs propres leurres durs ou moulent leurs leurres souples, les pêcheurs de carnassiers aux leurres sont en général des utilisateurs de produits finis. A contrario, les moucheurs qui ont appris à monter leurs propres mouches sont souvent plus créatifs. Au début, ils réalisent des montages le plus souvent extravagants et inutiles, qui viendront encombrer leurs boîtes, jusqu’à ce qu’ils se décident à faire un grand ménage pour ne garder que l’essentiel. Avec le temps, les moucheurs ne se mettent plus finalement à l’étau que pour monter des modèles éprouvés et compléter leurs stocks. Ces pêcheurs qui s’étaient équipés pour le montage de mouches pour le réservoir, le carnassier ou la mer disposent souvent d’une réserve inépuisable de matériaux. Comme ils sont de plus en plus nombreux à se mettre à la pêche des carnassiers, l’idée de créer ou d’améliorer ses propres leurres avec les matériaux disponibles a dû en effleurer plus d’un.
Voici quelques idées pour allier montage mouche et pêche aux leurres. J’espère qu’elles redonneront aux moucheurs un peu blasés l’envie de revenir à l’étau, et aussi aux pêcheurs de carnassiers l’envie de s’y mettre. Et puis ces leurres-là, vous serez les seuls à en posséder, même au Japon, ils ne les font pas ! Cela fait déjà pas mal de temps que Patrick, un de mes collègues de pêche, utilise des leurres en lapin de sa fabrication. Il a commencé à les monter à la fin de sa période réservoir avec les matériaux achetés pour leurrer les truites. Les premiers essais sur les sandres du canal ont été des plus concluants. Depuis, il en a toujours dans ses boîtes et prend régulièrement du poisson avec. Un autre collègue, Georget, que les clients du domaine de la Vallée (Aisne) connaissent bien, s’amuse depuis quelque temps déjà à fabriquer des mouches à carnassiers légèrement lestées pour les lancer avec un ensemble spinning. Il monte aussi des hameçons streamers qu’il accroche à l’arrière de petites cuillères tournantes, les rendant beaucoup plus attractives pour les perches ou les chevesnes qu’il convoite en rivière. J’avais moi-même monté des petits toupets de marabout de couleur chair sur les triples de certaines de mes montures à poisson mort manié, il y a déjà bien longtemps, pour leur ajouter de la vie. De nombreux autres moucheurs ont probablement déjà dérivé des montages mouche à destination du lancer.La technique du lapin blanc
Avec un autre ami, Christian, nous évoquons régulièrement avec le sourire la technique du lapin blanc. Il l’avait trouvée, à nos débuts en réservoir, sur le lac de Virton en Belgique. Ce jour-là, les truites très éduquées ne s’intéressaient pas à nos mouches. Nous avions tout essayé et n’arrivions à rien. Nos piètres compétences dans la discipline nous condamnaient à un échec cuisant. C’était sans compter avec le sens de l’observation de Christian. Après avoir abandonné quelque temps (par lassitude !) sa mouche sur le fond, ce dernier remarqua que les truites s’intéressaient d’un seul coup à son leurre réalisé avec une lanière de lapin blanc. Plus ça allait, plus ces poissons capables de refuser l’imitation la mieux présentée s’énervaient sur ce streamer. Leur curiosité les avait incités à venir voir ce leurre, immobile depuis déjà un moment. En s’en approchant, elles avaient créé des turbulences, faisant vibrer les poils extrêmement souples de lapin. Ce mouvement, des plus naturels, les avait incitées à s’enhardir. A force de passages et de coups de nageoires, elles réussirent à faire bouger puis décoller la mouche. Finalement plusieurs poissons se prirent au jeu et, la concurrence jouant, un poisson plus téméraire que les autres aspira la mouche. S’ensuivit une série de prises. Si nous bougions nos mouches, les poissons intéressés désertaient immédiatement le secteur. Avec cette méthode peu orthodoxe, nous avions pu sauver notre honneur de débutants en réservoir. Cette technique fonctionne régulièrement en réservoir, même si, plus souvent pratiquée maintenant, elle devient moins efficace. Au-delà de l’anecdote, cette expérience m’a permis de comprendre l’intérêt de matériaux ultra-souples, comme le lapin et le marabout, pour la vie qu’ils peuvent apporter à un leurre, même immobile.Des modèles éprouvés de mouches en lapin
Les pêcheurs à la mouche connaissent bien les vertus de certains modèles de streamer. Le pouic, cette mouche de grande taille (6 à 7 cm) constituée d’un corps en lapin, tourné sur un hameçon à tige longue, prolongé d’une queue en lapin, fonctionne très bien sur les truites en réservoir. Le même modèle en plus gros, tourné sur un hameçon de 6/0 avec des bandelettes plus larges, m’a permis la capture de nombreux brochets au fouet. Je délaisse maintenant un peu ces leurres, compte tenu de leur poids important, une fois gorgés d’eau, qui les rend difficiles à lancer. Je préfère les mouches en bucktail un peu plus légères. Pêcher des carnassiers au lancer avec des montages en poils ou en plumes ou avec des leurres associés à de tels matériaux n’est donc pas farfelu. Ces matériaux peuvent être un gage d’attractivité supplémentaire et un déclencheur d’attaques, surtout sur une phase d’arrêt ou d’animation lente. Un leurre en plastique dur ou souple ou en métal ne vit plus à l’arrêt. Lui ajouter une touche de poil ou de plume peut tout changer.Les fabricants s’y mettent doucement
Si l’on connaît les cuillères mouches dont le triple est garni d’un palmer, les cuillères à brochet dont le triple est orné d’un gros toupet de bucktail ou les poissons nageurs de surface et autres poppers dont l’hameçon de queue est agrémenté de 3 ou 4 pointes de hackle ou de brill, l’offre des fabricants est assez restreinte. Des fabricants de leurres souples ont intégré des bandelettes de lapin à leurs leurres pour leur ajouter de la vie. La collection “rabbits serie”, importée par AMS en France, propose des genres de worms, grubs et autres créatures dotés d’appendices en bandelettes de lapin. Ces bandelettes sont ancrées dans la masse du leurre souple au moment de son coulage, ce qui permet de les souder au leurre. D’après les tests du fabricant, l’adjonction de poils augmenterait de façon importante l’attractivité des leurres.De premiers essais très concluants
En observant dans l’eau claire, depuis un pont, des perches en train de s’énerver sur un plomb palette que j’animais sous leur nez et en les voyant taper furtivement sur la gaine rouge à l’arrêt du plomb, je me suis dit que dorénavant je garnirai mes hameçons triples de lapin ou de marabout pour que, même à l’arrêt, mon leurre ait encore de la vie. Mes essais ont aussi porté sur des montages de jigs en lapin avec ou sans lanières élastiques, d’hameçons de cuillères à jiguer.
J’ai encore opté pour des collerettes en lapin ou en renard arctique montées sur des têtes plombées devant mes leurres souples. Un jig en peau de lapin travaille de façon beaucoup plus efficace lors des pauses et réagit au moindre courant provoqué par le passage d’un poisson curieux. Avec un montage en lapin, le jig coule plus vite qu’avec une jupe en silicone volumineuse. Il faut donc réaliser des jigs légers si l’on veut pouvoir les utiliser en lancer ramené.
Pêche à la mouche : dix conseils pour éviter la bredouille
Parce que l’exemple vaut souvent mieux que la leçon, voici dix bonnes raisons de réussir à la pêche à la mouche et d’éviter l’échec. Car si toutes les cannes se valent et que globalement, nous n’avons jamais disposé d’un matériel aussi performant, les problèmes proviennent de petits détails techniques qui deviennent vite très désagréables, ainsi que d’une stratégie d’approche trop souvent simpliste…
J’ai passé une partie de l’été (2006) à pêcher à Goumois, dont le parcours est l’un des mieux peuplé en truites et ombres sauvages d’Europe, mais qui est également l’un des plus difficiles à cette époque de l’année. Cet endroit que je fréquente depuis bientôt vingt ans a toujours été une référence en matière de difficulté, un must pour les pêcheurs à la mouche français, suisses, belges ou italiens, qui tous savent que la pêche sera d’une grande qualité, mais qu’elle ne sera pas facile. J’ai croisé des vieilles connaissances, habituées du Doubs qui ne se plaignaient pas et prenaient quelques poissons, observé des touristes en pleine galère, excédés par ces magnifiques poissons sauvages qui viennent chasser les vairons jusque dans leur bottes. L’un d’eux se lâcha : « heureusement que la chasse est fermée ! », un autre plus poétique : « il faut que je revoie mon jeu de séduction, car celui-ci ne marche plus… ».Tout en discutant, j’observais leur matériel. Rien à redire, c’est du haut de gamme, et du beau, rien que du beau, ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle. Puis chacun est reparti pêcher, pas trop loin les uns des autres, car sur ce parcours, vous ne faites pas trois mètres sans tomber nez à nez avec plusieurs poissons qui font mine de ne pas vous avoir vu.
En les regardant pêcher, j’ai compris, si besoin était, à quel point il ne suffit pas de posséder la meilleure soie, la plus belle canne, et deux valises de mouches pour réussir sur un parcours comme celui-là.
Une partie de pêche avec Greg Hoarau
Gregory Hoarau est un ancien compétiteur mouche. Il pêche de façon assidue de nombreux réservoirs de l’Hexagone ou du Royaume-Uni, au gré notamment de ses déplacements professionnels. Il se promène toujours avec de quoi pêcher à la mouche, et s’intéresse à tout ce qui porte des écailles. Il a toujours aimé pêcher les réservoirs en “petites mouches” et n’y pratique plus que cette pêche. Je souhaitais depuis longtemps qu’il puisse nous faire partager cette technique qu’il maîtrise particulièrement bien. Nous nous sommes retrouvés sur réservoir, à Recques-sur-Course, dans le Pas-de-Calais, pour une partie de pêche.
Par Philippe Collet
Au bord d’un réservoir, ne demandez pas à Greg de vous sortir un streamer, il n’en aura probablement pas avec lui. Il utilise pourtant cette technique pour pêcher les carnassiers ou les poissons marins. Il a d’ailleurs souvent dans sa voiture une boîte de streamers à brochet et le matériel dédié à cette technique qu’il pratique volontiers quand l’occasion se présente. Leurrer les truites de réservoir au streamer ne l’intéresse pas. Il cible les plans d’eau où les poissons sont habitués à consommer régulièrement des insectes aquatiques et apprécie d’autant plus la pêche que les poissons actifs sont difficiles et sélectifs. Dans ces conditions, il est un des rares à bien tirer son épingle du jeu et ce, sans pêcher avec des fil arachnéens. Son équipement réservoir tient dans une petite besace ceinture et est limité au minimum. Ses nombreuses années d’expérience l’ont amené à éliminer tout matériel superflu et à ne garder que le matériel parfaitement adapté. Quatre boîtes à mouches, garnies de modèles de chironomes, hoppers, nymphes, émergentes… largement validés lui suffisent pour faire face à de nombreuses situations. Quelques bobines de fluorocarbone, une pince écrase-ardillon, un coupe-fil avec aiguille, un ketchum release (genre de dégorgeoir adapté à la pêche à la mouche) pour extraire, sans dommage pour les poissons, les mouches engamées trop profondément, une épuisette à long manche complètent son équipement. Sa canne est une Loomis GLX classique en deux brins de 10 pieds pour soie de 6 équilibrée d’un moulinet Danielsson garni d’une soie Triangle Taper Lee Wulff flottante de 6.
Il emporte avec lui une bobine de rechange garnie d’une soie intermédiaire lente, là encore une Triangle Taper de taille 6, pour pratiquer sa technique, de la même façon, quand les poissons se tiennent plus profond (les jours ensoleillés notamment). Ajoutons à tout cela quelques polyleaders intermédiaires rapides (bas de lignes dégressifs réalisés dans un matériau identique à celui d’une soie) de 1,5 mètre. La base de sa technique, qui vise à leurrer des poissons résidents qui se nourrissent, est de tout mettre en oeuvre pour rendre pêchant, le plus vite possible, un train de deux ou trois mouches. Pour cela il faut le poser correctement et veiller à noyer le fil rapidement. La frontière entre la réussite et l’échec est mince et tient à de petits détails que nous avons essayé de bien lister avec Greg pour vous les retranscrire ici. Au passage, la discussion passionnante que nous avons eue, jusque tard dans la soirée, dans une brasserie proche du réservoir à Montreuil-sur-Mer, la moitié de la table encombrée de boîtes à mouches et de notes, a dû paraître totalement surréaliste aux autres clients de l’établissement.Les mouches
Greg a quelques mouches de base, très efficaces, qu’il a longuement validées et auxquelles il croit, quoi qu’il arrive. Ces artificielles sont déclinées en séries de cinq ou six imitations identiques pour ne pas être démuni, après quelques casses, s’il a trouvé la mouche qui marche.
Comme nous le verrons plus loin, il monte différents types d’imitations :
– des mouches noyées destinées tout d’abord à flotter, puis patouiller dans le film de la surface avant de couler sous la traction du fil (bécasse oreille de lièvre, purple pennel royale, bécasse royale).
– des nymphes légèrement lestées comme la pearly pheasant tail ou la saint-philbert
– des chironomes.
Il monte ses mouches sur des hameçons à pointe pioche Tiemco 100 SP BL pour les nymphes, les noyées et parfois les chironomes, et Tiemco 2499 SP BL pour les chironomes. Ces hameçons, de par la forme de leur pointe, pénètrent très facilement à la touche, même à travers le cartilage de la mâchoire des truites, et ne nécessitent pour ainsi dire pas de ferrage. Ce dernier doit en effet être proscrit car il est générateur de casses. Il est remplacé par un relevé de la canne permettant de simplement prendre contact avec le poisson.Le bas de ligne
La soie est prolongée d’un polyleader de 1,50 m suivi de 20 cm de 20 centièmes, 60 à 70 cm de 18 centièmes, une première potence de 10 à 15 cm en 16 centièmes, 1,20 à 1,50 m de 16 centièmes, une deuxième potence de la même longueur que la précédente en 14 centièmes, 1,80 m à 2,30 m de 14 centièmes. Le bas de ligne mesure donc, après le polyleader, de 3,80 m à 4,70 m. La version la plus courte permet de cibler les poissons aperçus sous la surface ou ayant gobé, en anticipant leur trajectoire. La version la plus longue permet de pêcher l’eau en barque dérivante ou ancrée, le vent dans le dos. La combinaison des diamètres 20, 18, 16 et 14 est la plus fine. Elle peut être plus solide si la pêche est moins difficile ou les poissons trop violents : 20, 18 et 16 ou 20, 18.
Lorsqu’il pêche en Angleterre, Greg est rapidement contraint de réaliser le montage le plus solide, car les casses sont quasiment systématiques avec des fils plus fins. A deux mouches, le bas de ligne est constitué de 20 cm de 20 centièmes, 1 m de 18 centièmes, une potence de 10 à 15 cm en 18, 16 ou 14 centièmes suivie de 2,50 m de fil du même diamètre. Greg apprécie la soie Triangle taper pour sa capacité à pousser et déployer ces longs bas de ligne. Bien qu’assez courte (27 mètres), cette soie lui permet de placer régulièrement sa mouche de pointe à 30 mètres. Pour ne pas emmêler les plus longs de ses bas de ligne, Greg pêche souvent en barque, le vent dans le dos ou de côté. Il shoote alors une boucle assez large vers le ciel pour que le train de mouches soit porté par le vent et se déploie bien en ligne. Du bord, avec un vent de face, il passe à deux mouches et serre plus sa boucle.
Ancrer le montageLes mouches sont réparties sur le bas de ligne de différentes façons. Le premier montage est constitué d’une nymphe légèrement lestée en pointe, d’un chironome en deuxième potence, d’une mouche noyée en première potence (potence vers la soie). Il permet de couler rapidement le fil et d’ancrer l’ensemble, tiré d’un côté par le polyleader intermédiaire, qui prolonge la soie et coule instantanément, et de l’autre par la mouche de pointe et le chironome.
Le deuxième montage se compose d’une noyée assez volumineuse en pointe et d’un chironome sur chaque potence. Dans les deux cas, le fil, du fluorocarbone choisi pour sa raideur et sa forte densité, disparaît rapidement sous la surface, se soustrayant à la vue des poissons, tiré par le polyleader et les nymphes ou les chironomes. Posé bien en ligne, le montage coule rapidement sans mou ni cassure.
La mouche noyée flotte un certain temps, pêchant comme une mouche sèche, puis se noie progressivement en faisant un sillage des plus attractifs. Le premier montage permet l’exploration d’une profondeur supérieure. La mouche noyée flottant pouvant faire office de bouchon ou d’indicateur de touche quelques instants. Le second montage pêche dans les 10 à 50 premiers centimètres sous la surface. La mouche noyée contribue, surtout si elle est volumineuse, à maintenir les chironomes à faible profondeur. A deux mouches le principe est le même, il suffit simplement de retirer un chironome sur chacun des montages décrits précédemment. En coulant rapidement, le train de mouches reste bien en ligne sur près de 5 à 6 mètres. Il n’y a pas de perte de distance. Seule la soie est prise par la dérive de surface. Au moindre contact du poisson avec une mouche, ce dernier, qui est le plus souvent en mouvement, ne peut que se piquer, un peu à la façon d’une truite sur un train de mouches noyées en rivière. L’ancrage rapide du montage est la clef de la réussite. La rapidité avec laquelle le fil se noie permet aussi de leurrer des poissons attirés par l’impact des mouches qui n’auront pas le temps de voir le trait du fil sur l’eau.
Avec cette méthode, Greg n’a pas besoin de dégraisser son fluorocarbone.
Il ne graisse pas sa mouche noyée qui après chaque lancer flotte ainsi seulement quelques secondes avant de s’engluer puis de couler. Ces différentes phases semblent avoir un impact particulier sur les poissons, auxquels elles font parfois perdre toute méfiance. Le poser doit être le plus propre possible, quitte à raccourcir le lancer, pour permettre au train de mouches de pêcher tendu. Après chaque posé correctement effectué, il convient de maintenir le train de mouches statique quelques secondes. Ce moment où la mouche noyée flotte encore et les chironomes et les nymphes coulent dans un plan vertical est particulièrement prenant, surtout sil’on a posé à proximité d’un poisson sans l’affoler. En début de pêche le polyleader peut flotter, surtout s’il est neuf. Une fois mouillé quelque temps, il coule instantanément. Une petite astuce de compétiteur consiste à mouiller ses soies intermédiaires préalablement pour qu’elles coulent ensuite directement dès le premier lancer.Jouer de la guitare
L’animation du train de mouches peut être réalisée de façon classique en tricotant la soie plus ou moins lentement, ou à la façon de Greg en jouant de la guitare. Il s’agit de tricoter ou puller (tirées amples) avec une main et de faire vibrer, en même temps, le doigt (index ou majeur) de l’autre main sur lequel repose la soie. Pour les pêches en barque dérivante, lorsque les dérives sont rapides, le contact avec les mouches ne peut être maintenu qu’en pullant rapidement la soie.
Le tricotage n’est alors plus possible, l’animation des mouches peut toutefois être réalisée en quasisur- place grâce à cette astuce. De la même façon si l’on pêche du bord, un tricotage lent ne permet que de maintenir le contact avec les mouches en résorbant les plis de la soie, qui revient systématiquement vers le pêcheur. Quelles que soient les conditions, cette pratique, qui a priori demande un peu d’entraînement et un travail de coordination, permet d’ajouter une animation continue ou ponctuelle pour donner plus de vie aux mouches, sans réellement les accélérer. Je n’avais encore jamais vu cette animation, Greg a l’air d’avoir trouvé là quelque chose d’intéressant.Le lift
La longue canne de 10 pieds permet d’animer un long train de mouches en phase finale de ramener, sur le lift. Cette remontée du bas de ligne, soustrayant les mouches une par une de l’élément liquide, est une phase importante de l’animation. Bien exécutée, en accélérant la montée des mouches vers la surface et en les faisant sautiller l’une après l’autre lorsqu’elles ont atteint cette dernière, elle permet de prendre de nombreux poissons, que ce soit du bord ou en barque.
Une grande canne permet aussi, avec de longs bas de ligne, de mettre plus facilement à l’épuisette les poissons pris sur la mouche de pointe sans emmêler la première mouche de potence dans l’anneau de tête de la canne. Il conviendra toutefois de prévoir une épuisette dotée d’un grand manche. Cette technique est totalement transposable sur les plans d’eau d’Irlande ou d’Ecosse, peuplés de poissons sauvages. Sa maîtrise permet de ne pas être ridicule lorsqu’on aborde ces étendues d’eau vastes et inconnues.
Une partie de pêche à l’alose sur l’Ardèche avec Bruno Beusse
Les efforts effectués sur le fleuve Rhône pour permettre la remontée des poissons migrateurs commencent à porter leurs fruits, avec notamment le retour de l’alose feinte. Cette petite alose se pêche au lancer mais aussi à la mouche. Ses remontées sont tributaires des températures et, sur l’Ardèche, des niveaux d’eau qui doivent être suffisants pour l’attirer en nombre dans cette grande rivière. Ce poisson combatif n’est pas très compliqué à pêcher, le plus difficile est de se trouver au bon endroit au bon moment. Bruno Beusse, qui habite sur place et connaît bien ce poisson, sera notre guide pour cette pêche peu connue.
Par Philippe Collet
L’alose qui remonte le Rhône et ses affluents comme l’Ardèche est une Alose feinte spécifique au bassin du Rhône (Alosa fallax rhodanensis). Elle est plus petite que la grande alose. Le poids moyen des poissons s’échelonne entre 800 g et 1,5 kg pour une taille de 40 à 50 cm. Les plus grosses aloses, des femelles, peuvent atteindre 2,5 kg pour un peu moins de 60 cm. Les aloses peuvent effectuer plusieurs cycles de reproduction dans leur vie. Habituellement, les aloses femelles arrivent les premières suivies des mâles plus petits qui repartent un peu plus tard après la reproduction. Les remontées d’aloses commencent timidement lorsque l’eau atteint 14 °C, la reproduction commence à partir de 17 °C et l’activité des poissons s’intensifie avec l’augmentation des températures. En Ardèche, la période de remontée des aloses s’échelonne de fin avril à fin juin, selon les années, la période de reproduction, de fin mai à fin juin-début juillet. Les années froides ou les années aux débits fluctuants, les remontées sont fractionnées et la pêche est moins bonne. Arrivées au bout de leur périple, les aloses se reproduisent de nuit, sur des prises ce jour-là, du fait de la température de l’eau encore fraîche.
62 radiers peu profonds au courant soutenu. Elles décrivent des cercles très serrés qui font bouillonner la surface de l’eau. On appelle ces cercles des “bulls”. Ils sont décrits par une femelle accompagnée d’un ou plusieurs mâles et permettent la libération des ovules et du sperme. Les oeufs ainsi fécondés sont livrés au courant, qui se charge de les répartir dans le gravier en aval, où ils incuberont.Les secteurs propices à la pêche
Pendant leur remontée, à la façon des saumons, les aloses stationnent dans des veines d’eau courantes, plus ou moins profondes selon la luminosité. Ainsi, les aloses s’approcheront de la surface ou fréquenteront les gravières au lever du jour ou au coucher du soleil, alors qu’en pleine journée elles seront plutôt collées au fond, dans les veines les plus importantes. Il convient de trouver ou connaître les secteurs qui concentrent ou retiennent le plus de poissons pour pêcher avec un maximum de chances de réussite. Ces zones de passage se situent le plus souvent à l’aval des seuils ou des barrages, où les poissons font étape avant le franchissement. Il faut bien sûr veiller à rester dans les limites de distance autorisées et respecter les interdictions de pêche. Certains bons postes sont facilement identifiables car ils sont fréquentés par des pêcheurs au lancer. Au coeur des périodes de remontées, il est possible de toucher de nombreux poissons à la mouche en sortant de ces postes typiques et en pêchant des veines de courant puissantes, plus vastes et tranquilles. La pêche de l’alose ne nécessite pas un matériel particulier. Un ensemble rivière fort ou réservoir est amplement suffisant pour combattre une alose feinte. Avec un matériel plus fort, le poisson ne pourra pas exprimer tout son potentiel. Une canne de puissance 5 ou 6 conviendra pour les pêches à proximité de la surface en soie flottante ou intermédiaire, une canne de 7 ou 8 pour les pêches plus profondes en soie plongeantes ou à pointes plongeantes.La technique de pêche
La technique de pêche s’apparente à celle de la mouche noyée ou du saumon. Il s’agit de peigner les veines de courant en lançant sa mouche 3/4 aval et en la laissant dériver sans animation jusqu’en dessous de soi. Si le poste est vraiment profond ou le courant soutenu, il est possible de lancer plus amont pour présenter sa mouche plus profondément. Lorsque la dérive est terminée, il est recommandé de tricoter sa soie sur quelques mètres avant de relancer. Le plus souvent toutefois, la touche intervient pendant la dérive, ou en fin de dérive lorsque la soie s’accélère. Elle est violente et suivie d’un combat acharné.Un poisson très fragile
Ce poisson qui combat jusqu’au bout de ses forces est très fragile, il meurt rapidement s’il est manipulé trop longtemps. Il convient si possible de le relâcher sans le sortir de l’eau, sans le mailler dans une épuisette et sans le prendre à la main. Pour faciliter le décrochage et ne pas laisser trop de séquelles au poisson, l’ardillon de l’hameçon doit être écrasé. Si le poisson reste sur le flanc ou tarde à repartir, un petit coup avec le scion de la canne permet le plus souvent de lui faire reprendre ses esprits.Les mouches
Les mouches à alose sont montées sur des hameçons de grosse taille. Elles peuvent être lestées, comme le modèle bien connu de la mouche téléphone réalisée avec du fil de cuivre de téléphone gainé de plastique. Toutefois, ces mouches gagneront à ne pas être lestées, à condition qu’on les accroche derrière des soies intermédiaires ou plongeantes. Il vaut mieux pratiquer ainsi et éviter la formation d’un angle entre la soie et le bas de ligne, qui nuit à la qualité du ferrage. Les mouches à alose sont montées sur des hameçons mer ou des hameçons à carpe dans des tailles s’échelonnant du 4 au 8. Leurs couleurs sont vives et contrastées.
Le bas de ligne sera le plus souvent terminé par un fluorocarbone de 20 à 25 centièmes. A vous de trouver le bon compromis entre un diamètre permettant une bonne présentation et un diamètre évitant la casse sur un ferrage trop appuyé. Pour les pêches profondes avec une soie dense, il sera réduit à un simple morceau de fil de 1,5 à 2 m fixé en bout de soie. Il est possible de pratiquer à deux voire trois mouches, mais d’après Bruno, cela n’est absolument pas une nécessité. Il vaut beaucoup mieux pêcher à la bonne profondeur avec une seule mouche.L’association Migrateurs Rhône Méditerranée
Autrefois, et jusqu’au début du XXe siècle, les aloses remontaient de la Méditerranée jusqu’au lac du Bourget sur le Rhône, et jusqu’à Auxonne sur la Saône. Au fur et à mesure de l’aménagement du Rhône, leur aire de répartition a diminué de façon drastique ne permettant plus, il y a encore peu, leur reproduction que sur une grande frayère située entre Arles et Tarascon. Les efforts accomplis depuis 1993 sur le bassin du Rhône pour permettre la recolonisation du fleuve et de ses affluents par les poissons migrateurs (plan Migrateurs Rhône Méditerranée) commencent à porter leurs fruits. Les aloses, par exemple, arrivent maintenant en nombre au-delà de la confluence de l’Ardèche, qu’elles remontent jusqu’à Vallon-Pont-d’Arc.
L’association Migrateurs Rhône Méditerranée (MRM) travaille depuis sa création, en 1993, à cet objectif de recolonisation du Rhône par les migrateurs. MRM a un rôle d’animation, de concertation, elle veille à l’intégration de la problématique migrateurs dans les politiques locales de gestion de l’eau. MRM réalise un certain nombre d’actions comme les études, la maîtrise d’ouvrage des travaux étant assurée par les propriétaires des ouvrages. Des passes à poissons ont ainsi été mises en place ou rénovées. Des éclusées spécifiques sont pratiquées sur le Rhône lorsqu’il n’y a pas de bateaux pour permettre la remontée des aloses.
Pour plus d’informations :
www.migrateursrhonemediterranee.org
La pêche linéaire des carnassiers au leurre souple
Les leurres souples se sont progressivement installés dans le paysage de la pêche récréative française. Utilisés en animation linéaire, ils peuvent obtenir de très bons résultats. Explications.
Par Philippe Collet
Je fais partie de ces pêcheurs issus de l’école Drachkowitch qui ont attaqué la pêche mobile des carnassiers avec la technique du poisson mort manié et appris à animer leur montage en dents de scie, par saccades successives plus ou moins vives avant un retour planant quasi systématique vers le fond. A l’époque, le passage aux leurres souples ne s’est pas fait facilement. Nous avions du mal à croire en ces bouts de plastique et avions tendance à les animer de façon identique à un poisson mort. Ils étaient d’ailleurs souvent enfilés sur une monture destinée à cette technique. Cette façon d’animer m’est restée longtemps. Je n’ai finalement découvert les vertus de la pêche linéaire au leurre souple qu’assez récemment et ai alors commencé à diminuer le nombre de coups de scion au profit des tours réguliers et dosés de manivelle de moulinet. L’animation linéaire n’est pas nouvelle, elle s’apparente à celle qu’ont pratiquée pendant des lustres (et pratiquent encore) les pêcheurs de carnassiers à la cuillère tournante, avec les cuillères lourdes Lusox de Mepps par exemple. J’ai pris le cas de cette cuillère lestée en tête car elle permet une animation lente au ras du fond en eau profonde et autorise une pêche très précise et efficace à condition de se concentrer sur ce que l’on fait. La nouvelle génération de pêcheurs est habituée à animer de façon linéaire des leurres divers du type crankbaits, lipless ou spinner baits et a donc adapté plus naturellement cette technique à la pêche au leurre souple.
Lancer puis ramener un leurre peut paraître simple et rébarbatif. Pratiquée n’importe comment, cette technique ne présente pas beaucoup d’intérêt. Elle est toutefois beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît car, pour être réellement efficace, le leurre doit passer dans la bonne couche d’eau ou au ras du fond.
Cette technique est la seule efficace certains jours. Elle permet la prise régulière de tous nos carnassiers, et particulièrement des sandres, et elle permet en été de les rechercher rapidement entre deux eaux. Elle est aussi très efficace en période froide pour prospecter au ras du fond. C’est là d’ailleurs qu’elle est la plus difficile à mettre en oeuvre, qu’elle demande le plus de concentration pour bien présenter son leurre et ne pas trop s’accrocher.
La techniqueLa base de la pêche linéaire est un ramené horizontal régulier, plus ou moins rapide selon la réaction des poissons. La hauteur de pêche est conditionnée par le niveau où se tiennent ces derniers. En hiver, un ramené lent au ras du fond est privilégié, alors qu’en été une pêche des couches d’eau intermédiaires plus rapide est souvent productive. Selon l’humeur des poissons, la vitesse de récupération est plus ou moins importante. De façon générale, la prospection est rapide sur les chasses ou dans les eaux chaudes. Elle ralentit dans les eaux froides. Plus la vitesse de récupération est lente, plus le leurre doit être souple pour continuer à pulser sans s’arrêter. Dans certaines conditions, la pêche n’est productive qu’à très faible vitesse, à la limite du décrochage du leurre. Depuis un bateau, en pleine eau, on laisse couler le leurre vers le fond ou la couche d’eau à prospecter, puis on le ramène en moulinant régulièrement. Le principal souci est de ne pas ramener trop vite, pour éviter que le leurre ne remonte trop vers la surface.
Il est judicieux de commencer à pratiquer cette technique sur des fonds propres et réguliers et de veiller à rester à proximité immédiate. Après avoir lancé, on bloque le dévidement de son fil et on le suit des yeux jusqu’à le voir se détendre brusquement, signe que le leurre a touché le fond. On décolle alors le leurre d’un petit coup de scion et on commence à mouliner. On peut marquer un arrêt au bout de quelques mètres pour vérifier le niveau atteint. Si la détente du fil est immédiate, c’est qu’on était resté dans la bonne couche d’eau. Si elle se manifeste après plusieurs secondes, on était remonté trop haut. Il convient alors soit de ralentir encore le ramené, soit d’augmenter le poids de la tête plombée, soit d’en changer en privilégiant un modèle de tête plus fusiforme. On pourrait aussi, à l’extrême, diminuer le diamètre du fil ou de la tresse pour favoriser la descente. Le leurre a également son importance dans la technique. Ce dernier doit opposer une résistance à l’eau, on privilégie donc les modèles de type shad à caudale.
Le réglage de l’animation s’effectue en jouant sur l’ensemble de ces paramètres. On doit réaliser une prospection horizontale régulière en appuyant le leurre et le fil sur la colonne d’eau traversée. Sous l’eau, le fil ne décrit pas une droite mais un arc de cercle. Plus le diamètre est gros, plus l’arc de cercle est prononcé et le leurre tiré verticalement. Plus la tête plombée et le leurre offrent de prise à l’eau, plus ils remontent ou peuvent supporter de faibles vitesses de ramené. En conjuguant tout cela on arrive facilement, avec un peu de pratique, à faire évoluer son leurre horizontalement à distance. On pratique en fait une forme de pêche verticale (prospection horizontale à la verticale d’un bateau en mouvement, voir Pêches sportives n° 73) en lancer ramené. Si on veut aller vite, on surdimensionne le plus souvent la tête plombée et on choisit un modèle profilé. Si on souhaite utiliser un petit leurre léger et planant et éviter qu’il ne remonte trop, on choisit un fil fin.
Les variantesLa technique doit bien sûr être adaptée aux eaux prospectées. On est rarement en présence de fonds réguliers et on a plus souvent des berges aux pentes plus ou moins abruptes ou des cassures à prospecter. On effectuera alors un mélange de cette technique en prospection horizontale avec de la chute libre verticale (elle aussi linéaire) très efficace, notamment sur les percidés. L’objectif est de raser au plus près les contours du fond sans trop les toucher. Un leurre qui plonge, en suivant une cassure droit vers les carnassiers qui y sont embusqués, a toutes les chances de déclencher leur attaque. Lorsqu’on pêche en pleine eau, on peut déroger à l’animation strictement horizontale et réaliser des montées et des descentes amples en levant et rabaissant la canne tout en continuant à mouliner régulièrement.L’exemple du canal proche de chez moi
Le profil de ce canal est le plus souvent constitué d’un chenal central envasé, encadré par deux pentes plus ou moins douces en sables et graviers ou cailloutis, qui mènent à une bordure plate plus ou moins large et profonde, dans les mêmes matériaux.
Lorsqu’on prospecte les berges de ce canal, très monotone vu de l’extérieur, on cherche à coller le plus possible aux irrégularités des pentes, car les sandres et les perches se trouvent là et non au milieu. On lance au ras de la berge d’en face et on attend le contact avec le fond, souvent proche. On décolle le leurre d’un ou plusieurs petits coups de scion successifs pour trouver la cassure ou le début de la pente. On effectue ensuite une glissade (linéaire) de la marche du haut, parfois très étroite, le long des palplanches jusqu’au fond, en collant au plus près à la pente. On s’engage ensuite sur le début du fond vaseux, peu intéressant, avant de ramener plus vite pour recommencer l’opération. La majorité des touches a lieu à la descente, quelques-unes lorsqu’on accélère pour recommencer. On essaie de lancer le plus possible en diagonale pour augmenter la longueur de prospectionde cette zone de cassure fructueuse. Si on lance trop loin de la berge, on perd beaucoup en efficacité car le leurre ne longe plus la pente. En période chaude, on ne cherche pas à descendre jusqu’au fond, mais on descend les premières marches ou une partie de la pente avant de traverser le chenal de façon linéaire assez rapide. Les sandres sont a priori suspendus sous 1 ou 2 mètres d’eau et font des touches souvent violentes.Casting ou spinning ?
Chaque technique a ses adeptes. Le moulinet à tambour fixe (spinning) permet de lancer plus facilement des leurres légers. Le moulinet à tambour tournant permet de réaliser facilement des relâchés contrôlés au pouce (fil tendu pour la détection des touches) à la descente. Il offre aussi souvent un faible ratio propice aux animations lentes. On peut selon le type de poste passer de l’une à l’autre.
Les leurres et les têtesOn va privilégier des leurres capables d’appuyer sur l’eau et de se maintenir à une profondeur donnée en fonction de la vitesse qu’on leur imprime. Pour cela les shads à caudale pisciforme sont les plus adaptés. Les grubs (virgules) et les créatures qui poussent de l’eau peuvent aussi être utilisés. Les leurres fusiformes opposent trop peu de résistance.
De la même façon, les têtes plombées ont beaucoup d’importance et conditionnent la vitesse d’animation. Une tête en forme de poisson ou fuselée va fendre l’eau très vite et permettre à poids égal d’atteindre une profondeur ou une vitesse plus importante. A l’opposé, une tête football appuiera plus sur l’eau et limitera la descente du leurre. Elle peut être utilisée, par exemple, lorsqu’on a besoin d’un peu plus de poids pour lancer loin, mais que l’on ne souhaite pas pêcher profondément.Quelques leurres pêle-mêle
Le Shaker chez Lunker City (Flashmer), le Turbo Shad chez Bass Assassin, les Ripple Shad et Pulse shad Powerbait chez Berkley, les Sanec chez Pafex, les Stanley (AMS), Fury Shad et Shad GT chez Delalande, HS Shad chez Spro, Pro Shad et Pro Jointed Minnow chez Storm, Swimming Senko et Swimbait chez Gary Yamamoto (Sakura). Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.L’armement avec un hameçon chance
Dans cette pêche, les poissons peuvent suivre le leurre et l’attaquer en pinçant simplement sa caudale. Leur attaque est d’autant plus précise que le leurre est animé lentement. Si l’on enregistre des touches sans suite ou, pire, qu’on se fait voler la queue d’un shad un peu fragile au ferrage, il devient nécessaire de doter son montage d’un hameçon chance. Le montage classique consiste à relier un hameçon triple n° 6 ou 8 à un petit morceau de tresse ou de crinelle d’acier, si les brochets sont présents, et à le placer avant le rétrécissement de la caudale. Pour les petits leurres, et si je m’adresse aux sandres ou aux perches, je préfère un montage beaucoup plus fin. J’utilise un hameçon simple léger et à large ouverture de type hameçon mouche à streamer (ici un Ayabusa 751 N taille 8). Cet hameçon est très piquant. Il est suffisamment solide pour résister au combat avec un beau sandre, à condition d’avoir préalablement réglé son frein correctement. Il est fixé directement pointe orientée vers le haut, sous un peu de matière, dans la partie renflée de la caudale. Attaché à un brin de tresse, il ne bride pas le mouvement de cette dernière et permet d’armer le leurre jusque sa dernière extrémité. J’espère que ces quelques lignes vous inciteront à vous essayer à cette technique (si ce n’est déjà fait) et à redécouvrir des poissons mordeurs dans des eaux ou à des périodes où vous ne l’auriez pas soupçonné.
Le Bull Dawg qui attrape des brochets
Un leurre hors normes qui séduit des pêcheurs de plus en plus nombreux. Il ne passe pas inaperçu et provoque les carnassiers, brochets ou silures.
Par Philippe Collet
Ce leurre à l’allure rustique et massive est un très bon leurre à brochets. Il est décliné en plusieurs tailles, la version Spring de 6 pouces 42 g présentée ici est la plus petite. Il existe deux autres modèles de 9 et 12 pouces pesant jusqu’à 168 g ! Ce leurre souple et coulé sur une tête plombée dotée d’un gros hameçon simple est armé, en plus, d’un hameçon triple sous le ventre (deux pour les deux plus gros modèles). A la descente, de par sa forme, le Bull Dawg plane à 45°, il nage ensuite horizontalement quand on le ramène. Il peut être ramené de façon linéaire, sa queue battra de façon régulière. Il peut être jigué ou dandiné. Cette animation dans un plan vertical permet d’explorer des trouées dans les bois noyés ou des bords de falaise. Il peut être jerké (ramené avec des tirées sèches de la canne), la forme de son corps lui fera décrire des embardées et sa nage erratique associée aux vibrations intenses de sa longue queue en forme de virgule fera craquer les brochets les plus retors.
Pour exprimer son plein potentiel, ce leurre doit être utilisé dans suffisamment d’eau. Il ne sera pas à l’aise dans les plans d’eau peu profonds, surtout si leur fond est garni d’herbiers. Dans ce cas, il sera toutefois possible de le passer rapidement en linéaire audessus des obstacles, canne tenue haute, en ramenant de façon soutenue. De par sa taille déjà imposante pour le petit modèle, ce leurre nécessite l’usage d’une canne puissante de type heavy ou extra heavy. Un modèle de casting convient bien, car il faut non seulement envoyer le leurre, mais aussi assurer des ferrages puissants pour réussir à le faire glisser dans la gueule pavée des brochets jusqu’à accrocher un des hameçons. Le Bull Dawg est conçu au départ pour leurrer de gros muskies. Son plastique résiste bien aux dents acérées des brochets. Compte tenu de son épaisseur, la grande virgule qui forme la queue du leurre peut être réparée à chaud ou recollée lorsqu’elle est entaillée trop profondément. Il existe de nombreux coloris dans la gamme. Il peut être utile d’en posséder deux ou trois différents pour faire face à toutes les situations et à l’humeur changeante des brochets : un clair, un sombre, un naturel, un incitatif, par exemple.Les leurres Bull Dawg sont produits par la marque américaine Musky Innovations : www.muskyinnovations.com
