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Catégorie : Technique
Retrouvez ici tous nos articles sur les techniques de pêche à la mouche, technique de pêche aux leurres, vidéos de pêche aux leurres, vidéos de pêches à la mouche…

L’équation du gobage
Les truites ratent rarement leurs proies flottantes qui dérivent parfois à vive allure dans un courant tourmenté. Pour se faire, elle doivent prendre en compte plusieurs facteurs comme la distance, la vitesse, la trajectoire pour finalement se lancer pour arriver pile au bon moment. Cette conjonction de paramètres, Laurent Chaunier nous l’explique en la comparant à un joueur de baseball qui tente d’intercepter une balle ou à un faucon qui croise le vol d’un oiseau proie.
Un éphémère happé en surface par une truite est toujours un spectacle exaltant pour le pêcheur. Il est le résultat d’une succession d’évènements qui a déclenché, puis maintenu, la coordination des capacités sensorielles du poisson, principalement sa vue, avec la maitrise de sa trajectoire nage. En contrôlant sa position relative par rapport à l’insecte en dérive libre, la truite est arrivée à s’en saisir. La méthode de résolution d’un problème aussi complexe, sans accès à sa modélisation formelle, est une heuristique*. Mise en oeuvre par la truite pour l’interception de sa proie en surface, elle est basée sur le même principe de l’adaptation intuitive de la course d’un joueur de base-ball cherchant à attraper une balle au vol, ou de l’algorithme de guidage d’un missile à tête chercheuse. Elle lui a permis une action efficace et rapide, sans moyen de calcul important. Nous proposons d’en examiner la séquence étape par étape.

La palm* en palmer (*Pêche à la mouche)
Balayé par une myriade de matériaux et de techniques de montage de mouches plus ou moins révolutionnaires, le palmer appartient au passé depuis la fin des années 1980. Tout au plus a-t-il été sauvé en ce qu’il constituait une étape importante dans l’apprentissage du montage des mouches. C’est avec lui que l’on apprend à enrouler convenablement un hackle de coq sur un hameçon. La pêche à la mouche avec des palmers n’a pourtant pas dit son dernier mot. En eaux rapides et pas seulement, en lac et en réservoir, les palmers ne manquent pas de qualités, parfois cachées. Démonstration.
Avant l’arrivée de la plume de croupion de canard (CDC) dans le milieu des années 1980, la plupart des mouches étaient montées en hackles de coq. De même, les montages en poils de chevreuil n’étaient connus que des rares pêcheurs qui voyageaient outre-Atlantique. En France, seules quelques mouches sortaient de l’ordinaire de la plume de coq comme la Peute, une mouche en plume de flanc de cane génialement atypique créée par Henri Bresson. Mais la réputation des mouches du Sorcier de Vesoul doit beaucoup à un palmer aujourd’hui passé de mode, la French Tricolore.
Ces petites embarcations que rien n’arrête !
Du silure de plus de deux mètres combattu en float-tube au marlin bleu de 200 lbs vaincu en kayak, les frêles embarcations redéfinissent la pêche sportive dans ce qu’elle a de plus noble, dans l’esprit qui était celui de Lee Wulff, Pierre Clostermann ou Zane Grey. Le Vieil Homme et la Mer ressuscite partout sur la planète, même s’il s’agit plutôt généralement d’un jeune homme. Pour cela, ces engins ont évolué. Le kayak n’avance plus seulement grâce à la force des bras, et le float-tube pas uniquement en palmant. On vous emmène faire un petit tour sur l’eau à bord de ces drôles de machines.
La concurrence à parfois du bon, surtout dans un domaine qui a toujours attiré les inventeurs. Le monde des petits engins flottants pour la pêche, celui des float-tubes et des kayaks connaît un fabuleux essor lié à plusieurs facteurs : économique, car un kayak vaudra toujours moins cher qu’un petit bateau, sportif, ces petites embarcations demandent une bonne condition physique, pratique, tout le monde n’a pas un garage pour stocker un bateau, et enfin écologique car sans bruit et sans émissions. Mais à cela, il convient d’ajouter un paramètre qui compte pour beaucoup, le plaisir d’être sur l’eau avec des embarcations qui ne se font pas remarquer et de pouvoir approcher les poissons au plus près pour ne rien rater. L’aventure se vit à côté de chez soi, dans des pièces d’eau souvent interdites au moteur thermique ou en mer, où certains kayaks sont homologués pour s’éloigner de la côte jusqu’à six miles nautiques (11 km) à condition d’avoir l’équipement de sécurité correspondant.
Un équipement de plus en plus complet
Les spécialistes de la pêche en float-tube ou en kayak ne cessent de rendre leurs embarcations plus performantes avec un équipement emprunté au monde des bateaux. Echosondeur haut de gamme, GPS, possibilité de faire de la bathymétrie (cartographie des fonds), moteur électrique, râtelier pour trois, quatre, cinq, six cannes, etc. Tout est optimisé car la place est très limitée. Mais on peut aussi voir les choses tout autrement et partir pêcher avec une seule canne, une boite à leurres ou de mouches, et passer aussi de très bons moments. Après tout, on flotte comme on est, et on ne se refait pas…
Le montage Caborde
Le montage que je vais vous présenter ici n’a rien de magique ou de génial ; il a une seule vertu : il est différent. Très différent. Si différent que les nymphes et les petits streamers montés selon son principe pêchent à l’horizontale, que le dragage se transforme en nage, que c’est au relâché que se fait l’animation et que les nymphes que l’on pose sur le fond ou que l’on fait rouler sur les galets, dans les courants, ne s’accrochent plus…
La Caborde est une portion du Doubs franco-suisse où la vallée est belle : il y a de grands arbres, des prairies et une ancienne verrerie. Les truites y sont chez-elles. Mais comme le paradis et l’enfer ne sont que l’envers et l’endroit d’une même pièce, ce lieu est aussi le théâtre de mémorables bredouilles… La faute aux pêcheurs ! Cet endroit fut un des premier parcours no-kill de l’hexagone, et depuis les années soixante, je n’ose pas imaginer le nombre de pêcheurs (et de mouches) que les saules et leurs vieilles branches ont vu défiler.
Quand les conditions sont normales, on arrive à faire sa pêche mais quand cela se complique, cela peut vite devenir très, très vexant, même pour un bon pêcheur. Sur ce parcours, les truites connaissent les pêcheurs mieux qu’ils ne les connaissent. Dans ces conditions, il ne suffit pas d’être le meilleur du radier, de lancer plus loin que les copains, d’être plus précis ou plus discrets. Quand la porte est fermée, elle est vraiment fermée.
Dans ce cas, le salut ne vient malheureusement pas de la perfection mais de la différence. Ce qui fait que les truites baissent la garde, c’est la surprise, l’inattendu, le malentendu méticuleusement provoqué… Et Saint-Pierre sait que les truites du Doubs ne sont guères malentendantes !
Le problème
Dans le dernier 8’6, je vous ai présenté un article sur la pêche aux micro-streamers que j’utilise depuis plusieurs saisons lorsque les truites se nourrissent d’alevins de vairons. Dans les conditions difficiles, il restait à trouver une solution afin que cette mouche reste prenante en pêchant plus profond, car j’avais remarqué que sous une hauteur d’eau de plus de

Découvrez La Bonne Mouche avec le nouvel épisode de notre Podcast L’Extrait
Chaque rivière connaît ses propres éclosions. Cela est dû aux particularités hydrologiques et géologiques de chaque vallée. C’est sur ce principe que nous avons regroupé dans un livre de 350 pages cent rivières et lacs, en France, en Europe et sur le continent Américain. La bonne mouche est le seul ouvrage conçu avec cette approche de la boîte à mouches idéale qui fera que vous pêcherez juste et gagnerez ainsi un temps précieux. Pour chaque rivière sont décrites les éclosions particulières du lieu, mais aussi les habitudes des poissons, comment les approcher, se placer pour optimiser au mieux vos sorties.
Vous pouvez écouter le 2e épisode de l’Extrait de 8 pieds 6, notre podcast qui vous lit des extraits de livres halieutiques et qui consacre son 2e épisode à La Bonne Mouche en cliquant ici :
https://www.peches-sportives.com/podcasts/

Détendez-vous, allez à la pêche * !
Finesse, discrétion, perspicacité… au secours, la pêche devient trop difficile ! Connaître les moeurs des poissons et posséder un bagage technique minimum qui permette de les solliciter dans des conditions normales, c’est une chose… mais parvenir à tirer son épingle du jeu lorsque les truites sont dérangées tous les jours et que les conditions d’étiage ne les incitent pas à se mettre à table, c’en est une autre ! L’été est souvent la saison où l’apathie alimentaire et la sur fréquentation des cours d’eau rendent la pêche infernale… Quelques pistes pour ne pas craquer !
Dans certaines rivières, la sur-fréquentation et l’étiage commencent désormais le jour… de l’ouverture ! Après quinze jours de pêche, une fois que tout le petit monde de l’onde a goûté du Tiemco ou bien s’est habitué à fuir à tire nageoires à la vue d’un scion, les ardeurs halieutiques n’ont pas besoin des giboulées pour se refroidir. Au début, pendant quelques jours, les truites sont toujours naïves et peuvent être capturées presque n’importe comment. L’explication est simple : elles ont passé tout l’hiver tranquilles à vivre leur vie de truite au grand jour et à reprendre possession de leur rivière, alors elles ne se méfient pas. Mais quand les waders, les cuissardes et les silhouettes de chaque côté des rives recommencent à défiler en bataillon, elles ne resteront pas longtemps crédules. Ce qui est vrai les premiers jours de la saison est également vrai plus tard sur des poissons « neufs », comprenez qui apparaissent à un certain moment de l’année, souvent pour une raison liée à la température et à l’oxygénation (ou plus rarement à un besoin alimentaire) et qui n’ont pas été sollicités de toute la saison pour la bonne raison qu’ils avaient le gîte et le couvert dans des recoins inaccessibles. Mais quand une truite est sur ses gardes, c’est là que le grand jeu commence et que la pêche à la mouche prend toute sa mesure. Si lorsque les conditions de pêche sont faciles, bien des techniques permettent de capturer du poisson, à mon sens, il n’existe pas de technique plus efficace que la pêche à la mouche pour parvenir à ferrer une truite méfiante dans des conditions difficiles. Cherchons à comprendre pourquoi avant de voir comment ces mêmes raisons poussées à l’extrême peuvent nous aider à tirer notre épingle du jeu sur les parcours les plus fréquentés.
Avec une canne à mouche, lors de la mise en oeuvre des techniques conventionnelles, c’est la ligne qui propulse le leurre et non l’inverse comme c’est le cas de la pêche au lancer. Il en résulte qu’un pêcheur à la mouche qui maîtrise sa gestuelle est capable de présenter à une truite située à 10 ou 15 mètres de lui une nymphe ou une mouche sèche microscopique sans que la truite ne soit alertée. Dans les parcours surfréquentés c’est cette course à la discrétion qui va permettre de ferrer quelques poissons même dans des conditions difficiles alors que les copains font chou blanc.
– Finesse :
Le diamètre du fil habituellement utilisé pour confectionner votre pointe est en lien avec la taille de la mouche (par exemple, un hameçon n° 18 ou 20 s’accommode bien d’un fi l en 10/100 alors qu’avec un n° 24 un 8/100 sera mieux indiqué). Or, dès que la concurrence entre pêcheurs accentue la méfiance des poissons, pêcher avec un diamètre de fil inférieur d’une taille à la moyenne de celui employé par les confrères et allonger la longueur de la pointe (dans les rivières calmes) est un premier pas pour renouer avec la réussite. Passer d’une pointe de 1,8 m en 12/100 à une pointe de 2,5 m en 10/100 change grandement la donne et une étape de plus est franchie lorsque cette même pointe est réalisée en

Six mouches pour ne pas rater son début de saison
Les saisons et leur sempiternel recommencement ont ceci de pratique de nous mettre à chaque fois sur la bonne voie des choses qui se répètent immuablement. Ainsi au printemps, quelques espèces d’insectes ont la lourde responsabilité de nous faire vibrer lorsque truites et ombres s’activent à la faveur d’une belle éclosion.
A la mouche sèche comme à la nymphe, le printemps nourrit tous les espoirs du pêcheur à la mouche. Les six modèles de mouches proposés par Florent Bailly dans cette rubrique sont particulièrement recommandés pour pêcher avant l’été, lorsque les conditions sont encore “faciles” sans qu’il faille pêcher très fin. Et comme l’espoir fait vivre, prenons nous à rêver de belles éclosions de march brown, un des plus grands éphémères que l’ont peut observer en Europe. Cette bête athlétique qui s’imite sur un hameçon n° 12, pas moins, ne passe pas inaperçue sur l’eau ! Nous vous la proposons en deux stades. En cas d’éclosions de bætidæ, un montage parachute en taille 16 fait l’affaire dans bien des cas. Collé à la surface, ce montage est très efficace. L’aile se repère bien sur l’eau (à remplacer par du CDC si l’on est allergique aux matériaux synthétiques !). Un petit sedge au montage original et deux nymphes passe-partout terminent cette sélection forcément arbitraire mais qui permet aussi d’apprendre à travailler certains matériaux et à faire quelques tours de mains particuliers. C’est l’objet de cette rubrique.
Nymphe dubbing
Un modèle très polyvalent, pour l’ombre ou la truite, à vue ou au fil. La bille est une AB Fly bordeaux tachetée qui est un nouveau coloris.
1. Prendre un hameçon Tiemco 100 n° 8. Enfiler une bille de tungstène AB Fly bordeaux tachetée n° 00 sur l’hameçon. Avec un fil de plomb de 3/10° de mm, faire quatre tours juste derrière la bille.
2. Avec un fil de montage Uni Thread gris/beige 8/0, faire une sous couche qui forme un corps conique.
3. Fixer des cerques courts en coq pardo.
4. Fixer un fil de cuivre qui sera laissé en attente.
5. Directement sur le fil de montage, fixer un dubbing Trout Hunter René Harrop “march brown” (trouvé chez l’Ami du Moucheur au Québec). Le torsader sur le fil.
6. Enrouler le dubbing sur le corps puis cercler avec le fil de cuivre.
7. Réaliser un second dubbing. Il s’agit cette fois d’un Scintilla Multi Purpose brun/olive. Faire le noeud final. La mouche est terminée.
March brown émergent
Les éclosions de march brown (Rhithrogena germanica) ne manquent jamais de faire sortir les grosses truites. Voici une imitation réaliste à la flottaison basse.
1. Choisir un hameçon

“Magic ring”, la nymphe qui ne drague pas !
La nymphe qui ne drague pas existe, nous l’avons rencontrée ! Elle vous permettra d’envisager vos dérives sous un autre angle et de provoquer des réactions surprenantes… à condition de savoir la monter et de posséder son mode d’emploi !
Un peu d’observation pour commencer. Dans une rivière, si nous considérons la façon dont les proies des poissons évoluent lorsqu’elles sont consommées, nous pouvons constater qu’il existe globalement deux types de déplacements et donc deux positions des proies potentielles. Premier cas : les larves d’éphémères et les gammares qui évoluent près du fond se déplacent selon un plan horizontal. Que ce soit en rampant sur le sable ou en effectuant des sauts de puce entre les galets, ces petites bestioles passent la majeure partie de leur vie en se déplaçant ainsi et les poissons les chassent et les picorent entre les galets sans attendre le moment de leur émergence (rappelons que l’émergence d’un éphémère ne dure que quelques minutes alors que sa vie au plus près du fond peut durer jusqu’à trois ans…). Evidemment, il en va de même pour les alevins et les petits poissons, qui eux aussi évoluent selon un plan horizontal.
Second cas : le plan vertical.
Ce cas est le plus connu des pêcheurs à la mouche : c’est celui des nymphes qui sont emportées par le courant alors qu’elles regagnent la surface pour émerger, c’est aussi le plan de déplacement d’une bestiole qui tombe à l’eau et coule peu à peu vers le fond comme c’est le cas en période de crue (vers de terre). L’animal est entrainé par une veine d’eau, mais qu’il émerge ou qu’il coule, il évolue selon un plan vertical : il monte vers la surface ou descend vers le fond. Toute la pêche en nymphe à vue repose sur ce constat : il faut faire évoluer sa nymphe dans la bonne veine d’eau. Elle peut couler librement ou être animée pour évoquer une lente ascension vers la surface mais elle doit évoluer dans ce plan vertical et ne pas trop s’en écarter sous peine de refus.
Diagonale interdite !
Car si certaines proies se déplacent horizontalement et d’autres verticalement, remarquons (si nous exceptons les alevins en fuite.) qu’aucune proie quelle qu’elle soit n’évolue en diagonale dans les courants… Or, ce mouvement en diagonale est précisément celui qui est produit lorsque le pêcheur maladroit ou mal placé effectue une mauvaise dérive et que son bas de ligne qui a été posé trop tendu est entraîné par le courant. Le mouvement de la nymphe artificielle se trouve alors contraint par le nylon. La mouche est bridée puis remorquée par le bas de ligne qui effectue ce mouvement en diagonale si caractéristique que l’on nomme dragage et que les poissons savent percevoir, reconnaître et refuser. Tout l’art de la pêche à la nymphe est de parvenir à maîtriser ses dérives pour faire couler son artificielle à la bonne profondeur, la faire évoluer discrètement et naturellement et au final neutraliser ce dragage qui transforme la plus belle des nymphes en épouvantail aux yeux des poissons.
Mouvement de la nymphe et position de l’hameçon
Le mouvement d’ensemble de la nymphe se traduit également par la position de l’hameçon dans l’eau. Lorsqu’il coule librement, sa position est plutôt verticale, alors que lorsqu’il est ramené à la façon d’un streamer, sa position est horizontale. Or, si nous considérons qu’un hameçon ne peut pas couler librement et se tenir à l’horizontale, nous pouvons comprendre que le pêcheur à la nymphe se prive donc de faire évoluer son leurre dans un des deux plans qui intéressent les poissons. Pour le pêcheur à la nymphe, le plan horizontal est une terre inconnue à conquérir !

Six mouches à tout faire pour la rivière, le lac et le réservoir
Partout dans le monde, les truites des rivières calmes et des lacs se nourrissent de chironomes, de larves de libellules et craquent aussi pour un streamer noir, même s’il n’imite rien de particulier. Ces six mouches classiques doivent figurer dans les boîtes de tous les pêcheurs voyageurs. En réservoir, elles font merveille quelque soit la saison.
On peut penser que les modèles de mouches que nous vous proposons dans ce numéro viennent directement de la pêche en réservoir. Il est vrai que ce sont des grands classiques de la pêche des truites arcs-en-ciel en eaux closes. Mais il est non moins vrai que les mouches pour la pêche en réservoir sont toutes nées en lacs, bien avant les premiers réservoirs de pêche à la mouche. Les Irlandais notamment ont recours aux imitations de chironomes, de larves de libellules et de streamers depuis des lustres sur les immenses “loughs” peuplés de truites farios sauvages. Dans l’hémisphère sud, en Tasmanie notamment, la pêche en lacs des grosses truites demande également des modèles de mouches adaptées aux eaux calmes.
En rivières lentes, les chironomes font partie de l’alimentation des truites sauvages. Les pêcheurs à la mouche ont tendance à l’ignorer, pensant que ces bestioles moins nobles que les éphémères ou autres trichoptères ne vivent qu’en lacs ou dans les rejets des stations d’épuration. Hormis dans les torrents de montagne, la moindre portion lente de rivière comme il est existe un peu partout suffi t à voir se multiplier les chironomes, qui n’est qu’une famille de diptères nématocères (antennes en forme de fils) qui compte environ 5000 espèces dans le monde dont environ 700 en Amérique du Nord. Ces insectes aux exigences biologiques très faibles se trouvent à l’aise partout et d’autant plus que les eaux sont lentes et dégradées. Pour autant, la diversité de ces insectes est telle qu’il en existe pour toutes les eaux, des plus pures aux plus immondes ! Et si les monteurs de tous les temps avaient tout faux ?
Est-ce qu’une truite de rivière qui prend une imitation de gammare dans un cours d’eau qui en est presque dépourvu s’apprête à prendre ce qu’elle considère comme un petit crustacé ou au contraire un chironome, ou encore juste quelque chose qui doit en théorie être comestible parce que vivant ? Certaines imitations de gammares en “boby stretch”, “corplast” ou en “medallion” ont davantage la plastique d’un vers de vase que celle d’un gammare ! Voilà qui fait réfléchir. D’autant qu’en rivière comme en lacs, certains insectes ne sont jamais pris par les truites. C’est le cas des gerris, ces grands insectes qui font du patinage artistiques à la surface de l’eau avec quatre de leurs six pattes. Jamais les truites ne cherchent à s’en nourrir. Encore une belle enigme qui prouve bien que les truites peuvent peut-être confondre certaines choses, mais que d’autres ne les intéressent pas du tout ! Florent Bailly nous propose sa vision du montage de quelques fameux modèles de chironomes à trois stades différents, d’un modèle de larve de libellule et d’un streamer. Ces montages ne présentent pas de difficultés particulières. Ils demandent en revanche de bien respecter les proportions de matériaux pour rester dans l’esprit des modèles.
