Catégorie : Mouche

Articles sur la pêche à la mouche, vidéos de montage mouche, techniques de pêche à la mouche, actualités des associations de pêche à la mouche

  • 10 conseils pour ne pas rater son ouverture à la mouche

    10 conseils pour ne pas rater son ouverture à la mouche

    L’ouverture reste un moment privilégié pour le pêcheur de truite. Dans bien des régions, pourtant, la nature est encore endormie. L’activité des poissons est souvent réduite, dans des eaux glacées. Alors, dans ces conditions très particulières, il est impératif de connaître quelques principes pour ne pas se rater le jour J.

    Par Luc Schmitt

    1 – Le meilleur créneau : 11 h-15 h

    C’est une mauvaise nouvelle pour les restaurateurs mais les truites se mettent à table au même moment que les humains. C’est comme ça. L’ensoleillement est déterminant pour déclencher une éclosion en milieu de journée. Tout va très vite. Il faut être prêt, car souvent les gobages se produisent durant une heure ou deux. En règle générale, ce qu’on appelle le coup de midi peut se produire entre la fin de matinée et 15 h environ. Mais, attention, les éclosions d’après-midi peuvent être bonnes dans certains cas, si la température de l’air ne chute pas brutalement.

    2 – Bien identifier l’éclosion

    Début de saison = grosse mouche ? Faux. La plupart des espèces d’éphémères ou de trichoptères que l’on rencontre au stade aérien sont de taille moyenne, voire petite. Dans tous les cas, prenez le temps de ramasser quelques insectes dérivant, ce n’est jamais du temps perdu. Cela est d’autant plus utile que l’on ne rencontre souvent qu’une seule espèce sur l’eau à cette époque.


    3 – Un bon poste : le radier ensoleillé

    La partie aval des fosses, que l’on appelle le radier, est un poste de choix en début de saison lors des éclosions d’insectes aquatiques. Les truites y viennent naturellement s’y nourrir. Si ces postes sont fréquents dans de nombreuses rivières, choisissez de préférence ceux qui bénéficient d’un bon ensoleillement. C’est sur ceux-ci que l’activité des insectes sera la plus forte, et celle des truites en découle.

    4 – Au streamer pêchez “carré”

    Dans une eau qui ne compte que quelques degrés, souvent moins de 7 ou 8, votre streamer aura plus de chance de se faire happer par une truite s’il évolue au ras du fond. Pour cela, outre le recours à un matériel spécifique : soie plongeante, bas de ligne ultra-court, un posé perpendiculaire à la rive laissera plus de temps à la soie pour couler que si vous la posez dans un angle fermé vers l’aval. C’est logique, mais il faut souvent se forcer à pêcher “carré”, comme disent les saumoniers.

    5 – Ne pas trop entrer dans l’eau

    Si le problème ne se pose pas dans les rivières où l’ombre est présent (le wading y est logiquement interdit avant la mi-mai pour cause de fraye), la pêche en marchant dans l’eau n’est pas toujours la solution pour prendre des truites à la mouche ! Ne perdez pas de vue que les poissons sortent de six mois de tranquillité. Les premiers humains pataugeant à l’ouverture ont tôt fait de caler les truites qui filent à toutes nageoires sous leurs pierres comme si elles avaient vu le diable… Une bonne observation depuis la rive permet le plus souvent de faire sa pêche en restant discret.

    6 – Choisir entre truites sauvages et truites d’élevage

    Que de différences de comportement entre une truite sauvage et un poisson élevé en bassin déversé la veille de l’ouverture de la pêche ! Si l’on est parfois tenté de prendre ce qui se présente, la recherche des deux poissons ne fait appel ni aux mêmes mouches ni à la même stratégie. Il vous faudra donc choisir de pêcher l’une ou l’autre. Les truites d’alevinage se prennent essentiellement au streamer (de couleur vive).


    7 – Nymphe : le tungstène en renfort…

    Le lestage des nymphes à l’aide de tungstène (chose nouvelle depuis quelques années) permet d’adapter l’évolution de ses imitations de nymphe au ras du fond. En début de saison, une présentation à quelques centimètres du fond fait souvent la différence. Cela est important lorsque l’on pêche en aveugle, “au fil”. Les truites ne font souvent pas l’effort de monter chercher une nymphe qui passe 15 cm au-dessus d’elles, alors qu’elles prennent celles qui passent à leur niveau.

    8 – La mouche noyée pour certains cours d’eau

    La pêche à la mouche noyée ne permet pas de pêcher en profondeur. Elle s’adresse donc en priorité aux poissons actifs. Lors d’une éclosion et sur des postes peu profonds, cette technique peut s’avérer productive en début de saison. Mais, avant tout, ce sont les postes et les conditions qui valident ce choix.

    9 –  Au streamer, rien ne sert de finasser

    On sait que les pêcheurs à la mouche aiment la finesse. Toutefois, l’emploi d’un bas de ligne fin est une erreur. Avec un bas de ligne dont la longueur totale dépasse à peine 1,50 m, l’intérêt d’un fil fin est limité. De plus, cette faible longueur réduit l’élasticité. Les casses sont alors à craindre. Une pointe en 18 ou 20/100 convient très bien. Le fluorocarbone est également indiqué pour son immersion rapide.


    10 – Revenez fin mai…

  • Le blues du nympheur par Jean-Christian Michel

    Le blues du nympheur par Jean-Christian Michel

    On le surnommait Max ou Maxima. Pas par rapport au fil destiné aux bas de ligne, mais parce qu’il s’appelait Maxime et qu’avec lui, le maximum était le minimum. Son ego cinquante centièmes venait à bout de tout. Si le bougre était bon pêcheur, il n’avait pas besoin de ça pour faire des miracles. Max était un de ces êtres dont les paroles font vibrer l’imaginaire même quand la raison dit non. Bien évidemment, son truc, c’était la grosse truite. La vraie, la seule, la bête métaphysique. Celle qui hante les gourds profonds et casse comme un sucre d’orge le fer des meilleurs hameçons. Celle qui terrorise ses congénères. Celle que les enfants n’ont pas le droit de pêcher. Les histoires de max étaient de folles rondes où Dom Quichotte, le capitaine Achab et Brice de Nice se donnaient la main et chantaient à tue tête. Il m’a harponné au détour d’un radier et je n’ai pas pu lui échapper :
    -« Ah, je suis content de te voir, faut que je t’en raconte une : j’en ai secoué des grosses truites, mais celle-là, c’était vraiment une mariole ! »
    -« Tu… »
    -« Essaies de ne pas m’interrompre, tu vas tout savoir. Donc, celle-là, c’était une terrible. Elle avait du en redresser du Tiemco avant de tomber sur moi !  »
    -« Je… »
    -« …Le coup était infaisable, et ça, ça m’intéresse. La vicelarde avait le gîte et le couvert dans un maquis de saules. Elle se gavait comme un conseiller municipal. J’ai pas pu la pêcher pendant une semaine. Elle venait sur ma nymphe comme une folle, elle la poussait du nez, mais elle ne pouvait pas engamer, rapport à ce thymallus qu’elle se trimballait en moustaches. J’ai du prendre mon mal en patience… Et puis un jour, son cigare à nageoire a enfin disparu et j’ai pu lui sortir le grand jeu. Mon revers double boucle piquée avec un posé salto arrière. Si le salto est réussi, la nymphe coule droit en battant des pattes. Une tuerie… Mais ce n’est pas facile à faire. »

  • Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle

    Bretagne : vente d’une collection exceptionnelle

    La vente de l’impressionnante
    collection de Jacques Demaugé-Bost, constituée par 300 lots, est organisée par
    la maison de ventes Dupont, à Morlaix en Bretagne, le samedi 31 mars prochain.
    Parmi cette collection, une série de 30 cannes à mouches en bambou refendu
    Pezon et Michel dont des Super Parabolic P.P.P. (Puissance Pendulaire
    Progressive) – estimées entre 500 et 600 euros -ou encore des cannes Orvis ou
    Ogden Smith. Des moulinets automatiques seront également présentés, notamment des
    modèles Abeille et Cordel estimés entre 150 et 200 euros. Les collectionneurs y
    trouveront aussi des mouches rares, de beaux objets et une bibliothèque
    halieutique accueillant notamment la pièce la plus impressionnante de cette
    vente : « Quaint Treatise and Flies and Flymaking by an old fisherman » edited W.H. Aldam, un ouvrage datant de 1876 et
    estimé par les experts de la salle des ventes à 3 000 euros.


    Renseignements :

    Hôtel des Ventes de Morlaix

    37 rue de Paris 29600 Morlaix

    02 98 88 08 39

    [email protected]

    www.morlaix-encheres.com

  • Dans les eaux claires de Green Lake

    Dans les eaux claires de Green Lake

    A huit kilomètres de Bourges, au bord de l’Yévre, installé dans une ancienne ballastière, le réservoir de Green lake est alimenté par des sources qui assurent une grande stabilité de température tout au cours de l’année. Le lac ne gèle jamais et les plus téméraires peuvent pêcher même par grands froids. Les premiers salmonidés ont été introduit dans le lac en 1992, faisant de ce réservoir un des plus anciens sites dédié uniquement à la pêche à la mouche.

    Green Lake est d’ailleurs un des réservoirs préférés
    des amateurs de pêche à la nymphe à vue. Le lac compte également une population
    de gros brochets et de très belles perches à essayer au streamer. Fermé le
    mardi.


    Renseignements :

    Fabien Réty

    Le Val d’Yèvre

    18390 Saint Germain du Puy

    Tel. : 02 48 30 72 80.

    http://green-lake.pagesperso-orange.fr

  • Débat : Slovénie, un Paradis perdu ?

    Débat : Slovénie, un Paradis perdu ?

    C’est l’histoire d’un pêcheur qui revient pêcher les rivières slovènes près d’un quart de siècle plus tard. C’est aussi l’histoire d’un exilé halieutique qui fuit les eaux devenues insalubres de son pays et qui, tel un poisson migrateur, vient se ressourcer dans les courants purs de la majestueuse Sava Bohinjka. Mais peut-être aurait-il mieux fait de rester chez lui… Ce qui pourrait être le commencement d’un roman divertissant n’est que la triste réalité. Cet article, rédigé sous la forme d’un billet d’humeur, compte sur vos réactions pour initier un mouvement de contestation de la gestion déplorable des rivières de Slovénie.

    22 ans que je n’étais pas retourné en Slovénie. 22 ans durant lesquels je m’étais juré de ne jamais plus y reposer mes waders. J’avais tout juste 22 ans à l’époque et je n’avais pas compris pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on avait – en beaucoup mieux – à la maison ! Dès lors que chaque jour, la Loue et le Doubs comblaient mes petits espoirs de jeune pêcheur à la mouche. Les temps ont bien changé. Les rivières comtoises sont au plus mal, en sursis même puisque l’hiver qui commence à peine recense déjà quelques poissons malades et que rien ne laisse présager un avenir meilleur pour le moment. L’idée d’un retour à la pêche des eaux slovènes est née d’un renoncement à partir dans le Montana pour des raisons de dates un peu tardives mais aussi la perspective d’un séjour bien trop court pour une destination aussi lointaine. Il y a peu de temps de cela, un ami, bon connaisseur des rivières comtoises, me confiait qu’il était allé plusieurs fois pêcher en Slovénie et qu’il n’avait pas eu l’impression de pêcher dans un “réservoir”. Un autre s’était avéré ravi de prendre 50 truites par jour, dont 80% d’arc-en-ciel portions, sur un petit affluent de la Sava Dolinka.

    Les franc-comtois, dont je suis, se voient aujourd’hui contraints d’aller chercher ailleurs ce qu’ils n’ont plus chez eux. Bien sûr qu’il est encore possible de pêcher à la mouche sur le Doubs et sur certains parcours de la Loue. Bien sûr que les rivières du Jura restent encore relativement riches en truites sauvages. Mais lorsqu’on a connu ces rivières dans de meilleures conditions et que l’on lutte aujourd’hui pour l’amélioration de leur état, difficile de faire comme si de rien n’était. En Europe, les rivières où la pêche à vue est possible ne sont pas légions. Cela exclut les pays situés au nord de la France comme la Suède, la Finlande, l’Écosse ou encore l’Islande, aux eaux très sombres. De ce point de vue, la Slovénie offre des rivières merveilleuses, comme la Sava Bohinjka, une rivière d’émeraude qui finit sa course dans le Danube à Belgrade, après avoir traversé la Croatie.

     

  • HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    Développé avec les plus grands champions tchécoslovaques, la marque Hanàk propose une gamme d’hameçons et de billes en tungstène qui permettent le montage de micro jigs qui ont la particularité de nager sur le dos, ce qui évite des accrochages. Très bonne qualité d’hameçons et les billes sont usinées à la perfection. Hanàk propose aussi des petits accessoires pour les bas de ligne comme ce micro ring très pratique.


    Notre avis :

    Les pêcheurs tchèques sont les maîtres de la nymphe au fil. Hanàk propose quelques uns de leurs secrets avec ces produits de très haute qualité.

    Produits disponibles sur : www.moucheshop.com

  • Montage : le chant du coq

    Montage : le chant du coq

    Le monde des éleveurs de coqs de pêche ne fait pas le partage entre un vrai rapport au monde rural, à une certaine forme d’écologie et à une nostalgie emprunte de poésie. Pour autant, les plumes exceptionnelles des coqs de pêche du Limousin n’ont jamais quitté le devant de la scène tant elles sont incomparables. De véritables trésors que nous vous invitons à découvrir.

    Par Philippe Boisson.

    Il existe une grande tradition de l’élevage des coqs de pêche en France. Peu d’entre-nous connaissent le quotidien de ces éleveurs très particuliers, tous pêcheurs à la mouche passionnés. La sélection, les conditions d’élevages, le terroir, l’altitude, telles sont les conditions requises pour obtenir un plumage d’une grande qualité.
    Durant des décennies, les mouches de pêche réalisées avec des plumes sélectionnées pour leur brillance et leur souplesse ont connu leur heure de gloire, car peu de matériaux étaient en mesure de rivaliser. Les collections Guy Plas, Jean-Louis Poirot ou Gérard de Chamberet étaient alors réputées et recherchées dans le monde entier. La mouche française se vendait bien. Montages araignée, en palmer, en spent, en mouches noyées étaient incomtournables jusqu’au début des années 1980, date à laquelle une plume très différente fit beaucoup parler d’elle. L’utilisation de la plume de croupion de canard (CDC) créa un véritable choc dans l’ordre établi de la mouche de pêche. On lui prête alors la vertu magique de faire monter les poissons les plus récalcitrants. On connaît la suite, avec un succès grandissant qui aujourd’hui n’est pas contestable. Ceci étant, la plume de croupion de canard ne fait pas l’unanimité sur tous les terrains et dans toutes les conditions rencontrées par le pêcheur. Autant elle fait merveille sur les zones calmes des rivières, autant son utilisation n’est pas obligatoire en eaux rapides où une flottaison haute de la mouche n’est pas un problème mais un avantage. Idem sous la pluie, la plume de CDC montre vite ses limites en devenant impossible à faire sécher, alors qu’un hackle de coq continue de rester“pêchant”. De plus, on assiste avec la généralisation du CDC à une sorte d’overdose sur certains parcours très fréquentés. La plume magique ne fait plus forcément recette. Certains très bons pêcheurs ont vite analysé cette situation et pris le contre-pied en adaptant certains montages peu utilisés en France, comme le montage parachute avec sa collerette en coq, et obtiennent d’excellents résultats avec une mouche à flottaison basse montée avec seulement deux ou trois tours de hackle de coq. La fameuse Mix’aile de Florian Stéphan, avec son hackle monté en palmer et son aile en CDC est une parfaite illustration de ce qu’il est possible de réaliser. Autre tendance qui mérite d’être approfondie, le mariage du CDC ou du dubbing de lièvre (un autre incontournable) avec des plumes de coqs de qualité. Le résultat à la pêche est très intéressant, puisque l’on peut profiter des avantages de tous les matériaux. Des associations sont également possibles avec des matériaux synthétiques, même si cela doit faire bondir quelques puristes de la mouche traditionnelle française.
    Les plumes de nos éleveurs ont donc de très beaux jours devant elles.


    Un élevage pour la plume

    La variété originelle des coqs de pêche français est dénommée “coqs de pêche du Limousin” sans qu’au-cune race ne soit plus précisément définie. Avant la seconde guerre mondiale, époque où l’agriculture n’était pas encore modernisée, les animaux des fermes d’une région comme le Limousin voyageaient très peu. Les élevages de volailles, pour la viande étaient très hétéroclites, et déjà, les coqs de pêche naissaient au hasard des couvées naturelles. Ils étaient issus de croisements hasardeux entre plusieurs races. Dans cette région, réputée froide, les volailles ont toujours produit beaucoup de plumes, les protégeant ainsi des frimas. Dans les années 1960, le bouleversement qu’a connu l’agriculture a bien failli faire perdre à tout jamais ces lignées d’animaux sélectionnés au fil des décennies. Heureusement, la pêche à la mouche se démocratisant, la demande en plumes s’est faite plus grande. Les premiers écrits sur le sujet, en langue espagnole, dateraient de 1539, mais c’est un traité de 1624, intitulé “le manuscrit de Astorga”, également en espagnol qui donne le plus de détails sur le montage de mouches artificielles à l’aide de ces plumes.
    Guy Plas, fut l’un des premiers en France à être à la fois éleveur et monteur de mouches professionnel. Son affaire, reprise par Olivier Dez, compte aujourd’hui encore de splendides animaux qui produisent des plumes appréciées des spécialistes du monde entier. Les coqs de pêche du Limousin ne sont pas tués pour en prélever les plumes. Tuer les coqs pour vendre les cous comme cela se fait en Chine, en Inde ou aux Étas-Unis (cous Metz ou Hofmann) serait impossible pour les éleveurs français, car sur cent poussins, un éleveur obtiendra cinq ou six coqs de pêche seulement et il faudra attendre trois ans pour commencer à leur prélever des plumes. Il est en effet impossible de connaître le devenir des poussins. Les coqs de pêche au plumage parfait sont des exceptions. Les éleveurs professionnels doivent disposer de cent à deux animaux (coqs, poules, poussins) demandant un travail quotidien. C’est le seul moyen pour un professionnel d’obtenir un nombre suffisant de coqs variés (tonalités des plumages) avec des classes d’âges qui assurent le renouvellement de l’élevage.

    Le terroir

    Ces chers gallinacés produisent des plumes qui affichent de grandes différences de tonalité selon les individus, les élevages, avec leurs situations géographiques et les saisons. De tous temps, certains emplacements ont toujours produit de très beaux coqs de pêche. L’altitude, l’orientation, liée à l’ensoleillement, l’humidité, le terroir comme l’on dit, tout rentre en compte dans ce type d’élevage si particulier. Les conditions idéales pour obtenir des coqs de qualité sont maintenant bien connus : altitude moyenne (400 à 1000 m), terrain granitique, pH acide, climat montagnard. De même, ce qui convient aux coqs du Limousin semble également convenir aux célèbres coqs espagnols pardos de la province de Léon. Certains éleveurs du Limousin en possèdent et on a longtemps dit que le pardo français n’était pas comparable au “vrai” pardo espagnol. Cela n’est, de l’avis de nombreux spécialistes, plus le cas aujourd’hui. Olivier Dez, Bruno Boulard, Robert Brunetaud ou Florian Stephan ont superbement réussi l’implantation de coqs ibériques pardos dans le centre de la France. Différentes des plumes de coqs pardos (pelles), les plumes des coqs du Limousin sont également pigmentées mais de façonbeaucoup plus fine, comme de la poussière d’or. La brillance, les reflets, la souplesse, la faible présence de duvet à la base des plumes, tels sont les critères retenus qui font toute la valeur de ces coqs de pêche.
    Gérard Poyet, éleveur depuis plus de trois décennies sait de quoi il parle : “ces plumes présentent des fibres raides et souples à la fois, d’une brillance presque transparente. Elles sont un plaisir pour les yeux et rendent les artificielles montées d’une incroyable efficacité”. Les observations de Gérard Poyet sur la capacité de ces plumes à “jouer” avec la lumière sont également très étonnantes : “la caractéristique principale qui détermine la plume de coq de pêche, que ce soit la plume de camail, de cape, d’aile ou de flanc, est son degré de mimétisme et sa grande sensibilité à recevoir et à renvoyer la lumière. L’expérience du papier de couleur le démontre bien : présentons une plume sur un papier rose, elle se colore de rosâtre, sur du vert, elle verdit, sur du brun, elle brunit…il en est ainsi à l’infini”. Le secret des qualités “pêchantes” des plumes des coqs de pêche est certainement lié à cette adaptation particulière à l’environnement lumineux. Pour les éleveurs, se sera toujours la qualité de la plume qui comptera et non la morphologie de l’animal. Or, pour les éleveurs qui souhaitent participer à des concours, les coqs du Limousin doivent de plus en plus répondre à des standards avicoles qui imposent des critères morphologiques précis. Parmi ces standards, on trouve la crête qui doit être droite et non frisée, ou encore les pattes qui doivent afficher une teinte rougeâtre et non jaune. Ces critères sont contestés par certains éleveurs, car d’une part, ils n’ont aucune influence directe sur la qualité des plumes et d’autre part l’origine très rustique et incertaine des coqs de pêche du Limousin risque d’y laisser des plumes…


    Différentes tonalités de plumes

    Les plumes, hackles, lancettes, pelles de dos et pelles d’ailes, peuvent couvrir l’essentiel des tonalités intéressantes pour le pêcheur à la mouche. Les tons ocre ou rouille dignes de la palette d’un peintre sont pigmentés d’une finesse éloquente. Les gris, dont on compte d’infinies variantes ont toujours été très recherchés par les pêcheurs, mais difficiles à obtenir, notamment le gris bleuté (le blue dun des anglais) et le gris fumé.
    Deux tonalités qui nous rappellent la fantastique collection de mouches de Jean-Louis Poirot, décédé il y a quelques années, et qui était lui aussi un des rares éleveur et monteur de mouches professionnel. De plus, la tonalité des plumes varie selon la saison puisque les animaux vivent en plein air, ne rentrant au poulailler qu’en fin d’après-midi. L’influence du soleil a une incidence sur la teinte du plumage ce qui oblige les éleveurs professionnels à anticiper leur stock de plumes pour éviter les manques dans certaines teintes.


    Le plumage, tout un art

    Pour Bruno Boulard, éleveur et monteur de mouches professionnel, le prélèvement des plumes s’effectue à la nouvelle lune. “C’est important pour la repousse des plumes qui sera plus rapide si l’on respecte cette règle qui, il faut bien l’admettre, fait parfois sourire. A chacun ses petits secrets !”, explique t-il. On peut effectuer trois ou quatre plumages au cours de l’année sur un même coq. Les jeunes coqs n’aiment pas particulièrement cet exercice qui les stress inévitablement. Les sujets plus âgés ont dû se faire une raison. C’est un peu la rançon de leur liberté et d’une longue vie aux petits soins. Les plumes doivent s’arracher facilement. Si ce n’est pas le cas, l’éleveur choisi alors de repousser le plumage à plus tard.

  • Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    La principale cause de refus des nymphes artificielles par les poissons est due à un dragage plus ou moins important. Celui-ci a lieu à la descente de la nymphe mais également après sa remontée lors de l’animation. Contrairement à la dérive d’une mouche sèche, visible sur l’eau, avec les nymphes le dragage échappe à la vue du pêcheur. Comprendre ce phénomène est essentiel pour tenter d’y remédier.

    Par Philippe Boisson

    Qu’est-ce qui distingue un très bon pêcheur à la nymphe d’un moins “bon” ? A cette question que l’on me pose souvent, sans hésiter je réponds qu’il s’agit avant tout de la qualité des dérives naturelles qu’impose cette technique. Certes, il n’y a pas que cela. Le sens de l’eau, l’observation des éclosions, l’aptitude à pêcher fin, font aussi partie du bagage d’un pêcheur à la nymphe de bon niveau. Mais si celui-ci maîtrise mal ses dérives, les refus seront nombreux. La pêche à la nymphe, qu’elle soit pratiquée à vue ou en aveugle, implique toujours de gérer la profondeur. On voit les difficultés que l’on peut rencontrer avec les dérives lorsque l’on pêche à la mouche sèche où, pourtant, la profondeur n’intervient pas. Il faut donc prendre en compte qu’il faut gérer cette dimension supplémentaire lorsque l’on pêche à la nymphe. Tous nos petits malheurs proviennent du nylon qui relie la mouche au pêcheur par l’intermédiaire du bas de ligne. La qualité des modèles de mouches et des nymphes actuelles n’est pas en cause.
    La plus réaliste des mouches sera refusée si elle drague, sur ou sous l’eau. Les truites et les ombres ont appris à se méfier de tout ce qui ne dérive pas naturellement. La plus infime retenue de la mouche éveille immédiatement la méfiance du poisson, qui pourra venir voir, parfois très près, mais restera gueule fermée. Il est amusant (frustrant à la longue j’en conviens) d’observer la réaction des truites qui refusent les nymphes. Lorsqu’elles ont le nez dessus, elles tournent soudain la tête de côté, comme un enfant qui refuse catégoriquement une cuillerée de soupe.


    LA RECHERCHE DE LA VERTICALITÉ

    Si l’on prend une colonne d’eau et que l’on laisse couler librement sans nylon une nymphe artificielle, on s’aperçoit que celle-ci peut tourner sur elle-même, mais globalement sa descente est parfaitement verticale. Mais si cette imitation se retrouve attachée à un filtrès fin, sa descente n’est plus verticale, mais s’effectue plus ou moins en biais. En action de pêche, elle se déplace bien évidemment en direction du pêcheur. C’est contre ce phénomène de pendule qu’il faut lutter à chaque lancer. Pour y parvenir, il n’existe pas de solution miraculeuse. Un long bas de ligne et surtout une très longue pointe permettent d’obtenir de bons résultats. Il est inconcevable de vouloir pêcher à la nymphe, de nos jours, avec une pointe dont la longueur est inférieure à 1,50 m, hormis en très petits cours d’eau peu profonds. Sur tous les autres cours d’eau, une pointe d’une longueur de canne (environ 2,70 m) est indispensable. Si l’on est un adepte du poser parachute, elle pourra même dépasser les trois mètres. Au final, on se retrouve avec un bas de ligne dont la longueur totale est comprise entre 6,50 et 7,50 mètres, qu’il faut apprendre à manipuler. Ces longueurs extrêmes sont propres à ce que l’on peut appeler, sans chauvinisme mal placé, l’école française, car je ne connais aucun autre pays où l’on utilise de tels bas de ligne. C’est à n’en pas douter pour cette raison que les meilleurs pêcheurs français réussissent si bien à l’étranger, où les poissons paraissent beaucoup plus faciles à prendre que sur nos cours d’eau à truites sauvages surpêchées. L’effort que nécessite la manipulation des longs bas de ligne mérite d’être consenti, tant les résultats sont appréciables par la suite.

    POSER SON BAS DE LIGNE DÉTENDU, PLUS FACILE À DIRE QU’À FAIRE

    Le poser du bas de ligne dit “détendu” fait aujourd’hui partie du langage courant du pêcheur à la mouche, pour toutes les techniques qui se pratiquent en dérive inerte (mouche sèche, émergente, nymphe). En pratique, c’est sur ce point que le pêcheur échoue. La perte de précision décourage celui qui découvre la pêche avec de longues pointes, alors que ceux qui y sont habitués peuvent poser leur mouche ou leur nymphe dans un mouchoir à 15 mètres. Signalons au passage que ce type de bas de ligne est fait pour pêcher entre 6 et 12 mètres, ce qui correspond aux conditions idéales de pêche. Au-delà de 15 mètres, même s’il reste possible de réaliser occasionnellement de beaux coups de longueur à plus de 20 mètres, les longs bas de ligne ne sont pas très adaptés à cet exercice. Il existe différentes techniques de lancer qui permettent d’obtenir des posers détendus, que nous décrivons régulièrement dans ces colonnes. Le plus simple à acquérir reste le poser dit parachute (appelé également poser en cloche). Après un lancer en coup droit classique, le dernier mouvement est amplifié pour amener la soie et le bas de ligne à plus de 45° avant de poser. Ainsi, l’ensemble se pose en “accordéon”. Ce mouvement doit être assez fortement exagéré pour accentuer son effet. On découvre alors qu’un bas de ligne de 6,50 mètres ne couvre plus, une fois posé sur l’eau, qu’une longueur équivalente à moins de la moitié. Il paraît ainsi beaucoup plus court ! Avec plusieurs années de pratique, l’expérience acquise autorise le pêcheur à la nymphe à explorer ainsi des couches d’eau de plus en plus profondes. On reconnaît les pêcheurs à la nymphe de haut niveau par leur propension à pouvoir pêcher dans plusieurs mètres d’eau avec des modèles petits et légers. C’est là tout l’art de cette pêche passionnante. Même après vingt années de pratique assidue, il est toujours possible d’améliorer ses dérives.

    ANIMATION DES NYMPHES, L’IMPORTANCE DU RELÂCHÉ

    Autre cause de refus, l’animation de la nymphe pour éveiller l’attention des truites et des ombres est également synonyme de dragage. Une grande partie des poissons pris à la nymphe le sont après une légère animation. Mais on peut aussi souligner qu’une grande partie des refus ont lieu juste après cette manoeuvre d’aguichage. En faisant remonter la nymphe de quelques centimètres, on est obligé de tendre légèrement le bas de ligne, ce qui engendre systématiquement un dragage si la pointe du bas de ligne n’est pas posée en accordéon à l’aplomb de la nymphe. C’est surtout au relâché que le poisson, tout d’abord attiré par ce leurre en mouvement, s’apercevra de la supercherie en voyant la nymphe redescendre en biais. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé d’animer la nymphe très près du poisson, au dernier moment, pour ne pas lui laisser le temps d’analyser ce qui se passe. Car il faut bien rappeler que la truite ou l’ombre s’emparent de la nymphe après l’animation, et non pas pendant. Penser que le poisson va suivre longuement et prendre une nymphe qui remonte de façon saccadée est une erreur, même si parfois cela se produit (cas des juvéniles ou des poissons peu éduqués). Limiter l’ampleur de l’animation au strict minimum permet de limiter le dragage. Une remontée de 2 à 5 cm suffit dans la majorité des cas pour décider le poisson à prendre. Rappelons que l’animation a pour rôle d’imiter la nage d’une larve ou d’une nymphe naturelle. Une animation prématurée compte parmi les défauts classiques observés chez les pêcheurs à la nymphe. Pour ceuxqui n’ont jamais pris le temps d’observer la nage des larves d’éphémères, ou encore celle des gammares, je ne peux que le leur conseiller, car il s’agit ensuite de tenter de la reproduire. Mais ces petites bestioles sont libres et ne souffrent pas de l’entrave d’un fil de Nylon. D’où la nécessité de tenter la manoeuvre à “l’économie”. Les poissons perçoivent le moindre mouvement d’une chose qui ne suit pas strictement le sens du ou des courants. En animant trop fortement la nymphe, on éveille plus leur méfiance que leur simple curiosité. La pêche à la nymphe peut s’expliquer, s’apprendre par l’intermédiaire de professeurs compétents, mais elle sera toujours empirique pour celui qui la pratique. La multiplication des erreurs, ou des progrès réalisés, lancer après lancer, doit permettre d’affiner la technique au point de réagir vite et avec précision. Faire des fautes est quelque chose de normal, qu’il faut absolument avoir vécu pour progresser. Je ne connais aucun bon pêcheur à la nymphe qui n’ait pas pratiqué de façon soutenue durant plusieurs saisons. Si les débuts sont décourageants, chaque progrès est une victoire autant qu’un acquis indélébile. Cette difficulté fait partie du plaisir que l’on peut retirer de cette technique de pêche où la chance et le hasard n’ont que très peu de place. Alors courage !

  • Pêches Sportives Vidéo n°26 : Montage mouche à brochet et streamer pour plomb palette

    Pêches Sportives Vidéo n°26 : Montage mouche à brochet et streamer pour plomb palette

    1. Montage d’une mouche à brochet selon la méthode de tube fly avec Alain Barthélémy

    Installé en Hollande depuis plus de 15 ans, Alain Barthélémy (AB Fly) fait partie des meilleurs pêcheurs à brochets à la mouche en Europe. Il a développé un système très pratique, inspiré des tubes flies pour la pêche du saumon. Comparé à un gros hameçon simple, traditionnel, les avantages sont nombreux : possibilité de placer l’hameçon où l’on veut, plus ou moins en arrière du montage souple qui évite de perdre des poissons, etc…

    2. Montage d’un streamer pour plomb palette

    Le système du tube fly permet, sur le même principe que celui des mouches à brochet, de monter tous types de streamers. Celui présenté ici est destiné à la pêche du sandre et de la perche au plomb palette. Une rencontre réussie entre le monde de la pêche à la mouche et celui de la pêche aux leurres.

     

     

  • Mouches à brochets : enfin une solution simple, efficace et modulable

    Mouches à brochets : enfin une solution simple, efficace et modulable

    Il y a un an, nous vous présentions le montage des mouches pour le brochet selon la technique du waddington mise au point par les pêcheurs de steelheads. Spécialiste du montage des mouches à brochets, Alain Barthélémy a de son côté développé un système ingénieux de « tube flies » qui ne manquent pas d’atout.

    Depuis que les mouches à brochets existent, seuls les hameçons simples de grande taille avaient la préférence des pêcheurs. Cependant, s’ils permettent de prendre de beaux poissons, ils ne sont pas toujours adaptés à tous les types de mouches, peuvent parfois engendrer des blessures et sont également à l’origine de nombreux ratés, lorsque les brochets ne sont pas très actifs et prennent doucement dans l’axe de nage de la mouche. C’est ce qui a poussé certains spécialistes, comme Guido Vinck, à ajouter un hameçon triple terminal dans l’axe de l’hameçon simple de certaines de leurs mouches. Si ce système fonctionne, il est d’une part définitif, et d’autre part immuable en longueur. Le montage mis au point par Alain Barthélémy cumule plusieurs avantages :

    • La possibilité de changer de taille et de type d’hameçon (simple, triple, plus ou moins long, etc.), sans que la mouche ne soit affectée.
    • La possibilité de régler très facilement la position de l’hameçon (plus ou moins en arrière)
    • Un montage souple qui génère moins de décrochages que les gros hameçons simples.

    Hérité de la pêche du saumon, le principe du tube fly n’est pas une nouveauté. Il a même évolué pour équiper les très grandes mouches à saumon Atlantique de type Snaelda ou Temple Dog. Les utilisateurs sont ravis de ce système qui évite l’utilisation de très gros hameçons. Monteur professionnel, Alain Barthélémy a pris le temps de proposer un montage très bien pensé, qui, a n’en pas douter, sera accepté par la plupart des pêcheurs.