Catégorie : Mouche

Articles sur la pêche à la mouche, vidéos de montage mouche, techniques de pêche à la mouche, actualités des associations de pêche à la mouche

  • Éloge de la déconcentration par Philippe Boisson

    Éloge de la déconcentration par Philippe Boisson

    Comment expliquer que pour certaines techniques de pêche comme la pêche aux leurres ou la pêche à la mouche du saumon atlantique, plus de la moitié des touches ont lieu lorsque l’esprit du pêcheur est occupé par autre chose que le moment présent ? Pêche-t-on mieux lorsqu’on tripote son téléphone portable ? Ou quand le regard et l’esprit vagabondent ? Indéniablement oui.

    Par Philippe Boisson

    Vous pouvez lire l’intégrale de Duborgel, apprendre par coeur toutes les méthodes d’animations des leurres, vous pouvez aussi être concentré de la première à la dernière minute de vos parties de pêche aux carnassiers, une bonne part de vos prises le seront uniquement lorsque votre esprit est complètement accaparé par autre chose que la pêche. Dans notre avant dernier DVD, Maxime Ferron nous en fait une très belle démonstration avec une touche de silure en direct. Lui qui d’ordinaire y croit en permanence, anime sa cuiller constamment, se trouve le temps de quelques lancers complètement ailleurs. Il se contente de ramener son leurre mécaniquement, assez lentement. Les animations ont disparu. Maxime est là sans y être vraiment. Et bam, c’est la touche et la prise d’un silure pour qui cette “absence” du pêcheur semblait convenir.
    Toutes les pêches aux leurres sont concernées par l’efficacité inexpliquée de ces phases de déconcentration. Les pêcheurs de sandre en verticale sont parmi les premiers touchés par ce phénomène. Combien de fois, la touche se produit-elle alors que l’esprit vagabonde ? Combien de fois a t-elle lieu au moment où l’on cherche ses cigarettes, répond au téléphone, envoie un sms aux copains pour dire justement que la pêche n’est pas terrible en ce moment ? Dans ce cas, le leurre n’est plus animé de façon mécanique de haut en bas. La canne suit bêtement les mouvements du corps qui cherche le téléphone ou les cigarettes. Observez bien cela si vous pêchez à plusieurs dans un bateau. Au bout du fil, le leurre adopte alors un comportement qui est infiniment plus naturel que celui dicté par la méthode consciente d’animation. Même constat pour les pêches aux leurres en lancer/ramener du brochet, de la perche, du sandre, du silure, du saumon ou du bar. La part de touches qui surviennent au moment où on s’y attend le moins n’est pas du tout anodine. Si l’on fait les comptes sur une saison, elles doivent au moins représenter 40 ou 50 % du total, sinon plus.

    L’école des rêves

    Essayons d’analyser ce qu’il se passe dans ces moments-là. Le cerveau du pêcheur est en service minimum puisque l’esprit est très occupé à penser à autre chose. Du coup, le suivi du fond n’est plus garanti. Le leurre vit sa vie plus librement, explorant des zones de la couche d’eau que notre esprit conscient lui aurait interdites. Il est évident que les poissons pris lors de ces moments de déconnexion du cerveau ne sont pas des coups de chance, loin de là. Cela nous indique parfois la présence de poissons mordeurs à des profondeurs différentes de celles qui nous semblent les plus favorables. En observant les pêcheurs déconcentrés, on remarque deux choses essentielles : la vitesse de récupération décroît et les animations deviennent soit inexistantes, soit sont de moindre amplitude.
    Ajoutons à cela une “souplesse” générale dans la récupération, doublée parfois d’une hésitation qui ne doit pas être sans effets aguicheurs ! Notre esprit rationnel désinhibe plus souvent qu’on ne le croit l’agressivité des poissons. Il entrave la libre prospection des leurres dans une masse d’eau en leur imposant un schéma très artificiel. Selon l’hypothèse freudienne sur l’inconscient, l’essentiel de la vie psychique de l’homme est constitué et déterminé par l’inconscient. La théorie du pionnier de la psychanalyse fait en quelque sorte l’apologie de l’inconscient, mettant en évidence le fait qu’un être humain est loin de pouvoir contrôler tout ce qu’il fait. Pour certaines techniques de pêche, cet inconvénient se transforme alors en avantage. Peut-être apprend-t-on à pêcher dans nos rêves, méthode qui prend alors le relais lorsque l’esprit divague ? Mystère.


    Le cas de la pêche du saumon à la mouche noyée

    J’ai souvent assez mal vécu le succès rencontré par des novices lors de séjours de pêche au saumon de l’Atlantique. J’entends par novices, des pêcheurs qui pour certains avaient appris quelques jours plus tôt seulement à tenir une canne de 15 pieds et qui pour la plupart, n’avaient jamais pêché quoi que ce soit auparavant. Rien n’est plus dangereux pour un saumon qu’un débutant à la pêche en général. Tous les saumoniers ont connu des situations, où, quoi qu’on fasse, le grand poisson n’est intéressé que par les mouches lancées n’importe comment, qui parfois se trouvent à la remorque de la soie ou, au contraire, traversent le pool à la vitesse de la lumière en faisant du surf ! Le saumon, animal anadrome qui fréquente les rivières sans s’y nourrir dans le seul but d’assurer la pérennité de l’espèce, constitue le parfait exemple de l’efficacité pour sa pêche de la déconcentration. Je suis surtout un pêcheur de truites, et pas n’importe lesquelles. Des sauvages, des imprenables, des Bac + 10 qui décèlent le moindre micro dragage de la mouche immanquablement. La recherche quotidienne du posé parfait, de la dérive inerte, a profondément conditionné ma façon de poser une soie et un bas de ligne dans un courant. Inconsciemment, je me débrouille spontanément pour que l’ensemble échappe ensuite au dragage. J’ai mis vingt-cinq ans à être formaté ainsi. Lorsque s’est présenté l’occasion de pêcher le saumon à la mouche noyée, j’ai pratiqué – non sans un certain plaisir – le lancer avec des cannes à deux mains dans le but de faire mordre des saumons en Écosse, en Islande, au Québec ou en Norvège.
    Si j’ai eu quelques résultats, j’ai aussi connu des pêcheurs débutants qui à la fin de la semaine comptaient trois fois plus de prises que moi.
    Mon défaut inconscient consiste à toujours guider la mouche, à la ralentir, pensant qu’il n’est pas normal de ne pas “bien” pêcher. Mes dérives de pêcheur de truites “bloquent” les saumons même s’ils sont mordeurs, alors qu’une mouche qui passe vite sans tenir compte des veines de courant suffit à déclencher l’attaque. Albert Drachkovitch a sans doute connu des expériences du même genre. Elles l’ont poussé à écrire une phrase qui sent bon la frustration : “le saumon est un poisson idiot et sa pêche l’est au même titre”. Par son mode de vie, le saumon n’est pas un poisson comme les autres. Il demande une approche radicalement différente de celle qui fonctionne avec les autres poissons. Depuis que j’ai compris mes erreurs, je m’efforce de corriger le tir en faisant l’inverse de ce qui est naturel pour moi. Les périodes de déconcentration sont fréquentes lorsqu’on pêche le saumon. Sur la plupart des parcours, on peut espérer une touche par jour, parfois un peu plus, souvent un peu moins. Dans mon cas, toute déconcentration me fait pêcher naturellement, c’est-à-dire comme un pêcheur de truites sauvages. C’est donc l’inverse d’une déconcentration “normale” comme celle qui touche les pêcheurs de carnassiers aux leurres.


    Aux innocents les mains pleines

    N’y aurait-il pas un livre entier à écrire sur les succès insolents des débutants ? Avec le brochet, c’est en effet un classique. Et cela ne se constate pas uniquement avec les enfants. Un novice ne tient compte, ni du vent, ni du courant, ni du relief du fond, encore moins de la température de l’eau, ne se soucie pas de l’évolution de la Lune dans son calendrier céleste et pourtant, là aussi, les résultats parlent d’eux-mêmes ! Ce sujet particulier, traité sans doute pour la première fois, soulève de nombreuses questions et m’amène à m’interroger sur notre façon de pêcher, de plus en plus formatée et mécanique. Si certains pêcheurs sont semble-til gratifiés d’un don inexpliqué, c’est peut-être celui qui consiste à pêcher plus librement, sans vouloir en faire trop. Ou alors sont-ils tout simplement de grand rêveurs…

  • ECM / alpaga et mouton islandais

    ECM / alpaga et mouton islandais

    Très belle qualité de poils de mouton islandais et d’alpaga pour la confection de mouches à brochets, mouches mer, saumon. La longueur des mèches dépasse les 25 cm, ce qui permet de monter de très grands streamers. Ces poils, très souples, ondulent dans l’eau. Disponibles en 17 coloris dont les indispensables vert chartreux, blanc UV, Rouge, rose, orange.

    www.moucheshop.com

    Prix conseillé :
    6,90 euros l’unité.

    Notre avis :
    une fois la bourre retirée au peigne, on obtient des fibres qui offrent juste ce qu’il faut de volume sans trop retenir l’eau, ce qui facilite les lancers avec des streamers imposants. Les amateurs de brochets à la mouche apprécieront à n’en pas douter ces produits !

  • Championnat d’Europe mouche : des nouvelles de l’équipe de France

    Championnat d’Europe mouche : des nouvelles de l’équipe de France

    Nous venons de recevoir à la rédaction une carte postale de
    l’équipe de France de pêche à la mouche qui est engagée dans le 18e
    Championnat d’Europe de pêche à la mouche qui se déroule actuellement au
    Portugal (13-25 mai). « Bonjour de l’équipe de France Mouche au
    Portugal. Belles rivières… Beau travail d’équipe… On espère beaucoup »
    .

    A l’issue de la troisième manche, l’équipe a pris la
    cinquième place du classement provisoire. Tout est encore possible. Verdict
    demain, samedi 19, avec les deux dernières manches.


    Renseignements :

    http://www.fppd.pt/default.aspx?p=126

  • Quand  la mouche de mai  prend son envol

    Quand la mouche de mai prend son envol

    Les émergences de mouches de mai marquent un des moments forts de la vie des cours d’eau de plaine. Elles commencent de façon sporadique à la fin du mois d’avril et sont en général massives vers la fin du mois de mai ou le tout début de juin. Pendant longtemps, sur ces rivières, les pêcheurs n’ont pratiqué la pêche à la mouche qu’à cette période, la plus faste de l’année, armés de gros plumeaux montés sur des fils épais. Sur les cours d’eau où elle est encore bien présente, la mouche de mai attire toujours de nombreux pêcheurs. Elle fait sortir tous les poissons de la rivière, dont les plus gros, qui ne gobent réellement que quelques jours par an, au plus fort des émergences ou des retombées de spents.
    Voici les grandes étapes de l’émergence du plus commun des grands éphémères de France, Ephemera danica. elles vous permettront de mieux comprendre une étape importante du cycle de vie de cet insecte, et ainsi de réaliser des imitations efficaces ou de pêcher plus juste.

    Par Philippe Collet

    L’émergence

    Selon l’humidité de l’air et le débit du cours d’eau, les émergences ont lieu en journée ou en soirée. Les larves matures, qui ont passé de deux à trois ans dans le substrat, montent alors rapidement vers la surface. Collées sous le film de l’eau et livrées au courant, elles fendent leur exuvie larvaire et commencent à s’extraire. De loin, on aperçoit alors un petit dôme clair crevant la surface.
    En quelques secondes, l’insecte entier, de couleur claire, jaune olive un peu laiteux, sort entièrement de son exuvie, les ailes encore fripées et pliées vers l’arrière. Il les déploie très vite. Après quelques secondes d’immobilité, cet insecte qu’on appelle subimago entame un premier battement d’ailes pour tenter de décoller. S’il n’y arrive pas du premier coup, il marque un nouveau temps d’arrêt  avant de s’envoler définitivement. Il ne reste plus alors sur l’eau qu’une exuvie vide flottant sous la surface. L’ensemble de ces étapes ne dure que quelques secondes. L’éphémère doit faire très vite, non seulement pour ne pas être gobé par un poisson ou happé par un oiseau, mais aussi pour ne pas risquer de basculer et de s’engluer dans le film de l’eau du fait, par exemple, d’une risée ou du courant. La présence de quelques exuvies sur l’eau peut trahir le début d’une émergence. Si elles dérivent en grand nombre, alors que vous ne voyez pas d’éphémères voler, vous pouvez vous dire que vous êtes arrivé trop tard.


    La phase larvaire

    La larve de cet éphémère est fouisseuse, végétarienne et détritivore. Sa taille peut dépasser les 30 mm. Elle possède des cerques, en proportion nettement plus petits que ceux des adultes. Les segments de son abdomen sont dotés de branchies, organes de la respiration en forme de doubles filaments plumeux, très nettement visibles.
    On retrouve sur la larve les motifs abdominaux colorés de l’adulte. Les larves possèdent des mandibules dont le long prolongement antérieur dépasse l’avant du corps, une première paire de pattes puissantes et robustes, un petit élément céphalique en forme de pelle, qui font d’elles d’excellents terrassiers. Leur corps cylindrique tout comme les branchies recourbées sur l’abdomen facilitent leur progression dans le limon. Elles creusent des galeries dans le substrat meuble des cours d’eau et parfois des étangs, se nourrissant de débris organiques végétaux et de particules limoneuses. Dans les rivières, on les trouve généralement dans les veines d’eau périphériques au courant principal, dans les dépôts de sables grossiers, de petits graviers et de limons. Elles peuvent aussi coloniser les lacs, à proximité du rivage battu par les vaguelettes. Le cycle vital de ce grand éphémère s’étend généralement sur deux années.
    Selon la température, il peut durer de un à trois ans. On trouve donc des larves toute l’année dans le substrat. Après une vingtaine de mues successives, ces larves montent vers la surface pour se transformer en subimagos. Ce stade adulte intermédiaire est particulier aux éphémères.

    Du subimago au spent

    Le subimago au vol lourd et hasardeux va rapidement aller se poser sur la végétation de la rive pour effectuer une seconde mue, la mue imaginale, et passer au stade imago. L’imago n’a plus du tout la même couleur que le subimago, ses ailes sont devenues transparentes, un peu fumée, son corps tend vers le blanc ivoire, ponctué de motifs sombres. Ses cerques sont beaucoup plus longs. Ils égalent la longueur du corps. L’imago est sexuellement mature, les mâles s’élèvent en vols nuptiaux, en essaims au-dessus des arbres ou des prairies bordant les cours d’eau. Ils saisissent les femelles qui passent à travers ces essaims, s’accouplent en vol et meurent rapidement. Les femelles déposent leurs œufs par petits groupes en effleurant la surface de l’eau de leur abdomen.
    Les œufs coulent et se collent au substrat. L’éclosion suit la ponte de quelques semaines. Après la ponte, les adultes à l’agonie retombent à la surface de l’eau, et meurent les ailes à plat, en croix (spent). Cette dernière phase est particulièrement attractive pour les poissons, qui n’ont plus qu’à cueillir ces proies faciles. La taille des subimagos et des imagos varie selon les régions et les caractéristiques du milieu. On trouve de grands individus, pouvant dépasser 25 mm, généralement des femelles, dans les rivières des plaines calcaires normandes et de plus petits dans les froids ruisseaux collinaires s’écoulant sur un substrat acide.

    Point de vue de l’écologue

    Bien que sensible, comme la majorité des éphémères, aux impacts des activités humaines sur les cours d’eau, Ephemera danica est relativement tolérant à la pollution organique. Sa large présence dans notre pays ne doit pas faire oublier les disparitions locales, qui fragilisent à terme les populations. En cas de pollution par des métaux lourds, ces polluants se stockant dans les sédiments, les larves d’Ephemera, fouisseuses, sont très exposées. La disparition de cette espèce d’un cours d’eau est un réel signal d’alerte.
    L’inventaire des éphémères de France a déjà permis de découvrir de nouvelles espèces, de dégager d’intéressantes informations sur la répartition géographique des différents éphémères et aussi de collecter des données relatives à leur polluo-sensibilité.


    Le gobage

    Les premières émergences des grands éphémères sont curieusement peu prisées des poissons, hormis des petites truites. Progressivement et de manière croissante jusqu’à l’apogée de la période de la mouche de mai, les gros poissons prennent part au festin. C’est généralement un des rares moments de l’année où le pêcheur à la mouche peut espérer les capturer en mouche sèche. Les gobages vont alors de l’éclaboussure bruyante provoquée par les jeunes poissons aux aspirations silencieuses et discrètes des gros spécimens de truites ou d’ombres communs.  Sur les parcours très pêchés, les poissons ne prennent souvent plus que les subimagos en mouvement, ce qui complique considérablement la tâche du pêcheur.


    Quand l’émergence tourne au drame

    La phase d’émergence est très critique, l’insecte est alors vulnérable. Outre les poissons, les hirondelles, moineaux et autres bergeronnettes, l’éphémère doit échapper aux prédateurs aquatiques divers ou tout bonnement à la noyade. Le gerris, communément appelé araignée d’eau, est un redoutable prédateur. Sensible aux moindres vibrations à la surface de l’eau, il a tôt fait d’attaquer un éphémère trop lent à décoller ou empêtré à la surface. A l’aide de son rostre, il perce sa proie et aspire les sucs qu’elle contient. Une simple goutte d’eau frappant un subimago émergeant peut l’anéantir en détruisant ses ailes de façon irrémédiable. Un coup de vent plaquant l’insecte sur l’eau peut compromettre son envol. L’émergence est une phase où l’on peut se rendre aisément compte, à condition de se pencher un peu sur l’eau, du caractère impitoyable de la sélection naturelle, qui sanctionne la moindre faiblesse ou imperfection.


    Les imitations

    La phase de l’émergence de ce grand éphémère est imitée par de nombreuses mouches. Les montages doivent être réalisés dans des nuances de jaune sale plus ou moins foncé, d’olive et de gris. Les cerques sont courts et marron, ils sont parfaitement imités par quelques fibres d’une plume de queue de coq faisan. Les ailes et le mouvement sont bien représentés par les fibres de plumes de cul de canard, choisies dans les nuances précédemment citées.

  • Pêche en sèche en réservoir avec Laurent Gagneux

    Pêche en sèche en réservoir avec Laurent Gagneux

    La technique pratiquée par Laurent est un peu insolite. Elle consiste à pêcher à l’aide d’une grosse mouche sèche en ciblant les poissons. Si elle peut paraître grossière à première vue, elle permet de leurrer des poissons éduqués et difficiles qui ne s’attendent pas à ce que ces grosses bouchées, tombées doucement sur leur dos, ou flottant longuement en surface, soient armées d’un hameçon.

    Par Philippe Collet

    Laurent Gagneux  a commencé la pêche tout jeune en attrapant des vairons avec son père. Il a ensuite pratiqué diverses techniques dont le lancer avant d’attaquer la pêche à la mouche à l’âge de 13 ans. Le déclencheur de sa passion a été un atelier de montage, organisé par un de ses professeurs en classe de 6e, où il a commencé à monter ses propres mouches. Deux ans plus tard, il rentrait au club de Décines (club de l’Est lyonnais) et commençait à pêcher à la mouche. Bien encadré au sein du club, il a fait de rapides progrès. A son actif aujourd’hui : un titre de Champion de France junior en rivière, deux titres de Champion de France junior puis senior de montage de mouches, 1er et 3e des Coupes de France des Clubs 2006 et 2007 avec deux de ses copains. Laurent est maintenant compétiteur en première division rivière et réservoir et a été sélectionné en Equipe de France pour les championnats d’Europe 2008 en Espagne.


    La pêche en sèche, à vue, avec de grosses mouches

    Cette technique, pratiquée avec succès par Laurent, lui permet de réaliser régulièrement de belles pêches, que ce soit lors de manches de compétition ou simplement en loisir. Il apprécie particulièrement, lorsqu’il pêche pour le plaisir, de faire le tour des plans d’eau de Trept en utilisant cette technique. Il part alors avec une seule canne, dotée d’une soie flottante, d’un bas de ligne dégressif, avec un peu de fil pour changer les pointes et quelques mouches pour varier les présentations. Sa technique consiste le plus souvent à pêcher en sèche, à vue, des poissons en maraude sous la surface. Ces poissons, souvent difficiles, habitués à être sollicités avec de minuscules imitations, qu’ils inspectent et refusent le plus souvent, sont trompés par la grosseur des mouches, leur arrivée subite dans leur champ de vision et l’illusion de vie donnée par les fibres de cul de canard qui volettent au grès du vent. En plan d’eau, vous pourrez souvent observer des truites en train de gober une feuille, un chaton de saule, voire, nettement moins ragoûtant, un mégot de cigarette. Curieuses, elles prennent et recrachent ce qu’elles croyaient être de la nourriture. Probablement jamais piquées avec de si imposantes mouches, elles n’ont pas associé la taille grossière de ces objets à un danger potentiel. Laurent s’appuie sur cette curiosité pour pratiquer sa pêche. En arrivant au bord du plan d’eau, il essaie sa technique sur quelques poissons, en la leur posant sur le dos. Si le résultat n’est pas probant, il change de couleur de mouche, puis de modèle. Lorsqu’il trouve la mouche qui fait réagir les poissons à vue, il peut pêcher plus loin en confiance, sans voir les truites. Sur les berges sous le vent (avec le vent dans le dos), il rallonge son bas de ligne et lance sa mouche loin en levant haut la canne pour laisser le vent la porter au moment du posé. Il cible alors le début des friselis, c’est-à-dire l’endroit où le vent atteint l’eau, y déposant ce qu’il transporte. S’il doit pêcher avec le vent de face, il raccourcit son bas de ligne et, en cas de vent trop fort, change de mouche pour un sedge ou un Shipman, un peu plus denses, car le gros plumeau en cul de canard, trop léger et volumineux, ne peut plus être posé devant le bas de ligne. Dans cette pêche, il est important de ne pas couvrir le poisson avec le bas de ligne, de lui présenter la mouche en premier. Pour ce faire, il peut être nécessaire, sur un lancer long, de coucher la canne sur le côté au moment du posé, pour tendre le fil. En ciblant les poissons et en les surprenant, à vue, la prise de la mouche est instinctive et rapide.
    A contrario à longue distance, en pêche en aveugle, les truites testent souvent la mouche en essayant de la noyer sans la prendre. Il ne faut surtout pas ferrer au premier remous, mais réellement attendre que la mouche, bien visible, ait disparu. Les truites peuvent s’y reprendre en plusieurs fois. A distance, il faut aussi être patient, savoir attendre, concentré, qu’une truite en maraude, rassurée par l’absence de mouvement, s’intéresse à la mouche.

    Le bas de ligne, la soie, la canne

    La formule du bas de ligne de Laurent est a priori la même depuis longtemps. Il est constitué de 1,10 m de 50 centièmes, 90 cm de 40, 70 cm de 30, 50 cm de 20 centièmes. S’il pêche avec une pointe fine, il ajoute 30 cm de 16 avant 1 m à 1,50 m de 13,5 centièmes, soit un porte-pointe de 3,20 m et une longueur totale oscillant entre 4,20 m et 4,70 m. Le corps du bas de ligne est réalisé en Kamoufil.
    Laurent monte ses grosses sèches sur un fil de fluorocarbone de 13,5 centièmes, plus raide à diamètre égal qu’un nylon, ce qui lui permet de mieux présenter ses grosses mouches. La pointe de son bas de ligne est allongée ou raccourcie au gré du vent de façon à pouvoir placer la mouche précisément et délicatement sur le nez des truites en maraude. Si la pêche se fait le vent dans le dos, le bas de ligne peut être rallongé, à l’inverse avec un léger vent de face, la pêche devient difficile et le bas de ligne doit être raccourci. Ce bas de ligne permet aussi à Laurent de pratiquer d’autres pêches, notamment à deux mouches, en rallongeant la pointe. Laurent monte son bas de ligne sur une soie flottante de 7 et pêche avec une canne de puissance 7.

    La pêche avec une Montana

    Lorsque les poissons sont difficiles à voir ou qu’ils boudent les mouches sèches, Laurent remplace ces dernières par une grosse Montana, souvent non lestée, qu’il anime en la tricotant. Il pose tendu, laisse cette grosse mouche percer le film de la surface (quand elle est encore sèche) puis l’anime doucement. La mouche pêche alors à environ 10 cm de profondeur. La longue pointe fine du bas de ligne en fluorocarbone permet de fendre l’eau discrètement. Pour éviter les casses, parfois inévitables avec cette technique, Laurent rallonge encore la pointe de son bas de ligne, jusqu’à deux mètres. Cette grosse mouche classique, qui n’imite rien de bien particulier (hormis peut-être un gros plécoptère, absent des eaux closes), mais combine le noir, le jaune fluorescent et la pulsation du hackle enroulé autour de son thorax, fait souvent réagir les truites. Laurent la trouve très efficace. Si la Montana ne fonctionne pas bien, il peut alors essayer, toujours avec le même corps de bas de ligne, en modifiant simplement la pointe, de multiples combinaisons de deux mouches, deux noyées, deux chironomes, un chironome suspendu sous une des ses grosses sèches, etc. Il arrive toujours finalement à trouver une formule gagnante !

  • Championnat du monde de pêche à la mouche des jeunes : rendez-vous en Lozère !

    Championnat du monde de pêche à la mouche des jeunes : rendez-vous en Lozère !

    À noter dans tous les agendas : la Lozère va accueillir
    la 11e édition du
    Championnat du monde de pêche à la mouche des jeunes. Du 8 au 15
    juillet, les meilleurs moucheurs de la planète, âgés de moins de 20 ans, donc,
    se rencontreront sur les spots de cette magnifique région, au patrimoine
    halieutique impressionnant : le Lot, la Colagne, l’Allier ainsi que sur le
    Lac de Charpal accueilleront les compétiteurs. La Fédération internationale des pêches sportives mouche a
    confié à la Fédération française de pêche à la mouche et au lancer (FFPML)
    l’organisation de cet événement international. Une bonne occasion de découvrir
    la fine fleur de la nouvelle génération de pêcheurs sportifs à la mouche. En
    tout, c’est près d’une centaine de pêcheurs venus de quinze pays qui tenteront
    de gravir la plus haute marche du podium. Tout au long de la compétition, de
    nombreuses animations seront organisées par la FFPML : initiation au montage,
    découverte de la pêche à la mouche mais aussi protection de l’environnement.
    Vous trouverez sur le site Internet de l’organisation (ci-dessous), toutes les
    informations utiles pour suivre cette compétition exceptionnelle.

    Renseignements :

    http://ffpml2012.com/

  • Nouveauté 2012 : JMC Swing 911, le moulinet à cassette XXL

    Nouveauté 2012 : JMC Swing 911, le moulinet à cassette XXL

    Rares sont les moulinets à bobines facilement interchangeables affichant une grande contenance et dont la qualité de fabrication n’a rien à envier aux modèles “normaux”. Le Swing 911 comble un vide dans ce domaine.

    Lorsque l’on pêche le brochet ou le bar à la mouche on utilise rarement qu’une seule soie. On a le plus souvent besoin d’une soie flottante, d’une intermédiaire et d’une ultra plongeante pour pouvoir faire face à toutes les situations. Un moulinet à cassette devient alors un allié intéressant pour limiter l’encombrement du matériel, mais aussi le budget nécessaire à l’acquisition de bobines, voire de moulinets supplémentaires. Les moulinets à cassette capables de contenir facilement des soies de 9 et 10 et un peu de backing, possédant un frein correct pour travailler un gros brochet ou un bar de taille respectable, ne sont pas nombreux sur le marché. Dans son catalogue 2012, la société JMC propose deux modèles de moulinets à cassettes dont un moulinet de qualité, en aluminium aéronautique usiné et anodisé : le Swing. Ce moulinet existe en tailles de soies 5/6 pour les pêches en rivière ou en lacs, 6/9 plutôt pour les pêches en réservoir et 9/11 pour les pêches du brochet, du bar ou du saumon par exemple. Nous nous intéresserons ici à ce dernier modèle, le Swing 911. Le Swing 911 pèse 211 grammes pour un diamètre extérieur de 10,3 cm. C’est un moulinet large arbor, ce qui permet de stocker la soie sur un large moyeu (6,5 cm de diamètre) pour ne pas trop la marquer. Le large arbor permet aussi de rembobiner la soie plus rapidement et d’avoir un freinage beaucoup plus homogène. En effet, lorsque la soie est rembobinée sur un axe fin, le freinage se durcit au fur et à mesure de sa sortie ou de celle du backing du fait de la réduction rapide du diamètre d’enroulement. Le frein du Swing est puissant et progressif. Il est réglable à l’aide d’une grosse molette crantée à cliquets située au centre de la face arrière du bâti, facile à prendre en main, et qui devrait permettre de mater les poissons les plus retors. Le moulinet est traité pour résister à la corrosion marine. Il est livré avec deux cassettes supplémentaires (soit 3 en tout) dans une trousse de rangement compartimentée. Les cassettes en solide plastique transparent sont très légères. Elles se clipsent sur la partie bobine du moulinet. Le démontage de la bobine se réalise facilement en dévissant une molette imperdable qui garantit un serrage sans jeu de la bobine. Un grand joint torique qui entoure la face intérieure du moyeu de la bobine permet de totalement solidariser la cassette à ce dernier. Dans le sens du rembobinage, le moulinet tourne en roue libre sur un roulement à aiguille et ne présente aucun jeu parasite, ce qui le rend très agréable d’utilisation. En cas de besoin, il est possible d’acheter des cassettes séparément, à moins de 10 € l’unité, pour y ranger quelques soies supplémentaires.
    Nous disposons là d’un produit pratique et esthétique, pour un prix public conseillé raisonnable de 169 €, qui devrait séduire les pêcheurs à la mouche qui aiment se frotter de temps à autre aux brochets, bars et autres saumons.

    P.C.

  • Un film français récompensé dans le Montana

    Un film français récompensé dans le Montana

    Jean-Pierre et Kathleen Piccin, collaborateurs réguliers de notre
    revue, ont reçu le Bronze Trout Award à l’occasion du 4e festival de
    films de pêche à la mouche organisé par Winston Rod, la marque bien connue des
    moucheurs américains. Le film est une plongée au cœur de l’Afrique
    éternelle : éléphants, girafes et ces imposants poissons tigres que nos
    moucheurs globe-trotters séduisent à la mouche. Bienvenue au Bostwana, suivez
    les guides et surtout bon film !

  • Nouveauté 2012 : moulinet Sage / 4250

    Nouveauté 2012 : moulinet Sage / 4250

    Construit en aluminium le nouveau moulinet sage 4250 est équipé d’un mécanisme de frein étanche « SCS floating tripod » qui procure douceur et précision. Le réglage du frein se fait sur un tour complet de la molette, pour plus d’efficacité pendant le combat. Quatre modèles disponibles pour soies 3-4, 5-6, 7-8 ou 9-10. Le modèle 5-6 pèse 116 g pour un diamètre de 92 mm. Disponible en noir ou alu.

    Prix conseillés : 245 à 270 euros selon le modèle. Bobines sup. : 126 à 136 euros.

    Notre avis :
    Léger et construit en aluminium, le 4200 se distingue surtout par son système de freinage progressif et efficace. 

    Produit disponible sur : www.ardent-peche.com

  • Slovénie, le débat : vos réactions

    Slovénie, le débat : vos réactions

    Buzz sur Internet, courriers à la rédaction, l’article de Philippe Boisson au sujet de la pêche en Slovénie n’est pas passé inaperçu. Voici quelques échantillons représentatifs parmi les centaines de réponses reçues. J’encourage nos amis slovènes à les lire, car elles montrent l’évidente artificialisation des peuplements pisciaires dans les rivières du pays.

    « J’ai lu avec intérêt et dépit vos commentaires sur votre excursion slovène dans votre dernier numéro. J’ai pu en trouver de semblables sur les forums ces dernières années. Voici les miens.
    Je me suis rendu trois fois à Most Na Soci entre 1998 et 2001 à chaque fois à la mi-juillet : ça date donc un peu. J’ai pêché essentiellement la basse Idrijca et ses deux affluents, Baca et Trebusisca, anecdotiquement la Soca et deux de ses affluents Ucja et Lepena. Ces rivières sont des joyaux, relativement peu pollués et très agréables à pêcher à la mouche, les très nombreux insectes aquatiques comme terrestre offrant de belles opportunités. La pollution est faible, d’origine domestique : cette zone de moyenne montagne ne se prête pas à l’agriculture intensive et il n’y a pas d’industrie. Côté pêche, il y a à boire et à manger et j’ai tout de même pu noter une certaine dégradation de la qualité de la prestation d’un séjour à l’autre. Le bassinage est certes la règle et le fait est qu’il doit correspondre à une certaine demande, ne serait ce que des Italiens et Autrichiens frontaliers qui viennent pour conserver les trois poissons auxquels ils ont droit, ou tout simplement pour les locaux, en particulier sur la Soca et la Lepena. Il y a tout de même de très beaux coups de ligne à faire, enfin peut-être faut-il désormais en parler au passé ? A noter aussi que:
    – lors de mon premier voyage, j’ai observé énormément de juvéniles « 0+ » de toutes espèces, ce qui n’a pas été le cas par la suite.
    – l’hiver précédent mon dernier séjour avait été marqué par des crues très fortes.

    J’ai donc pris des arcs en manches courtes, aux couleurs ternes…