Catégorie : Montage

Articles de montages de mouche, Vidéos de montages de mouches, tutoriels de montages de mouches pour les pêcheurs débutant et les plus chevronnés

  • Une mouche de légende : le montage avancé Devaux

    Une mouche de légende : le montage avancé Devaux

    Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat correct.

    Plus qu’une mouche en particulier, nous vous présentons dans ce numéro un montage atypique, appliqué par Aimé Devaux à toutes les mouches sèches qui imitent des éphémères de sa collection. La plus célèbre d’entre elles étant l’A4, une grise à corps jaune classique, déclinée plus tard en version C (comme CDC) qui mélange un hackle de coq et une plume de CDC. D’autres modèles sont également des légendes, comme la 929, une mouche passée de mode et qui pourtant vaut bien des modèles actuels. Pour bien réaliser un montage avancé, il faut faire attention à enrouler la collerette sur une très faible longueur de hampe. Avec deux plumes, ça se complique. Un morceau de tube interne de stylo-bille qu’on aura découpé dans le sens de la longueur permet de maintenir la collerette vers l’avant pendant la réalisation du corps. Un corps qui déborde volontairement sur la collerette afin d’obtenir l’effet souhaité et qui intervient après la réalisation de la collerette. Les coloris du modèle présenté en étapes de montage ne correspondent pas à une mouche précise de la collection. À vous de vous inspirer de l’A4 et de toutes ses déclinaisons de tailles et de couleurs pour créer vos propres modèles ou au contraire rester fidèle aux fameuses mouches de Mémé Devaux.

    1. Mettre dans l’étau un hameçon de forme standard en taille 16 à 12 selon le modèle de mouche désiré. Commencer l’enroulement d’un fil de montage 6/0 et fixer une pincée de cerques. Passer deux fois le fil de montage sous les cerques pour les relever légèrement.

    2. Par le pied, fixer un hackle de coq après avoir éliminé le duvet à la base. Par la pointe, fixer une plume de CDC.

    3. Enrouler le hackle en essayant de rester “sur place”, ce qui, c’est vrai, n’est pas évident !

    4. Enrouler la plume de CDC de la même façon. Couper l’excédent et faire une tête bien formée avec le fil de montage. Un noeud final termine cette première phase.

     

  • Montage 5 mouches à brochets faciles à lancer et faciles à monter

    Montage 5 mouches à brochets faciles à lancer et faciles à monter

    On reproche parfois à certaines mouches à brochet, par ailleurs efficaces, d’être très difficiles à monter et encore plus à lancer. D’autres modèles de conception simple et d’assez faible volume donnent de très bons résultats. En voici cinq que nous vous recommandons vivement. Seul le dernier, qui est un modèle de surface, est plus complexe

    Tout le monde n’est pas un champion pour lancer une énorme mouche à brochet dont le poids – une fois gorgé d’eau – peut dépasser les 50 g. Et tout le monde n’a pas la patience, ni les matériaux nécessaires pour réaliser des plumeaux qui demandent trois lapins, quatre autruches et deux nandous. Certes les grosses mouches attirent les gros brochets. Mais cela n’est pas systématique et parfois une mouche moins fournie, plus petite, marche aussi bien, sinon mieux. À certaines périodes de l’année (présence d’alevins ou de petits poissons blancs) une « petite » mouche à brochet de 10 à 15 cm suffit largement pour prendre des poissons de toutes tailles. J’ai toujours eu un faible pour le flashabou, car ces fibres plates synthétiques ondoient de façon très naturelle et envoient de multiples éclats. Associées à une collerette en lapin (angora ou non), on obtient la base d’un bon modèle qui reste très attractif en permanence et particulièrement durant les phases d’arrêts de la récupération. C’est souvent ce qui décide le carnassier à lancer son attaque. Ne croyez surtout pas qu’il ne se passe rien durant une interruption de la récupération. La mouche vibre, pivote, coule très lentement, et dans ce cas, le brochet l’observe, prêt à bondir dès la tirée suivante ! Voici donc cinq modèles qui se montent facilement et se lancent sans effort avec une soie adaptée de type WF 7 ou 8 maximum.

    Un modèle intermédiaire lent suffit dans la majorité des cas. Cette pêche se pratique surtout sur des postes à la profondeur faible, qui excèdent rarement trois mètres. La mouche doit pouvoir pêcher lentement, jouer de tous ses charmes. C’est pourquoi une soie plongeante entrave la mobilité de la mouche par une vitesse de plongée excessive. Ces mouches sont montées sur des hameçons simples JMC Spécial Brochet 8/0, mais sachez qu’elles peuvent l’être sur des tubes flies ou des waddingtons. L’utilisation de colle cyanoacrylate est recommandée pour obtenir une bonne solidité au fur et à mesure des étapes de montage. Certains modèles comportent quelques éléments spéciaux destinés soit à éviter que les herbes ne se prennent sur l’hameçon, soit à éviter que la queue de la mouche ne passe derrière la courbure. D’autres sont agrémentées d’un petit disque destiné à créer des vibrations et enfin un modèle essentiellement en lapin se trouve muni d’un système bruiteur avec des billes percées, empruntant ainsi à la pêche aux leurres certains atouts. Bon montage! Ces mouches étant de taille plutôt petite pour l’espèce recherchée, les bas de ligne en fluorocarbone sont à proscrire car un brochet moyen peut facilement engloutir la mouche et couper le bas de ligne (même en 70/100). Un modèle en titane, très fin et léger est préférable.

  • Pêches Sportives Vidéo n°31 : Trois techniques de montage de mouches avec Cyril Bailly

    Pêches Sportives Vidéo n°31 : Trois techniques de montage de mouches avec Cyril Bailly

    Vous connaissez sans doute Cyril Bailly à travers son superbe blog – l’un des plus regardés enFrance – consacré essentiellement au montage des mouches. Pêcheur et monteur aussi discret que talentueux, Cyril nous livre en exclusivité trois de ces modèles de mouches, qui présentent la particularité de faire appel à des techniques de montage qui sortent de l’ordinaire. A la manière d’un grand chef de cuisine, Cyril Bailly nous dévoile des tours de mains qui font toute la différence au bord de l’eau. Ce DVD présente trois montages. La réalisation de corps lissés à la résine UV (une technique qui demande de faire les bons choix de résine, de lampe et de verni). Une imitation de nymphe de trichoptère très réaliste et originale dans sa conception et enfin une imitation de diptère qui compte parmi les mouches favorites de Cyril et dont le montage comporte une astuce essentielle, qui sera très certainement reprise par le grand nombre d’entre-nous !

  • Pêches Sportives Vidéo n°30 : Montage mouche, les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard

    Pêches Sportives Vidéo n°30 : Montage mouche, les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard

    Monteur passionné et passionnant, Gérard Picard est à l’origine du montage avec de l’oreille de chevreuil. Dans ce DVD, il nous livre ses méthodes pour réaliser différents types de mouches : araignée, sedge, nymphe de surface, mouche d’Ornans, etc. Les poils d’oreille de chevreuil sont creux, ce qui assure une excellente flottaison sans trop charger les mouches. Elles pêchent ainsi d’autant mieux. Techniquement, ce matériau demande de réaliser des dubbings loops à l’aide d’une pince à dessin et d’un twister à dubbing. Le résultat obtenu est différent des montages montées avec des oreilles de lièvre ou du poils de corps de chevreuil. Bien montées, les mouches en oreille de chevreuil sont étonnantes de réalisme tout en conservant un côté rustique. La recette idéale pour des mouches destinées à pêcher, dans la lignée des Peutes, oreilles de lièvres et autres palmers.

  • Cofishing.net : le site pour trouver un compagnon de pêche

    Cofishing.net : le site pour trouver un compagnon de pêche

    Vous partez ce week-end pêcher dans une région que vous ne connaissez pas ? Rendez-vous sur le tout nouveau site Cofishing.net et rencontrez un pêcheur local pour qui les bons coins de la région n’ont aucun secret. Créé en 2006, cofishing.net fait peau neuve et évolue en association afin que devienne plus concret l’espoir d’être plus présent, de devenir un acteur majeur de la bonne image de la pêche. COFISHING propose à tous les professionnels et associations de rejoindre la carte COFISHER’S PRO. Le but premier étant de vous permettre de faire partager et découvrir les pêches sportives. le site restera entièrement GRATUIT aux particuliers . Le site débute et est ouvert aux remarques des internautes via la page Facebook du site.

    www.cofishing.net

  • ECM / alpaga et mouton islandais

    ECM / alpaga et mouton islandais

    Très belle qualité de poils de mouton islandais et d’alpaga pour la confection de mouches à brochets, mouches mer, saumon. La longueur des mèches dépasse les 25 cm, ce qui permet de monter de très grands streamers. Ces poils, très souples, ondulent dans l’eau. Disponibles en 17 coloris dont les indispensables vert chartreux, blanc UV, Rouge, rose, orange.

    www.moucheshop.com

    Prix conseillé :
    6,90 euros l’unité.

    Notre avis :
    une fois la bourre retirée au peigne, on obtient des fibres qui offrent juste ce qu’il faut de volume sans trop retenir l’eau, ce qui facilite les lancers avec des streamers imposants. Les amateurs de brochets à la mouche apprécieront à n’en pas douter ces produits !

  • Quand  la mouche de mai  prend son envol

    Quand la mouche de mai prend son envol

    Les émergences de mouches de mai marquent un des moments forts de la vie des cours d’eau de plaine. Elles commencent de façon sporadique à la fin du mois d’avril et sont en général massives vers la fin du mois de mai ou le tout début de juin. Pendant longtemps, sur ces rivières, les pêcheurs n’ont pratiqué la pêche à la mouche qu’à cette période, la plus faste de l’année, armés de gros plumeaux montés sur des fils épais. Sur les cours d’eau où elle est encore bien présente, la mouche de mai attire toujours de nombreux pêcheurs. Elle fait sortir tous les poissons de la rivière, dont les plus gros, qui ne gobent réellement que quelques jours par an, au plus fort des émergences ou des retombées de spents.
    Voici les grandes étapes de l’émergence du plus commun des grands éphémères de France, Ephemera danica. elles vous permettront de mieux comprendre une étape importante du cycle de vie de cet insecte, et ainsi de réaliser des imitations efficaces ou de pêcher plus juste.

    Par Philippe Collet

    L’émergence

    Selon l’humidité de l’air et le débit du cours d’eau, les émergences ont lieu en journée ou en soirée. Les larves matures, qui ont passé de deux à trois ans dans le substrat, montent alors rapidement vers la surface. Collées sous le film de l’eau et livrées au courant, elles fendent leur exuvie larvaire et commencent à s’extraire. De loin, on aperçoit alors un petit dôme clair crevant la surface.
    En quelques secondes, l’insecte entier, de couleur claire, jaune olive un peu laiteux, sort entièrement de son exuvie, les ailes encore fripées et pliées vers l’arrière. Il les déploie très vite. Après quelques secondes d’immobilité, cet insecte qu’on appelle subimago entame un premier battement d’ailes pour tenter de décoller. S’il n’y arrive pas du premier coup, il marque un nouveau temps d’arrêt  avant de s’envoler définitivement. Il ne reste plus alors sur l’eau qu’une exuvie vide flottant sous la surface. L’ensemble de ces étapes ne dure que quelques secondes. L’éphémère doit faire très vite, non seulement pour ne pas être gobé par un poisson ou happé par un oiseau, mais aussi pour ne pas risquer de basculer et de s’engluer dans le film de l’eau du fait, par exemple, d’une risée ou du courant. La présence de quelques exuvies sur l’eau peut trahir le début d’une émergence. Si elles dérivent en grand nombre, alors que vous ne voyez pas d’éphémères voler, vous pouvez vous dire que vous êtes arrivé trop tard.


    La phase larvaire

    La larve de cet éphémère est fouisseuse, végétarienne et détritivore. Sa taille peut dépasser les 30 mm. Elle possède des cerques, en proportion nettement plus petits que ceux des adultes. Les segments de son abdomen sont dotés de branchies, organes de la respiration en forme de doubles filaments plumeux, très nettement visibles.
    On retrouve sur la larve les motifs abdominaux colorés de l’adulte. Les larves possèdent des mandibules dont le long prolongement antérieur dépasse l’avant du corps, une première paire de pattes puissantes et robustes, un petit élément céphalique en forme de pelle, qui font d’elles d’excellents terrassiers. Leur corps cylindrique tout comme les branchies recourbées sur l’abdomen facilitent leur progression dans le limon. Elles creusent des galeries dans le substrat meuble des cours d’eau et parfois des étangs, se nourrissant de débris organiques végétaux et de particules limoneuses. Dans les rivières, on les trouve généralement dans les veines d’eau périphériques au courant principal, dans les dépôts de sables grossiers, de petits graviers et de limons. Elles peuvent aussi coloniser les lacs, à proximité du rivage battu par les vaguelettes. Le cycle vital de ce grand éphémère s’étend généralement sur deux années.
    Selon la température, il peut durer de un à trois ans. On trouve donc des larves toute l’année dans le substrat. Après une vingtaine de mues successives, ces larves montent vers la surface pour se transformer en subimagos. Ce stade adulte intermédiaire est particulier aux éphémères.

    Du subimago au spent

    Le subimago au vol lourd et hasardeux va rapidement aller se poser sur la végétation de la rive pour effectuer une seconde mue, la mue imaginale, et passer au stade imago. L’imago n’a plus du tout la même couleur que le subimago, ses ailes sont devenues transparentes, un peu fumée, son corps tend vers le blanc ivoire, ponctué de motifs sombres. Ses cerques sont beaucoup plus longs. Ils égalent la longueur du corps. L’imago est sexuellement mature, les mâles s’élèvent en vols nuptiaux, en essaims au-dessus des arbres ou des prairies bordant les cours d’eau. Ils saisissent les femelles qui passent à travers ces essaims, s’accouplent en vol et meurent rapidement. Les femelles déposent leurs œufs par petits groupes en effleurant la surface de l’eau de leur abdomen.
    Les œufs coulent et se collent au substrat. L’éclosion suit la ponte de quelques semaines. Après la ponte, les adultes à l’agonie retombent à la surface de l’eau, et meurent les ailes à plat, en croix (spent). Cette dernière phase est particulièrement attractive pour les poissons, qui n’ont plus qu’à cueillir ces proies faciles. La taille des subimagos et des imagos varie selon les régions et les caractéristiques du milieu. On trouve de grands individus, pouvant dépasser 25 mm, généralement des femelles, dans les rivières des plaines calcaires normandes et de plus petits dans les froids ruisseaux collinaires s’écoulant sur un substrat acide.

    Point de vue de l’écologue

    Bien que sensible, comme la majorité des éphémères, aux impacts des activités humaines sur les cours d’eau, Ephemera danica est relativement tolérant à la pollution organique. Sa large présence dans notre pays ne doit pas faire oublier les disparitions locales, qui fragilisent à terme les populations. En cas de pollution par des métaux lourds, ces polluants se stockant dans les sédiments, les larves d’Ephemera, fouisseuses, sont très exposées. La disparition de cette espèce d’un cours d’eau est un réel signal d’alerte.
    L’inventaire des éphémères de France a déjà permis de découvrir de nouvelles espèces, de dégager d’intéressantes informations sur la répartition géographique des différents éphémères et aussi de collecter des données relatives à leur polluo-sensibilité.


    Le gobage

    Les premières émergences des grands éphémères sont curieusement peu prisées des poissons, hormis des petites truites. Progressivement et de manière croissante jusqu’à l’apogée de la période de la mouche de mai, les gros poissons prennent part au festin. C’est généralement un des rares moments de l’année où le pêcheur à la mouche peut espérer les capturer en mouche sèche. Les gobages vont alors de l’éclaboussure bruyante provoquée par les jeunes poissons aux aspirations silencieuses et discrètes des gros spécimens de truites ou d’ombres communs.  Sur les parcours très pêchés, les poissons ne prennent souvent plus que les subimagos en mouvement, ce qui complique considérablement la tâche du pêcheur.


    Quand l’émergence tourne au drame

    La phase d’émergence est très critique, l’insecte est alors vulnérable. Outre les poissons, les hirondelles, moineaux et autres bergeronnettes, l’éphémère doit échapper aux prédateurs aquatiques divers ou tout bonnement à la noyade. Le gerris, communément appelé araignée d’eau, est un redoutable prédateur. Sensible aux moindres vibrations à la surface de l’eau, il a tôt fait d’attaquer un éphémère trop lent à décoller ou empêtré à la surface. A l’aide de son rostre, il perce sa proie et aspire les sucs qu’elle contient. Une simple goutte d’eau frappant un subimago émergeant peut l’anéantir en détruisant ses ailes de façon irrémédiable. Un coup de vent plaquant l’insecte sur l’eau peut compromettre son envol. L’émergence est une phase où l’on peut se rendre aisément compte, à condition de se pencher un peu sur l’eau, du caractère impitoyable de la sélection naturelle, qui sanctionne la moindre faiblesse ou imperfection.


    Les imitations

    La phase de l’émergence de ce grand éphémère est imitée par de nombreuses mouches. Les montages doivent être réalisés dans des nuances de jaune sale plus ou moins foncé, d’olive et de gris. Les cerques sont courts et marron, ils sont parfaitement imités par quelques fibres d’une plume de queue de coq faisan. Les ailes et le mouvement sont bien représentés par les fibres de plumes de cul de canard, choisies dans les nuances précédemment citées.

  • HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    HANÀK / Tungsten Beads, hameçons Compétition et micro ring

    Développé avec les plus grands champions tchécoslovaques, la marque Hanàk propose une gamme d’hameçons et de billes en tungstène qui permettent le montage de micro jigs qui ont la particularité de nager sur le dos, ce qui évite des accrochages. Très bonne qualité d’hameçons et les billes sont usinées à la perfection. Hanàk propose aussi des petits accessoires pour les bas de ligne comme ce micro ring très pratique.


    Notre avis :

    Les pêcheurs tchèques sont les maîtres de la nymphe au fil. Hanàk propose quelques uns de leurs secrets avec ces produits de très haute qualité.

    Produits disponibles sur : www.moucheshop.com

  • Montage : le chant du coq

    Montage : le chant du coq

    Le monde des éleveurs de coqs de pêche ne fait pas le partage entre un vrai rapport au monde rural, à une certaine forme d’écologie et à une nostalgie emprunte de poésie. Pour autant, les plumes exceptionnelles des coqs de pêche du Limousin n’ont jamais quitté le devant de la scène tant elles sont incomparables. De véritables trésors que nous vous invitons à découvrir.

    Par Philippe Boisson.

    Il existe une grande tradition de l’élevage des coqs de pêche en France. Peu d’entre-nous connaissent le quotidien de ces éleveurs très particuliers, tous pêcheurs à la mouche passionnés. La sélection, les conditions d’élevages, le terroir, l’altitude, telles sont les conditions requises pour obtenir un plumage d’une grande qualité.
    Durant des décennies, les mouches de pêche réalisées avec des plumes sélectionnées pour leur brillance et leur souplesse ont connu leur heure de gloire, car peu de matériaux étaient en mesure de rivaliser. Les collections Guy Plas, Jean-Louis Poirot ou Gérard de Chamberet étaient alors réputées et recherchées dans le monde entier. La mouche française se vendait bien. Montages araignée, en palmer, en spent, en mouches noyées étaient incomtournables jusqu’au début des années 1980, date à laquelle une plume très différente fit beaucoup parler d’elle. L’utilisation de la plume de croupion de canard (CDC) créa un véritable choc dans l’ordre établi de la mouche de pêche. On lui prête alors la vertu magique de faire monter les poissons les plus récalcitrants. On connaît la suite, avec un succès grandissant qui aujourd’hui n’est pas contestable. Ceci étant, la plume de croupion de canard ne fait pas l’unanimité sur tous les terrains et dans toutes les conditions rencontrées par le pêcheur. Autant elle fait merveille sur les zones calmes des rivières, autant son utilisation n’est pas obligatoire en eaux rapides où une flottaison haute de la mouche n’est pas un problème mais un avantage. Idem sous la pluie, la plume de CDC montre vite ses limites en devenant impossible à faire sécher, alors qu’un hackle de coq continue de rester“pêchant”. De plus, on assiste avec la généralisation du CDC à une sorte d’overdose sur certains parcours très fréquentés. La plume magique ne fait plus forcément recette. Certains très bons pêcheurs ont vite analysé cette situation et pris le contre-pied en adaptant certains montages peu utilisés en France, comme le montage parachute avec sa collerette en coq, et obtiennent d’excellents résultats avec une mouche à flottaison basse montée avec seulement deux ou trois tours de hackle de coq. La fameuse Mix’aile de Florian Stéphan, avec son hackle monté en palmer et son aile en CDC est une parfaite illustration de ce qu’il est possible de réaliser. Autre tendance qui mérite d’être approfondie, le mariage du CDC ou du dubbing de lièvre (un autre incontournable) avec des plumes de coqs de qualité. Le résultat à la pêche est très intéressant, puisque l’on peut profiter des avantages de tous les matériaux. Des associations sont également possibles avec des matériaux synthétiques, même si cela doit faire bondir quelques puristes de la mouche traditionnelle française.
    Les plumes de nos éleveurs ont donc de très beaux jours devant elles.


    Un élevage pour la plume

    La variété originelle des coqs de pêche français est dénommée “coqs de pêche du Limousin” sans qu’au-cune race ne soit plus précisément définie. Avant la seconde guerre mondiale, époque où l’agriculture n’était pas encore modernisée, les animaux des fermes d’une région comme le Limousin voyageaient très peu. Les élevages de volailles, pour la viande étaient très hétéroclites, et déjà, les coqs de pêche naissaient au hasard des couvées naturelles. Ils étaient issus de croisements hasardeux entre plusieurs races. Dans cette région, réputée froide, les volailles ont toujours produit beaucoup de plumes, les protégeant ainsi des frimas. Dans les années 1960, le bouleversement qu’a connu l’agriculture a bien failli faire perdre à tout jamais ces lignées d’animaux sélectionnés au fil des décennies. Heureusement, la pêche à la mouche se démocratisant, la demande en plumes s’est faite plus grande. Les premiers écrits sur le sujet, en langue espagnole, dateraient de 1539, mais c’est un traité de 1624, intitulé “le manuscrit de Astorga”, également en espagnol qui donne le plus de détails sur le montage de mouches artificielles à l’aide de ces plumes.
    Guy Plas, fut l’un des premiers en France à être à la fois éleveur et monteur de mouches professionnel. Son affaire, reprise par Olivier Dez, compte aujourd’hui encore de splendides animaux qui produisent des plumes appréciées des spécialistes du monde entier. Les coqs de pêche du Limousin ne sont pas tués pour en prélever les plumes. Tuer les coqs pour vendre les cous comme cela se fait en Chine, en Inde ou aux Étas-Unis (cous Metz ou Hofmann) serait impossible pour les éleveurs français, car sur cent poussins, un éleveur obtiendra cinq ou six coqs de pêche seulement et il faudra attendre trois ans pour commencer à leur prélever des plumes. Il est en effet impossible de connaître le devenir des poussins. Les coqs de pêche au plumage parfait sont des exceptions. Les éleveurs professionnels doivent disposer de cent à deux animaux (coqs, poules, poussins) demandant un travail quotidien. C’est le seul moyen pour un professionnel d’obtenir un nombre suffisant de coqs variés (tonalités des plumages) avec des classes d’âges qui assurent le renouvellement de l’élevage.

    Le terroir

    Ces chers gallinacés produisent des plumes qui affichent de grandes différences de tonalité selon les individus, les élevages, avec leurs situations géographiques et les saisons. De tous temps, certains emplacements ont toujours produit de très beaux coqs de pêche. L’altitude, l’orientation, liée à l’ensoleillement, l’humidité, le terroir comme l’on dit, tout rentre en compte dans ce type d’élevage si particulier. Les conditions idéales pour obtenir des coqs de qualité sont maintenant bien connus : altitude moyenne (400 à 1000 m), terrain granitique, pH acide, climat montagnard. De même, ce qui convient aux coqs du Limousin semble également convenir aux célèbres coqs espagnols pardos de la province de Léon. Certains éleveurs du Limousin en possèdent et on a longtemps dit que le pardo français n’était pas comparable au “vrai” pardo espagnol. Cela n’est, de l’avis de nombreux spécialistes, plus le cas aujourd’hui. Olivier Dez, Bruno Boulard, Robert Brunetaud ou Florian Stephan ont superbement réussi l’implantation de coqs ibériques pardos dans le centre de la France. Différentes des plumes de coqs pardos (pelles), les plumes des coqs du Limousin sont également pigmentées mais de façonbeaucoup plus fine, comme de la poussière d’or. La brillance, les reflets, la souplesse, la faible présence de duvet à la base des plumes, tels sont les critères retenus qui font toute la valeur de ces coqs de pêche.
    Gérard Poyet, éleveur depuis plus de trois décennies sait de quoi il parle : “ces plumes présentent des fibres raides et souples à la fois, d’une brillance presque transparente. Elles sont un plaisir pour les yeux et rendent les artificielles montées d’une incroyable efficacité”. Les observations de Gérard Poyet sur la capacité de ces plumes à “jouer” avec la lumière sont également très étonnantes : “la caractéristique principale qui détermine la plume de coq de pêche, que ce soit la plume de camail, de cape, d’aile ou de flanc, est son degré de mimétisme et sa grande sensibilité à recevoir et à renvoyer la lumière. L’expérience du papier de couleur le démontre bien : présentons une plume sur un papier rose, elle se colore de rosâtre, sur du vert, elle verdit, sur du brun, elle brunit…il en est ainsi à l’infini”. Le secret des qualités “pêchantes” des plumes des coqs de pêche est certainement lié à cette adaptation particulière à l’environnement lumineux. Pour les éleveurs, se sera toujours la qualité de la plume qui comptera et non la morphologie de l’animal. Or, pour les éleveurs qui souhaitent participer à des concours, les coqs du Limousin doivent de plus en plus répondre à des standards avicoles qui imposent des critères morphologiques précis. Parmi ces standards, on trouve la crête qui doit être droite et non frisée, ou encore les pattes qui doivent afficher une teinte rougeâtre et non jaune. Ces critères sont contestés par certains éleveurs, car d’une part, ils n’ont aucune influence directe sur la qualité des plumes et d’autre part l’origine très rustique et incertaine des coqs de pêche du Limousin risque d’y laisser des plumes…


    Différentes tonalités de plumes

    Les plumes, hackles, lancettes, pelles de dos et pelles d’ailes, peuvent couvrir l’essentiel des tonalités intéressantes pour le pêcheur à la mouche. Les tons ocre ou rouille dignes de la palette d’un peintre sont pigmentés d’une finesse éloquente. Les gris, dont on compte d’infinies variantes ont toujours été très recherchés par les pêcheurs, mais difficiles à obtenir, notamment le gris bleuté (le blue dun des anglais) et le gris fumé.
    Deux tonalités qui nous rappellent la fantastique collection de mouches de Jean-Louis Poirot, décédé il y a quelques années, et qui était lui aussi un des rares éleveur et monteur de mouches professionnel. De plus, la tonalité des plumes varie selon la saison puisque les animaux vivent en plein air, ne rentrant au poulailler qu’en fin d’après-midi. L’influence du soleil a une incidence sur la teinte du plumage ce qui oblige les éleveurs professionnels à anticiper leur stock de plumes pour éviter les manques dans certaines teintes.


    Le plumage, tout un art

    Pour Bruno Boulard, éleveur et monteur de mouches professionnel, le prélèvement des plumes s’effectue à la nouvelle lune. “C’est important pour la repousse des plumes qui sera plus rapide si l’on respecte cette règle qui, il faut bien l’admettre, fait parfois sourire. A chacun ses petits secrets !”, explique t-il. On peut effectuer trois ou quatre plumages au cours de l’année sur un même coq. Les jeunes coqs n’aiment pas particulièrement cet exercice qui les stress inévitablement. Les sujets plus âgés ont dû se faire une raison. C’est un peu la rançon de leur liberté et d’une longue vie aux petits soins. Les plumes doivent s’arracher facilement. Si ce n’est pas le cas, l’éleveur choisi alors de repousser le plumage à plus tard.

  • Pêches Sportives Vidéo n°26 : Montage mouche à brochet et streamer pour plomb palette

    Pêches Sportives Vidéo n°26 : Montage mouche à brochet et streamer pour plomb palette

    1. Montage d’une mouche à brochet selon la méthode de tube fly avec Alain Barthélémy

    Installé en Hollande depuis plus de 15 ans, Alain Barthélémy (AB Fly) fait partie des meilleurs pêcheurs à brochets à la mouche en Europe. Il a développé un système très pratique, inspiré des tubes flies pour la pêche du saumon. Comparé à un gros hameçon simple, traditionnel, les avantages sont nombreux : possibilité de placer l’hameçon où l’on veut, plus ou moins en arrière du montage souple qui évite de perdre des poissons, etc…

    2. Montage d’un streamer pour plomb palette

    Le système du tube fly permet, sur le même principe que celui des mouches à brochet, de monter tous types de streamers. Celui présenté ici est destiné à la pêche du sandre et de la perche au plomb palette. Une rencontre réussie entre le monde de la pêche à la mouche et celui de la pêche aux leurres.