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Catégorie : Leurres
Articles sur les leurres, tests de leurres, sélection des meilleureurs leurres

Spinner Bait Damiki Charade 28 g
Les spinners baits sont de redoutables leurres pour prendre des brochets. Ces leurres bénéficient en France d’une excellente réputation. Pour autant la plupart des modèles ne permettent pas de pêcher sous plus de trois ou quatre mètres d’eau. Pour combler ce manque, Damiki propose le Charade, un spinner de 28 g, de forme compacte et dense à la fois. L’idée était de garder une taille standard pour un poids plus important. La qualité de fabrication est au rendez-vous, avec des palettes qui tournent parfaitement à toutes les vitesses de progression du leurre et une jupe bien fournie. Son poids important n’est pas un handicap une fois en pêche. Le leurre ne “tire” en effet pas trop sur la canne. Une réussite pour un leurre indispensable partout où il faut pêcher en profondeur. Un “hameçon chance” est le bienvenu car celui en place est franchement sous dimensionné.
Poids : 28 g environ (existe aussi en version 14 g).
Prix conseillé : 14,90 euros.
En vente dans les magasins spécialisésConseils d’animation
Que dire de la récupération du Damiki Charade 28 g, sinon rappeler les principes de base d’utilisation de ce type de leurre ? Les spinners baits sont conçus pour être récupérés en moulinant lentement de façon régulière. Le seul moment qui demande un peu d’attention concerne la descente du leurre à la profondeur de pêche. Utilisé en lacs, la descente du Charade 28 g doit être accompagnée fil presque tendu pour déceler les touches à la descente, fréquentes le long des tombants. Car il ne faut pas oublier que le leurre pêche dès lors qu’il descend naturellement vers le fond.
La pêche linéaire des carnassiers au leurre souple
Les leurres souples se sont progressivement installés dans le paysage de la pêche récréative française. Utilisés en animation linéaire, ils peuvent obtenir de très bons résultats. Explications.
Par Philippe Collet
Je fais partie de ces pêcheurs issus de l’école Drachkowitch qui ont attaqué la pêche mobile des carnassiers avec la technique du poisson mort manié et appris à animer leur montage en dents de scie, par saccades successives plus ou moins vives avant un retour planant quasi systématique vers le fond. A l’époque, le passage aux leurres souples ne s’est pas fait facilement. Nous avions du mal à croire en ces bouts de plastique et avions tendance à les animer de façon identique à un poisson mort. Ils étaient d’ailleurs souvent enfilés sur une monture destinée à cette technique. Cette façon d’animer m’est restée longtemps. Je n’ai finalement découvert les vertus de la pêche linéaire au leurre souple qu’assez récemment et ai alors commencé à diminuer le nombre de coups de scion au profit des tours réguliers et dosés de manivelle de moulinet. L’animation linéaire n’est pas nouvelle, elle s’apparente à celle qu’ont pratiquée pendant des lustres (et pratiquent encore) les pêcheurs de carnassiers à la cuillère tournante, avec les cuillères lourdes Lusox de Mepps par exemple. J’ai pris le cas de cette cuillère lestée en tête car elle permet une animation lente au ras du fond en eau profonde et autorise une pêche très précise et efficace à condition de se concentrer sur ce que l’on fait. La nouvelle génération de pêcheurs est habituée à animer de façon linéaire des leurres divers du type crankbaits, lipless ou spinner baits et a donc adapté plus naturellement cette technique à la pêche au leurre souple.
Lancer puis ramener un leurre peut paraître simple et rébarbatif. Pratiquée n’importe comment, cette technique ne présente pas beaucoup d’intérêt. Elle est toutefois beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît car, pour être réellement efficace, le leurre doit passer dans la bonne couche d’eau ou au ras du fond.
Cette technique est la seule efficace certains jours. Elle permet la prise régulière de tous nos carnassiers, et particulièrement des sandres, et elle permet en été de les rechercher rapidement entre deux eaux. Elle est aussi très efficace en période froide pour prospecter au ras du fond. C’est là d’ailleurs qu’elle est la plus difficile à mettre en oeuvre, qu’elle demande le plus de concentration pour bien présenter son leurre et ne pas trop s’accrocher.
La techniqueLa base de la pêche linéaire est un ramené horizontal régulier, plus ou moins rapide selon la réaction des poissons. La hauteur de pêche est conditionnée par le niveau où se tiennent ces derniers. En hiver, un ramené lent au ras du fond est privilégié, alors qu’en été une pêche des couches d’eau intermédiaires plus rapide est souvent productive. Selon l’humeur des poissons, la vitesse de récupération est plus ou moins importante. De façon générale, la prospection est rapide sur les chasses ou dans les eaux chaudes. Elle ralentit dans les eaux froides. Plus la vitesse de récupération est lente, plus le leurre doit être souple pour continuer à pulser sans s’arrêter. Dans certaines conditions, la pêche n’est productive qu’à très faible vitesse, à la limite du décrochage du leurre. Depuis un bateau, en pleine eau, on laisse couler le leurre vers le fond ou la couche d’eau à prospecter, puis on le ramène en moulinant régulièrement. Le principal souci est de ne pas ramener trop vite, pour éviter que le leurre ne remonte trop vers la surface.
Il est judicieux de commencer à pratiquer cette technique sur des fonds propres et réguliers et de veiller à rester à proximité immédiate. Après avoir lancé, on bloque le dévidement de son fil et on le suit des yeux jusqu’à le voir se détendre brusquement, signe que le leurre a touché le fond. On décolle alors le leurre d’un petit coup de scion et on commence à mouliner. On peut marquer un arrêt au bout de quelques mètres pour vérifier le niveau atteint. Si la détente du fil est immédiate, c’est qu’on était resté dans la bonne couche d’eau. Si elle se manifeste après plusieurs secondes, on était remonté trop haut. Il convient alors soit de ralentir encore le ramené, soit d’augmenter le poids de la tête plombée, soit d’en changer en privilégiant un modèle de tête plus fusiforme. On pourrait aussi, à l’extrême, diminuer le diamètre du fil ou de la tresse pour favoriser la descente. Le leurre a également son importance dans la technique. Ce dernier doit opposer une résistance à l’eau, on privilégie donc les modèles de type shad à caudale.
Le réglage de l’animation s’effectue en jouant sur l’ensemble de ces paramètres. On doit réaliser une prospection horizontale régulière en appuyant le leurre et le fil sur la colonne d’eau traversée. Sous l’eau, le fil ne décrit pas une droite mais un arc de cercle. Plus le diamètre est gros, plus l’arc de cercle est prononcé et le leurre tiré verticalement. Plus la tête plombée et le leurre offrent de prise à l’eau, plus ils remontent ou peuvent supporter de faibles vitesses de ramené. En conjuguant tout cela on arrive facilement, avec un peu de pratique, à faire évoluer son leurre horizontalement à distance. On pratique en fait une forme de pêche verticale (prospection horizontale à la verticale d’un bateau en mouvement, voir Pêches sportives n° 73) en lancer ramené. Si on veut aller vite, on surdimensionne le plus souvent la tête plombée et on choisit un modèle profilé. Si on souhaite utiliser un petit leurre léger et planant et éviter qu’il ne remonte trop, on choisit un fil fin.
Les variantesLa technique doit bien sûr être adaptée aux eaux prospectées. On est rarement en présence de fonds réguliers et on a plus souvent des berges aux pentes plus ou moins abruptes ou des cassures à prospecter. On effectuera alors un mélange de cette technique en prospection horizontale avec de la chute libre verticale (elle aussi linéaire) très efficace, notamment sur les percidés. L’objectif est de raser au plus près les contours du fond sans trop les toucher. Un leurre qui plonge, en suivant une cassure droit vers les carnassiers qui y sont embusqués, a toutes les chances de déclencher leur attaque. Lorsqu’on pêche en pleine eau, on peut déroger à l’animation strictement horizontale et réaliser des montées et des descentes amples en levant et rabaissant la canne tout en continuant à mouliner régulièrement.L’exemple du canal proche de chez moi
Le profil de ce canal est le plus souvent constitué d’un chenal central envasé, encadré par deux pentes plus ou moins douces en sables et graviers ou cailloutis, qui mènent à une bordure plate plus ou moins large et profonde, dans les mêmes matériaux.
Lorsqu’on prospecte les berges de ce canal, très monotone vu de l’extérieur, on cherche à coller le plus possible aux irrégularités des pentes, car les sandres et les perches se trouvent là et non au milieu. On lance au ras de la berge d’en face et on attend le contact avec le fond, souvent proche. On décolle le leurre d’un ou plusieurs petits coups de scion successifs pour trouver la cassure ou le début de la pente. On effectue ensuite une glissade (linéaire) de la marche du haut, parfois très étroite, le long des palplanches jusqu’au fond, en collant au plus près à la pente. On s’engage ensuite sur le début du fond vaseux, peu intéressant, avant de ramener plus vite pour recommencer l’opération. La majorité des touches a lieu à la descente, quelques-unes lorsqu’on accélère pour recommencer. On essaie de lancer le plus possible en diagonale pour augmenter la longueur de prospectionde cette zone de cassure fructueuse. Si on lance trop loin de la berge, on perd beaucoup en efficacité car le leurre ne longe plus la pente. En période chaude, on ne cherche pas à descendre jusqu’au fond, mais on descend les premières marches ou une partie de la pente avant de traverser le chenal de façon linéaire assez rapide. Les sandres sont a priori suspendus sous 1 ou 2 mètres d’eau et font des touches souvent violentes.Casting ou spinning ?
Chaque technique a ses adeptes. Le moulinet à tambour fixe (spinning) permet de lancer plus facilement des leurres légers. Le moulinet à tambour tournant permet de réaliser facilement des relâchés contrôlés au pouce (fil tendu pour la détection des touches) à la descente. Il offre aussi souvent un faible ratio propice aux animations lentes. On peut selon le type de poste passer de l’une à l’autre.
Les leurres et les têtesOn va privilégier des leurres capables d’appuyer sur l’eau et de se maintenir à une profondeur donnée en fonction de la vitesse qu’on leur imprime. Pour cela les shads à caudale pisciforme sont les plus adaptés. Les grubs (virgules) et les créatures qui poussent de l’eau peuvent aussi être utilisés. Les leurres fusiformes opposent trop peu de résistance.
De la même façon, les têtes plombées ont beaucoup d’importance et conditionnent la vitesse d’animation. Une tête en forme de poisson ou fuselée va fendre l’eau très vite et permettre à poids égal d’atteindre une profondeur ou une vitesse plus importante. A l’opposé, une tête football appuiera plus sur l’eau et limitera la descente du leurre. Elle peut être utilisée, par exemple, lorsqu’on a besoin d’un peu plus de poids pour lancer loin, mais que l’on ne souhaite pas pêcher profondément.Quelques leurres pêle-mêle
Le Shaker chez Lunker City (Flashmer), le Turbo Shad chez Bass Assassin, les Ripple Shad et Pulse shad Powerbait chez Berkley, les Sanec chez Pafex, les Stanley (AMS), Fury Shad et Shad GT chez Delalande, HS Shad chez Spro, Pro Shad et Pro Jointed Minnow chez Storm, Swimming Senko et Swimbait chez Gary Yamamoto (Sakura). Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.L’armement avec un hameçon chance
Dans cette pêche, les poissons peuvent suivre le leurre et l’attaquer en pinçant simplement sa caudale. Leur attaque est d’autant plus précise que le leurre est animé lentement. Si l’on enregistre des touches sans suite ou, pire, qu’on se fait voler la queue d’un shad un peu fragile au ferrage, il devient nécessaire de doter son montage d’un hameçon chance. Le montage classique consiste à relier un hameçon triple n° 6 ou 8 à un petit morceau de tresse ou de crinelle d’acier, si les brochets sont présents, et à le placer avant le rétrécissement de la caudale. Pour les petits leurres, et si je m’adresse aux sandres ou aux perches, je préfère un montage beaucoup plus fin. J’utilise un hameçon simple léger et à large ouverture de type hameçon mouche à streamer (ici un Ayabusa 751 N taille 8). Cet hameçon est très piquant. Il est suffisamment solide pour résister au combat avec un beau sandre, à condition d’avoir préalablement réglé son frein correctement. Il est fixé directement pointe orientée vers le haut, sous un peu de matière, dans la partie renflée de la caudale. Attaché à un brin de tresse, il ne bride pas le mouvement de cette dernière et permet d’armer le leurre jusque sa dernière extrémité. J’espère que ces quelques lignes vous inciteront à vous essayer à cette technique (si ce n’est déjà fait) et à redécouvrir des poissons mordeurs dans des eaux ou à des périodes où vous ne l’auriez pas soupçonné.
Le Bull Dawg qui attrape des brochets
Un leurre hors normes qui séduit des pêcheurs de plus en plus nombreux. Il ne passe pas inaperçu et provoque les carnassiers, brochets ou silures.
Par Philippe Collet
Ce leurre à l’allure rustique et massive est un très bon leurre à brochets. Il est décliné en plusieurs tailles, la version Spring de 6 pouces 42 g présentée ici est la plus petite. Il existe deux autres modèles de 9 et 12 pouces pesant jusqu’à 168 g ! Ce leurre souple et coulé sur une tête plombée dotée d’un gros hameçon simple est armé, en plus, d’un hameçon triple sous le ventre (deux pour les deux plus gros modèles). A la descente, de par sa forme, le Bull Dawg plane à 45°, il nage ensuite horizontalement quand on le ramène. Il peut être ramené de façon linéaire, sa queue battra de façon régulière. Il peut être jigué ou dandiné. Cette animation dans un plan vertical permet d’explorer des trouées dans les bois noyés ou des bords de falaise. Il peut être jerké (ramené avec des tirées sèches de la canne), la forme de son corps lui fera décrire des embardées et sa nage erratique associée aux vibrations intenses de sa longue queue en forme de virgule fera craquer les brochets les plus retors.
Pour exprimer son plein potentiel, ce leurre doit être utilisé dans suffisamment d’eau. Il ne sera pas à l’aise dans les plans d’eau peu profonds, surtout si leur fond est garni d’herbiers. Dans ce cas, il sera toutefois possible de le passer rapidement en linéaire audessus des obstacles, canne tenue haute, en ramenant de façon soutenue. De par sa taille déjà imposante pour le petit modèle, ce leurre nécessite l’usage d’une canne puissante de type heavy ou extra heavy. Un modèle de casting convient bien, car il faut non seulement envoyer le leurre, mais aussi assurer des ferrages puissants pour réussir à le faire glisser dans la gueule pavée des brochets jusqu’à accrocher un des hameçons. Le Bull Dawg est conçu au départ pour leurrer de gros muskies. Son plastique résiste bien aux dents acérées des brochets. Compte tenu de son épaisseur, la grande virgule qui forme la queue du leurre peut être réparée à chaud ou recollée lorsqu’elle est entaillée trop profondément. Il existe de nombreux coloris dans la gamme. Il peut être utile d’en posséder deux ou trois différents pour faire face à toutes les situations et à l’humeur changeante des brochets : un clair, un sombre, un naturel, un incitatif, par exemple.Les leurres Bull Dawg sont produits par la marque américaine Musky Innovations : www.muskyinnovations.com

Illex / Gambit Golgoth
Le Golgoth est un leurre souple de type créature spécialement adapté pour la pêche des carnassiers les plus méfiants, notamment le black-bass, poisson pour lequel le Golgoth a été conçu. Son corps fin est plat et annelé sur sa partie ventrale, des appendices vibratoires de formes différentes ont été volontairement disposés sur les côtés, ainsi que des mèches de poils de cervidés placés en son milieu pour reproduire l’allure d’un petit crustacé. Sa tête et certains de ses appendices sont munis d’une cavité d’air permettant le redressement du Golgoth pour une meilleure présentation. Ce modèle est particulièrement adapté aux montages de type “light texas”, “light carolina”, “split shot” ou sur une tête Illex Gambit Texas Jig Head. Le Gambit Golgoth est disponible en deux tailles. Deux modèles de 7,6 et 10 cm.
Conseils d’utilisation
Dans la désormais grande famille des leurres Illex Gambit, le Golgoth est spécifiquement dédié au black-bass, même si ce type de leurre plaît bien au brochet. Le montage de base pour notre leurre est le texan, avec sa balle percée et son hameçon simple dissimulé. Ce montage permet au Golgoth de passer partout et d’aller provoquer les black-bass dans leur refuge. Un conseil : pêchez ainsi à très courte distance, afin d’être plus précis et de ne pas rater les touches !
Prix conseillé : 6,50 euros le sachet de 8.Vente en magasins spécialisés www.illex.fr

Open AFCPL de la Dordogne : Samir Kerdjou et Nasser Khanfour l’emportent
La septième édition de l’open
AFCPL de la Dordogne s’est déroulée le 8 et 9 octobre dernier sur la Dordogne,
sur les 14 kilomètres de la rivière « Espérance ». L’organisateur Bass Team
Périgord a de nouveau réussi une très belle compétition, où des pêcheurs venus
de toute la France ont tenté de séduire
sandres, perches, brochets et black bass.Les triples champions du
circuit national D1 AFCPL, Samir Kerdjou et Nasser Khanfour du team Rapala / Humminbird, après
plusieurs mois d’absence ont fait leur rentrée sur le circuit D2. Une rentrée
réussie puisqu’il s’adjuge cet open après une compétition serrée. Vainqueurs du
circuit D1 en 2007, 2008 et 2009, il semble que nous devions continuer à compter
sur le duo.Résultats:
1. Kerdjou / Khanfour – Team
Rapala / Humminbird2. Basset/Ripoche
3. Bergdoll/Grignon
Renseignements :
Photo : © AFCPL

Prises surprises à l’ultraléger
Ombres, spirlins, goujons, blageons, carpes, tels sont les surprises occasionnelles que réservent la pêche à l’ultraléger avec des leurres qui sont destinés à la truite, mais qui intéressent finalement différentes espèces, petites ou grosses, par curiosité ou instinct de territorialité.
Par Alain Foulon
Le caractère fantasque de l’ombre commun a toujours fasciné le pêcheur à la mouche artificielle qui prête à ce poisson toutes les vertus sportives d’un adversaire à sa mesure. Bon nombre de théories ont donc été échafaudées à son sujet pour comprendre, voire expliquer de manière rationnelle comment ce poisson pouvait être à ce point circonspect quand il s’agissait de le faire monter sur une minuscule imitation d’insecte aquatique. Ceci, alors qu’une petite bête ou un simple ver de terreau grossièrement présenté entre deux eaux suffisaient généralement à tromper sa méfiance légendaire. Pourtant, celui que Léonce de Boisset qualifiait de « plus aristocratique par l’élégance de ses formes, la distinction de ses manières…», est un poisson opportuniste qui n’hésite pas à diversifier sa nourriture, se montrant même ichtyophage à certains moments de l’année ou de la journée. Beaucoup de pêcheurs méconnaissent encore le comportement capricieux et imprévisible de l’ombre commun qui est pourtant tout à fait capable d’attaquer un leurre présenté de façon convenable, que ce soit une cuiller tournante ou un poisson nageur. Je vous convie à la découverte de cette technique étonnante et passionnante qui risque, une fois de plus, de froisser la susceptibilité de certains pêcheurs qui décrèteront de façon péremptoire que l’ombre ne peut être pêché autrement qu’au moyen d’une canne à mouche !
Mes expériences personnelles
Comme une majorité de pêcheurs, j’ai longtemps et essentiellement recherché l’ombre commun en seconde catégorie, après la fermeture de la truite, afin de prolonger la trop courte saison de pêche à la mouche, mais également pour jouir pleinement de l’arrière-saison et admirer les couleurs automnales de la toute proche vallée de la Dordogne. En revanche, il m’arrivait assez fréquemment de capturer ces poissons en recherchant la truite au lancer léger ou ultraléger sur des rivières de première catégorie comme la Combade, le Thaurion ou la Vienne aux alentours de Limoges dans la Haute- Vienne. Je pris accidentellement mes premiers poissons durant une crue qui s’était maintenue plusieurs jours à un niveau stabilisé. Recherchant les truites sur les bordures où le courant était beaucoup moins impétueux, j’avais noué une cuiller Aglia fluo numéro 1 dont les caractéristiques mécaniques et les signaux visuels me permettaient de prospecter efficacement les rares dérives naturelles exploitables. Plusieurs attaques violentes avaient avorté malgré l’attention que je portais à mes dérives et à la qualité de mes récupérations ; elles intervenaient systématiquement quand la force du courant en fin d’animation faisait décrire le fameux arc de cercle à mon leurre qui remontait légèrement en fin de coulée.
C’est ainsi que je pus entrapercevoir, l’espace de courts instants, des poissons monter rapidement vers ma cuiller avant de rejoindre prestement le fond après l’avoir attaqué avec une rare violence. Après plusieurs échecs répétés, un poisson aux reflets d’argent finit par se piquer à l’hameçon triple et je pus enfin admirer ma capture : il s’agissait bel et bien d’un ombre qui, une fois décroché, rejoignit rapidement son élément ; ce jour-là, je pris plusieurs poissons qui n’hésitèrent pas à attaquer très franchement mon leurre, gueule clouée sur l’armement triple. Ainsi, et de façon assez régulière mais jamais systématique, je pris des ombres sur ces rivières acides du Limousin alors que je recherchais essentiellement la truite autochtone.
Bien des années après, un voyage en Mongolie me permit de vivre une expérience étonnante et similaire qui allait me permettre d’exploiter cette nouvelle voie. Alors que je recherchais les Taïmens et les grosses Lennox de la rivière au moyen d’un poisson nageur, je pris plusieurs ombres communs sur des leurres très volumineux. Malgré la taille imposante de mes crankbaits, les ombres les attaquaient violemment et se piquaient sur les trois branches de l’hameçon triple de queue. De toute évidence, ces ombres communs étaient les mêmes poissons que nous trouvions en France ou en Europe. La différence fondamentale résidait dans l’importance des bancs qui se nourrissaient sur le fond de la rivière et sur l’amplification du phénomène de concurrence alimentaire qui semblait régir la vie du groupe. D’ailleurs, il était plus rapide de capturer plusieurs poissons à la cuiller tournante pour en prélever quelques-uns pour le déjeuner ou le dîner, que de présenter une mouche artificielle, fût-elle noyée !Sur les traces de nos aînés
Par la suite, je me mis à rechercher plus spécifiquement les ombres au moyen d’un lancer ultra léger afin de rendre cette quête moins aléatoire et plus passionnante encore à pratiquer. Au fur et à mesure que ma technique s’affinait et que je multipliais les expériences au bord de l’eau, j’acquis la certitude que ce poisson s’alimentait plus régulièrement que nous l’imaginions d’alevins et que l’opportunisme dont il faisait preuve dans le choix de son alimentation se rapprochait sensiblement de celui du barbeau, un autre poisson des eaux vives de notre pays et aux goûts également éclectiques. Mes recherches se portèrent également sur la littérature halieutique du début et de la moitié du vingtième siècle. Le premier ouvrage dans lequel je pus lire quelques pages sur la pêche de l’ombre au leurre fut écrit par Pierre Lacouche ; intitulé « Les pêches sportives », il aborde succinctement la technique à mettre en ?uvre et fait la part belle aux observations de l’auteur qui possédait une résidence secondaire à la confluence… de la Combade et de la Vienne ! Je ne peux m’empêcher d’avoir une petite pensée émue pour cet auteur prolifique quand je projette mon leurre dans les environs de ce secteur surnommé « Le pont du Rateau » ; de nombreuses années après, il est toujours possible de capturer quelques ombres sur la Vienne, même si la population des truites, quant à elle, a très nettement régressé. Enfin, dans son remarquable ouvrage « Poissons des rivières de France – Histoire naturelle pour les pêcheurs » édité aux éditions Librairie des Champs- Elysées, Léonce de Boisset écrivait au sujet de l’ombre commun : « J’ai lu, dans les auteurs anglais, que l’ombre d’un certain poids chasse et mange le Vairon. N’ayant jamais vérifié ce fait par mon expérience personnelle, j’avais écrit dans une petite étude sur l’ombre (L’ombre, poisson de sport. Librairie des Champs-Elysées. 1941) que je n’avais aucune connaissance d’ombres pris au devon ou à la cuiller et que j’estimais de telles prises douteuses, en France tout au moins. Cette réflexion m’a valu de la part d’aimables lecteurs des précisions du plus grand intérêt. L’un d’entre eux me dit avoir pris, au devon, des ombres de 450 à 700 grammes sur la haute Loire et sur l’Alagnon, un autre à la cuiller dorée sur le Guiers, et un troisième, toujours à la cuiller, sur la Loue.
Un correspondant belge m’informe, de son côté, de prises d’ombres, au Devon, sur un affluent de l’Amblève, en Belgique, et sur la Roer, dans l’Eiffel allemand. Le doute n’est plus possible et l’ombre est bien, comme d’ailleurs la plupart des poissons, ichtyophage… ». Le doute n’est plus possible en effet, l’ombre pouvant devenir un redoutable prédateur et, par voie de conséquence, être capturé au moyen d’un leurre. Je vous livre le fruit de mon expérience personnelle, considérant que la technique que je mets habituellement en oeuvre est perfectible et qu’elle n’est pas nécessairement transposable à tous les types de cours d’eau !Une technique fine et délicate !
Si l’ombre commun qui vit en Mongolie est capable d’attaquer un leurre volumineux, il paraît toutefois plus logique d’employer un matériel plus léger sous nos cieux afin de tenir compte des spécificités de nos rivières et de l’importance de leurs peuplements. C’est donc logiquement que j’ai sélectionné un ensemble ultraléger pour traquer le bel Etendard. J’utilise une canne dont la longueur est comprise entre 1,50 m et 2,10 m en fonction des caractéristiques du cours d’eau que je souhaite prospecter. Un lancer assez long favorise néanmoins les dérives aval qui sont généralement les plus utilisées pour la pêche de l’ombre commun. En effet, la prospection la plus efficace consiste à faire évoluer une cuiller tournante trois-quarts aval afin qu’elle puisse décrire un arc de cercle assez accentué ; l’attaque intervient souvent quand le leurre arrive dans l’alignement du pêcheur.
Il est également possible de parvenir au même résultat lors des prospections vers l’amont à condition de provoquer le même phénomène, c’est-à-dire en inclinant le scion perpendiculairement à la trajectoire initiale au cours de la dérive. Dès que le leurre amorce un changement de direction, l’ombre commun déclenche son attaque qui est d’une fulgurance étonnante et d’une rare agressivité. Beaucoup de poissons se décrochent peu de temps après l’attaque, mais le plaisir que provoquent les quelques captures compense largement la frustration engendrée par les nombreuses touches avortées. S’agissant des leurres à utiliser, je privilégie les cuillers tournantes de petite taille (tailles 0 et 00). Je travaille actuellement sur de nouveaux prototypes de cuillers tournantes qui me donnent de très bons résultats. Je les utilise depuis plus d’un an ; elles se sont révélées particulièrement efficaces au coup du soir. Ce poisson est assez peu farouche, mais il est toutefois recommandé de faire preuve de discrétion afin de ne pas éveiller trop tôt sa méfiance. En prenant toutes les garanties nécessaires, il est possible de faire monter des ombres sur un leurre à des distances relativement proches du pêcheur. La pêche à vue est également possible, mais nécessite une approche lente et mesurée. Le principal problème n’est pas de faire réagir un ombre aux différents stimuli visuels et vibratoires d’un leurre, mais bel et bien d’assurer un ferrage efficace.
Les pêcheurs les plus respectueux pourront remplacer l’armement traditionnel par des hameçons simples sans ardillon. Enfin, je privilégie les dérives entre deux eaux en maintenant mon scion sous un angle de 45 degrés environ afin de provoquer la montée des poissons et ainsi augmenter les probabilités de capture ou, au contraire, je le positionne au ras de la surface afin d’accompagner le leurre dans sa dérive quand le fond est plus important et qu’il est nécessaire de pêcher creux. Pour le reste, rien ne différencie la capture d’un ombre avec une canne à lancer d’une autre technique de pêche, surtout quand le pêcheur emploie un monofilament d’un diamètre de 10 centièmes. Et je dois bien avouer que la violence libérée par ce poisson au moment de l’attaque tranche radicalement avec « l’élégance de ses formes, la distinction de ses manières, le bon ton de sa robe… » du grand Léonce de Boisset.
La perche aux leurres de surface par Alban Choinier
Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.
Par Alban Choinier
La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…Quels leurres utiliser ?
Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.
Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.
Comment animer ces leurres ?
Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.
Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.
Comment attacher ces leurres ?
Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.
Quelle canne choisir ?Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.
Comment garnir son moulinet ?La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.
Quel bas de ligne ?
Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.
Où pêcher les perches en surface ?
C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.
Quand les pêcher ?En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.

De l’intérêt des gros spinnerbaits
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers, seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
Il y a cinq ou six ans, les spinnerbaits étaient quasiment inconnus des pêcheurs aux leurres français. Seuls les plus curieux, amateurs de leurres japonais et américains, avaient eu la bonne idée de tester l’efficacité redoutable de ces drôles de leurres sur les brochets et les black-bass. C’est d’ailleurs pour ce poisson que le spinnerbait a été conçu sur le principe d’une palette qui tourne sur elle-même (de to spin, “tourner sur soi-même”). Si son efficacité sur les blackbass n’a jamais fait l’ombre d’un doute, lorsqu’il s’agit de les chercher en prospection rapide (power fishing), la surprise fut grande sur les brochets européens. Les tailles usuelles des spinnerbaits importées en France concernent les modèles de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui correspond à des tailles de palettes de 4 à 6 cm au maximum pour un poids de 15 à 25 g tout compris. Ces leurres donnent de très bons résultats lorsqu’ils sont utilisés pour prospecter des herbiers parsemés de clairières.
Les spinnerbaits jouent sur plusieurs registres : les vibrations, les éclats, les couleurs, l’action du leurre souple situé en queue. Ces spécificités font que les spinnerbaits sont censés interpeller tous les sens d’un carnassier comme le brochet. Le succès de ce leurre, qui reste le seul parmi les leurres modernes à avoir séduit l’ensemble des pêcheurs de carnassiers, réside dans sa facilité d’utilisation, car on le ramène en moulinant de façon régulière et parce qu’il ne s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes pour les provoquerLa limite des spinnerbaits est atteinte lorsque les herbiers sont si denses qu’ils ne forment plus qu’un bloc compact. En été, les brochets s’y réfugient volontiers. Si l’on peut toujours employer un spinnerbait de taille standard pour le faire passer autour, voire au-dessus de ces blocs végétaux, les brochets ne réagiront pas forcément aux seules vibrations de ces leurres. Dans ce cas-là, l’utilisation d’un modèle beaucoup plus imposant fait souvent la différence, notamment sur les beaux sujets. Tout se joue sur les vibrations émises, car le plus souvent nos résidents de ces herbiers denses ne verront pas les leurres passer au-dessus de leur tête. Il est d’ailleurs très étonnant de constater à quel point la France est sans doute le pays d’Europe qui utilise les plus petits leurres pour la pêche du brochet. Les Néerlandais, Espagnols, Belges, Anglais, Irlandais, sans parler des Suédois, ne conçoivent pas de pêcher cette espèce avec des poissons nageurs de moins de 15 cm (c’est vraiment un minimum).
Pour les spinnerbaits, la difficulté consiste avant tout à trouver des gros modèles. Les importateurs sont encore très frileux sur le sujet, mais heureusement les choses s’arrangent petit à petit. Pour autant, les modèles pourvus de palettes longues de 8 à 12 cm ne sont pas légion. Il s’agit en réalité de leurres conçus pour pêcher les muskinonges, ces brochets géants d’Amérique du Nord. Si la palette est intéressante, l’hameçon ressemble le plus souvent à une pioche et le leurre qui l’entoure est inadapté à l’utilisation que l’on souhaite en faire. La meilleure solution consiste alors à récupérer la ou les palettes, les anneaux brisés et les émerillons, et à construire un autre leurre à l’aide de corde à piano, d’un peu de soudure et de quelques accessoires.Les formes de palette
La forme de la palette détermine autant sinon plus que sa taille la nature et l’amplitude des vibrations émises. On trouve dans le commerce deux formes de palettes. L’une est dite allongée ou “feuille de saule”, et l’autre, presque ronde, est dite “Colorado”. Ces deux formes dictent deux utilisations bien différentes. Les leurres munis de palettes allongées sont plus adaptés à une récupération rapide (power fishing) et à une utilisation dans un faible courant. Les leurres à palettes rondes se récupèrent très lentement et sont inadaptés à une récupération face à un courant même très faible (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spinnerbaits, de surcroît lorsqu’il s’agit de gros modèles, est des plus confidentiels. Néanmoins, certains magasins spécialisés en proposent quelques modèles, comme les Damiki Spinner Willow #5, Damiki Spinner Colorado #4 ou les Megabass 3D Hydro Blade. Une autre option tout à fait recommandée consiste à récupérer des palettes sur les cuillers ou des spinnerbaits de grande taille comme la cuiller Mepps Giant Killer ou le spinnerbait Storm Wildeye Curl Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que jupes en silicone, plombs, corde à piano mais aussi palettes de toutes formes et de toutes tailles, le site Internet américain www.barlowstackle.com est une véritable caverne d’Ali Baba. Ces produits ne sont pas ou que très peu distribués en France, ce qui est dommage, car la pêche aux spinnerbaits a le vent en poupe.Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinnerbaits importés en France nous ont habitués à des conceptions mariant deux, trois ou même quatre palettes, comme sur un très bon modèle de marque Booyah. Concernant les gros modèles de spinnerbaits, le principe du multi-palettes n’est sans doute pas aussi convaincant. Premier problème, le poids ajouté par la palette supplémentaire. Second problème, le tirage, qui nous amène directement vers le problème de l’équilibrage du leurre. Car, qui dit palettes de grande taille à fortes vibrations dit équilibrage du leurre à bien maîtriser. Pour nager convenablement, un spinnerbait doit le faire en position verticale et non sur le côté, ce qui est le cas lorsque le lest n’est pas assez important ou que la récupération se fait trop rapide. Une seconde palette oblige à surlester le leurre pour atteindre des poids de plus de 60 g. Comme toujours avec les gros leurres, un matériel spécifique est alors incontournable. Un poids global de 40 à 50 g doit être respecté pour pouvoir être utilisé avec une canne de puissance “heavy”, sans tomber dans des excès.

