Catégorie : Leurres

Articles sur les leurres, tests de leurres, sélection des meilleureurs leurres

  • Street Fishing de Lyon : Jean-Michel Marcon domine chez les gones

    Street Fishing de Lyon : Jean-Michel Marcon domine chez les gones

    Le dernier des quatorze opens de street fishing de l’AFCPL
    2011 s’est disputé sur le Rhône avec 50 concurrents dans le cœur de la cité des
    Gones. Cette étape restera mémorable avec un record de 397 poissons maillés
    capturés. Le public lyonnais était au rendez-vous et a pu découvrir cette
    discipline urbaine en échangeant avec les street fishers. Jean-Michel Marcon,
    du Team Rapala-Shimano-G.Loomis et vainqueur de cet open, explique : « ils
    viennent là à côté de vous et regardent la technique de pêche de chacun. Les
    gens prennent le temps de discuter sur l’intérêt de remettre le poisson à l’eau,
    sur les différentes espèces présentes et les compétiteurs sont accessibles.
    C’est ça tout l’art du street, c’est qu’il se pratique au contact du public
    . » Au terme de sept heures de compétition,
    Jean-Michel Marcon a donc remporté l’épreuve en signant un autre record :
    le meilleur score jamais établi en compétition street avec 5358 points (22
    perches maillées et 1 sandre de 441). Une saison 2011 qui s’achève donc en
    fanfare !


    Résultats :

    1. Jean-Michel Marcon, Team Rapala-Shimano-G.Loomis

    2. Morgan Calu, team Cabela’s France

    3. Jean-François Desgranges



    Renseignements : www.afpcl.eu


    Photo : © AFCPL

  • Smith ULM 115 LLS

    Smith ULM 115 LLS

    Les stick-bait coulants sont moins nombreux que leurs homologues flottants. Ils sont toutefois très utiles pour pêcher des poissons éduqués qui rechigent à venir s’emparer d’un leurre très bruyant en surface. C’est pour cette raison que Smith à mis au point l’ULM 115 LLS. Équipé de billes qui le stabilise et lui confère une densité qui lui permet de couler très lentement, ce n’est cependant pas un leurre bruiteur. Cette discrétion est également volontaire pour leurrer des poissons éduqués, notamment les bars, poissons pour lequel il a été conçu. Nouveauté 2006, ce leurre a donné de très bons résultats lors des compétitions de pêche au bar cette année. Sa forme fine en fait une bonne imitation de lançon.Coté armement, rien à craindre, car les deux hameçons Owner Cultiva ST 46, représentent ce qu’il se fait de mieux. Il existe aussi une version à petite bavette (ULM 115 RAF), dont la nage est plus proche de celle d’un jerk bait.

    Conseils d’animation
    Les stick-baits coulants sont très intéressants à faire nager. Le panel d’animation qu’ils autorisent est beaucoup plus large qu’avec les modèles flottants. L’Ulm 115 LLS a une densité très proche de celle de l’eau et de ce fait, il évolue à quelques décimètres sous la surface. Comme tous les stick-baits, il se désaxe après chaque tirée sèche suivie d’un relâché. Les variations d’amplitudes de cette animation lui font effectuer des écarts plus ou moins larges tant sur le plan horizontal que verticale. Ainsi, il vient parfois crever la surface avant de repartir sur le coté de façon très convaincante qui plaît particulièrement aux bars.


    Fiche technique

    Longueur : 115 mm. Poids : 16 gr.
    Prix conseillé : 20 euros.
    Existe en 6 coloris.
    Renseignements : www.smith-pro.com

  • La pêche du bar au leurre souple en profondeur

    La pêche du bar au leurre souple en profondeur

    Cet article traite des pêches lourdes pratiquées à la verticale d’un bateau dans des profondeurs de 20 mètres et plus. Cette technique demande un matériel particulier : cannes, moulinets, tresses, leurres et têtes plombées… et pas mal d’application, mais le jeu en vaut la chandelle.

    Par Philippe Collet

    Les cannes

    Les cannes doivent être tactiles et rapides tout en supportant la traction sur des têtes plombées lourdes, de plus ou moins 100 grammes. Elles doivent avoir suffisamment de réserve de puissance pour extraire de gros poissons des obstacles, dans des fonds et des courants importants. Ces cannes doivent toutefois rester légères pour ne pas être trop fatigantes. Leur taille se situe entre 1,80 m et 2,20 m, ce qui évite un bras de levier trop important et fatigant. Elles sont souvent monobrins pour garder toute leur puissance, avec une poignée démontable pour minimiser leur encombrement. Le choix du haut ou du bas de la fourchette de longueur est une question de goût personnel et de façon de pêcher. J’ai tendance à préférer une canne d’environ 2,10 m pour me sentir plus à l’aise dans mes animations et ma perception du fond. Une telle taille me permet de contourner plus facilement l’avant ou l’arrière du bateau en cas de passage en dessous, voire d’accrochage à ce moment là.
    Certains pêcheurs bien plus avertis que moi ne jurent que par des cannes de 1,90 m, mais il ne semble pas y avoir de règle tant que l’on reste dans une fourchette de tailles raisonnables. Selon le type de pêches au leurre souples pratiquées on privilégiera des cannes plus ou moins fortes. Certaines cannes sont ultra spécialisées, d’autres plus polyvalentes. Il est même possible de pêcher avec les cannes traditionnelles (non mentionnées ici) destinées à la pêche aux leurres souples ou durs du bar. Beaucoup plus légères, elles risqueront toutefois la casse et amortiront considérablement les animations qu’elles ne pourront retranscrire en totalité.


    La pêche en casting

    Les cannes de casting (moulinet à tambour tournant) ont fait leur apparition en mer, notamment pour cette pêche particulière.
    Certaines ont des anneaux montés en spirale pour éviter la casse du blank par vrillage de la fibre. Les moulinets qui les équipent permettent de laisser filer la tête plombée en débrayant la bobine jusqu’à toucher le fond. Avec ces moulinets le contact avec le fond demeure bien visible. Au mieux, la bobine s’arrête avant de redémarrer doucement sous l’effet d’un courant modéré. Au pire, dans les courants violents, le fil saute d’un centimètre environ à l’intérieur du moulinet sans que l’on puisse vraiment percevoir d’arrêt de la bobine. Il convient alors d’embrayer cette dernière et de décoller le leurre du fond. La pêche en casting permet de facilement détecter les touches à la descente car le fil reste tendu et de cette façon, transmet de nombreuses informations. Le ferrage peut intervenir plus rapidement avec un tambour tournant en bloquant la bobine avec le pouce ou en la réenclenchant à la manivelle mais ce n’est pas forcément le plus important.
    Avec ce type de matériel, le frein de lancer doit être réglé correctement : suffisamment dur pour éviter l’emballement, suffisamment doux pour ne pas trop freiner la descente. Le leurre n’aura pas la même nage descendante que s’il est en chute libre avec un moulinet à tambour fixe ouvert. Il ira moins vite ce qui peut parfois faire la différence. Certains inconditionnels du tambour fixe diront qu’ils contrôlent parfaitement la descente de leur leurre et sentent les touches pouvant se produire à ce moment là. Il s’agit de personnes habituées à laisser filer leur ligne entre le pouce et l’index, ce qui semble être un exercice un peu plus difficile. Le tambour tournant présente l’avantage de la solidité et de la légèreté. Ce type de moulinet s’use moins vite qu’un moulinet à tambour fixe. La retransmission des touches est aussi plus directe avec un minimum de renvois d’angles. Les cannes sont très tactiles et permettent un contact direct de la main sur le blank. L’inconvénient des moulinets de casting est leurs faibles ratios, souvent inférieurs à 60 cm par tour de manivelle. Il convient de rechercher un moulinet permettant de ramener 70 à 80 cm par tour de manivelle, mais ce n’est pas un exercice encore très facile. Pour les moulinets à tambour fixe, il convient de les prévoir solides et fiables (car ils sont sollicités) mais toutefois, légers, un modèle 4000 à 6000 convient parfaitement. Le moulinet doit bien équilibrer la canne.

    De la tresse à jigger

    Pour cette pêche, la question du nylon ou de la tresse ne se pose pas. La tresse est indispensable pour maintenir son leurre dans des fonds importants malgré le courant. Les tresses, d’un diamètre de 15 à 25/100, demeurent très solides, elles fendent plus facilement le courant et permettent une retransmission de nombreuses informations, notamment le contact avec le fond.
    Certains fabricants proposent des tresses à jigger multicolores. Des marquages de différentes couleurs tous les 1,5 ou 10 mètres, permettent la visualisation précise de la profondeur de pêche. C’est un atout considérable surtout lorsqu’on pêche des roches qui remontent rapidement (exemple passage de 40 à 20 mètres). La tresse est prolongée de 1,5 à 2 mètres de fluorocarbone de 40 à 60 /100, choisi pour sa résistance à l’abrasion et son invisibilité. Le leurre est fixé, soit grâce à une agrafe solide, soit en direct avec un noeud lorsqu’on s’accroche souvent ou que la pêche ne demande pas un changement fréquent de taille de têtes plombées.


    Les tresse à jigger du marché (liste non exhaustive)

    Daiwa : Tresse Tournament Accu Depth Multicolor, 15, 20, 30 lbs, marquée tous les mètre et 5 mètres avec une couleur différente tous les 10 mètres.
    Varivas : Tresse Varivas Avani Jigging 10*10, 23 lbs, 35 lbs, une couleur différente tous les 10 mètres.
    Distribution Way Of Fishing

    L’utilisation de l’électronique

    Cette pêche qui permet d’aller chercher les poissons dans leur repère nécessite beaucoup de précision et laisse peu de place à l’improvisation. Lorsqu’on pêche des têtes de roches ou des cassures profondes et invisibles depuis la surface, il est impossible de s’en sortir en aveugle sans casse. Une brusque remontée de plusieurs mètres est sanctionnée par un inévitable accrochage. La simple lecture de la profondeur à l’échosondeur peut permettre de limiter les dégâts, en réagissant très vite, à condition que le montage ne devance pas le bateau. Un GPS permettra de réellement anticiper la remontée ou ladescente du leurre le long des obstacles en surveillant sa position sur une carte intégrée ou en visualisant les points enregistrés lors de précédentes dérives et souvent en faisant les deux. Les secteurs les plus chaotiques sont bien sur les plus prolifiques, la réussite de cette pêche réside dans la capacité du pêcheur à frôler les obstacles pour y trouver des poissons embusqués.
    Lorsqu’ils chassent, les bars ou les lieux remontent dans la couche d’eau. Il est alors possible de les leurrer plus facilement en pêchant à distance des obstacles. Lorsqu’ils ne sont plus aussi mordeurs, voire lorsqu’ils sont apathiques, la précision est de rigueur. Seul un passage du leurre très précis est payant. C’est à ce moment là que les bons pêcheurs font la différence.

    Les leurres et leur armement

    Les leurres sont choisis parmi les gros leurres souples du marché. Armés de têtes plombées lourdes pesant de 60 à 200 grammes, ils doivent s’y adapter correctement. Il ne parait pas vraiment concevable d’armer une leurre de 10 cm avec une tête de 100 grammes. Un leurre de 15 cm conviendra mieux. Les fabricants proposent, depuis peu, de nombreux modèles de têtes plombées lourdes, pour répondre à la demande de cette technique spécifique. La moyenne des leurres utilisés se situe à environ 15 cm pour un poids de tête de 100 g. Le poids est adapté à la profondeur, mais surtout à la force du courant. On veillera toujours à trouver le meilleur compromis, contact avec le fond/poids du leurre. Les meilleurs pêcheurs dans cette technique allègent progressivement leurs montages. Les leurres n’ont pas tous la même forme. Les formes shad sont les plus utilisées pour le signal qu’elles émettent, elles descendent moins vite que les autres, à poids de tête égal, car leur caudale pousse beaucoup d’eau. Il ne faut pas négliger les formes slug ou finesse qui peuvent parfois être plus attractifs. Des têtes plombées articulées sont proposées par de nombreux fabricants. Elles conviennent bien pour l’armement des shads auxquels elles donnent plus de souplesse et de fluidité dans la nage. Cette souplesse peut être préservée en utilisant des têtes fixes aux hameçons courts et bien ouverts (nouveaux hameçons VMC 7161 TI, hameçons Jigg 11 Decoy par exemple) proportionnées à la taille des leurres (5 ou 6/0 pour un leurre de 15 cm). Le leurre ne doit pas être bridé par l’hameçon sur plus du tiers de sa longueur.

    L’action de pêche

    L’action de pêche consiste à laisser descendre le leurre en contrôlant sa chute. Une fois le contact établi avec le fond il faut le décoller rapidement pour éviter l’accrochage. On peut alors animer le leurre avec la canne en la remontant puis la rabaissant pour retrouver le fond. S’il y a un peu de courant on perd rapidement le contact. Il faut donc redonner un peu de tresse pour retrouver le fond et ainsi de suite. Quand on a sorti trop de tresse et que la reprise de contact devient trop difficile, on remonte le leurre en surface pour recommencer l’opération. Le moulinet de casting permet de relâcher du fil très facilement par simple pression du pouce sur la gâchette, puis en bloquant, débloquant le dévidement de fil sur la bobine manuellement. Avec un tambour fixe, on rend du fil entre les doigts pick-up ouvert. Il faut essayer de ne pas pêcher sous le bateau mais plutôt derrière, car en cas d’accrochage, avec un frein réglé serré, les risques de casser la canne sont importants. Les dérives sont souvent très rapides et l’accrochage avec le fond s’apparente alors à l’accrochage d’une “locomotive”. Cette pêche permet l’exploration de fonds allant jusque plus de 60 mètres avec des têtes de plus de 200 grammes, plus elle est profonde, plus elle est technique, car le poisson occupe souvent des postes marqués avec de réels risques d’accrochage. Cette technique est gourmande en leurres mais elle permet de déloger de leur repaire de gros poissons peu sollicités. D’apparence grossière elle est en fait très subtile.

  • Contrefaçon : DSM Dyneema accuse une marque chinoise

    Contrefaçon : DSM Dyneema accuse une marque chinoise

    La société DSM Dyneema, fabricant de fibres synthétiques
    notamment de fils de pêche à l’usage des pêcheurs de loisir, a annoncé dans un
    communiqué publié le 8 novembre qu’elle avait pris des actions préventives
    contre la société chinoise Fast Dart pour utilisation abusive de sa marque Dyneema.
    A l’occasion du 2011 Fishing Show de Langfang, qui s’est tenu du 26 au 29
    juillet dans la province chinoise de Heibei, des fonctionnaires chinois de
    l’Administration du commerce et de
    l’industrie, accompagnés par le représentant de la marque en Chine, ont
    saisi des catalogues et des brochures, où la marque DSM Dyneema était
    frauduleusement utilisée. DSM Dyneema se félicite de la coopération du
    gouvernement chinois. A noter que Fast Dart exporte ses produits vers l’Europe,
    donc soyez prudents…

    Photo :
    © DSM Dyneema

  • Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Un ensemble parfait pour la pêche au bar en traction

    Canne Illex Ashura S-250 XH, moulinet Daïwa Saltiga 3500, tresse Daïwa Tournament 8 Braid Acudeph

    Cet ensemble, que vous avez pu découvrir dans notre reportage sur la pêche du bar en traction, méritait un coup de zoom. Il est parfait pour la pêche du bar au leurre souple mais aussi pour d’autres espèces marines de tailles raisonnables ainsi que pour la pêche du silure de taille moyenne.

    Cette canne de 2,50 m est la plus puissante de la gamme Ashura mais ce n’est pas pour autant une trique inconfortable. Elle est particulièrement bien équilibrée et légère (200 g). Son blank a une forte action de pointe qui permet de lancer loin avec beaucoup d’aisance et de précision, et ce dès les petits grammages. La canne est très douce de pointe et très forte de talon, ce qui lui permet de laisser travailler les leurres, d’assurer les prises en limitant les décrochés, tout en ayant la capacité d’extraire en force les poissons pris au milieu des obstacles. Elle est donnée pour une plage de poids de leurres de 14 à 80 g. Elle devient vraiment agréable à utiliser à partir de têtes plombées de 21, 28 g montées sur des leurres souples de 10 à 12 cm. Elle est très à l’aise avec des têtes de 40, 50, 60 g et peut encore envoyer de gros leurres souples montés sur des têtes plombées lourdes de 100 g ou un peu plus, mais il faut alors éviter d’appuyer ses lancers. Sa longueur permet d’avoir une grande amplitude d’animation. Elle se présente en deux brins inégaux pour préserver l’action du scion et garantir sa solidité. Son encombrement est limité à 1,69 m. Elle est livrée dans une housse de toile compartimentée et un tube rigide.
    Cette canne est très agréable à utiliser, peu fatigante et particulièrement tactile. Elle est parfaitement adaptée à la technique de pêche du bar en traction et permet de propulser des leurres lourds à grande distance. Elle a été développée par les testeurs Illex, dont Yoann Houssais, vainqueur des dernières Labrax Cup et grand adepte de la pêche en traction. C’est une très bonne canne pour la pêche du bar mais aussi bien adaptée à la pêche des silures moyens aux leurres, sans fatigue. La courbe est parfaite, avec une action marquée de pointe qui permet d’avoir une large plage d’utilisation en grammages de leurres. La pointe souple amortit les coups de tète du poisson et minimise les décrochages, alors que la réserve de puissance du talon permet d’imposer sa loi si nécessaire. La canne en deux brins inégaux se déboîte à quelques décimètres au-dessus de la poignée, ce qui minimise son encombrement. La poignée de l’Ashura en mousse haute densité intègre un porte-moulinet à vis Fuji très agréable pour la main. L’association de cette canne légère avec le Saltiga Game 3500 est parfaite.

    Le Saltiga Game 3500

    Trouver un moulinet robuste, résistant aux pêches fortes mais tout de même léger pour garder un véritable confort de pêche, n’est pas chose facile. Le Saltiga Game répond à ce cahier des charges. Outre ses 14+1 roulements, son frein micrométrique, son bâti et rotor en alliage d’aluminium, sa bobine avec lèvres titanium, son axe flottant qui permet de réduire de 30 % la friction, etc., il a la particularité de ne pas s’encombrer d’un bouton d’activation de l’anti-retour, puisque ce dernier est permanent. Cela minimise les risques de dysfonctionnement. Dans le même esprit, son pick-up ne se rabat qu’à la main. Lorsqu’il est ouvert, le rotor est freiné pour ne pas tourner lors du lancer. Cela évite le très désagréable rabattage intempestif du pickup qui peut arriver parfois sur des lancers appuyés. Ce moulinet, concentré de technologie Daiwa, est épuré au maximum. Il possède un ratio de 4,9/1, ramène 81 cm au tour de manivelle et peut appliquer une force de 7 kg de frein. Il ne pèse que 390 g. C’est un très bon moulinet pour la pêche en traction. Reste à casser sa tirelire car nous entrons là dans le haut de gamme de la marque.

    La tresse à jigger Daiwa Tournament 8 braid Accudepth

    Cette tresse conçue et fabriquée au Japon remplace la précédente tresse à jigger Daiwa, une des premières à avoir été proposée sur le marché. Elle est fabriquée en huit brins, ce qui lui assure une douceur et une résistance aux noeuds exceptionnelle. Son procédé de fabrication permet d’obtenir un profil rond qui offre moins de prise à l’eau et au vent et d’excellentes performances de lancer. Elle est enfin teintée d’une couleur différente tous les 10 mètres et possède des repères tous les mètres, constitués d’un trait jaune barré d’un trait noir. Cela permet de pêcher très précisément en verticale et de tout de même pouvoir visualiser la tresse grâce à ces petites marques jaunes et noires lorsqu’on pêche en traction par exemple. Le modèle 16/100 présenté ici résiste à 13,7 kg. La tresse Accudepth est aussi proposée en coloris vert fluo, si l’on souhaite bien visualiser sa ligne, ou vert plus classique si on préfère qu’elle se fonde dans son environnement.

    P.C.

  • L’Aspe ou les frasques d’un cyprin pas comme les autres…

    L’Aspe ou les frasques d’un cyprin pas comme les autres…

    Dix ans après son développement spectaculaire dans le Rhin, puis dans la Moselle, l’aspe continue discrètement son évolution sur le territoire français. Le temps est donc venu de faire le point sur sa situation géographique, sa pêche et ses moeurs. Le plus chasseur de tous les cyprins n’a pas fini de faire rêver les pêcheurs aux leurres, tant son activité en surface est spectaculaire.

    Par Jean-Marc Theusseret

    Signalé pour la première fois en 1972 dans le département du Bas-Rhin, l’aspe (Aspius aspius, Linné 1758) se conduisit en arlésienne jusqu’au début des années 2000, comme avant lui le sandre et le silure.Voyageurs clandestins, ces trois espèces ont migré discrètement, via les canaux, depuis le bassin du Danube pour rejoindre le Rhin franco-alémanique. A la fin des années 1990, le Conseil supérieur de la pêche (CSP) le recense sur six des sept stations (essentiellement des passes à poissons) des rivières Lauter, Sauer, Hot, Modern Rossmoerder, l’Ill et bien sûr celle du Rhin canalisé (grand canal d’Alsace). Bien qu’il soit difficile d’expliquer pourquoi une espèce nouvelle dans un milieu peut rester en “sommeil” durant plusieurs décennies avant de se développer de façon spectaculaire, il semblerait que les années de fortes chaleurs soient favorables au développement de l’aspe. Selon les pêcheurs alsaciens, l’été caniculaire de 2003 fut le déclencheur de son développement massif dans l’Ill à Strasbourg. Comme tous les cyprinidés, l’aspe se nourrit et se déplace lorsque les eaux se réchauffent. Les trois derniers étés que nous venons de vivre, particulièrement secs et chauds dans l’Est de la France, pourraient donc parfaitement donner lieu à une nouvelle phase d’expansion.

    Développement de l’espèce

    Depuis qu’il a colonisé le Rhin sur la quasi-totalité de son cours canalisé, mais également son lit originel (vieux Rhin), l’aspe peut compter sur les canaux pour conquérir de nouveaux territoires : celui de la Marne au Rhin où il est de plus en plus signalé par les pêcheurs au coup qui prennent des individus juvéniles et celui du Rhône au Rhin, où il semble en revanche bloqué depuis presque dix ans dans la banlieue est de Mulhouse.

  • Daïwa T.D Salt Pencil

    Daïwa T.D Salt Pencil

    Sans être ni véritablement un popper ni un stick-bait, le leurre de surface Daïwa T.D Salt Pencil joue aisément sur les deux tableaux. C’est-à-dire qu’on peut l’utiliser comme un popper en lui inculquant des tirées franches ou le faire nager en zig-zig (walking the dog) si, au contraire, on choisit une animation par courtes impulsions rythmées. Voilà donc un leurre polyvalent, très bien construit et dont la tête possède la particularité d’être creuse. Les ouïes sont ouvertes pour laisser l’eau s’échapper. Le tout rendant l’action de “popping” assez intense pour un leurre qui reste dans la catégorie des pencils (silhouette fine). Il est également peu bruiteur, puisqu’une seule des billes qui l’équipe produit un faible son de basse fréquence. Le TD Salt Pencil est donc un leurre qui n’a pas beaucoup de concurrents et qui trouvera facilement sa place dans une boîte pour la pêche du bar.

    Conseils d’animation
    Voici un leurre plaisant à utilisé car il est conçu pour cumuler plusieurs types d’animations. A la fois popper et stick-bait, le Daïwa T.D Salt Pencil permet par exemple de démarrer une récupération en walking the dog (nage en zig-zag de courte amplitude), d’éfectuer des arrêts suivis de tirées franches pour le faire “popper” ou encore ajouter quelques glissades. Pour la pêche du bar, cette polyvalence est très utile lorsqu’un poisson méfiant suit le leurre et hésite à l’attaquer parce que sa nage est monotone (cas des stick-bait).

    Fiche technique

    Longueur : 110 mm. Existe aussi en version 12 cm pour 18 gr.

    Poids : 14,5 gr.

    Six coloris.

    Prix conseillé : 21 euros.

    Renseignements : www.daiwa-france.fr

  • Truites lacustres en rivière : mode d’emploi…

    Truites lacustres en rivière : mode d’emploi…

    Certains grands cours d’eau de l’Hexagone sont connus pour leurs remontées de truites lacustres. Celles-ci s’engagent dans la rivière à l’occasion des coups d’eau et sont reconnaissables entre mille. Les pêcheurs locaux les appellent des « blanches », en raison de leur robe. La pêche de ces grosses truites comporte pas mal d’incertitudes, mais une fois que l’on a accroché un de ces poissons surpuissants on ne peut plus s’en passer ! Voici quelques éléments de réflexion pour vous aider à croiser la trajectoire de ces fuseaux d’argent…

    Par Jean-Christian Michel


    Les « blanches »…

    Que la truite fario soit un poisson migrateur, c’est un fait au moment de la reproduction, mais c’est également vrai lorsqu’il s’agit de gagner des zones de croissance. Certains spécimens vont se sédentariser et s’alimenter uniquement dans la rivière alors que d’autres vont dévaler jusqu’au lac. Dans les barrages que la fée électricité a vilainement semés un peu partout, ces truites vont trouver un milieu de vie favorable et connaître une croissance rapide, car elles se nourrissent presque exclusivement d’ablettes. Ce comportement piscivore a pour effet de doper leur croissance et de transformer ces farios de rivière en boules de muscles argentées. Elles deviennent alors des truites « lacustres ». Ces poissons ont une robe très claire en raison de leur vie dans le lac. Voilà pourquoi les pêcheurs du cru les affublent du joli qualificatif de « blanches ». Cette coloration n’est pas due à leur origine génétique, car les truites lacustres sont aussi bien de souche méditerranéenne qu’atlantique. En revanche, leurs moeurs presque pélagiques dans les grands lacs confèrent à leurs écailles un éclat surprenant… un peu comme si la profondeur de l’eau se mélangeait à celle du ciel pour produire la curieuse intensité métallique de leurs reflets. Des farios stealhead en quelque sorte ! Même quand elles sont dans la rivière depuis plusieurs semaines, ces truites conservent la marque du lac étalée sur leur robe. Elles peuvent devenir cuivrées avec le temps, mais elles ne perdent pas cet aspect métallique.


    Une truite fantasque ?

    Outre leur taille, la fascination que ces truites exercent sur les passionnés tient au côté difficilement prévisible de leur pêche. Car, pour pêcher les truites lacustres en rivière, encore faut-il qu’elles y soient remontées… C’est un axiome tout bête, mais qui pose pas mal de problèmes dans la pratique. La seule certitude que l’on puisse avoir est que ces truites s’engagent dans la rivière à l’occasion des coups d’eau. Les débits supérieurs à la normale produisent un appel d’eau dans le lac qui réveille le naturel migrateur des farios. Mais n’imaginez pas que ce soit un phénomène mécanique ! Cela peut se produire lors des pluies printanières ou au moment des orages, en été. C’est également le cas au début de l’automne, mais en France la pêche est fermée ! (Allez pêcher à l’étranger !) Il faut suivre l’état de la rivière de façon assez régulière, car les « blanches » apparaissent du jour au lendemain. Leur réputation de truites « faciles » tient beaucoup à cela. Car, quand des poissons « neufs » tout juste remontés du lac prennent possession des postes, ils sont bien évidemment beaucoup plus vulnérables que les poissons sédentaires. Mais cette naïveté d’un moment ne doit pas faire oublier qu’il s’agit de vraies truites sauvages et non pas de poissons de cirque. Leur faculté à s’éduquer est exemplaire, et ce phénomène est d’autant plus rapide que les eaux sont basses. Sur les spots les plus accessibles, ces truites sont matraquées quotidiennement et elles deviennent vite imprenables par les techniques les plus utilisées. La seule solution pour s’en tirer un peu moins mal que les confrères est de ne pas s’enfermer dans une seule pratique. Certaines rivières sont sur-pêchées à la Vibrax n° 4, ailleurs c’est le poisson mort manié qui est considéré comme l’arme fatale. D’autres ne jurent que par les poissons nageurs. Ces techniques « reines » ne valent que le temps de l’accoutumance. En tout cas, il faut pêcher différemment des confrères pour parvenir à intéresser ces truites très sollicitées.

    Restez raisonnables…

    Dans le choix de l’équipement, il faut prendre en compte la taille moyenne des captures espérées (généralement entre 40 et 60 cm), sans employer pour autant un matériel de saumonier. Les lacustres migratrices peuvent atteindre des mensurations hors du commun, mais on n’accroche pas une truite de 70 cm à chaque tour de manivelle. Aussi la puissance du matériel est plutôt à déterminer en fonction de la puissance de la rivière (et des obstacles) que de la taille fantasmée des captures potentielles. Une canne à poisson mort manié de 2,80 ou 3 mètres et d’une puissance de 15 à 30 grammes convient bien. Il s’agit plutôt d’un modèle pour les pêches légères du sandre que pour le brochet ou le saumon. Coté ligne, dans les cours d’eau puissants mais sans trop d’encombres, on peut utiliser un bon 22 centième nylon. En revanche, dans les rivières torrentielles, les frottements contre les blocs sont fréquents et une truite de quelques livres a vite fait de s’appuyer sur le courant pour dévaler. L’emploi d’une bonne grosse tresse en 12 centièmes peut alors être très utile. Surtout si vous employez des leurres qui aiment bien se coincer entre les blocs, comme ces merveilleux poissons nageurs « new age » dont le prix du gramme de plastique suscite bien des pensées quand le fil vole mollement au vent après une casse…


    Quelques touches de finesse dans une pêche de brutes…

    Dans les grandes rivières, je suis un inconditionnel de la pêche vers l’aval, pourvu qu’il y ait suffisamment de courant. Que l’on procède aux leurres ou au poisson mort manié, cette approche a le mérite de ne jamais couvrir le poisson avec le fil, à condition que l’on prospecte de façon raisonnée en allongeant progressivement les dérives. Une truite qui est surprise par la vue du leurre, plutôt que prévenue de son arrivée par le sillage du fil, a beaucoup plus de chances de ne pas inhiber ses réflexes d’attaque. De plus, en procédant ainsi on peut se permettre d’utiliser un diamètre de corps de ligne confortable, car la truite ne voit le fil qu’une fois qu’elle est pendue à l’hameçon ! Pour accentuer cet effet de surprise, il est bon de présenter le poisson mort ou le leurre selon un angle le plus fermé possible. L’idéal serait de pêcher plein aval. Dans les grandes rivières homogènes, c’est rarement possible et on ne peut pas procéder autrement qu’en peignant le cours d’eau par de larges dérives en arc de cercle. En revanche dans les rivières plus étroites et dès que les postes sont suffisamment dessinés, il ne faut pas s’en priver. Il est alors payant de faire le pari que l’on sait précisément où se tient postée la truite et de présenter le leurre légèrement en amont de son poste. Le but de cette manoeuvre est d’inciter la fario à avancer pour prendre plutôt que de la contraindre à se retourner pour poursuivre l’appât. Lorsque nous pêchons en lancer-ramener de façon presque aveugle et linéaire et qu’une truite vient se prendre toute seule, on ne sait ja-mais combien on en a callé d’autres avant elle.
    Tout ceci peut paraître bien théorique. Mais, souvent, la finesse réside plus dans la façon de procéder que dans le diamètre du fil. Avant de chercher à déclencher une attaque (par un leurre « irrésistible »), il vaut mieux faire en sorte de ne pas effrayer le poisson ! La prospection vers l’aval présente également la possibilité de maintenir le leurre ou le poisson mort de façon rectiligne, nez vers l’amont, comme c’est le cas des proies vivantes. Comme toutes les truites sauvages, les « blanches » s’éduquent rapidement et, quand elles ont été vaccinées pour avoir poursuivi un leurre qui coupe perpendiculairement les veines d’eau, elles ne commettent pas deux fois la même imprudence.


    Poisson mort, poisson nageur, ondulante & Co

    Ces repères étant posés, on peut se pencher de façon plus sereine sur le choix du mode de pêche. La taille des leurres (ou poissons morts) doit être comprise entre 7 et 10 cm. Les truites de lac sont habituées à ingurgiter des ablettes de taille bien plus importante, mais les leurres ou appâts trop volumineux sont source de décrochages.
    La proie proposée doit être suffisamment intéressante pour que la truite décide de se déplacer, mais il faut également que celle-ci soit gobée franchement afin que les hameçons accrochent. En tout cas, prenez soin d’équiper vos leurres de triples solides, mais ultra-piquants (les ST 21 et ST 36 de chez Owner sont excellents pour cette pêche). Les traqueurs de « blanches » opèrent souvent au poisson mort manié, au poisson nageur ou à la cuillère ondulante. Les grosses cuillères tournantes (numéro 3, 4 ou 5) ont leurs adeptes, mais elles provoquent un vrillage désagréable en pêche aval dans les forts débits. Les facteurs qui vont guider le choix du leurre ne sont pas liés (à mon sens) à une « attractivité » intrinsèque du leurre mais à ses qualités pêchantes, à sa façon de « passer » dans les veines d’eau. Tout ceci est directement commandé par les faciès d’écoulement du cours d’eau. En rivière large et homogène, on peut utiliser une ablette montée sur une bonne vieille godille et effectuer des dérives en arc de cercle. Les poissons nageurs bruiteurs et peu plongeants de type Squad Minnow, avec leur nage très chaloupée, font bouger les truites de loin. C’est un détail qui n’est pas négligeable lorsqu’il s’agit de peigner des pools où les postes sont indistincts et où il est nécessaire d’attirer l’attention des salmonidés d’assez loin. Dans ce cas de figure, les bonnes vieilles ondulantes assez lourdes de type Toby (Abu) en 12 ou 20 grammes sont également tout indiquées. Ce type de leurre est rarement employé chez nous. Pourtant, même si nos cours d’eau sont plus modestes que les énormes rivières scandinaves pour lesquelles elles ont été conçues, ces ondulantes sont particulièrement efficaces sur les truites lacustres.
    Dans les cours d’eau au régime plus torrentiel, les lacustres se cantonnent surtout dans les fosses et derrière les gros blocs. On peut les débusquer avec des poissons nageurs lipless très denses, ou même avec certains cranckbaits, sans exagérer leur taille. Les modèles les plus élancés comme les Smith DD Panish en 7 cm sont tout indiqués car leur silhouette n’offre que peu de résistance à la force du courant. Sur ces mêmes cours d’eau chaotiques, certains habitués ne jurent que par le poisson mort manié. Ils utilisent des montures très plombées et recherchent les truites d’autant plus près du bord (parfois juste sous la canne…) que la rivière est encaissée. Ces pêcheurs sont avares de lancers, mais ils savent précisément contre quels blocs il faut pêcher et ne perdent pas de temps à peigner l’eau. A les écouter, ils ne prennent jamais rien. Même quand une caudale large comme la main dépasse de leur sac à dos ! Comme tous les pêcheurs de grosses truites, les traqueurs de « blanches » ont médité la sagesse chinoise : ils savent que plus on est de fous, moins il y a de riz… Alors ils préfèrent rester discrets. Ne leur en voulez pas trop, car ces grandes truites sont un peu leurs saumons intérieurs…

  • Pêche aux leurres, les solutions anti-herbes

    Pêche aux leurres, les solutions anti-herbes

    Pour beaucoup d’entre-nous, les herbiers qui envahissent les rivières et les lacs durant la belle saison constituent un véritable cauchemar. Il existe pourtant de nombreuses solutions efficaces pour continuer de pêcher sans souci sur et dans ces jardins aquatiques si riches en carnassiers où de bien belles surprises attendent les pêcheurs qui auront fait l’effort de s’y intéresser.

    Par Philippe Boisson

    Comme chacun le sait, le début de l’automne correspond à une période favorable pour la pêche des carnassiers.
    On trouve à cette période des conditions qui restent beaucoup plus calquées sur celles que l’on rencontre durant l’été, plutôt que sur celles qui nous attendent plus tard en saison. Les herbiers sont encore très présents partout où la photosynthèse permet leur développement, autant en rivières que sur les bordures des lacs. L’avantage de la pêche aux leurres est de pouvoir pêcher dans ces zones qui servent d’abris aux carnassiers alors que la quasi-totalité des autres techniques (pêche au poisson manié, vif…) ne le permettent pas autant. De nombreux lecteurs ont apprécié la démonstration faite par Alban Choinier dans notre DVD. Elle était consacrée au lancer en skipping avec un leurre souple dont l’hameçon est dissimulé dans le leurre. On a pu voir lors de cette séquence que le leurre reste pêchant dans des herbiers très denses. Mais encore faut-il savoir quels types de leurres et quels armements employer pour chaque type de d’herbiers. Les solutions sont nombreuses et souvent encore mal connues des pêcheurs français. On trouve aujourd’hui chez les détaillants spécialisés, tout le matériel nécessaire pour réaliser des montages les plus efficaces pour pêcher dans les herbiers sans s’y accrocher. Dès que ces massifs se développent de façon généralisée, l’emploi des poissons nageurs se limite à la pleine eau où à la pêche en surface. Les leurres souples deviennent alors incontournables car ils permettent, soit de disposer d’un hameçon simple dissimulé dans le leurre, soit d’un système anti-herbe. Ces leurres qui font encore sourire certains pêcheurs français sont pourtant incontournables pour pêcher au beau milieu des herbiers les plus denses.


    Passer là où personne ne passe !

    Vous l’aurez compris, le but de la manoeuvre est de passer son leurre là où personne ne penserait pouvoir le faire, dans ces zones qui font peur aux pêcheurs mais dans lesquelles les carnassiers tels que brochets, perches et black-bass ont élu domicile pour toute la saison estivale et pour une partie de l’automne.
    Un ami qui a découvert récemment la pêche aux leurres “moderne” me confiait récemment “je redécouvre ma rivière, je la vois différemment maintenant ! ”. La rivière en question est à l’image de beaucoup d’autres, envahie par des herbiers de toutes sortes durant toute la saison chaude. Seul le chenal central, trop profond pour permettre la photosynthèse en est dépourvu. Tant qu’il s’agit d’herbiers “nobles” tels que les élodées, myriophylles, nénuphars ou potamots, tout est permis ou presque, mais en revanche les choses se gâtent lorsque les algues filamenteuses, signe d’une eutrophisation galopante sont de la partie. Ces algues très fines, longues et denses se logent dans tous les systèmes d’articulations des leurres : fixations des palettes de cuillers des spinnerbaits et des buzzbaits, noeuds de raccords de tresse et fluorocarbone, agrafes, etc. Après chaque lancer, il faut éliminer ces algues qui se logent partout. Les algues filamenteuses marquent donc une limite à l’utilisation des systèmes anti-herbes. Heureusement, il reste des zones qui en sont dépourvues, comme par exemple tous les secteurs où l’eau court. En effet, elles se développent principalement dans les eaux stagnantes et apparaissent à la suite d’une forte élévation de la température de l’eau.


    Les spinnerbaits

    Ces drôles de leurres qui marient des palettes de cuillers une jupe en élastiques et un leurre souple sont redoutables pour le brochet et le black-bass. Grâce à leur tige métallique qui protège l’hameçon, ils permettent de pêcher dans des zones encombrées d’herbiers tant que ceux-ci ne sont pas trop denses. Les spinnerbaits sont en quelque sorte des leurres de base pour se jouer d’eux. Ils sont parfaitement utilisables sur des zones où les herbiers laissent encore des espaces d’eau libre. C’est surtout “pilotés” à vue, à l’aide de lunettes polarisantes, qu’ils deviennent très efficaces, car le pêcheur peut anticiper les trajectoires, frôler les herbiers, éviter les pièges, insister là où il faut. Sur le plan du fonctionnement, les spinnerbaits vibrent, papillonnent à souhait tout en avançant de façon continue mais lente. Cette lenteur de récupération est imposée par le volume global du leurre qui, même fortement lesté, remonte très vite vers la surface en cas d’accélération. Plus les palettes sont nombreuses plus les spinnerbaits ont du mal à couler et donc se récupèrent lentement. On trouve des spinnerbaits équipés généralement de deux palettes, ce qui constituent des modèles très polyvalents. Certains modèles en comptent quatre. C’est le cas d’un très bon modèle de la gamme Booyah (distribution Flashmer) qui est parfait pour pêcher les hauts fonds et à l’inverse, Lucky Craft propose un modèle à corps tungstène muni d’une seule palette pour pêcher jusqu’à environ trois mètres de profondeur. Les spinnerbaits rendent fous les brochets, y compris dans des eaux où ils sont très sollicités à toutes techniques, vif compris. Ces leurres qui ressemblent à des appareils dentaires ne font pas du tout partie de notre culture et nous sommes encore très nombreux à ne pas y croire. Pour une fois, il s’agit d’un leurre qui prend plus facilement les poissons que les pêcheurs !

    Les buzzbaits

    A ne pas confondre avec les spinnerbaits, les buzzbaits (de buzz, bourdonnement) sont conçus pour évoluer en surface sur des massifs d’herbiers. Leurs palettes triangulaires tournantes sont chargées à la fois de brasser l’eau, d’émettre un son métallique et d’écarter les herbes afin de laisser passer l’hameçon placé derrière. Les buzzbaits permettent de passer sur des herbiers très développés en surface tels que les nénuphars. En revanche, ils coulent si l’on arrête la récupération. Ce sont donc des leurres à récupération relativement rapide qui ne permettent pas de marquer des arrêts, hormis sur les feuilles de nénuphars lorsqu’elles sont suffisamment proches les unes des autres pour offrir un “matelas” suffisant. Conçus pour la pêche du black-bass il peuvent aussi surprendre des brochets actifs surpris par autant de vacarme.

    Les softs jerkbaits

    Ce sont des leurres souples en forme de poissons dont la nage très chaloupée est très inspirée des jerkbaits durs (poissons nageurs). La différence vient de l’armement, qui n’est plus composé de deux hameçons triples mais d’un hameçon simple de grande taille dissimulé dans le leurre (de 1/0 à 5/0 selon la taille du leurre). Il peut ainsi passer absolument partout et rester pêchant tout le temps. A la touche, le carnassier comprime facilement le corps du leurre d’où se dégage la pointe de l’hameçon qui se situe juste sous le dos du leurre dans une gorge prévue à cet effet. Ce système également peu répandu en France ouvre de nouveaux horizons aux pêcheurs en leur donnant accès à une multitude de postes qui leur étaient jusqu’alors interdits. Ces leurres sont équilibrés pour couler très lentement, par un ajout de sel au niveau du ventre ce qui leur permet de toujours rester dans la bonne position. On peut aussi ajouter des inserts en plomb ou en tungstène (sortes de “clous”) pour obtenir plus de densité et pêcher plus profond. Le choix de l’armement est très important. Il faut notamment faire attention à choisir une forme d’hameçon qui ne cintre pas le leurre. Les hameçons simples à hampe courbée (wide gape) sont les plus adaptés car ils épousent la forme des leurres sans les entraver s’ils sont correctement placés.


    Les grenouilles flottantes

    Bien qu’elles fassent sourire avec leur allure de jouet, les grenouilles flottantes en plastique n’en sont pas moins efficaces pour déclencher des attaques spectaculaires de brochets et de black-bass en surface sur un tapis d’herbiers. Ces leurres constituent une classe à part pour plusieurs raisons. Premièrement, on peut les promener sur les zones les plus encombrées en toute liberté. Deuxièmement, la vitesse de récupération n’est pas imposée comme avec les buzzbaits. On peut donc marquer des arrêts à volonté, car ils sont indispensables pour déclancher des attaques. On savait que les black-bass avaient toujours un oeil voire les deux orientés vers la surface, mais il ne faut pas oublier que les brochets aussi sont des consommateurs de batraciens. Avec ces derniers, si les attaques sont très spectaculaires, elles sont aussi très hasardeuses. Les grenouilles sont très souvent ratées par les brochets dont on peut voir le coup de gueule dans le vide à côté du leurre. Peu importe, c’est un spectacle rare dont il ne faut pas se priver et heureusement le piège fonctionne quelquefois !

    Les systèmes anti-herbe sur les têtes lestées

    Quelles soient en plomb, en alliage ou en tungstène, les têtes lestées sont proposées avec ou sans antiherbes.
    On trouve principalement deux systèmes anti-herbes qui équipent les têtes lestées. Un dispositif en corde à piano en forme d’élytre qui fait office de ressort, mais qui est de plus en plus remplacé par un petit balai en fibres de nylon rigide. Les deux ont la même fonction : protéger la pointe de l’hameçon des herbiers rencontrés lors de la récupération tout en étant assez souples pour fléchir sous la pression d’un coup de gueule. Ce n’est pas la panacée, mais cela évite quelques accrochages sur des herbiers fins.


    Les montages texans et leurs dérivés

    Souvent décrits en détail dans nos colonnes, les montages dits ”texan” autorisent eux aussi de longues ballades au milieu des herbiers. Il s’utilise avec une multitude de leurres souples. Le principe de montage de l’hameçon simple est similaire à celui requis pour le montage du soft jerkbait présenté dans cet article. Selon la forme du corps du leurre, on optera pour un hameçon à hampe droite (pour les leurres de section cylindrique) ou à hampe courbée pour ceux dont la forme est plus haute. La pointe de l’hameçon vient se positionner le long du corps du leurre souple. On peut pêcher en la laissant ainsi, mais si les herbiers occasionnent quelques accrochages, la pointe peut être logée juste sous la “peau” du leurre, ce qui suffit pour que la végétation aquatique y glisse librement.

    Des solutions simples et efficaces

    Avec quelques leurres bien adaptés, on s’aperçoit qu’il devient facile de pêcher les zones d’herbiers et surtout que ces drôles de leurres ne sont pas systématiquement perdus à chaque lancer comme on pourrait le penser, mais qu’au contraire ont est surpris de pouvoir pénétrer librement dans l’intimité de nos rivières et de nos lacs. Toutefois, pour ce qui concerne les leurres souples, vous devrez apporter une certaine attention au choix des tailles et des formes d’hameçons, afin qu’ils correspondent au mieux à celles de vos leurres. Les fabricants et importateurs de matériel de pêche aux leurres feraient bien de proposer des modèles prêts à l’emploi à destinations des novices en la matière. Cela permettrait à un large public de découvrir et de se familiariser avec des montages bien étudiés et d’éviter ainsi des erreurs, qui occasionnent une mauvaise nage des leurres, des pertes de poissons ou des accrochages inopinés. Le problème vient toujours des hameçons, pas toujours disponibles dans les bonnes tailles et les bonnes formes chez nos détaillants, même si de gros efforts ont été fait durant ces trois dernières années. Alors, pêcher au milieu des herbiers n’est plus un problème insurmontable, mais cela implique un minimum de rigueur dans le choix de son matériel. Ensuite tout est permis ! C’est une pêche très ludique, précise, qui réserve de très belles surprises.

  • Sébile / Proppler 80 FT

    Sébile / Proppler 80 FT

    L’imagination de Patrick Sébile est impressionnante, tout comme ce leurre qui a récemment rejoint la gamme des leurres qu’il a mis au point. A la différence d’un buzzbait classique, le Propper Buzz dispose d’un corps creux à l’intérieur duquel se trouvent cinq billes en plastique qui émettent un son très clair dès que l’on commence la récupération du leurre. Les pales du corps en forme de souris produisent quant à elles des petites gerbes d’eau du plus bel effet. L’hameçon est d’une qualité irréprochable. Seul petit regret, la tige qui relie la tête plombée au corps aurait mérité un peu plus de rigidité.


    Conseils d’utilisation

    Ce leurre flottant fait partie de la famille des buzzbaits. Son utilisation très bruyante est destinée à faire monter en surface black-bass et brochets. Ces derniers sont très réactifs à ce leurre. On l’utilise sur les massifs de nénuphars et les herbiers. En revanche, comme avec tous les buzzbaits, les algues filamenteuses le neutralisent facilement, l’empêchant de tourner. Ce leurre hors du commun mérite d’être essayé car les brochets l’adorent.

    Prix conseillé : 12,99 euros.
    Longueur : 80 mm.
    Poids : 25 g.
    Liste des points de ventes : www.sebile.com