Catégorie : Leurres

Articles sur les leurres, tests de leurres, sélection des meilleureurs leurres

  • Les Hard Swimbaits

    Les Hard Swimbaits

    A gros leurres, gros poissons ! C’est un adage souvent employĂ© parmi les pĂȘcheurs et, s’il n’est pas toujours vĂ©rifiĂ©, il s’applique bien aux swimbaits rigides qui sont rarement utilisĂ©s pour faire du nombre
. mais plutĂŽt des poissons de qualitĂ©, voire des records !

    Par Achille Gan

    Nous avions passĂ© en revue les swimbaits souples dans un prĂ©cĂ©dent article, en espĂ©rant que vous aurez pu vĂ©rifier sur le terrain, la validitĂ© des explications qui y Ă©taient donnĂ©es. Passons cette fois-ci aux leurres rigides catĂ©gorisĂ©s sous les termes “big baits” (gros leurres) ou “hard swimbaits” (poissons nageurs) mais en se limitant aux modĂšles destinĂ©s au black bass, laissant les “jerkbaits” et autres “plugs” gĂ©ants, vraiment spĂ©cifiques Ă  la pĂȘche du brochet et du musky, Ă  des spĂ©cialistes en la matiĂšre. D’origine nord-amĂ©ricaine, les big baits rigides font partie des ancĂȘtres des leurres, créés au tout dĂ©but du XXe siĂšcle par des firmes aussi cĂ©lĂšbres que Creek Chub (dont le cĂ©lĂšbre Wigglefish dĂ©tient l’actuel record mondial du bass depuis 1932) ou Heddon. Les bass men de l’époque ne se doutaient pas qu’au dĂ©but des annĂ©es 80, le fameux AC Plug allait relancer ces gros poissons nageurs en bois dont l’efficacitĂ©, notamment durant l’automne et le printemps, n’était plus Ă  dĂ©montrer. Si leur construction est littĂ©ralement diffĂ©rente des soft swimbaits, leur vocation premiĂšre et leur raison d’ĂȘtre, sont tout Ă  fait identiques. On ne reviendra donc pas sur ces basiques qui s’appliquent gĂ©nĂ©ralement Ă  la plupart des swimbaits rigides qui vont nous intĂ©resser. Avec une allure de jerkbaits articulĂ©s, ces leurres s’en distinguent, non seulement par leur taille qui peut ĂȘtre parfois imposante (de 95 mm et jusqu’à 30 cm pour 230 g), mais aussi par leur mode d’utilisation qui est assez primaire, puisque souvent basĂ© sur une rĂ©cupĂ©ration linĂ©aire dont on fera varier la vitesse. Le principe du swimbait est on ne peut plus clair : c’est la nage propre Ă  chaque type de leurre qui le fait vivre et se suffit Ă  elle-mĂȘme pour dĂ©clencher l’attaque des prĂ©dateurs.


    Des densités spécifiques

    Flottants ou coulants les swimbaits rigides possĂšdent, des densitĂ©s trĂšs variables d’un modĂšle Ă  l’autre de par la nature des matĂ©riaux qui les composent. On distingue les swim’ sculptĂ©s dans du bois et ceux moulĂ©s en ABS ou en polycarbonate. Les fabricants des premiers sont rares, car produire en nombre des piĂšces, quasi uniques, pourrait relever d’un des douze travaux d’Hercule et ceux d’entre eux possĂšdent l’appareillage numĂ©rique consacrĂ© spĂ©cifiquement Ă  cette production, somme toute limitĂ©e, se comptent sur les doigts d’une « main de patron de scierie » ! Les essences utilisĂ©es sont gĂ©nĂ©ralement exotiques comme le cĂšdre, le balsa et le jelutong. Ce dernier s’avĂšre ĂȘtre le plus avantageux aux yeux des spĂ©cialistes amĂ©ricains et des crĂ©ateurs japonais, qui en apprĂ©cient le grain et la texture, ainsi que son comportement lorsqu’il est devenu un leurre (densitĂ©, soliditĂ©, etc.).
    Leur fabrication et leur finition est une vĂ©ritable crĂ©ation artistique,de nombreuses opĂ©rations sont rĂ©alisĂ©es Ă  la main, et on peut dire que chaque leurre Ă  sa propre identitĂ©, sa propre action. Les swimbaits en bois ont un comportement moins calĂ©, plus irrĂ©gulier et donc plus attractif. Ce manque d’uniformitĂ© qui pourrait choquer certains pĂȘcheurs, les a toujours placĂ©s au premier rang, devant leurs homologues, en matiĂšre plastique, sortis des chaĂźnes de production automatisĂ©es. Ces derniers ont pourtant une finition plus dĂ©taillĂ©e, des transparences et des irisations naturelles de toute beautĂ©, et il faut admettre que de gros progrĂšs ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s pour leur faire approcher la nage et la conduite des swimbaits en bois. En jouant sur le matĂ©riau des lestages internes, et leur positionnement, ou en ajoutant aux leurres des appendices « perturbants » (queue souple, quille, hĂ©lice, palette de cuiller, etc.), certains fabricants ont vraiment rĂ©ussi Ă  crĂ©er de vĂ©ritables petits bijoux conceptuels. Les signaux Ă©mis (vibrations, Ă©clats, sons, bulles et turbulences,
) sont diffĂ©rents Ă  chaque fois, ce qui ne manque pas d’intriguer les prĂ©dateurs postĂ©s dans les parages, qu’ils soient actifs ou pas ! Et vous le savez, dans la nature, tout ce qui a un comportement bizarre et qui peut se manger, est rapidement sanctionnĂ© d’un coup de dent ! L’ami Philippe Duchesne a pu s’en rendre compte, et en tirer profit, lors de cette partie de pĂȘche mĂ©morable, au lac de VassiviĂšre au dĂ©but de l’automne, alors qu’il pĂȘchait le brochet au DD V-Joint Minnow River2Sea. Les pĂȘcheurs qui l’accompagnaient n’en sont toujours pas revenus !


    Des nages Ă  couper le souffle !

    Les swimbaits rigides, Ă  bavette, doivent leur belle nage ondulante Ă  l’articulation qui partage leur corps en deux ou trois segments (parfois plus), reliĂ©s entre-eux par des « charniĂšres » Ă  un ou deux points de fixation. Ces derniĂšres offrent une nage moins dĂ©saxĂ©e mais supportent mieux les rĂ©cupĂ©rations rapides, si on les compare au systĂšme Ă  attache unique. Celui-ci, en revanche, voit sa partie caudale frĂ©tiller et se tortiller d’une maniĂšre trĂšs libre, mĂȘme Ă  petite vitesse. Les leurres ainsi montĂ©s seront trĂšs meurtriers en « do-nothing » – vous vous rappelez, c’est la non-animation de leurres arrĂȘtĂ©s – sur des zones ou des postes prĂ©cis. Quoiqu’il en soit, les swimbaits Ă  bavette ont une nage rĂ©aliste faite de wobbling et de rolling (frĂ©tillement et roulis) qui sont les Ă©lĂ©ments essentiels d’un bon poisson nageur. A vous de tester et choisir diffĂ©rents modĂšles, afin de vous Ă©quiper de maniĂšre satisfaisante, pour proposer Ă  vos carnassiers favoris, le dĂ©hanchement qu’ils prĂ©fĂšreront Ă  un moment prĂ©cis. La vĂ©ritable nouveautĂ©, dans la grande famille des poissons nageurs, est l’arrivĂ©e relativement rĂ©cente de swimbaits sans bavette, dont la facultĂ© Ă  Ă©voluer en dĂ©crivant de larges « S » est vraiment Ă©tonnante. Souvent dotĂ©s d’une quille jugulaire ou caudale pour les aider Ă  virer de bord tout seuls, ces leurres sont particuliĂšrement adaptĂ©s Ă  la prospection de vastes zones. Travaillant en surface, ou Ă  quelques dĂ©cimĂštres en dessous, ils trouvent une place de choix pour louvoyer entre les herbiers naissants et la surface, ou ratisser une pointe ou un hautfond rocheux. Une simple rĂ©cupĂ©ration au moulinet, souvent modĂ©rĂ©e, suffit pour les faire entrer en action et prendre du poisson. Leur ressemblance avec des stickbaits leur a souvent valu de se voir infliger d’intempestifs et inutiles «twitches » et « jerks », de la part de pĂȘcheurs mal renseignĂ©s ! Soft ou hard, les swimbaits sont rĂ©ellement complĂ©mentaires. GrĂące aux premiers, vous aurez la possibilitĂ© d’explorer les postes trĂšs encombrĂ©s, en montage texan, et de proposer une approche discrĂšte. Les seconds, plus adaptĂ©s aux postes plus dĂ©gagĂ©s, dĂ©livreront des vibrations puissantes, parfois nĂ©cessaires pour dĂ©clencher l’attaques des brochets ou des gros bass. Dans tous les cas, rappelez-vous que rien n’est jamais trop gros pour un prĂ©dateur qui dĂ©fend son territoire ou qui cherche Ă  combler sa faim sans dĂ©penser trop d’énergie.

  • Technique lancer : le contrĂŽle des dĂ©rives Ă  la cuiller

    La pĂȘche de la truite Ă  la micro-cuiller, Ă  l’aide d’un lancer ultralĂ©ger, permet toujours de prendre de belles truites sauvages. Contrairement aux apparences, la rĂ©cupĂ©ration des cuillers peut ĂȘtre beaucoup plus active qu’on ne l’imagine. AccĂ©lĂ©rer la traverser d’une veine de courant, ralentir la rĂ©cupĂ©ration, dĂ©caler les axes, sont autant d’astuces pour dĂ©clencher les attaques.

    Par Alain Foulon

    Si la pĂȘche aux leurres connaĂźt un engouement certain auprĂšs des pĂȘcheurs actuels, elle le doit essentiellement Ă  l’avĂšnement des poissons nageurs modernes. Principalement issus du Japon, ils sont, il est vrai, trĂšs performants et relativement faciles Ă  animer. Pour autant, la cuiller tournante conserve la mĂȘme efficacitĂ© sur tous les types de cours d’eau, plus particuliĂšrement quand il s’agit de prospecter une riviĂšre rapide. MĂȘme si certains pĂȘcheurs continuent Ă  penser que son emploi est d’une simplicitĂ© enfantine, il n’en demeure pas moins que cette technique est beaucoup plus subtile qu’il n’y paraĂźt et demande une connaissance approfondie de certains paramĂštres. En effet, ramener correctement une cuiller tournante n’est peut-ĂȘtre pas aussi facile que l’on voudrait bien le croire. Certains esprits chagrins continuent Ă  critiquer cette pĂȘche mĂȘme si elle est pratiquĂ©e depuis plusieurs dĂ©cennies en France, plus particuliĂšrement par les pĂȘcheurs de truites, avec un plaisir sans cesse renouvelĂ©. Ainsi, j’entends toujours les mĂȘmes remarques dĂ©sobligeantes au bord de l’eau ou Ă  l’occasion des salons. Ses plus grands dĂ©tracteurs sont gĂ©nĂ©ralement des personnes pensant connaĂźtre cette technique ou l’ayant pratiquĂ©e durant leur jeunesse puis dĂ©laissĂ©e au profit d’une technique plus noble. Les principaux griefs formulĂ©s contre la cuiller sont souvent infondĂ©s et davantage issus de l’hĂ©ritage laissĂ© par des praticiens peu scrupuleux qui n’ont pas eu la sagesse de limiter leurs prises Ă  une Ă©poque oĂč les prĂ©lĂšvements Ă©taient faits sans aucune retenue. Durant ces annĂ©es, les pĂȘcheurs pratiquant la mouche fouettĂ©e ou celle aux appĂąts naturels se comportaient de la mĂȘme maniĂšre ; l’apparente facilitĂ© d’emploi de cette pĂȘche et l’extrĂȘme efficacitĂ© du lancer lĂ©ger mirent nĂ©anmoins en Ă©moi le petit monde halieutique qui crut sincĂšrement que ce mode de pĂȘche allait « vider les riviĂšres de leurs poissons ». Aujourd’hui, il devient plus difficile de prendre quelques poissons. La diminution de certaines populations et l’atteinte des milieux aquatiques rendent la pratique de notre sport plus compliquĂ©e et impliquent une meilleure maĂźtrise technique de la part du praticien. Le contrĂŽle et la qualitĂ© des dĂ©rives sont incontestablement les clefs de la rĂ©ussite. En effet, rĂ©cupĂ©rer une cuiller ne consiste pas obligatoirement Ă  lui faire dĂ©crire une trajectoire linĂ©aire entre un point A et un point B. Si ce mode de pĂȘche peut convenir Ă  des poissons particuliĂšrement agressifs ou des truites surdensitaires – on pourrait d’ailleurs le comparer Ă  une prospection au moyen d’un crankbait – il convient d’aborder cette technique avec davantage de pragmatisme et de recul.
    Il existe en fait plusieurs maniĂšres d’animer une cuiller et de contrĂŽler sa trajectoire. Le choix du mode de rĂ©cupĂ©ration dĂ©pendra bien Ă©videmment de l’humeur des poissons, de la saison mais Ă©galement du profil de la riviĂšre. On pourrait en retenir trois principales, bien que ce nombre ne soit pas exhaustif.


    Les dĂ©rives naturelles lors d’une prospection « down stream »

    Dans ce cas de figure, il s’agit de propulser votre cuiller vers l’amont et de la rĂ©cupĂ©rer de maniĂšre Ă  lui faire suivre une veine d’eau pouvant abriter des poissons. La problĂ©matique rĂ©side dans la difficultĂ© Ă  maintenir la bonne rotation de la palette malgrĂ© les turbulences du courant et les nombreuses contraintes provoquĂ©es par l’Ă©lĂ©ment liquide. Votre rĂ©cupĂ©ration doit ĂȘtre lĂ©gĂšrement plus rapide que la vitesse des flots afin de permettre au leurre de tourner sans interruption. D’apparence facile, ce mode de prospection nĂ©cessite beaucoup de concentration, plus particuliĂšrement quand il faut employer un modĂšle de cuiller ultra-lĂ©ger. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les pĂȘcheurs nĂ©ophytes ne parviennent pas Ă  « sentir » les vibrations de leur leurre qui n’est pas rĂ©cupĂ©rĂ© Ă  la bonne vitesse. Si ce dernier est ramenĂ© trop rapidement, il aura tendance Ă  monter en surface et Ă  devenir totalement inopĂ©rant. Dans le cas inverse, la cuiller sera entraĂźnĂ©e par le courant et cessera d’Ă©mettre toute vibration. Un bon pĂȘcheur au lancer doit donc mĂ©moriser des sĂ©quences lui indiquant que son leurre est vĂ©ritablement opĂ©rant. Jouant sur la vitesse de rĂ©cupĂ©ration de son moulinet et l’inclinaison de sa canne Ă  lancer, il devra rester concentrĂ© sur la « dĂ©rive active » de son leurre. Il est toujours trĂšs impressionnant de suivre la « trajectoire utile » d’une cuiller qui suit une veine d’eau avec la plus grande fluiditĂ©. Elle donne l’impression d’ĂȘtre « sur un rail » en Ă©pousant les moindres contours des obstacles caressĂ©s par les flots.
    Dans une autre perspective, vous constaterez Ă©galement que son cheminement sur le plan horizontal n’est pas rectiligne mais Ă©pouse la topographie du fond. Pour parvenir Ă  ce rĂ©sultat, il est indispensable de jouer sur le poids de la cuiller et la vitesse de rĂ©cupĂ©ration afin de trouver le juste Ă©quilibre. Vous l’aurez compris, ce type de trajectoire est indispensable quand les poissons sont mĂ©fiants et refusent d’intercepter un leurre traversant consĂ©cutivement plusieurs veines d’eau.


    Les dĂ©rives naturelles lors d’une prospection en travers

    A priori, on pourrait penser que ce type de dĂ©rive est semblable Ă  la prĂ©cĂ©dente. En fait, la prĂ©sence de plusieurs veines d’eau entre la trajectoire devant ĂȘtre suivie par votre leurre et la pointe du scion complique sensiblement la tĂąche. Un peu comme un bas de ligne subissant la pression irrĂ©guliĂšre de nombreux courants et provoquant le draguage de la mouche artificielle, la cuiller peut ĂȘtre entraĂźnĂ©e et sortir subitement de la dĂ©rive naturelle que vous souhaitiez prospecter. En effet, la banniĂšre, en raison de sa longueur, est particuliĂšrement sensible Ă  la pression de l’eau quand elle est presque totalement immergĂ©e. Il est donc importantde relever la pointe du scion afin de soustraire la ligne Ă  la force des flots. Ce travail canne haute doit Ă©galement ĂȘtre associĂ© Ă  un lĂ©ger mouvement d’accompagnement, similaire au geste exĂ©cutĂ© par les pĂȘcheurs aux appĂąts naturels. Il est effectivement important de maintenir la cuiller dans la bonne veine d’eau. En jouant sur l’inclinaison de la canne Ă  lancer, sur la vitesse de rĂ©cupĂ©ration au moulinet – on mouline beaucoup moins vite car la pression du courant exercĂ©e sur un leurre lĂ©gĂšrement de biais par rapport Ă  l’axe du courant autorise un meilleur maintien de la cuiller – et le maintien d’une banniĂšre lĂ©gĂšrement « dĂ©tendue », il est possible de ralentir la dĂ©rive et de pĂȘcher beaucoup plus creux.
    Faites-en l’expĂ©rience et vous serez convaincu du bien fondĂ© de cette approche. La conduite de votre leurre devient alors extrĂȘmement technique et n’a plus rien Ă  envier aux autres modes de pĂȘche. Cette maĂźtrise gestuelle est un mode opĂ©ratoire pratiquĂ© par les pĂȘcheurs les plus aguerris ; c’est aussi un moyen simple de diffĂ©rencier le niveau technique des uns et des autres !

    Le dernier type de dĂ©rive correspond aux trajectoires « up stream » d’une cuiller entraĂźnĂ©e par le courant

    Tout le monde connaĂźt la formation du fameux arc de cercle de la ligne en fin de rĂ©cupĂ©ration. Si ce mouvement dĂ©clenche souvent l’attaque d’une truite surdensitaire, il convient de rester plus prudent avec ce type de trajectoire quand il s’agit de tromper la mĂ©fiance d’un poisson sauvage ou postĂ© en « pleine eau ». En raison de la position parfaitement visible du pĂȘcheur, il est souvent nĂ©cessaire d’attaquer les postes de plus loin. En effectuant un lancer trois-quarts aval, il est en revanche possible de prospecter de nombreux postes de chasse ou de repos entre le point d’impact du leurre et le prolongement exact du pĂȘcheur. Ainsi, vous pourrez aisĂ©ment jouer sur l’inclinaison de votre canne pour permettre Ă  votre leurre de slalomer entre les diffĂ©rents obstacles prĂ©sents dans le lit de la riviĂšre. N’hĂ©sitez pas Ă  modifier l’inclinaison de votre canne Ă  lancer et Ă  adapter la vitesse de rĂ©cupĂ©ration de votre moulinet. Dans certains cas, il est mĂȘme nĂ©cessaire de dĂ©mouliner pour maintenir une pression suffisante sur votre cuiller tournante. Le pĂȘcheur dispose Ă©galement de toute la longueur de son bras pour prolonger son mouvement et compenser ainsi les Ă©carts de vitesse du leurre directement soumis Ă  la force du courant et aux variations des diffĂ©rentes veines d’eau. Dans les cas extrĂȘmes, il est Ă©galement possible de maintenir une cuiller, devant un poste et en Ă©quilibre instable ou de l’accompagner en la laissant descendre une veine d’eau profonde. En employant ces diffĂ©rentes techniques, le pĂȘcheur au lancer augmente naturellement ses chances de capture. Mais au-delĂ  de l’efficacitĂ©, je vois davantage un moyen de prouver aux autres pĂȘcheurs que la pĂȘche Ă  la cuiller tournante est beaucoup plus subtile et technique qu’on ne le pense !

  • Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Carnassier : de l’importance du bas de ligne

    Depuis trĂšs longtemps, les bas de ligne destinĂ©s aux poissons carnassiers susceptibles de couper le nylon sont rĂ©alisĂ©s en acier. Avec le temps, les poissons se sont adaptĂ©s Ă  ce systĂšme et aujourd’hui l’acier les fait fuir. Les fils de gros diamĂštre en fluorocarbone remplacent avantageusement l’acier. Alban Choinier nous explique comment et pourquoi.

    Par Alban Choinier

    Tous les poissons susceptibles d’ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par un leurre, que ce soit en eau douce ou en mer s’adaptent Ă  la pression de pĂȘche. Le choix de la couleur, de la forme, du type ou de la vitesse de rĂ©cupĂ©ration a bien Ă©videmment une Ă©norme importance pour dĂ©jouer leur mĂ©fiance. Mais les poissons ne sont pas seulement focalisĂ©s sur le leurre, le bas de ligne entre aussi dans leur champ de vision. Les moucheurs l’ont bien compris et portent beaucoup d’intĂ©rĂȘt Ă  ces quelques mĂštres de nylon. Dans la pĂȘche aux leurres, le choix du matĂ©riau qui sera devant le leurre a lui aussi une trĂšs grande importance.

    EN MER

    Le bar est l’espĂšce principalement recherchĂ©e par les pĂȘcheurs aux leurres sur la cĂŽte française. La pĂȘche de ce poisson a littĂ©ralement explosĂ© ces cinq derniĂšres annĂ©es tant du cĂŽtĂ© de la pĂȘche professionnelle que de la pĂȘche rĂ©crĂ©ative. D’une part le stock de poissons semble diminuer irrĂ©mĂ©diablement, d’autre part la quantitĂ© de bars que prenaient les pĂȘcheurs aux leurres il y a quelques annĂ©es est souvent supĂ©rieure Ă  ce qu’elle peut ĂȘtre aujourd’hui. Je suis intimement persuadĂ© que ce phĂ©nomĂšne n’est pas seulement dĂ» Ă  la diminution des effectifs. Les bars ont acquis au fil des annĂ©es une rĂ©elle mĂ©fiance vis-Ă -vis de nos artifices.
    Le problĂšme de la confection d’un bas de ligne ne se posait pas quand les pĂȘcheurs Ă©quipaient leur moulinet de nylon. Le leurre Ă©tait simplement attachĂ© au corps de ligne. Avec l’apparition des corps de ligne tressĂ©, la situation change du tout au tout. Ce nouveau matĂ©riau est tellement performant (absence d’Ă©lasticitĂ©, finesse, rĂ©sistance) que 90 % de pĂȘcheurs l’ont adoptĂ©. J’ai Ă©tĂ© surpris de voir cet Ă©tĂ© au cours de parties de pĂȘche sur notre littoral que de nombreux pĂȘcheurs utilisant de la tresse ne confectionnent pas de bas de ligne. Ils montent leur leurre directement sur la tresse. Les corps de ligne tressĂ©s prĂ©sentent de nombreux avantages, mais ils sont opaques et particuliĂšrement visibles sous l’eau. J’ai eu l’occasion de plonger pour observer le travail des leurres sous l’eau. J’ai Ă©tĂ© trĂšs surpris par l’aspect que prend la tresse sous l’eau : c’est une vĂ©ritable corde Ă  linge. Aussi fine soit-elle, l’absence de discrĂ©tion est un handicap qu’il faut impĂ©rativement compenser. La meilleure astuce consiste Ă  intercaler un bas de ligne d’un matĂ©riau transparent entre la tresse et le leurre. Ce matĂ©riau peut ĂȘtre soit un nylon translucide soit un fluorocarbone. À titre personnel, j’aurais un petit faible pour le fluorocarbone. Il prĂ©sente de nombreux avantages sur le nylon : son indice de rĂ©fraction de la lumiĂšre est trĂšs proche de celui de l’eau (quasi invisible), il est Ă©tanche Ă  l’eau et insensible aux UV (bon vieillissement) et ne possĂšde aucune mĂ©moire. Pour que le bĂ©nĂ©fice de la discrĂ©tion soit rĂ©el, le brin de fluorocarbone doit mesurer environ un mĂštre. La liaison entre le bas de ligne et le corps de ligne est constituĂ©e par un noeud. En effet, seul un noeud peut passer dans les anneaux sans gĂȘner la pĂȘche. Le choix du diamĂštre du bas de ligne a de l’importance dans la traque du bar. L’aspect Ă  ne pas nĂ©gliger est l’absence d’Ă©lasticitĂ© de la tresse. Toutes les sollicitations mĂ©caniques vont se concentrer sur la seule partie Ă©lastique de la ligne : le mĂštre de fluorocarbone. Il faut donc sur-dimensionner le diamĂštre du bas de ligne. Un 40/100 reprĂ©sente l’idĂ©al. Cela peut sembler Ă©levĂ© compte tenu de la taille moyenne du poisson ciblĂ© mais c’est totalement justifiĂ©. Le 40/100 est capable d’encaisser les rushs les plusviolents, la rĂ©sistance Ă  l’abrasion est trĂšs bonne (les moules et les huĂźtres sont des aimants Ă  bar…), et sa relative raideur empĂȘche le leurre de boucler dans le bas de ligne lors des rafales de vent. J’ai eu souvent l’occasion de pĂȘcher cet Ă©tĂ© Ă  cĂŽtĂ© de pĂȘcheurs qui avaient montĂ© leur leurre directement sur la tresse. Le phĂ©nomĂšne Ă©tait souvent le mĂȘme, de nombreux poissons suivaient leurs leurres sans attaquer. Quand un bar fait trois ou quatre remous derriĂšre votre leurre de surface sans jamais le toucher, je vous assure qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux. Les bars se mĂ©fiaient de la tresse. Avec un simple mĂštre de fluorocarbone le rĂ©sultat Ă©tait diffĂ©rent.

    EN EAU DOUCE

    Que ce soit en riviĂšre ou en Ă©tang, les avantages et les inconvĂ©nients de la tresse sont exactement les mĂȘmes qu’en mer. Nous pĂȘchons rarement dans des eaux boueuses et il ne faut pas sous-estimer la vision des poissons. D’autant plus que la pression de pĂȘche est souvent inversement proportionnelle au nombre de poissons. En dehors de la recherche spĂ©cifique de la truite ou du black bass, nous sommes susceptibles de capturer un brochet Ă  chaque fois que nous mettons un leurre Ă  l’eau. Bien Ă©videmment, personne ne s’en plaindra ! Par contre, le brochet est Ă©quipĂ© de 700 dents particuliĂšrement aiguisĂ©es. La pĂȘche du brochet est associĂ©e Ă  l’utilisation systĂ©matique d’un bas de ligne en acier. La technique traditionnelle en France Ă©tait un gros vif attachĂ© par un bas de ligne en acier de 15 kg (on ne sait jamais, il paraĂźt que les requins bouledogue remontent en eau douce) remuant sous un bouchon. Avec tant de subtilitĂ©, le brochet avalait profondĂ©ment le vif. Dans ce cas prĂ©cis, un bas de ligne en acier se justifiait. D’autant plus que la capture d’un brochet Ă©tait profondĂ©ment associĂ©e Ă  la nourriture. La problĂ©matique est actuellement diffĂ©rente. La pĂȘche est un sport et non plus un moyen de subsistance. Nous pouvons nous permettre l’Ă©ventuel risque de perdre un poisson qui, de toute façon, serait retournĂ© dans son milieu naturel aprĂšs sa capture. De plus, en pĂȘchant aux leurres, la touche Ă©tant retransmise via la main du pĂȘcheur en temps rĂ©el, c’est assez rare que le poisson ait le temps de gober complĂštement le leurre. Les bas de lignes spĂ©cifiques pour la traque du brochet : acier, kevlar, tresses diverses prĂ©sentent les mĂȘmes inconvĂ©nients. Ils sont opaques et lourds. Aussi fins qu’ils puissent ĂȘtre, ils se voient comme le nez au milieu de la figure. La seconde gĂȘne, beaucoup moins connue, est le poids. En effet, les poissons nageurs modernes possĂšdent des nages absolument superbes qui ne supportent pas de contrainte. L’acier est lourd, il entrave la nage de certains leurres, empĂȘche les leurres flottants de remonter correctement et fait systĂ©matiquement couler les leurres suspending (densitĂ© neutre). Il existe un stratagĂšme pour avoir un bas de ligne discret sans pour autant se faire couper par maĂźtre Esox. Le fluorocarbone ou le nylon de diamĂštre important est une solution miracle. Le fluorocarbone a ma prĂ©fĂ©rence pour les raisons citĂ©es prĂ©cĂ©demment et pour une rĂ©sistance Ă  l’abrasion supĂ©rieure au nylon. Afin de ne pas se mettre d’obstacle dans le choix du diamĂštre, il faut partir du principe que, quel que soit son Ă©paisseur, le fluorocarbone reste invisible sous l’eau. Afin de rĂ©sister aux frottements contre les dents, seuls les diamĂštres compris entre 50 et 60/100 sont rĂ©ellement efficaces. Les tailles supĂ©rieures sont difficiles Ă  nouer. J’ai employĂ© presque tous les diamĂštres compris entre 50 et 60/100, depuis quatre ans que je pĂȘche le brochet avec des bas de ligne en fluorocarbone, sans voir de rĂ©elle diffĂ©rence quant au rĂ©sultat. Je pĂȘche en ce moment avec un 55/100 achetĂ© dans une boutique mouche qui me satisfait complĂštement. Bien sĂ»r, plus le diamĂštre est important et plus la sĂ©curitĂ© est grande. J’ai dĂ» capturer plus de cinq cents brochets avec du fluorocarbone comme bas de ligne, dont certains trĂšs gros et d’autres qui avaient correctement avalĂ© le leurre. Je ne me suis fait couper qu’une dizaine de fois. Le nombre de touches avec un bas de ligne transparent est tellement plus important qu’avec tout autre type de bas de ligne que je veux bien accepter de perdre un brochet sur cinquante ! D’une façon assez surprenante, ce sont toujours des brochets de petite taille qui m’ont coupĂ© le bas de ligne. Les gros poissons ont les dents plus Ă©cartĂ©es et beaucoup moins dangereuses. En ce qui concerne la longueur du bas de ligne, comme pour le bar, un mĂštre semble ĂȘtre la taille idĂ©ale.
    Concernant les autres espĂšces de poissons, que ce soit les perches, les silures ou les sandres, ils ne font pas la diffĂ©rence entre un bas de ligne de 20 et de 40/100, le fluorocarbone est virtuellement invisible. Le fait que votre bas de ligne soit un peu Ă©pais et rigide ne gĂšne en rien la nage de votre leurre, bien au contraire. Par contre, il est nĂ©cessaire de rester cohĂ©rent sur le rapport entre la taille de votre leurre et le diamĂštre du bas de ligne. Si vous dĂ©sirez pĂȘcher des perches ou des black bass avec un petit leurre lĂ©ger de 5 cm, c’est Ă©vident qu’un bas de ligne en 50/100 risque d’entraver sa nage. Il n’existe pas de vĂ©ritĂ© en matiĂšre de pĂȘche. Soit vous pĂȘchez avec un bas de ligne en 25 ou 30/100 et prenez le risque de vous faire couper, soit vous mettez un bas de ligne en 50/100 et votre leurre nagera moins bien. Rien n’est parfait ! Dans tous les cas, un gros monofilament sera toujours meilleur que l’acier !

    COMMENT ATTACHER SON LEURRE ?

    Toujours dans un souci d’efficacitĂ© et de discrĂ©tion, l’attache entre le bas de ligne et le leurre doit ĂȘtre la plus simple possible. La plupart des leurres (poissons nageurs, leurres souples avec tĂȘte plombĂ©e…) nagent sur un axe. Le risque de vrillage est donc nul. À part pour les cuillĂšres tournantes, l’utilisation d’un Ă©merillon est inutile. PlutĂŽt que de gĂȘner la nage du leurre avec un Ă©merillon agrafe, prĂ©fĂ©rez l’utilisation d’une agrafe simple. Il existe dans le commerce de nombreuses marques qui proposent des petites agrafes en inox trĂšs solides de conception diverses. Les agrafes Rapala n° 2 et celles de marque Ilex sont excellentes, mais il en existe d’autres d’aussi bonne qualitĂ©. La rĂ©ussite d’une partie de pĂȘche ne tient pas Ă  grand-chose. On peut essayer de mettre un maximum de chances de son cĂŽtĂ© en Ă©tudiant tous les aspects du matĂ©riel. Les pĂȘcheurs attachent gĂ©nĂ©ralement beaucoup d’importance Ă  la forme ou Ă  la taille des leurres et assez peu Ă  la conception de leur bas de ligne. Pourtant, c’est sĂ»rement la partie de la ligne qui va passer le plus de temps dans l’eau au cours d’une partie de pĂȘche. Toutes les techniques de pĂȘches, que ce soit la pĂȘche Ă  la mouche ou la pĂȘche aux leurres, ont un dĂ©nominateur commun : discrĂ©tion rime souvent avec efficacitĂ©…

  • La gamme Sakura s’agrandit en 2012

    La gamme Sakura s’agrandit en 2012

    La septiĂšme Ă©dition du catalogue Sakura s’enrichit de prĂšs de 650 nouvelles rĂ©fĂ©rences et s’Ă©paissit d’un cahier. Plus qu’un catalogue, ce pavĂ© de 240 pages distille conseils et points de vue. Parmi les points forts de cette gamme 2012, nous pouvons citer les nouvelles cannes Furiozza Micro Guide Limited et les SĂŒkan Neo, les moulinets Sakura casting Oxio disponibles en deux ratio et spinning Kapax, les leurres Sakura : poissons nageurs et leurres souples, soit prĂšs de 450 rĂ©fĂ©rences au total. Autre Ă©lĂ©ment intĂ©ressant : les marques internationales distribuĂ©es par Sakura en exclusivitĂ© (Gamakatsu, Molix, Ima Japan, River2Sea, Gary Yamamoto, Izumi) affichent Ă©galement leurs nombreuses nouveautĂ©s dans ce catalogue. Vous pouvez le retrouver ainsi que tout l’univers de Sakura sur leur site Internet.

  • Lucky Craft Real California Premium 130 Swimbait

    Lucky Craft Real California Premium 130 Swimbait

    La mode est aux hards swims baits (leurres durs nageants) de grandes tailles. Lucky Craft n’est pas en reste avec un leurre hyperrĂ©aliste de 130 mm, le Real California Premium, dont l’aspect bel objet, cache une qualitĂ© de nage surprenante, fruit d’un parfait Ă©quilibre des masses et des volumes. Imitant des salmonidĂ©s (plusieurs espĂšces de truites selon les coloris), ce leurre imposant nage Ă  quelques centimĂštres sous la surface et l’on croirait vraiment une truite Ă  toutes les allures de rĂ©cupĂ©rations. Sur ce point, il est important de souligner que le Real California Premium nage parfaitement Ă  trĂšs faible vitesse de rĂ©cupĂ©ration, ce qui n’est pas le cas de tous les hards swims baits.

    Conseils d’animation
    Les leurres de cette famille se rĂ©cupĂšrent principalement de façon linĂ©aire, mais en faisant varier constamment la vitesse de rĂ©cupĂ©ration. Ainsi, l’effet louvoyant parait vraiment trĂšs naturel. Ce leurre est parfait pour rechercher des poissons actifs sur de grandes surfaces d’eau. Sa taille le destine en prioritĂ© au brochet, mais les black-bass de grandes tailles n’en font qu’une bouchĂ©e !


    Fiche technique

    Longueur : 130
    mm.

    Poids : 35,5 gr.

    Prix conseillé :
    42 euros.

    Renseignements :
    site Internet : www.luckycraft.fr

  • Les cannes monobrin, une mode ou un avantage rĂ©el ?

    Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    En quelques annĂ©es, la pĂȘche aux leurres a Ă©normĂ©ment Ă©voluĂ©, autant en matiĂšre de leurres qu’en matiĂšre de cannes. On est passĂ© des anciennes cannes de trois mĂštres Ă  des cannes courtes ultra maniables et trĂšs lĂ©gĂšres. Parmi ces cannes courtes, on peut noter la gĂ©nĂ©ralisation des cannes monobrins. Cette caractĂ©ristique est-elle un rĂ©el avantage par rapport aux cannes en deux brins ?

    Par Alban Choinier

    Comme nous l’avions dĂ©jĂ  abordĂ©, les cannes courtes sont beaucoup plus adaptĂ©es aux maniements des leurres que les cannes longues. Les avantages sont multiples : lĂ©gĂšretĂ©, maniabilitĂ©, facilitĂ© d’animation du leurre (dĂ©placement du scion plus facile Ă  gĂ©rer qu’avec une canne longue), bras de levier plus court pour les combats
 On dira pour simplifier les choses, qu’une canne est courte si elle mesure moins de 2,5m. Bien sĂ»r, il existe quelques exceptions qui confirmeront la rĂšgle. En effet, si vous pĂȘchez le bar en waders dans les parcs Ă  huĂźtres, vous serez Ă  l’aise avec une canne dont la longueur sera comprise en 2,4 et 2m. Mais Ă  l’inverse, si vous pĂȘchez du bord en Bretagne par-dessus les gros blocs de la cĂŽte de granite rose, vous aurez nĂ©cessairement besoin d’une canne de 2,7 Ă  3 mĂštres pour arriver Ă  soustraire votre banniĂšre des rochers.

    Les diffĂ©rents types d’emmanchements

    La plupart des cannes Ă  leurres sont composĂ©es de 2 brins Ă©gaux. Ces deux brins peuvent s’emboĂźter l’un dans l’autre selon trois principes diffĂ©rents : l’emmanchement droit, l’emmanchement inversĂ© ou le spigot. L’emmanchement droit est le scion qui vient rentrer dans le talon. Le diamĂštre du scion Ă©tant plus faible que le plus petit diamĂštre du haut du talon. C’est un type d’emmanchement que l’on peut trouver sur des anciens modĂšles de cannes en fibre de verre ou sur les cannes en bambou refendu. Mais nous allons voir un peu plus loin que l’emmanchement droit a Ă©tĂ© remis au goĂ»t du jour
 Sur les cannes Ă  emmanchement inversĂ©, c’est le scion qui vient couvrir l’extrĂ©mitĂ© du talon. Le diamĂštre bas du scion est donc supĂ©rieur en diamĂštre Ă  celui du haut du talon de la canne. Le spigot est un morceau de carbone, pouvant ĂȘtre plein ou creux, qui va relier le talon au scion de la canne. Le blank (la partie en carbone de la canne) a Ă©tĂ© coupĂ© en deux, le tube de carbone (le spigot) est collĂ© dans le talon et s’emboĂźte dans le scion. Dans ce cas, le diamĂštre du scion et du talon sont similaires au niveau de l’emmanchement.


    Avantages et inconvénients de ces emmanchements

    L’emmanchement droit, quand il est placĂ© en milieu de canne, crĂ©e une surĂ©paisseur importante qui donne une zone dure qui brise l’action du blank. L’emmanchement inversĂ© est trĂšs fiable, trĂšs solide et insensible Ă  l’usure : quand les brins s’usent, le talon entre un peu plus profondĂ©ment dans le scion et compense la perte de matiĂšre. Mais il peut modifier l’action des cannes destinĂ©es aux pĂȘches lĂ©gĂšres, c’est pourquoi il est le plus souvent utilisĂ© sur les cannes destinĂ©es Ă  des pĂȘches fortes. L’emmanchement par spigot est plus technique Ă  mettre en oeuvre mais il permet de prĂ©server au mieux l’action des cannes de puissance faible Ă  moyenne. Par contre, il est plus fragile et sensible Ă  l’usure. Les constructeurs gardent toujours sur les spigots un centimĂštre de carbone libre afin de compenser une future usure. En fait, c’est assez rare d’user complĂštement un spigot (jusqu’à ce que le talon et le scion se touchent). Malheureusement, la canne tombe souvent sur un « accident de parcours » avant cette Ă©chĂ©ance
 En rĂ©sumĂ©, quel que soit le type d’emmanchement, il va toujours modifier en partie l’action de la canne.

    Simplicité rime avec efficacité !

    En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Cet adage est particuliĂšrement vrai en ce qui concerne les cannes : une canne en un seul brin sera toujours plus performante qu’une canne en plusieurs brins. Nul besoin d’explications ultratechniques, ni de formules mĂ©caniques complexes, cette constatation est Ă©vidente et saute aux yeux. Une canne monobrin sera :
    – Plus lĂ©gĂšre, car les emboĂźtements quels qu’ils soient ajoutent toujours un petit surplus de carbone.
    – Plus puissante qu’une canne similaire en deux brins, car il n’y a aucune perte de force dans une liaison.
    – Plus solide, car les emmanchements sont des points de faiblesse – Plus prĂ©cise dans les lancers. En effet, le nerf du blank est respectĂ© sur sa totalitĂ© et les torsions sont moindres.
    – Son action sera complĂštement prĂ©servĂ©e du fait d’un blank de carbone monobrin.
    – Meilleure en distance de lancer du fait de l’absence d’emmanchement qui absorbe une partie de la restitution des forces.
    – Plus sensitive. En effet, la moindre petite touche est directement transmise dans la main du pĂȘcheur.
    En bref, une canne monobrin est plus performante, et de loin, qu’une canne multibrins !


    Peut-on sentir la différence ?

    C’est une question importante : peut-on sentir la diffĂ©rence dĂšs la prise en main entre deux cannes (l’une en 2 brins et l’autre monobrin) de mĂȘme puissance annoncĂ©e et de mĂȘme longueur ? Sans parti pris et en toute objectivitĂ© : oui ! La diffĂ©rence se ressent trĂšs rapidement. Les cannes monobrins sont plus lĂ©gĂšres et gĂ©nĂ©ralement Ă©quilibrĂ©es diffĂ©remment. Quand vous prenez en main une canne en deux brins (sans moulinet), elle a souvent tendance Ă  « piquer du nez ». C’est une sensation due au poids situĂ© vers le scion. Cette sensation est inexistante sur les cannes monobrins. L’autre sensation que l’on ressent immĂ©diatement est une impression de « raideur ». A la prise en main, les cannes monobrins donnent l’impression d’ĂȘtre plus raides que leurs homologues en deux brins. En rĂ©alitĂ©, la force est mieux rĂ©partie sur l’ensemble du blank et cette sensation est souvent due Ă  une diffĂ©rence d’action. GĂ©nĂ©ralement les cannes monobrins sont plus rapides que les deux brins. Donc pour une puissance annoncĂ©e similaire, la canne monobrin vous donnera une impression plus importante de « raideur ».

    Un problùme d’encombrement

    Il faut bien qu’il y ai un dĂ©savantage aux cannes monobrin
et celui ci est majeur : l’encombrement ! En effet, le problĂšme du transport est le seul point noir. Autant il est agrĂ©able de pĂȘcher avec une canne monobrin de 2 mĂštres, autant la transporter devient rapidement un casse tĂȘte. C’est d’ailleurs pour cette raison que seule les cannes de 2,10 mĂštres et moins sont dĂ©clinĂ©es dans des versions monobrin. Cette longueur correspond Ă  peu prĂšs Ă  celle de la plupart des habitacles des vĂ©hicules. Mais en rĂ©alitĂ©, l’avantage d’une canne monobrin pour les pĂȘches en eau douce est surtout valable pour des longueurs de 2,10 mĂštres et moins. En effet, sur des cannes de 2,40 mĂštres ou 2,70 mĂštres, le poids de l’emmanchement, ainsi que son influence sur l’action de la canne, sont diluĂ©s sur la longueur et se rĂ©vĂšlent moins gĂȘnant que sur une canne plus courte.

    Le talon amovible : une solution !

    L’une des solutions trouvĂ©es par les fabricants pour limiter ce problĂšme d’encombrement est d’intĂ©grer un talon amovible. Le blank reste en un seul tenant (donc monobrin avec tous les avantages), mais il vient s’emboĂźter avec un emmanchement droit dans le talon, qui comprend seulement les poignĂ©es et le porte moulinet. On peut gagner facilement, suivant le type et la puissance de la canne, de 35 Ă  60 cm d’encombrement en moins. C’est la solution que l’on trouve en France sur la plupart des cannes de plus de 7 pieds (2,10 mĂštres) comme celles distribuĂ©es par Illex, Sakura, Smith, Zenaq, Tenryu et bien d’autres. Comme nous l’avions vu auparavant, l’emmanchement droit modifie d’une façon importante l’action des cannes. Mais Ă©tant donnĂ© que le blank s’emboĂźte dans le talon de la canne et que cette partie prĂ©cise n’est pas amenĂ©e Ă  plier, le problĂšme ne se pose plus. De nombreuses cannes pour l’eau douce sont montĂ©es selon le principe talon + blank. Mais c’est pour les pĂȘches exotiques trĂšs fortes que cette solution est la plus employĂ©e. Les sollicitations mĂ©caniques sont tellement fortes, les poissons tellement puissants et les puissances de freinages tellement importantes que seules les cannes monobrin tiennent le choc.


    Que choisir ?

    En termes de pĂȘche, la rĂ©ponse est Ă©vidente : les cannes monobrins surpassent de loin les autres cannes en plusieurs brins. Mais ceci est valable pour les cannes de 2,5 mĂštres et moins. En fait, l’idĂ©al serait de possĂ©der des cannes monobrins ainsi que des cannes de mĂȘme puissance en deux brins pour les voyages. Ceci Ă©tant bien sĂ»r simplement limitĂ© par le cĂŽtĂ© financier ! Les cannes monobrins viennent rĂ©ellement d’apparaĂźtre en France depuis 2 annĂ©es et encore peu de pĂȘcheurs en sont Ă©quipĂ©s. On trouve d’excellentes cannes monobrins trĂšs bien montĂ©es pour moins de 200 euros. Il existe pour toutes les pĂȘches aux leurres que nous pratiquons en France ou Ă  l’étranger des cannes monobrins appropriĂ©s, de la truite en passant par le brochet ou le bar. Essayez une canne courte monobrin, elle vous semblera trop courte les dix premiĂšres minutes et vous ne pourrez plus vous en passer aprĂšs quelques heures d’utilisation !

  • Lire une boĂźte de leurres

    Lire une boĂźte de leurres

    À pĂȘche universelle, langage universel ! La pĂȘche aux leurres est souvent mal comprise des pĂȘcheurs français en raison des nombreux termes anglophones qui la rĂ©gisse. Les produits Ă©tant pour la plupart importĂ©s du Japon, nous avons de la chance si les notices des boĂźtes de leurres ne sont pas rĂ©digĂ©es en japonais (c’est toujours le cas pour certaines !). L’anglais s’impose donc pour toutes les exportations sur l’Europe et le reste du monde. Un petit lexique s’avĂšre donc bienvenu pour mieux comprendre les indications mentionnĂ©es sur les boĂźtes de leurres, ainsi que les termes utilisĂ©s naturellement par les spĂ©cialistes de cette technique.

    Crankbait : leurre flottant mais muni d’une bavette plus ou moins longue et plus ou moins inclinĂ©e qui lui permet rapidement d’atteindre sa profondeur de nage (0 Ă  3 m en moyenne et jusqu’à 6 ou 9 m). Son appellation “crank” , vient de manivelle, car leur rĂ©cupĂ©ration s’effectue en moulinant rĂ©guliĂšrement. Le fait qu’ils soient flottants permet de casser la rĂ©cupĂ©ration en effectuant des pauses. Contrairement Ă  une idĂ©e reçue, les cranks ne s’accrochent que trĂšs peu car leur bavette sert de butoir pour les faire pivoter autou ou rebondir dur les obstacles (bois, rochers)

    DD : deep diving (plongeur profond).

    F : floating, leurre flottant.

    Jerking : action d’animer un leurre de façon franche mais irrĂ©guliĂšre. Terme ici inspirĂ© d’une danse, le jerk. Autre dĂ©finition : Jerk signifie “secousse, soubressaut, spasme” ce qui peu aussi traduire le comportement que prend le leurre sous les Ă -coups du scion. On retrouve ça dans la façon de danser le
 jerk bien sĂ»r.

    Jerkbait : poisson nageur conçu pour ĂȘtre animĂ© en jerking.

    Jerking : animation d’un leurre par coups de scion irrĂ©guliers. La position de la canne peut ĂȘtre variable.

    Lipless
    : littĂ©ralement sans lĂšvres, mais qui signifie sans bavette dans le cas des leurres. Il existe des lipless crankbait, Ă  lancer et ramener pour les faire vibrer fortement, et des lipless minnows plus effilĂ©s qu’on peu animer d’à-coups ou ramener lentement en linĂ©aire pour obtenir une nage chaloupĂ©e trĂšs discrĂšte.

    Longbill : longue bavette. Dote les poissons nageurs qui vont pĂȘcher en profondeur.

    Stick bait
    : littĂ©ralement “appĂąt bĂąton” en raison de la forme du leurre.

    SP : suspending. Le leurre dont la densitĂ© est identique Ă  celle de l’eau et qui reste en suspension dans la couche d’eau lorsqu’on arrĂȘte sa rĂ©cupĂ©ration.

    S
    : sinking : leurre coulant.

    Twitching
    : animation d’un leurre par coup de scions rĂ©guliers canne basse.

    Hard swim bait et soft swim bait :
    leurre dur nageant et leurre souple nageant. Ces leurres sont articulés souvent en deux ou trois parties. Leur nage est des plus vivantes.

    Swimbait : ou swimming bait. Leurres souples en PVC, silicone, Ă©lastomĂšre avec, ou sans, partie rigide en ABS ou en bois. ÉquipĂ©s de bavette, ou de palette caudale, certains sont articulĂ©s mais tous ondulent comme de vrais poissons. Conçus pour ĂȘtre ramenĂ©s de maniĂšre continue, il ne sont pas faits pour ĂȘtre animĂ©s d’Ă -coups.

    Walking the dog
    : animation particuliĂšrement efficace avec les stickbaits et les jerkbaits. Avec un lĂ©ger mou dans la banniĂšre et en coordonnant la rĂ©cupĂ©ration du moulinet et les Ă -coups du scion, maintenu, au ras de la surface on parvient Ă  faire zigzaguer merveilleusement ce type de leurre. L’ampleur des zigzags dĂ©pend de la cadence des Ă -coups : rapide = zigzags serrĂ©s, lente = zigzags plus larges.

    Wobbling : littĂ©ralement vacillation. CaractĂ©rise le frĂ©tillement d’un leurre (crankbait, minnow).

  • Sakura Stick Flat Sinking

    Sakura Stick Flat Sinking

    Leurre de la gamme PossĂ©dĂ© conçu par Patrick SĂ©bile, le Stick Flat SK est un leurre particuliĂšrement bien nĂ©. Plus de billes ou de formes simplement creuses, mais un remplissage partiel du corps du leurre par un fluide agrĂ©mentĂ© de paillettes aux reflets Ă©clatants. Au lancer, le liquide se place en queue pour la distance et la prĂ©cision des jets. Pendant la nage, l’effet des coloris en 3D et de perte d’Ă©cailles est particuliĂšrement saisissant, simulant de façon convaincante un poissonnet qui fuit aprĂšs avoir Ă©tĂ© blessĂ©, et il dure encore pendant plusieurs secondes lors des poses, donnant un zeste de vie Ă  l’immobilitĂ© du leurre. Le Stick Flat fait partie de la famille des stickbaits, mais il Ă©volue sous la surface avec une densitĂ© assez proche de celle de l’eau. Sa nage est planante, mais on retrouve les Ă©carts francs des stickbaits flottants, qui sont avec lui plus larges et plus doux. Ce tout nouveau leurre est, de l’avis des meilleurs spĂ©cialistes, promu Ă  un bel avenir pour la pĂȘche des bars difficiles. Existe aussi en version flottante (FT).


    Conseils d’animation

    Voir nager ce leurre redonne la foi et le moral, car avec lui, on y croit Ă  tous les instants. Sa forme particuliĂšre en fait un leurre assez singulier, qu’il faut apprendre Ă  connaĂźtre. Il est donc conseillĂ© de faire quelques lancers en eaux claires pour observer son comportement. Son animation est principalement constituĂ©e de tirĂ©es d’amplitudes diverses canne basse, entrecoupĂ©es d’arrĂȘts. On peut varier Ă  l’infini les enchaĂźnements, accĂ©lĂ©rer ou ralentir. Cette diversitĂ© d’animations est Ă  cultiver pour provoquer les attaques. À noter que ce leurre convient Ă©galement trĂšs bien pour la pĂȘche du brochet.


    Fiche technique

    Longueur : 90 mm. Poids : 11,6 gr.
    Prix conseillé : 18,90 euros. Existe en 6 coloris.
    Renseignements : www.sakura-fishing.com

  • Poisson-nageur : du rĂŽle des billes

    Poisson-nageur : du rĂŽle des billes

    Stabilité au lancer, émission de sons de haute ou de basse fréquence, amélioration de la nage, les leurres à billes ne sont pas le fruit du hasard, mais naissent des mains de spécialistes opérants comme de véritables génies. Explications, pour ne plus jamais regarder un poisson nageur comme un vulgaire pastiche.

    Par Alban Choinier

    Améliorer les distances de lancer

    Les premiers poissons nageurs mis au point par un gĂ©nial pĂȘcheur finlandais Ă©taient plutĂŽt destinĂ©s Ă  effectuer leur dure besogne tractĂ©s derriĂšre un bateau. Ces leurres avaient Ă©tĂ© pensĂ©s pour nager sous l’effet d’une traction, et non pas pour ĂȘtre lancĂ©s. D’autant plus que le matĂ©riel n’avait pas atteint de niveau de perfectionnement actuel. Les poissons nageurs en bois ont la densitĂ© de leur matĂ©riel de construction. Le centre de gravitĂ© est souvent situĂ© au centre du leurre, ce qui a pour dĂ©sagrĂ©able effet de le faire tournoyer en l’air pendant le lancer. La rĂ©sultante est une perte de prĂ©cision et de distance. Pour amĂ©liorer tout cela, des ingĂ©nieurs japonais ont imaginĂ© un subterfuge : modifier le centre de gravitĂ©. Les billes font alors leur apparition. PlacĂ©es dans le tiers arriĂšre, dans le cas des leurres de surface, les billes apportent du poids vers le cul du piĂšge et modifient ainsi le centre de gravitĂ©. Le leurre part comme une fusĂ©e sans tourner. Pour les poissons nageurs, le problĂšme est un peu diffĂ©rent. Pour nager correctement, le centre de gravitĂ© doit ĂȘtre vers le centre du leurre, alors qu’il doit ĂȘtre vers l’arriĂšre pour le lancer. La solution a Ă©tĂ© trouvĂ©e en plaçant une ou plusieurs billes sur un rail, avec la possibilitĂ© pour elles de passer du milieu vers l’arriĂšre. Pendant le lancer, elles coulissent vers l’arriĂšre et, lors de la rĂ©cupĂ©ration, elles regagnent bien sagement leur place au centre du corps. Ces billes destinĂ©es Ă  amĂ©liorer les distances de lancer sont rarement trĂšs bruyante. Le son qu’elles produisent est souvent sourd, du fait de leur masse.


    DĂ©clencher la curiositĂ© ou l’énervement

    Les poissons, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, et surtout les carnassiers, sont trĂšs curieux. Les bruits provoquĂ©s par des leurres Ă  bille amĂšnent des poissons Ă  se dĂ©placer sur des distances considĂ©rables. Les billes destinĂ©es Ă  faire du bruit sont souvent en verre ou en laiton. PlacĂ©es dans des loges spĂ©cifiques (souvent dans la tĂȘte du leurre), elles n’existent que pour s’entrechoquer. Les poissons n’attaquent pas obligatoirement les leurres pour se nourrir. Ils peuvent ĂȘtre dĂ©rangĂ©s par le bruit assourdissant d’un leurre Ă  bille et l’attaquer par agressivitĂ©. N’ayant pas de mains (!!!), il leur arrive quelquefois de suivre un leurre et de le prendre dans la gueule pour vĂ©rifier la nature de l’élĂ©ment perturbateur, ce qui leur rĂ©serve souvent une drĂŽle de surprise.

    Améliorer la nage

    Certains leurres ont une bille, d’un poids souvent considĂ©rable, placĂ©e au niveau du “ventre’’ sur un rail perpendiculaire au sens de la nage. Cette bille se dĂ©place donc dans le sens de la largeur, et non pas de la longueur. À chaque mouvement du poisson nageur, la bille passe d’un cĂŽtĂ© Ă  l’autre en modifiant Ă  chaque fois la rĂ©partition des masses. L’effet “rolling’’ est plus accentuĂ©. Pour faire simple, le poisson nageur concernĂ© a tendance Ă  balancer fortement sous l’effet des coups de scion.


    À consommer avec modĂ©ration

    Les leurres Ă  billes provoquent une rĂ©action particuliĂšrement positive sur absolument tous les prĂ©dateurs, que ce soit des truites, des brochets, des black-bass ou des bars. Les poissons qui n’ont jamais eu l’occasion d’entendre des leurres bruiteurs rĂ©agissent au quart de tour. Par contre, mĂȘme s’ils ne sont pas douĂ©s d’intelligence, les poissons dĂ©veloppent une sorte de mĂ©fiance. Sur les zones oĂč des leurres bruiteurs sont systĂ©matiquement mis Ă  l’eau, et ce, depuis un certain temps, les poissons commencent Ă  les Ă©viter. Fort heureusement, d’une annĂ©e Ă  l’autre, les poissons oublient et les lieux sur-pĂȘchĂ©s de cette maniĂšre ne sont pas non plus lĂ©gion.

    Quelle sonorité pour quel poisson ?

    On peut classer trĂšs grossiĂšrement les leurres bruiteurs en deux catĂ©gories, ceux Ă  sonoritĂ© grave et ceux Ă  sonoritĂ© aiguĂ«. Aussi surprenant que cela puisse paraĂźtre, le son du leurre a une rĂ©elle importance. N’ayant aucun don pour la voyance, je ne m’aventurerais pas dans des pronostics hĂątifs. Sans aucune raison apparente, il arrive certains jours que les poissons refusent systĂ©matiquement les leurres Ă  sonoritĂ© aiguĂ« pour prendre ceux au son grave. Fort de votre constatation, vous arrivez sur le mĂȘme poste le lendemain avec le leurre qui vous a portĂ© chance pour vous apercevoir que le son ne leur plaĂźt plus. Ils veulent cette fois-ci de l’aiguĂ«. En fait, c’est bien souvent Ă  n’y rien comprendre. En eau douce, le black-bass est un spĂ©cialiste de ce genre de comportement dĂ©routant. En mer, le bar peut certains jours rendre fou n’importe quel pĂȘcheur. J’ai Ă  ce titre une anecdote assez reprĂ©sentative. J’avais modifiĂ© au cours d’une longue journĂ©e d’hiver un de mes leurres de surface. En perçant un petit trou dans la tĂȘte de mon leurre et en le rebouchant avec de la rĂ©sine, j’avais ĂŽtĂ© des billes en verre destinĂ©es Ă  l’origine Ă  crĂ©er un son. Nous pĂȘchions le bar du bord avec deux amis. Les bars suivaient nos leurres sans jamais les prendre. Le leurre le plus attractif Ă©tait justement une version normale du leurre que j’avais modifiĂ©. J’ai changĂ© mon leurre d’origine pour exactement le mĂȘme leurre, mais sans les billes en verre. J’ai fait ce jour-lĂ  une pĂȘche magnifique, alors que mes deux collĂšgues continuaient Ă  s’arracher les cheveux. Il arrive aussi certains jours que les leurres silencieux donnent les meilleurs rĂ©sultats !


    Eau vive ou eau calme ?

    En matiĂšre de son, il existe quand mĂȘme une vĂ©ritĂ© applicable aussi bien en mer qu’en eau douce. Plus le milieu aquatique est remuant, plus les leurres sonores vont ĂȘtre efficaces. Si vous pĂȘchez dans les chutes d’un barrage ou dans la mousse du ressac, un poisson nageur trĂšs bruyant sera nĂ©cessaire pour se diffĂ©rencier du bruit ambiant. Ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de faire de la plongĂ©e sous-marine savent de quoi je parle. À l’inverse, si la mer est d’huile ou si vous pĂȘchez dans un lac trĂšs calme, prĂ©fĂ©rez des leurres assez discrets. Dans ce cas prĂ©cis, trop de bruit peut produire l’effet inverse Ă  celui recherché  sachant que l’exception confirme la rĂšgle ! La prochaine fois que vous aurez un poisson nageur dans la main, secouez-le et essayez d’analyser le rĂŽle des billes et leur sonoritĂ©. Vous allez vite vous apercevoir si elles sont destinĂ©es Ă  amĂ©liorer les distances de lancer, Ă  faire du bruit ou les deux Ă  la fois. Ou si, comme dans certains leurres bas de gamme, elles ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©es n’importe oĂč pour faire plaisir au pĂȘcheur !

  • Le Salon de la pĂȘche de l’Indre honore les leurres

    Le Salon de la pĂȘche de l’Indre honore les leurres

    La 16e Ă©dition du Salon de la pĂȘche de l’Indre, qui se dĂ©roulera au Parc des expositions de ChĂąteauroux, du 17 au 19 fĂ©vrier 2012, met Ă  l’honneur cette annĂ©e les leurres artificiels, avec l’organisation d’une exposition exceptionnelle. Une histoire du leurre racontĂ©e grĂące Ă  la prĂ©sence de collectionneurs (150 ans de leurres) et de fabricants français, asiatiques et amĂ©ricains. Cet Ă©vĂšnement compte plus de 15 000 visiteurs par an sur 6 000 m2 d’exposition.

    Les diffĂ©rents stands seront rĂ©partis selon quatre pĂŽles principaux : la vente et la prĂ©sentation de matĂ©riel, le monde associatif (carpistes, moucheurs, pĂȘcheurs au coup, guides de pĂȘche, ONEMA, FĂ©dĂ©ration de PĂȘche
), les activitĂ©s Ă©conomiques liĂ©es au monde de la pĂȘche (tourisme, hĂŽtellerie, gastronomie, gĂźtes, campings
) et les animations (aire de dĂ©monstration, aquariums, simulateurs de pĂȘche, exposition sur « l’Art et la PĂȘche », brocante amateur et un marchĂ© du poisson vivant, unique en son genre). L’entrĂ©e est gratuite, alors pourquoi se priver ?

    Renseignements :

    www.peche-indre.fr

    Tél. : 02 54 34 59 69