Catégorie : LE COUP DE GAULE

  • Désinfection des rues, danger pour les cours d’eau !

    Désinfection des rues, danger pour les cours d’eau !

    Certains villes françaises se lancent dans la désinfection des rues dans l’espoir de limiter la propagation du virus Covid-19. Cette pratique spontanée est contestable à plus d’un titre. Tout d’abord, son efficacité n’est pas du tout prouvée, car le monde scientifique s’accorde à dire que le virus ne vit que quelques heures sur une surface inerte. De même, peu de gens de déplacent dans les rues, ce qui minimise beaucoup la présence du virus au sol. Nous ne savons rien des produits utilisés pour désinfecter trottoirs, places et mobiliers publics, mais il y a peu de chances pour que ces produits soient bon pour l’environnement. La ville de Valenciennes a en revanche clairement annoncée qu’elle utilisait une solution à base d’eau de Javel. Ces produits finissent dans les cours d’eau et cela peut causer de très gros dégâts. A contrario, la ville de Calais a annoncé qu’elle ne souhaitait pas pratiquer ce genre de nettoyage considérant la charge virale au sol comme négligeable. Elle suit donc l’avis de la Direction Générale de la Santé qui incite les municipalités à la prudence.

    Nous invitons les pêcheurs à tout faire pour stopper cette volonté de laver les villes de fond en comble. Pour cela, vous pouvez contacter les services municipaux, l’Office Français pour la Biodiversité de votre département, la DDT, votre fédération de pêche, et les ONG environnementales qui devront faire pression sur les préfectures pour que des arrêtés soient pris en urgence.

    Ces nettoyages sont inutiles et dangereux pour les milieux aquatiques. Mais il est vrai également que la population demande aux municipalités un nettoyage des rues. Et en cette période d’entre deux tours des élections municipales, le peuple doit être entendu par certains maires…

    Photo DR : Corée du Sud, l’armée en renfort pour désinfecter les rues.

     

     

  • Coronavirus, les ventes de permis de pêche en chute libre. Vers une prolongation de la saison ?

    Coronavirus, les ventes de permis de pêche en chute libre. Vers une prolongation de la saison ?

    Moins 30 %, c’est la chute des cartes de pêche au niveau national enregistrée depuis le 16 mars, date de début du confinement, soit deux jours après l’ouverture de la pêche de la truite. Une partie des pêcheurs de truites ne pratiquent qu’en début de saison, notamment en raison des lâchers de truites qui ont lieu à cette période. Ces pêcheurs là ne prendront sans doute pas leur carte de pêche une fois le confinement terminé. Pour les autres en revanche, la saison ne fera que commencer, très tardivement. Il serait très judicieux de se voir accorder un report de la date de fermeture de deux ou trois semaines. Cela permettrait aux pêcheurs d’obtenir une sorte de compensation bien méritée, mais aussi aux détaillants en articles de pêche de sauver les meubles et par la même occasion de calmer les esprits grincheux qui veulent un remboursement d’une partie de leur carte. C’est l’occasion de rappeler à ces personnes, qu’une AAPPMA est une association à but non lucratif qui fonctionne avec des bénévoles, qui eux ne comptent pas leur temps pour le bien commun. En ces temps où la solidarité devrait couler de source, tout le monde ne semble pas adhérer au principe.

    Retarder la fermeture de la pêche de la truite et de l’ombre de deux ou trois semaines ne mettrait nullement ces espèces en danger car la fraie de la truite ne débute pas avant la mi-décembre et celle de l’ombre début avril. La migration des truites vers les zones de frayère ne s’observe pas avant la mi-novembre. Sur le Doubs franco-suisse par exemple, la pêche ferme le 30 septembre depuis des décennies et cela n’a jamais causé le moindre problème.

    Lorsque l’on sait que juillet, aout et début septembre sont des mois généralement chaud (très chaud même ces dernières années !) donc très défavorables à la pêche de ces espèces, il ne restera donc quasiment rien de cette saison 2020 si le report n’est pas obtenu. Aux autorités de prendre leurs responsabilités, en adaptant la réglementation si besoin (no-kill pendant la prolongation ?).

    Ce report pourrait être national ou à défaut départemental par arrêté préfectoral, comme cela existe déjà dans certains départements alpins en compensation des printemps tardifs rencontrés en haute montagne. Aux pêcheurs, via leurs AAPPMA d’en faire la demande sans tarder.

  • Une pétition pour sauver les emplois dans le secteur de la pêche

    Une pétition pour sauver les emplois dans le secteur de la pêche

    Alors que Pacific Pêche annonce la fermeture définitive de 40 magasins dans l’Hexagone, le Groupement indépendant des fabricants en articles de pêche (Gifap) s’adresse au ministre de l’économie et des finances, Bruno Lemaire pour demander que la crise du coronavirus soit déclarée “catastrophe naturelle” afin de sauver cette filière qui subit pleinement la crise au moment précis où les pêcheurs doivent reprendre le chemin de la rivière, après six mois de fermeture de la pêche.

    Une pétition vient d’être lancée. Elle est en ligne ici :

    https://www.change.org/p/parlementaires-sauvons-nos-détaillants-fabricants-et-emplois-de-la-pêche-de-loisir?recruiter=836505169&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

  • Le port de Bayonne libéré de ses filets dérivants

    Le port de Bayonne libéré de ses filets dérivants

    Les tribunaux administratifs de Pau et Bordeaux ainsi que le Tribunal correctionnel de Bayonne ont interdit officiellement la pêche dans le port de Bayonne. Chaque année, des pêcheurs professionnels pêchaient le saumon aux filets dérivants le long des 7,2 km du port. Cet endroit stratégique là où le fleuve Adour se rétrécit avait la préférence des pêcheurs, mais la pêche n’y a en fait jamais été autorisée. Dorénavant, ces mêmes pêcheurs poseront leurs filets sur vingt kilomètres en amont, entre le pont Grenet et le pont d’Urt mais cela leur sera moins favorable car l’Adour est sensiblement plus large à cet endroit qui de plus, n’est pas dragué régulièrement, donc plus encombré. Ce sera donc moins un ratissage en règle, ce qui sauvera un nombre non négligeable de saumons et de truites de mer. L’association Salmo Tierra Salva Tierra s’inquiète néanmoins d’un éventuel “petit arrangement entre amis” entre gens influents, mais les associations veillent au grain. 

    L’association Salmo Tierra Salva Tierra a mis la main sur un document qui en dit long sur ce que représentait cette zone du port de Bayonne pour les pêcheurs au filet. Il s’agissait d’un véritable piège.  Ce document relate des éléments d’une étude de l’IFREMER, datée de 2011, qui confirme l’existence d’une zone hyper favorable à la pêche aux filets dérivants : «Le saumon qui cherche à remonter vers la  rivière où il est né, pour se reproduire, longe la côte, de Contis à Bayonne/Biarritz, guidé par son odorat. Dès qu’il a trouvé l’entrée de l’estuaire, il rentre dans le port ou il tourne, fait du yoyo, avant de déterminer si c’est la bonne voie pour s’engager dans la remontée en direction des gaves. La zone du port constitue ainsi un terrain d’action  idéal pour une pêche professionnelle facile et donc massive.». Bien vu l’Ifremer, mais cette zone n’était tout simplement pas autorisée à la pêche et cela n’a pas échappé aux juges. 

    Pour autant, cette victoire pour le saumon et les pêcheurs à la ligne ne réglera pas les prélèvements de milliers de saumons en mer sur la zone côtière. Il serait temps que les autorités (COGEPOMI notamment) se prononcent sur ce problème. Et de même, les pêcheurs à la ligne devront également durcir la réglementation pour éviter les excès avec certaines techniques si le gave voit ses remontées de saumons progresser : pêcheurs espagnols à la crevette et au ver à la grande canne dont la technique consiste à un véritable harcèlement des saumons, et aussi l’armement des leurres qui doit éviter de blesser les saumons. Dans une région où il est difficile de faire bouger les choses, le jugement rendu fin février nous montre que ça peut évoluer dans le bon sens. Pour être pris au sérieux, les pêcheurs à la ligne devront montrer l’exemple. 

    Pour se tenir informé : www.salmotierra-salvatierra.com/

  • Il faut faire barrage aux barragistes (privés ou publics)

    Il faut faire barrage aux barragistes (privés ou publics)

    Alors comme ça ATTAC (dont nous soutenons par ailleurs très souvent les positions) et quelques esprits bien pensants, partent en guerre contre le projet de privatisation de 150 barrages français. Le film qu’ils appellent à financer aura pour titre Barrages sous haute tension et dénoncera cette privatisation partielle du réseau hydroélectrique national. La bande annonce a de quoi faire pleurer un corégone. On nous y explique qu’un barrage est un ouvrage d’art magnifique qui recueille 75% des eaux de surface de la France (ce qui au passage signifie qu’il n’y a plus que 25% d’eaux libres à la surface de ce pays), « qu’on va leur donner les robinets de la France » (nous on dirait plutôt les chasses d’eau) et que si ça passe au privé, attention la sécurité.

    Et il y en a même un qui nous explique que tout cela risque de nous plonger dans le noir.

    Et pas un mot sur toutes les cochonneries que produit un barrage, les rivières dévastées, les sédiments pourris, la vie sauvage détruite pour des centaines d’années.

    Et surtout pas un mot sur la vraie privatisation qui fait mal, celle qui projette d’achever les dernières rivières et ruisseaux pour produire au total l’équivalent d’un quart de Fessenheim. Celle qui obligera EDF à racheter au prix fort kilowattheures ainsi produits.

    Ne vous inquiétez pas chers militants non seulement votre bataille n’est pas la bonne, mais l’autre, la vraie, celle de la vie, votre ignorance stupide fait qu’elle est déjà perdue !

    Le débat sur le passage au privé n’est pas le problème. Cela peut se faire dans le cadre d’une délégation de service public, avec des organismes de contrôle qui encadreront la gestion de barrages mieux qu’on ne le fait aujourd’hui pour EDF. (L’établissement public ne respecte que contraint et forcé la réglementation sur le droit d’eau. Demandez aux derniers saumons de la Dordogne ce qu’ils en pensent.)

  • L’hélico et la ministre

    L’hélico et la ministre

    L’image d’un hélicoptère utilisé pour déplacer de la neige sur les pistes de la station de Superbagnères dans les Pyrénées a frappé les esprits et notamment celui de la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne. L’hélico, c’est pas écolo et c’est pas nouveau. Il aura fallu ce dérapage aérien pour que soudain, ce 15 février, les Français se posent enfin des questions sur l’avenir des stations de ski avec des hivers sans neige. L’usage exceptionnel d’un hélico dérange alors que les canons à neige qui vident depuis des années les ruisseaux  n’émeuvent que les pêcheurs et les naturalistes. Pour un hectare de neige artificielle, il faut 4000 m3 d’eau. En comparaison, le maïs, plante réputée gourmande en eau, n’en consomme “que” 1700. Et que dire de la surpopulation en zone de montagne l’hiver alors que l’assainissement peine à rendre aux ruisseaux affaiblis une eau propre. Ces ruisseaux d’altitude étaient des sanctuaires de biodiversité avec des espèces rares et sensibles, mais ils sont souillés par ce tourisme de masse ignorant généralement tout de la fragilité des lieux.

    Le tour d’hélico de Superbagnères n’est finalement rien face à la débauche de SUV de plus de deux tonnes qui se ruent chaque hiver vers les stations. Face au manque de neige, on investit toujours plus dans des canons à neige (46 millions d’euros en 2002) et on fait l’autruche, croyant sans doute à des hivers plus favorables. Mais le sort s’acharne. Au jeu du pas de neige = pas d’eau = pas de neige artificielle, nos politiques trouveront sans aucun doute une solution. Dans ces zones où on ignore les arrêtés de biotopes, la Convention de Berne, Natura 2000, …, un tour d’hélico et c’est réglé !

  • Com en stocks

    Com en stocks

    Toujours content l’Ifremer ! Cette année par exemple son motif de satisfaction vient de ce que « 43 % des débarquements de poissons  proviennent de populations  en bon état. Contre 9 % il y a 20 ans. » « Pour ces populations, précise le communiqué, la pression de pêche et la biomasse sont estimées être compatibles avec l’objectif de rendement maximal durable. » Et c’est quoi le  « rendement maximal durable » ? « C’est, nous précise la voix de la science au service de la pêche, la plus grande quantité de poissons qu’il est possible de pêcher sur le long terme sans altérer la capacité de la population à se reproduire. »

    Bon on apprend quand même au détour d’une stat que 26 % proviennent de populations surpêchées, 2% de populations effondrées et 17% de populations non évaluées. Et pour en finir avec les chiffres que 6% de ces populations sont en reconstitution.

    Les choses se gâtent quand on commence à parler vraiment des poissons. Les 6% de stocks reconstitués ? Pour l’essentiel les bars de Manche et de Mer du Nord dont l’Europe nous a obligé à limiter le pillage. (au passage l’Ifremer ne parle pas des stocks de bars de la façade atlantique au sud de Brest. Ce sera sans doute pour l’année prochaine puisque un nouveau régime imposé par l’Europe a été instauré sur cette zone dès cette année. )

    Beaucoup plus grave : de l’aveu même de l’Ifremer, la situation de la Méditerranée est désespérée. En Atlantique, en mer Celtique et dans la mer du Nord les stocks de cabillaud se sont  effondrés. Chinchards, maquereaux,  et sardines seront bientôt aux abonnés absents. Mais à part ça, Madame la marquise, tout va très bien … En fait il n’y a que les merlus, les anchois et les baudroies qui vont bien. D’ailleurs ils sont représentés deux fois sur le dessin qui illustre le communiqué de l’Ifremer. C’est beau la com.

    Mais surtout dans cet étrange communiqué l’Ifremer nous avoue qu’il y a 20 ans, c’est-à-dire en l’an 2000, 91% des débarquements de poissons provenaient de populations en mauvais état. Chiche que vous nous ressortez les communiqués de l’époque ?

     

  • Lac de Vouglans (Jura), un déclassement qui fait des vagues

    Lac de Vouglans (Jura), un déclassement qui fait des vagues

    C’était dans les cartons depuis plusieurs années déjà. Le troisième plus grands lac artificiel de France, 1700 ha sur l’Ain n’avait comme lien avec la première catégorie qu’une population relictuelle de truites lacustres, insuffisante pour justifier le maintient dans cette catégorie à salmonidés dominants. Ce grand lac artificiel aux eaux parfois turquoises est en revanche très bien peuplé en sandres, perches, corégones, carpes, mais aussi silures, qui après des années de discrétion, envahissent désormais l’ensemble du plan d’eau. Le brochet souffre en revanche d’un manque cruel de frayères dans ce milieu d’une part très minéral et d’autre part soumis à de gros marnages. Les AAPPMA locales ne manquent pas de bonne volonté pour installer des frayères artificielles qui donnent des résultats encourageants, mais mais qui ne remplacent pas un milieu favorable. En 2020, la pêche ouvrira en juin et non à l’ouverture de la truite en mars comme les autres années puisque le lac passera en seconde catégorie. Et ce classement permettra également de prolonger la saison de pêche des carnassiers jusqu’à fin janvier. De même, des tailles légales adaptées ainsi que l’application d’un quota journalier seront imposées aux eaux du lac.

    Cette décision divise néanmoins les pêcheurs du lac et notamment ceux des deux AAPPMA locales (Claivaux-les-Lacs et Moirans-en-Montagne). L’une voit en cette nouvelle règle une meilleure protection pour les poissons du lac, notamment les carnassiers et l’autre craint que ce soit une porte ouverte aux pêcheurs professionnels (qui ne pouvaient officier en 1ère catégorie). Le préfet a pourtant garanti qu’il n’y aurait pas de pêcheurs professionnels sur Vouglans. Mais les préfets, tout le monde sait qu’ils vont et qu’ils viennent… La crainte vaut donc pour l’avenir. Les opposants craignent également que les sandres soient victimes des pêcheurs au ver, qui pourront pêcher toute l’année au poser (pêche des poissons blancs), mais cela restera plus qu’anecdotique comparé aux excès de la pêche aux leurres en no-kill en mars et avril sur des poissons en période de fraie (des dizaines de bateaux certains week-end). L’accident de décompressions avec une femelle sur le point de pondre est un véritable gâchis. Le no-kill ne doit pas permettre de faire n’importe quoi. Sur ce point, le déclassement était donc à redouter.

     

     

     

  • Boycott

    C’est le genre de boutique à Bobos bio comme on en trouve à Paris et dans quelques autres villes de France. Celle-là est l’antenne d’une maison respectable et respectée qui consacre depuis trois générations  son énergie et son talent au foie gras et au saumon. Une  boutique dont les clients se piquent de nutrition respectueuse de l’environnement, de bonnes pratiques écologiques, de comportements locavores. Une boutique complice de ceux qui sont en train de faire disparaître les derniers saumons sauvages du gave d’Oloron.

    Explication : quand vous demandez  du saumon fumé au comptoir de cet établissement on vous demande si vous en voulez du sauvage ou de l’élevage.  ( les deux coûtent un bras mais pas le même bras.) Si vous répondez « sauvage » on vous donnera le choix entre du saumon de ligne de la Baltique ou du saumon de l’Adour.

    Vous donner le nom du fournisseur reviendrait à lui faire de la pub. Je voudrais juste que les clients de ce genre d’établissement comprennent qu’ils se rendent complices de l’anéantissement de la dernière vraie souche sauvage de saumons français.

    Pour que la quinzaine de pêcheurs professionnels qui les pêchent au filet dans l’Adour contre toute logique économique, écologique et politique, renoncent au pillage il faut qu’ils n’y trouvent plus leur compte.

    Il faut donc boycotter le saumon de l’Adour. Dites-le autour de vous et parlez-en à votre député. Vous pouvez même ajouter qu’il est salement pollué. (Un petit fake pour une grande cause.)