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Catégorie : LE COUP DE GAULE

La Pêche ? C’est plus trop fun…
Désengagée du Tour de France, qu’elle suivait depuis plusieurs années, La Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) communique depuis peu via une nouvelle campagne publicitaire sous forme de spots TV et Internet. Nous avons connu il y une douzaine d’années le slogan “La pêche c’est fun” avec un ado qui bondissait sur son skate canne en main. Cela correspondait au temps où la pêche aux leurres plaisait aux jeunes, au temps des premiers street fishing et des battles entre potes. Difficile de comprendre à quoi se rattache cette nouvelle campagne. L’image est terne et le message aussi. Au niveau de l’ambiance, c’est entre la pub pour les Pompes Funèbres Générales et celle contre l’incontinence des séniors. Espérons que cette campagne a coûté moins cher que le suivi du Tour de France (800 000 euros/an), qui avait au moins pour résultat de voir des milliers de parents venir avec leurs enfants pour qu’on leur explique comment faire pêcher leur progéniture via les écoles de pêche et les Ateliers Pêche Nature.
Voir la chaîne Youtube de La Fédération nationale de la pêche en France.

Allier, la démolition du barrage de Poutès imminente
Après plus de trente ans de bras de fer entre EDF et ceux qui souhaitent le retour du saumon sur le haut l’Allier, le médiatique barrage de Poutès-Monistrol, haut de 17 m, qui a privé les saumons des meilleures frayères depuis 1941, est sur le point de tomber. Conformément au calendrier, le chantier s’est réinstallé dès la fin du mois de mai. Les trois seuils et les deux piles vont être arasés, la passerelle supprimée. Une échancrure en rive gauche sera créée et permettra la circulation de l’eau, des poissons et des sédiments jusqu’à l’été 2021. Il ne s’agit pas d’un arasement total, mais d’une réduction très significative de la hauteur de l’ouvrage qui fera 7 m de hauteur au lieu de 17. Les dispositifs de dévalaison et de montaison vont commencer à être modifiés pour correspondre aux nouvelles côtes et normes du barrage (creusement sous l’ascenseur notamment). S’il reste un peu d’espoir pour le saumon de l’axe Loire/Allier, cela commence par un accès aux meilleures zones de frayères.
Pour suivre l’évolution du chantier :

Des silures sur la basse rivière d’Ain…
Depuis sa confluence avec le Rhône, la basse rivière d’Ain voit les silures remonter de plus en plus haut sur la rivière, jusqu’en amont de Chasey-sur-Ain et son célèbre parcours no-kill. L’espèce semble se plaire dans les eaux de l’Ain et cela inquiète beaucoup les sociétés de pêche locales, car la rivière d’Ain souffre du fonctionnement des barrages, du manque d’eau en été et de la prédation des cormorans et des harles. L’impact du silure dans ce milieu qui ne devrait pas être le sien (rivière à salmonidés et poissons d’eau vive) se fait tout autant et peut-être même davantage par concurrence avec les truites au niveau de l’habitat, plutôt que par prédation, car sur ce point rien n’est encore prouvé. Les petits silures occupent les mêmes caches, en particulier les enrochements naturels ou artificiels ainsi que les embâcles (très appréciées des gros silures) et cela suffit largement à faire peser sur les peuplements de truites sauvages une réelle menace. Sans habitat, les truites sauvages ne peuvent pas vivre.
Les incultes qui introduisent les silures sans connaître les milieux devraient se renseigner avant de commettre ce genre d’acte lourd de conséquences. Car si sur l’Ain, il s’agirait des silures du Rhône qui remontent parce que le milieu, altéré, lui convient, dans bien d’autres endroits, ce sont des introductions volontaires qui sont constatées. Comme le disait Audiard, “les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait”…
Voici un vidéo de l’AUPRA :

Cellule Demeter, convoqué à la gendarmerie pour une interview
Depuis la création en décembre dernier de la cellule anti-agribashing Demeter, le gouvernement suit les revendications du syndicat agricole FNSEA, connu pour défendre une agriculture conventionnelle et intensive. Et les premières convocations en gendarmerie n’ont pas tardé, comme par exemple avec le porte-parole de Source et Rivières du Limousin, qui s’est vu convoqué pour avoir répondu à une interview pour France 3 alors qu’il dénonçait le massacre de 5 hectares de zones humides pour la construction de serres à tomates hors-sol. Le prévenu se trouvait lors de l’interview sur un remblai, propriété de l’exploitant qui l’attaque alors pour “violation de domicile”. Cette affaire pourrait paraître des plus banales et relever du droit commun plutôt que de la cellule Demeter, mais pour le gouvernement, c’est ici clairement un moyen de faire taire les ONG qui œuvrent contre, non pas l’agriculture dans son ensemble, mais contre des pratiques agricoles intensives, qui comme chacun sait aujourd’hui, sont très préjudiciables pour l’environnement. Rappelons que Générations Futures, représentée par l’avocate Corinne Lepage, a déposé un recours pour que cette cellule qui remet en cause la liberté d’expression soit démantelée. Que Demeter traque les voleurs d’animaux et de tracteurs est une choses, mais cette cellule traque aussi ceux qui œuvrent pour le bien commun, pour ce qu’il reste d’environnement préservé et pour l’avenir de nos enfants. Avec cette cellule, la démocratie dans notre pays se voit remise en cause.
(Photo. ©Philippe Boisson, zone humide Haute-Saône).

Des paiements pour services environnementaux rendus
L’Agence de l’eau a lancé un appel aux agriculteurs intéressés pour une démarche nouvelle, qui vise à les rémunérer pour services rendus à la protection de l’environnement. 30,5 millions d’euros seront donc réservés à ces paiements pour services environnementaux (PSE) en 2020. Les projets peuvent s’établir à l’échelle d’une aire d’alimentation de captage d’eau potable, de la préservation d’une zone écologiquement riche, d’une préservation de zone humide ou de milieux aquatiques sensibles, etc. Si cela peut aider des petites exploitations vertueuses qui ont du mal à s’en sortir, il est regrettable de constater qu’il faille encore payer le monde agricole pour qu’il respecte le Code de l’Environnement !

Que devient le lac salé d’Oostvoorne ?
C’était une des rares possibilités de pêche de la truite à la mouche aux Pays-Bas. Le lac d’eau salé d’Oostvoorne, non loin du port de Rotterdam produisait un biotope unique en son genre avec des petits crustacés très particuliers dont se nourrissaient des truites arc-en-ciel acclimatées à la salinité des eaux. De véritables “steelheads” infatigables dont certaines pesaient plusieurs kilos ! Ce vaste lac alimenté en eau de mer par une énorme pompe était un Paradis pour les pêcheurs à la mouche. Puis il y a trois ans, il fallu remplacer la fameuse pompe. Et se sont les associations de défense de l’environnement qui se chargèrent de trouver des fonds conséquents pour une nouvelle pompe qui aurait dû permettre de perpétuer le cycle de l’eau dans le lac. Seulement une (grosse) erreur s’est produite lors de la commande de la pompe. Le modèle choisi et financé n’était pas adapté à l’eau salée. Et bien entendu, personne ne s’en est inquiété avant sa mise en marche. Après un court fonctionnement, elle rendu l’âme. Espérons que tout revienne dans l’ordre dans un avenir proche…

Une pétition pour sauver les rivières pyrénéennes
Les zones de montagne subissent encore plus qu’ailleurs les effets du dérèglement climatique. C’est aujourd’hui indiscutable et parfaitement mesurable avec le recul des glaciers. Dans les Pyrénées, cela se traduit par des étiages interminables et des crues d’une violence inouïe. La vie dans la rivière doit s’adapter à ces nouvelles conditions ou disparaître. Il paraît alors évident que les gestionnaires de la pêche en France et dans les départements pyrénéens doivent adapter la réglementation pour permettre de préserver ce patrimoine inestimable que sont ces poissons en place depuis des dizaines de milliers d’années. Les Nives, Gaves, Adour, Nestes, Garonne, Salat, Aude, et leurs affluents méritent tous une vrai gestion durable, raisonnée et réactive. C’est aux pêcheurs que la mission de préservation des milieux aquatiques incombe, et c’est donc à eux de réagir.Une pétition initiée par un groupe de pêcheurs pyrénéens sera adressée aux instances de la pêche en France et à l’Office Français pour la Biodiversité. Elle demande des quotas journaliers plus stricts, des tailles légales de captures qui permettent aux poissons de se reproduire, ce qui n’est pas toujours le cas, et une gestion de l’eau qui tienne compte des périodes d’étiages de plus en plus longues et marquées. Vous pouvez soutenir cette initiative en signant la pétition sur ce lien.
La pêche devrait reprendre le 11 mai
Claude Roustan, le président de la Fédération nationale pour la pêche en France (FNPF) a annoncé sur le site de cette fédération qu’il ne voyait pas de contre-indications à la pratique de la pêche lors du déconfinement le 11 mai. « En l’état des annonces, la liberté de circuler et l’exercice individuelle (ou en petit groupe) de notre activité sont totalement compatibles avec le cadre posé par le Premier ministre”. Pour autant, et si les choses en restent là (la FNPF fait référence à l’intervention télévisée du Premier Ministre du 19 avril), les pêcheurs comme tous les citoyens devront être responsables, en évitant les regroupements et en continuant d’appliquer les gestes barrières, cela va de soi.
De même, pour les départements dont la pêche a été fermée par un arrêté préfectoral exceptionnel mis en place pendant le confinement, il sera prudent de vérifier auprès des fédérations départementales concernées que la pêche sera bien de nouveau autorisée.

Franche-Comté, devenez Sentinelle des rivières
A l’initiative du Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises qui se bat depuis dix ans contre les multiples pollutions qui touchent cette région karstique particulièrement sensible, il est désormais possible pour tout un chacun de devenir efficace dans la surveillance des cours d’eau de la région. Pour cela, vous pouvez participer au programme Sentinelle des rivières. Le but pour le collectif étant d’obtenir le suivi d’une multitude de lieux précis au fil du temps. Pour ce faire, c’est très simple, il suffit à chaque sentinelle de prendre régulièrement en photo un lieu très précisément ; une source, une fontaine, un ruisseau à tel endroit, un barrage, etc. Cela permettra dans le futur d’avoir un historique, de savoir à quel moment et dans quelles conditions telle fontaine se trouve envahie par les algues, de savoir si telle source se tarie exceptionnellement ou de plus en plus souvent, etc. Ces petites données sont d’une très grande importance pour comprendre les phénomènes complexes du karst et les actions anthropiques qui modifient le milieu.
Le collectif est en train d’établir une liste des lieux sensibles pour lesquels des sentinelles seraient nécessaires : toutes les sources des cours d’eau seront évidemment concernées. Evidemment en cette période de confinement, les actions sont très limitées. D’ailleurs, le monde agricole a semble-t-il profité du manque de surveillance en Franche-Comté (et ailleurs) pour enfreindre quelques règles. C’est aussi dans ces moments-là que le rôle de sentinelle est très important. S’il avait existé avant l’épisode Covid-19, le collectif aurait pu comparer avant et après cette période sur chaque point.
Vous pouvez contacter le Collectif LRC par e-mail (voir ci-dessous). Ensuite, une fois inscrit, vos photos seront ajoutées dans le dossier « photos » du collectif SOS LRC et alimenteront une carte de suivi des rivières. Vous pourrez également les ajouter sur le compte Facebook/Messenger du Collectif LRC.

Recours en justice contre la cellule Déméter
Le 13 décembre dernier se signait entre le Ministre Christophe Castaner, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs une convention pour créer une cellule de renseignement qui revient à la gendarmerie pour lutter contre toutes les agressions dont sont victimes les agriculteurs des deux syndicats, dont tout le monde connaît les méthodes, pas toujours très softs, c’est le moins que l’on puisse dire.
Le nom de la cellule de gendarmerie Déméter récemment créée par le gouvernement contre l’agribashing peut facilement prêter à confusion, puisque ce même nom, à deux accents près, Demeter, est celui d’une marque de produits pour l’agriculture biologique en biodynamie fondée en 1932 en Allemagne.
Déméter permet de suivre et prévenir les infractions commises chez les agriculteurs (cambriolages, vols, dégradations…) qui sont des actes déjà réprimés par la loi, mais aussi les “actions de nature idéologique”, y compris “de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole” qui elles relèvent de la liberté de penser et d’expression, deux notions fondamentales de notre démocratie.
Les ONG Générations Futures et Pollinis viennent de déposer un recours contre la cellule Déméter.
Pour ces ONG, “Le terme “agribashing” permet à l’industrie d’éviter toute remise en cause de ses pratiques, notamment l’augmentation chaque année de l’utilisation de pesticides dangereux pour la santé des riverains, analyse François Veillerette, directeur de Générations futures. Il est inquiétant de voir le gouvernement le reprendre à son compte. ”
Dans le recours qu’elle a déposé pour les deux associations, Maître Corinne Lepage dénonce l’atteinte à la liberté de communication et au secret de l’instruction et des enquêtes. Elle dénonce également la rupture d’égalité entre les syndicats agricoles représentatifs et la délégation des missions de police administrative à des acteurs privés.
Le gouvernement affiche en tout cas pleinement sa dévotion à l’agriculture intensive et industrielle et du même coup son mépris des ONG qui pour la grande majorité œuvre de façon citoyenne pour le bien commun. Ça doit être ça aussi le “en même temps”…
Pour plus d’informations sur ce recours :
https://www.generations-futures.fr