Catégorie : LE COUP DE GAULE

  • Covid : la pêche est désormais interdite même à moins d’un kilomètre de chez soi

    Covid : la pêche est désormais interdite même à moins d’un kilomètre de chez soi

    C’est officiel et cela met fin à une incertitude, qui, depuis le début du re-confinement, planait sur l’activité pêche. Le 13 novembre, le ministère de la Transition Ecologique a prévenu tous les préfets de l’hexagone pour leur signifier que la pêche serait désormais interdite y compris dans le cadre restreint, limité à une heure et moins d’un kilomètre de chez soi. Les gardes pêche assermentés peuvent aller sur le terrain pour veiller au respect de cette règle.

    En revanche, la pêche professionnelle, qui elle dépend du ministère de l’Agriculture, reste autorisée.  Encore une belle occasion de montrer qu’il y a deux poids et deux mesures dans la gestion des confinements. Si la pêche de loisir est un passe-temps pour ceux qui la pratiquent, de nombreuses personnes vivent de cette activité (détaillants, guides, fabricants, importateurs). Et ceux-ci sont beaucoup plus nombreux que les 400 pêcheurs professionnels que compte le territoire. Un pêcheur pratiquant seul n’est en rien un danger pour autrui. Il l’est beaucoup moins que les millions de gens qui vont faire leurs courses dans les supermarchés… Les chasseurs eux ont obtenu le droit de chasser le grand gibier pendant ce confinement. Mais il est vrai qu’ils avaient un alibi en béton : la pression de l’ONF et des agriculteurs sur les ministères qui craignent des dégâts sur les jeunes arbres et les cultures si ces animaux ne sont pas régulés. Que les cormorans et les pêcheurs pros pillent les eaux douces, est-ce un alibi suffisant ? Un simple prétexte ? Il serait urgent que nos instances nationales défendent les droits des pêcheurs à la ligne.

     

  • Re-confinement, le coup de gueule d’un détaillant en articles de pêche !

    Re-confinement, le coup de gueule d’un détaillant en articles de pêche !

    Sans surprises, le commerce d’article de pêche fait partie des commerces dits “non essentiels” pendant la période de re-confinement que nous vivons actuellement. Le magasin de Jean-Charles Petit, Argentat Passion, dans la vallée de la Dordogne en Corrèze subit, comme tous les détaillants, sa seconde fermeture de l’année et il craint que cela ne lui soit fatal. Son coup de gueule, il le destine au gouvernement contre la concurrence déloyale des grandes plateformes internationales de vente en ligne qui ne payent pas de taxes en France alors que les petits commerçants sont fortement taxés. Il regrette que les maires qui ont défendu les petits commerces soient considérés par le gouvernement comme de dangereux irresponsables alors que tout le monde va s’entasser dans les grandes surfaces où les gestes barrières sont autrement plus limités…  A lire et à soutenir !

  • Elections aux Etats-(Dés)unis d’Amérique, pourquoi les pêcheurs doivent voter Biden

    Elections aux Etats-(Dés)unis d’Amérique, pourquoi les pêcheurs doivent voter Biden

    Alors que rien n’est joué, les élections présidentielles aux Etats-Unis font craindre une ré-élection de Donald Trump. Dans une hystérisation totale, la campagne révèle un pays complètement divisé qui a perdu toute capacité à débattre, à échanger, bref à faire preuve de tolérance et de dicernement. Pour nous pêcheurs, naturalistes, amoureux des grands espaces sauvages américains, pour les amérindiens, une ré-élection d’un Donald Trump cette fois complètement débridé car il s’agirait de son dernier mandat, signifie entre-autres le massacre des terres publiques, que le président offre déjà sur un plateau à des entreprises privées pour l’exploitation massives de gaz divers, de charbon et de pétrole. L’indépendance énergétique des USA est en marche depuis la fin des deux guerres du Golf (1991 et 2003). Il est tout à fait probable que s’il venait à être élu, Joe Biden continuerait également sur cette voie. Nous pouvons simplement espérer qu’il le fasse d’une façon moins systématique et pas sur des lieux qui devraient être conservés comme des sanctuaires naturalistes ou sur ce qu’il reste des terres laissées aux peuples amérindiens. Dans sa campagne, Joe Biden dit vouloir réduire la facture énergique en faisant construire un million de bâtiments efficients, il veut également développer la voiture électrique et les énergies renouvelables. Les énergies fossiles pèsent 62 % dans la production d’électricité au niveau national. Joe Biden souhaite ramener ce chiffre à 0 en 2035. S’il est élu, aura-t-il la majorité au Sénat et à la chambre des représentants du Congrès ? Probablement non, car pour l’heure le score entre les deux candidats est très serré. La consommation d’énergie chez l’Oncle Sam reste le fond du problème, dans un pays qui a la culture du V8 et de l’essence qui coule à flots (de gallons de 3,7 l). Que faire sinon relire Walden, ce pamphlet de la société occidentale écrit en 1854 par le visionnaire Henry David Thoreau ?

     

  • Vallée d’Aspe : pour quelques kilowatts de plus…

    Vallée d’Aspe : pour quelques kilowatts de plus…

    Affluent du gave d’Aspe, le Gabarret (ou gave d’Aydius) est un petit torrent des Pyrénées-Atlantiques sur lequel plane un projet de construction d’une microcentrale hydroélectrique, en dépit du fait que cette vallée comprend une aire Natura 2000 pour la défense d’habitats d’espèces fragiles et sensibles dont le saumon, le desman des Pyrénées (ou rat-trompette, endémique à la région), le calotriton, la loutre, la truite, sans compter les invertébrés dont il serait judicieux de ne pas segmenter le territoire. La zone est clairement identifiée par le SDAGE Adour Garonne 2016-2021 comme axe à grands migrateurs amphihalins et comme zone de frayère avérée pour ces poissons. Ce projet a été sévèrement critiqué par les naturalistes car l’évaluation des incidences NATURA 2000 est clairement négative. Le projet, qui devrait correspondre à une production d’électricité pour environ 2 800 habitants n’est ni impératif, ni majeur pour la région comme l’a très clairement exprimé la cour d’appel du tribunal administratif de Bordeaux en 2019 à propos d’un autre projet de 12 millions de Kwh. Des études sont toujours en cours pour tenter de rendre le projet compatible avec les exigences biologiques de ces espèces sensibles. Encore un bel exemple de “compromis” où la nature sera une nouvelle fois perdante et qu’il faut à tout prix éviter.

    Pour soutenir les rangs des opposants : DMA.

    Photo : ©DMA.

  • No-kill vs Végan

    No-kill vs Végan

    « No-kill or not no-kill », that is the vaste question que traite, dans sa Colostre copie trimestrielle notre Hamlet du Verdon, le grand, l’immense, l’inspiré Jean-Christian Michel. Le sujet est vaste. Mais il sera bientôt dépassé. Nestlé, l’une des mamelles les plus célèbres de la planète, vient de mettre sur le marché un thon sans thon. Le « sensational Vuna » contient de la protéine de pois, du gluten de blé, de l’huile de colza et quelques autres ingrédients que ne détesterait pas notre Hamlet (aux fines herbes).

    Du coup, en appliquant ce principe de réplique végétale à nos populations de truites, ombres et autres salmonidés, il ne restera plus qu’à inventer le coup du soir végan avec imitations d’épis de blé, grains de maïs et pois cassés. On pourrait même y ajouter du chènevis et de la patate.

    Quoi, ça existe déjà ?

    Peut-être, mais pour les « sensational rafios », ce sera entièrement nouveau… Et ça devrait prendre !

  • Agriculture, 10 nouveaux territoires pilotes en Adour-Garonne

    Agriculture, 10 nouveaux territoires pilotes en Adour-Garonne

    L’agence de l’eau Adour-Garonne communique sur la création de 10 nouveaux territoires pilotes en PSE (paiement pour service environnementaux) auprès des agriculteurs. Compris dans le Plan Biodiversité national, celui-ci permet de reconnaître le « service rendu » par les exploitations agricoles volontaires. Celles-ci sont retenues, après audit, pour leurs efforts sur la préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, la protection des sols et le soutien à la biodiversité. En Adour-Garonne, 382 PSE ont été engagés en 2019, pour 2,4 M€ d’aides.

    “Les nouveaux auditeurs de terrain sont recrutés pour leurs compétences et leur faculté à disposer des outils suffisants pour élaborer les audits selon la méthodologie arrêtée. A l’issue de leur formation, des réunions auprès d’agriculteurs de 10 nouveaux territoires* vont être menées à partir de fin septembre. Pour rappel, les auditeurs mesurent trois indicateurs à l’occasion de leur visite :

    • La présence de prairies, les rotations longues et les couverts végétaux (assolement),
    • L’extensification des pratiques agricoles (utilisation faible d’intrants),
    • La présence d’infrastructures agroécologiques (haies, lisières de bois, prairies humides…).

    Le déploiement des PSE permet une reconnaissance positive des services rendus par une agriculture de qualité. A l’échelle du bassin, 3 à 6 M€ (dont 1 M€ dans le cadre du plan de mesures incitatives de l’agence de l’eau) sont consacrés aux PSE, d’ici le démarrage de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC), par l’Agence”.

    Reste à savoir si les intéressés font cela pour faire un geste pour l’environnement ou simplement pour toucher les subventions. Si l’initiative est encourageante, il est tout de même dommage de toujours devoir payer avec de l’argent public pour simplement aller dans le bon sens ou pour être en conformité avec le code de l’environnement ! A méditer…

    *Coupeaume et Marcillé, AAC Glane et Valouzes, Millevaches – Vézère Soudaine, Ramade, Tescou, Chalosse. 

     

  • USA : le combat pour la préservation des terres publiques, le film

    USA : le combat pour la préservation des terres publiques, le film

    Au pays du capitalisme roi, rien n’arrête la production d’énergie. Depuis l’ère Georges Bush Jr et la guerre d’Irak, les Etats-Unis tiennent particulièrement à leur indépendance énergétique. Avec 260 millions d’hectares de terres publiques, il n’y a qu’à se servir en pétrole, gaz, métaux divers et uranium. La première puissance économique mondiale, menée par Donald Trump bafoue les droits des amérindiens, ignore les lois qui protègent les parcs nationaux pour donner les marchés à des entreprises privées qui dégradent, défigurent, polluent et laisser des ardoises colossales après leurs départs, que les contribuables doivent rembourser.  Ce véritable cauchemar fait l’objet d’un film produit par Patagonia. Public trust feature – The fight for America’s Public Lands a fait appel à Robert Redford pour la réalisation. Dans l’ouest du pays, 75 % de la population est contre l’exploitation de ces terres dans ces conditions. Et ce film soulève en substance le problème de la consommation d’énergie dans ce pays. Il y a au moins deux décennies, une étude très sérieuse révélait que si tout le monde voulait vivre comme l’américain type, il faudrait cinq planètes pour cela…

  • Retenues d’eau, la coupe est pleine !

    Retenues d’eau, la coupe est pleine !

    Face aux sécheresses qui ont désormais lieu quasiment chaque été, les agriculteurs ont demandé au gouvernement d’autoriser la création de retenues d’eau et aussi d’accélérer  le mouvement. S’il est bien normal pour un agriculteur raisonné et donc raisonnable de pouvoir abreuver son bétail et de pouvoir le nourrir, l’inquiétude vient de l’agriculture intensive qui voit dans les providentielles retenues l’occasion de ne pas changer grand chose à ses habitudes. A l’heure ou cette profession doit se remettre en cause, cultiver des plantes moins consommatrices en eau, on assiste à un déni de la situation. Créer des retenues pour quelques agriculteurs, c’est en priver d’autres d’une ressource précieuse en hiver, lorsque les nappes phréatiques doivent se recharger. Les retenues en été sont sujettes à une très forte évaporation. Cela a été observé en Espagne ou des retenues similaires ont été construites. Il va sans dire que les cours d’eau et la biodiversité seront une nouvelle fois les dindons de la farce. Dans le sud-ouest, l’opposition s’organise et manifeste contre un projet de construction de 16 bassines, qui seront utilisées par seulement 5% des agriculteurs de la région et moyennant 60 millions d’euros dont 70 % d’argent public. On reproche en outre à ces retenues d’être financées par des fonds Feader du second pilier de la PAC alors qu’un accord qui vaut pour la région Poitou-Charentes prévoyait au contraire de limiter les surfaces irriguées. Ne laissons pas l’agri-business détruire nos cours d’eau pour faire pousser du maïs ! Une manifestation est prévue à Epannes (Deux-Sèvres) le 11 octobre. Programme détaillé sur https://bassinesnonmerci.fr

    Photo © Collectif citoyen Bassines non merci !

  • Franche-Comté, enfin une grande étude pour désigner les coupables des pollutions des rivières karstiques

    Franche-Comté, enfin une grande étude pour désigner les coupables des pollutions des rivières karstiques

    Huit années de travail (entre 2012 et 2020), près d’un million d’euros de budget, telle est l’ampleur de l’étude publiée il y a quelques mois par le laboratoire Chrono-Environnement (Université de Franche-Comté, CNRS) à propos de l’état de santé des rivières karstiques en Franche-Comté. C’est la seule étude, qui plus est de grande ampleur, qui démontre le rôle néfaste de l’agriculture intensive dans l’histoire du déclin des rivières du massif du Jura, qui s’est accéléré brusquement à compter de 2009 avec des mortalités massives de poissons, mais désigne également d’autres causes qui jouent un rôle toutefois moins prépondérant. Les mauvaises langues diront peut-être que cette étude défonce les portes ouvertes, mais encore fallait-il mesurer, vérifier, affiner les analyses et enfin sortir des suppositions ou des accusations sans véritables preuves. Spécialisée dans les micro-polluants, Chrono-Environnement, a notamment mis en évidence le rôle majeur de l’azote, du bicarbonate et des transferts des intrants par le karst, cette roche calcaire poreuse, fissurée, typique du massif du Jura. Les scientifiques estiment que la situation des rivières concernées (Loue, Lison, Dessoubre, Doubs, Ain, etc) n’est pas irréversible, que le milieu a encore la capacité de rebondir à condition que les efforts soient faits, mais de ce côté-là, la préfecture a toujours mis en avant le côté multi-factoriel du problème de façon à ne viser personne en particulier et surtout pas l’agriculture. Le nouveau cahier des charges de la filière comté, encore en discussion, ne prend malheureusement pas du tout le chemin de la raison avec un plafond proposé à 1,2 million de litres de lait par an et par ferme et un maximum de 8500 l de lait par vache/an, deux chiffres qui sont un véritable passeport pour du toujours plus intensif. Et l’Etat laisse faire, fait semblant de contrôler une filière libre comme l’air. Avec deux à trois millions de litres de lait par an (60 000 tonnes de comté), cela génère des volumes de lisier et de fumier colossaux, totalement incompatibles avec les terrains karstiques. Les rivières servent alors de poubelle pour se débarrasser de cet excédent structurel. Il est temps d’instaurer une “zone nitrate sensible” ou une autre réglementation spécifique aux sols karstiques mais cela demande un peu de courage politique, une valeur qui fait défaut au pays du comté roi.

    Photo : © Philippe Boisson. STEP et élevage vallée de l’Angillon affluent de la haute rivière d’Ain. Jura.

     

  • La boîte de Pandore 

    La boîte de Pandore 

    Si les défenseurs des moulins et de l’hydroélectricité cherchent un avocat, il est tout trouvé en la personne de Christian Lévêque, hydrobiologiste (Directeur de recherches émérite de l’IRD, ex-directeur du Programme Environnement, Vie et Sociétés du CNRS, et Président honoraire de l’Académie d’Agriculture de France). Le scientifique a signé récemment un article sur le site European Scientist qui remet en cause la biodiversité défendue notamment par les pêcheurs et à travers elle par les fédérations départementales de pêcheurs, car selon lui, il ne reste plus grand-chose à défendre mis à part les espèces exogènes. Selon lui toujours, retrouver des rivières sauvages est une utopie car les cours d’eau ne peuvent plus déborder comme avant en raison de l’urbanisation. Et donc pour toutes ces bonnes raisons, il faudrait ouvrir la boite de pandore… au plus vite, pour conserver notre hydroélectricité voir aménager encore plus. Nul doute qu’avec un tel conseiller, il ne restera bientôt plus rien à préserver.

    Concernant les espèces exogènes, une bonne partie de celles citées par l’auteur (silure, sandre, black-bass) sont des espèces d’eaux dormantes. Or les barrages hydroélectriques se trouvent généralement en zone de montagne pour des raisons évidentes de force motrice de l’eau par simple gravité. Les silures introduits par des irresponsables dans des plans d’eau de barrage en cours de première catégorie finissent parfois par faire le mur et se retrouvent en concurrence directe avec les truites, les ombres, les saumons ou les chabots, loches et autres vairons. Si pas de barrages, pas de silure en aval. L’hydroélectricité est le facteur n°1 des introductions d’espèces nuisibles en première catégorie.

    Et c’est bien sur ces zones de première catégorie que les fédérations de pêche essaient d’appliquer le principe de gestion patrimoniale qui passe par une renaturation des milieux. La démonstration de M. Lévêque ne tient pas compte d’un élément déterminant, plus que jamais déterminant : l’élévation de la température des eaux avec les canicules et l’effet cumulé de diverses dégradations. En n’en tenant pas compte, c’est comme comme si toutes les espèces pouvaient vivre sur n’importe quelle zone typologique. Ce serait un monde merveilleux ! Les salmonidés pourraient supporter des températures supérieures à 25°C, qui dans la vraie vie leurs sont létales. Ils pourraient supporter des taux d’oxygènes dissouts très faibles comme les carpes, mais ce n’est pas non plus la réalité.

    Les lecteurs des articles de Ch. Lévêque qui pour l’immense majorité ne connaissent strictement rien à l’ichtyologie ne voient pas pourquoi une carpe n’est pas à sa place en zone de montagne. Les barrages n’ont jamais été érigés pour protéger les cours d’eau, mais pour créer de l’énergie. Leurs effets néfaste sur les cours d’eau sont parfaitement connus et décrits par des gens dont les CV n’ont rien à envier à celui de M. Lévêque (pièges à sédiments, terreau pour les espèces exogènes, élévation de la température, disparition de l’oxygène dissout en profondeur, isolement génétique des peuplements entre l’amont et l’aval de l’ouvrage, marnages importants qui perturbe la reproduction, rejet de méthane, etc.). Seuls les grands barrages restituent une eau froide en aval, mais pour les autres, ce sont des cloaques d’algues et de sédiments qui ont mis les cours d’eau de première catégorie dans l’état où ils sont aujourd’hui et l’auteur voudrait nous faire croire que les seuils et autres moulins ne sont pas liés à cette dégradation. Un peu de sérieux…

    Les défenseurs des moulins et autres barrages voient les sécheresses comme un aubaine qui justifierait le maintient des retenues pour garder des volumes d’eau en été, arguant que sans barrages, les rivières s’assècheront. Donner aux rivières une eau désoxygénée qui a croupi au soleil au milieux des algues ne suffira pas à sauvegarder les espèces sensibles en aval, surtout avec les petites unités hydroélectriques. Pourquoi vouloir construire de la petite hydroélectricité à une époque où les débits sont insuffisants six mois de l’année ? Pas pour le plaisir d’investir à perte mais parce que ça reste une manne financière avec une électricité rachetée par EDF à un tarif majoré.

    La petite hydroélectricité dont les projets poussent comme des champignons actuellement pour satisfaire aux 27 % de la transition énergétique produit moins de 1 % de la production nationale d’électricité et va signer l’arrêt de mort de dizaines de cours d’eau de montage notamment dans les Alpes. Le Collectif 05, créé en février dernier dans les Hautes-Alpes lie (pour une fois) sports d’eau vive, pêcheurs, naturalistes, le Club Alpin Français et même la Ligue de Protection des Oiseaux contre les projets de microcentrales. Dans les Balkans, où 3000 projets devaient voir le jour, des annulations ont lieu par centaines, parce que le peuple manifeste et s’oppose à voir leurs vallées défigurées pour le seul profit d’entreprises privées qui font du greenwashing. Et que dire de cette Europe schizophrène qui d’un côté finance ces projets d’un autre âge et de l’autre veut défendre la biodiversité aquatique et terrestre…

    Drôle d’époque. 

    Photo : barrage de Rabodanges (Orne). © Philippe Boisson