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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Un geste pour la nature
La pêche de loisir pollue, il faut bien l’admettre. Même si l’impact est minime, une campagne nationale vient d’être lancée pour que chacun fasse des efforts. La pêche aux leurres est bien évidemment dans le collimateur. Ce n’est pas, contrairement à l’image choisie en couverture de la plaquette pour cette campagne, les leurres durs qui posent le plus de problèmes (les pertes sur et hors eau sont rares) mais bien les leurres souples en plastique ou dérivés qui finissent par se décomposer lentement et durant très longtemps au fond des lacs et des rivières. Si le rôle de chacun est montré du doigt, celui des fabricants d’autant plus. Les leurres en amidon (de maïs) comme les Berkley Gulp Alive sont une bonne piste à travailler. Alors au boulot !

Pays-Bas. 1 200 euros par vache en moins !
Pour respecter les normes environnementales imposées par l’Europe, les Pays-Bas doivent réduire leur nombre de vaches. Et Bruxelles met la pression en brandissant des amendes qui ne tarderont pas à être infligées à l’État. Pour aider les agriculteurs à passer à l’acte, l’État néerlandais propose 1 200 euros par vache abattue. Depuis l’arrêt des quotas laitiers en 2015, les taux de phosphate dans les terres et les eaux du plat pays ont augmenté de 24 %. Les agriculteurs doivent retrouver le cheptel qui était celui des Pays-Bas au 2 juillet 2015. Et pour cela, environ 60 000 bêtes doivent être abattues avant la fin de l’année pour un coût dépassant les 70 millions d’euros. Évidemment, la mesure est très mal perçue par le monde agricole et plus encore par la population, qui devra payer la facture d’un excès qui ne concerne que le monde agricole, qui comme dans notre pays, est incapable de s’autoréguler.

Huit jours dans le delta du Danube, au pays des becs dans l’eau
1 300 ha de petits lacs reliés par des canaux au milieu de 312 000 ha d’une nature d’un autre âge, voilà, au coeur du delta du Danube, l’un des meilleurs coins à brochet d’Europe. Gaël Even vous raconte pourquoi.
Attention sauvage. Pour se jeter dans la mer Noire, le Danube qui vient de traverser dix pays d’Europe et recueillir les confidences de quatre parmi les plus prestigieuses des capitales (Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade) de ce vieux continent très civilisé, retrouve un peu de son identité originelle.
Son delta, presque aussi grand que celui de la Volga, a la taille d’un département français. Un département fait d’eau, de roseaux, de houblons sauvages, de lierres et de clématites. Une des plus belles zones humides de la planète et la deuxième réserve d’eau douce d’Europe.
Les bouches du Danube que se disputent encore aujourd’hui Roumains et Ukrainiens, comme autrefois l’Empire ottoman et la sainte Russie, sont un de ces endroits de notre monde en souffrance où la biodiversité joue les prolongations : 1 200 variétés de plantes, 300 espèces d’oiseaux, 45 de poissons et 40 000 de bipèdes, sans compter les chats sauvages et les chiens énots, peuplent ce joyau du Patrimoine mondial de l’humanité où les bateaux devaient être capables de ramener des esturgeons atteignant la tonne.
Car dans les années 1930, le delta fut le premier producteur mondial de caviar en même temps qu’un des premiers lieux d’exploitation durable des ressources naturelles, ce, grâce aux rois de Roumanie Carol 1er et Ferdinand qui en avaient confié la gestion à Grigore Antipa, un biologiste disciple de Ernst Haeckel, le fondateur de l’écologie.
Le delta résista même aux aménageurs staliniens qui en voulant le transformer en polders, faillirent le tuer, envoyant au Goulag les scientifiques qui s’opposaient à leur projet. Depuis 1991 et la mise en place d’une réserve de biosphère de 5 762 km2, heureusement le Danube et son delta revivent.
C’est tout au bout de ce système complexe, dans le Sud-Ouest, où des îlots de végétation dérivent à la façon des icebergs, que le centre de pêche Holbina Trei Bibani et son hôtel quatre étoiles accueillent les pêcheurs de brochets. Gaël Even y revenait cette année pour la deuxième fois. Notre vice-champion du monde de pêche au leurre, pourtant expert en « power fishing », n’ayant eu le temps, l’année dernière, de prospec

Une pétition pour mettre la haute rivière d’Ain en no-kill
La haute rivière d’Ain (Jura, région de Champagnole) est quasiment la seule portion de rivière du Jura et du Doubs qui n’a pas encore connus de gros épisodes de mortalités parmi ses populations de truites, mais cet été, des pêcheurs déplorent des poissons malades ou morts, ce qui est complètement inhabituel à cette période de l’année. La Bienne étant fermée à la pêche pour cause de pollution, le report de la pression de pêche sur la haute rivière d’Ain est alors inévitable. Pour préserver les derniers poissons sauvages de toute une région, il semble urgent de classer cette portion de rivière en no-kil (remise à l’eau de tous les poissons pris dans les meilleures conditions possibles). Rappelons que dans le département du Doubs voisin, la Loue est en no-kill pour toute l’année 2017, décision préfectorale prise suite au constat d’une continuelle baisse des peuplements de truites et d’ombres (pêche électriques d’inventaires), y compris sur la haute vallée.
Il serait bon que le Jura, qui bientôt n’aura plus grand chose à proposer aux pêcheurs de truites, applique un principe de précaution, qui certes n’évitera pas la pollution, mais limitera la casse en préservant au mieux les peuplements.
Une pétition est en ligne ici : Elle a pour but de faire appuyer une demande nécessaire, logique et raisonnable.

La haute Loire dévastée sur plus de 25 kilomètres
La loire en no-kill total. L’Union Halieutique de la Loire Amont a pris ses responsabilités depuis les pluies torrentielles du 13 juin 2017. Les tributaires de la haute vallée de la Loire ont subi un cataclysme totalement inconnu jusqu’alors. En trois heures, trois mois de pluie (selon les données météorologiques, il s’agirait du troisième événement orageux le plus fort en France). Le moindre ravin s’est transformé en torrent dévastateur, les ruisseaux ont charrié des montagnes obstruant le lit de la Loire. Les conséquences pour la faune piscicole sont majeures et restent difficiles à mesurer à ce jour. Les ruisseaux concernés (ruisseau de l’Holme, ruisseau de Bethe, Fouragette, Ribeins) ont été anéantis : faune aquatique totalement absente, lit de la rivière totalement détruit.
À l’aval de ces ruisseaux, le lit de la Loire a été obstrué, comblé et totalement colmaté. À ce cataclysme naturel vient s’ajouter une fraie 2016 anéantie elle aussi par la crue cévenole trentenale du 2 décembre.
Le constat est clair : population de salmonidés fortement perturbées sur la Loire, ruisseaux pépinières vides de vie et anéantis pour plusieurs décennies, absence de juvéniles de la dernière génération, réduction considérable de l’habitat des salmonidés, risque d’augmentation des températures d’eau en période d’étiage.
Face à ces éléments , l’Union Halieutique de la Loire Amont regroupant les AAPPMA de Goudet, Pont de Chadron et Le Puy-en-Velay a obtenu après avis favorable de la Fédération de pêche 43 un arrêté préfectoral obligeant la remise à l’eau obligatoire des truites et ombres entre le Pont de Salettes et le Pont de Chadron (soit un peu plus de 22 km de linéaire).
En fonction des éléments à venir (compte rendu de pêches électriques, fraie 2017), cette décision sera réévaluée.
L’objectif est de permettre aux poissons survivants de re-coloniser progressivement les zones détruites.


L’évolution des lacs naturels du massif jurassien
Lacs naturels d’origine glaciaire, les plans d’eau du massif jurassien situés de part et d’autre de la frontière franco-suisse semblent inchangés depuis des millénaires. Au siècle dernier, ces lacs ont connu leur lot de dérèglements liés aux activités humaines. Ils sont aujourd’hui mieux protégés mais restent d’une grande fragilité. Voici l’histoire de ces lacs, qui de nos jours connaissent un regain d’intérêt de la part des pêcheurs.
Alors que le nombre de pêcheurs en rivière régresse depuis plusieurs années, la pêche amateur en lac se maintient, voire se porte un peu mieux. Si l’on prend l’exemple de la Suisse, les permis de pêche amateur sur le lac de Neuchâtel ont augmenté de près de 20 % ces dix dernières années, alors que dans le même temps les pêcheurs en rivière ont été réduits d’autant. En Franche-Comté, la tendance semble identique. Les cours d’eau sont de moins en moins arpentés par les pêcheurs et la fréquentation des lacs apparaît mieux résister à cette érosion. Comment peut-on expliquer cette situation ? Les lacs seraient-ils plus intéressants que les cours d’eau ?
De véritables joyaux naturels
Tout d’abord, il est important de rappeler que les lacs du massif jurassien (Saint-Point [25], Chalain [39], Clairvaux [39], Joux [CH], etc.) sont des plans d’eau naturels, ayant une origine glaciaire. Il ne faut donc pas les confondre avec les étangs ou autres retenues artificielles, édifiés à l’aide de digues ou de barrages barrant un ruisseau ou un cours d’eau. Ces lacs naturels sont de véritables joyaux environnementaux et ils évoluent depuis plus de 10 000 ans au gré de la dynamique des vallées jurassiennes. Ils sont bordés de zones humides riches en biodiversité et constituent encore, la plupart du temps, des réserves d’eau potable d’importance. Certains sont même classés monuments historiques (Clairvaux [39], Chalain [39]) car ils possèdent des vestiges néolithiques sur pilotis, dits palafittes, protégés par l’Unesco. Ainsi, il y a près de 6 000 ans, les hommes étaient déjà attirés par les lacs du Jura. Leur écrin naturel, la beauté des paysages qu’ils dessinent et leurs richesses ont donc depuis toujours été convoités. Cette situation est d’autant plus remarquable que la concentration de ces lacs sur ce massif de moyenne altitude est unique en France. Seule l’Auvergne, avec ses quelques lacs de cratère, rivalise en termes de densité de plans d’eau naturels. Les autres régions de moyenne et basse altitudes en sont naturellement dépourvues, du fait de l’absence des processus géologiques et climatiques à l’origine de leur apparition. Les lacs naturels constituent donc une véritable particularité paysagère du massif du Jura. C’est une carte de visite touristique et halieutique de haute valeur. Ce n’est pas par hasard si leur fréquentation est importante depuis très longtemps. Se délasser, se baigner, pêcher ou naviguer sur ces curiosités de la nature est donc un privilège qui attire toujours plus de monde.
Les lacs sont-ils plus propres que les cours d’eau ?
Alors que les tragiques mortalités massives de la Loue, du Doubs franco-suisse ou encore du Dessoubre sont récentes, force est de constater que sur les lacs, les grandes hécatombes de poissons appartiennent au passé ! Ce sont dans les années 1970-1980 que ces milieux ont pu connaître des épisodes de fortes mortalités, dont l’origine était liée principalement à la désoxygénation des zones profondes. Elles étaient la conséquence des pollutions domestiques et agricoles, rejetées sur leur bassin versant et mal ou non traitées. Heureusement, ces signaux d’alarme ont initié une prise de conscience collective des problèmes. La mise en place de systèmes d’épuration a permis, petit à petit, de traiter et de juguler ces apports excessifs d’eaux usées. À l’image du lac de Neuchâtel en Suisse ou encore des lacs alpins comme le lac Léman, la concentration en phosphore, marqueur de pollution, s’est donc améliorée. Depuis la mise en place des programmes d’épurations collectives, tout n’est pas réglé pour autant, et certains lacs subissent encore des apports excessifs en nutriments. Leurs couches profondes ont toujours des problèmes de désoxygénation une bonne partie de l’année, comme le montrent les suivis réalisés sur les lacs de Morat (CH), de Joux (CH) ou encore de Rémoray (25). Certains plans d’eau ont par ailleurs subi des dégradations plus récentes et progressives de leur qualité d’eau. Il s’agit en particulier du lac de Chalain (39) et, dans une moindre mesure, du lac Saint-Point (25). Si l’on essaie de synthétiser la situation actuelle, on peut dire que l’évolution de la qualité de l’eau des lacs naturels du massif du Jura est mitigée. Dans l’ensemble, les pollutions domestiques ont diminué assez significativement ces trente dernières années. Toutefois, elles ne sont encore pas totalement traitées et certains plans d’eau souffrent toujours d’excès d’apports en nutriments, d’origine agricole en particulier. Et plus récemment, des contaminations toxiques peuvent être suspectées pour certains d’entre eux. La qualité d’eau des lacs apparaît donc assez similaire à celle des cours d’eau, qui ont fait l’objet des mêmes efforts en termes d’épuration des effluents. Elle ne peut donc pas à elle seule expliquer le relatif engouement halieutique observé pour les lacs naturels par rapport aux rivières, si ce n‘est l’absence depuis longtemps de cas de mortalités massives de poissons.
La morphologie des lacs est-elle mieux préservée ?
Comme les ruisseaux et rivières, les lacs naturels ont subi de nombreuses et anciennes modifications de leur morphologie. Dès le Moyen Âge, les hommes ont aménagé l’exutoire de ces plans d’eau afin de maîtriser et d’utiliser la force hydraulique pour le fonctionnement des forges, des moulins, etc. Certains ouvrages ont été transformés au fil du temps en usine hydroélectrique. Le cas des lacs de Joux et Brenet en Suisse illustre bien cette anthropisation. Ils

Une campagne à soutenir et à faire connaître
Au même titre que les lingettes jetées dans les toilettes et qui finissent par mettre en stand-by les filtres des stations d’épuration, les médicaments périmés ne doivent pas finir dans le lavabo ou dans les toilettes. Les molécules ne sont pas traitées par les stations d’épuration et se retrouvent en grande quantité dans les rivières. Les médicaments périmés doivent être ramenés en pharmacie où ils sont ensuite acheminés dans des unités spécialisées dans le retraitement de ces déchets toxiques pour l’environnement. Une campagne vient de démarrer sur YouTube : Résidus de médicaments dans l’eau, des déchets pas tout à fait comme les autres.

La Bienne fluo pour le passage du tour de France !
Lors de l’étape Dole/ Les Rousses du tour de France le 8 juillet dans le Jura, les spectateurs et téléspectateurs ont pour une fois vu la rivière en se posant quelques questions. En effet, la Bienne, rivière fermée à la pêche depuis plusieurs années pour des raisons de pollutions, coulait verte fluo. Une opération qui visait à dénoncer l’inaction des politiques et des collectivités face à une rivière à l’agonie, car sur la Bienne l’assainissement des eaux usées est catastrophique. Les poissons meurent dans une indifférence générale. La couleur verte a été obtenue grâce à un traceur colorimétrique utilisé en spéléologie pour connaître le cheminement de l’eau, sans danger pour la faune et la flore.
Nul doute que cette opération va faire parler d’elle. Et ça tombe bien car c’est le but !

EDITO : Court-bouillon écolo.
Les vacances de Monsieur Hulot risquent d’être sportives. Pas seulement parce que l’icône de l’écologie gauloise va être très vite confrontée à la dure réalité de l’exercice du pouvoir, mais aussi parce que certains des dossiers que sa fondation portait risquent de revenir dans l’actualité.
Ainsi de la convention “pour le développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques”. Ce texte qui date de Jean-Louis Borloo prévoit la construction de 250 à 1000 micro-centrales (selon les interprétations) en échange de la destruction de quelques barrages obsolètes comme ceux de la Sélune. Il s’agit de contribuer à la réalisation du fameux objectif de 23% d’énergies renouvelables tout en restaurant la biodiversité des cours d’eau, deux objectifs inconciliables, fruits des noces incertaines de la bureaucratie européenne et des démagogies locales.
France Nature Environnement et la FNPF avaient refusé de mettre leur nom au bas d’un projet que n’auraient pas désavoué les Marx Brothers, tandis que Ségolène Royal, ne le trouvant pas assez hydroélectrique, l’avait vidé de son peu de substance en s’opposant au démantèlement des barrages de la Sélune.
Que fera le Hulot nouveau ? suspense et spéculations. Sauf que cet été encore, dans pas mal de retenues, les milieux aquatiques vireront au court-bouillon pour les poissons…
Cet article est l’édito du numéro 112 de Pêches Sportives

Alpes : le Nant Bénin labellisé
Le Nant Bénin, est la première rivière des Alpes, et la 9ème Rivière en France, à recevoir le label Site Rivières Sauvages. Le Nant Bénin et ses affluents, réseau de tête de bassin d’environ vingt kilomètres dans le Parc National de la Vanoise, coulent dans une vallée magnifique et sauvage, entourée par les stations de ski de Tignes et la Plagne. L’Association du Nant Sauvage, porteur local du label Site Rivières Sauvages s’est mobilisé afin de renforcer la protection de ce précieux réservoir de biodiversité qui a été labellisé le 12 janvier 2017. En faisant connaitre ces richesses et cette biodiversité exemplaire, l’association, entourée des habitants de la vallée, entend préserver ce lieu de la menace qui pèse sur ce joyau d’eau courante, comme le projet de très controversé de construction d’une usine hydroélectrique. Le Nant Bénin, qui se jette dans le Ponthurin à Peisey-Nancroix est la dernière rivière libre de la Tarentaise, dont 97 % des milieux d’eau courante sont affectés par l’hydroélectricité.
