Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Les truites de la Loue très en avance pour la fraye !

    Les truites de la Loue très en avance pour la fraye !

    Les pêcheurs locaux n’ont jamais vu ça, des truites sauvages de la Loue dans le secteur de Chenecey-Buillon qui frayent dès le tout début du mois de novembre. Le décalage est d’environ un mois, puisque de mémoire d’homme, les truites de la moyenne vallée font leurs nids début décembre au plus tôt. Loin d’être anecdotique, cette information venant de l’un des membres du Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises (www.soslrc.com) mérite un suivi sérieux, afin de comprendre pourquoi ce changement a lieu. Depuis des lustres, c’est la photopériode qui déclenche la reproduction chez les salmonidés. Plus la durée du jour réduit, plus la maturation progressive des gamètes augmente pour une reproduction qui a lieu durant les jours les plus courts de l’année. A suivre…

  • Etat-Unis, l’algue invasive “Didymo” gagne du terrain

    Etat-Unis, l’algue invasive “Didymo” gagne du terrain

    Didymosphenia geminata est une algue très envahissante, qui peut colmater complètement le fond des rivières et bouleverser totalement les écosystèmes. La macro-faune notamment et les jeunes alevins se trouvent littéralement asphyxiés.

    Nous savons qu’en Nouvelle-Zélande, cette algue est responsable de la mort d’une vingtaine de rivières. Mais elle se développe également sur des rivières américaines, et non des moindres. Cet été, la basse vallée de la Missouri et la Henry’s Fork sont particulièrement touchées.

    C’est une diatomée microscopique, qui peut se développer à partir d’une seule goutte d’eau. Elle est considérée comme autochtone dans l’hémisphère nord et exogène dans l’hémisphère sud.

    Sa présence problématique est confirmée dans treize états d’Amérique du Nord dont ceux qui intéressent le plus les pêcheurs à la mouche : Arkansas, Idaho, Californie, les deux Dakota, de façons plus ou moins marquée. Elle est également présente en Islande, dans l’Alberta, Colombie-Britannique où le Québec (dont la mythique Matapédia).

    Si son développement paraît logique dans l’hémisphère sud en tant qu’espèce nouvelle qui profite d’une niche écologique vide, rien n’indique pourquoi Didymosphenia geminata pose soudain de gros problèmes dans son aire d’origine où elle vit discrètement depuis des milliers d’années. Une modification de la température de l’eau ou un excès de nutriment (apport d’azote) pourraient déclencher une prolifération.

    La contamination par les pêcheurs n’est pas une vue de l’esprit. Tout l’équipement des pêcheurs doit être désinfecté et pas uniquement les chaussures de wadding. Tout ce qui est en textile et en contact avec l’eau peut la transporter : wadders, chaussures, gilet, veste de wadding, filet d’épuisette. Les diatomées sont très peu exigeantes et peuvent survivre au transport pendant très longtemps. Sa présence en Nouvelle-Zélande est due aux pêcheurs, qui l’ont transporter dans leurs valises depuis l’Amérique du Nord. Il va sans dire que le retour en France après un séjour de pêche dans les lieux contaminés implique une désinfection totale de l’équipement et pas seulement les semelles en feutre des chaussures.

    En 2014, des étudiants d’une université du Tennessee ont travaillé sur plusieurs protocoles de désinfection avec différents produits (“savons” liquides divers, Vircon, eau de javel, etc). De tous les produits testés, les solutions à l’eau de javel furent les plus efficaces. Diluée à 1 % d’eau de javel, la mort des cellules des échantillons à pris 10 mn, alors qu’à 2% ce n’était plus qu’une minute.

    Les pêcheurs voyageurs doivent impérativement prendre l’habitude de désinfecter leur matériel avant et après chaque voyage. il en va de l’avenir de nos chers rivières et lacs et de notre passion.

    (vidéo : le fond de la basse Missouri cet été. © Pêches-sportives).

     

  • Un nouveau souffle pour le Rhône

    Un nouveau souffle pour le Rhône

    Comme tous les grands fleuves français, le Rhône n’est plus qu’un canal, façonné par l’homme pour être navigable et produire de l’électricité. Bien qu’il soit illusoire de le voir un jour retrouver son état originel, un programme de renaturation est engagé par l’Agence de l’eau RMC.  Un colloque aura lieu le 2 octobre pour présenter ce vaste programme qui s’étend sur vingt ans. Le but étant de redonner vie aux “lônes”, les bras annexes du fleuve, de recréer du courant dans certaines zones du lit, de varier les profils d’écoulements. Mais toutes ces actions devront être compatibles avec la navigation et la production d’électricité.  Espérons que ces compromis ne soient pas des coups d’épée dans l’eau.

    Date limite d’inscription au colloque, le 24 septembre.

  • Le non sens des micro-centrales hydroélectriques en zone de montagne !

    Le non sens des micro-centrales hydroélectriques en zone de montagne !

    Six ONG se sont unies pour publier un communiqué de presse (voir ci-dessous) qui dénonce les projets de micros-centrales hydroélectriques, qui au nom de la transition énergétique, menacent des cours d’eau préservés en zone de montage et parfois même au sein de parcs naturels régionaux ou nationaux.

    Des projets menés par des gens qui pensent uniquement à la rentabilité (une micro centrale n’a jamais amélioré l’état d’un ruisseau ou d’un cours d’eau) au détriment de la qualité de l’eau et de la biodiversité. Le lobby de l’hydroélectricité ignore le manque d’enneigement en montagne depuis des années, les périodes de sécheresses qui se généralisent. Une attitude qui sera de moins en moins défendable par les temps qui courent car il devient moins rentable de faire de l’électricité avec ces installations en cas de manque d’eau. La micro-hydroélectricité ne produit que 0,1 % des besoins nationaux, mais cause de lourds dommages aux quelques cours d’eau encore en bon état écologique dans notre pays.

     

    CompresseHydroRivSauvagesParcs8sept2017

  • Une journée de formation “sentinelle de l’environnement” à Ornans (25)

    Une journée de formation “sentinelle de l’environnement” à Ornans (25)

    Le 19 septembre, le  Samu de l’Environnement Bourgogne Franche-Comté organisera une journée de formation “sentinelle de l’environnement. Au programme :

    • De 9h30 à 12h00 : démonstration de prélèvements et analyses de l’eau en présence des médias
    • De 14h à 17h00 : formation collective à l’analyse des polluants de l’eau pour les personnes désirant devenir sentinelles de l’environnement pour le samu de l’environnement de Bourgogne Franche-Comté.

    Cette journée se déroulera au bord de la Loue à Ornans (Doubs), salle des Iles basses, place Courbet.

    Le lien ci-dessous est en ligne pour les inscriptions :

    https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd_doTHM9axLulso2H7ieqMFPMThrC-CMFqkD4VK59ii0TlDA/viewform

  • Campagne #FishSizeMatters ou le combat contre la surpêche.

    Campagne #FishSizeMatters ou le combat contre la surpêche.

    L’association Oceana qui protège les océans du monde a lancé sa campagne #FishSizeMatters pour combattre la surpèche.

    Nous trouvons que leur combat mérite d’en parler. Voilà ce qu’ils disent :

    « We have eaten the adults and now we’re going after the children. Overfishing has led to more and more ‘baby’ fish being caught and consumed to supply the demand. When it comes to fish, the size really does matter. Just 55 types of fish species have minimum catch size limits in the EU. For many of these fish, the minimum sizes are smaller than the size at which the fish can reproduce. Check what size the fish you’re eating should be, and ensure it’s not a baby fish by using our new digital guide (in english) »

    « Nous avons mangé les poissons adultes, et maintenant nous nous attaquons aux juvéniles. A cause de la surpêche, nous attrapons et consumons de plus en plus de poissons immatures pour soutenir la demande. Quand on parle de poisson, la taille compte vraiment. Seulement 55 types d’espèces de poissons ont une taille limite pour la pêche en Europe. Pour beaucoup de ces poissons, leur taille minimum est plus petite que la taille à laquelle il peut se reproduire. Jetez un coup d’oeil à notre guide digital (en français) afin de savoir quelle taille fait le poisson que vous êtes en train de manger et pour vous assurer que ce n’est pas un alvin. »

    Découvrez la vidéo de campagne #FishSizeMatters :

     

    Pour en savoir plus :

    Leur site en anglais

    Leur compte Twitter en anglais

    Leur page Facebook en anglais

     

  • F3P, une fondation… de plus

    F3P, une fondation… de plus

    La Fondation Préservation, Patrimoine, Pêche (Fondation F3P), créée le 29 août 2016, ambitionne d’acquérir des espaces comprenant des milieux aquatiques et/ou des zones humides dans l’optique de les protéger. La fondation a pour but de créer des espaces emblématiques accessibles et non des sanctuaires où l’homme n’a pas sa place. Ces espaces devront devenir des zones inédites de partage, privilégiant le loisir pêche, la découverte du milieu aquatique pour l’ensemble des usagers, notamment la jeune génération. Pour François Le Sager, président de la F3P, « Cette conception novatrice de l’accès aux cours d’eau proposée aux citoyens, contribuera à la prise de conscience générale de la fragilité des écosystèmes qui nous entourent et de leur nécessaire préservation ».

    Soutenue par la FNPF, F3P s’attellera à fédérer d’autres partenaires financiers et des donateurs, convaincus de la démarche et de l’opportunité d’avenir que constitue cette nouvelle approche du loisir pêche dans la préservation des cours d’eau de l’Hexagone. Si l’action est louable, on peut toutefois lui reprocher d’être dissidente des autres, comme Natura 2000 ou le réseau Rivières Sauvages. Et au final, toutes manquent de moyens pour des résultats ambitieux.

  • Rivières de Franche-Comté, le grand ras-le-bol !

    Rivières de Franche-Comté, le grand ras-le-bol !

    Alors que l’administration n’a pas le courage d’affronter un modèle agricole qui ne respecte rien, les rivières de Franche- Comté ont plus que jamais un pied dans la tombe. Ce printemps encore, les poissons défilèrent le ventre en l’air. Il serait temps que les pêcheurs se mobilisent en très grand nombre, car bientôt, il sera trop tard.

    Les rivières de Franche- Comté et notamment celles du département du Doubs n’en finissent pas de mourir. Ce printemps, les habitués du Doubs, du Dessoubre et du Cusancin, mais aussi de la Bienne jurassienne, ont de nouveau assisté à un triste spectacle, celui que l’on connaît malheureusement trop bien depuis 2009. Ce morne tableau représente des rivières malades avec son cortège de poissons morts. Le printemps 2016 avait été très arrosé avec des crues permanentes depuis l’hiver jusqu’à fin juin. Cela avait permis aux ombres et aux truites de passer le cap de la fraie sans trop de dégâts. Quand les eaux étaient redevenues claires dès juillet, on pouvait revoir des petits bancs d’ombres adultes un peu partout. Ce sont ces poissons qui sont en grande partie morts ce printemps. Parce que rien n’a été fait pour que ça change. Le comté reste plus que jamais un produit issu de l’agriculture intensive. On dépasse largement le million de tonnes de lisier de vache pour le seul département du Doubs et ses 105 000 vaches laitières (chiffre datant de 2013). Le préfet Christian Decharrière avait promis une réglementation spécifique pour les zones karstiques, le président du conseil général Claude Jeannerot voulait que le lisier soit stocké sur six mois et non sur quatre afin d’éviter les épandages hivernaux, lorsqu’aucune pousse ne peut profiter de ce fertilisant dont tout le monde sait bien qu’il ne s’agit que d’un déchet, d’autres brandissaient la méthanisation pour régler le problème. Du côté des politiques et de l’administration rien n’a ne serait- ce qu’été tenté.

    Sept ans de mesurettes dans le meilleur des cas, car les services de l’État s’enrhument quand la FNSEA tousse. Sept années durant lesquelles la production de comté a continué d’augmenter : 14 000 tonnes il y a une trentaine d’années, 80 000 en 2015. Et l’arrêt des quotas laitiers n’est pas seul responsable de cette augmentation, car l’AOP comté régule plutôt bien ses quotas depuis longtemps. L’administration sait que les prairies ne sont plus que de la culture d’herbe d’environ dix espèces de végétaux, que le comté est une publicité mensongère scandaleuse aux vaches au bout du rouleau piquées aux antibiotiques trop souvent. Elle sait aussi que les champs sont régulièrement passés au glyphosate (Roundup), plutôt hors AOP, mais parfois dedans. Mais elle laisse faire et par là même cautionne ce système qui est tout autant une réussite économique remarquable qu’un désastre écologique majeur.

    Des solutions existent pour minimiser l’impact du lisier, comme la méthanisation (à condition que les digestats très riches en azote ne soient pas épandus). Mais la décision, comme le courage, est politique. Dans la pratique, transformer la totalité d’un million de tonnes d’un lisier liquide qui ne méthanise pas sans l’aide de 90 % de déchets verts n’est sans doute pas possible sans déforester la région ! La méthanisation est une solution

  • Le mystère des saumons du Pacifique “égarés” en Irlande !

    Le mystère des saumons du Pacifique “égarés” en Irlande !

    Ce n’est pas une blague, et encore moins un cas isolé. Une trentaine de saumons “pink” (Oncorhynchus gorbuscha), une des cinq espèces de saumons du Pacifique, on été pris en Irlande, dans les contés de Mayo, Galway et Donegal, dans des rivières aussi différentes que la Moy, l’Errif, où les rivières Corrib et Cong (en liaison avec les célèbres grands lacs aux même noms). D’autres cas viennent d’être signalés en Ecosse, ce qui inquiète particulièrement les autorités. Car ces poissons n’ont rien d’animaux d’élevage aux nageoires rognées.  Ils semblent s’être perdus, c’est le moins que l’on puisse dire, mais ont gardé l’instinct de remonter les rivières pour se reproduire. A l’heure où la planète est bouleversée par le changement climatique, il est permis d’imaginer les scénarios les plus invraisemblables : la fonte des glaces en Arctique ouvre de nouvelles routes que peuvent emprunter les poissons qui ensuite suivent le golf stream pour se retrouver le long des côtes des îles Britanniques. Nous n’en sommes heureusement pas encore là, mais la piste retenue (pas encore confirmée) par le ministère de l’environnement Irlandais tient aussi de la science fiction ! Ce serait les russes qui auraient introduit cette espèce dans les années 1950 dans la mer de Barents (extrême nord de la Norvège, Péninsule de Kola en Russie, Nouvelle-Zembie) bien loin de l’Océan Pacifique et à seulement 2000 ou 3000 kilomètres des îles Britanniques. Pourquoi cette espèce serait-elle restée en sommeil durant si longtemps pour ensuite migrer vers des eaux plus chaudes ? Les pêcheurs de saumons Atlantique de la Péninsule de Kola n’ont jamais relaté une quelconque trace de ces poissons (les touristes pêcheurs n’ont pu fréquenter la région qu’après 1991, une fois appliquée la Perestroïka). Pas plus d’ailleurs que leurs homologues norvégiens, dont la côté indique un chemin direct jusqu’à l’Irlande. Il semble que le mystère reste entier, et à suivre…

    Il n’est pas à exclure que des individus gagnent les côtes bretonnes ou normandes d’ici la fin de l’automne.

    (Photo © Fisheries Ireland).

    http://www.fisheriesireland.ie/Notices/pink-salmon-non-native-fish-species-alert.html

  • Débits réservés en aval des centrales hydro-électriques, donnez votre avis !

    Débits réservés en aval des centrales hydro-électriques, donnez votre avis !

    Nous ne l’apprenons qu’aujourd’hui mais depuis le 5 août et jusqu’au 27 août, une consultation publique a été mise en place en prévision d’un projet de décret portant sur diverses modifications des dispositions du code de l’environnement relatives à la notion d’obstacle à la continuité écologique et au débit à laisser à l’aval des ouvrages en rivière (dit débit réservé).
    Si notre gouvernement se vante de ne pas prendre de vacances estivales, une bonne partie des français sont eux bien partis vers des congés bien méritées. Et ils ne verront sans doute pas passer ce texte dont la seconde partie, relative aux débits réservés de l’eau que doivent laisser passer les ouvrages pour garantir la vie du cours, a de quoi inquiéter les défenseurs de l’environnement. Le débit réservé est celui qui est imposé par l’Etat sur les ouvrages hydroélectriques, soit lorsque les turbines ne fonctionnent pas (pendant le remplissage du barrage), soit sur le tronçon entre le barrage et l’usine hydroélectrique située en aval pour les systèmes où les turbines ne sont pas sur le barrage mais en aval.
    Ce texte prévoit des cas où il serait possible de déroger au débit minimum garantit pour le réduire davantage. Il faut savoir que la loi pêche de 1984 a normalisé le débit réservé au :
    • 1/10e du débit annuel moyen (module) pour tout nouvel aménagement,
    • 1/20e pour les ouvrages situés sur un cours d’eau dont le module est supérieur à 80 m3/s
    • 1/40e pour les aménagements existants.
    Cela était devenu nécessaire car au début du siècle dernier, lorsque de nombreux ouvrages ont été construits, les débits réservés étaient ridicules, limités pour beaucoup à quelques dizaines de litres par seconde.
    En ces temps de sécheresse où 82 départements sont en alerte, ce texte est un non sens, car depuis une dizaine d’années, le déficit en eau en France se confirme et s’installe dans le long terme. Ces nouvelles mesures ne peuvent que dégrader davantage des cours d’eau fragilisé par la présences des ouvrages (réchauffement de l’eau en amont de l’ouvrage, stockage des sédiments, perturbation en aval en cas de marnages, etc.).
    N’hésitez pas à donner votre avis ici :