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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Doubs, un garde-pêche violemment agressé par un agriculteur
Ce 12 janvier à Charmauvillers, village de la vallée du Doubs franco-suisse, le garde-pêche de l’AAPPMA la Franco-Suisse a été sauvagement agressé par un agriculteur. L’affaire commence mi-décembre, lorsque, pour le compte d’un agriculteur de Charmauvillers, un autre agriculteur, du canton de Maîche, épand du purin sur une parcelle enneigée, ce qui est interdit par le Code de l’Environnement, car à la fonte des neiges, le purin traverse rapidement la couche de terre et prend le chemin des nappes phréatiques et de la rivière. Outre l’aspect environnemental, cet épandage a eu lieu aux abords immédiats du village, ce qui fut très mal vécu par la plupart des habitants. Une quinzaine de jours plus tard, l’agriculteur a récidivé. Des photos sont prises et circulent sur Internet. L’Agence Française pour la Biodiversité (ex Onema) sanctionne l’agriculteur. Le ton monte et le 12 janvier, l’agriculteur s’en prend tout d’abord à une personne ayant pris des photos, à qui il aurait proféré des menaces de mort. Habitant également le village, le garde-pêche décide d’aller voir l’agriculteur pour tenter d’apaiser la situation. Jeté à terre, l’agresseur s’est ensuite acharné sur lui à coups de pieds portés au niveau de la tête. La victime a été transportée au CHU de Besançon dans un état très préoccupant, le visage entièrement tuméfié et ensanglanté. Par respect pour la victime, nous avons choisi de ne pas publier la photo qui a circulé sur Internet et même dans la presse locale, prise juste après l’agression.
Derrière cette agression inacceptable se cache le vaste problème de la gestion des effluents d’élevages dans ce département en pleine AOP comté (et autres). Depuis 2010, les rivières du département ont basculé dans un cauchemar auquel l’agriculture intensive locale n’est pas du tout étrangère. Les épandages de lisiers de vaches représentent plus d’un million de tonnes/an. Les taux admissibles de nitrates et de phosphates par les cours d’eau karstiques de la région sont dépassés depuis longtemps (85 % de l’azote et 69 % du phosphore sont d’origine agricole, 15 % proviennent des eaux domestiques). Jusqu’au milieu des années 1990, la grande majorité des exploitations fonctionnait sur le principe du paillage pour produire du fumier (moins problématique pour l’environnement que le lisier). Aujourd’hui, bien des exploitations sont passées au tout lisier, méthode beaucoup moins contraignante pour les agriculteurs. La part du système lisier (ou mixte) s’est développée avec des aides publiques. Les très coûteux programmes de mises aux normes des bâtiments (fosses à lisier), qui n’ont jamais été évalués en terme d’efficacité sur les rivières.
Contrairement à ce que dit la FNSEA qui s’est exprimée suite à l’agression du garde-pêche et qui condamne cet acte barbare (manquerait plus qu’ils ne disent rien…), les efforts entrepris par le monde agricole pour régler le problème des effluents d’élevage dans ce département sont très loin d’être suffisants. Avec 65 000 tonnes/an de comté, il y a bien longtemps que ce fromage n’est plus un sympathique produit de terroir. Et les épandages sur de la neige, sont certes condamnables, mais relativement peu nombreux et insignifiants comparés aux volumes colossaux balancés sur le terrain en cours d’année et considérés comme étant légaux. Pourtant, le Code de l’Environnement stipule noir sur blanc “que, en aucun cas, la capacité d’épuration des sols ne peut être dépassée” (article R211-50).
La DDT et La chambre d’agriculture du Doubs ont néanmoins pris récemment une décision intéressante (pour 2020), qui consiste à stocker le lisier jusqu’à six mois en fonction de l’altitude (4, 5 ou 6 mois). Ceci afin d’éviter les épandages hivernaux. Si cela va plutôt dans le bon sens, ça montre aussi que le monde agricole est dans le déni. Celui qui consiste à nier l’existence d’excédents structurels de lisiers. Des quantités énormes que la nature ne peut transformer et digérer et qui se trouvent à l’origine du déclin des milieux aquatiques franc-comtois. Tant que l’agriculture ne reconnaitra pas qu’il y a excès et que les personnalités politiques ne décideront pas de s’attaquer au problème, la nature trinquera.
L’agression de quelqu’un qui fait simplement son travail (assermenté), pour le bien commun, par un individu hors la loi est inacceptable. Car cette histoire n’est pas uniquement celle d’un détraqué qui s’en prend au premier venu. L’administration et la justice ont visiblement des consignes pour laisser faire (très peu de PV pour non respect des plans d’épandages, souvent classés sans suite). La Police de l’Eau en France (assurée par l’Agence Française pour la Biodiversité et l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage via la Direction Départementale du Territoire) est inexistante. D’une noble cause, les gouvernements successifs et de tous bords en ont fait une “armée de Bourbaki”, que le monde agricole redoute de moins en moins. A force de toujours donner raison aux agriculteurs (qui cassent du mobilier public, démontent la maison du parc naturel du Morvan, saccagent le bureau de l’Onema de l’Allier, etc), il n’est pas étonnant d’en voir en arriver aux mains.
Ce qui se passe dans le Doubs (et ailleurs) est une honte. Un massacre à grande échelle de la nature avec la bénédiction de l’Europe et du Gouvernement. Les algues qui tapissent et étouffent les rivières du Doubs sont les mêmes que celles qui souillent les fleuves et les plages bretonnes. Et dans cette région, l’État a préféré payer des millions d’euros d’amendes pour non respect des taux de nitrates plutôt que de réformer le monde agricole.
Depuis 2010, début des épisodes massifs de mortalités de poissons, la situation dans le Doubs est très tendue. Malgré un gros travail de fond du Collectif SOS loue et Rivières Comtoises qui est à l’origine de la seule et unique contestation à ce massacre, de trois plaintes devant la commission européenne, de plusieurs manifestations, de la nomination par le ministère de l’environnement d’un groupe d’experts nationaux chargé de trouver des solutions, de la publication du rapport Vindimian, de la conférence environnementale, le constat est simple : l’agriculture a tous les droits et les rivières vont crever à court terme (c’est déjà fait pour certaines). L’eau potable, les espèces sensibles, leur perte irréversible, passent après les intérêts économiques d’une filière.
Le préfet du Doubs voulait préserver la paix sociale ? C’est raté, car l’agression de ce 12 janvier restera pour longtemps le symbole d’un combat qui ne fait que commencer.
Non à la pêche électrique en mer !
Interdite en Europe depuis 1998, la pêche à l’aide de décharges électriques des poissons plats enfouis sous les sédiments profite d’une modification de la loi, qui en 2007, permettait de bénéficier dans certains cas de dérogations. Les pêcheurs néerlandais ont été les premiers à bénéficier de ces aménagements de la loi. L’occasion pour eux de présenter cette méthode de pêche comme étant “innovante” et non plus destructrice. Et depuis, les autres pays européens font pression pour que la CE distribue d’autres dérogations.
Cette méthode de pêche est interdite aux Etats-Unis, en Chine, et dans de nombreux autres pays dont la France, car elle est jugée destructrice et non sélective. De leurs côtés, les pêcheurs hollandais font valoir l’argument d’un effet moins dévastateur des fonds avec les filets.
Il faut toutefois savoir que la méthode n’est pas du tout exempte de filets, car ce sont eux qui sont électrifiés. L’association Bloom, qui craint une généralisation, a lancé une pétition en ligne pour inciter la CE à la plus grande prudence. La pêche électrique serait accusée de tuer une grande partie des organismes marins situés sur la zone.
https://www.bloomassociation.org/stop-peche-electrique/

Que sont devenus les brochets de pisciculture déversés dans le Lot ?
Depuis 2007, une grande étude a été effectuée par la fédération de pêche du Lot et le laboratoire EcoLab de l’université Paul Sabatier de Toulouse, au sujet de la communauté des espèces carnassières dans les eaux de la rivière le Lot (région de Cahors).
A notre connaissance, c’est le première fois qu’une étude d’une telle ampleur concerne d’autres espèces que la truite, l’ombre ou les espèces migratrices.
Cette étude s’est articulée en trois principaux volets :
- Connaissance du régime alimentaire des carnassiers
- Analyse génétique des brochets
- Expérimentation de récifs artificiels
A travers ces trois volets, un “sous volet” concernait un aspect qui intéresse au plus haut point les pêcheurs : le devenir des brochets introduits dans ce milieu naturel qu’est le Lot.
Ainsi, 1840 brochets issus de pisciculture ont été identifiés avant leur déversement avec des marques « spaghettis” sur lesquelles étaient inscrits la date, le n° de marque, la taille de l’individu et le lieu du lâché.
Plusieurs années plus tard, le taux de capture révéla quelques surprises. Cette expérience nécessita la mise en no-kill des secteurs concernées. La capture des brochets marqués demanda la collaboration d’une centaine de pêcheurs et d’un matériel de pêche électrique.
Premier constat, sur les 150 brochets capturés, la plupart sont restés dans un rayon de 900 m par rapport au lieu d’introduction et les individus les plus éloignés l’étaient de 1,5 km.
Le taux de survie des brochets introduits à la taille de plus de 50 cm est beaucoup plus important que les individus plus petits. La rivière Lot offre un fort taux de croissance des brochets (moyenne de 20 cm/an).
L’étude génétique montre que les brochets de pisciculture ne participent pas ou très peu à la reproduction. Leur intérêt est donc exclusivement halieutique.
Sur le Lot comme ailleurs, on constate que seul un milieu en bon état est garant de pérennité, et en ce qui concerne les brochets, la viabilité des frayères reste la priorité. Il semble évident que dans les milieux qui peuvent encore être renaturés, cette option est de loin la meilleure. Mais le risque d’une telle étude est de faire croire aux pêcheurs qu’il suffit de déverser des camions de poissons adultes dans les cours d’eau pour montrer que tout va bien. En l’occurence, le but de l’étude du Lot était simplement de vérifier le devenir des poissons, et non d’établir une recette toute faite, transférable partout et préférée aux travaux de reconquête des zones fonctionnelles d’habitats et de reproduction, autrement plus efficaces que des lâchés de poissons d’élevage. Cette étude à en tous cas eu le mérite d’apporter quelques réponses à des questions que se posent beaucoup d’AAPPMA.
http://www.pechelot.com/web/files/8014/0204/0540/ETUDECARNASSIERS.pdf

La continuité écologique de l’Arnon (Cher) rétablie au moulin de Lomoy
Depuis mi-octobre 2017, les pelles du moulin de Lomoy sont ouvertes. Les poissons peuvent à nouveau circuler librement sur le parcours de l’AAPPMA de Saint-Pierre-les Bois, Le Chatelet, Morlac et les sédiments peuvent descendre naturellement le cours de la rivière. C’est un retour à un Arnon “naturel” qui satisfait également les objectifs de la directive cadre européenne sur l’Eau (DCE) et les préconisations du SDAGE Loire Bretagne.
Cette mesure décidée par l’AAPPMA et son président Jean Pierre Lambert, né au bord de la rivière, et qui la connait mieux que quiconque, engendre un changement de morphologie du cours d’eau sur environ 800 mètres à l’amont du moulin.
La retenue qui se trouvait juste à l’amont des pelles a disparue. Elle est maintenant remplacée par une portion de rivière plus étroite, plus fraîche, plus courante, plus oxygénée et complètement limpide. Cette zone, qui auparavant contribuait au réchauffement de l’eau, est désormais devenue un biotope parfait pour la truite fario. Le fond, propre et caillouteux doit même offrir la possibilité de frayères naturelles.
Les poissons nuisibles dans une rivière de première catégorie (poissons chat, perche soleil…) ne devraient plus se plaire dans ce nouvel environnement et vont progressivement disparaitre pour laisser place aux espèces de “poissons fourrage” (vairons, loches, chabot) qui sont une excellente source de nourriture pour les truites.
Le niveau ayant baissé, les ragondins, eux, ont déjà, en grande partie déserté les lieux.
Il faut noter que le débit de l’eau restant exactement le même, cette action ne provoque aucune modification pour toute la partie de la rivière située à l’aval des pelles. De plus, le patrimoine historique des lieux est totalement respecté puisque aucune démolition n’a été nécessaire.
Il ne reste plus à l’AAPPMA, en collaboration avec la fédération départementale de pêche, qu’à mettre en œuvre une solution technique adaptée pour continuer d’alimenter le petit bras et garder une zone pêchable “au bouchon” pour les jeunes et les anciens adeptes de ce mode de pêche. D’autres techniques, plus sportives, (lancer, toc, mouche) seront plus adaptées à la “nouvelle” rivière.
Petit à petit, la végétation rivulaire va se réinstaller naturellement (la plantation d’espèces d’arbres adaptés est également prévue) et participera à la protection et la stabilisation des berges ainsi qu’à l’ombrage de la rivière et à l’apport de nourriture pour les poissons.L’AAPPMA de Saint-Pierre-les Bois, Le Chatelet, Morlac
Un film pour la reconquête du Léguer !
Suite à la labellisation du Léguer le 20 octobre dernier, premier fleuve de Bretagne à obtenir le label national « Site Rivières Sauvages », un film est en cours de réalisation. Ce film, évoque l’histoire de la reconquête de la qualité des eaux du Léguer et met en valeur toute la richesse patrimoniale qui l’entoure. Il sortira à l’été 2018. Réalisation Philippe Laforge.Vous pouvez dès à présent découvrir la bande-annonce ici : http://www.vallee-du-leguer.com/Le-Leguer-le-film
Bio, le gouvernement s’en prend désormais aux aides à la conversion
Après avoir supprimé les aides au maintient pour les agriculteurs passés à un mode de production bio, le gouvernement s’en prend désormais aux aides à la conversion. L’incompréhension est totale à une époque où chaque jour, ce sont 19 exploitations agricoles qui passent au bio. La demande des consommateurs est plus forte que jamais. L’agriculture biologique est la seule alternative à l’agro chimie et la seule solution pour manger sain. Sur 22 pays européens, la France est en 17ème position en terme de surfaces bio (6% seulement des surfaces agricoles du pays). Le ministère de l’agriculture se désengage du bio et invite les régions à prendre le relais pour distribuer les aides sous prétexte que les régions touchent des enveloppes de l’UE qui peuvent être utilisées à cette fin. Cette patate chaude qui tombe dans les mains des régions fait planer un énorme doute et immanquablement un gros flou sur ce secteur pourtant si important à notre époque. Car cela ressemble à une distribution un peu « à la tête du client”, en fonction de la couleur politique de la majorité au sein d’un région et sa sensibilité écologique. Tout cela est effectivement très peu rassurant.
Une pétition en ligne vient d’être lancée par la Fédération national de l’agriculture biologique (FNAB).
http://r.mailing6.agirpourlenvironnement.org/qujcvmqn3v7pvf.html

Manche. Les barrages de la Sélune seront détruits au printemps !
Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé mardi la destruction des barrages hydroélectriques de Vézins, propriété de l’Etat, et de La Roche-qui-Boit, propriété d’EDF, situés sur la Sélune dans le sud-Manche. L’objectif est la « restauration complète du fleuve côtier », qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel, et de sa « biodiversité », une opération « unique en Europe », ajoute le ministère dans un communiqué. Dans la Manche, on y croyait plus, car l’affaire rebondit depuis que, sous le gouvernement Sarkozy, Jean-Louis Borloo, s’était prononcé pour leur destruction, volonté remise en cause par Ségolène Royal quelques années plus tard à la surprise générale. Cette fois, les deux barrages devraient bien être arrasés définitivement. Et c’est 90 kilomètres de cours d’eau à poissons migrateurs qui vont être rouverts. Les travaux de vidange du barrage de Vezins commenceront en avril 2018 et jusqu’en août. Mais la destruction de l’ouvrage n’aura lieu qu’au printemps 2019. Et l’autre barrage suivra. La souche de saumon sur l’axe Sée/Sélune étant encore viable, les experts prévoient un bon avenir aux saumons de la Sélune qui, depuis un siècle, butaient sur un barrage situé très en aval du cours d’eau, sans possibilité pour les poissons de se reproduire. Il s’agissait surtout de saumon de la Sée. Dans cette affaire, le gouvernement a fait preuve de bon sens, car il est beaucoup plus réaliste de vouloir sauver un petit fleuve côtier qu’un grand fleuve comme le Rhin, devenu un canal multinational depuis longtemps et dont le retour du saumon est subventionné à grands frais pour des résultats qui se font toujours attendre.

Le Petit Tabuc en danger (Hautes-Alpes) !
La plus belle promenade de la vallée de Serre Chevalier, la montée au lac de la Douche, parcourue par des centaines de personnes chaque jour en été, est gravement menacée par le projet de microcentrale de la société EDSB, dont la réalisation constituerait une atteinte très grave à notre patrimoine collectif.
La construction de la conduite forcée et l’exploitation de la microcentrale entraîneront des dommages inévitables sur l’écosystème :
Très forte diminution du débit du cours d’eau sur la plus grande partie de son lit situé hors de la zone cœur du Parc des Ecrins.
Destruction d’une partie de la flore rare, privée de ses réserves en eau et du taux d’humidité auquel elle est adaptée.
Modification de la faune, de la flore et du milieu aquatique dans un cours d’eau en très bon état écologique et dégradation inévitable de cet état.
Ambiance paysagère fortement perturbée.
Protéger ce qui reste de nos cours d’eau, au même titre que les alpages, les forêts, les glaciers, les sentiers, les villages ou les chapelles, contribue à sauvegarder l’image de la vallée et son attractivité touristique.La production d’électricité obtenue en contrepartie de ces nuisances sera dérisoire : seulement 2,5 millions de kWh (soit la consommation moyenne annuelle de 105 voitures particulières d’après l’aménageur, la puissance de la microcentrale n’étant que de 500kW) disponibles essentiellement en été dans les périodes où les besoins en électricité sont plus que satisfaits. Elle n’apportera rien à l’équilibre ni à la transition énergétique du département ni de la région. Elle s’explique uniquement par le rachat garanti par EDF à prix artificiellement élevé de la très petite hydroélectricité, surcoût répercuté sur le consommateur final (voir ligne CSPE de votre facture d’électricité).Une pétition est en ligne via :
Une pétition contre la micro-centrale hydroélectrique de Chanteuges (Allier)
Le projet d’installer une micro-centrale hydroélectrique sur l’affluent de l’Allier juste en amont de la pisciculture à saumons de Chanteuges (Conservatoire National du Saumon Sauvage) reflète parfaitement l’incohérence du monde dans lequel nous vivons. L’Etat dépense des fortunes pour le retour du saumon dans l’Allier qui n’est en rien garanti, loin s’en faut, mais pour autant il ne juge pas politiquement correcte de s’opposer à l’hydroélectricité, mode de production qui est en grande partie responsable de la disparition du poisson roi sur l’axe Loire-Allier. Les barrages perturbent beaucoup les migrations de poissons et de sédiments, réchauffent l’eau en amont en la faisant stagner. Mais l’incohérence du monde moderne n’est pas à une contradiction près, car dans le même temps, les travaux de dérasement (rabaissement de 17 à 5 mètres) du barrage de Poutès Monistrol sur l’Allier commencent. Une pétition est en ligne pour s’opposer à ce projet de micro-centrale dont la production d’énergie est dérisoire et sans commune mesure avec les dommages causés pour longtemps au cours d’eau :
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nonalamicrocentralesurladesgesachan-1848.html

Le 15e prix Charles C. Ritz pour l’AAPPMA de la haute Thur (Haut-Rhin)
Décerné par un jury composé de membres de l’International Fario Club, et de personnalités de la société civile, du lauréat de l’année précédente et d’experts du milieu halieutique, ce prix récompense une action en faveur de la protection des rivières et de leur biodiversité. Un chèque d’un montant de trois mille euros a été remis au Président de l’association de pêche de la haute Thur, Jean-François Hundsbuckler, le 8 novembre 2017 lors de la cérémonie de remise du Prix dans les salons du Travellers Club à Paris. Le Jury, présidée par Ingrid Astier, écrivain, a tenu à récompenser l’association pour ses efforts de restauration des milieux, d’entretien des berges et des frayères, d’introduction de l’ombre mais aussi de formation par un Atelier Pêche Nature, un site pédagogique et un Conseil des Jeunes. Sur le podium l’an dernier, l’AAPPMA de la haute-Thur a poursuivi son action en faveur des milieux aquatiques, de la truite fario et de l’ombre commun. Comme pour couronner son action, la commune de Wildenstein possédant un réseau de 20 kilomètres de berges, dont la source de la Thur, vient d’attribuer au gagnant la location de leurs baux de pêche pour son savoir-faire et sa gestion patrimoniale ! Félicitations à toute son équipe ainsi qu’aux trois autres finalistes, dont les dossiers méritants et complets ont été salués par le jury.