Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Le corbicule : un mollusque invasif méconnu

    Le corbicule : un mollusque invasif méconnu

    Le mollusque Corbicula a envahi très rapidement notre territoire depuis le début des années 1980.
    Aujourd’hui, il colonise les principaux cours d’eau et plans d’eau de nos bassins. Mais d’où vient cette espèce et comment a-t-elle pu coloniser aussi facilement les milieux aquatiques ? Quels sont les risques liés à sa présence pour les écosystèmes ? Faisons le point sur les récents travaux scientifiques concernant cette espèce invasive… Par Sylvain Richard et Guy Périat 

     Le corbicule est un mollusque bivalve qui ressemble à une petite palourde. Il appartient à la famille des Corbiculidae et au genre Corbicula, qui regroupe des espèces d’eau douce et d’eau saumâtre qui filtrent l’eau pour se nourrir de phytoplancton. Il est facilement identifiable, en raison des stries de croissance concentriques et régulièrement espacées de sa coquille. Sa taille dépasse rarement les 3 cm de longueur bien que, dans certains cas, des individus puissent atteindre, voire dépasser les 5 cm.

    Actuellement, son aire de répartition naturelle recouvre l’Asie, l’Afrique ainsi que l’Australie.

    Toutefois, des fossiles de corbicule ont été retrouvés dans des dépôts du Tertiaire et du Quaternaire en Angleterre, en France, en Belgique, en Allemagne ainsi qu’en Italie, prouvant que ce bivalve était largement répandu en Europe occidentale avant la dernière glaciation. Mais cette période de long refroidissement climatique lui a été fatale et il a ainsi totalement disparu de la faune européenne depuis cette époque glaciaire.

    Les premières informations de la présence de corbicules en dehors de leur aire de répartition d’origine datent des années 1920. Elles concernent la Colombie- Britannique, où l’espèce aurait été introduite accidentellement en 1924. Depuis, elle s’est largement répandue dans la plupart des lacs et des cours d’eau du continent nord-américain. Elle a par la suite gagné les eaux d’Amérique centrale puis d’Amérique du Sud, en particulier en Argentine et au Venezuela dans les années 1980. En Europe, le corbicule est rencontré pour la première fois en 1980 dans la basse Dordogne en France ainsi que dans l’estuaire du Tage au Portugal. 

    Depuis, il est signalé en 1984 en Allemagne, en 1987 aux Pays-Bas, en 1989 en

    Espagne, en 1992 en Belgique et vers la fin des années 1990 en Angleterre.

    Aux Etats-Unis, la lutte contre les corbicules est évaluée à un milliard de dollars par an ! Le mollusque obstrue notamment les conduites d’alimentation en eau des centrales nucléaires ! Dans beaucoup de cours d’eau colonisés, on observe des densités de l’ordre de 100 à 200 individus/m2. Dans les canaux, elles peuvent aller de 200 à 400 individus/m2et, aux Etats-Unis, certains lacs montrent des densités de plus de 3 000 individus/m2!

    bivalve

    Une ou deux espèces de Corbicula seraient présentes en France 

    Le genre Corbicula comprend des espèces présentant d’importantes variations de coloration, du brun noirâtre jusqu’au jaune pâle en fonction des espèces et de leurs milieux de vie. En France, il est généralement admis que la famille des Corbiculidae est essentiellement représentée par l’espèce Corbicula fluminea, de coloration brune. Mais la présence d’individus de coloration jaune, notamment dans le Rhône en amont de Lyon et dans le cours inférieur du Doubs, ainsi que d’individus de petite taille dans la Moselle et la Saône au niveau de Chalon-sur-Saône, a amené certains spécialistes à considérer qu’une autre espèce de corbicule, Corbicula fluminalis, est présente sur notre territoire. La position systématique, c’est-à-dire son rattachement à l’espèce

    Corbicula fluminalis, de cette forme particulière de corbicule est toutefois toujours discutée.

    En effet, si les individus de cette forme présentent une stratégie de r

    eproduction différente de l’espèce C. Fluminea, certains scientifiques considèrent que c’est là plus le fait d’une adaptation au milieu qu’un réel caractère spécifique. En outre, en Amérique du Nord, les populations de Corbicula flumineapeuvent montrer de grandes variations d’aspect, que ce soit dans le ratio hauteur/longueur ou encore dans le nombre de stries d’accroissement.

    Une expansion très rapide à travers le territoire…

    La diffusion de Corbiculaen France a été extrêmement rapide. Elle s’est faite à partir d’au moins sept axes différents et, en une vingtaine

     d’années, la quasi-totalité des bassins hydrographiques français a été colonisée.

    • Le premier axe de pénétration est le bassin de la basse Dordogne, où l’espèce a été observée pour la première fois en 1980. Son introduction serait due à des bateaux en provenance d’Asie ou

     d’Amérique, sur la coque desquels Corbiculase serait fixé. A la fin des années 1990, l’espèce a progressivement colonisé la plupart des bassins versants de la Garonne et de la Dordogne. Les plans d’eau ne sont pas

    épargnés et Corbiculaest présente notamment dans les lacs aquitains de Cazaux, de Sanguinet et de Biscarosse. A partir de cet axe, l’espèce s’est propagée vers l’est et elle est recensée en 1989 dans le canal du Midi et en 1997 dans l’Hérault à Agde.

    • Le second axe de pénétration est celui du bassin de l’Adour, où C

    orbicula est recensée en 1989 dans un petit ruisseau près de Dax, puis dans l’Adour en 1991. Son apparition serait due aux pêcheurs, qui l’auraient utilisé comme appât… Le bassin de l’Adour étant isolé, l’expansion de

    l’espèce vers le reste du territoire n’a pas été possible.

    • Le troisième axe est l’estuaire de la Charente où l’espèce est signalée en 1996. Sa présence

    pourrait être due là aussi à des bateaux en provenance de l’Asie ou d’Amérique.

    • Le quatrième axe correspond au Rhin et aux canaux de l’Est, où Corbiculaest signalée pour la première fois en 1990 dans le Rhin et en 1994 dans la Moselle. A partir des canaux qui relient ce bassin à celui de la Seine, l’espèce a colonisé la Seine où elle est observée en 1997 à Paris puis à partir de 2000 sur les secteurs aval du fleuve. Elle a ensuite étendu sa progression vers l’Aisne et l’Oise, ainsi que l’Yonne et le Loing. Via le canal du Rhône au Rhin, l’espèce se retrouve dans la Saône et le Rhône également. Elle va progressivement coloniser les principaux affluents de ces deux cours d’eau.• Le cinquième axe est la Moselle française, et ses populations, apparues en 1994, pourraient provenir du Rhin alémanique dont elle est un affluent. En 2000, l’espèce est observée à Metz.

    • L’estuaire de la Loire constitue le sixième axe de pénétration de Corbicula sur notre territoire, où l’espèce est observée en 1990. Là aussi, des bateaux en provenance d’Asie ou d’Amérique pourraient expliquer l’apparition du mollusque. En 1997, il est observé à Saumur, puis en Loire moyenne à partir des années 2000. Actuellement, l’espèce est recensée jusqu’aux environs de Digoin et les principaux affluents que sont la Vienne, le Cher, la Maine, la Sarthe, la Mayenne sont également colonisés.

    • Enfin, le septième axe de pénétration est celui de l’estuaire du Rhône, où Corbiculaest observée, en 1997 à Salin-de-Giraud. En 1998, on la retrouve dans le Gardon et l’Ardèche et en 1999 dans la basse Durance. Les individus du Rhône deltaïque présentent des caractères génétiques différents de ceux du Rhône en amont de Lyon. Cette observation pourrait montrer que la colonisation du fleuve ne s’est pas réalisée uniquement par la dévalaison de Corbiculaissues de l’axe Rhin et qu’une population implantée plus récemment dans le delta remonterait le fleuve actuellement. Les seuls bassins épargnés par l’invasion de l’espèce sont ceux des zones de montagne et des fleuves côtiers de la Côte d’Azur, de Corse, de Bretagne, de Haute-Normandie et du Pas-de-Calais. Mais pour combien de temps encore ?

    Silure

    Avec la carpe, le silure est un grand consommateur de corbicules, mais leur prélèvement ne suffira pas à ralentir l’invasion du mollusque !

     … reflets des profondes modifications des milieux 

    aquatiques

     Les canaux de navigation ont eu un rôle essentiel dans la dispersion de Corbiculasur notre territoire, en reliant entre eux les principaux bassins hydrographiques. L’espèce trouve en effet dans ces milieux une source abondante de nourriture, des courants lents et des substrats meubles qui lui conviennent, ainsi qu’une faible compétition interspécifique et une relative tranquillité vis-à-vis des prédateurs. Elle peut ainsi proliférer, augmentant de fait les possibilités de diffusion vers l’aval. Mais la dégradation de la qualité des écosystèmes aquatiques a également participé directement à l’expansion de ce mollusque invasif. En effet, les importantes modifications morphologiques (recalibrage, chenalisation, édification de seuils et de barrages…) subies depuis plus de cinquante ans ont profondément modifié les habitats de la plupart des grands cours d’eau de notre territoire : en ralentissant les écoulements et en modifiant la qualité des substrats, ces interventions ont ainsi grandement favorisé l’installation de ce bivalve dans des secteurs qui ne lui étaient pas favorables 

    auparavant… 

    Pike

    De prime abord, les corbicules sont un miracle qui rend l’eau claire comme du gin, limite le réchauffement excessif en été et par la même occasion la prolifération des algues filamenteuses. Toutefois, les grandes colonies entraînent un rejet de nitrate, d’azote ammoniacal ainsi que de phosphore.

     Une stratégie de développement adaptée à la diffusion 

     Corbicula est en général assez tolérante vis-à-vis de la pollution organique, pour peu que la teneur en oxygène reste assez importante.
    Une température de l’eau supérieure à 30 °C perturbe son métabolisme et ses fonctions reproductives, alors que des valeurs thermiques inférieures à 2 °C sont considérées comme létales pour les individus.
    Ce mollusque bivalve est hermaphrodite et montre une très forte fécondité :
    après l’incubation des larves au niveau des branchies jusqu’à ce qu’elles atteignent une taille d’environ 250 μm, de 30 000 à 50 000 juvéniles sont libérés en moyenne par adulte et par saison de reproduction.
    Après une phase planctonique, où les juvéniles dérivent en pleine eau, les individus vont alors se fixer sur le fond.
    Si la mortalité des juvéniles lors de la phase planctonique est très importante, pouvant aller jusqu’à 99 % selon certains spécialistes, ceux-ci sont capables de secréter un filament muqueux qui leur permet de dériver en pleine eau et d’être entraînés par le courant.
    Ils peuvent ainsi coloniser par dévalaison des linéaires très importants.
    Les adultes peuvent également secréter un pseudo byssus leur permettant de se fixer sur la coque des bateaux ou à des particules en suspension de grande taille, favorisant ainsi leur expansion.

    La concurrence des corbicules avec les mollusques indigènes tourne le plus souvent à l’avantage de l’envahisseur. Il s’ensuit de profonds bouleversements de nos écosystèmes.


    Des impacts économiques et écologiques 

     Non seulement Corbiculaest invasive, mais elle est très prolifique… Dans beaucoup de cours d’eau colonisés, on observe des densités de l’ordre de 100 à 200 individus/m2. Dans les canaux, elles peuvent aller de 200 à 400 individus/m2 et, aux Etats-Unis, certains lacs montrent des densités de plus de 3 000 individus/ m2! Ce sont ainsi de véritables tapis de coquilles qui peuvent recouvrir les fonds des milieux colonisés et cela ne va pas sans poser quelques problèmes… En effet, les coquilles mais également les juvéniles à la dérive peuvent être aspirés par les systèmes complexes de refroidissement de certaines industries ou des centrales de production électrique, thermiques ou nucléaires. En obstruant les canalisations, elles peuvent engendrer des dysfonctionnements plus ou moins importants, mettant en jeux directement la sécurité de ces installations. Aux Etats- Unis, le coût lié aux dommages engendrés par Corbicula est estimé à près d’un milliard de dollars par an… D’un point de vue écologique, Corbicula peut entrer directement en compétition, en termes d’habitat et de ressources trophiques, avec d’autres mollusques indigènes.
    C’est ce qui a été constaté au Japon, où l’introduction de C. Flumineaa provoqué la disparition d’une espèce indigène de corbicule, C. leana, dans la rivière Yodo. Peu de retours d’expérience similaires existent actuellement en France et en Europe.
    De manière plus insidieuse, la prolifération de l’espèce est susceptible d’engendrer un certain nombre de modifications sur l’écosystème aquatique récepteur. Le développement d’importantes colonies modifie drastiquement le type et la qualité des substrats, qui deviennent alors moins biogènes, voire non colonisables pour les espèces benthiques indigènes.
    L’activité physiologique des individus entraîne également une forte consommation en oxygène dissous et un relargage significatif de dioxyde de carbone dans l’eau. Les fèces de l’animal présentent également la particularité d’être très concentrées en nitrate, en azote ammoniacal ainsi qu’en phosphore.
    Les caractéristiques physico- chimiques de l’eau et des sédiments peuvent ainsi être perturbées par les communautés de C. Fluminea, avec de potentielles incidences sur la production primaire du milieu.
    C’est ce qu’a pu montrer une équipe de chercheurs américains sur le lac Tahoe, grand lac naturel situé à cheval entre la Californie et le Nevada, qui ont fait le lien entre de fortes proliférations d’algues filamenteuses du genre Spirogyra et un excès de nutriments azotés et phosphorés issus de l’activité des populations de Corbicula.
    Ainsi, si d’aucuns pouvaient imaginer que le corbicule pouvait constituer un filtre efficace pour la qualité de l’eau de nos rivières et de nos lacs, eh bien, il n’en est rien : les désordres engendrés, tant sur le plan chimique qu’habitationnels, sont bien supérieurs aux hypothétiques services que pourrait rendre cet indésirable mollusque. L’incroyable rapidité de l’expansion de Corbiculaest le triste reflet de la qualité générale de nos grands systèmes aquatiques.
    S’il semble illusoire de faire disparaître l’espèce là où elle est actuellement bien implantée, c’est tout de même une raison de plus en faveur de la préservation et de la restauration des conditions thermiques et morphologiques des milieux, si l’on veut les épargner de l’invasion de Corbicula.

  • Pêche au Requin au Japon.

    Pêche au Requin au Japon.

    Le port de Kesennuma, à 400 kilomètres au Nord de Tokyo est la capitale de la vente d’ailerons de requins. En 2009 le port à négocié 14000 tonnes de requins pour une valeur de plus de 25 M d’Euros. La plupart des ailerons de requins sont séchés et vendus pour des restaurants chics de Tokyo et des autres villes. Les étales du marché vendent de tout, des boulettes de requin comme des objets en peau de requin. D’après les groupes de protection de la nature,  la demande sans cesse en augmentation des ailerons a causé le déclin rapide de la population des requins. La pression augmente vis à vis des pays qui capturent des requins, y compris le Japon, pour que cette pratique cesse.

    Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir la video du Guardian.LA HONTE
  • Franche-Comté: Une année noire pour les cours d’eau de première catégorie

    Franche-Comté: Une année noire pour les cours d’eau de première catégorie

    Franche-Comté
    Depuis le début des mortalités importantes de poissons sur la Loue et dans une moindre mesure sur le Doubs franco-suisse (voir notre dossier dans notre précédent numéro), la haute rivière d’Ain a subi à son tour un développement de cyanobactéries toxiques causant une forte mortalité de poissons de toutes espèces (truites, ombres, loches, chabots, vairons). Un arrêté préfectoral, pris le 26 août, a défini la zone concernée, qui débute aux Granges Bruant au niveau de Montigny-sur-Ain et se termine à l’entrée de la retenue de Blye. Ce secteur, qui correspond à la partie aval de la haute rivière d’Ain, se dégrade depuis de nombreuses années. Autrefois, il s’agissait de la “zone à ombres” parfaite de la haute rivière d’Ain, avec de grandes gravières et de l’eau fraîche toute l’année. Jusqu’à cet été, une population relictuelle d’ombres subsistait très difficilement et le parcours était connu pour abriter quelques belles truites. Ce qui se passe aujourd’hui sur ce parcours démontre une fois de plus que la qualité des eaux se dégrade. La limite de survie des poissons, comme les espèces citées plus haut, se décale chaque année un peu plus vers l’amont. Ce nouvel épisode confirme cet état de fait alarmant. Comme toujours avec les développements de cyanobactéries toxiques, les causes de leur présence sont multiples. Néanmoins le mauvais fonctionnement des stations d’épuration du secteur (celle de Montigny-sur-Ain pose des problèmes depuis des années) y est sans doute pour quelque chose, tout comme l’agriculture. Les services de l’Etat, la Fédération de pêche du Jura et les associations (FNE, CPEPESC) se mobilisent pour comprendre l’origine du problème et prendre les mesures qui s’imposent.
    Pêche électrique d’inventaire sur la Loue :
    un résultat sans surprise Ce fut l’une des plus importantes pêches électriques d’inventaire réalisée sur la Loue, avec une quarantaine d’agents de l’Onema, de l’ONCFS de la DDT et des collectivités locales, présents pour vérifier enfin l’ampleur des dégâts suite à la forte mortalité de poissons constatée en début d’année.
    Le directeur général de l’Onema, Patrick Lavarde, avait fait le déplacement. Bel effort pour le patron de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, qui ne s’est pas attardé au chevet de la belle rivière, juste le temps de réciter un discours “officiel” devant les caméras de France 3 Franche-Comté, c’est-à-dire celui de la préfecture du Doubs, à savoir que ce qui s’est passé est dû à une faible pluviométrie et à un concours de circonstances naturelles. Même les agents des Renseignements généraux étaient sur place… pour tenter d’infiltrer les associations de défense de l’environnement. Heureusement ils ont été démasqués rapidement.
    Voici pour l’ambiance… électrique elle aussi ! Ce qui ne ment pas, ce sont les faits. Une pêche électrique menée de main de maître par les agents de l’Onema et de l’ONCFS. Un véritable mur qui ne laissait que peu de chances aux poissons. Si la station de Mouthier-Hautepierre en amont de la rivière montrait une biomasse convenable, en aval, les stations d’Ornans (aval immédiat du Moulin de l’Omelon) et de Cléron – sur le parcours privé de la comtesse de Cléron, excusez du peu – ont révélé la quasi-absence de poissons adultes et un faible taux de juvéniles.
    Après trois passages en règle, quelques dizaines de truites et d’ombres, dont plus des deux tiers de juvéniles, se retrouvèrent dans les bacs verts de l’administration. Il faudra attendre octobre pour avoir des informations sur le résultat de ces pêches. L’Etat aura beaucoup de mal à continuer de minimiser la catastrophe, en raison, d’une part, d’un nombre important de spectateurs de tous bords lors de ces pêches et, d’autre part, de cette bredouille historique. Les chiffres de 80 % de mortalité des poissons adultes, sinon plus, avancés par la simple estimation de nombreux connaisseurs de la Loue, devront être confirmés. Certes, la présence de juvéniles est rassurante, et l’administration ne manquera pas de se raccrocher à cette frêle branche pour préparer le retour à un bon état écologique du cours d’eau.
    La méthanisation, une nouvelle menace pour la Loue Le projet d’unité de méthanisation de Reugney, situé sur le plateau d’Amancey, représente une menace environnementale supplémentaire pour le bassin versant de la Loue, rivière déjà bien fragilisée. Sous couvert d’avancées écologiques (biogaz, « valorisation des lisiers »), cette installation agro-industrielle est d’autant plus dangereuse que le procédé prévu est déjà technologiquement obsolète. Positif au plan énergétique, ce projet n’en constitue pas moins une aberration pour la sauvegarde de la qualité des eaux et desprairies. En effet, il prévoit l’épandage de produits plus nocifs, parce que beaucoup plus solubles et entraînables par les eaux (nitrates, phosphates) que les effluents agricoles traditionnels actuellement produits et épandus sur ce secteur du bassin versant de la Loue. Cette objection est flagrante tant au niveau qualitatif (augmentation de l’entraînement dans le sol karstique de l’azote « méthanisé » par rapport à l’azote issu de fumier) que quantitatif (apport de matières fermentescibles non agricoles actuellement extérieures au bassin versant). Le dossier technique renferme d’ailleurs bien des lacunes à ce sujet. Fallait-il masquer certaines réalités ? Il faut rappeler que le principe de la méthanisation réside dans le mélange d’effluents agricoles (fumier/lisier) avec d’autres matières organiques (déchets de l’industrie agroalimentaire, déchets verts) pour qu’il y ait fermentation et production de gaz. La partie restante (le digestat), équivalente pour l’environnement à du lisier de porc, plus nocif que les fumiers, est épandue aux alentours de l’unité. Les parcelles visées par cet amendement devront supporter en plus des produits azotés issus des élevages locaux, ceux des matières organiques exogènes, puisque le processus de méthanisation ne consomme pas d’azote mais le transforme en une forme plus nocive.
    L’équivalent de trois porcheries industrielles
    En l’état, le projet représente l’équivalent en pollution de trois porcheries industrielles, telle que celle de Bolandoz ou de Septfontaines (d’environ 3 000 porcs chacune NDLR) ! Ce qui ne pourra que contribuer à apporter encore plus de nutriments dans la Loue et à y augmenter l’eutrophisation déjà galopante. Pourtant des solutions alternatives, développées chez nos voisins Suisses (et bientôt en Bretagne), existent pour concilier la protection des eaux et des prairies avec la production d’énergies renouvelables à partir de biogaz en exportant les excédents d’azote, après desséchage, hors du bassin versant vers des zones déficitaires. La CPEPESC* s’interroge : Comment un tel projet, aussi imparfait et allant à l’encontre du développement durable et des critères de l’AOC Comté, peut-il être autorisé en l’état ? Et pourquoi bénéficie- t-il d’aides publiques de l’Ademe et surtout du conseil régional de Franche-Comté (300 000 euros, NDLR), dans un contexte où tout le monde prétend s’émouvoir du sort de la Loue ? Vous trouverez l’argumentaire global de la démonstration qui est faite ici sur le site Internet de la CPEPESC.
    Commission de protection des eaux du patrimoine, du soussol et des chiroptères (www.cpepesc.org)

  • HARO SUR LE BAR

    HARO SUR LE BAR

    Haro sur le bar Vous avez aimé “L’Extermination des thons”, vous adorerez “Le Massacre des bars”. La dernière superproduction des studios de l’Apocalypse est en cours de tournage sur les frayères hivernales, où la bêtise humaine conspire à la décimation du poisson préféré des Français. C’est en quelque sorte le making of de ce carnage que FR3 Bretagne a proposé fin novembre à ses téléspectateurs dans l’une des meilleures enquêtes jamais réalisées sur le sujet du bar. Il y a du “Mondovino” dans le film de Erwan Le Guillermic et David Morvan, réalisé par Aligal Production.
    par Vincent Lalu Bar
    Haro sur le barest l’un de ces réquisitoires dont la force vient de la rigueur de la construction et du sérieux de l’enquête.Pas de grandes phrases ni de grandes envolées, juste une série de témoignages dont l’agencement contribue à l’efficacité de la chronique de cette tragédie contemporaine.Tout le monde a la parole. Les bourreaux, leurs complices, ceux qui parlent au nom des victimes et, pour la première fois, tous paraissent d’accord : si cela continue, le bar est foutu. Le constat d’abord avec un ligneur de Sein, un endroit où voici peu on ignorait le sens du mot bredouille : ce qu’il a pris dans la saison tient sur les doigts d’une main.Ailleurs c’est pareil : soit les poissons ont disparu, soit ils sont plus petits qu’avant, bien plus petits. On passe aux coupables, bolincheurs (qui se sont rabattus sur le bar parce qu’ils étaient interdits d’anchois) ou chalutiers spécialistes des razzias sur les concentrations de poissons, et donc sur les frayères des bars en hiver. Ceux-là ont, paraîtil, droit à dix tonnes par semaine. Ils les respectent, mais ne savent pas si les autres sont aussi respectueux qu’eux.Dix tonnes de poissons grainés, dont un poissonnier navré nous dit qu’ils nevalent pas grand-chose et que surtout ils annoncent la fin prochaine de l’espèce.Et puis, il y a d’autres coupables. Nous, d’abord, qui aimons le bar dans notre assiette. Direction les restaurants de vacances et ce témoignage nécessaire d’un tenancier : « Si je ne mets pas de bar à la carte, je perds du chiffre d’affaires. » Ou la mine confite de cet autre prise la main dans le congélateur par l’inspecteur de la traçabilité, avec des filets d’origine inconnue. Tous les bars n’ont pas la même valeur. Celui d’élevage ne vaut, paraît-il, pas le sauvage (même s’il a subi les outrages du chalut), qui lui-même ne vaut pas, bien sûr, le bar de ligne, dont les fournisseurs ne sont pas toujours des professionnels patentés. On dit que la pêche sauvage du bar sauvage représenterait 50 % de la totalité des captures. Même si la statistique est invérifiable, et peut être excessive, il est incontestable que de nombreux soi disant plaisanciers participent à la razzia. La pêche du bar est devenue une composante essentielle de l’économie parallèle le long des côtes atlantiques, au vu et au su de tout le monde – on oublie, par exemple, de se demander comment certains titulaires du RMA font pour changer tous les trois-quatre ans des bateaux qui valent entre 50 et 100 000 euros. Et puis il y a les Ponce Pilate, scientifiques et politiques, qui regardent ailleurs pendant que se poursuit le massacre. Les premiers sont, dans le film et en général, regroupés sous la bannière de l’Ifremer, étrange institut dont notre confrère Philippe Dolivet rappelle opportunément qu’il a en charge, à la fois, d’évaluer la ressource et d’inventer les meilleurs engins pour la décimer. On apprend dans le film que l’Ifremer s’est enfin résolu à une enquête un peu plus sérieuse que la pantalonnade statistique proposée il y a quelques années au public pour le rassurer. On voit ses techniciens mesurer, taguer, puis relâcher des poissons pendant que leur chef, un rien agacée pour ne pas dire arrogante, explique au téléspectateur que tout cela est bien compliqué et qu’il est plus facile de compter les vaches dans les prés. A ce moment-là, on a envie de demander à la dame si cela ne dérange pas les gens de l’Ifremer que la France soit si souvent mise au banc des nations (comme, par exemple, dans le cas du thon rouge) pour sa politique systématique d’obstruction aux mesures de sauvetage des espèces en voie de disparition. Elle répondrait, et elle aurait – presque – raison, qu’il faut s’adresser à l’étage supérieur, au niveau des politiques, auxquels incomberait le courage de mettre fin au carnage. Car, dans l’absolu, les mesures ne sont pas très compliquées.La plus importante, la plus urgente, est sans nul doute d’interdire la pêche sur les zones de frayères pendant la période hivernale où les poissons se reproduisent. Cette seule mesure permettrait d’éviter que la prédation humaine ne conduise à franchir le seuil fatidique au-delà duquel la seule prédation naturelle interdit à la souche de se reconstituer de manière pérenne. C’est arrivé une fois pour les morues de Terre-Neuve, dont le stock n’est toujours pas reconstitué malgré une interdiction totale de pêche de plus de quarante années. Il est tout à fait envisageable qu’une telle tragédie concerne demain les populations de bars sur les côtes françaises. Ce serait un drame écologique, et une stupidité économique : l’interdiction de la pêche professionnelle du cousin américain du bar, le striped bass, a généré un très rentable marché de la pêche de loisirs de ce poisson.Mais, pour cela, il faudra un peu de courage à nos dirigeants et de raison aux pêcheurs amateurs, qui devront enfin comprendre que remplir le fond de son bateau de grands poissons d’argent est aujourd’hui devenu une performance dont il n’y a pas lieu d’être fier.

  • Indignez-vous !

    Indignez-vous !

    Le “paradoxe” du Doubs franco-suisse

    Encore quelques images bien attristantes !
    Jusqu’à quand allons nous supporter tout çà !Voir ces poissons mourir après
    plusieurs jours d’agonie ! Recouverts de mycoses, pourrissant lentement
    mais sûrement ! Après la Loue, le Doubs franco-suisse dans le secteur de
    Goumois a connu cet hiver des mortalités importantes de truites durant toute la
    période de fraie. Ces rivières qui les accueillaient depuis si longtemps leur
    sont devenues inhospitalières, un petit bouillon de culture où leur vie
    s’apparente de plus en plus à de la survie ! Si le Doubs comptait cet
    hiver de très nombreuses frayères avec des conditions hydrologiques plutôt
    bonnes (plusieurs crues, un lit relativement propre, de basses températures), la
    surprise fut de taille de voir les truites mourir en plein hiver. Pour l’heure,
    il est assez difficile d’évaluer la quantité de truites mortes ou malades. Une
    pêche électrique de grande ampleur semblable à celle qui a eu lieu en juillet
    sur la Loue permettrait de connaître l’ampleur de ce désastre. Néanmoins, les
    simples observations visuelles concluent à une mortalité continue qui s’est
    déroulée durant tout l’hiver et qui n’est pas terminée. Il est clair que les
    poissons sont toujours affaiblis depuis l’été et que l’effort lié à la
    reproduction suffit à les mettre en danger de mort.

    Les services de l’État, qui nient l’influence des
    pratiques agricoles sur l’état de santé des cours d’eau franc-comtois, mais qui
    doit rendre des comptes dans le cadre de la Directive Cadre Européenne sur
    l’Eau pour 2015 essaie de comprendre les raisons de la catastrophe de la Loue
    (et désormais du Doubs frontalier). L’Etat reconnaît que les poissons meurent
    mais trouve paradoxal ce phénomène car selon lui, la Loue présente un bon état écologique
    affirmé par de bonnes analyses. En prélevant des échantillons d’eau au milieu
    de la rivière et en surface, les taux de nitrates sont sans doute beaucoup plus
    faibles que s’ils étaient prélevés sur le fond et dans les zones d’eau morte.
    Ainsi, une étude sera menée en 2011 pour comparer la Loue, rivière dont 90% des
    poissons sont morts sur certains secteurs (pêches électriques de l’Onema
    juillet 2010), avec une rivière présentée comme exempte de problèmes… le
    Dessoubre ! Ceux qui connaissent l’état critique du Dessoubre avec son
    tapis d’algues filamenteuses qui recouvre la quasi totalité du fond hors
    période de crue savent qu’il ne s’agit certainement d’une rivière en bon état.
    Certes les poissons n’y meurent pas (encore) en masse, mais tout pousse à croire
    que cela ne devrait pas tarder.

    Amoureux de ces rivières et de ces
    poissons…..INDIGNEZ-VOUS ! Rejoignez-nous : Adhésion et
    souscription : SOS Loue et rivières comtoises : http://www.arrete.net/

    La manifestation à Ornans courant Juin sera
    renouvelée cette année, soyez présents ! Si vous souhaitez écrire et
    manifester votre mécontentement :

    Direction départementales des territoire du
    Doubs :

    6 rue Roussillon 25000 Besançon.

    E-mails : [email protected]

    [email protected]

    [email protected]

    [email protected]

    Préfecture du Doubs :

    8 bis rue Charles Nordier, 25035 Besançon
    Cedex

  • Le Parfait Pêcheur à la Ligne, de James Prozek

    Tout le monde à entendu parlé de ce livre, « Le parfait Pêcheur à la ligne » d’Izaak Walton, une vision idéale de la pêche à la ligne en Angleterre au XVIIIe siècle, Le Parfait Pêcheur à la mouche est un des livres les ré-édité après la bible… Transposé aujourd’hui par James Prosek, que nous ne vous présentons plus tant son implication dans le monde de la pêche à la mouche est important (livres, aquarelles, musique, moulinets…) il nous propose une vision contemporaine de a douceur de la pêche à la mouche. Nous vous proposons ici la version intégrale de ce film en version originale non sous-titrée. Ne serait-ce que pour la beauté des images, cela vaut le coup de le regarder, même si la langue d’Albion vous est complètement étrangère. Bon film.