Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Un marathon pour sauver le saumon sauvage de la Snake River

    Un marathon pour sauver le saumon sauvage de la Snake River

    Luke Nelson et Ty Draney, deux coureurs professionnels américains, se sont élancés le 30 septembre dernier pour accomplir un long marathon de 190 kilomètres dans l’espoir d’alerter l’opinion publique sur la préservation du saumon sauvage. Ils ont accompagné les saumons qui remontent la rivière Snake, dans l’Etat américain de l’Idaho afin de se reproduire sur leurs frayères. Tous les ans, ces saumons parcourent près de 1.500 kilomètres, sur plus de 2.000 mètres d’altitude. Mais quatre barrages ont été construits sur leur chemin compliquant ainsi terriblement ce parcours du combattant et, aujourd’hui, les populations de saumons de la Snake River sont en voie d’extinction. Une initiative vraiment utile.

     

    Pour en savoir plus :

    www.wildsalmon.org

  • Les eaux antarctiques sont pleines de plastiques

    Les eaux antarctiques sont pleines de plastiques

    Les eaux de l’océan Antarctique sont si éloignées des activités humaines, que nous pourrions les croire à l’abri de toute pollution. Malheureusement, il n’en est rien. Elles sont remplies de plastiques et de divers déchets charriés là par les courants océaniques. Algalita Marine Research Foundation, une association étasunienne créée en 1997, a réalisé une étude démontrant la forte présence de plastiques dans l’océan Antarctique, en collaboration avec Tara Expéditions, une expédition qui explore pendant deux ans et demi les océans de la planète afin de collecter des informations sur les divers dangers qui pèsent sur eux. Tous les échantillons collectés à cette occasion contenaient du plastique : de 956 à 42 826 morceaux de plastique par kilomètre carré autour des stations d’échantillonnage. Décidément, l’humanité a une capacité de nuisance sans limites…

     

    Pour en savoir plus :

    Tara expéditions :

    http://oceans.taraexpeditions.org/?id_page=1

    Algalita Marine Research Foundation :

    http://www.algalita.org/index.php

     

    Photo : ©V.Hilaire/Tara Expéditions

  • Seuils et barrages : quels impacts sur le transport solide des cours d’eau ?

    Seuils et barrages : quels impacts sur le transport solide des cours d’eau ?

    Depuis plusieurs siècles, de nombreux seuils et barrages sont implantés sur les cours d’eau. Leurs impacts sur les migrations et les déplacements des poissons sont relativement bien connus, mais les perturbations de ces ouvrages dits transversaux sur les équilibres morphologiques des rivières sont plus complexes à appréhender et à apprécier. Essayons d’y voir plus clair…

    Par Sylvain Richard et Guy Périat

    L’énergie fournie par la force hydraulique des cours d’eau a de tout temps intéressé les hommes. Dès le Moyen Age, la puissance motrice de l’eau a été utilisée pour faire fonctionner des moulins ou de petites industries, en dérivant une partie des eaux des rivières grâce à la construction de seuils de taille modeste. Avec l’apparition de la fée électricité et l’industrialisation croissante du début du XXe siècle, les turbines ont progressivement remplacé les grandes roues des moulins et, à partir de 1945, l’édification de grands barrages a permi, en noyant les vallées, de stocker l’eau et de constituer des réservoirs d’or blanc, permettant de faire tourner des centrales hydroélectriques en s’affranchissant des variations de débits de la rivière.
    Mais les seuils et barrages ne sont pas construits uniquement à des fins de production d’énergie: vannages pour l’irrigation ou le flottage du bois, barrages pour la lutte contre les inondations ou l’alimentation en eau potable, seuils de stabilisation pour lutter contre l’érosion après recalibrage…, en matière d’aménagements, le génie rural fait preuve d’une imagination débordante! Le recensement des ouvrages transversaux en cours, effectué par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, fait état aujourd’hui de près de 60000 seuils et barrages, soit en moyenne un obstacle tous les quatre kilomètres de cours d’eau! Et ce travail n’est pas encore achevé… On mesure bien ici le degré d’artificialisation de nos cours d’eau… À l’échelle des bassins versants, une telle densité d’ouvrages n’est pas sans conséquences sur la morphologie des systèmes aquatiques et leurs équilibres sédimentaires. Afin de bien apprécier les impacts induits, il semble intéressant de rappeler la manière dont un cours d’eau génère ses formes et ses structures physiques.

    Deux composantes essentielles pour un cours d’eau: le débit et le transport solide

    Les caractéristiques de forme, de sinuosité, de largeur de lit, de profil de berges ou encore de pente locale constituent la morphologie d’un cours d’eau. Ces éléments, appelés structures physiques, ne sont pas le fruit du hasard. Au contraire, ils sont la réponse à des processus complexes d’ajustements et d’interactions entre deux composantes majeures : le débit et les sédiments grossiers charriés, dits charge solide ou transport solide.
    Pour rappel, le débit d’un cours d’eau provient des précipitations qui tombent sur le bassin versant et qui ruissellent ou s’infiltrent plus ou moins rapidement selon la nature des sols (perméables ou imperméables) et l’importance du couvert végétal (forêt, prairie, terre cultivée, zone urbanisée…). Le climat et les conditions météorologiques régissent la quantité et la variabilité des précipitations. Ces différents phénomènes influencent ainsi le régime hydrologique du cours d’eau, c’est-à-dire lafréquence et l’intensité de ses épisodes de hautes eaux et d’étiage en fonction des saisons.
    Le transport solide peut quant à lui avoir plusieurs origines. En amont des bassins versants montagneux, c’est le phénomène d’érosion, sous l’action des précipitations notamment, qui arrache des matériaux aux terrains et les transporte gravitairement vers le cours d’eau. Historiquement très productifs en charge solide, ces secteurs le sont moins aujourd’hui, en raison des nombreuses actions de l’homme, destinées à limiter l’érosion des sols, ainsi que du reboisement naturel progressif des paysages montagneux.
    Les matériaux peuvent également provenir des stocks d’alluvions déposées par les cours d’eau au Pléistocène (Ère des glaciations) et accumulées dans le lit majeur et les terrasses des fonds de vallées. Ceux-ci sont alors remobilisés dans le lit mineur actif du cours d’eau par les processus naturels d’érosion latérale.
    En raison de la diminution des apports issus des hauts bassins versants, ces alluvions des fonds de vallées constituent l’essentiel des matériaux aujourd’hui disponibles pour le transport solide.

    Un ajustement permanent du cours d’eau vers son profil d’équilibre

    Les matériaux arrachés des hauts bassins et des terrasses latérales, injectés dans le cours d’eau, sont continuellement charriés et remobilisés vers l’aval lors des épisodes de crues, selon des processus d’érosion et de sédimentation. En fonction de l’intensité de la crue, les matériaux transportés seront différents : logiquement, plus le débit est important et plus la taille moyenne des matériaux transportés augmente. D’autres composantes interfèrent également dans la dynamique de propagation des alluvions. Ainsi, la pente de la vallée conditionne la puissance d’érosion du cours d’eau et son énergie maximale lors des crues. La largeur du fond de la vallée va quant à elle permettre l’étalement et la mobilité du cours d’eau, lui permettant alors de pouvoir déposer plus ou moins facilement les matériaux charriés. Enfin, la présence et la densité de la végétation rivulaire vont largement contrôler les possibilités d’érosion latérale et d’élargissement du lit. Il est difficile de mesurer la vitesse de propagation du transport solide. Quelques études ont essayé de quantifier ces déplacements. Pour ce qui est des alluvions grossières (galets) situées dans le lit, elles ont été estimées à près de 20 kilomètres par siècle pour l’Hérault et 10 kilomètres par siècle pour l’Isère. Sur des rivières ayant moins de pente, donc moins d’énergie, comme celles des Ardennes, la vitesse de propagation a été estimée à environ 3 kilomètres par siècle. Le déplacement des bancs latéraux apparaît moins important : de 20 à 30 mètres par an jusqu’à près de 200 mètres par an pour le Danube ou encore 270 mètres par an pour le Rhin.
    Il en résulte que le cours d’eau doit s’ajuster en permanence pour trouver un point d’équilibre entre les fluctuations de la charge alluviale provenant de l’amont et celles du débit capable de l’évacuer vers l’aval. Les caractéristiques physiques d’une rivière comme sa largeur, sa pente ou sa sinuosité, évoluent donc continuellement au gré de ces variations : c’est la dynamique fluviale !

    De la morphologie aux habitats aquatiques

    Les sédiments grossiers transportés par le cours d’eau, dont la taille varie du bloc au sable, sont utilisés par les organismes aquatiques pour accomplir leur cycle de vie : ils deviennent alors des habitats, qu’ils soient submergés en permanence ou exondés selon les débits. Les sédiments grossiers du fond du lit en eau, d’un diamètre d’au moins deux centimètres, sont des milieux de vie remarquables. Chaque pêcheur un peu curieux a un jour soulevé les pierres d’une rivière et a pu voir, là où la qualité de l’eau est encore préservée, combien de larves d’insectes différentes pouvaient vivre sur une si petite surface. Cette granulométrie grossière est également utilisée comme support de ponte par un grand nombre d’espèces de poissons. Si la truite vient immédiatement à l’esprit, ses nids typiques façonnés dans les graviers étant facilement observables dans les cours d’eau limpides, des espèces plus discrètes et moins connues comme le chabot, l’apron ou le toxostome, sont directement dépendantes de la présence de graviers ou de petits galets pour se reproduire. Et les larves de lamproies, poissons sans mâchoire, se développent plusieurs années dans les sédiments fins et bien oxygénés avant de devenir adultes et migrer vers la mer pour les espèces migratrices, ou se reproduire et mourir pour la petite lamproie de planer, la fameuse chatouille des rivières à truites. Le rôle d’abris hydraulique joué par la granulométrie est également fondamental.
    La protection contre le courant qu’offre un bloc est évidente: les pêcheurs de truite connaissent la qualité de ces postes de chasse ! Mais les pierres plus petites ont également une fonction importante d’abris pour les espèces d’invertébrés ou de petits poissons vivant près du fond, grâce à leur rugosité qui génère par turbulence une couche limite aux vitesses réduites.
    Les bancs d’alluvions exondées, les grèves, servent également d’habitats à de nombreuses espèces au premier plan desquelles les oiseaux limicoles qui y pondent leurs oeufs au printemps. Une flore très riche se développe également sur ces bordures de lits, par exemple la petite massette, espèce typique des lits en tresse qui a fortement régressé en raison de l’aménagement des cours d’eau et qui subsiste sur quelques sites des bassins du Var ou de la Durance.
    Enfin, ces sédiments sont le lieu de vie de nombreux micro-invertébrés (champignons, bactéries, microalgues), qui participent à la dégradation de la matière organique. La présence d’un substrat alluvial important contribue ainsi largement à l’auto épuration d’un cours d’eau… Quel service pour la collectivité! À l’échelle d’un bassin-versant, les caractéristiques et la localisation de ces habitats conditionnent donc pour une grande part la répartition spatiale des espèces. Tous les organismes ont besoin de franges granulométriques bien précises. S’il apparaît donc indispensable d’avoir des dépôts sédimentaires variés, corollairement la présence d’une mosaïque d’habitats complexes et diversifiée, générée par une dynamique fluviale active et non perturbée, est le garantd’une biodiversité optimale. Il est donc évident que fonctionnement morphologique et fonctionnement écologique sont très liés. Toute modification des capacités de charriage d’un cours d’eau se répercute en effet directement sur ses habitats et donc sur la qualité de ses biocénoses aquatiques.

    Seuils et barrages: éléments perturbateurs du transport solide

    Les ouvrages transversaux comme les seuils ou les barrages, sont susceptibles d’impacter plus ou moins fortement le transport des sédiments grossiers. En remontant la ligne d’eau, un ouvrage transversal va tout d’abord réduire l’énergie des écoulements et la capacité du cours d’eau à charrier ses matériaux sera diminuée. Ils auront donc tendance à se déposer plus facilement et nécessiteront une puissance plus importante pour être mobilisés. En outre, pour franchir l’ouvrage, les sédiments devront être mis en suspension et non charriés près du fond: là aussi, seuls de gros débits le permettent et au final les fréquences de transfert vers l’aval pour les éléments les plus grossiers seront très limitées.
    La plupart des ouvrages transversaux bloque la totalité ou une partie seulement de la charge alluviale de fond. Si l’ouvrage est de taille modeste, l’effet bloquant va durer jusqu’à ce qu’il soit plein et laisse de nouveau transiter une partie des matériaux venant de l’amont. Mais dans le cas d’un barrage de grande dimension, c’est la totalité du transport solide qui est piégée, et ce définitivement… Et même lorsque l’ouvrage est plein, le nouveau profil d’équilibre correspond à une pente plus faible qu’initialement, ce qui contribue également à réduire l’efficacité du charriage du cours d’eau par perte de puissance. Les sédiments bloqués dans la retenue de l’ouvrage vont alors faire cruellement défaut au cours d’eau. Lors des épisodes de crues, les coups d’eau vont alors continuer de charrier les alluvions situées en aval de la retenue, mais sans apport nouveau venu de l’amont. Un phénomène d’érosion dite progressive peut alors apparaître, engendrant l’enfoncement plus ou moins marqué du lit mineur. Dans les cas les plus extrêmes, c’est la totalité du substrat alluvial qui peut alors disparaître, laissant à nu la roche mère… Enfin, en aval des ouvrages équipés d’une prise d’eau, la mise en débit réservé se traduit par une réduction des capacités de transfert dans le tronçon court circuité.

    Comment limiter les impacts ou restaurer ?

    A vrai dire, peu de solutions techniques sont réellement efficaces pour limiter les incidences des ouvrages sur le transit des sédiments… Seul son effacement garanti la reprise des processus naturels de transfert, après un temps plus ou moins long d’ajustements. Mais cette solution ne peut être envisagée que sur des ouvrages sans usage avéré, et dans certains cas, le remède peut être pire que le mal car les nouvelles érosions induites peuvent totalement déstructurer le cours d’eau si celui-ci est déjà en proie à une incision importante.
    Dans certains cas, la mise en place d’une vanne de dégravement permet, si sa dimension est suffisante et ses modalités de gestion éclairées, de faire transiter un volume de granulats intéressant lors des épisodes de hautes eaux. C’est rarement le cas car ces dispositifs sont la plupart du temps largement sous dimensionnés. Ils sont alors utilisés pour faire des chasses destinées à évacuer les fines et la matière organique accumulées juste en amont du barrage, éléments intéressants pour la rivière et qui provoquent souvent des dégâts importants similaires à ceux d’une vidange de plan d’eau (colmatage des habitats, dégradation de la qualité de l’eau par anoxie et présence d’ammonium).
    Une solution originale est le transfert vers l’aval par camions des matériaux grossiers accumulés dans la retenue. Ceux-ci sont alors redistribués le long du cours d’eau en aval, de manière à les rendre mobilisables lors des crues. Si dans certains cas ce type d’opération peut s’avérer efficace ponctuellement, sur le long terme elle ne pourra jamais remplacer la mobilisation et le transfert naturels des éléments grossiers.
    Et le bilan carbone d’une telle mesure peut également poser question… A l’échelle des bassins versants, compte tenu de la densité des ouvrages recensés, les seuils et les barrages constituent ainsi une source d’impacts importante sur les équilibres sédimentaires, même s’il est bien certain que ce ne sont pas les seuls. Extractions de granulats, curages, recalibrages, sont en effet autant de perturbations qui altèrent également les conditions de transport solide. Malheureusement, les solutions pour essayer de restaurer le transport solide piégé dans les retenues sont assez réduites et demandent des investissements collectifs très conséquents. Cela est d’autant plus regrettable que le déficit en matériaux des cours d’eau commence à se faire ressentir jusque sur nos rivages marins : le blocage actuel du transport solide, couplé aux anciennes extractions massives, pourrait expliquer en partie la réduction du trait de côte de certains secteurs littoraux…

  • Le scandale des marées noires au Nigeria

    Le scandale des marées noires au Nigeria

    Erika en Bretagne, Exxon Valdez en Alaska ou plateforme BP dans le golfe du Mexique : lorsqu’une catastrophe pétrolière survient sur les côtes des pays occidentaux, une légitime colère s’empare du grand public, les journalistes s’indignent et les hommes politiques jouent le registre du « plus jamais ça ». Par contre, lorsqu’une de ces catastrophes touche un pays en voie de développement,le silence se fait alors assourdissant. C’est le cas du Nigeria qui voit depuis une cinquantaine d’années une marée noire quasi continue polluer ses eaux et des régions entières de son territoire.

    Le pays, huitième exportateur mondial de pétrole, possède des réserves importantes d’or noir au large de ses côtes, dans la région du delta du fleuve Niger. Champs devenus incultivables, puits pollués, le pétrole est partout. Les conséquences pour les populations, déjà fragiles, de la région sont terribles et alimentent la violence armée. Le MEND (Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger) lutte aujourd’hui tout autant contre le gouvernement nigérian que contre les compagnies étrangères attirées par un pétrole de très bonne qualité, notamment la compagnie néerlandaise Shell, très présente dans la région et souvent montrée du doigt par les associations écologistes.

    Le gouvernement nigérian et les compagnies pétrolières ne communiquent que très peu d’informations sur le sujet. Mais les autorités locales ont recensé officiellement 7 000 marées noires entre 1970 et 2000. Un bilan bien éloigné de celui des ONG qui estiment à 300 le nombre de marées noires polluant la région tous les ans. Un rapport publié en 2006 par la section britannique du WWF, l’Union internationale pour la protection de la nature (IUCN) et la Nigerian Conservation Foundation (NCF) estime que durant les 50 dernières années, ce serait jusqu’à 1,5 million de tonnes de brut qui se sont déversées dans la nature. Ce qui représente près de 5 fois la catastrophe de l’Exxon Valdez en Alaska. Tous les ans, ce serait bien plus que l’équivalent de l’ensemble des rejets de la plate-forme de BP dans le golfe du Mexique qui souille le Nigeria et la région du delta du Niger. Effrayant, non ?

     

    Photo : © Greenpeace / Robert Visser

  • Trop de subventions pour la pêche européenne ?

    Trop de subventions pour la pêche européenne ?

    Les subventions européennes creusent-elles la tombe de la pêche communautaire ? L’association Oceana semble le penser. Selon elle, le secteur européen de la pêche est devenu dépendant des subventions qu’il touche, révélant qu’il a reçu 3,3 milliards d’euros en 2009, soit 50 % de la valeur de ses prises. Ainsi il ne survivrait que grâce aux subsides européens… L’ONG estime que le poids de ces subventions a provoqué la surpêche, la surcapacité, réduisant ainsi dramatiquement la rentabilité. Anne Schroeer estime que « le secteur de la pêche, qui ne parvient pas toujours à générer de bénéfices, ne survit que grâce aux généreux programmes de subventions ». L’Espagne est le pays le plus subventionné (733,9 millions d’euros), talonné par la France (361,9 millions) et le Danemark (307,3).

  • Fonds pour la Conservation des Rivières  Sauvages, le Chéran en projet pilote

    Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages, le Chéran en projet pilote

    Le succès du Colloque Fondateur qui a eu lieu le 20 mai 2011 à Annecy, sous le haut patronage du Ministère du Développement durable, a marqué la naissance officielle du Fonds pour la Conservation des Rivières sauvages. L’avancement du travail engagé par ce fonds concerne un premier bassin versant pilote, celui du Chéran. Le Chéran a été identifié et  retenu parmi les huit bassins versants comme pouvant potentiellement faire l’objet d’une labellisation.

    Les missions et objectifs du Fond sur ces territoires sont :

    1. Développer l’appropriation collective sur la nécessité de préserver et valoriser les rivières à très haute valeur patrimoniale en France.
    2. Attribuer un label Rivière Sauvage à ces rivières pour protéger et valoriser ces territoires, « réservoirs de biodiversité ». Ce Label sera dans certains cas, une reconnaissance du travail effectué par les gestionnaires du bassin.
    3. Aider les acteurs locaux et les structures gestionnaires impliquées dans la gestion de la rivière à obtenir le label « Rivière Sauvage », par le développement de nouveaux outils de gestion et des financements adaptés.
    4. Regrouper les acteurs publics et privés autour des objectifs de préservation des rivières labellisées.

    Aujourd’hui, le travail continue avec la perspective du prochain séminaire, début octobre, chez nos voisins de la Valserine à Bellegarde, consacré à la “Valeur Sauvage des Rivières” et à la définition des critères d’attribution.

    Parallèlement, le Fonds a engagé un travail avec différents partenaires (ONG, gestionnaires des milieux aquatiques, administrations, entreprises privées…) qui ont montré un intérêt pour notre démarche. Parmi ces partenaires potentiels, la Région Rhône-Alpes se doit d’être un interlocuteur privilégié compte tenu de la présence de plusieurs rivières pilotes sur le territoire, dont le Chéran et la Valserine.

    Dans ce contexte, l’AAPPMA de l’Albanais et l’AAPPMA du Chatelard affirment par le courrier (copie en fichier joint) adressé à Alain Chabrolle, Vice-Président de la Région Rhône Alpes, leur volonté d’engager le Chéran dans la démarche de labellisation aux côtés des acteurs de terrain locaux, en sollicitant la région Rhône-Alpes pour qu’elle s’engage également dans cette démarche innovante d’excellence environnementale.

    D’autres courriers ont déjà été adressés par nos voisins homologues élus et gestionnaires de la Valserine et par le Parc naturel du Haut-Jura qui ont montré là aussi leur implication forte au service de l’excellence de leur territoire. Ces mêmes acteurs de la Valserine sont d’ores et déjà à pied d’œuvre pour deux journées d’échanges avec les élus et gestionnaires de la Vis autre bassin versant pilote qui abrite le célèbre Cirque de Navacelles (Gard et Hérault). Une visite de la Maison de la Vis et des discussions sur la création du futur “observatoire des rivières sauvages” sont à l’ordre du jour.

    Le parallèle avec le Chéran et les différents projets en cours sur le territoire (Labellisation Geopark, future maison de l’eau…) semble être une motivation supplémentaire pour mettre en cohérence les particularités de nos territoires communs.


    Renseignements :

    http://rivieres-sauvages.fr

  • Quelle politique européenne de la pêche en 2013 ?

    Quelle politique européenne de la pêche en 2013 ?

    Alors que la Communauté européenne prépare activement la
    prochaine réforme de la Politique commune de la pêche (PCP) qui adviendra d’ici
    à 2013, les associations écologistes et les scientifiques s’inquiètent. Le
    constat d’échec de la précédente réforme en 2002 est reconnu par la Commission
    européenne elle-même qui a publié un « Livre Vert » en 2009, où elle
    détaille cet échec. La PCP existe depuis 1982 et est réformée tous les dix ans.
    L’enjeu est d’autant plus important. Aujourd’hui, en Europe, 7 espèces sur 10
    sont surexploitées. A l’image de celle de la planète, les ressources que nous
    fournissent les mers européennes subissent une pression qui nous mène tout
    droit à la catastrophe.

    Les raisons sont connues : surcapacité de pêche,
    surpêche, rejets de prises accessoires (poissons morts ou mourants rejetés en
    mer), quotas trop élevés, pêche
    illégale. Malgré les aides européennes massives, le secteur reste peu rentable.
    Pourtant, certains désirent continuer dans cette direction. Dans les négociations qui se
    déroulent en ce moment, la France a pris la tête d’une coalition comptant
    également l’Espagne, l’Italie et le Portugal, pays qui défendent les intérêts
    d’une pêche industrielle. En complète contradiction avec les bonnes intentions
    du Grenelle de l’environnement. Pour l’instant, la Commissaire européenne à la
    Pêche Maria Damanaki semble être décidée à ternir bon, mais il est certain que
    les lobbys qui s’opposent à ses réformes sont puissants et tout aussi décidés.

    La Commission européenne a publié le 13 juillet dernier une
    proposition de texte. Elle propose notamment d’interdire à terme tous les
    rejets en mer, d’adopter des plans pluriannuels de gestion et d’introduire un
    système de « Concessions de pêche transférables » qui permettraient
    aux navires de plus de 12 mètres de vendre ou d’échanger des droits de pêche.
    L’ambition affichée étant de parvenir d’ici à 2015 à la restauration des stocks
    à un niveau durable. Les associations écologistes comme le WWF, Greenpeace ou
    Ocean 2012 rappelant que ce texte ne propose aucune mesure pour la pêche
    côtière ou la pêche artisanale qui représente 80 % des emplois et seulement 20
    % des captures. Elles soulignent également l’absence de remise en question de
    la gestion de la PCP et surtout l’exclusion de la mer Méditerranée de cette
    réforme !

    Samuel Delziani



    La pêche européenne en chiffres


    – La
    flotte européenne a la capacité de pêcher deux à trois fois plus de poissons
    que la capacité de renouvellement des stocks.

    – Dans
    certaines pêcheries, jusqu’à 60 % des captures sont des prises accessoires.

    – La
    pêche industrielle a détruit les populations de thon rouge de l’Atlantique. In
    ne resterait que 15 % du stock initial.

    – 93
    % de la morue provenant de la mer du Nord est pêchée avant d’avoir pu se reproduire.

    – Dans
    la plupart des pays membre, le coût des subventions et de l’administration des
    pêcheries dépasse la valeur des captures.

    – Tous
    les ans, la pêche illégale représente un manque à gagner estimé à 35 milliards
    d’euros.

    – Tous
    les ans, les contribuables européens dépensent 158 millions d’euros pour
    permettre l’accès des navires européens aux zones de pêche d’autres pays.

    Sources : Commission
    européenne, ICCAT et Banque mondiale.

  • Bon anniversaire Greenpeace !

    Bon anniversaire Greenpeace !

    L’association de protection de l’environnement Greenpeace fête cette année ses quarante ans. Créée en 1971 par quatorze militants luttant contre les essais nucléaires américains, l’ONG a depuis embrassé tous les grands combats écologistes. A cette occasion, un film, Mind Bomb, a été réalisé par Christophe Montaucieux pour retracer la passionnante histoire de Greenpeace.

    Vous pouvez visionner la bande-annonce ici :

  • Comment sauver le saumon de la Tamise ?

    Comment sauver le saumon de la Tamise ?

    Une rivière en bonne santé est la condition sine qua non pour le retour du saumon. C’est la conclusion tirée par une équipe de scientifiques britanniques qui a conduit une étude sur la Tamise, le plus long fleuve anglais, publiée dans Biological Conservation, la revue scientifique de référence de la biologie de la conservation. Le récent retour des saumons dans le fleuve pose un certain nombre de questions. Les scientifiques tentent ici d’y répondre.

    Selon ces travaux, la restauration et la préservation de l’habitat est bien plus efficace que les réintroductions de poissons exogènes, qui extrêmement coûteuses n’ont pas réussi à prouver leur efficacité. Selon les chercheurs, cette réalité ne s’applique pas uniquement à la Tamise, mais à toutes les rivières où une population de poissons a disparu. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont étudié les données génétiques des poissons remontant le fleuve.

    Historiquement, la Tamise accueillait depuis fort longtemps nombre de saumons. La première mention d’une population « significative » de saumon date de 1215 et des pêcheries rentables existaient depuis le début du XIXe siècle. Mais la révolution industrielle et l’urbanisation de Londres ont conduit à l’augmentation des niveaux de pollution dans la rivière et la dernière capture a été enregistrée en 1833. Depuis la fin des années 70, de multiples tentatives pour réintroduire l’espèce dans les rivières britanniques se sont soldées par autant d’échecs.

    Des tentatives qui ont coûté beaucoup d’argent. En 2001, on estimait que 3 millions de livres (3,4 millions d’euros) ont été dépensées afin de rétablir les populations de saumons dans la Tamise. Pour l’équipe de chercheurs, il n’existe qu’une solution pour assurer le développement du saumon dans la Tamise ou ailleurs : la préservation de la bonne qualité de son habitat. Naturellement, il est plus compliqué de protéger l’environnement que de verser des bassines d’alevins…

  • Rentrée des classes sur le Chéran

    Rentrée des classes sur le Chéran

    Les activités de l’école de
    pêche du Chéran font leur rentrée ! Les jeunes de 8 à 16 ans pourront
    ainsi assouvir leur passion halieutique, encadrés par des moniteurs et guides
    de pêche diplômés Les cours ont débuté le 7 Septembre par une « Journée
    Découverte » ouverte à tous. Les inscriptions sont prises durant tout le
    mois de Septembre, les mercredis aux heures de cours et le jeudi de 17 à 18 heures! Trois animations sont
    proposées :

    – L’Atelier Pêche Nature de
    septembre à juin, qui a pour but d’initier les jeunes aux techniques de base,
    au respect des milieux aquatiques et à la connaissance des différents poissons.

    – L’atelier Pêche Mouche qui
    se déroule de novembre à mars permet d’acquérir la technique de base de la
    pêche à la mouche ainsi que du montage.

    – Les stages Pêche vacance
    sont proposés durant les vacances scolaires pour s’initier ou se perfectionner
    aux différentes techniques de pêche.


    Renseignements :
    Maison Pêche Nature
    Permanences tous les jeudis de 17 H à 18H.
    Tél. : 04.50.64.61.63/06.13.82.89.84

    www.cheran-terredepeche.com