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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Renaturation des cours d’eau : attention aux arnaques !
La destruction de l’habitat du poisson par les divers curages, chenalisations, stabilisations de berges et autres, est enfin reconnue comme une cause majeure de la dégradation des biocénoses aquatiques et, depuis quelques années, des programmes de renaturation physique des milieux voient le jour. La complexité des phénomènes morphodynamiques, la disparité des méthodes d’intervention ainsi que l’inadaptation de certaines actions entreprises suggèrent qu’une mise au point sur les connaissances d’ores et déjà acquises en la matière soit effectuée…
Si l’homme a su détruire facilement une grande partie de son réseau hydrographique, il n’en est pas de même pour ce qui concerne sa restauration… En effet, la perte de référence biologique, l’inadaptation des techniques employées ou encore le non-respect des principes fondamentaux de la dynamique fluviale sont autant de causes à l’origine d’échecs cuisants, qui grèvent les possibilités d’amélioration des écosystèmes aquatiques. Avant de parler concrètement de renaturation, il est nécessaire de bien percevoir les mécanismes morphologiques qui régissent les équilibres physiques des cours d’eau naturels, ainsi que les causes à l’origine de leur altération.
Ces connaissances sont en effet essentielles à la compréhension et à la maîtrise des principes fondamentaux de la dynamique fluviale, qui dicteront la nature et la stratégie de l’action restauratoire à mettre en oeuvre. Un rappel sur la notion d’habitat aquatique et sur les caractéristiques physiques des cours d’eau s’impose donc…
L’habitat aquatique : une notion complexe mais un rôle centralLa notion d’habitat correspond à la structure physique perçue par les espèces aquatiques. C’est donc leur lieu de vie, leur maison en quelque sorte. Cette structure physique comporte une dimension spatiale, à l’échelle de la taille et de la mobilité de chaque organisme, et une dimension temporelle, liée à leur cycle de développement.
C’est un compartiment clé de la structuration des écosystèmes d’eau courante et sa diversité est déterminée dans l’espace et dans le temps par l’hydrologie, la morphologie du lit ainsi que par la végétation rivulaire. La principale particularité des habitats d’eau courante est d’associer à la fois une très grande hétérogénéité dans l’espace avec une très forte variabilité dans le temps. Ce caractère instable est à l’origine d’une importante biodiversité et les spécialistes parlent alors de “mosaïque dynamique” pour qualifier l’habitat aquatique. De par leur taille, leur mobilité ainsi que leur longévité, les poissons occupent la totalité de l’espace aquatique et sont, à ce titre, très dépendants de l’habitat et de sa variabilité temporelle. Il convient alors de distinguer des habitats pour les fonctions quotidiennes que sont l’alimentation et le repos et des habitats de phases critiques comme la reproduction ou le refuge.
Habitat et morphologie : des échelles emboîtéesLes caractéristiques physiques de l’habitat sont générées par les processus géomorphologiques qui structurent le cours d’eau à différentes échelles, depuis la forme de la vallée jusqu’à l’arrangement des particules du substrat. Trois principaux niveaux emboîtés de diversité de l’habitat sont couramment distingués : régional, linéaire et ponctuel, et chacune de ces échelles permet la réalisation des fonctions biologiques nécessaires au maintien de la biodiversité des peuplements. A l’échelle régionale, la forme et les caractéristiques du lit sont déterminées par l’énergie en présence dans la vallée, définie localement par le climat, la nature géologique des sols et les précipitations. Quatre styles fluviaux sont répertoriés (voir ci-dessous) et leur succession à l’échelle d’un grand bassin permet la coexistence de communautés animales et végétales très différentes. A l’intérieur de ces différents types de vallée, des discontinuités majeures définissent des tronçons homogènes A l’échelle linéaire d’un tronçon, les caractéristiques morphologiques du lit (formes et dimensions, pente, vitesses) sont variables et conditionnent des écoulements successifs différents. Le lit peut alors être “découpé” en unités homogènes du point de vue des écoulements (vitesse de courant, hauteur d’eau, forme du lit), appelées faciès. Bien souvent, une série de seuils naturels de fréquence variable structure la succession des faciès d’écoulement qui suivent alors la séquence mouille – radier – plat. En amont du seuil, la hauteur d’eau augmente et la vitesse de courant se ralentit, en aval immédiat, c’est le contraire et les vitesses augmentent alors que les hauteurs d’eau se réduisent ; entre ces deux secteurs apparaît une zone de transition.
Cette organisation complexe de l’espace permet la cohabitation d’un grand nombre d’espèces piscicoles aux exigences écologiques différentes, qui y trouvent les nombreux habitats nécessaires à l’accomplissement de leur cycle vital. C’est donc à cette échelle que s’équilibrent les populations de poissons (à l’exception des grands migrateurs), pour constituer des peuplements relativement pérennes. A l’échelle ponctuelle du faciès, les singularités physiques et l’hétérogénéité longitudinale et transversale des écoulements génèrent des microhabitats, qui correspondent au positionnement instantané d’un individu enphase de repos ou d’alimentation.
Ces microhabitats, encore dénommés pôles d’attraction, sont caractérisés par la hauteur d’eau, la vitesse de courant et la nature des substrats minéraux ou des supports végétaux. La genèse et la répartition des faciès répondant à une logique morphodynamique, cette échelle permet de faire le lien entre le physique – la dynamique fluviale et le biologique – l’habitat.
L’habitat : une mosaïque en équilibre dynamiqueAprès avoir défini les relations entre l’habitat – concept biologique et la morphologie – structure physique, voyons plus en détail les processus qui génèrent ces structures : la dynamique fluviale. Tout d’abord, il est important de rappeler que les écosystèmes d’eau vive sont caractérisés par la présence d’un flux liquide et solide permanent, issu des précipitations sur le bassin, dont le régime conditionne non seulement les débits liquides mais également la fourniture des matériaux ainsi que l’énergie pour les modeler. Ainsi, la morphologie d’un cours d’eau est le résultat d’un équilibre dynamique entre le débit et la charge alluvionnaire (débit solide). Ces deux variables sont appelées variables de contrôle et c’est elles qui, en fonction de l’énergie des débits et de la nature géologique des sols, conditionnent les caractéristiques morphologiques du lit en modelant des variables dites de réponses (largeur du lit, profondeur moyenne, pente du fond, sinuosité, vitesse du courant…). Ces ajustements permanents et complexes entre les différentes variables aboutissent à un état d’équilibre dynamique, qui confère aux hydrosystèmes une capacité de résilience. Par exemple, un tronçon de cours d’eau qui aura subi une forte érosion suite à un événement hydrologique rare et de forte amplitude aura tendance à favoriser les dépôts de matériaux de manière à retrouver un profil d’équilibre. Cet ajustement local de la largeur, de la profondeur, de la pente, de la sinuosité… (les variables de réponse) reflétera l’adaptation du tronçon aux nouvelles conditions locales de débits liquides et solides (les variables de contrôle). Ce remodelage aura lieu en période d’énergie maximale dans le chenal, lors des débits dits morphogènes, qui correspondent à des crues de fréquence de un à trois ans. Cette recherche de l’équilibre dynamique structure alors les différentes unités morphologiques (méandres, séquences de faciès) qui présentent la particularité de se répéter proportionnellement à la largeur du lit. Ainsi, dans un système naturel, la longueur moyenne d’une séquence de faciès mouille – radier – plat est de l’ordre de six fois la largeur du lit de plein bord. Ces successions régulières ont pour principale fonction de dissiper l’énergie mécanique de l’eau et l’examen de ces valeurs sert de repère pour évaluer la gravité des altérations morphologiques.
Les rivières ajustent donc continuellement les valeurs de leurs variables de réponse au gré des fluctuations, naturelles ou imposées, des variables de contrôle. Un fonctionnement morphodynamique en équilibre signifie donc que les cours d’eau ne sont pas figés mais “s’ajustent” en permanence autour de conditions moyennes. On ne doit donc pas s’étonner d’assister à des phénomènes d’érosion ou de dépôt, à des migrations vers l’aval des méandres, à la modification de l’altitude du lit. Au contraire, tous ces phénomènes sont naturels et sont même la preuve que le cours d’eau se porte bien et recherche son profil d’équilibre. Ces ajustements sont lents et se produisent au gré des évolutions climatiques à long terme. Toutefois, certains événements naturels peuvent entraîner des modifications brusques des variables de contrôle (forte crue, glissement de terrain). Dans ce cas, si les nouvelles conditions sont durables, le système devra se réadapter en conséquence. Ces événements étant assez rares, le cours d’eau retrouve dans la plupart des cas son profil d’équilibre antérieur.Des rivières qui s’enfoncent inexorablement…
Ces équilibres naturels sont précaires et sont bien souvent remis en cause par l’anthropisation des cours d’eau. En effet, les nombreux aménagements provoquent des désordres physiques qui affectent d’abord les variables de réponse (pente, largeur, profondeur, sinuosité…), ce qui peut aussi provoquer des changements au niveau des variables de contrôle (augmentation du débit en pointe de crue, reprise d’érosion…). Face à ces nouvelles conditions morphologiques et énergétiques, le cours d’eau va chercher à retrouver un état d’équilibre, en ajustant le profil de son lit. Mais les travaux ayant bien souvent contribué à fixer les berges, l’espace de liberté latéral est devenu insuffisant et le rééquilibrage ne peut se faire qu’aux dépens du fond, qui s’érode alors. La rivière s’enfonce donc dans son lit et initie un phénomène d’érosion régressive, qui progresse vers l’amont en déstabilisant les berges et en modifiant les successions des écoulements. Ce phénomène d’incision du lit des cours d’eau s’autoentretien car il ne parvient pas à trouver un profil d’équilibre : la capacité de charriage du débit en période de crues devient nettement plus importante que les matériaux en provenance de l’amont. C’est toute la charpente morphologique du système qui est donc altérée et, dans les cas extrêmes, le lit se creusera jusqu’à atteindre la roche mère sous-jacente et ressemblera à un toboggan hostile au développement d’une faune et d’une flore typiques…
Des solutions : différentes stratégies de restaurationContrairement aux problèmes de qualité de l’eau, pour lesquels une prise de conscience est intervenue dès les années 1970, la prise en compte des problèmes d’ordre morphologique est assez récente. Depuis quelques années tout de même, divers programmes de restauration physique des milieux voient le jour à travers l’Europe. En faisant le bilan de ces projets, quatre grands niveaux d’intervention peuvent être distingués, orientés principalement par le degré de liberté du cours d’eau concerné :
* La renaturation : le cours d’eau est remis sur son tracé historique en conditions hydrodynamiques originelles.
A partir d’anciens cadastres, d’analyses topographiques, de photos aériennes et de carottage des sols, l’ancien linéaire est retrouvé et remis en eau par un léger creusement d’un sillon guide, volontairement sous-dimensionné, alors que le lit actuel recalibré est totalement rebouché : le cours d’eau reconstitue donc totalement et naturellement ses habitats en atteignant son profil d’équilibre.
* La récréation : très semblable à la précédente, à la différence près que le tracé originel du cours d’eau est inconnu et doit donc de ce fait être totalement dessiné après calculs morphologiques et hydrauliques complexes.
* Le compromis : quelques contraintes (utilisation des sols, route, zone urbaine…) interdisent de retrouver complètement les conditions hydrodynamiques originelles.
Un “coup de pouce” doit donc être donné au cours d’eau pour lui permettre de recréer ses habitats et d’atteindre l’équilibre dynamique. La mise en place de seuils de fonds artificiels destinés à limiter l’énergie des crues de plein bord et la connexion des zones d’expansion de crues résiduelles sont les réalisations les plus courantes à ce niveau d’intervention.
* La diversification : sur les secteurs fortement contraints, où par exemple aucune liberté latérale n’est permise (traversée d’agglomération), seule la mise en place d’éléments structurants dans le chenal permet une amélioration des conditions habitationnelles ; l’équilibre dynamique ne pouvant jamais être atteint.
Parallèlement à ces quatre types d’intervention, leur coût et leur efficacité doivent être précisés. Ainsi, il apparaît que plus les interventions sont importantes, en termes de mise en place d’éléments structurants, plus les coûts de réalisation sont élevés et plus les risques d’échec de l’aménagement sont importants. En effet, s’il est “relativement simple” (toute proportion gardée !) de remettre un cours d’eau dans son ancien lit et de le laisser s’équilibrer luimême, il sera par contre beaucoup plus délicat de positionner des caches et abris artificiels dans un chenal fortement contraint : des calculs précis, à adapter au cas par cas, doivent être réalisés afin de connaître leur impact sur les écoulements à différents débits, afin de limiter les risques supplémentaires d’inondation ou de déstabilisation du lit.
Des choix de restauration parfois discutablesCes observations sur le rapport coûts de réalisation/efficacité biologique sont très importantes et devraient guider en toute logique les priorités d’action de restauration à mettre en oeuvre à l’échelle d’un grand bassin.
Ainsi, la sauvegarde des références encore présentes, si précieuses, ou encore la renaturation totale d’un cours d’eau faiblement perturbé en zone non urbanisée, avec des interventions limitées et des coûts réduits, devraient être réalisées en priorité. Or, trop souvent les efforts de restauration physique sont déployés sur des cours d’eau totalement détruits, pour des coûts exorbitants et sur lesquels une renaturation totale est utopique. Et pendant ce temps-là, les milieux encore dignes d’intérêt continuent de se dégrader… Bien évidemment, il ne s’agit pas de ne plus s’occuper des secteurs fortement déstructurés, mais il faut bien reconnaître qu’un minimum de hiérarchie dans les programmes de restauration permettrait d’optimiser les coûts et de protéger et valoriser en priorité les milieux les plus dignes d’intérêt.
Un suivi biologique est indispensableAinsi, pour mener à bien un programme de restauration, quel que soit le niveau d’intervention retenu, il apparaît donc fondamental de connaître précisément les caractéristiques morphodynamiques originelles du cours d’eau concerné. Successions des faciès d’écoulement, largeur du lit ou encore longueur d’onde des méandres ne se structurent pas au hasard et, dans le cas d’une renaturation, seul le bon ajustement du gabarit du lit de plein bord par rapport aux débits moyens et morphogènes permettra de retrouver l’agencement naturel des mosaïques d’habitats disponibles pour la faune et la flore. A ce titre, la connaissance des caractéristiques écologiques originelles du tronçon de cours d’eau à restaurer est également fondamentale, puisque le retour de la faune et de la flore électives du type biologique constitue en soi l’objectif final de l’aménagement. Aussi, le suivi des biocénoses aquatiques, et notamment des poissons de par leur caractère intégrateur, constitue un excellent évaluateur de l’efficacité des mesures de restauration mises en place. Trop souvent oublié, le suivi biologique sanctionne pourtant objectivement la qualité des aménagements par rapport aux objectifs et apporte un grand nombre d’enseignements sur la restauration des milieux aquatiques, pratique récente pour laquelle les échecs, encore nombreux, permettent d’améliorer les techniques d’intervention…
Cet Echo du radier a été réalisé en collaboration avec Guy Périat,
hydrobiologiste et conseiller technique pour le Conseil suisse de pêche.Quatre différents styles de lits fluviaux sont couramment distingués :
– A chenal unique rectiligne : lit caractérisé par une très haute énergie, une forte pente et une granulométrie
grossière. Cette forme est typique des hautes vallées des régions montagneuses glaciaires.
– A chenaux multiples en tresse : lit caractérisé par des bancs d’alluvions non végétalisés, séparant différents
chenaux fréquemment remaniés par les crues. Cette forme est typique des basses vallées glaciaires ou des
régions à régime hydrologique tranché.
– A chenal unique méandriforme : lit de forme sinueuse avec des berges partiellement végétalisées, résultant
d’une énergie et d’un charriage relativement limité. Cette forme est typique des régions collinéennes et de
plaine.
– A chenaux anastomosés : lit caractérisé par la stabilité des chenaux à direction aléatoire, avec une granulométrie
fine et une végétation dense. Cette forme est typique des régions à très faible pente arborant de nombreuses
zones humides.
Un cours d’eau voit se succéder sur son linéaire plusieurs styles fluviaux différents en fonction de la position
dans la vallée. Avant toute renaturation, il est donc fondamental de connaître le style concerné, car il détermine
le niveau d’énergie (puissance érosive) du tronçon concerné.
Japon : record battu pour un thon vendu aux enchères
Plus de 56 millions de yen (572 000 euros) : voici la somme record a laquelle a été vendu un thon rouge de 269 kg (Thunnus thynnus) au marché de poisson de Tsukiji à Tokyo. Le poisson a été pris dans le Nord Est de la préfecture japonaise d’Aomori. C’est le propriétaire d’une chaîne de sushi qui s’est adjugé l’imposant thonidé. Forcément à ce tarif, il est difficile de contrôler la pêche de ce poisson en danger…

2011, l’année la plus chaude en France depuis plus d’un siècle
Selon les services de Météo France, l’année 2011 a été la plus chaude depuis le début du XXe siècle avec une moyenne de 13,6° entre le 1er janvier et le 26 décembre pour l’ensemble du pays. Ce sont les températures les plus hautes depuis que l’institution réalisent des relevés. Cette moyenne est de 1,5° de plus que la normale (température moyenne de référence entre 1971 et 2000). Tous les mois de l’année ont dépassé la normale saisonnière, à l’exception notable du mois de juillet qui s’est révélé être le plus froid depuis une trentaine d’années.

En 2010, 25 nouvelles espèces de poissons découvertes dans la région du Mékong
Les scientifiques ont découvert l’année dernière plus de 200 nouvelles espèces, dont 25 de poissons, dans la grande région du Mékong, fleuve du Sud Est asiatique qui traverse le Yunnan en Chine, le Myanmar (Ex Birmanie), le Laos, le Cambodge, la Thaïlande et le Vietnam. Cette région possède une biodiversité parmi les plus importantes du monde. A noter qu’un certain nombre des espèces nouvellement découvertes sont déjà déclarées en danger ou en voie d’extinction par les spécialistes.
Pour plus de renseignements et pour consulter le rapport complet du WWF (En Anglais) :

La vérité sur l’état alarmant des rivières jurassiennes
Le projet du DVD, “Les rivières jurassiennes, l’envers du décor” arrive à terme après 13 mois de travail. Il sera pressé dans les jours à venir à près de 6000 exemplaires. Pour Nicolas Germain, le réalisateur, le plus gros du travail reste à faire, mais le challenge en vaut la peine. En plus des 6000 DVD, cette vidéo sera en téléchargement gratuit. Pour être sur de ne pas manquer sa date de disponibilité (mi-janvier), vous pouvez vous inscrire sur :
http://dvd.nicolas39-peche-mouche.com/

Les bassins Rhône-Méditerranée et Corse en mauvais état écologique
La moitié des eaux des bassins Rhône-Méditerranée et Corse est actuellement en mauvais état écologique. L’Agence régionale de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse a publié le 6 décembre son rapport annuel 2010 qui explique que seul 51 % des rivières des bassins qu’elle surveille sont dans un bon état écologique. L’agence souligne que l’objectif de 66% d’ici à 2015 inscrit dans le Grenelle de l’environnement est encore loin. Au banc des accusés : les pesticides et les trop nombreux aménagements et altérations du lit des rivières. L’étude s’appuie sur 3 millions de mesures effectuées dans 1 500 stations. A noter que c’est la première fois qu’un telle étude est rendue publique.

Frayères sur le Doubs : une vidéo anti-dépression
Voici des images qui redonnent le
moral. Patrice Malavaux a filmé les frayères sur le Doubs tout près de Goumois.
Des images sous-marines magnifiques, mises en ligne le 8 décembre dernier, où l’on distingue même les œufs solidement
ancrés sur le fond préalablement nettoyé par les poissons. Merci Patrice pour
ce petit cadeau de Noël avant l’heure !
Un point sur les aménagements piscicoles
Nous faisons ici le point sur un des principaux types d’intervention utilisés pour améliorer les conditions d’habitat aquatique, à savoir la diversification. Celui-ci consiste essentiellement à mettre en place dans le lit du cours d’eau ce qu’on appelle des aménagements piscicoles. Sous ce terme générique sont regroupés les seuils, les déflecteurs ou épis, les caches ou abris (blocs, sous berge) et les frayères artificielles.
Par Arnaud et Denis Caudron
Les raisons de leur développement
Le changement de statut des anciennes AAPP en AAPPMA, associé à la prise de conscience de l’intérêt de protéger les milieux (rôle de vigilance) mais également, dans certains cas, de les restaurer, a été un des facteurs du développement croissant des aménagements piscicoles ces dix dernières années. Ces travaux destinés à améliorer la qualité des milieux devenaient également une alternative intéressante suite à la remise en cause de l’efficacité des repeuplements massifs (sujet dont nous débattrons prochainement). Effectivement, les gestionnaires des ressources piscicoles existent par les actions de gestion qu’ils mettent en place chaque année. Or, si une de leurs principales pratiques, à savoir le repeuplement, ne devient dans certains cas plus utile, quoi de plus logique de se tourner vers la remise en état des milieux et donc vers les aménagements piscicoles qui peuvent bien souvent être réalisés par les bénévoles eux-mêmes. Bien sûr, ces travaux ont un coût et la principale raison de leur succès grandissant est évidemment financière. Les incitations à réaliser de tels aménagements par le biais des aides du CSP et des agences de l’Eau bien souvent relayées par les collectivités territoriales (Conseil général et régional) ont permis d’atteindre des taux d’aide de l’ordre de 80 %. Dans ce cas, il n’était pas difficile de trouver des maîtres d’ouvrage volontaires pour rajouter les 20 % restant et ainsi monter des projets et réaliser des travaux.
Une efficacité finalement limitée
De nombreux travaux d’aménagements piscicoles ont été réalisés en France sur des cours d’eau présentant un habitat dégradé. Les principales réalisations ont consisté à la mise en place de seuils en pierres ou en bois pour oxygéner les eaux, créer des chutes, d’épis-déflecteurs permettant localement de diversifier les écoulements en augmentant les vitesses de courants, de sous-berges en bois pour créer des caches, de blocs en berge ou dans le lit servant également d’abris, de caisses frayères pour la truite ou de végétaux synthétiques pour le brochet. Etant donné le caractère novateur de ces travaux et également l’absence de réel manuel technique de référence permettant d’épauler les acteurs de terrain, les réalisations ont été plutôt intuitives et peuvent être chacune considérées comme une expérience à part entière. Dans ce domaine, la connaissance s’acquiert uniquement par l’expérience. Malgré le manque de suivi et d’évaluation – dans les programme de travaux en France – et l’absence de recul pour tirer les leçons de ces expériences, leurs limites se font déjà sentir. Tout d’abord, ces aménagements sont valables uniquement sur les cours d’eau de taille relativement limitée (inférieur à 10 mètres de large) sauf pour le cas de la pose de blocs en berge qui peut être réalisée sur certaines grandes rivières.
Ensuite, pour être réellement efficaces pour la faune piscicole, les aménagements doivent être actifs, c’est-à-dire induire une dynamique sur le plan hydraulique. C’est cette dynamique active qui va permettre par exemple le creusement du fond à l’aval d’un seuil pour créer une fosse, lerelèvement ou l’abaissement du niveau d’eau pour engendrer des ruptures de pentes, la création d’une cavité en berge (sous berge) par la pose de déflecteurs, ou la possibilité pour les poissons de trouver un abri hydraulique en cas de montée brutale des eaux derrière des blocs judicieusement placés. Malheureusement, dans la majorité des cas, ces désordres hydrauliques locaux nécessaires à l’efficacité de ce type d’intervention ne sont pas permis lors des demandes d’autorisations administratives et les aménagements doivent le plus souvent être dimensionnés pour agir principalement à l’étiage. Ceci limite fortement leurs effets bénéfiques sur les poissons. De nombreuses études essentiellement nord-américaines (Etats-Unis et Canada) ont été publiées sur l’efficacité des aménagements piscicoles, il faut dire qu’ils ont désormais trente années de recul et que de nombreux suivis scientifiques post-travaux ont été réalisés. Les résultats sont quasi-unanimes et pas très encourageants. D’une part, plusieurs réalisations sont entièrement ou partiellement détruites lors des premières crues. Dans tous les cas, c’est une sous-estimation de la force érosive du cours d’eau ou un sous-dimensionnement des ouvrages qui est en cause. Hors destruction par les crues, la durée de vie de ces aménagements est de toute façon limitée, de l’ordre de cinq à dix ans au mieux, après quoi ils sont détériorés ou perdent de leur efficacité (principalement les seuils qui disparaissent et les abris qui se comblent). Enfin, si les ouvrages induisent une incontestable amélioration de l’habitat, ceci ne se traduit pas toujours favorablement sur le poisson. L’effet positif favorise souvent une seule phase du développement de l’espèce cible qui peut se traduire par l’augmentation d’une certaine classe de taille mais pas de l’ensemble de la population. Parfois même, un effet néfaste peut être observé sur les autres espèces présentes. Les travaux ayant lieu principalement sur des tronçons de longueurs limitées, l’effet attractif d’un secteur nouvellement diversifié se traduit par un déplacement du peuplement depuis les zones plus en aval ou en amont. Les suivis de populations montrent effectivementdes augmentations de la quantité de poissons sur les secteurs aménagés, qui s’accompagnent de diminution sur les secteurs amont ou aval moins attractifs, donc il n’y a pas de réel gain global. Une synthèse récente de ces études montre que les efforts doivent davantage porter sur la restauration des processus naturels qui vont permettre de créer et maintenir eux-mêmes des habitats favorables plutôt que sur la mise en place localement de petits aménagements qui n’auront qu’une efficacité limitée dans le temps et l’espace. Vous l’aurez donc compris, « jardiner » une rivière localement en plaçant quelques aménagements piscicoles, malgré l’énergie et l’effort financier que cela demande, n’est pas une solution pérenne pour améliorer la qualité des habitats aquatiques et avoir un impact positif sur les poissons et donc au final sur la pratique de la pêche.Préférez des projets plus ambitieux
L’installation de simples aménagements piscicoles dans le lit ne doit donc pas être la première solution à envisager quand un cours d’eau présente un habitat dégradé. Il est beaucoup plus efficace d’entreprendre, quand cela est possible, des travaux de renaturation ou recréation. Les conséquences seront moins immédiates sur la qualité du milieu, car les effets positifs se feront sentir progressivement sur l’ensemble des compartiments de l’écosystème, mais les résultats seront plus conséquents et surtout durables dans le temps. Ces travaux sont assez lourds et difficiles à mettre en oeuvre et sont, bien sûr, souvent très coûteux (environ 200 à 500 € par mètre linéaire). Mais ils n’intéressent pas seulement le monde piscicole car leurs effets bénéfiques ne sont pas seulement perceptibles sur le poisson. La flore aquatique et rivulaire, les insectes, l’avifaune, les petits mammifères et les batraciens associés aux cours d’eau et zones humides sont bien souvent également concernés. Sans compter l’intérêt paysager. L’apport d’une valeur ajoutée écologique plus élargie à un projet initial uniquement piscicole permet d’intéresser d’autres acteurs de l’eau, d’augmenter l’intérêt du projet et par conséquent d’accroître les moyens techniques et financiers impliqués. N’oublions pas pour autant nos aménagements piscicoles qui peuvent tout à fait être complémentaires et s’insérer dans un projet plus ambitieux. Ils permettront alors d’avoir des effets bénéfiques plus rapides sur le poisson en instaurant par exemple une dynamique locale (érosion de berge ou creusement d’un pool) ou en rendant la berge plus attractive.
Ils serviront donc simplement à accompagner un processus naturel dynamique qui aboutira à la mise en place progressive d’un habitat aquatique diversifié et productif.
Avoir un bon diagnostic et se fixer des objectifsLes aménagements piscicoles ne doivent pas être mis en place par effet de mode ou parce qu’ils sont aidés financièrement par des subventions. Ils doivent être réalisés en réponse à un problème de qualité d’habitat clairement identifié. D’où l’intérêt d’effectuer un diagnostic précis du cours d’eau concerné et d’identifier l’ensemble des causes de perturbation de la qualité du milieu. Ce diagnostic qui s’intéresse à l’ensemble des compartiments de l’écosystème (piscicole, hydrobiologique, géomorphologique, thermique, qualité d’eau, etc.) et utilise des techniques spécifiques doit être confié à des spécialistes. Les propositions résultant de cet état des lieux doivent traiter les perturbations principales afin d’aboutir à une amélioration significative de la qualité du milieu qui aura à son tour un effet positif sur la faune aquatique. Si la phase diagnostic n’est pas suffisante, le risque de passer à côté des principales causes de perturbation est grand et il peut s’ensuivre des réalisations inutiles. Par exemple, la création de caches par la pose de blocs rocheux (très à la mode actuellement) sur un secteur dépourvu d’abri mais dont le facteur limitant dominant, l’élévation de la température estivale, ne permettra pas d’améliorer la situation piscicole. En effet, les blocs créeront des caches idéales mais ne changeront rien au paramètre thermique. Par contre, une reprise du lit mineur en aménageant un lit d’étiage rétréci augmentant les hauteurs d’eau et les vitesses de courant associée à la reconstitution d’une végétation en berge assurera un ombrage maximal et pourra permettre d’apporter des conditions de vie compatibles avec les exigences écologiques de l’espèce cible. Il est important de garder à l’esprit que les aménagements piscicoles n’améliorent que la qualité de l’habitat. Et ils sont donc à mettre en oeuvre uniquement lorsque celle-ci est en cause. Malheureusement, une dégradation importante de l’habitat est souvent le résultat d’un ou plusieurs autres facteurs et s’accompagne de nombreux autres désordres. Dans ce cas, les aménagements piscicoles seuls constituent rarement une solution appropriée. Une fois le diagnostic réalisé et les actions choisies, reste à se fixer des objectifs à atteindre et à prévoir un suivi. Les objectifs sont importants car ils permettront de contrôler le niveau de réussite des travaux réalisés. Ils peuvent, bien sûr, être quantitatifs (atteindre une certaine densité ou biomasse de truite par exemple) mais doivent également s’accompagner d’indicateurs plus qualitatifs (retrouver une classe de taille absente, voir apparaître une nouvelle espèce d’accompagnement, permettre une reproduction naturelle) qui seront d’ailleurs plus facile à estimer.

