Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Le fondateur de Sea Shepherd arrêté en Allemagne
Paul Watson, le fondateur de l’association de protection de
l’environnement Sea Shepherd, a été arrêté en Allemagne et pourrait être
prochainement extradé vers le Costa Rica. Le dirigeant de l’association
controversée pour ses actions directes est poursuivi pour avoir tenté en 2002
d’interrompre une campagne de pêche aux ailerons de requins au large du
Guatemala. Pêche extrêmement décriée puisqu’elle consiste la plupart du temps à
ne découper que les ailerons des requins et de remettre les poissons à l’eau. Ainsi
mutilés, ils sont voués à une mort quasiment certaine. Les ailerons de requin constituent
un met de luxe en Asie, notamment à Hongkong. Plus connu pour ses multiples
accrochages avec des baleiniers japonais, Paul Watson risque gros. Le mandat
allemand mentionne une « allégation de violation de trafic
maritime » et surtout une accusation
de tentative de meurtres lancée par l’équipage du bateau Costa Ricain. Une accusation qui, selon l’association, serait démentie par des preuves vidéos. A
suivre…Renseignements :

Traitement du bois : quelles conséquences pour nos rivières ?
Voici une petite vidéo efficace pour comprendre les effets
négatifs du traitement du bois pour nos cours d’eau. L’expérience filmée ici en
dit plus que de longs discours. Le Collectif « SOS Loue et rivières
comtoises » vous permet ainsi de mieux comprendre la toxicité de tous ces
produits utilisés pour le traitement du bois et les conséquences de cette
activité sur notre ressource en eau.
Le parc national des Calanques enfin créé
François Fillon, Premier ministre, mais également ministre du Développement
durable, a signé aujourd’hui 18 avril le décret de création du Parc national
des Calanques, qui devient ainsi le 10e parc national français et le
premier parc périurbain d’Europe. Cette création est une victoire pour les
associations de protection de l’environnement qui luttaient contre le
renouvellement du permis d’exploration Rhône Maritime. Une zone de prospection
d’hydrocarbures qui se situait à moins de 30 km du parc. Le décret de
renouvellement n’ayant pas été publié au Journal Officiel avant la date butoir
du 11 avril, le permis passe donc à la trappe. Greenpeace se félicite
ainsi : « La parole
citoyenne a donc été entendue par les responsables politiques… C’est une bonne
nouvelle, pour les riverains, les pêcheurs et pour l’écosystème, car la zone de
forage se trouvait à 30 km du projet de parc national des Calanques et à
proximité immédiate du sanctuaire de Pelagos, un vaste espace maritime dédié à
la protection des mammifères marins ». Sur les 158 000 hectares du parc, 90 %
sont maritimes, 60 espèces marines patrimoniales, notamment des tortues marines
et des cétacés, profiteront donc de cet espace protégé.Quant à la pêche professionnelle ou amateur, la politique du
parc est claire : « la pêche artisanale est très présente. La
pêche amateur est également développée, ainsi que la « pêche » sous marine.
L’ensemble de ces prélèvements dans le milieu peuvent influer à la fois sur la
diversité biologique et sur la ressource halieutique, dont les populations et
les tailles spécifiques sont parfois en déclin. Aussi, ces activités feront
l’objet d’un suivi par le parc national pour permettre de conduire des mesures
de préservation des richesses et ressources marines. La suspension des «
oursinades » ces dernières années du fait de l’état de la ressource, est un
exemple de mesure concrète. » Au total, sept villes de la région marseillaise sont
concernées par la création du parc : Carnoux, Cassis, La Ciotat,
Marseille, La Penne-sur-Huveaune, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule.Le parc en quelques chiffres :
Une surface essentiellement maritime : 158 100 ha dont 141
500 ha en mer (89,5%)Cœur terrestre
8 300 haCœur marin
43 500 haAire Optimale d’Adhésion (AOA) 8 300 ha
Aire Maritime Adjacente (AMA) 98 000 ha
Photo : © OTCM / ADD

Déchets : une campagne drôle et choc !
Voici une campagne de sensibilisation qui manie l’humour et
le décalage avec maestria et dont le but est de faire participer les pêcheurs,
qu’ils soient professionnels ou amateurs, au nettoyage des plages, des rivières
et des lacs. L’initiative lancée par l’association Surf Rider Europe possède
une double qualité : la préservation du milieu aquatique et surtout la
sensibilisation des usagers de ce milieu. Plusieurs affiches montrent des
pêcheurs posant fièrement avec leur prise : ici une sandale en plastique,
là un canapé, là encore un bidon de plastique. Toujours le même slogan :
soyez fiers ! Fiers de votre prise, car celle-ci est vraiment utile.En 2011, selon l’association, ce sont plus de 42 000
bénévoles venus de 35 pays qui se sont mobilisés pour donner un « petit
coup de propre » à plus de 1200
plages, lacs et rivières le temps d’un week-end. Ils ont collecté« l’équivalent
en volume de 38 bus remplis de déchets aquatiques ».Renseignements :

France : 90 % des nappes phréatiques en déficit
Le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) a
publié le 12 avril son traditionnel état des lieux des niveaux d’eau des nappes
phréatiques en France. Ainsi, 90 % des nappes phréatiques présentent des
niveaux d’eau inférieurs à la normale, notamment à cause des très faibles
précipitations de cet hiver.Au 1er avril, 89 % des réservoirs d’eau affichaient un
niveau inférieur à la normale, contre 58 % l’année dernière à la même époque,
selon le BRGM. Près de 40 % des réservoirs ont vu leur niveau baisser depuis le
mois de mars. Le Bassin parisien et le Sud-Ouest comptent parmi les régions les
plus touchées et onze départements ont déjà pris des mesures de restrictions de
l’usage de l’eau. Déjà l’année dernière, le printemps, le plus chaud depuis
1900, avait connu une sécheresse historique. Le printemps 2012 semble devoir
être du même acabit…
Mobilisation pour la Bienne : manifestation le 2 juin
Retenez bien cette date sur votre agenda : le 2
juin ! Ce jour-là, tous les amoureux de la Bienne se mobilisent et
manifestent pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion sur le drame que vit
actuellement cette rivière. Ils se retrouveront à Jeurre dans le Jura sur les
bords de la Bienne. La Bienne sera bien sûr au centre des préoccupations, mais
pas seulement. Ce sont toutes les rivières comtoises qui souffrent
aujourd’hui : Bienne, Loue, Ain, Doubs, même combat ! Rendez-vous
donc à 15 heures, le 2 juin, sur le pont de Jeurre !Renseignements :

Têtes de bassin versant : l’habit ne fait pas le moine…
Les diverses pollutions de l’eau et la destruction des habitats aquatiques sont les deux principaux fléaux subis par nos rivières. Ces deux types de pressions se rencontrent en milieu urbain mais également dans nos campagnes : rejets agricoles et recalibrages font en effet payer un lourd tribut à nos cours d’eau. Les têtes de bassin versant semblent encore épargnées et sont considérées en bon voire en très bon état écologique. Mais, concrètement, est-ce vraiment le cas ?
Par Sylvain Richard et Guy Périat
L’examen d’une carte du réseau hydrographique national nous montre que les petits ruisseaux se rencontrent un peu partout et ne sont pas cantonnés uniquement aux zones de montagnes ou de plateaux d’altitude. En dehors des secteurs à la géologie particulière, de type karstique, les sources qui donnent naissance aux petits rus peuvent en effet apparaître sur tous les terrains naturels. Malheureusement, les petits cours d’eau des zones urbanisées à forte démographie ou sur les territoires à agriculture intensive n’existent plus en tant que tels depuis longtemps : recalibrés voire enterrés, ils s’apparentent maintenant plus à des fossés insalubres qu’aux ruisseaux chantants chers à Élisée Reclus…
Les têtes de bassins plus isolées de ces activités apparaissent quant à elles en meilleure santé. Point de rejets d’égouts ou d’industries, de grands barrages structurants, d’extractions massives de granulats, de recalibrage et d’endiguements importants, etc… Et pourtant, dans certains cas, lorsque des études hydrobiologiques sont conduites, les résultats sont sans équivoque : très peu de truites sont capturées, la morphologie du cours d’eau apparaît dégradée, la macro faune benthique est décimée ou encore les sédiments sont contaminés par des micropolluants de diverse nature…
Des sources de perturbations plus pernicieuses à mettre en évidence, issues d’activités humaines passées ou encore en vigueur, peuvent donc altérer plus ou moins grandement l’intégrité et le fonctionnement de certains petits ruisseaux…
Un passé minier florissant !Le sol français est riche, ou du moins l’a été : la carte du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) présentant la répartition des activités minières en France en témoigne et la plupart des massifs montagneux ou des socles anciens, amont des bassins versants, sont ou ont été exploités.
Ces activités ont en général de très lourds impacts sur les eaux de surface. En fonction du type d’exploitation, l’ouverture d’une mine peut engendrer un déboisement systématique des alentours, ce qui peut modifier grandement les écoulements de surface. Les exhaures et terrils issus de l’exploitation sont des sources de pollutions permanentes, chargés en métaux lourds notamment. Enfin, les travaux d’extraction nécessitent de grandes quantités d’eau, prélevée dans les cours d’eau situés à proximité.
En région minière, le réseau hydrographique a donc souvent subi de profondes transformations. Si elles sont très anciennes et que l’activité minière est abandonnée, la forêt peut recoloniser le secteur. Toutefois, les rivières et ruisseaux de têtes de bassin, à énergie modeste, n’ont que très rarement la capacité de reformer par eux mêmes leur intégrité physique. Ils restent donc dans une situation perturbée, malgré l’abandon de l’activité industrielle. En outre, dans certains cas, les traces de contamination en métaux lourds se retrouvent dans les sédiments et certains organismes aquatiques des dizaines d’années après la fermeture de la mine.Des sols remplis de déchets…
Pendant bien des années, l’enfouissement des déchets de toutes sortes était une pratique très courante dans nos campagnes… Combes, thalweg, zones humides ou encore avens des régions karstiques (les « emposieus » du Jura) ont ainsi servi de dépotoirs idéaux pendant de longues décennies. Ce n’est qu’à partir de 1975 que ces pratiques sont interdites par la loi et depuis, des travaux d’assainissement sont mis en place. Néanmoins, le travail est monumental et de nombreuses décharges sauvages, plus ou moins anciennes, sont encore découvertes !
Nos sols regorgent donc de déchets toxiques enfouis essentiellement durant le 20ème siècle. Et leur durée de vie, donc leurs effets inhibiteurs sur les organismes aquatiques, peuvent dépasser plusieurs centaines d’années… Si, à juste titre, la lumière a été faite récemment sur les pollutions aux polychlorobiphényles (les fameux PCB) sur les grands cours d’eau drainant de grands bassins industriels, mercure, plomb, zinc, ou encore cuivre, sont couramment retrouvés dans les cours d’eau de plus faibles dimensions… dès que l’on veut bien les chercher !
Retracer l’histoire du bassin versant, en consultant des archives mais également en s’entretenant avec les personnes locales, permet de fournir des informations essentielles sur les pratiques passées. Il est malheureusement assez rare qu’aucune ingérence ne soit intervenue.
Une sylviculture peu respectueuse…Du Moyen-Âge jusqu’au début de la révolution industrielle, d’importantes coupes et défrichements dans la forêt primaire ont permis de gagner des surfaces agricoles et de fournir du bois pour divers usages (chauffage, constructions…). Tant et si bien que sur cette période, les surfaces boisées sont passées de 90% à seulement 15% du territoire. Les forêts telles que nous les connaissons aujourd’hui sont donc récentes et pour l’essentiel issues de plantations, gérées pour des besoins commerciaux. Les cours d’eau ont payé un lourd tribut à cette exploitation forestière. Les conséquences sur la ressource en eau, l’érosion des sols et la qualité morphologique peuvent être très importantes, notamment sur les têtes de bassins. En effet, sur ces zones peu accessibles, le cours d’eau a souvent servi de piste de débardage du bois. Dès que son gabarit le permettait, le bois était même transporté par flottage, sur des embarcations spécifiques ou en larguant directement les grumes au fil de l‘eau. Afin de faciliter la tâche de l’exploitant, la dynamite aidait souvent à supprimer quelques gros blocs gênant le passage ou, dans certains cas, le cours d’eau était tout simplement recalibré. Regardez pour vous en convaincre le film « Les Grandes Gueules » de Robert Enrico, avec Bourvil et Lino Ventura, qui se passe dans les Vosges…
Ces interventions musclées sur la colonne vertébrale des cours d’eau ont encore des conséquences aujourd’hui. En effet, ils n’ont plus la dynamique leur permettant de remplacer ces gros blocs et éléments minéraux de grande taille, très attractifs pour la faune piscicole, et leur qualité morphologique s’en trouve ainsi durablement banalisée et altérée.
Afin d’augmenter les rendements sylvicoles, les hauts bassins versants ont souvent été plantés de monocultures de résineux (épicéa, douglas…). Or, ces essences ne sont pas adaptées aux milieux humides et des opérations de drainage des petits cours d’eau et zones humides ont dans certains cas été mises en œuvre par les exploitants, dans l’objectif d’assécher les sols environnants et de gagner des terrains aisément accessibles et exploitables. Plantées trop près des cours d’eau, ces essences engendrent de forts impacts sur leur morphologie : en fuyant l’humidité et a fortiori l’immersion, leurs racines s’enfoncent moins profondément dans les sols et l’encorbellement des berges disparaît. Celles-ci s’en trouvent alors déstabilisées et, en s’effondrant, entraînent l’élargissement progressif du lit d’étiage et l’altération des habitats piscicoles.
Enfin, tout en fermant le milieu à la lumière, ces plantations sont à l’origine d’une acidification marquée des sols et demandent également des traitements en herbicides ou fongicides assez poussés les premières années, afin d’éviter le développement de la végétation herbacée concurrente ou l’infestation de pucerons. La dominance de résineux aux alentours proches des ruisseaux de tête de bassin n’est en général pas signe de bonne santé du milieu. Il suggère plutôt de fortes interventions humaines passées.
… accompagnée d’une industrie de traitement du boisL’activité sylvicole s’accompagne d’une industrie de traitement du bois, les scieries, rencontrées traditionnellement au bord des cours d’eau : la force hydraulique servait en effet à actionner les scies et autres machines outils nécessaires à la découpe des grumes. Là encore, cette industrie a pu imposer des pressions supplémentaires sur la morphologie mais également le régime hydrologique des cours d’eau, en détournant une partie des débits.
Avec l’essor de l’industrie chimique, la lutte contre les insectes xylophages et autres moisissures, ravageurs des bois coupés, a entraîné l’utilisation de nombreuses substances toxiques. Divers cycles de traitement sont couramment mis en place afin de préserver les charpentes, les poteaux téléphoniques, les traverses de chemins de fer et autres produits de construction dérivés du bois.
Certains produits ont été développés pour attaquer directement la carapace chitineuse des xylophages. En milieu naturel aquatique, ils sont de ce fait particulièrement virulents contre les écrevisses, les coléoptères et les gammares. En effet, contrairement aux Plécoptères, Éphéméroptères ou Trichoptères qui présentent une phase aérienne et peuvent ainsi éviter une pollution ponctuelle, d’autant plus si celle-ci intervient après l’émergence des imagos, les écrevisses et autres gammares vivent tout leur cycle de vie dans l’eau et n’ont aucun échappatoire à de telles contaminations. Mais c’est toutefois bien l’ensemble du peuplement de macro invertébrés qui apparaît fragilisé par la présence de polluants rémanents issus du traitement du bois.
En conclusion, la situation actuelle de bon nombre de petits ruisseaux aux eaux cristallines de nos contrées est finalement l’héritage de plusieurs décennies d’artificialisation ou de contaminations diverses subies sur le bassin versant. En fonction de leur dynamique, de la nature et de l’intensité des différentes pressions, certains cours d’eau auront pu se reconstituer péniblement, d’autres non. Mal connues, ces petites masses d’eau peuvent donc être dans une situation très éloignée du sacro-saint bon état écologique. Sans investigations particulières et précises, la mise en évidence de certaines altérations pernicieuses n’est pas possible…
Des solutions techniques s’offrent aux gestionnaires : la situation n’est donc pas désespérée ! Les financeurs ont malheureusement plutôt tendance à cibler leurs aides sur les milieux de plus grande taille, aux pressions plus évidentes ou consensuelles comme les problèmes de qualité de l’eau ou de continuité écologique.
Il n’est pas ici question d’opposer l’intérêt de certains types de cours d’eau plus que d’autres : c’est bien à l’échelle du bassin versant que la restauration des fonctionnalités des milieux aquatiques doit être raisonnée. Mais dans ce contexte, les têtes de bassins devraient être quelque peu reconsidérées car elles méritent toutes nos attentions : véritables pouponnières à truites, elles sont la première pierre de la reconquête de la qualité de nos cours d’eau. Et ce d’autant plus que les rapports coûts / gains biologiques de leur restauration sont bien souvent très intéressants… Qu’on se le dise !
Finalement la pêche sera bien fermée sur la basse Bienne
Après diverses informations contradictoires concernant le sort de la pêche sur la basse Bienne suite aux graves problèmes de mortalités pisciaires, le préfet du Jura a tranché. La zone concerne les 24 kilomètres de l’aval de la rivière jusqu’à l’entrée dans le lac de Coiselet. Ils seront donc fermés à la pêche pour une durée indéterminée.
Daté du 4 avril, voici le communiqué de la Fédération départementale de pêche du Jura au sujet de la situation sur la Bienne :
Mortalité piscicole sur la Bienne – Point au 4 avril 2012Les prélèvements de poissons moribonds réalisés sur la Bienne le 14/03/12 par la Fédération de Pêche du Jura assistée par le service départementale de l’ONEMA du Jura ont été déposés le jour même au laboratoire départemental d’analyses du Jura à Poligny. Le docteur vétérinaire Mme Pozet, spécialiste des pathologies piscicoles, nous a rendu ses conclusions le 28/03/12.
Sur les 2 ombres capturés, une mycose (saprolégnia) a été isolée de chacun des sujets au niveau des lésions cutanées. Le bilan global fait apparaître un mauvais état général avec des lésions de saprolégniose. Cette infection est classiquement observée sur des individus affaiblis, plus souvent sur des géniteurs juste après la reproduction, alors qu’ils n’ont pas encore repris une alimentation normale du fait des températures basses.
A cette période du mois de mars, les poissons devraient avoir repris une alimentation normale, ce qui n’a pas été observé.
Sur les 4 truites, les examens bactériologiques ont permis également d’isoler une bactérie de type Yersinia ruckeri à partir du rein de ces dernières. Cette bactérie est un pathogène majeur, associé à une inflammation très forte de l’appareil digestif d’où les lésions de « bouche rouge » pour désigner couramment cette infection.
La yersiniose est une maladie bactérienne extrêmement fréquente en pisciculture, la bactérie ayant tendance à se développer au moment du réchauffement des eaux. Les poissons peuvent s’être contaminés par le biais de l’eau qui peut contenir cet agent infectieux dans la matière organique, les doses infectieuses n’ont pas besoin d’être très importantes si par ailleurs les poissons sont en état de stress et d’affaiblissement intense. Concernant la saprolégniose, il semblerait d’après les premiers résultats de biologie moléculaire qu’on ait à faire à une souche émergente et dont le pouvoir pathogène serait supérieur aux plus anciennes connues.
En conclusion de ces analyses, il ressort que les poissons de la Bienne ont subit un stress et un affaiblissement intense qui les ont conduit à développer les maladies listées précédemment. Même si la bactérie Yersinia ruckeri a été pour la première fois détectée dans un épisode de mortalité touchant l’arc jurassien, ce n’est qu’un pathogène de plus.
Qui de surcroît se retrouve dans un cours d’eau sur lequel toute introduction de poisson est proscrite depuis 2009. Si ces poissons meurent aujourd’hui, c’est donc surtout en raison de l’état de délabrement de ce cours d’eau.
Suite à la publication de ces résultats, une réunion de concertation a eu lieu le mercredi 28/03/12 en Préfecture du Jura à laquelle participait l’ensemble des acteurs : DDT, ARS, DREAL, ONEMA, FDPPMA, AAPPMA, LDA 39, … Le LDA a présenté les résultats de ses recherches sur les poissons récupérés par la fédération de pêche et l’ONEMA afin que toutes les personnes présentes comprennent la complexité du phénomène : les poissons ont certes développé certaines pathologies, mais cela n’aurait pas été possible sans un affaiblissement prononcé lié au mauvais état de leur milieu de vie. Des pistes de travail ont été évoquées sans calendrier prévisionnel.
La Fédération a donc précisé qu’elle s’engageait financièrement à faire réaliser des analyses de sédiments afin de rechercher la trace d’éventuelles cyanobactéries. Ceci contre l’avis de la DREAL qui compte tenu de la conclusion des résultats de l’expertise collective coordonnée par ONEMA sur les mortalités de poissons et les efflorescences de cyanobactéries de la Loue, ne jugeait pas pertinentes de telles investigations.
Sans compter que, depuis les conclusions de cette expertise, les budgets alloués à ces recherches ont été fortement réduits. Les répercussions de ces décisions sont d’autant plus injustes qu’elles grèvent nos capacités d’investigations qui sont à la base de la compréhension de ces phénomènes de mortalité massive, très différents au demeurant.
Vouloir transposer les conclusions de l’expertise sur la Loue à la Bienne c’est faire fie des différences fondamentales qui existent entre ces deux bassins versants très singuliers en matière d’occupation du sol. La décision a également été prise de fermer la pêche par principe de précaution.
En effet, compte tenu des éléments rapportés par Mme Pozet, la pratique de la pêche pouvait faire courir des risques supplémentaires aux poissons de cette rivière mais également aux autres rivières que les pêcheurs étaient susceptibles de contaminer par leurs accessoires. Même si l’eau et les poissons sont les principaux vecteurs de ces éléments pathogènes, il nous a été précisé que le matériel utilisé par les pêcheurs (bottes, cuissardes, waders, épuisettes, …) pouvait être un vecteur supplémentaire. Quant à la consommation du poisson, même si ces éléments pathogènes ne touchent que les poissons, il a été décidé d’interdire cette dernière par principe de précaution.
Enfin, la pratique du No-Kill n’a pas été jugée pertinente compte tenu du risque accru de contamination de ces poissons après manipulation. La fragilité de ces derniers étant d’autant plus importante qu’ils sont soumis à un épisode de stress conséquent lié à leur capture. Des analyses seront également réalisées sur les 2 piscicultures du bassin de la Bienne afin de rechercher l’origine des pathogènes observées sur les truites. Après plusieurs semaines d’attente, les débits sont enfin redescendus à une valeur similaire à celle du début de l’épisode de mortalité.
Le 2 avril 2012 nous avons ainsi pu échantillonner, en collaboration avec l’ONEMA, 10 stations réparties entre l’aval du barrage de Lavancia et l’amont de la ville de St Claude. Toutes les stations d’épuration sur ce secteur ont été encadrées afin de vérifier leur impact sur le milieu. Les résultats sont attendus la semaine prochaine.Fédération du Jura pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique
395 rue Bercaille
39000
Lons-le-Saunier
Site internet : www.peche-jura.com
