Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Le renouveau du Marais Poitevin

    Le renouveau du Marais Poitevin

    Dans l’esprit de beaucoup d’entre-nous, le Marais Poitevin se résume à des canaux criblés de lentilles d’eaux. Le Parc interrégional du Marais Poitevin a engagé un grand programme de restauration des milieux aquatiques en parallèle d’une démarche de développement de produits touristiques pêche. Le Marais Poitevin cache en réalité bien des trésors. D’une part, son emplacement en littoral inclus des possibilités étonnantes de pêche en lagune ou en mer (estuaire du Lay, Pointe d’Arcay, Plage de Chef de Baie, etc.) ou le bar, le bar moucheté et le maigre sont rois. Dans les terres, tous les carnassiers se pêchent dans les canaux et dans la Sèvre Niortaise. Brochet, sandre, perche, black-bass et silure, peuvent se pêcher aux méthodes traditionnelles ou aux leurres. Cette démarche passe par la création de frayères et par un programme poissons migrateurs. Ce dernier concerne l’anguille, la truite de mer, le saumon, l’alose feinte, la grande alose, la lamproie marine, la lamproie fluviatile, ainsi que le mulet.
    Le chantier est néanmoins de taille : améliorer la qualité des milieux, suivi des peuplements par pêches électriques, création de passes à poissons, restauration de continuités écologiques, reconstitution de substrats, sensibilisation à une gestion concertée et cohérente de la ressource et des niveaux d’eau…

    Des parcours “passion”, “famille”, “découverte” vont être créés par les fédérations de pêche, à partir des attentes identifiées des pêcheurs :
    • les fans de parcours carnassiers, en bateau ou float-tube, qui pourront profiter du côté sauvage et dépaysant de l’environnement de pêche,
    • les aficionados de la mouche, une pêche à vue en eau claire, pour sortir un brochet ou un black-bass en jouant d’une palette de leurres artificiels de plus en plus élaborés,
    • les familles ou groupes d’amis, désireux de partager de vrais moments de convivialité dans un environnement superbe et facilement accessible !,
    • les carpistes, adeptes de longs séjours pour le plaisir de la traque de nuit, dans l’espoir d’un trophée de 15 à 20 kg.

    Philippe Gauthier, chargé de mission du projet, est un homme d’expérience, habitué à développer des projets touristiques liés à la pêche. Le développement du tourisme pêche dans cette région, à une vaste échelle et dans des milieux naturels variés lui tient particulièrement à cœur. D’ores et déjà, des guides de pêche proposent leurs services. Certains d’entres eux travaillent dans cette région depuis plus de vingt ans. Ils sont à même de vous faire gagner un temps précieux et de vous aider à mieux comprendre les habitudes des poissons dans les canaux, plans d’eaux et lagunes.

    Renseignements :
    Parc interrégional du Marais poitevin
    2, rue de l’église, 79510 Coulon.
    Tél. : 05 49 35 15 20.
    E-mail : [email protected]

  • Le Petit guide nature du Bassin d’Arcachon

    Le Petit guide nature du Bassin d’Arcachon

    Si tout le monde connaît le Bassin d’Arcachon, beaucoup ignorent la richesse extraordinaire de la faune et de la flore de ce joyau de la côte Atlantique et souhaiteraient la connaître davantage.
    Depuis l’enfance, Eric Joly est passionné par ce lieu qui grouille de vie, qu’il a vu évoluer au fil du temps. Ce guide se destine aux naturalistes, mais aussi aux pêcheurs, aux chasseurs et à tous ceux qui veulent mieux connaître et mieux respecter les animaux sédentaires ou migrateurs du bassin d’Arcachon.

    Format 120 x 210.
    150 pages.
    Editions Confluences.
    Prix conseillé : 14,50 euros.
    ISNB : 978-2-35527-103-8

  • Parce que nos rivières pourraient se régénérer

    Parce que nos rivières pourraient se régénérer

    Parce que nos rivières pourraient se régénérer… Une vidéo de Stef25

  • Midway, un paradis déjà perdu ?

    Midway, un paradis déjà perdu ?

    Albert Camus l’affirmait « l’important n’est pas d’être
    heureux, mais d’être conscient »
    . En visionnant la bande-annonce du film
    Midway, il y a de grandes chances que vous déprimiez… A 2 000 km de toute terre habitée, on pourrait penser que
    l’île de Midway, est un petit paradis environnemental, préservé de la folie des
    hommes par la distance. Pourtant, il n’en est rien. Les colonies d’oiseaux
    marins qui depuis des siècles utilisent l’île pour se reproduire portent les
    stigmates de la capacité de nuisance de la présence humaine. Les oiseaux
    absorbent d’impressionnantes quantités de résidus de plastiques qu’il prennent
    pour de petits poissons. Incapables de les digérer, ils finissent par en
    mourir. Le réalisateur, Chris Jordan, diffuse ce trailer afin de collecter des
    fonds pour parvenir à produire un long-métrage sur le sujet.

  • Lutter contre les introductions d’espèces invasives

    Lutter contre les introductions d’espèces invasives

    Les îles britanniques ainsi que le Canada et les Etats-Unis d’Amérique ont lancé une campagne de sensibilisation aux risques d’introduction d’espèces animales ou végétales invasives. Cette campagne vise clairement les pêcheurs, qui par leurs pratiques et leurs déplacements, sont susceptibles de propager de nombreuses espèces, qui, introduites dans un milieu qui n’est pas le leur, peuvent engendrer de gros déséquilibres. Les pêcheurs français n’échappent pas à la règle, même si cette campagne ne les concerne pas.

    Les recommandations de « Stop the spread of invasive species » sont simples, ne prennent que quelques minutes, et concernent chaque pêcheur :
    – Laver la coque et le pont de son bateau sur place avant un trajet pour un autre lieu de pêche.
    – Ne pas introduire des poissons vivants (vifs) d’espèces exogènes.
    – Laver les bottes et les waders avant de changer de rivière.
    – Ne pas introduire dans le milieu naturel d’espèces végétales ou animales exogènes vivant en aquarium.

    Tout cela coule de source et pourtant, combien d’entre-nous prennent le temps de se plier à ces mesures de précautions ? Peut-être pense-t-on que cela arrive loin de chez nous, en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis avec l’algue Didymosphenia geminata, qui englue le fond des rivières, en Norvège avec Gyrodactylus salaris ce petit parasite échappé des fermes aquacoles responsables de la disparition à tout jamais du saumon dans une trentaine de rivières du pays ?
    Au bord de « nos » rivières, les risques sont partout. Un fragment de racine de renouée du Japon entre les crampons des bottes et le voilà confié à une autre vallée sans même s’en apercevoir… Tous les maux de nos lacs et cours d’eau ne sont pas transmissibles aussi facilement, fort heureusement. L’état lamentable des cours comtois laisse parfois la psychose s’installer dans les esprits. Dans des rapports pourtant très officiels demandés par l’Etat, il a été évoqué la responsabilité des pêcheurs dans la propagation éventuelle de Saprolegnia, les fameuses taches blanches sur les poissons mourants. Or en appliquant ce principe aux humains, l’ensemble de l’humanité contracterait la grippe chaque année et toutes les maladies transmissibles par contact, ce qui n’est pas le cas, car il faudrait que tout le monde présente un terrain favorable pour que cela ait lieu. Par principe de précaution en revanche, laver ses bottes et son bateau entre deux parties de pêche dans des milieux naturels différents est une excellente mesure. Sachez que dans beaucoup de pays (Norvège, Nouvelle-Zèlande, Islande, certaines régions d’Australie, etc), une carte de pêche n’est délivrée au pêcheur qu’après une désinfection des bottes ou des waders, voire de l’ensemble du matériel.

  • Les herbiers de posidonies absorberaient plus de carbone que les forêts

    Les herbiers de posidonies absorberaient plus de carbone que les forêts

    Une étude internationale publiée cette année par la revue Nature Geosciences montre que les herbiers marins pourraient jouer un rôle essentiel et primordial dans la régulation des changements climatiques, à condition qu’ils parviennent à survivre aux activités humaines.

    Les herbiers sont des plantes à fleurs sous-marines aux feuilles longues et étroites, qui ressemblent à première vue à des graminées terrestres. Ils poussent sous la forme de grandes prairies, de pâturages sous-marins et auraient les qualités exceptionnelles de pouvoir stocker deux fois plus de carbone que les forêts tropicales et tempérées et cela à surface comparable. L’étude intitulée «Seagrass ecosystems as a globally significant carbon stock» est la première du genre à analyser le cycle du carbone des prairies d’herbiers côtiers. Les scientifiques de l’université de Floride, en collaboration avec une équipe internationale, ont pu démontrer que cet écosystème très répandu sur la planète peut stocker jusqu’à 83.000 tonnes métriques de carbone par kilomètre carré, principalement dans le sol autour des plantes. Par comparaison, une forêt stocke environ 30.000 tonnes métrique par km², dont une grande partie sous forme de bois. D’après les scientifiques américains, ces herbiers stockent 90% de leur carbone dans les sols. Ainsi, si les herbiers ne couvrent que 0,2% de la surface des océans, ils permettent de capturer 10% du carbone piégé par les océans chaque année. « Les herbiers côtiers n’occupent que peu d’espace sur la bande côtière mais cette évaluation montre qu’il s’agit d’un écosystème dynamique pour la transformation du carbone », rapporte l’étude. « Les herbiers ont une capacité unique à stocker en continu du carbone dans leurs racines et dans le sol des zones côtières. Nous avons même trouvé des exemples de strates d’herbiers ayant piégé du carbone depuis des milliers d’années.»
    En Méditerranée, qui est la région où les plus fortes concentrations de carbone ont été détectées, ces prairies ont développé des capacités de séquestration jusqu’à plusieurs mètres sous la surface de la mer. Mais il s’agit aussi de l’un des écosystèmes les plus en danger de la planète. A l’échelle mondiale, environ 29% des herbiers ont été détruits jusqu’à présent, en raison de l’invasion de Caulerpa Taxifolia, mais aussi des opérations de dragage et de la dégradation de la qualité des eaux du littoral. Et cette attaque continue, puisque 1,5% des herbiers disparaissent chaque année. L’étude estime que la destruction de cet écosystème pourrait générer l’équivalent de 25% des émissions de carbone liées à la déforestation terrestre. Les herbiers sont bénéfiques à l’écosystème entier puisqu’ils filtrent les sédiments, protègent les côtes des tempêtes et des inondations et les stabilisent en les protégeant de l’érosion. Outre leur rôle crucial dans la régulation du carbone à l’échelle planétaire, ce sont enfin des habitats essentiels pour les poissons et les coquillages.

    L’étrange régression de Caulerpa Taxifolia

    Les herbiers de posidonies sont victimes de la concurrence de Caulerpa Taxifolia, une plante invasive échappée… du Muséum océanographique de Monaco il y a une vingtaine d’années. Son impact en Méditerranée couvrait il y a quelques années encore près de 15 000 hectares depuis la Croatie jusqu’à l’Espagne. Spécialiste de cette algue, Alexandre Meinesz, du laboratoire Ecomers de l’université de Nice-Sophia Antipolis, avait dès le début de l’invasion alerté le muséum sans obtenir de réel soutient. La caulerpe avait progressivement pris la place écologique occupée par les posidonies. Le professeur Meinesz avait remarqué alors l’étrange densité, “comme une véritable moquette” de caulerpe, qu’il jugeait anormale pour une algue qui, dans son milieu tropical d’origine, se développe plutôt en petites touffes isolées. L’algue tueuse, ainsi nommée pour son impact sur la biodiversité de la faune et de la flore des fonds marins, régresse de façon très significative depuis une dizaine d’années. Sur plusieurs secteurs où elle était encore très présente, les spécialistes parlent d’un recul de 70 à 80 %. Sans avoir de preuves formelles, les hypothèses de cette régression sont variées. Premièrement, les hivers longs et rudes de ces trois dernières années lui auraient été partiellement fatals. Autre piste, une dégénérescence génétique. En effet, seuls les plants mâles sont présents en Méditerranée. L’algue se multiplie uniquement par bouturage naturel, mais au fil des générations, les clones perdent petit à petit leurs caractères génétiques. La piste virale ou bactérienne n’est pas écartée pour autant. Rien n’est joué cependant car l’algue est particulièrement résistante. Seule la piste de la dégénérescence génétique assurerait sa disparition à moyen terme. Les programmes de plantation manuelle de posidonies en lieu et place de Caulerpa Taxifolia se multiplient en Méditerranée, mais cela prend beaucoup de temps. Alexandre Meinesz analyse cet épisode comme un bon exemple “d’involution”, qui en raison des activités humaines, du transport des marchandises et des humains, voit les barrières naturelles tomber et la biodiversité se trouver profondément menacée. Le ballast pris dans un port et déposé dans un autre port quelques milliers de kilomètres plus loin est à l’origine de l’invasion de deux nouvelles espèces de caulerpes (racemosa et distichophylla) qui à leur tour envahissent la Méditerranée.

    A lire :
    Comment la vie a commencé – Les trois genèses du vivant, Alexandre Meinesz, aux éditions Belin / Pour la science.

  • Biosphère, un label pour les cours supérieurs de la Loire, de l’Allier et de l’Ardèche

    Biosphère, un label pour les cours supérieurs de la Loire, de l’Allier et de l’Ardèche

    Un projet est engagé par SOS Loire Vivante pour le classement de la haute vallée de la Loire, du haut Allier et de la haute Ardèche avec le label réserve de Man and Biosphère par l’Unesco. En effet, un colloque s’est réuni le 24 octobre au conseil général du Puy-en-Velay pour sensibiliser les élus, les acteurs touristiques, les agriculteurs ainsi que les associations concernées par ce projet. Ce label permet de protéger les milieux naturels en favorisant le développement des différentes activités humaines sur ces secteurs. Les moniteurs de pêche de L’association pour le développement du tourisme pêche en Haute-Loire étaient présents et devraient intégrer le comité de pilotage pour suivre cette action. Les réserves de biosphère ont été créées par l’Unesco pour aider l’homme à répondre aux besoins de développement d’une population mondiale croissante tout en conservant la diversité du vivant. Ainsi, une “ réserve de biosphère “ cherche à combiner trois impératifs complémentaires :
    – Assurer la conservation des espèces, des écosystèmes et des paysages,
    – Favoriser une forme de développement économique et social qui cherche à pérenniser la culture et les richesses naturelles locales (tourisme, agriculture …),
    – Donner une large part aux recherches et aux études, à l’éducation et à l’implication de la population, afin d’envisager, de façon la plus éclairée, l’avenir du territoire et de ses habitants.

    Le processus de création d’une réserve de biosphère débute par la réalisation d’une étude de faisabilité, base de travail pour la gestion future. Ensuite, une longue phase de concertation entre tous les acteurs locaux est organisée et débouche sur la signature d’une charte. La gestion est ouverte et évolutive ; elle est envisagée “ comme un pacte “ entre tous les partenaires de la société civile.


    Un label, des enjeux

    Au début des années 1990, afin de réaliser le barrage de Serre de la Fare au cœur de la haute vallée de la Loire, l’Etablissement public Loire (EPL) s’est porté acquéreur de plus de 540 hectares de terrains de haute valeur écologique. Puis en 1994, en réponse aux conflits des années 80 autour des projets de barrage destinés à lutter contre les crues, le gouvernement a créé le Plan Loire Grandeur Nature, plan d’aménagement global du bassin dans une perspective de développement durable. Depuis, le site “ gorges de la Loire et affluents partie sud “ a été classé Natura 2000, garantissant ainsi sa qualité environnementale, condition majeure pour postuler à la labellisation “ réserve de biosphère “, reconnue par l’Unesco.
    Récemment le conseil général de Haute-Loire a aussi mis en place un SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) sur la Loire amont. Il fixe des objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en eau. En 2009, l’EPL, toujours propriétaire d’environ 430 ha de terrains dans la haute Vallée de la Loire, a décidé d’abandonner le projet de rétrocéder les terrains et de rester propriétaire. Ce patrimoine foncier, préservé de tout aménagement, pourrait d’après l’EPL constituer le cœur d’une future réserve Biosphère Unesco.
    Pour finir, SOS Loire Vivante a acheté et rénové en 1994 le Mas de Bonnefont, une ferme au cœur des gorges de la Loire qui pourrait devenir l’un des lieux de présentation et d’information de la réserve de biosphère et du site Natura 2000.
    De par sa richesse écologique exceptionnelle, la haute vallée de la Loire, de sa source au Mont Gerbier des Joncs jusqu’au Puy-en-Velay voire plus en aval, peut prétendre à une reconnaissance internationale du programme “ Man and Biosphere “ de l’Unesco. Le prestigieux label permettrait au site de rejoindre le cercle des territoires d’exception au niveau mondial.
    En plus des gorges de la Loire, le projet pourrait englober dans une seconde phase les gorges de l’Allier, voire de l’Ardèche, dont les caractéristiques écologiques sont proches. Cet ensemble formerait la “ Biosphère des sources et têtes de bassins versants “, un site type qui serait unique au monde. Après une phase d’études sur les écosystèmes aquatiques et leurs milieux associés, une cartographie du territoire sera proposée. Elle permettra de définir et de délimiter les différentes zones de la future réserve de biosphère (aire centrale, zone tampon, aire de transition). Pour réussir, le projet doit s’appuyer sur une volonté locale, partagée par tous. Ce sont les acteurs locaux (élus, habitants, prestataires d’activités de tourisme et de loisirs, associations, partenaires institutionnels…) qui décideront de mettre en œuvre cette démarche.
    Pour cela, l’information et la sensibilisation des élus et des populations locales à la ressource en eau (zones humides, rivières…) et à l’utilité de préserver la richesse faunistique et floristique seront mises en œuvre.
    Le prestige qui découlera de ce label sera un moteur puissant pour le développement d’activités économiques responsables et écologiques.
    La labellisation du territoire de la haute vallée de la Loire sera également une marque de reconnaissance de la valeur de ses paysages et de l’importance de son capital naturel. Elle permettra d’affirmer son identité de “ berceau du plus grand fleuve français et d’engager les actions nécessaires de valorisation de son “ capital rivières “ exceptionnel.


    Les étapes


    Phase 1
    : organisation et mise en œuvre d’actions permettant une meilleure connaissance et protection du territoire et de ses richesses
    – Localisation et cartographie des milieux aquatiques majeurs à protéger sur le haut Bassin de la Loire
    – Etudes sur l’état et le degré de menace des milieux identifiés en vue de définir le périmètre des zones à protéger dans la future réserve de biosphère
    – Organisation de la gouvernance et définition des porteurs de projets
    Phase 2 : organisation et mise en œuvre d’actions permettant l’information et la sensibilisation de la population locale et de ses élus
    Phase 3 : Présentation du projet au niveau des ministères qui par la suite présenteront une demande formelle auprès du Comité national du programme MAB de l’Unesco.
    Phase 4 : Mise en place de la biosphère.

    Si les labels n’ont généralement pas de véritable pouvoir réglementaire, celui-ci a l’avantage d’impliquer l’Etat et les élus locaux. Si le projet arrive à bon port, il sera l’occasion de créer un garde fou supplémentaire, en ces temps où, au nom du “redressement productif”, aucune rivière n’est à l’abri d’un projet qui pourrait lui être fatal. Le serpent de mer de l’exploitation des gaz de schistes n’est toujours pas mort. Les trois hautes vallées visées par ce projet doivent en effet impérativement être mieux protégées. Ce sera l’une des rares fois où, en France, on n’attendra pas qu’un milieux soit au bord du chaos pour tenter de le préserver. De la sauvegarde des têtes de bassins dépend, en toute logique, la bonne santé des zones situées en aval.

    Pour plus d’informations : SOS Loire Vivante.
    www.rivernet.org

  • France : création d’un nouveau Parc naturel marin

    France : création d’un nouveau Parc naturel marin

    Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer
    d’Opale vient de voir le jour ! Un décret du 12 décembre officialise sa
    création dans le nord-ouest du département de la Seine-Maritime et dans l’ouest
    des départements de la Somme et du Pas-de-Calais.

    Pour l’Agence des aires marines protégées : « La
    mise à l’étude du parc naturel marin a été décidée, par arrêté ministériel du
    19 février 2008 (…) en raison de la présence des 3 estuaires, la mer dans le
    Pas-de-Calais offre une remarquable diversité biologique au sein d’un
    écosystème original, mais fragile. Partant de ce constat, l’étude de
    préfiguration d’un parc naturel marin a été décidée et conduite pendant plus de
    deux ans »
    . Plus de 200 espèces animales
    et végétales sont présentes dans la zone protégée, dont 16 espèces de
    mammifères marins (marsouin, dauphin, phoque veau-marin, phoque gris…) et 90
    espèces de poissons (cabillaud, requin pèlerin, anguille…).

    Crédit photo : © Laurent Mignaux/MEDDE

  • Un poisson, ça bouge énormément !

    Un poisson, ça bouge énormément !

    Les poissons sont des animaux très mobiles : presque toutes les espèces se déplacent, à la recherche notamment des habitats indispensables à leur cycle vital. Essayons de mieux comprendre les raisons de ces comportements migratoires et leurs grandes caractéristiques.

    Par Guy Périat et Sylvain Richard

    Comme tous les organismes vivant, le poisson doit accomplir différentes fonctions biologiques tout au long de son cycle de vie. Certaines de ces fonctions doivent être réalisées presque quotidiennement, afin de permettre aux
    individus de grandir et de se protéger des contraintes du milieu ou d’autres individus : ce sont l’alimentation et le repos.  D’autres sont réalisées moins fréquemment, mais elles s’avèrent cependant tout aussi importantes, car elles concernent des phases critiques de la vie des individus.  Il s’agit de la reproduction, indispensable pour assurer la descendance, ou encore du refuge, lorsque temporairement les conditions de vie deviennent moins favorables.

    Des déplacements liés au cycle vital des espèces

    Ces différentes phases biologiques nécessitent des caractéristiques hydrauliques et morphologiques du cours d’eau particulières pour être accomplies, propres à chaque espèce voire à chaque stade de développement. La réalisation du cycle vital des organismes requiert donc la présence d’une diversité d’habitats aquatiques. Corollairement, ces habitats quotidiens ou critiques pouvant se trouver plus ou moins éloignés les uns des autres, les espèces doivent nécessairement se déplacer pour y accéder. Plusieurs types de déplacements peuvent être distingués, en faisant référence à des comportements différents. Lorsque les déplacements sont courants et concernent les phases quotidiennes des individus, on parle alors de mouvements. Quand ces déplacements correspondent à des mouvements d’individus en nombre vers leurs habitats critiques, alors ce sont plutôt des migrations. Enfin, on parlera de dispersion lorsque les déplacements concernent des individus qui vont quitter leur population initiale pour coloniser d’autres tronçons de cours d’eau ou bassins versants. Ce sont principalement les phénomènes de migration et de dispersion qui vont nécessiter les déplacements les plus importants, non seulement en distance parcourue mais également en nombre d’individus concernés.


    Des besoins migratoires différents en fonction des espèces

    En fonction des espèces, qui présentent des cycles de vie différents, les besoins migratoires apparaissent très variables. En règle générale, plus une espèce est liée à un ou des habitats particuliers pour accomplir une fonction biologique, par exemple pour se reproduire, et plus elle peut être amenée à effectuer de grandes migrations pour trouver cet habitat. Chez les poissons, on distingue couramment deux grandes catégories de migrateurs.
    La première concerne les migrateurs dits amphihalins, c’est-à-dire devant impérativement changer de milieu pour accomplir leur cycle de vie, en passant alternativement du milieu marin au milieu continental. Cette particularité entraîne pour ces espèces un déterminisme biologique lié aux migrations très fort : si elles ne peuvent effectuer leurs déplacements, alors bien souvent les espèces disparaîssent car elles peuvent difficilement compenser l’absence d’un habitat critique par un autre.Certaines espèces amphihalines sont dites potamotoques, ce qui signifie qu’elles se reproduisent en eau douce dans les cours d’eau et vont grandir en eau salée dans la mer ou l’océan. Ce sont par exemple les salmonidés migrateurs tels le saumon ou la truite de mer, les aloses, les lamproies, mais également l’esturgeon européen et même le petit éperlan. Inversement, les espèces thalassotoques se reproduisent en mer et viennent grossir dans les cours d’eau. On compte dans ce groupe les mulets, le flet ou encore l’anguille européenne.
    La seconde catégorie concerne les poissons accomplissant l’ensemble de leur cycle biologique au sein des cours d’eau, appelés migrateurs holobiotiques. Si les distances  parcourues sont plus modestes, le déterminisme lié aux déplacements peut être fort également pour certaines espèces. C’est notamment le cas de la truite ou de l’ombre commun, pour lesquels de nombreuses études ont mis en évidence l’importance des flux migratoires en période de reproduction, que ce soit en nombre d’individus migrants ou en distances parcourues pouvant atteindre plusieurs kilomètres. Mais les déplacements liés à la reproduction ou à la recherche de nourriture peuvent également être  significatifs et approcher plusieurs kilomètres voire dizaines de kilomètres pour des espèces comme le barbeau fluviatile, la vandoise, le sandre ou encore le  brochet.

    Des migrations vers l’amont, vers l’aval et vers les annexes latérales

    Le type de déplacement le plus connu est celui effectué de l’aval vers l’amont, appelé montaison. Il permet aux espèces migratrices d’atteindre des habitats de reproduction ou de grossissement situés plus en amont dans les bassins versants. Tout le monde a en tête les images des milliers de saumons du Pacifique remontant les fleuves d’Amérique du nord vers leurs frayères de prédilection. Dans nos contrées, si l’on est aujourd’hui très loin de ces déplacements de masse pour les salmonidés migrateurs, des migrations importantes peuvent cependant être observées certaines années pour des espèces comme les aloses.
    D’importants déplacements se font également de l’amont vers l’aval. C’est le comportement de dévalaison. Moins connue, la dévalaison n’en est pas moins fondamentale pour le cycle de vie de la plupart des espèces. En effet, les individus adultes qui remontent le cours d’eau pour la reproduction doivent pouvoir retourner sans encombre vers les habitats de grossissement qui leurs sont nécessaires le restant de l’année. Et les juvéniles nés sur les frayères, après avoir atteint une taille respectable, sont bien souvent obligés de quitter les secteurs amont de reproduction et de dévaler pour accéder aux portions plus aval des cours d’eau, et coloniser ainsi des secteurs présentant des habitats de grossissement intéressants.
    Les espèces peuvent également avoir un comportement de dévalaison lié à la reproduction. C’est le cas de certaines populations de barbeaux, colonisant des cours d’eau froids dans lesquels les géniteurs dévalent pour rechercher une température de l’eau optimale sur les frayères ; et bien sûr de l’anguille qui, en automne, à la faveur des coups d’eau, regagne l’aval des fleuves puis le domaine maritime pour entamer une longue migration vers les frayères de la mer des Sargasses.
    Une troisième dimension peut être observée pour les déplacements des espèces : elle concerne l’accès à des habitats situés dans le lit majeur des cours d’eau. On pense bien sûr tout de suite au brochet, qui pour se reproduire est dépendant des débordements lors des crues qui connectent et ennoient les prairies rases et les dépressions des bords de cours d’eau. La lote également, poisson discret s’il en est, va gagner les bras morts et les annexes latérales à la saison froide pour s’y reproduire. Ces annexes latérales constituent également des habitats de refuge de grande qualité, lors des crues, quand la plupart des poissons viennent s’y abriter, mais aussi en période d’étiage estival ou hivernal, en raison de leurs connexions avec la nappe d’accompagnement qui leur confère un régime thermique tamponné, frais en été et tempéré en hiver.

    Quand les poissons ne peuvent plus migrer…

    L’édification de nombreux seuils et barrages sur les cours d’eau a depuis longtemps modifié plus ou moins profondément ces équilibres, en limitant ou en interdisant l’accès aux habitats clés du développement de certaines espèces. Les conséquences ont été majeures pour les grands migrateurs, qui ont ainsi vu leurs aires de répartition et leur abondance se réduire drastiquement au cours du XXème siècle.
    Ce constat déjà ancien est à l’origine de toute l’ingénierie développée depuis plusieurs décennies en matière de dispositifs de franchissement, que ce soit pour la montaison ou pour la dévalaison des espèces. Même s’ils sont dans bien des cas indispensables, il faut bien avoir à l’esprit que la mise en place de tels dispositifs ne constitue pas une solution idéale de restauration, mais bien une mesure de réduction d’un impact. En effet, aussi high tech que peut être un dispositif, celui-ci aura toujours une certaine sélectivité vis-à-vis des poissons migrateurs et son fonctionnement devra être contrôlé rigoureusement et fréquemment pour être garanti au fil du temps.
    Ainsi, sur les secteurs aux enjeux de libre circulation significatifs, la mise en place de dispositifs de franchissement doit être réservée aux seuls ouvrages que l’on ne peut pas supprimer, avec un usage économique, patrimonial ou lié à la sécurité publique, réel. Dans les autres cas, il est important de privilégier la destruction du seuil : c’est le seul moyen de régler définitivement les problèmes de libre circulation tout en restaurant pleinement les équilibres morphologiques altérés par l’ouvrage, de manière à redonner au cours d’eau sa capacité à façonner localement les habitats aquatiques nécessaires aux espèces.

  • La Loue passe aux assises

    La Loue passe aux assises

    Trois ans après les mortalités exceptionnelles de poissons sur la célèbre rivière franc-comtoise, les services de l’État se mobilisent pour trouver des solutions à travers des assises qui laissent entrevoir quelques pistes intéressantes, mais qui montrent par la même occasion leurs limites.

    A Ornans se sont tenues le 11 octobre les premières Assises de la Loue. Sous la houlette du préfet du Doubs, Christian Decharrière, et du président du Conseil Général Claude Jeannerot, 150 personnes (élus locaux, scientifiques, représentants d’associations) ont répondu présent pour mieux comprendre les pollutions chroniques dont souffre la Loue et tenter de trouver des solutions. On peut s’étonner que les autres rivières du département, ou même de la région, n’aient pas eu droit au chapitre. Environ un tiers des eaux de la source de la Loue proviennent du Doubs, une rivière qui a elle aussi connu des mortalités pisciaires entre 2009 et 2011. On se souvient du “paradoxe de la Loue”, ainsi nommé par les services de la préfecture du Doubs en 2010, qui s’étonnaient de voir mourir les poissons alors que les analyses de nitrates et de phosphates dans l’eau ne montraient rien d’alarmant. Pis, elles étaient même en dessous des normes édicttées par la Directive Cadre Européenne sur l’Eau, qui impose un retour à une bonne qualité des eaux aux pays membres de l’Union Européenne avant 2015. Seules les associations (Collectif SOS Loue, Fédération de pêche du Doubs, CPEPESC…) dénonçaient des normes insuffisamment strictes, ainsi que l’urgence de prendre le problème à bras le corps. Il y a eu la manif d’Ornans, puis celle de Goumois avec en tête de file Yann Arthus- Bertrand, les articles dans la presse locale et nationale, afin d’instaurer une pression permanente sur les services locaux de la préfecture. Le préfet du Doubs a ouvert ses Assises en soulignant les vives critiques dont ses services ont fait l’objet. Sans ce combat, car c’en est un, qui se soucierait de l’état de la Loue aujourd’hui ? Ses Assises auraient-elles seulement eu lieu ? Pas sûr ! On est passé d’un refus de voir la réalité en face, à une mobilisation très officielle. La pollution de la Loue n’est plus niée, elle est même analysée par des experts nationaux nommés par l’Etat. Derrière cette bonne volonté affichée, se cache sans doute l’obligation de rendre quelques comptes… Les deux recours déposés par le Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises devant la commission européenne y sont sans doute pour beaucoup. Toujours est-il que le dialogue à radicalement changé, ce qui est une très bonne chose.  Le mal dont souffre la Loue (et les autres rivières comtoises) est connu depuis bien longtemps. Dès les années 1970, l’eutrophisation de la Loue (excès de nutriments dans la rivière responsable d’un développement algal anormalement important) a été mis en évidence par le professeur Jean Verneaux, relayé par le Conseil supérieur de la pêche (CSP), puis par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). Les effets de l’eutrophisation, qui entraîne des réactions en chaîne, sont également parfaitement connus et compris. L’excès d’algues colmate les fonds et anéantit les populations d’invertébrés. L’eau chauffe beaucoup plus sur un fond couleur vert bouteille que sur une blonde gravière. L’oxygène dissout est inexistant en fin de nuit sur les zones les plus colmatées, etc . La Direction régionale de l’environnement (Diren), avait, il y a au moins quinze ans, mesuré la pousse des algues filamenteuses sur une journée sur certains points critiques. Sur le Doubs, à Montbenoît, elle atteignait alors 250 g/m² ! Chargé de présenter son étude comme une sorte de bilan de la situation actuelle, Jean-François Humbert, expert national d’une analyse commanditée par l’État concernant la Loue, rendue publique au printemps, a, lors de ces assises, rappelé le caractère eutrophisé de la rivière. Bien. Ce n’est plus un secret pour personne. Une fois le problème cerné, M. Humbert n’est plus vraiment revenu sur cette évidence, en mettant plutôt le doigt sur les micropolluants, suspectés d’avoir tué les poissons ou encore sur le réchauffement climatique, observé depuis 1987, avec force graphiques et courbes pour démontrer qu’en Franche-Comté, la température s’est apparemment élevée de quelques degrés. Inutile d’être un grand scientifique pour trouver dans l’eau de la Loue et ses fonds devenus sombres les raisons d’un réchauffement. Ces experts sont-ils totalement indépendants ? Ceux-là même qui ont mis en cause dans le rapport national Loue la pratique du no-kill comme éventuelle responsable de ces mortalités pisciaires… Il est permis d’en douter. Bien sûr qu’il est important de comprendre le rôle des micropolluants, mais dans le même temps, on ne peut nier l’évidence et l’urgence. Un début de réponse se trouve dans les recommandations de certains scientifiques présents à ces assises, notamment des géologues, qui demandent d’urgence une réglementation spécifique aux zones karstiques. Même la Chambre d’Agriculture du Doubs, qui n’est pourtant pas un modèle d’agronomie bio, à mis à l’étude une zone test (Plaisirfontaine), qui prend en compte la nature de chaque parcelle pour y pratiquer l’épandage qui lui correspond le mieux. L’urgence concerne aussi les produits de lave-vaisselle, qui, contrairement aux lessives, sont encore très riches en phosphate. Les deux sénateurs présents aux assises, Martial Bourquin et Claude Jeannerot, ont pris l’initiative de proposer au Sénat une interdiction de ces produits. Le préfet du Doubs s’est quant à lui engagé à faire avancer le dossier d’une réglementation spécifique aux zones karstiques.


    L’ Aop Comté dans la tourmente

    La suppression des quotas laitiers en 2015 s’inscrit dans une volonté de politique agricole européenne néolibérale, au nom de la mondialisation et d’une capacité autorégulatrice des marchés. Les quotas laitiers avaient été instaurés pour obtenir des prix réguliers et rémunérateurs pour les éleveurs. Les zones bénéficiant d’une AOC ou d’une AOP, comme le comté, se trouvaient ainsi à l’abri d’une surproduction qui, comme toujours, a pour inévitable effet l’effondrement du cours du lait. Dans le département du Doubs, l’arrêt des quotas laitiers laisse entrevoir une production de lait accrue d’environ 20 %, ce qui sera dramatique pour les cours d’eau. Le politiquement correct veut qu’on ne désigne jamais directement un responsable. Le préfet Decharrière avait d’ailleurs ouvert ces assises en rappelant que nous n’étions pas là pour stigmatiser une activité ou une corporation. Là au moins, c’est clair pour tout le monde ! Le comté n’est plus, pour une bonne part, le fromage artisanal dont se réclament les publicités parfois mensongères imaginées par la profession. Le système se mord la queue depuis longtemps : obligation de nourrir les bêtes avec le fourrage local, épandage massif de fumier et de lisier pour tenter de faire pousser de l’herbe à 800 m d’altitude sur des sols dont la plupart ne comptent que quelques centimètres de terre sur de la roche karstique. Obligation de faucher deux fois, voire trois au cours de la saison, ce qui est responsable de la disparition de plus des deux tiers des espèces florales qui faisaient autrefois toute la saveur de ce fromage. L’annonce de la suppression des quotas laitiers lève la sécurité qui protégeait cette filière. Interrogé lors des assises, Claude Vermot-Desroches, éleveur et président du comité interprofessionnel du gruyère de comté craint que certains agriculteurs ne cèdent à la tentation de produire davantage et souligne que le mot d’ordre sera d’essayer de garder le cap. Certes les problèmes des rivières comtoises sont multifactoriels, liés autant à un mauvais assainissement qu’à des pratiques agricoles devenues inadaptées à cette région où le plus important des gruyères se trouve sous terre. Par ses réseaux et son lien direct avec les rivières, le karst se trouve bien au centre du débat. Ce n’est pas une découverte, mais pour une fois, l’Etat reconnaît son lien entre l’état actuel de la rivière et les activités pratiquées sur le plancher des vaches.


    Un bon exemple  de cache-misère

    Le préfet du Doubs avait nommé en début d’année un comité des sages (experts nationaux et locaux), chargé de trouver des solutions aux problèmes de la Loue. Les solutions proposées à Ornans par ce comité ont été particulièrement décevantes, voire inexistantes. La Loue est une rivière plutôt lente, ça non plus c’est pas très nouveau. Les miroirs peints par Courbet en sont la preuve. Les seuils artificiels de la Loue ne datent pas d’hier, et pourtant à l’époque de Courbet, la Loue devait être en meilleur état qu’aujourd’hui ! Les “sages” proposent de faire supprimer quelques seuils pour redonner un peu de vitesse sur des zones qui ont tendance à favoriser le développement algal. Comme ce fut rappelé, la Loue compte 28 km de ralentissement dû à des seuils artificiels sur les 126 que compte la totalité de son cours. C’est beaucoup, et les deux ou trois seuils visés ne changeront pas la face du monde. L’autre mesure proposée résume bien l’impossibilité de trouver des solutions efficaces lorsqu’on refuse de prendre le problème à la base. Nos respectables experts pensent en toute logique que de replanter des arbres au bord de l’eau limiterait le réchauffement de la rivière. Des algues à l’ombre sont en effet moins problématiques que des algues exposées au soleil. Ça valait le coup d’attendre un an… Le bilan de ces assises de la Loue est donc mitigé. Il faut souligner l’engagement de l’Etat au niveau local, notamment celui du conseil général du Doubs, conscient des problèmes d’assainissement de beaucoup de communes. Des efforts ont été engagés ou réalisés en ce qui concerne les stations d’épuration de Mouthier-Hautepierre, Rurey, Montrond-le-Château, Longeville et Chassagne. Le conseil général estime que « des efforts restent à faire notamment sur les réseaux où il y a des fromageries et des réseaux unitaires ».  Dommage que la commune d’Ornans, qui accueillait sur ses terres ces Assises de la Loue, voie toujours les maisons du centre-ville rejeter leurs eaux usées directement dans la Loue…

    Philippe Boisson