Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Réaction de la préfecture du Doubs suite à l’incident du 16 juin sur le Refrain

    Réaction de la préfecture du Doubs suite à l’incident du 16 juin sur le Refrain

    Retrouvez la réaction de la préfecture du Doubs sur « le blog de la vallée de la Loue » que la journaliste de France 3 Franche-Comté, Isabelle Brunnarius tient à jour à chaque évènement ou incident ayant attrait aux rivières franc-comtoise: http://blog.france3.fr/vallee-de-la-loue/2013/06/19/nouvelle-mortalite-de-poissons-sur-la-franco-suisse/

  • Le Doubs encore victime d’un dysfonctionnement de barrage !

    Le Doubs encore victime d’un dysfonctionnement de barrage !

    Le début de saison sur le Doubs ressemblait à un petit rayon de soleil dans la grisaille ambiante.
    En effet, les pêcheurs ayant jusqu’à maintenant arpenté ses berges semblaient plutôt enclin à la satisfaction par rapport aux épisodes passés de mortalités. Tout était loin encore d’être parfait mais un semblant d’embellie laissait augurer des jours plus radieux pour cet écrin halieutique. Jusqu’à ce que ce communiqué soit envoyé par la Franco-Suisse à la presse hier:

    Le printemps démarrait trop bien
    pour le Doubs avec un important dispositif mis en place par le Barrage du
    Châtelot afin de trouver des solutions concernant la diminution de l’amplitude
    des éclusées et une gestion raisonnée de la baisse des débits en fin de période
    de crue.

    Les pêcheurs et autres amoureux
    du Doubs se réjouissaient d’une grande réussite de la fraie des truites et des
    ombres, suivie d’une bonne préservation des alevins par l’efficacité évidente
    des mesures en place. Les grandes eaux de ce printemps avaient en outre
    contribué à garder la rivière dans un état de propreté que personne ne se
    souvient avoir vu de manière aussi durable depuis bien longtemps.

    C’était sans compter sur
    l’installation hydroélectrique du Refrain (EDF) qui à la
    suite d’une avarie, a une nouvelle fois provoqué une importante baisse de
    débit, causant la mort d’innombrables poissons piégés sur les bordures au matin
    de ce 16 juin. Patrice Malavaux,
    garde-pêche de la Franco-Suisse :
    « Nous
    avons collecté près de 600 cadavres sur quelques stations dont certaines se
    trouvent à près de 15 kms en aval de l’ouvrage. Cela en fait un nombre incalculable
    sur l’ensemble du linéaire. Nous sommes dans la période la plus sensible
    de l’année avec notamment le développement des alevins de truites et d’ombres,
    ainsi que des autres espèces les accompagnant »
    . Les gestionnaires de
    la Franco-Suisse s’insurgent depuis des années contre le manque de fiabilité de
    cette installation aux problèmes plus que récurrents. D’autres
    dysfonctionnements avaient été détectées
    au mois de mai par les membres de la Franco-Suisse qui avaient en vain déjà
    demandé des explications. Christian
    Triboulet, Président de la Franco-Suisse : « On nous promet
    éternellement des progrès, mais ce sont à chaque fois de nouvelles anomalies
    qui surviennent. Les conséquences catastrophiques sur la rivière, elles,
    restent les mêmes ».

    Les autorités ont été sollicitées
    afin de faire cesser immédiatement cette situation inacceptable.

    Une nouvelle affaire à suivre, malheureusement !

  • Nitrates : la France à nouveau condamner par l’UE

    Nitrates : la France à nouveau condamner par l’UE

    La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné
    le 13 juin la France pour non-respect de la directive sur l’eau signée en 1991
    l’accusant de n’avoir pas pris les mesures nécessaires contre la pollution de
    ses eaux par les nitrates. Et ce n’est pas vraiment une surprise. Cette
    directive exige que les Etats membres désignent des zones vulnérables, où la
    présence de nitrates dépasse les 50 mg/l et que des actions soient lancées. A
    plusieurs reprises, la Commission européenne a alerté le gouvernement français
    à de nombreuses reprises. Pour mémoire, la pollution aux nitrates est la
    conséquence d’une certaine forme d’agriculture et d’élevage. Sans une remise en
    question radicale de ses modes de productions, la France ne pourra pas
    respecter cette directive qu’elle a pourtant votée en 1991.

    Cette condamnation présage une lourde amende qui pourrait se
    chiffrer à plusieurs dizaines de millions d’euros. Affaire à suivre…

  • Le classement des grandes enseignes distribuant des poissons issus de pêche durable

    Le classement des grandes enseignes distribuant des poissons issus de pêche durable

    Image © BLOOM Association

    L’association Bloom  ( c’est ici pour mieux les connaître ) publie sur son site son classement des supermarchés français engagés dans une démarche commerciale pour offrir à ses clients des poissons issus de pêche durables et respectueuses des écosystèmes marins .
    Après lecture de cette enquête, il vous sera plus facile, quand vous avez le choix des enseignes, d’aller vers celles qui cadrent le plus avec cette démarche environnementale, vitale pour la survie de plusieurs espèces marines !
    Vous constaterez également que ce n’est pas celles qui en parlent le plus que l’on retrouvent aux premières places … Effet d’annonce quand tu nous tiens !
    Nous vous invitons donc à aller consulter cette enquête directement sur leur site à cette adresse: http://www.bloomassociation.org/cp-classement-bloom-des-supermarches

  • Les méduses, danger pour les stocks de poissons en Méditérannée et en mer Noire

    Les méduses, danger pour les stocks de poissons en Méditérannée et en mer Noire

    La prolifération des méduses pourrait grandement participer à la diminution des stocks de poissons en Méditerranée et en mer Noire. C’est ce qu’il ressort d’un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

    La lutte contre la surpêche, les gaz à effet de serre ou les causes d’eutrophisation, toujours selon ce rapport, pourraient être des facteurs diminuant à l’expansion des méduses!

    Articles et rapports à lire ici: http://www.notre-planete.info/actualites/3748-meduses-Mediterranee

  • France : 550 sites pollués aux PCB

    France : 550 sites pollués aux PCB

    L’association Robin des bois vient de publier la 7e
    édition de son atlas des eaux polluées aux PCB en France. Résultat, l’ONG a
    répertorié 550 sites pollués, soit 113 de plus qu’en juillet 2011. Les PCB sont
    interdits en France depuis 1987 et pourtant, on retrouve régulièrement ces
    contaminants environnementaux dans de nombreux bassins en France et ailleurs.
    Il faut dire que certains de ces éléments peuvent laisser des traces pendant
    2700 ans ! Pour découvrir l’Atlas et une multitude d’informations sur
    les PCB, rendez-vous sur le site Internet de l’association.


    Renseignements :

    http://www.robindesbois.org/PCB/pollution-pcb.html

  • La pêche du requin interdite en Nouvelle-Calédonie

    La pêche du requin interdite en Nouvelle-Calédonie

    Après Palau, les îles Cook, les îles Marshall et la
    Polynésie française, c’est au tour de la Nouvelle-Calédonie d’interdire la
    pêche aux requins dans la quasi-totalité de sa zone économique exclusive (ZEE),
    soit 1,4 million de kilomètres carrés. Seule exception, la pêche d’une petite
    quantité de requins mako à l’intérieur du lagon. Le Shark Feeding, pratique qui
    consiste à nourrir les requins pour amuser les touristes, est également mis à
    l’index. Autre décision en faveur du milieu marin annoncée le 23 avril par les
    autorités néo-calédoniennes, les atolls d’Entrecasteaux ont été classés en parc
    naturel

    Depuis 400 millions d’années, les requins sillonnent les
    océans. En seulement quelques décennies, plusieurs espèces de requins sont
    aujourd’hui en voie de disparition, notamment à cause de la forte demande en
    ailerons de requins dans de nombreux pays asiatiques. Inquiétant. Le requin a
    un rôle de premier ordre dans la chaîne alimentaire marine et dans l’équilibre
    des écosystèmes où ils vivent.

    S.D.

    Photo : © Samuel Delziani

  • Algues vertes : l’Etat condamné

    Algues vertes : l’Etat condamné

    Le tribunal administratif de Rennes a condamné l’Etat à
    verser 7 millions d’euros au département des Côtes-d’Armor pour l’indemniser
    des frais engagées jusqu’en 2009 dans la lutte contre les algues vertes. Le
    tribunal a estimé que le retard de l’Etat pour transposer les directives
    européennes sur la qualité de l’eau et les défauts dans l’application aux
    élevages de la réglementation sur les installations constituent « une
    faute ».

  • Epidémie de septicémie hémorragique virale dans une pisciculture du Jura, plusieurs réservoirs touchés

    Epidémie de septicémie hémorragique virale dans une pisciculture du Jura, plusieurs réservoirs touchés

    Peut-on jouer avec le feu sans se brûler ? Visiblement, non. Dans l’est de la France, les élevages de truites sont sous contrôle des services vétérinaires suite à une épidémie de septicémie hémorragique virale. Une maladie qui soulève de nombreuses questions de fond et qui remet en cause l’évolution même de la pêche à la mouche en France et de la protection de l’environnement.

    Par Philippe Boisson

    L’année 2013 commence mal dans l’est de la France. Courant janvier, la mairie de Socourt (Vosges) gérante d’un réservoir de pêche à la mouche, tire la sonnette d’alarme. Environ deux cent truites flottent le ventre en l’air. Cette mortalité exceptionnelle fera l’objet d’analyses par les services vétérinaires. La septicémie hémorragique virale (SHV), maladie que l’on croyait éradiquée du territoire national, reprend du service. La SHV est une maladie à déclaration obligatoire, comme le veut le Code de l’Environnement. Nous ne pouvons que féliciter Jean-Luc Martinet, Maire de Socourt, ainsi que Jean-Louis Thomas, responsable du plan d’eau, d’avoir au plus vite prévenu la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations des Vosges (DDCSPP) et d’avoir jouer la plus totale transparence. Cela a permis à d’autres plans d’eau présentant des poissons malades ou morts, d’engager une procédure de contrôle. Ainsi, à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous savons que le réservoir de Wittenheim dans le Haut Rhin a été fermé au public et que des poissons sont en cours d’analyse. Le réservoir de Saint-Louis (Haut-Rhin) est également sous surveillance et fait l’objet d’un arrêté préfectoral. La maladie proviendrait d’une pisciculture située dans le Jura. Cet établissement compte parmi ces clients de nombreux réservoirs, d’où la contamination de plusieurs plans d’eau, ainsi que bon nombre d’AAPPMA. Afin de bien prendre conscience de la gravité de cette maladie, nous publions en annexe le courrier d’information que nous avons reçu du Maire de Socourt le 5 février 2013.


    Le statut “d’eaux closes” en question

    Cet épisode soulève une multitude de questions et rappel les risques que prennent les pêcheurs en déversant des truites d’élevage dans les cours d’eau ou les plans d’eau. La grande majorité des réservoirs de pêche à la mouche français sont sensés être des “eaux closes”, coupées des milieux naturels. En pratique, la plupart bénéficient de ce statut, alors que, sur le terrain, tout le monde peut constater qu’il n’en est rien. Il suffit de chercher un peu pour tomber sur un tuyau ou une petite rigole qui permet au lac d’évacuer son trop plein. Nous connaissons tous des réservoirs où ce trop plein fini quelques mètres plus loin, dans les rivières, y compris des rivières à salmonidés sauvages en tête de bassin (cherchez un peu et vous verrez…). Nous avons contacté des spécialistes en pathologie des poissons. Ils sont unanimes pour dire que dans une rivière qui ne pose pas de problèmes particuliers, des poissons sauvages n’ont aucune raison de contracter une SHV. En revanche, ils reconnaissent volontiers qu’avec des poissons immunodéficients comme le sont ceux de la Loue, du Doubs ou de la basse Bienne, les risques sont très importants. La truite fario, l’ombre, le brochet et le corégone peuvent être touchés par ce virus. Je voudrais rappeler que sur la Loue, les premiers poissons observés malades ou morts en 2009, l’ont été au niveau du ruisseau qui passe sous la route en rive droite à l’entrée du village de Lods. Ruisseau sur lequel est implanté la pisciculture Cote quelques mètres en amont. Aujourd’hui encore, plus de quatre années plus tard, il reste une population de truites et d’ombres en amont (amont du village de Lods, Mouthier-Haute Pierre et gorges de Nouailles), alors qu’en aval, la Loue prend des allures de déserts pisciaires. Certes, c’est bien l’état de pollution de la Loue qui rend les poissons fragiles et la pisciculture ne fait qu’aggraver les choses. La présence de réservoirs au bord des cours d’eau, en têtes de bassins fait courir un risque très important aux rivières. Les pêcheurs à la mouche doivent comprendre cela, sans se réfugier derrière un prétexte fallacieux.

    Le monde obscur de la pisciculture

    Le retour de la SHV a au moins permis de mettre en évidence certaines dérives, que les pêcheurs doivent également connaître. Les contrôles sanitaires sont le plus souvent annoncés quelques jours à l’avance, ce qui laisse le temps aux pisciculteurs d’éliminer les poissons malades. Pis, les services concernés poussent les exploitants à faire de l’auto contrôle, faute de temps et de moyens… Ces sites sont privés. Personne ne peut y rentrer sans autorisation. Dans l’affaire du réservoir de Socourt, c’est la bonne volonté des gestionnaires du plan d’eau qui a permis de réagir vite et d’enrayer l’épidémie. Ce qui se passe dans les piscicultures échappe aux fédérations de pêche comme à l’Onema ou à l’ONCFS. Comme les réservoirs, les élevages communiquent avec les milieux naturels, sur des zones protégées car près des sources des rivières. Actuellement, les services de l’Etat passe au crible tous les établissements en Franche-Comté et les langues se délient. On apprend par exemple que tous les poissons ne sont pas produits sur place et qu’il est courant que certains pisciculteurs achètent des poissons parfois très loin, hors de France. Certains propriétaires de plan d’eau se vantent d’acheter des truites arc-en-ciel adultes à trois euros le kilo. Comment ces poissons peuvent-ils être sains à ce prix et mangent t-ils ? D’où viennent-ils ? En huit ou dix heures de camion, je vous laisse imaginer la provenance. On est dans l’affaire des lasagnes Findus… Pendant que les DDCSPP cherchaient à en savoir plus, l’actualité de la mi-février annonçait la possibilité de nourrir les poissons d’élevage avec des farines animales. C’est mieux qu’avec du bar sauvage, mais on imagine bien ce que ce choix peut susciter comme dérives…

    Demande de prise d’arrêtés préfectoraux

    Le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises a demandé aux quatre préfectures franc-comtoises que soient pris des arrêtés préfectoraux pour interdire l’introduction de truites d’élevage dans les rivières avant l’ouverture de la pêche, le 9 mars. Cette demande rappelle en outre aux services de l’Etat la réglementation en vigueur sur la plupart des cours d’eau de première catégorie de la région :
    – Article 6C-05 du Sdage : “Les organismes chargés de la gestion de la pêche en eau douce favorisent une gestion patrimoniale du cheptel piscicole qui s’exprime selon les principes essentiels suivants : les souches génétiques autochtones et les réservoirs biologiques doivent être préservés,…”.
    – Sont classés en réservoirs biologiques la totalité du Dessoubre, le Doubs Franco-Suisse, la Loue dans sa partie amont et ses affluents, la haute rivière d’Ain et ses affluents, pour ne citer que ces exemples.
    – La Directive Cadre Européenne sur l’Eau fait obligation pour l’Etat de protection des réservoirs biologiques et de restauration du bon été écologique, évidemment incompatible avec les mortalités pisciares.

    A l’heure du bouclage de cet article, les préfectures n’ont toujours pas donné leur réponse. La fédération de
    pêche du Jura, a choisi dans un premier temps de soumettre les pisciculteurs à la transparence. Ils devront indiquer la provenance des poissons et la fédération sera en droit de réaliser un prélèvement pour analyses. Les dates de déversements ainsi que l’identité des pisciculteurs doivent être communiquées à l’avance à la fédération. Après ce qui s’est passé sur les cours d’eau franc-comtois, il est inconcevable et surtout illégal d’introduire des truites d’élevages dans ces rivières. Les poissons de la Loue sont toujours affaiblis et en dépit d’excellentes conditions lors de la fraie cet hiver, les truites continuent de mourir.

    Les pays de UE, hors la loi

    Adhérer à l’Union Européenne, cela donne des droits, mais aussi des devoirs. Rois de la bassine d’arc-en-ciel, de farios et d’ombres dans des milieux soumis à la DCE et à la notion de réservoirs biologiques, l’Autriche et la Slovénie oublient qu’ils ont des devoirs vis-à-vis de cette Europe qui leur a donné des milliards d’euros pour développer des activités commerciales. Cela saute aux yeux en Slovénie, où la plupart des gîtes de pêche, refaits à neuf avec nos impôts, accueillent des touristes pêcheurs venus pratiquer leur loisir en toute illégalité. Avec un tel développement de piscicultures et des taux d’empoissonnement surréalistes, comment ces pays peuvent-ils éviter les épidémies de SHV ou de NHI ? A court terme cela conduit à la disparition des populations de truites et d’ombres sauvages. C’est inéluctable, et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé dans certaines rivières. Comment des pêcheurs à la mouche digne de ce nom peuvent-ils cautionner de telles pratiques ?
    Certes, la gestion de la pêche en France laisse fortement à désirer, mais ce n’est pas une raison pour se permettre de faire pire ailleurs. L’échéance de la DCE en 2015 se traduira par des amendes colossales, estimée à plusieurs milliards d’euros, payées à l’UE par la France. Et tous les pays de l’Union qui n’ont pas pu redresser la barre de la qualité de l’eau seront soumis aux mêmes amendes.

    L’exemple de la Suisse

    En Suisse, les introductions d’espèces exogènes sont interdites en eaux libres comme en eaux closes. Même si ce pays n’est pas toujours un exemple d’écologie (bien des rivières ont été canalisées dans le but de gagner de la place au fond des vallées), la Suisse ne joue pas avec le feu en ce qui concerne les élevages de truites.

    Nous publions de larges extraits du courrier, rédigé par Jean-Luc Martinet, maire de Socourt qui relate les faits qui se sont déroulés dans le plan d’eau de la commune. Ce courrier, daté du 5 février 2013, est très informatif à propos du virus, de sa propagation ainsi qu’au sujet des traitements éventuels pour s’en débarrasser. Ce courrier était destiné aux habitués du plan d’eau et aux propriétaires d’autres plans d’eau.
    “Vous n’êtes pas sans savoir j’imagine les difficultés que rencontre actuellement le réservoir de pêche à la mouche de Socourt. Celui-ci est en effet fermé provisoirement suite à une forte mortalité de truites arc-en-ciel. Si ce triste épisode est désormais derrière nous, il faut savoir que près de 200 poissons ont été retrouvés morts et évacués. Dans le but de faire la transparence sur ces événements, la Commune a fait procéder à une analyse d’eau et à une analyse de sept truites par le Laboratoire Départemental d’Analyses du Jura à Poligny (39), (qui dépend du Conseil Général), l’un des sept laboratoires agréés en France pour les analyses de poissons. Après deux semaines d’investigations, les scientifiques ont fini par identifier avec certitude l’origine de la mortalité : SHV, autrement dit « septicémie hémorragique virale ». Sans danger pour l’homme, y compris pour celui qui consomme le poisson, la SHV est l’équivalent de la grippe chez l’homme. Mais personne ne sait aujourd’hui traiter le virus chez le poisson. Les truites qui n’ont pas succombé, et elles sont nombreuses, sont désormais immunisées mais sont devenues des porteurs sains. Dès la publication des résultats, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations des Vosges (ancienne DDASS) s’est emparée du dossier (jeudi 31 janvier). L’un de ses responsables est venu sur site dès le lendemain dans le but d’obtenir notamment une copie des factures de nos fournisseurs. En l’occurrence d’un seul pisciculteur, puisque depuis l’ouverture du réservoir en 2004, la commune de Socourt est restée fidèle à la même pisciculture. La visite de la DDCSPP du Doubs chez ce pisciculteur a permis d’établir la liste des plans d’eau et réservoirs alevinés depuis la fin de l’été. Conséquence, toutes les eaux closes concernées seront suivies par les services sanitaires de la même manière et avec la même nécessité de détruire le virus et les poissons qui en sont porteurs. Pour ce qui concerne Socourt, car c’est sur ce plan d’eau que porte toute notre attention vous l’imaginez bien, la pêche aurait pu rouvrir à condition de contraindre nos amis moucheurs à éviscérer sur place les truites conservées et à désinfecter l’ensemble de leur équipement avant et après la partie de pêche, car le virus se propage aussi par l’eau. Bien qu’envisageable, cette solution ne correspondait pas à notre vision des choses. (…) La mesure la plus spectaculaire porte sur la destruction des poissons encore présents dans le plan d’eau : salmonidés bien-sûr, mais aussi carnassiers, poissons blancs et crustacés car eux aussi sont peut-être devenus des porteurs sains du virus, même s’ils sont moins sujets à la SHV. Il n’était pas question pour nous en effet de laisser planer le moindre doute. S’agissant d’une eau close non vidangeable, plusieurs solutions opérationnelles ont été imaginées (pêche au filet maillant, utilisation d’un produit biodégradable) jusqu’au début de cette semaine. La DDCSPP, suivant en cela les recommandations de son référent national, nous orientait jusqu’à aujourd’hui encore vers l’utilisation d’eau de javel, purement et simplement, pour à la fois éradiquer les poissons et le virus (sur les poissons qui ne pourraient pas ensuite être récupérés). L’eau de javel ne présente aucun danger pour l’environnement, ses effets se seront dissipés au bout de quelques jours si elle est introduite en quantité raisonnable.
    Bien que brutale, cette solution nous paraissait conduire au meilleur résultat. Un résultat qui devait nous permettre d’envisager la réouverture du plan d’eau début avril avec toutes les garanties sur le plan sanitaire. Pour ce faire, la Commune a d’ores et déjà noué des liens avec un nouveau pisciculteur, détenteur d’un agrément sanitaire européen. Un professionnel basé dans le territoire de Belfort et qui travaille de longue date avec plusieurs pays européens : Suisse, Danemark … Problème, le référent national aquacole de la DDCSPP vient d’estimer à 10.000 litres concentrés à 48 % la quantité d’eau de javel nécessaire. Une solution qui, d’un commun accord, vient d’être abandonnée. Le risque était trop grand pour les plans d’eau voisins. Nous sommes dans l’attente de nouvelles propositions, mais devons désormais nous résoudre à n’envisager la réouverture pour le premier week-end d’octobre. Dans l’attente, la Commune indemnisera tous les pêcheurs qui ont subi, bien malgré nous, un préjudice au cours de l’automne. Avant l’épisode de mortalité, durant plusieurs semaines, les poissons malades ne mordaient plus. (…) Bientôt, cet épisode malheureux dont nous tirerons tous les enseignements ne sera plus qu’un mauvais souvenir. En cas de besoin, le responsable du réservoir, Jean-Louis Thomas (Email : [email protected]) se tient à votre disposition pour vous apporter tous les éléments dont vous pourriez avoir besoin, y compris si vous souhaitez avoir communication des documents dont nous disposerons d’ici quelques jours (analyses du laboratoire de Poligny, arrêté préfectoral …). La Commune n’a rien à cacher.”

    Jean-Luc Martinet, maire de la commune de Socourt.