Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Pollution démocratique

    Pollution démocratique

    Voici en avant-première l’édito du numéro 98 à paraître mi-décembre 

    Et si le système associatif tel qu’il fonctionne aujourd’hui
    dans la pêche de loisir n’était plus adapté aux réalités contemporaines. Il paraît qu’il y a encore plus de 800 000 pêcheurs en
    France. Or, seulement 24 000 ont répondu au questionnaire que leur adressait la
    Fédération nationale qui est censée représenter tous les pêcheurs dans le débat
    public.

    Cela signifie-t-il qu’un questionnaire pas bien malin va
    suffire de base légale à une évolution de la réglementation qui s’appliquera,
    elle, à tout le monde ? Tout comme la réunion de quelques-uns, un samedi
    d’octobre, permet de donner à une association l’illusion d’un fonctionnement
    démocratique quand il s’agit de définir la taille du poisson et le nombre de
    prises ? Les absents, direz-vous, ont toujours tort. Et vous aurez raison. Mais
    il arrive – et c’est de plus en plus fréquent quand il s’agit de la pêche de
    loisir – que l’absence soit la seule alternative à la caution. Le seul moyen de
    manifester vraiment son désaccord. Comme si ne pas répondre était juste une
    façon de ne pas céder à la provocation.

    Vincent Lalu

    PS : Un président d’AAPPMA me reproche – mais il est le seul
    – de ne pas avoir été gentil avec M. Roustan. Je ne peux que répéter ici que je
    n’ai rien contre la personne de M. Roustan.
    J’en ai seulement après ce qu’il représente : un monarque régnant en despote
    sur nos eaux douces et salement polluées.

  • GESTION DE LA PÊCHE RÉCRÉATIVE EN FRANCE : UN DEMI-SIÈCLE D’INCOMPÉTENCE ET DE GABEGIE, mais « TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…. »

    GESTION DE LA PÊCHE RÉCRÉATIVE EN FRANCE : UN DEMI-SIÈCLE D’INCOMPÉTENCE ET DE GABEGIE, mais « TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…. »

    A l’heure où la FNPF lance une énième consultation auprès des pêcheurs, pour essayer d’enrayer la baisse ininterrompue de nos effectifs depuis un demi-siècle, Pierre Affre revient sur la gestion de ses dirigeants depuis la même période, accuse et propose quelques pistes.

    Si l’on en croit les instances officielles de la
    Pêche en France, en dépit de quelques petits problèmes et notamment une baisse
    constante et ininterrompue depuis 49 ans (année record en 1964) du nombre de
    pêcheurs, l’organisation qui gère la Pêche et les milieux aquatiques dans notre
    pays (FNPF) reste toujours « la meilleure et la plus démocratique du monde ».
    C’est du moins ce que ressassent depuis plus d’un demi-siècle, les différents
    présidents qui se sont succédé à la tête de l’Union Nationale de la Pêche en
    France (UNPF), devenue en 2006 la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF).
    Pour avoir personnellement connu en tant que membre d’une APP puis d’une
    AAPPMA, mais également en tant que journaliste, les règnes des Présidents
    Martini, Solhelac et maintenant Roustan, je ne me rappelle pas une seule fois
    en quarante cinq ans, avoir entendu l’un ou l’autre de ces dirigeants de la
    Pêche française, remettre en question leur gestion ou même les structures de la
    Pêche associative (sous le couvert de la bonne vieille Loi de 1901). Et
    pourtant au cours des 45 dernières années, je n’ai dû rater que six ou sept
    fois les grandes messes que sont les Assemblées générales annuelles des
    fédérations de Pêche, suivies de conférences de presse.

    En
    50 ans on est passé de presque 3 millions de pêcheurs à certainement moins d’un
    million aujourd’hui.

    Qu’au cours de ce demi-siècle écoulé, où
    répétons-le, le nombre de pêcheurs en eau douce est passé de presque 3 millions
    à certainement moins d’un million aujourd’hui (soit une perte des deux tiers
    des effectifs), les dirigeants « élus » des pêcheurs trouvent bien
    évidemment, de bonnes raisons de se conforter dans leurs présidences mais
    estiment que cette baisse ininterrompue est due à des facteurs indépendants de leur
    volonté et de leur gestion, passe encore ! Mais que la bonne vingtaine de
    ministres de l’Environnement qui se sont succédé au cours de la même période
    et ont presque toujours assistés à ces assemblées générales, n’aient jamais
    rien trouver à redire sur cette gestion associative qualifiée de
    « meilleure et plus démocratique du monde », est inquiétant et
    significatif de la façon dont nos élus politiques gouvernent. Pas plus
    d’ailleurs que les ministres de l’Environnement et leurs nombreux directeurs de
    Services, les différents présidents du
    CSP (Conseil Supérieur de la Pêche) n’ont trouvé à redire à cette gestion. Au
    cours du demi-siècle écoulé, ils ont entériné pratiquement toutes les décisions
    (les fameux « vœux ») des pêcheurs, souvent contre l’avis de quelques
    ingénieurs compétents de leur Service. L’ONEMA (Office National de l’Eau et des
    Milieux Aquatiques) qui a remplacé, il y a quelques années, le CSP, n’aurait
    paraît-il plus droit au chapitre en matière de pêche (le mot n’apparaît plus
    dans son intitulé) ni même de réglementation ! Les garde-pêche devenus « agents »
    de l’Onema, qui déjà du temps du CSP ne contrôlaient pas beaucoup les pêcheurs
    (en cinquante ans de pratique assidue au bord de nos ruisseaux, rivières,
    fleuves ou plans d’eau, je n’ai été contrôlé qu’une fois et encore par les
    gardes de la Brigade Mobile du Saumon, un jour d’ouverture à cette espèce),
    seraient-ils d’ailleurs encore habilités à le faire ? En tous cas, ils ont
    bien assez de leur 35 heures hebdomadaires, à essayer de faire respecter les
    lois sur l’Environnement et la protection des milieux aquatiques, pour en plus
    vérifier si le pêcheur croisé au bord de l’eau (encore faudrait-il, qu’ils y
    aillent…) est à jour de ces cotisations et respecte la réglementation en
    vigueur.

    Mise en œuvre et application de la
    réglementation halieutique.

    Et pourtant la gestion de la Pêche
    récréative, relève essentiellement de la mise en oeuvre et de l’application de
    règlements qui ont fait leurs preuves dans la plupart des pays (Etats-Unis,
    Grande-Bretagne, Irlande, Autriche, Scandinavie, Espagne…) qui connaissent la
    valeur du tourisme-pêche. L’augmentation des tailles légales de capture, la
    limitation du nombre de prises, la création de parcours « No-Kill »,
    l’interdiction ou du moins la limitation de certains modes de pêche
    destructeurs et incompatibles avec une gestion salmonicole (asticot et teigne
    pour la Truite, petite bête et autres larves pour l’Ombre), permettraient
    rapidement à nos rivières de retrouver un standard européen en matière
    d’halieutique.

    Ce n’est pas avec un prix moyen en
    2013, de carte annuelle de pêche de 85 € (ce qui met dans les eaux de première
    catégorie, la journée de pêche aux salmonidés à moins de 50 centimes
    d’euro), permettant de prendre dans certains départements un nombre
    illimité de truites, dans d’autres vingt ou au minimum dix par jour, que l’on
    peut raisonnablement gérer une ressource aussi fragile et précieuse. Soit
    les pêcheurs français accepteront de payer un peu plus cher pour leur loisir et
    le droit de conserver quelques beaux poissons, soit il leur faudra apprendre à
    pêcher en « No-Kill ».

    Il n’est pas normal que celui qui
    désire prélever des poissons, paye le même prix que celui qui les relâche. Dans
    les lieux de pêche foraine (eaux closes) les pêcheurs payent au poids les
    truites de pisciculture qu’ils ont capturé et qu’ils désirent
    emmener. Sur les parcours de type réservoir, la journée de pêche est en
    moyenne facturée autour de 40 ou 50 €, quelquefois beaucoup plus. Or ces types
    de parcours ne cessent de se développer dans notre pays, et les pêcheurs qui
    les fréquentent sont de plus en plus nombreux. Preuve s’il en fallait une, que
    malgré les acquis de la révolution de 1789, les Français sont comme leurs
    collègues des autres pays européens, prêts à payer, même assez cher pour un
    loisir pêche de qualité. Les mentalités en effet ont évolué. Les
    pêcheurs de ce début de troisième millénaire, recherchent plus dans leur
    loisir, un sport voir un art de vivre, qu’un moyen de remplir à bon marché un
    congélateur. Les « viandards », ne font plus la loi, même si dans
    certaines régions, comme le Sud-Ouest ou les Pyrénées, les
    « asticotiers » semblent se retrancher dans ce qui risque d’être leur
    dernier bastion.

    Comment est dépensé l’argent des pêcheurs?

    Pour en revenir à la façon dont est dépensé l’argent des
    pêcheurs—autour de cent millions d’euros annuellement—il nous faut ici
    distinguer, l’argent des cartes de pêche, de celui des taxes piscicoles
    devenues avec la création de l’Onema, des « contributions à la protection
    des milieux aquatiques ». Au temps du CSP, les salaires des gardes comme
    on les appelait encore et des ingénieurs de « Régions piscicoles»,
    étaient, avant que la baisse continue des cartes de pêche, n’y pourvoit plus,
    payés avec l’argent des taxes piscicoles. Dans les années 80-90, alors que le
    nombre de pêcheurs avait déjà diminué de moitié au cours du quart de siècle
    précédent, quand dans le même temps les indices des salaires de la fonction
    publique ne cessaient d’augmenter, il a fallu que l’Etat mette la main à la
    poche, pour renflouer le CSP. Mais là encore aucun des ministres de
    l’Environnement n’y trouva à redire. Seul Michel Charasse ministre du Budget du
    Président Mitterrand et lui-même pêcheur à la ligne, s’essaya à donner un coup
    de pied dans la gigantesque fourmilière halieutique, pour récupérer plus
    rapidement l’argent des taxes piscicoles et mieux le redistribuer…Mais il fut
    désavoué par le président Mitterrand qui préféra écouter Jean-Michel Baylet,
    son ministre du Tourisme et propriétaire de la Dépêche du Midi, qui donna dans
    son journal la parole à tous les asticotiers radicaux-socialistes du Sud-Ouest,
    pour qu’on ne touche surtout pas aux structures associatives (loi de 1901) de
    la Pêche. Et encore une fois la gestion la plus démocratique en même temps que
    la meilleure du monde fut sauvée.

    Et pourtant, en
    1964 nous étions près de trois millions

    2 964 000 très exactement (chiffre du ministère des
    Finances) à acquitter une taxe piscicole quand la population française de
    l’époque était loin des soixante et quelques millions d’aujourd’hui. En 1964
    les RTT n’existaient pas, la retraite était à 65 ans et beaucoup n’en profitaient
    pas longtemps (l’espérance de vie n’était pas la même qu’aujourd’hui) et
    mourraient avant d’avoir eu le temps
    d’aller à la pêche. En 1964 contrairement à ce que l’on pourrait croire, les
    rivières et les fleuves étaient beaucoup plus pollués qu’aujourd’hui, et la
    mode en 1964 n’était pas comme de nos jours aux loisirs “écologiques”… Alors
    comment se fait-il qu’au cours des cinquante dernières années nous n’ayons pas
    augmenté l’effectif de 1964, mais perdu les deux tiers des pêcheurs ???…

    Pour avoir donc, assisté en tant que journaliste, à presque
    tous les Congrès de l’Union Nationale des Pêcheurs depuis le milieu des années
    70, et entendu les litanies des présidents
    Martini, Solhelac et maintenant Roustan, je vais vous donner en “scoop” les
    raisons de cette perte de plus de deux millions de pêcheurs. C’est à cause des
    sécheresses (1976, 2006) ou des
    inondations (1981, 88, 95, 2006, 2013), des tempêtes (1999 et 2009) ou de la Coupe
    du monde de football (1998), ou de rugby, de la concurrence de la planche à
    voile, du tennis, du golf, du vélo tout-terrain, de la pétanque….Sans rire,
    toutes ces raisons (sauf la pétanque) ont tour à tour, été invoquées le plus
    sérieusement du monde par les dirigeants français de la Pêche associative, pour
    expliquer la baisse ininterrompue depuis 1964 du nombre de cartes de pêche…

    Hémorragie
    halieutique hexagonale

    Au ministère de l’Environnement quelques experts
    certainement énarques, expliquent cette hémorragie halieutique hexagonale par
    une évolution de la composition de la société française avec déclin du secteur
    primaire au profit du tertiaire. Etrangement, partout ailleurs dans le monde
    occidental, l’urbanisation et les conséquences sociales qui l’accompagnent ont
    au contraire entraîné un regain d’intérêt pour les loisirs de plein air en
    général et pour la pêche en particulier….Ainsi en Grande Bretagne les clubs de
    pêche regroupent 3,6 millions de pêcheurs réguliers, alors que remarquons le,
    dans les îles britanniques le réseau hydrographique ne représente pas le quart
    du nôtre en linéaire de cours d’eau et surfaces de plans d’eau réunis…En
    Allemagne, d’après le ministère du tourisme il y a 5,1 millions de pêcheurs
    pratiquant régulièrement et la pêche récréative génère dans ce pays 270
    millions d’euros de retombées économiques. Aux Etats-Unis d’ Amérique, les
    derniers chiffres publiés en 2012 par le ministère de l’Intérieur (qui gère la
    pêche, la chasse et les parcs nationaux) font état de 58 millions de pêcheurs
    récréatifs (eau douce et mer confondu il est vrai)….qui eux généreraient plus
    de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire, liée à cette activité…. Pour
    avoir de tels résultats, ces trois pays seraient-ils beaucoup moins urbanisés
    que le nôtre??? Bénéficieraient-ils de conditions météo idéales pour la pêche,
    sans inondations, sans sécheresse… La planche à voile, le golf et le tennis n’y
    seraient-ils pas pratiqués !! Cherchez
    l’erreur….En fait dans ces trois pays cités en exemple, comme dans des dizaines
    d’autres de par le monde, la pêche sportive ou récréative est gérée par des
    gens compétents, qui ont fait, font et continueront de faire ce qu’il faut pour
    que leurs pêcheurs ne désertent pas les bords des rivières, et surtout prennent
    des poissons, même si c’est aujourd’hui la plupart du temps, pour les relâcher
    ensuite.

    Pourtant si l’on en croit nos dirigeants “officiels”, il
    ne faut surtout pas toucher aux structures et fondements de la pêche française ni
    invoquer une quelconque incompétence de ses dirigeants. Et pour que les élus et
    les hommes politiques entendent bien ce discours, l’Union Nationale (devenue la
    FNPF) leur rappelle à chaque élection que les pêcheurs et leurs familles
    représentent en France quatre à cinq millions de bulletins de vote potentiel
    (tu parles!!)…

    Exode des pêcheurs
    français vers l’étranger.

    Mais si les Français pêchent de moins en moins nombreux
    tous les ans dans leurs eaux, ils sont de plus en plus nombreux à s’expatrier
    pour pratiquer leur loisir à l’étranger….Là encore chercher l’erreur ! Dans
    tous les pays du monde où la pêche est gérée et rapporte aux économies
    nationales et locales, il est possible de pêcher la truite jusqu’à généralement
    la mi-octobre (chez nous fermeture au 3 éme samedi de septembre), il est
    possible et même recommandé de pêcher l’ombre jusqu’à la fin décembre voire la
    fin janvier en Bavière (chez nous fermeture en même temps que la truite)…Dans
    tous les autres pays, il est possible en février, mars, avril de pêcher la
    perche, le sandre ou le silure à la cuiller ou autres appâts artificiels, chez
    nous c’est interdit car on risquerait de prendre un brochet…Voila trois petites
    pistes que nous suggérons à nos dirigeants, ainsi d’ailleurs qu’à l’ONEMA (si
    cette dernière toutefois a son mot à dire en matière de modification de la
    réglementation) d’explorer rapidement, si ils veulent enfin, après près de
    cinquante années de baisse, essayer d’enrayer la chute des effectifs de
    pêcheurs.

    D’autres grandes orientations seraient d’autoriser pour de
    nombreuses espèces (pas seulement la carpe, mais aussi pourquoi pas la truite,
    comme aux Etats-Unis…) la pêche de nuit et bien sûr de généraliser les parcours
    « No kill » (voir notre encadré)
    et surtout sur ces parcours, de prévoir une surveillance vigilante comme cela
    se pratique partout dans les autres pays. Mais en fait plutôt que tenter
    d’aménager et de rapiécer un système qui a fait la preuve de son inefficience
    depuis trop longtemps, ce serait plutôt par une décision conjointe des
    ministres de l’Ecologie et du Tourisme, à nos dirigeants politiques de changer
    les structures associatives de la Pêche récréative et d’en confier la gestion,
    non plus à des notables (not able, pas capable en anglais) « élus »
    par moins de 10 peut-être même 5% des pêcheurs, mais à des gens compétents (en
    hydrobiologie, en halieutique, en économie) comme nous en avons dans de
    nombreux services de l’Etat.

    Pierre
    Affre

    ENCADRÉ :
    LE « NO-KILL » (alternative : DES QUOTAS RESPECTÉS) : UN
    MODE DE GESTION INCONTOURNABLE POUR LES SALMONIDÉS ET LES CARNASSIERS.

    Aujourd’hui, surtout chez les jeunes
    pêcheurs, on constate avec plaisir, le développement d’une éthique et d’un
    discours en faveur d’une pêche sportive, qui respecte le poisson et désire
    protéger le milieu et ses habitants. Contrairement à la chasse, nous avons la
    chance à la pêche, de pouvoir relâcher nos prises, qui ainsi nous redonneront,
    à nous ou à d’autres, du plaisir pour une prochaine fois. Et sans demander une
    généralisation du « No-Kill », nous pensons, contrairement à de trop
    nombreux présidents départementaux de Fédérations de Pêche, que si l’on
    n’impose pas réglementairement, cette forme de gestion, sur des parcours
    délimités et suffisamment vastes, comme cela existe maintenant partout à
    l’étranger, nous ne pourrons dans notre pays, en voir les immenses avantages.

    En effet, un parcours ne peut-être
    « no-kill » de façon facultative. Même si de plus en plus de jeunes
    pêcheurs, s’imposent à eux-mêmes de relâcher leurs prises, personne n’en tirera
    avantage, ni les autres pratiquants, ni le milieu, si une poignée de
    « viandards » viennent ensuite écumer le parcours avec un mode de pêche
    autre qu’aux leurres artificiels. Vu l’immensité de notre réseau hydrographique
    salmonicole (150 000 km de ruisseaux, 60 000 km de petites rivières et 15 000
    km de rivières) il ne nous apparait pourtant pas exorbitant de demander à
    nos Présidents fédéraux, à titre d’expérience, de créer
    plusieurs kilomètres de parcours « no-kill » par département. On
    pourrait ainsi tout à fait imaginer, des parcours réservés à la mouche et
    d’autres mixtes, ou le lancer aux leurres artificiels serait également
    autorisé. Seule la pêche aux appâts naturels est incompatible avec ce type de
    parcours, puisque le taux de survie des truites ou des ombres qui ont engamé profondément
    un appât, est nettement diminué. Quand, en moyenne, il y a sans compter les
    ruisseaux ou même les petites rivières, au moins 200 km de rivière
    à truite par département, est-ce exagérer, que d’en demander la mise en
    « no-kill » de 10 ou 20 km? Le « no-kill » est aujourd’hui
    devenu dans tous les pays qui gèrent un tourisme-pêche de qualité, un mode de
    gestion incontournable. Il serait grand temps, que nos gestionnaires autorisés
    et leur ministre de tutelle, à l’Environnement, s’en aperçoivent. Si des
    décisions rapides, ne sont pas prises dans ce sens, craignons que la
    privatisation des meilleurs parcours salmonicoles, déjà bien entamée dans notre
    pays, ne s’y généralise.

  • Consultation nationale de la FNPF pour une évolution de la réglementation pêche !

    Consultation nationale de la FNPF pour une évolution de la réglementation pêche !

    La FNPF organise une vaste consultation nationale
    pour une évolution de la réglementation de la pêche

    Comment pêcher plus et mieux gérer dans le respect des espèces et des milieux ?
    Comment autoriser plutôt qu’interdire ?
    Comment mieux comprendre et y voir plus clair ?

    La
    fédération nationale de la pêche en France et de la protection du milieu
    aquatique a décidé d’ouvrir un débat le plus large possible dont
    l’objectif est de faire évoluer la réglementation de la pêche sans
    modification notable depuis plus de 10 ans.

    Notre volonté est de développer le loisir pêche, dans le respect et la
    prise en compte de l’ensemble des espèces et de la diversité des
    milieux, tout en cherchant plus de lisibilité, davantage de latitude et
    moins d’interdiction.

    La FNPF entame ainsi une démarche innovante en effectuant un
    rapprochement avec les pêcheurs. Pour la première fois, le réseau
    associatif de la pêche de loisir se livre à un exercice de démocratie participative via une vaste consultation nationale relative à l’évolution de la réglementation pêche.

    Un questionnaire à renseigner en ligne sur www.cartedepeche.fr/lapechedemain lapechedemain> sera proposé du 2 au 30 septembre 2013. Tout pêcheur pourra librement accéder à ce site et répondre à l’enquête.

    Les décisions prises par les instances de la pêche de loisir avant la
    fin de l’année 2013 se feront en considération de l’ensemble des
    expressions recueillies dont majoritairement celles des pêcheurs.

    à propos de la FNPF
    Créée par la loi sur l’eau du 30 décembre 2006, la Fédération
    Nationale de la Pêche en France et de la protection du milieu aquatique
    regroupe 93 fédérations départementales de pêche de loisir en eau douce
    et leurs 3 866 associations agréées de pêche et de protection du milieu
    aquatique. Forte de 1 319 314 pratiquants en 2012 et deuxième plus
    importante fédération sportive de France après celle du football, la
    FNPF agit pour promouvoir et développer le loisir pêche, contribuer à la
    protection du milieu aquatique et du patrimoine piscicole.
    Pour plus d’infos : www.federationpeche.fr fr>

  • Réforme de la politique de l’eau : le rapport Lesage

    Réforme de la politique de l’eau : le rapport Lesage

    Un rapport qui va compter au moment ou une réforme de la politique de l’eau se profile en Septembre!
    Nous ne pouvons éviter de faire le lien avec le projet de loi de
    décentralisation en cours de construction. Ce texte va créer la
    compétence « gestion des milieux
    aquatiques » tant attendue par les syndicats de rivière (titre III).
    Cependant son article 17 prévoit le transfert (ou délégation) de cette
    compétence communale aux EPCI à fiscalité propre, c’est-à-dire les
    communautés de communes, communautés d’agglomération ou communautés
    urbaines, qui pourront à leur tour déléguer cette compétence aux EPTB.
    Projet de loi de décentralisation : http://www.senat.fr/leg/pjl12-495.html
    Comme le précise l’Association Rivières Rhône-Alpes, en l’état actuel,
    ce projet de loi signe la fin des syndicats de rivière tels que nous les
    connaissons en Rhône-Alpes. Au-delà de cette disparition c’est le
    principe même de la gestion intégrée des milieux aquatiques par bassin
    versant qui risque d’être mis à mal!

  • Révélations du rapport secret et impitoyable de la Cour des Comptes sur les aides d’Etat à la pêche

    Révélations du rapport secret et impitoyable de la Cour des Comptes sur les aides d’Etat à la pêche

    Le Nouvel Observateur
    révèle aujourd’hui un rapport crucial et explosif de la Cour des
    Comptes sur les aides d’Etat attribuées au secteur de la pêche entre
    2000 et 2009. BLOOM a longtemps recherché ce rapport dont l’existence
    avait été mentionnée par un employé du Ministère de l’Agriculture et de
    la Pêche en 2010 dans le cadre du Grenelle de la Mer.

    « Pas
    moyen à l’époque de trouver trace de ce rapport que nous avons
    rebaptisé « le rapport mystère ». Aucune de nos demandes n’a abouti,
    nous en avons conclu que soit la rumeur de son existence était infondée,
    soit il avait été classifié confidentiel »
    résume
    Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM, une ONG engagée dans la recherche
    de solutions durables pour les océans, tant du point de vue des
    ressources et des écosystèmes que des emplois, qui devraient être selon
    BLOOM la priorité dans la gouvernance de la pêche européenne.

    En
    2008, le chercheur Benoist Mesnil de l’Ifremer avait dressé un bilan
    sans concessions de trente années d’aides d’Etat à la pêche en France
    qu’il décrivait comme un « élément intrinsèque » de l’économie de la pêche. Son travail, « Public-aided crises in the French fishing sector », paru en anglais dans la revue scientifique Ocean and Coastal Managements’était
    attiré les foudres du secteur comme de la présidence de l’Ifremer, et
    n’avait connu qu’une diffusion confidentielle dans les médias français
    malgré sa pertinence et sa nécessité. Benoît Mesnil démontrait que
    les subventions publiques étaient accordées au secteur de la pêche sans
    cohérence ou objectifs, et résultaient principalement de la pression
    exercée par les pêcheurs ou leurs représentants sur les pouvoirs publics
    . Mesnil
    y démontrait aussi pour la première fois en France que le montant total
    des aides à la pêche avoisinait la valeur créée par le secteur
    (environ 800 millions d’euros d’aides annuelles pour 1 milliard de chiffre d’affaires).

    Pour finir, Mesnil décrivait le « tabou» que constituait le sujet des subventions publiques à la pêche en France. Le rapport secret de la Cour des Comptes que Le Nouvel Observateur a rendu disponible sur son site n’a pas échappé pas à cette omerta.
    Que contient-il de si explosif pour que la Cour des Comptes, dont la
    mission est « d’assister le Parlement dans le contrôle de l’action du
    Gouvernement, évaluer les politiques publiques et contribuer à
    l’information du citoyen », accepte de l’étouffer ?

    Le rapport montre que le secteur de la pêche en France ne doit sa survie qu’à l’allocation massive et constante de fonds publics.
    Ainsi en 2008, en dehors du segment de la pêche industrielle pour
    lequel les données n’étaient pas disponibles, le cumul des aides
    représentait 2,5 fois l’excédent brut d’exploitation (EBE) moyen du
    secteur et quatre fois son résultat net après impôts ! Le document met directement en cause la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA) en écrivant que celle-ci « ne dispose pas d’une vue exhaustive des aides au secteur de la pêche, faute de connaître celles des collectivités territoriales» que le rapport décrit comme un « trou noir». La revue des aides par la Cour mène à la conclusion que les subventions sont « supérieures au chiffre d’affaires si on inclut les aides à la protection sociale» et représentent, « si
    on ne les inclut pas, un montant significatif de leur chiffre
    d’affaires et probablement plus de trois fois leur excédent brut
    d’exploitation, ceci hors dépenses fiscales et aides des collectivités
    territoriales
    . »

    L’analyse de la Cour des Comptes dénonce également les
    incohérences des aides consenties, qui ne répondent aucunement aux
    objectifs fixés par le cadre réglementaire européen. Le rapport secret
    de la Cour dénonce même la contre productivité des aides publiques
    puisqu’elles ont échoué à maintenir l’emploi, préserver les ressources
    naturelles et les écosystèmes marins ou endiguer l’érosion économique du
    secteur.

    Elles
    ont en revanche contribué à amoindrir la résilience du secteur de la
    pêche aux fluctuations des prix du gasoil en empêchant la réflexion sur
    l’absence de performance économique ou sur la conversion des méthodes de
    pêche. Les aides publiques ont ainsi « contribué à la pression
    excessive sur les stocks de poissons, pendant les nombreuses années où
    prédominaient des aides à la construction et à la modernisation, qui ont
    accru la capacité de pêche
    ». L’accroissement de l’effort de pêche « engendre
    à terme une contraction des stocks de poissons, une diminution des
    captures et une baisse de la rentabilité des entreprises.
    »

    Ce dernier point est d’une importance capitale dans le contexte actuel puisque la
    Commission de la pêche du Parlement européen s’apprête à voter, le 10
    juillet 2013, le rapport du député breton Alain Cadec sur l’outil
    financier de la pêche européenne
    (le « FEAMP » : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche), soit un enjeu d’un minimum de 6,5 milliards d’euros à allouer entre 2014 et 2020. Or Alain
    Cadec propose une réintroduction des aides à la construction des
    navires, interdites en Europe depuis 2005 en raison même de leur
    perversité
    .

    « Sous prétexte de vouloir renouveler la flotte artisanale vieillissante et de réaliser des économies d’énergie, la
    mesure proposée s’inscrit dans la droite lignée de la tradition
    française d’assistance économique à un secteur qu’il faudrait pourtant
    profondément restructurer pour l’amener à la durabilité socio-économique
    et écologique ainsi qu’à la viabilité opérationnelle
    »réagit Claire Nouvian, directrice de BLOOM.

    « Elus
    et pouvoirs publics portent la responsabilité de l’échec du secteur de
    la pêche qui ne parvient pas à exister sans les ponctions financières
    massives qui sont réalisées à son profit dans d’autres secteurs
    rentables de l’économie
    »poursuit Claire Nouvian. « Ce rapport agit comme une bombe au moment où les
    parlementaires s’apprêtent à voter un règlement qui propose, en somme,
    de reproduire les erreurs du passé qui ont mené le secteur et les
    écosystèmes marins à l’état de sursis dans lequel ils sont
    . »

    Du
    côté des pouvoirs publics, les politiques d’aides au secteur de la
    pêche remplissent un objectif principal : l’achat de la paix sociale à
    court terme. Du côté du secteur, le court terme prévaut également : la
    survie des entreprises, la protection des investissements, le maintien
    du modèle économique et écologique actuel même si celui-ci implique un
    pis-aller. Alors que le constat d’échec est cuisant, nos élus et
    gouvernements envisagent, sans être passés par l’étape pourtant
    essentielle d’auto-critique et d’évaluation de l’efficacité des
    politiques menées, de reproduire les recettes de la catastrophe.
    Peut-être temps pour les Parlementaires de reprendre le contrôle d’un
    système « entre amis » qui est parti à vau-l’eau…

    Contact média

    Claire Nouvian: +33 (0) 6 13 40 50 43clairenouvian@bloomassociation.org

    A propos de BLOOMwww.bloomassociation.org

    BLOOM est une association à but non lucratif fondée en 2005 qui œuvre pour la conservation marineet la défense de la pêche durableà
    travers une démarche de sensibilisation et de médiation scientifique
    des problématiques environnementales, la production d’études
    indépendantes, ainsi que par la participation à des consultations
    publiques et des processus institutionnels. Ses actions s’adressent au
    grand public ainsi qu’aux décideurs politiques et acteurs économiques.

    BLOOM est membre de la coalition « Deep Sea Conservation Coalition» qui regroupe plus de 70 ONG œuvrant pour la protection des océans profonds :http://www.savethehighseas.org

    Retrouvez la première analyse à chaud de BLOOM du rapport accessible depuis le 3 juillet sur le site du Nouvel Observateur sur www.bloomassociation.org

  • Un film pour sauver les rivières sauvages

    Un film pour sauver les rivières sauvages

    Depuis

    fin 2012, un film sur les dernières rivières sauvages(
    12 minutes) est en cours de réalisation par le Fonds pour la
    Conservation des Rivières Sauvages. Il accompagnera la
    sortie officielle du Label

    Ce
    film, à destination du grand public et des gestionnaires des
    milieux aquatiques, a pour objet demontrer les dernières
    rivières « sauvages » de France, leur diversité, les
    formes de vies présentes dans ces milieux préservés ; il sera fait état des
    menaces qui pèsent sur ces joyaux et ce film montrera
    l’intérêt de leur préservation.

    Il sera diffusé en
    France et en Europe dès septembre 2013.

    Pour

    coller à la réalité de ce projet ouvert et participatif,
    nous lançons avec la plateforme decrowdfunding
    Kisskissbankbank,( financement participatif) un appel à
    participation…

    Un

    film pour sauver les dernières rivières sauvages !

    Cette

    opération au delà de la récolte de don permet une
    communication sur notre projet via les réseaux de chacun

    Si

    nous récoltons plus de dons que l’objectif fixé, ces
    moyens seront investis dans des courts métragesrégionalisés

    avec des interviews sur les territoires
    candidats au label

    Alors
    SOYEZ NOMBREUX à participer….donner si vous
    souhaitez, et partager , partager et partager encore dans
    vos réseaux

    merci
    pour votre participation active

    Pour plus d’informations sur ce projet, vous pouvez contacter

    Mélanie au 06 16 68 60 79 ou le coordinateur du Fonds au 06
    85 31 40 06.

  • Film d’animation sur la surpêche par l’association Black Fish

    Film d’animation sur la surpêche par l’association Black Fish

    Attention, c’est en Anglais ! Mais c’est suffisamment décrit pendant le film par des chiffres notamment pour comprendre que l’on va tout  droit dans le mur si rien ne change au niveau de la pêche industrielle en mer. 2048 est la date butoir pour finir avec des océans et des mers vides de poissons mais riche en méduses… C’est bon la méduse?

  • Pour que le saumon puisse remonter le Rhin

    Pour que le saumon puisse remonter le Rhin

    Soutenu par diverses autres associations écologiques, le WWF met en place une pétition pour équiper en passes à poissons les 8 ouvrages hydro-électriques, situés entre Strasbourg et Bâle, qui ne le sont pas encore.
    La pétition sera remise en octobre à la ministre française de l’écologie.
    Pour plus de renseignements et la signature, c’est ici: http://www.wwf.ch/fr/actualites/campagnes/saumon.cfm

  • Nouvelle pétition contre le barrage des Plats

    Nouvelle pétition contre le barrage des Plats

    La lutte contre la construction du barrage des Plats sur la rivière La Semène n’est pas terminée.
    Une nouvelle pétition a été mise en ligne pour poursuivre l’action menée depuis plusieurs mois.
    Pour y accéder cliquez sur le lien suivant : http://cpsfv.org/actualites/nouvelle-petition-contre-la-construction-du-barrage-des-plats

  • Les nitrates, l’Europe et la Loue : la politique de l’autruche.

    Les nitrates, l’Europe et la Loue : la politique de l’autruche.

    Les nitrates, l’Europe et la Loue : la politique de l’autruche.

    Encore un article très intéressant d’Isabelle Brunniaire sur les concentrations de nitrates, leurs mesures et leurs impacts sur la Loue.

    A lire ici: http://blog.france3.fr/vallee-de-la-loue/2013/06/20/les-nitrates-leurope-la-loue/